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lundi 17 mars 2014

Dirigeants dans un autre sport




Récemment est tombée une nouvelle qui m’a étonné.  Ralph Krueger, celui qui était entraîneur des Oilers d’Edmonton l’an dernier et qui était conseiller de l’équipe canadienne masculine de hockey à Sotchi, a été nommé président de Southampton, club de la Premier League anglaise.  Après avoir été relégué pendant sept ans, le club, dont les origines remontent à 1885, est revenu évoluer en 2012 dans l’une des meilleures (sinon la meilleure) ligue de soccer / football au monde.  Mais la direction décida malgré tout de faire un changement.
 
Le club avait été acheté en 2009 par le milliardaire suisse Markus Liebherr.  Décédé en 2010, le club appartient depuis à sa fille.  Mais qu’est-ce qui incita donc Katharina Liebherr à choisir Krueger, un homme de hockey, pour accomplir cette tâche?
 
Né au Manitoba, Ralph Krueger poursuivit sa carrière de hockeyeur de ce côté-ci de l’Atlantique jusqu’au niveau junior, avec les Bruins de New Westminster et les Wranglers de Calgary de la WHL. 
 
En 1979, il prit le chemin de l’Allemagne (de l’Ouest à l’époque), où il joua plus de dix ans.  Il prit également la citoyenneté ouest-allemande, lui permettant ainsi de jouer pour l’équipe nationale.  Il fit ensuite la transition comme entraîneur, d’abord en Allemagne (comme joueur-entraîneur), puis en Autriche, où son équipe se mérita cinq titres consécutifs, incluant un titre européen en 1998.
 
Cette même année, il devint entraîneur de l’équipe nationale suisse.  Il conserva ce poste jusqu’aux Jeux de Vancouver en 2010.  Sous ses ordres, l’équipe helvète fit des progrès, allant même jusqu’à terminer sixième aux Jeux de Turin en 2006.
 
Il revint ensuite en Amérique du Nord, comme entraîneur adjoint des Oilers pendant deux ans, avant de devenir leur entraîneur-chef en 2012-13.  Suite à une fiche de 19-22-7 et une absence des séries pour une septième année consécutive, il fut remplacé à la fin de la saison par Dallas Eakins.
 
La connexion suisse peut peut-être expliquer une partie du fait que Madame Liebherr ait choisi un canadien de naissance avec un bagage de hockey pour diriger son club de foot en Angleterre. Mais elle a aussi été impressionnée par son expertise de motivateur, lui qui a publié un livre qui a remporté beaucoup de succès à ce sujet : « Team life : From Failure to success » et qui prononce aussi des conférences.
 
La suite des choses nous dira si ce choix audacieux s’avérera une bonne idée.
 
Par contre, Krueger n’est pas le seul athlète à avoir occupé un poste de direction pour une équipe d’un autre sport que celui où il a excellé.  En voici quelques autres.
 
Annis Stukus
 
Annis Stukus est une légende du football canadien.  Il joua pendant quatorze saisons, principalement comme quart-arrière.  Originaire de Toronto, il passa la majeure partie de sa carrière avec les Argonauts, avec qui il gagna la Coupe Grey en 1937 et en 1938.  À noter qu’en 1937, il avait son frère Bill comme coéquipier, alors qu’en 1938, un troisième frère Stukus, Frank, faisait aussi partie de l’équipe.  Annis fut également nommé quart-arrière de la première équipe d’étoiles cette même année.

Tout comme son frère Bill, Annis joua pour une équipe militaire pendant la guerre.
 
En 1946-47, alors qu’il jouait toujours, Annis fit sa première incursion hors du football, alors qu’il agit comme consultant pour les Huskies de Toronto, une équipe de basketball de la BAA (l’ancêtre de la NBA).  L’équipe disparut à la fin de la saison.
 
En 1949, il fut au cœur du retour des Eskimos d’Edmonton, après neuf ans d’absence, alors qu’il fut joueur, entraîneur et directeur-gérant de l’équipe.  En 1954, il fut le premier entraîneur et directeur-gérant de la nouvelle équipe de Vancouver, les Lions de la Colombie-Britannique.
 
Après avoir été journaliste pour le Vancouver Sun, c’est du côté du hockey qu’il se dirigea.  Il devint en 1967 directeur-gérant des Canucks de la WHL.  Par contre, c’est en 1972 qu’il attira le plus l’attention dans le monde du hockey.  Devenu directeur-gérant des Jets de Winnipeg de l’AMH (Association Mondiale de Hockey), de concert avec la ligue, il signa Bobby Hull pour dix ans pour un total de 2,75 millions, une somme sans précédent à l’époque.
 
