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vendredi 31 août 2018

Gerry McNeil









Gérald McNeil est né à Québec d’un père anglophone et d’une mère francophone du Nouveau-Brunswick.  C’est Mike McMahon, un de leurs joueurs qui avait déjà joué avec les As de Québec, qui recommanda aux Canadiens de jeter un coup d’œil au petit gardien (5’7’’).  C’est ainsi que McNeil reçut par la poste et à sa grande surprise, une convocation de Tommy Gorman pour le camp de 1943 des Canadiens.  Disons que les méthodes de dépistage se sont un peu raffinées depuis…
 
Il se rendit donc à Montréal pour la première fois de sa vie, où par un concours de circonstance, il n’y avait que deux gardiens au début du camp, Bill Durnan et lui.  McNeil eut donc plus de temps de glace que prévu et il ne rata pas sa chance.  Sans surprise, Durnan eut le poste avec les Canadiens, mais McNeil fut engagé pour jouer avec le Royal de Montréal de la Ligue senior.  Au grand étonnement de Gorman, McNeil refusa d'abord l’offre, lui qui s’ennuyait de la maison.  Gorman fit donc intervenir son père, qui souligna au jeune Gerry que les 3200$ que les Canadiens lui offraient étaient beaucoup plus que ce qu’il gagna comme contremaître à l’Anglo-Canadian Pulp & Paper.  Gerry se ravisa donc.
 
McNeil entreprit donc une longue carrière avec le Royal, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1947.  Il faut dire qu’à l’époque, les équipes n’alignaient qu’un seul gardien, de qui on attendait qu’il joue pratiquement tous les matchs.  Avec les Canadiens, ce poste était occupé par Bill Durnan, qui remportait le Trophée Vézina à répétition.
 
C’est toutefois en novembre 1947 que McNeil put faire ses débuts dans la LNH.  Au début de la deuxième période, Bill Durnan fut coupé sérieusement au front par le patin d’un adversaire.  Comme c’était la coutume à l’époque, McNeil était sur place au Forum, mais en civil.  Lorsqu’il constata que Durnan n’était pas en état de poursuivre, l’entraîneur Dick Irvin dut se résoudre à faire appel au gardien d'urgence, c’est-à-dire McNeil.  Il enfila donc son équipement et on lui trouva un chandail, pour qu’il puisse affronter les Rangers.  La perte de Durnan sembla déstabiliser les Canadiens, qui perdirent 5-2.  D’ailleurs, le premier but accordé par McNeil dans la Ligue nationale a été marqué par son propre coéquipier, Elmer Lach…
 
Au match suivant, Durnan n’était toujours pas en état de jouer.  McNeil affronta donc les Bruins à Boston, où les choses se passèrent beaucoup mieux.  Il soutira un verdict nul de 1-1 face à son idole de jeunesse, Frank Brimsek.  Il retourna ensuite avec le Royal et dut attendre deux saisons plus tard avant de jouer six autres matchs en 1949-50, où il fit bonne impression.
 
La suite fut inattendue.  En séries, les Canadiens affrontèrent les Rangers, qu’ils devaient battre facilement.  Ils se firent plutôt surprendre en perdant les trois premiers matchs.  Prétextant un problème de vision suite à une blessure, Durnan alla alors voir Irvin pour lui demander d’utiliser McNeil pour le quatrième (et peut-être ultime) match.  Irvin s’y résigna donc à contre-cœur, mais McNeil, qui éprouvait un grand respect pour lui, dut se faire convaincre par Durnan lui-même.  McNeil aida Montréal à remporter ce duel, avant d’être éliminé au cinquième match.
 
Il s’avéra ensuite que Durnan avait subi ce qu’on appelle aujourd’hui une dépression nerveuse.  Malgré qu’il venait de remporter un autre Trophée Vézina, il prit sa retraite et ne revint jamais au hockey professionnel.  Le poste revenait maintenant à McNeil.
 
Il joua donc tous les 70 matchs de la saison 1950-51.  Lors des séries, Montréal surprit les puissants Red Wings au premier tour.  McNeil eut plus que son mot à dire dans cette victoire, puisqu’il passa 218 minutes et 42 secondes (incluant 103 minutes et 29 secondes en prolongation) sans accorder de buts à Détroit.  Bien qu’il ne s’agissait pas d’un record (il y a eu trois séquences plus longues dans les années 1930), personne n’a fait mieux depuis.
 
