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samedi 31 octobre 2015

Ces chandails du CH oubliés











Je ne vous apprendrai rien en mentionnant que le Canadien de Montréal a une riche histoire très documentée. Surtout depuis le centenaire de l'équipe en 2009, le nombre de publications historiques sur l'équipe n'a fait qu'augmenter et l'équipe elle-même n'hésite pas une seconde à replonger dans le passé. On n'a qu'à penser aux nombreuses cérémonies d'avant-match ou bien aux statues près du Centre Bell. En 2009, lors du centenaire, l'équipe a célébré en grande en sortant plusieurs uniformes commémoratifs durant la saison, ce qui a permis au grand public d'en savoir plus sur son histoire. Car malgré le fait que le Canadien a un chandail intemporel dont le look n'a pas beaucoup changé depuis longtemps, il y eut quand même plusieurs autres chandails portés par l'équipe. Mais encore là, je ne vous apprend rien, ces multiples variations du chandails sont très présentes dans l'imaginaire collectif...


Les chandails du centenaire


Mais on retrouve toutefois plusieurs autres chandails ou variations du chandails qui sont généralement ignorés par le grand public et dont il est difficile de retrouver des traces. Il faut dire que les temps ont changé car dorénavant, un simple changement mineur au chandail a maintenant une couverture médiatique incroyable que l'on ne retrouvait pas disons en 1935... Voici donc 6 chandails du CH que vous connaissez peut-être mais qui sont généralement méconnus.



1- Chandail de la saison 1911-1912

Le Canadien a porté 4 chandails différents lors de ses 4 premières saisons. J'ai déjà parlé de ce chandail 1911-1912 dans le passé et d'autres blogs en ont parlé également. Mais malgré plusieurs théories sur le sujet, le mystère demeure presque entier au sujet de ce supposé chandail. Aucune preuve photographique à l'appui si ce n'est que cette photo de Hector Dallaire, joueur d'utilité avec l'équipe durant 4 saisons. Mais sur cette photo, on ne retrouve pas la bande diagonale. Certains ont même laissé entendre que cette photo serait un uniforme d'une autre équipe et non pas du Canadien. Et selon le site du Canadien, Dallaire portait le #8 ou le #9 et non pas le #7 comme on peut entrevoir sur sa manche...


Source: La Glorieuse Histoire des Canadiens , Léandre Normand et Pierre Bruneau

La seule autre "preuve" existante de l'usage de ce chandail serait cette caricature de La Presse datant de 1911 où l'on peut apercevoir cette fameuse bande diagonale. Une autre théorie possible serait que l'illustrateur de cette caricature aurait prit une liberté créatrice en faisant l'ajout de cette bande afin de rendre l'uniforme plus intéressant visuellement. Quoiqu'il en soit, ce chandail remporte la palme comme le chandail le plus oublié de l'histoire du CH, ne se méritant même pas une réplique lors du centenaire de l'équipe...



2- Chandail de la saison 1912-1913

Lors de la saison 1912-1913, le CH commença à porter son fameux chandail "pôle de barbier". Mais comme les Sénateurs d'Ottawa utilisaient un chandail rayé similaire, ils firent une plainte à la ligue et selon le site du CH, ils auraient changé de chandail à la mi-saison pour celui démontré ici. J'ignore si ce chandail fut réellement porté pour le reste de la saison ou seulement contre les Sénateurs mais il marque toutefois un point tournant dans l'histoire de l'uniforme du CH alors que l'ajout de la bande horizontale sera désormais l'élément principal du look de l'équipe (en plus du logo bien sûr).



3- Chandail 1925-1935

Parlant du logo, celui-ci évolua également à mainte reprises après que l'équipe ait adopté la bande horizontale. Il débuta avec un "A" au lieu du "H", était tantôt unicouleur ou bien avait le "C" blanc au lieu de rouge. Mais jusqu'à nos jours, nous sommes habitués de ne le retrouver qu'une seule fois sur le chandail. Durant une période de 10 ans, l'équipe portait toutefois deux fois le "CH" sur son chandail. En plus du traditionnel positionnement au centre de la bande, on le retrouvait également sur la manche gauche du joueur, également au centre de la bande. Cette pratique débuta lors de la saison 1924-25 alors que le chandail du Canadien fut modifié pour célébrer leur conquête de 1924 et on retrouvait la mention "World Champion" au centre tandis que l'on retrouvait le "CH" sur chaque manche. Ce port du "CH" sur la manche fut oublié par la suite mais on le retrouva une fois de plus en 1991-92 lors des célébrations du 75ème anniversaire de la ligue.