Il conserva ce poste jusqu’en 1974, après quoi il alla travailler dans un quatrième sport, en étant à l’emploi des Whitecaps de Vancouver de la NASL (North American Soccer League).
 
Membre du Temple de la Renommée du football canadien depuis 1974, le trophée remis au meilleur entraîneur de la LCF porte son nom.
 
Il est décédé en 2006.
 
Émile Bouchard
 
La carrière de « Butch » Bouchard a été soulignée au cours des dernières années, lorsqu’on retira finalement son numéro 3 et à son décès.
 
Défenseur d’une très grande fiabilité, meneur incomparable, capitaine pendant huit ans, gagnant de quatre Coupes Stanley, trois fois membres de la première équipe d’étoiles et une fois de la deuxième, il n’a toutefois jamais remporté le Trophée Norris.  Il avait par contre une bonne raison.  Le Trophée n’a été créé qu’en 1954, alors qu’il a pris sa retraite en 1956…  
 
À sa retraite, il a été apiculteur, restaurateur et conseiller municipal à Longueuil.  Mais il a aussi été impliqué dans un autre sport.  Dès 1956, il assuma la direction des Royaux de Montréal de la Ligue Internationale de Baseball.  L’année suivante, il en devint le président.  Bien qu'il s'agissait d'un sport différent, contrairement à Krueger, il demeurait dans le même marché géographique.
 
Au cours de ces années, sans avoir des futures étoiles comme Jackie Robinson, Don Drysdale et Roy Campanella comme au cours des années précédentes, les Montréalais eurent quand même dans leur uniforme des joueurs comme Tommy Lasorda, Sparky Anderson et Joe Altobelli (qui devinrent tous de bons gérants dans les ligues majeures).
 
En 1958, l’équipe se mérita la Coupe des Gouverneurs, avant de perdre la Série Mondiale junior.  Par contre, cette même année, les Dodgers de Brooklyn (le club auquel étaient affiliés les Royaux) déménagèrent à Los Angeles.  Il devenait ainsi plus pratique pour eux d’envoyer leurs joueurs à leur autre filiale sur la côte ouest, les Indians de Spokane.  Les prospects qui s’alignaient avec les Royaux baissèrent donc de calibre.  Les performances de l’équipe et les assistances suivirent alors la même tangente, jusqu’à ce que les Dodgers mettent fin à leur association avec Montréal en 1960.  En 1961, le club déménagea à Syracuse.
 
Herb Capozzi
 
Après un passage à l’Université de la Colombie-Britannique, Capozzi reçut une offre des Giants de New York.  Il décida toutefois de la refuser, préférant se prévaloir d’une bourse du Rotary International, pour aller étudier à l’Université de Pérouse, en Italie.  Il en profita entre autres pour jouer pour l’équipe universitaire nationale italienne.

À son retour au pays, il se joignit en 1952 aux Stampeders de Calgary.  Il passa ensuite les trois années suivantes avec les Alouettes de Sam Etcheverry, participant à la finale de la Coupe Grey de 1954 et 1955, du côté des perdants.

Il retourna ensuite dans son coin de pays et c’est dans son sport qu’il eut son premier poste de direction.  Il devint alors directeur-gérant des Lions de la Colombie Britannique en 1957.  L’équipe, fondée en 1954, avait jusque-là eu certaines difficultés.  Il prit quelques années à les redresser, mais il les mena à leur première présence à la Coupe Grey en 1963 et à leur première victoire en 1964.

En 1966, il abandonna son poste avec les Lions pour devenir député à la législature de la Colombie-Britannique, sous la bannière du Crédit Social.  Il y restera jusqu’en 1972.

En 1971, il s’impliqua du côté du hockey, alors que les propriétaires des nouveaux Canucks de la LNH se retrouvèrent avec de sérieux problèmes légaux.  Capozzi fut au cœur du groupe d’investisseurs qui s’assura de sortir l’équipe du pétrin.

En 1973, il se tourna vers le soccer en s’impliquant dans la création des Whitecaps de Vancouver de la NASL.  Il en fut le propriétaire et le président.  C’est d’ailleurs lui qui trouva le nom de l’équipe, qui gagna par la suite le Soccer Bowl en 1979.  