Le Tricolore se retrouva ensuite en finale contre Toronto.  Dans une série où toutes les parties se décidèrent en prolongation, les Leafs l’emportèrent en cinq matchs.  Le duel ultime fut décidé sur un but légendaire de Bill Barilko.  Ce but en surtemps ne passa pas seulement à l’histoire parce qu’il donna la Coupe aux Leafs, mais également parce que Barilko trouva la mort l’été suivant dans un accident d’avion de brousse.  L’avion (et les restes de Barilko) ne furent retrouvés qu’en 1962, année du triomphe suivant des Leafs.  Une photo du dit but devint alors célèbre et sur celle-ci, on retrouve un McNeil déjoué.  Cette image « du gardien sur la photo de Barilko » est probablement celle pour laquelle McNeil est le plus connu, un fait qui l’a longtemps laissé plutôt amer.  Il préféra plutôt se souvenir de cette journée comme étant celle où sa fille est née…  Grosse journée!
 
À la fin de l’automne 1951, il se produisit un autre événement qui montre comment il était attendu que les joueurs en général et les gardiens en particulier jouent en toutes circonstances.  La mère de McNeil souffrait d’un cancer à un stade avancé.  Lorsqu’elle rendit l’âme à la fin décembre, son fils était sur la route.  Il battit alors les Wings le lundi et blanchit Chicago le mardi du jour de l’an, malgré qu’il passa les entractes à pleurer dans la chambre.  Il retourna ensuite à Québec pour assister aux funérailles, avant de retourner à Montréal pour affronter Toronto le jeudi suivant.
 
Sa jeune fille fut aussi malade au point d’envisager qu’elle ne passerait pas au travers.  Encore une fois sur la route, il prit l’avion pour la rejoindre, s’assura qu’elle se stabilise, pour ensuite rejoindre l’équipe. 
 
Toujours au cours de cette même saison, il fut atteint d’un coup de patin de Floyd Curry au front.  (McNeil était petit et n’hésitait pas à se lancer tête première, sans masque évidemment.)  En piteux état, on l’envoya à l’hôpital où on constata qu’un morceau de lame était demeuré dans son front.  On le retira avant de le recoudre.  Quelques jours plus tard, McNeil constata qu’il avait une petite bosse douloureuse sur son front.  De retour à l’hôpital, un rayon X confirma qu’il restait un bout de métal à l’intérieur.  On le retira et on lui ajouta dix points de suture de plus.  Malgré tous ces événements, McNeil joua tous les 70 matchs de son équipe, qui se rendit en finale, mais qui s’inclina contre Détroit.
 
Cet héroïsme n’a pourtant pas toujours été reconnu à sa juste valeur.  Le 29 octobre 1952, alors que tous se demandaient si Maurice Richard allait surpasser la marque de Nels Stewart et devenir le plus grand buteur de la Ligue nationale, McNeil reçut une rondelle qui lui fractura et lui déplaça l’os de la joue, en plus évidemment de le sonner.  Ne voulant pas abandonner son équipe, il assura que ça allait aller.  Par contre, son visage enfla au point de lui obstruer la vue.  Les Leafs comptèrent trois buts pendant cette période et deux autres dans la suivante.  Après le match, Dick Irvin blâma McNeil pour la défaite.  Au lieu de célébrer son record, le Rocket ne put s’empêcher d’enguirlander Irvin d’avoir été aussi abject avec McNeil.
 
En 1952-53, les Canadiens avaient une attaque plutôt ordinaire, mais McNeil veillait au grain.  Il obtint 10 blanchissages, un sommet dans la ligue, à égalité avec Harry Lumley des Leafs.  Montréal termina donc deuxième au classement, mais loin derrière les puissants Red Wings.  Au moment des séries, Détroit trébucha et fut surpris par Boston.  Était-ce la chance dont Montréal avait besoin?
 