4- Chandail blanc (vs. Détroit) - 1935-1941

À partir de la saison 1935-1936, l'équipe commença à porter un chandail blanc lors des parties à domicile contre les Red Wings qui eux aussi faisaient de même lors des parties à Détroit. Comme ça, ils n'avaient pas à emmener les deux versions lors de leurs voyages en train. Ce n'est qu'en 1941 qu'apparaîtra la version blanche contemporaine avec épaulettes rouges que l'on retrouve toujours de nos jours. Cette version blanche aurait connu deux variations de 1935 à 1941. Une avec les lignes bleues, blanches et rouges et l'autre sans ces bandes. Ce chandail demeure toutefois un mystère alors que je n'ai trouvé aucune photo de l'époque où l'équipe porte un chandail autre que le rouge traditionnel. Si jamais vous en avez une, faites-moi signe. 



5- Chandail blanc 194?-194?, 2003, 2006-2007, 2009

Après avoir commencé à porter le chandail blanc traditionnel à épaulettes rouges en 1941, le Canadien ajouta une nouvelle version vers le milieu des années 40. Il m'est impossible de confirmer exactement à quelle période ce chandail fut porté. Selon le site du club, il n'aurait été porté qu'en 1945 et 1946 et pas à tous les matchs mais plutôt en alternance avec le blanc régulier. Mais selon nhluniforms.com, il aurait été porté plus longtemps, soit de 1944 à 1947. Ce chandail fit un retour lors du match des anciens de la Classique Héritage en 2003 contre les Oilers et pour quelques matchs en 2006-2007 et lors de la saison du centenaire. S'il n'est pas nécessairement un des chandails les plus oubliés de l'histoire du CH, je trouve cependant qu'il est sous-estimé et mériterait vraiment de retrouver sa place de nos jours comme troisième chandail. Je sais que le chandail blanc actuel est un classique et ce serait criminel de le retirer mais celui-ci est nettement plus beau à mon avis. 



6- Chandail régulier 1939-1947


En terminant, voici un version comprenant un changement mineur qui est largement méconnu. Même à l'époque je crois que personne n'y porta vraiment attention. Le métier de geek de chandail ne devait même pas encore exister à l'époque. Mais de 1939 à 1947, les épaulettes rouges empiétaient sur les bandes horizontales des manches, ce qui donnait un résultat ... quelquonque. Ce n'était pas très uniforme d'un chandail à l'autre et il n'y avait aucun raisonnement logique derrière ce choix de design donc on revint à nos esprits en 1947 et on retrouva les manches complètes.

lundi 26 octobre 2015

Les Mott's Clamato's de Brantford



C’est en 1909 que la Coupe Allan a initialement été mise place.  Le but était d’honorer les champions canadiens amateurs, puisque les équipes qui se disputaient la Coupe Stanley étaient maintenant professionnelles.
 
Avec le temps, sa vocation a changé.  Elle récompense maintenant les champions de niveau senior.
 
On peut retrouver à ce niveau de temps à autre un joueur ou deux qui se sont rendus à un haut niveau.  Mais en 1986-87, une équipe s’est retrouvée avec un noyau de joueurs des plus intéressants.
 
En 1985-86, les Mott’s Clamato’s de Flamboro pouvaient déjà compter sur Blake Hull, le fils de Bobby et le frère de Brett, qui n’a toutefois pas joué professionnel.  Ils ont également pu compter pour certains matchs sur Stan Jonathan, l’ancien petit dur des Bruins, Graeme Nicolson, un défenseur qui a joué pour les Bruins, les Rockies et les Rangers, et les anciens Leafs Rocky Saganiuk et Pat Graham.
 
L’année suivante, l’équipe a déménagé ses pénates à Brantford, la ville natale de Wayne Gretzky.  Elle a par contre conservé son commanditaire et donc son nom cocasse et juteux.
 
Elle a aussi ajouté à son alignement deux autres anciens Leafs : le défenseur  Fred Boimistruck, et le centre Stan Weir, qui a aussi joué avec les Golden Seals et les Oilers, en plus de Gord Brooks, un ancien des Blues et des Capitals.
 
