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lundi 5 mai 2014

Dennis Sobchuk







Au cours de son passage avec les Pats de Régina, Dennis Sobchuk était identifié comme un espoir de premier ordre.  En fait, plusieurs le voyaient déjà comme le premier choix du repêchage de 1974.
 
Par contre, à l’été 1973, il rencontra un groupe qui comptait Bill DeWitt Jr., le fils de l’ex-propriétaire des Reds de Cincinnati (et qui deviendra plus tard propriétaire des Cardinals de St-Louis).  Ceux-ci venaient de se faire refuser un club d’expansion de la LNH et avaient décidé de se rabattre sur l’AMH.  L’équipe de Cincinnati n’était pas encore en place et l’aréna pas encore construit, mais ils voulaient déjà commencer à recruter et Sobchuk fut ciblé.

 Âgé de dix-neuf ans, il n’était pas encore éligible repêchage de la LNH, mais ce genre de détail n’émouvait pas l’AMH.  On lui offrit donc un contrat de dix ans pour un million $, une somme colossale pour l’époque.  De plus, on proposa d’embaucher son père comme dépisteur et son frère (qui était dans l’organisation des Canucks).  Sobchuk signa donc avec le circuit maudit.
 
Après la victoire des Pats à la Coupe Memorial, c’est finalement son coéquipier Greg Joly (voir texte du 30 décembre 2013) qui fut choisi premier, par les nouveaux Capitals de Washington.  Clark Gillies, aussi des Pats, fut repêché quatrième par les Islanders.  Sobchuk fut malgré tout choisi 89e, par les Flyers.
 
 
Par contre, au début de la saison, Cincinnati n’était toujours pas prête à entrer dans la ligue.  Petit détail.  On demanda donc à Sobchuk où il voulait jouer.  Son frère insista pour que ce soit Phoenix.  Les frères Sobchuk furent donc « prêtés » aux nouveaux Roadrunners.
 
L’aréna était au centre-ville, mais l’équipe devait pratiquer sur une petite patinoire de banlieue.  Les joueurs devaient donc s’habiller à l’aréna, prendre leur voiture sous le soleil de Phoenix avec leur équipement, pour ensuite se rendre à l’autre patinoire.  Ensuite, il arrivait à Sobchuk et ses coéquipiers de se rendre, toujours avec leur équipement, au bar tout près. 
 
Sobchuk attirait déjà l’attention avec son imposant contrat.  De plus, il avait un style flamboyant, où il mettait beaucoup de moutarde.  Et comme si ce n’était pas encore assez, il portait un bandeau, ce qui était considéré jusqu’à un certain point comme un signe d’excentricité.  L’AMH était un mélange de vedettes à qui on avait accordé d’énormes contrats et de vétérans des ligues mineures (au style souvent robuste) à qui le circuit maudit donnait une seconde chance.  Lorsque Sobchuk se retrouvait dans un coin avec l’un d’eux, il se mettait à recevoir toutes sortes de coups pas toujours légaux, accompagnés de quantités d’insultes.  Ce fut une leçon d’humilité.  Il laissa tomber le bandeau.
 
Sa première saison à Phoenix fut tout de même couronnée de succès.  Il fut le meilleur pointeur des Roadrunners, avec 77.  Par contre, leurs partisans durent faire immédiatement leur deuil de leur nouvelle vedette, puisque les Stingers de Cincinnati étaient finalement prêts à débuter leurs activités pour le début de la saison 1975-76.
 
Rejoint à Cincinnati par Rick Dudley (l’actuel adjoint de Marc Bergevin), Sobchuk connut de bonnes saisons en obtenant 72 et 96 points, même si les résultats de l’équipe étaient assez moyens.  Malgré son talent, Sobchuk demeurait flamboyant, plus ou moins sérieux et sans réel encadrement.
 
Au cours de son passage dans cette ville, Sobchuk eut la chance de rencontrer le légendaire Paul Brown (voir texte du 5 novembre 2012), alors propriétaire des Bengals de la NFL.  Celui-ci lui dit alors qu’avec son salaire de 100 000$ par année, les Bengals ne pourraient pas se l’offrir, puisque le plus haut salarié de l’équipe n’en faisait que 50 000$.
 
En 1977-78, il fut échangé aux Oilers d’Edmonton et il fut assumé que ce serait autour de lui que Glen Sather rebâtirait.  Par contre, Sobchuk fut sérieusement blessé et ses résultats se mirent à en pâtir.  Au total, au cours de sa carrière, il subit trois séparations de l’épaule, qui lui coûtèrent six pouces de clavicule.  L’année suivante, les Oilers faisaient l’acquisition d’une autre jeune sensation, Wayne Gretzky.  Sobchuk amassa quand même 63 points cette année-là, la dernière de l’AMH.
 
 
La transition vers la Ligue Nationale fut ensuite difficile.  Les Flyers reprirent ses droits pour ensuite les échanger aux Red Wings.  Même au sein d’une équipe faible, Sobchuk eut de la difficulté à faire sa marque et passa du temps dans la Ligue Américaine. 
 
Il joua ensuite en Suisse et en Autriche, avant de faire un bref retour, avec l’organisation des Nordiques.  Ses deux matchs dans l’uniforme fleurdelisé en 1982-83 furent ses derniers dans la LNH. 
 
Il retourna ensuite en Autriche, avant de travailler quelques années dans l’organisation de son ancien club junior, les Pats de Régina, qui ont d’ailleurs retiré son numéro.    
 
Il habite maintenant dans l’état de Washington, où il travaille dans l’industrie de la construction résidentielle.  Sans nécessairement avoir des regrets, il se demande ce qu’aurait été sa carrière s’il avait choisi la Ligue Nationale plutôt qu’une ligue instable qui luttait sans cesse pour sa survie.  Par contre, si c’est lui qui avait été choisi à la place de son ex-coéquipier Greg Joly comme premier choix de l’histoire des Capitals, aurait-il eu plus d’encadrement?  Lorsqu’on voit ce qui est arrivé à Joly, on peut en douter…
 
Sources :
 
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.134-140,
 
“Dennis Sobchuk:  Staying true to character”, 21 septembre 2007, Regina Leader-Post (canada.com), legendsofhockey.net.

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