De leur côté, les Canadiens affrontaient les Black Hawks, qui participaient finalement aux éliminatoires, après six ans d’absence.  Mais si on attendait McNeil, c’est finalement Al Rollins, le gardien des Hawks qui s’illustra.  Pendant ce temps, McNeil connut une mauvaise  série, tout comme le reste de l’équipe.  Après avoir remporté les deux premiers matchs au Forum, Montréal échappa les matchs 3, 4 et 5.  Sentant qu’il laissait tomber ses coéquipiers, McNeil demanda à être remplacé par le jeune gardien des Bisons de Buffalo, Jacques Plante.  Ce fut perçu comme un signe de faiblesse, un peu comme ce fut le cas pour Durnan quelques années auparavant.  Plante remporta le match six.  Ensuite, McNeil se blessa à l’entraînement, laissant Plante guider Montréal vers la finale, contre les Bruins.
 
Les Canadiens remportèrent le premier match, mais Plante eut un mauvais match lors du deuxième et Irvin ramena alors McNeil.  Les Canadiens remportèrent ensuite les trois matchs suivants, incluant le dernier en prolongation, par la marque de 1-0, où McNeil a bien sûr excellé.  Il concluait alors une saison éprouvante avec un duel de gardien qui tourna à son avantage, et la Coupe Stanley. 
 
Comme c’était son habitude, il passa ensuite l’été à vendre des voitures chez un concessionnaire Buick, puisque la plupart des joueurs à cette époque avait un emploi d’été.
 
La saison 1953-54 débuta bien, mais à un moment, McNeil se blessa à la cheville.  Irvin fit alors appel à Plante et devant le brio de son jeu, il continua de l’envoyer dans la mêlée, même au retour de McNeil.  Plante prit également le filet pour les séries, où Montréal balaya Boston.  La finale opposa donc encore Montréal et Détroit. 
 
Lorsque les Wings prirent les devants 3-1 dans la série, aidés par des performances ordinaires de Plante, Irvin décida de revenir avec McNeil.  Celui-ci répondit à l’appel avec une victoire de 1-0 en prolongation.  Satisfait de sa performance, il sortit de la patinoire en souriant.  Toutefois, Irvin voulut encore jouer à ses petits jeux psychologiques en disant à McNeil de cesser de sourire, puisqu’il avait mal joué et que sa technique était déficiente.  Insulté, McNeil se dit alors qu’une fois les séries terminées, il ne jouerait plus jamais sous les ordres d’Irvin.   Il en conserva une rancœur envers lui pendant longtemps. 
 
Montréal remporta le sixième match avec McNeil devant le filet, forçant la tenue d’un ultime duel.
 
Âprement disputé, le match couronna finalement les Red Wings, qui l’emportèrent 2-1 en prolongation.  Pour la troisième fois en quatre ans, la Coupe Stanley s’est joué au cours d'un match qui s’est terminé en prolongation et lors de ces trois matchs, Gerry McNeil était devant le but.  La défaite a toutefois été particulièrement émotive pour lui.
 
Suite à son épuisement émotionnel, McNeil emprunta la même voie que Durnan avant lui.  Même s’il n’était âgé que de 28 ans, il décida que c’en était assez.  On tenta de le convaincre de revenir sur sa décision, mais il refusa.  Il tint donc parole et ne joua plus jamais pour Dick Irvin. Il prit sa retraite et préféra aller gérer une station-service Fina.
 
Toutefois, la paie était beaucoup moins intéressante pour celui qui avait une famille à faire vivre.  De plus, la saison de McNeil loin des patinoires s’avéra la dernière d’Irvin à Montréal.  Une fois remplacé par Toe Blake, ce dernier convainquit McNeil de revenir dans un poste avec moins de pression, soit avec le Royal.  Il pouvait ainsi servir de police d’assurance derrière Plante.  Cette occasion se présenta en 1956-57, alors qu’il joua neuf parties avec le Tricolore.
 
Il joua ensuite deux ans dans la Ligue américaine avec Rochester, puis un autre avec le Royal, avant de disputer sa dernière saison en 1960-61 dans sa ville natale, avec les As de Québec.
 