La saison a débuté et l’équipe allait bien, mais il manquait un morceau : un gardien de but.  On signa donc rien de moins que Don Edwards (voir texte du 28 septembre 2010), qui avait joué pour les Maple Leafs l’année précédente, et qui s’est tout de même mérité le Trophée Vézina en 1979-80 avec Robert Sauvé.  Est-ce ce qu’on pourrait appeler ça une version de luxe d’une équipe de ligue de garage?  (Sans vouloir porter atteinte au niveau senior, qui offre du très bon calibre.)
 
Sans surprise, les Mott’s Clamato’s terminèrent la saison régulière en tête, avec une fiche de 25-9.  Par contre, bien que fortement favoris, la suite n’a pas été un pique-nique.  Les Real McCoys de Dundas les ont poussé jusqu’à un septième match.  Les Mott’s Clamato’s l’ont toutefois emporté 9-4, devant 2400 spectateurs.
 
L’étape suivante était la finale de l’est, alors que Brantford devait affronter les Capitals de St.John’s.  Encore une fois, les ex-pros ne l’ont pas eu facile.
 
St.John's vendit chèrement sa peau, alors que les deux équipes se partagèrent les quatre premiers matchs.  Lors du cinquième, les Terre-Neuviens ont tiré 52 fois sur le but, malgré une défense presque digne de la LNH, mais Edwards a fait des miracles.  Ça peut être utile d’avoir un gagnant du Vézina devant le filet.  Les Mott’s Clamato’s l’ont emporté 8-4.  Le sixième match s’est joué en deuxième prolongation, alors que Brantford est passé en grande finale en battant St.John’s 3-2.
 
Les Mott’s Clamato’s ont donc disputé la vénérable Coupe Allan aux Maple Leafs de Nelson, de la Colombie-Britannique.  La compétition a toutefois été moins chaude.  Brantford a balayé la série en quatre matchs.  L'histoire ne dit toutefois pas si pour célébrer leur victoire, ils ont bu du champagne ou des bloody caesars...
 
C’est ainsi que l’aventure des Mott’s Clamato’s s’est terminée puisque l’équipe, tout comme l’entièreté de l’OHA (Ontario Hockey Association) Senior A, a cessé ses activités.
 
Mais tout n’a pas été perdu.  Don Edwards a contacté son ancien directeur-gérant, Cliff Fletcher, des Flames.  Il l’a ensuite convaincu de donner un essai à son coéquipier Rick Barkovich, le joueur le plus utile à son équipe.  Barkovich ne s’est pas rendu à la Ligue nationale, mais il a joué quelques saisons dans l’organisation des Flames.   
 
Sources: “NHLers spiced up Clamatos; Allan Cup champs had talent to spare” d’Ed O’Leary, 11 avril 2008, Brantford Expositor (brantfordexpositor.ca), “Does Calgary’s Stan Weir cheer for the Oilers?  Absolutely!” de Dave Staples, 2 avril 2008, Edmonton Journal (edmontonjournal.com), allancup.ca

samedi 24 octobre 2015

R.I.P. Jim Roberts



L’ex-joueur des Canadiens et des Blues est décédé d’un cancer, à l’âge de 75 ans.
 
Celui-ci s’était joint aux Canadiens en 1963-64.  Dévoué, travailleur infatigable, mais pas spectaculaire et peu offensif, Roberts se mérita des Coupes Stanley en 1965 et 1966 en jouant en désavantage numérique.  Par contre, lorsque vint l’expansion de 1967, Roberts fut victime du surplus de talent à Montréal.  Laissé sans protection, il fut le premier choix des nouveaux Blues de St-Louis.
 
Au sein de sa nouvelle équipe, il assuma un rôle de meneur, en plus d’être polyvalent, car il pouvait autant jouer en défense qu’à l’aile.  Il devint aussi brièvement leur capitaine (voir texte du 22 avril 2015).
 
En décembre 1971, Montréal refit son acquisition en envoyant Phil Roberto aux Blues.  Les Canadiens faisant toujours partie de l’élite, Roberts remporta trois autres Coupes, en 1973, 1976 et 1977.
 
Il prit à nouveau le chemin de St-Louis en août 1977, lorsqu’il fut échangé aux Blues contre un choix de troisième ronde en 1979.  Ce choix deviendra un autre leader qui excelle en désavantage numérique, Guy Carbonneau.
 
À sa retraite comme joueur en 1978, Roberts avait joué 1006 matchs, mais n’avait que compté 126 buts et accumulé 194 passes.
 
Roberts alla ensuite rejoindre Scotty Bowman, pour qui il avait joué autant à St-Louis qu’à Montréal.  Cette fois, Bowman était à Buffalo et Roberts devint son adjoint.  Il fut entraîneur-chef pendant un moment en 1981-82, mais Bowman finit par reprendre sa place.
 