Dans ses autres implications dans le monde des affaires, il a été l'un des fondateurs de la chaîne de restaurants « The Keg » et détenu parmi les premières franchises McDonald’s au Canada.  Il a également ouvert le premier club de racquetball au Canada en 1966.

Il a aussi été impliqué dans l’organisation d’Expo 86 à Vancouver.

Herb Capozzi est décédé en novembre 2011 d’un cancer, à l’âge de 86 ans.

Magic Johnson

Repêché en premier en 1979 par les Lakers, Earvin « Magic » Johnson fut non seulement un joueur marquant de sa génération, mais il fut au cœur d’une certaine renaissance du basketball de la NBA.  Après une période difficile, le sport connut un regain de popularité suite à la rivalité qui opposait Johnson à Larry Bird. 

Le tout commença au niveau universitaire lorsque Johnson mena Michigan State au championnat national de la NCAA en battant en finale Indiana State, l’équipe de Bird.

Le tout se poursuivit au niveau professionnel, alors qu’au cours des années 1980, les Lakers de Johnson et les Celtics de Bird remportèrent huit titres (cinq à Los Angeles et trois à Boston).  Pendant cette période, trois finales opposèrent les deux équipes.

Johnson alla connaître une glorieuse carrière, incluant une liste d’honneurs qui serait trop longue à énumérer ici.  Il joua avec les Lakers jusqu’en 1991, alors qu’il prit sa retraite lorsqu’il apprit qu’il était séropositif.

Il demeura par la suite très actif alors qu’il joua aux Olympiques, devint entraîneur des Lakers pendant un an, en plus d’être actionnaire minoritaire, mena des campagnes de sensibilisation au SIDA, effectua un bref retour au jeu et fut impliqué dans le monde des affaires à divers niveaux. 

C’est toutefois en 2012 qu’il fit partie d’un grand coup dans le monde du sport.  Par contre, ça n’avait rien à voir avec le basketball.  Il se tourna plutôt vers le baseball.  Il est devenu le membre le plus visible (mais pas le plus important) d’un groupe qui paya la somme record de 2 milliards $ pour acheter les Dodgers de Los Angeles.  Il n’occupe par contre pas de poste de gestionnaire au sein de l’équipe.

Tom Glavine

Celui qui a tant frustré les partisans des Expos, alors qu’il était au monticule pour les Braves d’Atlanta a failli devenir, comme Magic Johnson, actionnaire d’une équipe d’un autre sport.  Il avait tenté de mettre sur pied un groupe pour acheter les Thrashers et les garder à Atlanta.  Le projet ne s’est par contre pas matérialisé. 

Le lien entre Glavine et le hockey est facile à faire.  Il a pratiqué ce sport à un très haut niveau, étant même repêché en quatrième ronde par les Kings en 1984, avant de choisir de se concentrer sur le baseball.

À ces noms, on peut aussi ajouter les noms suivants :

Marc-André Bergeron

L’ex-Canadien, Lightning et plusieurs autres équipes est l’un des actionnaires des Aigles de Trois-Rivières, de la Ligue Can-Am de baseball.  

Normie Kwong

Joueur tout étoile des Eskimos d’Edmonton, il fit partie du groupe d’investisseurs qui acheta les Flames d’Atlanta pour les déménager à Calgary.  (voir texte du 22 juillet 2013)

Léo Dandurand

Entraîneur, directeur gérant et propriétaire des Canadiens dans les années 1920 et 1930, Léo Dandurand fit le chemin inverse en passant du hockey au football et en devenant l’un des fondateurs des Alouettes en 1946.  (voir texte du 2 novembre 2011)

Sources :

“Ralph Krueger passe du hockey au foot!ˮ, AFP, 12 mars 2014 (rts.ch),

“Southampton look to ice hockey’s Ralph Krueger for motivation” de Dave Hytner, 21 janvier 2014, The Guardian (theguardian.com), 

“Annis Stukus” de George Gross (sportsmediacanada.ca),

“Argos’ Annis Stukus was one of a kind” de Peter Worthington, 23 novembre 2012 (slam.canoe.ca),

“Herb Capozzi, A larger-than-life character” de Bruce Constantineau, 22 novembre 2011, Vancouver Sun (vancouversun.com),

bcsportshalloffame.com,

biographie.emilebouchard.com,

cflapedia.com,

wikipedia.org.

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