Après sa carrière, il travailla en vente, d’abord dans la région de Québec, puis à Montréal.  Il passa entre autres de nombreuses années au service de Seagram. Il développa d’ailleurs un problème d’alcoolisme, qu’il parvint à surmonter.
 
Comme plusieurs joueurs de son époque, c’est au début des années 1990 qu’il reprit contact avec l’organisation, suite aux efforts de Ronald Corey pour montrer de la reconnaissance envers les anciens.
 
En 2000, il fut l’un des porteurs aux funérailles de Maurice Richard avec Ken Mosdell, Ken Reardon, Elmer Lach, Jean Béliveau, Dickie Moore, Émile Bouchard et bien sûr son frère Henri.
 
C’est en 2004 qu’un cancer l’emporta, à l’âge de 78 ans.
 
Sources :
 
McNeil, David, In the Pressure of the Moment, Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.15 à 21, 36 à 38, 63 à 67, 92 à 127, 135 à 139, 167 à 182, 191 à 200, 208, 230,
 
hockeydb.com, wikipedia.org.

jeudi 30 août 2018

Démantèlement d'équipe championne : Islanders de New York






Comme j'aime bien commencer de nouvelles séries d'articles pendant que d'autres sont toujours en cours, je vous offre aujourd'hui une série sur la durée de vie d'une équipe championne de la Coupe Stanley. Rien de dure éternellement et il est normal de voir une équipe perdre les membres de son équipe championne au fil des années. Souvent on assiste à une équipe qui perd lentement et graduellement son noyau de champions alors que parfois il s'agit de situations plus bordéliques de départs houleux et de déchéance rapide vers les bas fonds du classement. J'ai déjà analysé le démantèlement de la dynastie des Oilers par le passé alors qu'il s'agissait d'un cas assez extrême d'exode de masse. Alors aujourd'hui j'ai pensé continuer dans la même veine en analysant le démantèlement d'une autre dynastie des années 80, les Islanders de New York.

Aussi bizarre que cela puisse paraître aux yeux d'un nouveau fan qui ne connaîtrait pas autre chose que le hockey actuel, les Islanders furent autrefois un modèle d'excellence et de stabilité, autant au niveau financier qu'au niveau sportif. Alors que le hockey professionnel battait de la patte vers la fin des années 70, les Islanders étaient en train de préparer le terrain pour une des plus impressionnantes périodes de dominance de l'histoire du sport professionnel. À l'époque, les Islanders étaient même l'équipe avec la plus haute masse salariale.



Au cœur de cette belle aisance financière se trouvait le nouveau propriétaire des Islanders, John Pickett, qui peu après avoir fait l'achat de la franchise en 1978, signa un lucratif contrat de télévision avec le réseau câblé SportsChannel (maintenant MSG Plus). Ce contrat est d'ailleurs toujours en vigueur et l'entente signée avec les Islanders à l'époque est considérée comme une entente historique et avant-gardiste en ce qui concerne les contrats de retransmission d'événements sportifs. Avec un tel coup de pouce financier, Pickett et les Islanders étaient capables de garder leur excellents choix au repêchage en leur offrant de bons contrats.

Vous connaissez la suite. Les Islanders explosèrent en 1980 en remportant 4 coupes Stanley consécutives et presque une 5e en 1984 lorsqu'ils s'inclinèrent contre les nouveaux ''dynastiens'' des Oilers. Ils établirent ainsi un record en remportant 19 séries consécutives de 1980 jusqu'à cette défaite en finale de 1984. Signe de leur incroyable équipe, chacune des quatre conquêtes avait un lauréat du trophée Conn Smythe différent; Butch Goring (1980), Bryan Trottier (1981), Mike Bossy (1982) et Billy Smith (1983).

Voici ce que je considère être le noyau de l'équipe sur l'étendue de ces quatre conquêtes. Entre parenthèses vous retrouvez les années que chaque joueur passa avec l'équipe. Les noms en bleu représentent les 16 joueurs qui ont participé aux 4 coupes.