En 1984-85, il se dirigea vers Pittsburgh où, comme adjoint, il put accompagner Mario Lemieux à ses trois premièrs campagnes dans la Ligue nationale.  Mais l’équipe ayant peu de succès, il quitta en même temps que l’entraîneur-chef Bob Berry (voir texte du 20 décembre 2011).
 
Il alla alors dans la Ligue américaine, avec les Indians de Springfield.  Roberts mena ainsi la filiale des Islanders à deux Coupes Calder, en 1990 et en 1991.  Il fut nommé entraîneur de l’année en 1990.
 
Il eut une autre chance dans la Ligue nationale comme entraîneur-chef, à Hartford cette fois.  Roberts n’eut pas plus de succès que la plupart des autres entraîneurs qui ont défilé derrière le banc des Whalers.  Ils firent les séries en dépassant les faibles Nordiques, mais sans plus.  Ce fut sa seule saison à Hartford.
 
Après deux saisons à diriger leur filiale de Worcester dans la Ligue américaine, Roberts retourna une troisième fois à St-Louis, où il passa six autres saisons comme adjoint.
 
Sources : « Jim Roberts est mort », 23 octobre 2015 (radio-canada.ca), legendsofhockey.com, wikipedia.org.

mercredi 21 octobre 2015

Palmarès des premiers ministres du Canada



Lors de la dernière élection provinciale, un palmarès des premiers ministres du Québec avait été fait.  (voir texte du 4 avril 2014)  La récente élection fédérale nous donne l’occasion d’en faire un pour le Canada.
 
On se demande comment performera notre nouvel élu, Justin Trudeau, par rapport à ses prédécesseurs.  Voici un palmarès de ceux-ci, selon un critère indiscutable qui évalue la qualité de leur travail : leur capacité à amener la Coupe Stanley au pays!  Qui se préoccupe des finances publiques, du taux de chômage, de l'environnement ou de justice sociale lorsqu'on a la Coupe Stanley?
 
J’ai éliminé la période où la Coupe pouvait être décernée par défi, plusieurs fois par année.  De toute façon, pendant cette période, seulement des équipes canadiennes jouaient pour la Coupe Stanley.  J’ai donc débuté mon exercice en 1915.  D’ailleurs, même à partir de ce point, les équipes américaines qui pouvaient aspirer à la Coupe étaient peu nombreuses.  Les premiers ministres du début du 20e siècle sont donc avantagés, mais peu importe, ce n’est que pour s’amuser, aucunement sérieux et tout à fait sans prétention…
 
1) Lester B. Pearson           1963-68         Libéral           4/4      100%
 
 
Introduction du drapeau actuel, du régime de pensions du Canada, refus de s'engager dans la Guerre du Viêt-Nam.
 
Note parfaite pour le Prix Nobel de la paix.  Il est le meilleur premier ministre de l'histoire.  Au cours de son règne, une équipe canadienne a remporté la Coupe Stanley à chaque année.
 
2 x Canadiens
2 x Maple Leafs
 
2) Arthur Meighen               1920-21, 1926          Union / Conservateur        1/1      100%
 
Meighen a aussi une note parfaite, mais son règne a été plus court.
 
1 x Senators
 
3) John Diefenbaker          1957-63                  Progressiste-conservateur            5/6      83%
 
 
Déclaration canadienne des droits, premier à nommer une femme dans son cabinet, octroi du droit de vote aux autochtones
 
Diefenbaker a livré la marchandise, puisque pendant son règne, une seule équipe américaine, Chicago en 1961, a remporté la Coupe Stanley.
 
3 x Canadiens
2 x Maple Leafs
 
4) Robert Borden                1911-20                     Conservateur / Union        4/5      80%
 
 
Première guerre mondiale, crise de la conscription, signature du Traité de Versailles, octroi du droit de vote aux femmes au niveau fédéral, introduction de l'impôt sur le revenu

Une seule équipe américaine, Seattle de la ligue du Pacifique, a mis la main sur la Coupe lors du règne de Borden.  Par contre, il était aussi là lorsque la Coupe de 1919 a dû être annulée en raison de l’épidémie de grippe espagnole.  (voir texte du 28 octobre 2009)
 
1 x Millionaires de Vancouver
1 x Canadiens
1 x Arenas de Toronto
1 x Senators
 
5) Brian Mulroney               1984-93                 Progressiste-conservateur            7/9      78%
 
 
Traité de libre-échange avec les États-Unis, traité sur les pluies acides, lutte contre l’Apartheid, Accords du Lac Meech et de Charlottetown, Protocole de Montréal sur la couche d'ozone, Sommet de la terre, réforme de la taxe de vente
 
Malgré qu’il ait servi alors que la LNH avait plusieurs équipes américaines, Mulroney s’en tire à merveille.  Seulement les Penguins l’ont empêché d’obtenir une fiche parfaite.
 
