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jeudi 1 mars 2018

Quand les Canadiens déraillent








À l’époque des six équipes, il n’y avait pas de voyage plus à l’ouest que Chicago et ceux-ci se faisaient en train.
 
En décembre 1950, les Canadiens étaient dans une mauvaise séquence.  Le 17, à Chicago, ils avaient tout de même vaincu les Black Hawks, la pire équipe de la ligue, 7-3.  Le 20, à Toronto, les choses s’étaient moins bien passées, alors que les Leafs ont facilement eu le dessus, par la marque 6-1.
 
Après le match, l’équipe se dirigea vers la gare pour prendre le chemin du retour.  Une fois sur le pont de Dorion, alors que le train filait à 95 km/h, il y eut une défectuosité au niveau des roues avant du wagon à bagage.  Lorsque le conducteur freina brusquement, le train se coucha sur le côté. 
 
Il n’y eut qu’un blessé parmi tous les passagers et huit autres ont été coupés ou eu des contusions.  Fait intéressant, le nombre de passagers varia beaucoup d’un journal à l’autre.  Selon La Presse, il y en avait 300.  Selon la Gazette, 400.  Finalement, dans La Patrie, on en rapporte 800, soit plus que les décomptes de La Presse et de la Gazette réunis.  Par contre, si le train avait penché de l’autre côté, il aurait plongé dans l’eau glacée et le bilan aurait été beaucoup plus dramatique.  Il a fallu quelques jours pour remettre la voie ferrée en état.

Du côté des joueurs des Canadiens, la plupart d’entre eux était éveillée et personne n’a été blessé, bien que le petit gardien Gerry McNeil ait atterri sur la charpente plus imposante de Doug Harvey.  Par contre, il était courant à l’époque que les joueurs profitent de leurs séjours à Chicago pour faire des emplettes, qu’ils entraient en douce au Canada par le train.  Des machines à coudre et des bâtons de golf faisaient alors partie des achats populaires.  Même Frank Selke, grand amateur de chevaux et de volailles, profitait souvent de l’occasion pour se ramener des poules dans des cages.  Les temps ont bien changé…  Lors de l’impact, certaines de ces acquisitions dissimulées ont causé quelques ecchymoses lorsqu’elles sont sorties de leur cachette.
 
Suite à une série de blessures et des performances décevantes, la réflexion qu’eut Ken Mosdell fut que le fond avait été atteint et que rien de pire ne pouvait arriver.  Les choses se sont effectivement légèrement améliorées, puisque Montréal termina finalement troisième, avant de surprendre Détroit en séries, puis de s’incliner devant Toronto en finale.
 
Malgré le côté fâcheux de la situation, La Patrie ne manqua
pas de souligner l'aspect humiliant de la défaite subie
Sources :
 
McNeil, David, In the Pressure of the Moment: Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.58,
 
« Un train déraille sur le pont de Dorion » de Roger Champoux et Raymond Taillefer, La Presse, 21 décembre 1950, p.1, « Aucun des joueurs du Canadien blessé » La Presse, 21 décembre 1950, p.40, « Déraillement sur le pont de Dorion », 21 décembre 1950, p.1, PC, La Patrie, 21 décembre 1950, p.3, « 400 Have Close Call As Train Wrecks Span » de Fern Labrosse, Montreal Gazette, 22 décembre 1950, p.1, « Playing Field » de Dink Carroll, 22 décembre 1950, Montréal Gazette, p.20, « La circulation des trains ne sera pas rétablie avant douze heures », 22 décembre 1950, La Patrie, p.4, wikipedia.org.

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