Noyau:
Bryan Trottier (1975-90)
Mike Bossy (1977-87)
Clark Gillies (1974-86)
John Tonelli (1978-85)
Denis Potvin (1973-88)
Bob Nystrom (1973-86)
Butch Goring (1980-85)
Bob Bourne (1974-86)
Billy Smith (1972-89)
Entraîneur: Al Arbour (1973-94)

Autres joueurs importants et joueurs de soutien durant la même période:
Anders Kallur (1979-85)
Duane Sutter (1980-87)
Brent Sutter (1981-91)
Roland Melanson (1980-85)
Stefan Persson (1977-86)
Ken Morrow (1980-89)
Wayne Merrick (1978-84)
Tomas Jonsson (1981-89)
Gord Lane (1979-85)
Dave Langevin (1979-85)


Que s'est-il passé avec les Islanders après cette période glorieuse et comment l'équipe a-t-elle été démantelée? Et surtout, à quel moment peut-on identifier qu'il s'agissait de la fin de cette grandiose période?

Tout se fit graduellement à partir de la saison suivant leur dernière présence en finale. Les premiers membres du noyau à quitter Long Island furent Butch Goring (réclamé par Boston au ballottage en janvier 1985) suivi du très sous-estimé John Tonelli un an plus tard. Ce dernier fut échangé aux Flames en retour de Steve Konroyd et Robert Kromm, deux joueurs marginaux.

Ensuite ce fut au tour de Clark Gillies, le partenaire de longue date du trio de Bossy et Trottier, qui quitta pour Buffalo aussi par voie du ballottage au début de la saison 1986-87. Même chose pour un autre Islander de longue date, Bob Bourne, qui fut réclamé par les Kings. Après ces transactions, les nombreuses retraites (souvent prématurées) vinrent terminer le travail. Bob Nystrom se retira en 1986 après une sérieuse blessure à un œil. Le plus douloureux départ chez les Islanders fut toutefois celui de Mike Bossy qui, contrairement aux autres avant lui, était encore capable d'être un joueur dominant. Incapable de continuer après des maux de dos persistants, il prit sa retraite officielle en 1988 après s'être accordé une saison de repos sans succès. Il refusa même un échange à Montréal offert par le DG des Islanders Bill Torrey pour lui permettre de jouer plus près de sa famille en cas d'un retour au jeu.

Le capitaine Denis Potvin se retira à son tour en 1988, en même temps que Bossy, malgré qu'il aurait pu continuer de jouer quelques années alors qu'il n'avait que 35 ans. Il estimait toutefois qu'il n'avait plus rien à prouver et qu'il préférait se retirer plus tôt que trop tard. Le légendaire gardien Billy Smith, dernier membre original des Islanders, se retira également après la saison 88-89 alors que les Islanders dégarnis de leurs joueurs vedettes finirent ex-æquo avec les Nordiques au dernier rang du classement général, ratant les séries pour la première fois depuis 1974.

J'estime donc que le moment décisif de la fin de la dynastie arriva au début de cette fatidique saison 1988-89 lors de la retraite officielle de Bossy. Les Islanders n'étaient alors plus la même équipe sans lui et sans Potvin et c'est presque normal qu'ils finirent au dernier rang avec si peu de relève. Ils pouvaient se remettre du départ des Nystrom, Gillies, Goring et Tonelli mais sans ces deux piliers et avec un Billy Smith et un Bryan Trottier vieillissants, ce n'était plus les Islanders d'antan.

Les quatre conquêtes consécutives ont tout de même fait des ravages sur le corps de ces joueurs et l'équipe demeura malgré tout compétitive durant la majorité de la deuxième moitié de la décennie (sans toutefois s'approcher de la finale) et ils semblaient même à un moment être capable de continuer sur leur lancée avec l'arrivée d'excellents prospects comme Pat Lafontaine et Patrick Flatley (voir texte du 30 octobre 2017). Cependant il s'agissait de deux cas d'exception alors que le repêchage commença à faire défaut chez les Islanders durant et après la dynastie. Le problème des Islanders fut qu'il ne surent pas bien repêcher assez de bons joueurs pour remplacer leurs joueurs vedettes qu'ils perdirent sans obtenir grand chose en retour.