4 x Oilers
2 x Canadiens
1 x Flames
 
6) R.B. Bennett                    1930-35                     Conservateur                       3/5      60%
 
Création de la Banque du Canada, de la Commission canadienne du blé et de la Canadian Radio Broadcasting Commission, ratification du Statut de Westminster
 
Bennett a dû se démener avec la Grande Dépression, mais au moins, la population a pu se consoler avec trois Coupes Stanley…
 
1 x Canadiens
1 x Maple Leafs
1 x Maroons
 
7) Mackenzie King              1921-26, 26-30, 35-48        Libéral                       13/22  59%
 
 
Premier envoi de diplomates canadiens, affaire King-Byng, Deuxième guerre mondiale, crise de la conscription, création de Trans-Canada Airlines, adhésion aux Nations-Unies
 
Personnalité controversée, King a connu le plus long règne.  Il n’est donc pas surprenant que ce soit sous son régime que les équipes canadiennes aient remporté le plus de Coupes.  En pourcentage par contre, il se retrouve en milieu de peloton.
 
5 x Maple Leafs
4 x Canadiens
2 x Senators
1 x Maroons
1 x Cougars de Victoria
 
8) Louis St-Laurent             1948-57                     Libéral                                   5/9      56%
 
Entrée de Terre-Neuve dans le Canada, adhésion à l’OTAN, Voie maritime du St-Laurent, Autoroute transcanadienne
 
Pendant le règne de St-Laurent, les équipes canadiennes, au milieu de la période des « Original Six », ont remporté la Coupe un peu plus d’une fois sur deux.  Il s'agissait d'une période où les Red Wings obtinrent leur part de succès.
 
3 x Canadiens
2 x Maple Leafs
 
9) Pierre Elliott Trudeau     1968-79, 80-84        Libéral                                   9/17    53%
 
 
Loi sur les langues officielles, crise d’octobre, établissement de relations avec la Chine et Cuba, abolition de la peine de mort, référendum, rapatriement de la constitution, création de Pétro-Canada
 
Comme King, Trudeau aussi a connu un long règne, mais pendant une période où il y avait plus d’équipes américaines.  Malgré tout, les équipes canadiennes (principalement les Canadiens) ont connu du succès.  En fait, c’est sous lui que les Canadiens ont remporté la Coupe le plus souvent.
 
8 x Canadiens
1 x Oilers
 
10) Jean Chrétien               1993-2003                Libéral                                   0/10    0%
 
Référendum, loi sur la clarté, création du Nunavut, opposition à la guerre en Irak, Protocole de Kyoto
 
Sur la base du hockey, ses résultats sont tout simplement nuls…  Aucune équipe canadienne n’a soulevé la Coupe pendant les années Chrétien.
 
10) Stephen Harper                       2006-15         Conservateur                         0/10    0%
 
Motion sur la nation québécoise, retrait du questionnaire long du recensement, retrait du Protocole de Kyoto, abolition du registre des armes à feu
 
Grand amateur de hockey, Harper a eu beau écrire un livre à ce sujet, les résultats sur la patinoire n’ont pas été mieux que pendant que Chrétien était au 24, Sussex.
 
12) Paul Martin                    2003-06                     Libéral                                   0/1      0%
 
Loi sur le mariage civil, Commission Gomery
 
Non seulement aucune équipe canadienne n’a soulevé la Coupe pendant son (court) règne, mais en plus, il perd des points puisque c’est à ce moment que la saison a été annulée en raison du lock out…
 
La Coupe Stanley n’a pas été décernée pendant les règnes de Joe Clark, John Turner et Kim Campbell.
 
Où se classera Justin Trudeau?

lundi 19 octobre 2015

Bob Barlow



 

Bob Barlow fait partie de ces joueurs qui ont vu leurs perspectives de carrière dans la Ligue nationale limitées par le fait qu’il n’y avait que six équipes.  Après avoir passé quelques années dans la Ligue américaine avec les Barons de Cleveland et les As de Québec, c’est finalement dans l’ouest, dans la WHL, qu’il se fit une place. 
 
