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mardi 24 juillet 2012

Jean Pusie



(Texte et image de Benoît AKA KeithActon)


Recruté par le tricolore en 1930, Jean-Baptiste Pusie a démontré assez rapidement à quel point son talent était limité.  Il prenait un temps fou à effectuer son tir et son maniement de bâton fonctionnait seulement lorsqu’il n’y avait pas d’adversaire autour de lui.

Toutefois, Pusie était un excentrique, qui semblait plus faire du théâtre que de jouer au hockey.  La performance était d’autant plus particulière lorsqu’il parlait anglais avec son énorme accent français.

Voyant ses limites, l’entraîneur Cecil Hart l’envoya donc à London pour polir son jeu.  C’est alors qu’il devint là-bas une grande vedette, mais pas nécessairement pour ses talents sportifs.

À une occasion, il eut le temps nécessaire pour son tir, qui arriva si fort sur le gant du gardien que celui-ci tomba dans le but.  Il se précipita alors dans le but, ramassa le gant et fit une révérence à son adversaire.  Il lui prit alors la main, l’éleva pour que la foule puisse voir et compta ses doigts. "Dey are all dere. You are luck-y." lui répondit-il avant de lui remettre le gant et de lui donner une tape dans le dos, au grand amusement de la foule.

À un autre moment, son équipe se vit accorder un tir de pénalité, une occasion parfaite pour mettre beaucoup de moutarde.  La foule se mit donc à réclamer Pusie et son entraîneur n’eut d’autre choix que de le désigner.

Après avoir fixé quelques secondes le gardien, Pusie s’élança à toute vitesse, pour ensuite freiner énergiquement et le couvrir de particules de glace.  Il laissa alors ses gants et son bâton sur la glace pour aller lui serrer la main.  Il retourna alors au centre, s'avança de nouveau et tira, mais rata son lancer.  Le gardien ne sachant pas trop ce qui se passait, aurait dû arrêter facilement le tir, mais étant totalement ahuri, il laissa la rondelle rouler tranquillement dans le filet.  Pusie embrassa alors le gardien sur les deux joues, qui voulut lui arracher la tête.

Il y eut aussi la fois où, alors qu’il jouait pour Régina, il avait marqué les dix-huit buts de son équipe, qui menait 18-0.  Lors d’une montée, il fit un 360 degrés et effectua un tir sur son propre but, qui marqua.  Il alla alors s’excuser à son gardien, lui disant qu’il se sentait désolé pour l’autre équipe.

Il pouvait se peigner pendant le match, parler aux spectateurs et défier la foule ou les joueurs (coéquipiers ou adversaires) à venir se battre.  Apparemment, il prenait rarement un bain.

Au-delà de tout ce spectacle, au fil des nombreuses équipes pour qui il joua, il parvint malgré tout à jouer quelques matchs dans la LNH.  Il en joua six à Montréal en 1930-31, en plus de participer aux séries et d’être membre de l’équipe championne de la Coupe Stanley.  Il en joua aussi un de plus l’année suivante.  En 1933-34, il en joua 19 avec les Rangers.  En 1934-35, il en joua quatre avec les Bruins, avant de revenir à Montréal pour 31 matchs en 1935-36.

Toutefois, il devint évident qu’il n’avait pas le talent nécessaire.  Réalisant que son théâtre était son meilleur atout pour survivre dans ce domaine, il se mit alors à en remettre.  Au lieu d’être spontané, le tout est devenu forcé et pathétique.  Il continua néanmoins de rouler sa bosse pendant un moment, avant de devenir lutteur professionnel, où son talent était tout aussi limité.  Il a aussi fait de la boxe, joué au baseball et à la crosse.

En 1946, il fut accusé d’avoir menacé d’un revolver sa petite amie. 

Il mourut en 1956 d’une crise cardiaque, à l’âge de 45 ans.

Sources :  « Hockey in a Slapstick Style » de Stan Fischler, 11 février 1963 (sportsillustrated.cnn.com), “Slam! Wrestling Canadian Hall of Fame: Jean Pusie” de Greg Oliver, avril 2001 (slam.canoe.ca), legendsofhockey.net

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