Voici les joueurs repêchés en première ronde par les Islanders après 1983 (l'année de Lafontaine): Brad Dalgarno, Derek King, Tom Fitzgerald, Dean Chynoweth, Kevin Cheveldayoff, Dave Chyzowski ainsi que le tragique cas de Duncan Macpherson (voir texte du 10 janvier 2017). Voici les meilleurs coups de l'équipe durant le reste de la décennie: David Volek, Jeff Hackett, Rich Pilon, Marty McInnis, Vladimir Malakhov, Travis Green...

On est loin des Trottier et Bossy et même Tonelli ici...

À l'époque, les joueurs autonomes n'étaient pas monnaie courante comme aujourd'hui alors si tu ne repêchais pas bien ou que tu ne parvenais pas à gagner quelques échanges et bien il était normal de basculer dans la médiocrité. Il est très noble pour des joueurs légendaires comme Bossy, Potvin et Smith d'avoir pu se retirer en tant que membre de l'équipe mais du point de vue de la direction, il aurait peut-être été bénéfique d'en sacrifier un ou deux par voie d'échange pour tenter de reconstruire.

Un cas flagrant où les Islanders manquèrent le bateau fut lors du départ de Bryan Trottier. Il était sur la pente descendante après quelques années moins productives et ils rachetèrent bêtement son contrat après la saison 1989-90 où il ne récolta que 24 points en 60 matchs. Il signa ensuite à Pittsburgh et les aida à remporter deux coupes Stanley dans un rôle secondaire de vétéran aguerri. Les Islanders auraient dû tenter de l'échanger disons en 1987 quand il avait encore une bonne valeur et recevoir quelques éléments intéressants en retour.
 


Toutefois, malgré que le temps faisait des ravages chez les membres de la dynastie, un autre problème chez les Islanders se produisit en coulisse alors que Pickett commença à se désintéresser des performances de son équipe et à garder les fonds obtenus par son contrat de télévision pour lui-même au lieu de l'injecter dans les coffres de l'équipe comme il faisait autrefois. Cela obligea Torrey à serrer le porte-monnaie, à moins investir en recrutement (de là les mauvais choix de repêchage et les joueurs perdus au ballotage) et à se départir des derniers membres de ses équipes championnes.

En 1991-92, les Islanders perdirent leur capitaine Brent Sutter et leur seul joueur vedette restant, Pat Lafontaine, pour cause de disputes contractuelles. Lafontaine n'était pas parmi les membres champions des quatre coupes alors qu'il débuta sa carrière en 1983-84 et rata le bateau de peu. Mais il exigea le retrait de Pickett comme propriétaire pour rester avec les Islanders. Il fut plutôt échangé aux Sabres de Buffalo contre Pierre Turgeon tandis que Sutter, le dernier membre de la dynastie encore avec l'équipe, fut échangé aux Blackhawks.

Pickett habitait désormais en Floride et tentait par tous les moyens de vendre son équipe. Plusieurs ventes possibles furent avortées et ce même depuis 1981 alors qu'il avait tenté de vendre la moité de ses parts à Charles Dolan, le propriétaire de SportsChannel. Une autre transaction du genre avorta en 1992 avec Dolan. Il réussit ensuite à se trouver quatre investisseurs minoritaires qui prirent en charge les opérations de l'équipe qu'ils menèrent dans les bas-fonds de la LNH et qui prirent des décisions douteuses comme le fameux changement de logo et de chandail en 1995-96. Finalement Pickett racheta leurs parts mais avait la ferme intention de se départir de la franchise pour de bon. L'équipe fut finalement vendue à un homme d'affaires du nom de John Spano, sans savoir qu'il s'agissait d'un fraudeur. La ligue annula la transaction et Pickett dut attendre une autre année avant de trouver preneur.

On dirait que les Islanders ne se sont jamais remis des années 80 et du départ des joueurs de cette fameuse dynastie. Ils sont constamment tournés au ridicule, soit par leurs changements de chandails, leurs propriétaires mafieux et excentriques, leur DGs incompétents (Mike Milbury ET Garth Snow), leurs mauvais échanges, leurs problèmes d'aréna, la saga John Tavares...etc.

On s'ennuie de Al Arbour et de la bande à Bossy à Long Island...