En 1962-63, il se joignit aux Totems de Seattle (voir texte du 16 février 2012), où il s’entendit à merveille avec Guyle Fielder. (voir texte du 17 août 2011)  Alors que Fielder remporta le championnat des pointeurs de la ligue, il obtint 80 passes, dont plusieurs d’entre elles servirent à alimenter Barlow, qui marqua 47 buts.
 
Barlow demeura à Seattle pendant trois ans, avant de se retrouver à Victoria, avec les Maple Leafs.  À sa première saison dans leur uniforme, les Leafs remportèrent la Coupe Lester-Patrick, emblème de de la suprématie de la WHL.
 
Lorsque l’expansion de 1967 est finalement arrivée, Barlow n’a pas eu sa chance.  Il est demeuré dans l’organisation torontoise, mais ceux-ci l’ont transféré à leur premier club ferme, les Americans de Rochester de la Ligue américaine.  Barlow en profita alors pour ajouter une Coupe Calder à son palmarès, même si l’expérience dans l’est fut de courte durée.  L’année suivante, il retourna dans la WHL, avec Vancouver.  Pour une troisième fois en quatre ans, Barlow fit partie de l’équipe championne, et sa performance de 36 buts et 84 points lui ouvrit finalement des portes.
 
Il se retrouva dans l’organisation des North Stars du Minnesota, où il put enfin accéder à la LNH.  Le 12 octobre 1969, à l’âge de 34 ans, il est devenu la plus vieille recrue de la Ligue nationale.  (Son record a depuis été battu par Connie Madigan, voir texte du 3 septembre 2013.)  Mais sa journée mémorable ne s’est pas arrêtée là.  À sa première présence sur la glace, après six secondes, il marqua son premier but.  Et comme victime, il ne s’agissait pas du moindre.  C’est Bernard Parent qui gardait les buts des Flyers.  À son retour au banc, Barlow n’a pas pu s’empêcher de taquiner son entraîneur Wren Blair en lui disant que cette ligue n’avait rien de spécial et qu’on aurait dû le rappeler depuis des lustres…  Le record Barlow du but le plus rapide à son entrée dans la ligue tient toujours.
 
Barlow termina la saison avec une fiche de 16-17-33.  L’année suivante, il joua 7 autres matchs avec les North Stars, avant de retourner dans la WHL, avec les Roadrunners de Phoenix cette fois.  Barlow y ajouta une troisième et une quatrième Coupe Lester-Patrick, en 1973 et en 1974.
 
La saison suivante, la plupart des marchés traditionnels de la WHL avaient reçu une équipe de la LNH ou de l’AMH, incluant Phoenix.  Barlow joua donc une saison dans l’AMH, avec les nouveaux Roadrunners.  La WHL, ligue dans laquelle Barlow marqua près de 300 buts, cessa ses activités.  La Coupe Lester-Patrick se retrouve maintenant au Temple de la renommée.
 
En 1975-76, Barlow passa une dernière saison dans le monde du hockey dans la CHL, alors qu’il joua quelques matchs et fut pendant une demi-saison entraîneur des éphémères Mavericks de Tucson.
 
Bob Barlow habite aujourd’hui sur l’île de Vancouver.  Ayant joué pendant la période où le fonds de pension des joueurs était chiche, sa carrière de 77 matchs dans la LNH lui donne droit à un chèque de 5,16$ à tous les mois…
 
Sa fille Wendy a été championne canadienne de tennis.  Elle a joué à Wimbledon et a représenté le Canada à la Fed Cup.
 
Sources :
Stott, Jon C., Ice Warriors : The Pacific Coast / Western Hockey League 1948-74, Heritage House Publishing, 2011,
 
″He was the oldest NHL rookie ever and he scored in seconds″ de Tom Hawthorn, 12 septembre 2010, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.  

mercredi 14 octobre 2015

Wayne Rutledge







Le match de dimanche passé entre le Canadiens et les Sénateurs nous offrit le premier duel entre deux gardiens obtenant leur premier départ dans la LNH depuis le 14 octobre 1967 entre Doug Favell des Flyers de Philadelphie et Wayne Rutledge des Kings de Los Angeles. Bien que je saches très bien qui est Favell, le nom de Rutledge ne me disait strictement rien. Pourtant, il a marqué l'histoire des Kings de Los Angeles. (Non, ce n'est pas parce qu'il se faisait photographier avec un oeil-au-beurre-noir)

