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lundi 4 novembre 2013

Les feux de paille



Il arrive que des joueurs connaissent à un moment donné une année exceptionnelle, mais que par la suite, ils sont incapables de répéter leurs exploits.  Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène : la chance pendant un bref moment de jouer avec un joueur exceptionnel ou un changement d’environnement par exemple.  À l’inverse, une blessure ou des problèmes personnels peuvent venir freiner l’élan d’un joueur qui devait être prometteur.  Et parfois, on cherche simplement l’explication.
 
En voici quelques exemples.
 
Ron Sedlbauer
 
 
Repêché au début de la deuxième ronde en 1974 par les Canucks, Ron Sedlbauer n’avait jamais compté plus de 29 buts au niveau junior.  Après quelques saisons à faire la navette entre Vancouver et leur filiale et où il compta un maximum de 19 buts, il joua sa première saison complète dans la LNH en 1978-79.
 
Au sein d’une équipe plus qu’ordinaire (fiche de 25-42-13), Sedlbauer compta 40 buts (tout en accumulant seulement 16 passes).  Il s’agissait presque du double du deuxième total de buts de l’équipe (Don Lever, avec 23).  Ses 56 points lui assurèrent aussi du plus haut total de points des Canucks, 5 de plus que Thomas Gradin.  Il n’y avait donc pas de futurs membres du Temple de la Renommée chez les Canucks et ce n’est pas en raison de l’aide qu’il a reçue d’un joueur exceptionnel qu’il a marqué autant.
 
L’année suivante, son début a été beaucoup plus lent et a été échangé à Chicago.  N’ayant jamais réussi à retrouver sa touche, il a ensuite terminé sa carrière à Toronto deux ans après sa super saison.  Au total, il a marqué 143 buts en 430 matchs, dont 40 en une seule saison.
 
Jacques Richard
 
Premier choix de l’histoire des Flames d’Atlanta (et deuxième au total) en 1972, Jacques Richard eut de la difficulté à justifier l’espoir mis en lui, entre autres à cause de problèmes personnels.  (voir texte du 1er octobre 2010)  Après Atlanta, il passa par Buffalo, avant de se retrouver à Québec. 
 
En 1980-81, il se retrouva sur le même trio que Peter et Anton Stastny, nouvellement débarqués de Tchécoslovaquie.  Le déclic se fit finalement et Richard amassa 52 buts et 103 points.  Voulant capitaliser sur sa bonne saison, il se montra plutôt gourmand au niveau contractuel et perdit sa place sur le trio au profit du troisième frère, Marian, fraîchement arrivé. 
 
Son niveau de jeu retomba où il était auparavant et deux ans plus tard, il était sorti du monde du hockey, avant que ses problèmes d’alcool et de drogues ne reprennent le dessus.
 
Au total, il montra une fiche de 160-187-347 en 556 matchs.  Par conséquent, près du tiers de sa production provient d’une seule saison.
 
Dave Lumley
 
Lointain choix des Canadiens, Dave Lumley se retrouva à Edmonton en 1979, suite à un échange mineur.  Au sein d’une équipe qui venait de se joindre à la LNH et qui avait peu de profondeur, il marqua tout de même 20 buts.  L’année suivante fut moins bonne, mais il rebondit de belle façon en 1981-82.  Ayant l’occasion de jouer avec Wayne Gretzky (ça aide, évidemment), il marqua 32 buts, pour un total de 74 points.
 
Par la suite, les Oilers gagnèrent en profondeur et le rôle de Lumley diminua.  Il fit un détour par Hartford, avant de revenir avec les Oilers.  Il prit sa retraite en novembre 1986, après avoir gagné deux Coupes Stanley.  32 de ses 98 buts en carrière ont donc été comptés en une seule saison.
 
Wayne Babych
 
Troisième choix au repêchage de 1978 (derrière les futurs Canadiens Bobby Smith et Ryan Walter), Wayne Babych avait suscité chez les Blues de grands espoirs.  Il y répondit en obtenant des saisons de 27 et 26 buts à ses deux premières saisons.  À sa troisième saison, ce n’est pas moins de 54 buts qu’il marqua.
 
La suite fut moins intéressante.  Il fut victime de plusieurs blessures et sa production chuta drastiquement, avec des saisons de 19, 16 et 13 buts.  Le grand frère de Dave fut ensuite soumis au ballotage et se retrouva avec les faibles Penguins.   Il y connut malgré tout une saison de 20 buts, avant d’être échangé aux Nordiques contre les fameuses « considérations futures » au cours de la saison suivante.  Il ne resta à Québec que l’espace de 15 matchs avant d’être refilé aux Whalers.  Toujours sujet aux blessures, il prit sa retraite l’année suivante après seulement 4 matchs.
 
De ses 192 buts en carrière, 54 ont été compté en une saison, 1980-81.



Warren Young
 
Warren Young n’a jamais été vu comme une future vedette.  Repêché 59e par les Golden Seals de la Californie en 1976, il s’est retrouvé dans l’organisation des North Stars lors de la fusion de son équipe (devenue Cleveland) avec le Minnesota.  Par contre, ce n’est qu’en 1981-82 qu’il parvint à jouer un match dans la Ligue Nationale, avant d’en jouer quatre autres l’année suivante.
 
Se retrouvant avec les faibles Penguins en 1983-84, il joua quinze matchs dans la grande ligue et passa le reste dans Ligue Américaine.
 
Ayant atteint le fond du baril, Pittsburgh put repêcher Mario Lemieux.  Mais comme l’équipe avait si peu de profondeur, les candidats potables pour jouer à ses côtés étaient peu nombreux.  C’est ainsi que Young se retrouva sur la ligne du Magnifique. 
 
Mais même au sein d'une équipe des plus faibles et avec des compagnons de trio de niveau plutôt passable, Lemieux obtint 100 points et gagna le Trophée Calder.  Il fit également très bien paraître Young, alors que ce dernier marqua 40 buts.
 
En raison de ces statistiques avantageuses, les Red Wings de Détroit, qui commençaient à peine à être un peu respectables après quinze ans de médiocrité, le signèrent comme agent libre.  Évidemment, sans Lemieux, les résultats ne furent pas les mêmes, malgré qu’il compta tout de même 22 buts.
 
À la fin de la saison, il fut retourné aux Penguins, mais ne jouant plus avec Lemieux, la magie n’opérait plus.  Il partagea les deux saisons suivantes entre Pittsburgh et la filiale, avant de se retirer.
 
En 236 matchs, il montre une fiche de 72-77-149.  De ses 72 buts, 40 ont été comptés au cours de sa saison avec Lemieux.
 
Il revint à Pittsburgh en 1994 pour jouer au roller hockey avec les Phantoms.  Il a aussi été entraîneur dans la East Coast League.

Rob Brown
 
Rob Brown eut un parcours un peu semblable à celui de Young.  Après une carrière prolifique avec les Blazers de Kamloops de la Ligue de l’Ouest, il fut repêché 67e en 1986 par les Penguins.  Comme Young, il se retrouva sur la même ligne que Lemieux.  Comme Young, cela le fit bien paraître.  Après des saisons de 115 et 80 points, il fut ensuite échangé aux Whalers.  Mais loin de Lemieux, les résultats ne furent jamais plus les mêmes.  (voir texte du 11 mai 2010)
 
Après des arrêts à Chicago, Dallas et Los Angeles, il retourna à Pittsburgh, mais avec des résultats beaucoup plus mitigées.

Au total, en 543 matchs, il accumula 438 points, dont 115 pour sa seule saison 1988-89.


 

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