Wayne Alvin Rutledge naquit en 1942 à Barrie en Ontario. C'est d'ailleurs avec les Flyers de sa ville natale qu'il fut ses débuts junior dans la Ontario Hockey Association lors de la saison 1959-60, jouant 47 des 48 matchs de l'équipe. Il suivit l'équipe lors du déménagement à Niagara Falls pour les deux saisons suivantes avant de joindre les rangs des ligues semi-pro en 1962-63. Après de rapides passages avec les Comets de Clinton de la Eastern Hockey League et des Frontenacs de Kingston de la Eastern Professional Hockey League, Rutledge trouva sa niche avec les Bulldogs de Windsor dans le Senior A, avec qui il gagna la coupe Allan, alors emblème de la suprématie du hockey Senior.

Rutledge disputa une autre saison avec les Bulldogs, cette fois dans l'International Hockey League, puis deux saisons avec les Rangers de St-Paul/Minnesota dans la Central Professional Hockey League. Lors de sa deuxième saison au Minnesota, Rutledge se fit découvrir par les Rangers, de New-York cette fois, grâce à une saison de 7 blanchissages et une place sur la deuxième équipe d'Étoiles de la CPHL. Les Rangers de New York lui offrit un contrat des ligues mineures en le confiant à leur équipe d'Omaha, les Knights. À la fin de la saison, la LNH procéda à leur première expansion. Rutledge ne fut pas protégé par les Rangers et les nouveaux Kings de Los Angeles firent son acquisition. 

Lors de sa première saison dans la grande ligue, Rutledge allait partager le filet avec un Terry Sawchuck en fin de carrière. Malgré le statut de Sawchuck, c'est Rutledge qui eu l'honneur de disputer le premier match des Kings, le 14 octobre 1967 (il y a 48 ans jour pour jour) contre les Flyers de Philadelphie. Les Kings remportèrent le match 4 à 2. En décembre de la même année, Rutledge obtint le premier blanchissage de l'histoire des Kings contre les Blues de St-Louis.. Il disputa 45 matchs devant le filet des Kings (contrairement à 36 pour Sawchuck).

L'arrivée de Gerry Desjardins (voir texte du 20 janvier 2014) en 1968 pour combler le départ de Sawchuck vers Détroit relégua Rutledge au bout du banc, ne disputant que 37 matchs lors des deux saisons suivantes. Lors de la saison 1970-71, les Kings n'avait plus de place dans les buts pour lui, alors il l'assignèrent aux Spurs de Denver de la Western Hockey League où il vit plus d'action. Il disputa ensuite la saison 1971-72 avec les Golden Eagles de Salt Lake, étant devant le filet pour 60 matchs de l'équipe, ce qui lui permit d'être nommé sur la deuxième équipe d'Étoiles.

L'arrivée de l'Association Mondiale en 1972 sourit à Rutledge alors qu'il trouva finalement sa niche après avoir été repêché par les Aeros d'Houston. Il fut l'adjoint de Don McLeod lors des deux premières saisons, tout en disputant 62 matchs en deux saisons, remportant la coupe Avco en 1973-74. avant d'être le second de Ron Grahame pour les trois saisons suivantes. L'arrivée du vétéran Ernie Wakely lors de la saison 1977-78 lui montra la porte de sortie, alors qu'il ne disputa que 12 matchs.

Wayne Rutledge retourna dans son Ontario natale après avoir accroché ses jambières. Il mourut d'un cancer de l'estomac à l'âge de 62 ans en octobre 2004.

Fiche dans la LNH : 28v - 37d - 9n, 2 blanchissages
Fiche dans l'AMH : 94v - 72d - 7n, 6 blanchissages

lundi 12 octobre 2015

Frank Shaughnessy



Pour souligner le premier match à domicile des Redmen de McGill, qui aura lieu vendredi l'aréna McConnell, voici un billet au sujet du polyvalent Frank Shaughnessy, qui a été leur entraîneur, autant au hockey qu'au football.

Frank ″Shag″ Shaughnessy a pris tous les moyens pour pouvoir vivre du sport.  Pour y parvenir, il a occupé une multitude de postes dans plusieurs sports, souvent simultanément, et il n'a pas eu peur d'innover.

À partir de 1901, ce natif de l’Illinois joua au football et au baseball à l’Université Notre Dame.

En 1905, il accéda aux Ligues majeures de baseball en jouant un match avec les Senators de Washington.  Il eut ensuite une deuxième chance en 1908 avec les Athletics de Philadelphie, alors qu’il en joua huit autres.

L’année suivante, il entreprit une longue carrière de gérant dans les ligues mineures, où en plus de 25 ans, il remporta plus de 1000 matchs.  (Il a également été brièvement instructeur chez les Tigers de Détroit.)

Du côté du football, il œuvra comme entraîneur au sein de prestigieuses universités comme Yale, Cornell et Clemson.  C’est lui qui introduisit le jeu d’option.

En 1912, il vint prêt de s’entendre avec les Rough Riders d’Ottawa, ville d’où était originaire son épouse.  Par contre, l’Université McGill renchérit et il devint le premier entraîneur professionnel au football universitaire canadien.  À l’époque, ce mouvement fut accueilli froidement, au sein d’un sport qui était toujours amateur, non seulement au niveau universitaire, mais également au niveau des clubs.

Shaughnessy passa 17 saisons à la tête des Redmen, période pendant laquelle il introduisit plusieurs tactiques utilisées aux États-Unis, quitte à en irriter quelques-uns.  Il mit entre autre en place la défensive avec une ligne secondaire (plutôt que sur une seule ligne).  Il introduisit également la passe avant lors d’un match amical contre Syracuse, en 1921.  Il prit ensuite 10 ans de démarches pour convaincre les hautes instances d’adopter cette règle qui était déjà en place aux États-Unis depuis 1906.

Son équipe remporta la Coupe Yates (alors symbole due la suprématie du football universitaire canadien) en 1912 et 1913.  Shaughnessy refusa par contre que McGill joue pour la Coupe Grey (les équipes universitaires y étaient à ce moment éligibles).  Il craignait que cette compétition nuise aux examens de ses étudiants, sans compter qu’ils auraient dû affronter des joueurs plus vieux et expérimentés.  Cette prise de position lui fit d’ailleurs gagner des points parmi ses collègues qui n’aimaient pas l’idée que l’université embauche un entraîneur professionnel.  Il remporta une troisième Coupe Yates en 1919.

En 1915, alors que la ligue universitaire avait suspendu ses activités en raison de la guerre, Shaughnessy se retrouva entraîneur des Rough Riders d’Ottawa de l’IRFU (Interprovincial Rugby Football Union, future division est de la Ligue canadienne de football), équipe qu’il devait initialement diriger.  L’IRFU suspendit ensuite à son tour ses activités.  Lorsque tous reprirent leurs activités, Shaughnessy retourna à McGill.

Il fut également gérant des Senators d’Ottawa de la NHA (National Hockey Association, l’ancêtre de la Ligue nationale de hockey) de 1914 à 1916.
 
Il continua par la suite à être impliqué au niveau du hockey, à McGill cette fois, en dirigeant les Redmen version hockey de 1919 à 1927.  Il a également été entraîneur de l’équipe féminine pendant un moment.  Il alla ensuite diriger l’équipe de football de Loyola College, aussi à Montréal.

Par la suite, l’omniprésent Shaughnessy trouva un moyen de revenir à Montréal, par l’entremise du baseball cette fois.  Il fut entraîneur des Royaux de la Ligue international de 1934 à 1936.

En 1936, il devint président de cette même ligue, poste qu’il conserva jusqu’en 1960.  Toujours innovateur, il introduisit au cours de son règne un format de séries éliminatoires surnommé "Shaughnessy Playoffs".  Il s’agit en fait de ce qu’on retrouvait déjà dans la Ligue nationale de hockey (tournoi de fin de saison 1er vs 4e et 2e vs 3e, avec une finale entre les deux gagnants).  Sa contribution au baseball mineur a été soulignée en 1953, alors qu’il a été désigné "King of Baseball", un titre remis par la baseball mineur.

Depuis son décès en 1969, les équipes de football de l’Université McGill et Loyola College (aujourd’hui l’Université Concordia) se disputent annuellement la Coupe Shaughnessy.

Frank Shaughnessy est membre du Temple de la renommée du football canadien depuis 1963 et est devenu membre de celui du baseball canadien à titre posthume en 1983. 

Son fils Frank Jr. a  suivi ses traces en remportant entre autres une médaille de bronze avec l’équipe américaine de hockey, aux Jeux de Garmish-Partenkirshen, en 1936.  Il a également participé à l’organisation des Jeux de Montréal en 1976.

Sources : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.50 à 64,

″Shaughnessy clan full of rich history″ de Tim Burke, 15 juin 1982, p.B5, wikipedia.org.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.ca