On souhaite bonne chance à Barry Trotz et Lou Lamoriello et surtout aux fans des Islanders...





samedi 18 août 2018

Joueur oublié des 90's #18 - Oleg Tverdovsky





Né le 18 mai 1976 à Donetsk en Ukraine (alors sous l'emprise de l'union soviétique), le défenseur Oleg Fedorovych Tverdovsky figurait parmi les meilleurs patineurs de sa génération et semblait être en voie de faire partie de l'élite de la LNH à un certain moment.




Située dans le sud de l'Ukraine, Donetsk n'est pas propice à l'apprentissage du hockey alors que les hivers y sont généralement doux. Jouant essentiellement dans la rue, ce n'est qu'à l'âge de 7 ans que Tverdovsky put enfin apprendre à patiner lorsque fut construit un véritable aréna à Donetsk. Il devint le meilleur joueur de son équipe et au fil des années il fut reconnu comme un des plus rapides de tout le système soviétique. En 1991, voyant qu'il n'avait pas vraiment d'avenir à Donetsk après que le système de refroidissement de l'aréna ait brisé de manière permanente, Tverdovsky (alors âgé de 15 ans) décida d'aller jouer à Moscou avec l'équipe junior des Soviet Wings (Krylja Sovetov). Son coup de patin étant nettement supérieur que ses coéquipiers, il ne joua que quelque semaines avec l'équipe junior avant de faire le saut à 16 ans avec l'équipe senior.

Il se fit ensuite remarquer sur la scène internationale, obtenant entre autres 10 points en 5 matchs lors du championnat des moins de 18 ans en 1993. Certains le comparaient même (injustement) au grand Bobby Orr pour ses habiletés à manier le jeu et à faire des montées à l'emporte-pièce. Si cette comparaison était injuste envers Tverdovsky, la plupart des recruteurs de la LNH estimaient qu'il était le meilleur européen disponible au repêchage de 1994 et s'attendaient à le voir sortir au 3e ou 4e rang. Cependant les Mighty Ducks d'Anaheim causèrent une surprise en le sélectionnant au 2e rang après Ed Jovanovski des Panthers de la Floride. Il s'agissait de la première fois de l'histoire du repêchage que les deux premiers choix furent des défenseurs.

La même chose se produisit les deux années suivantes. En 1995 on eut même droit à trois défenseurs pour les trois premiers choix (Bryan Berard, Wade Redden et Aki-Petteri Berg).

Tverdovsky fit donc le saut en Amérique en 1994. Comme la saison fut retardée à cause du lock-out, il joua quelques matchs dans la WHL avec les Wheat Kings de Brandon et joignit les Mighty Ducks à la reprise des activités. Les comparaisons avec Orr lui valurent le surnom de ''Oleg Orr'' ou ''Double O'' par ses nouveaux coéquipiers. Même s'il n'était pas Bobby Orr, il obtint tout de même un raisonnable 12 points en 36 matchs lors de cette première saison professionnelle. Il continua à progresser lors de sa deuxième saison mais les Mighty Ducks semblaient jaloux de leurs cousins d'expansion, les Panthers, qui obtenaient plus de succès. Désirant obtenir une vedette établie pour complémenter leur attaquant vedette Paul Kariya, l'équipe prit la décision de se départir de ses deux plus récents premiers choix. Ils échangèrent Tverdovsky ainsi que Chad Kilger (4e choix au total en 1995) et un choix de 3e ronde aux Jets de Winnipeg en retour de Teemu Selanne, Marc Chouinard et un choix de 4e ronde.

Cet échange secoua la ville de Winnipeg qui était déjà en deuil prématuré de voir son équipe partir à Phoenix après la saison. Tverdovsky pour sa part avait bien d'autres soucis que de devoir quitter Anaheim.

Quelques jours avant la transaction, sa mère fut kidnappée en pleine rue à Donetsk et le père de Tverdovsky reçut une demande de rançon de 200,000$. Lorsqu'il rétorqua qu'il n'avait pas une telle somme d'argent, les kidnappeurs lui dirent de demander à leur fils, bien au courant de la situation financière de ce dernier. Ne voulant pas aggraver les choses auprès des kidnappeurs, Tverdovsky ne fit aucune part de ces événements auprès des dirigeants des Mighty Ducks ni de ses nouveaux patrons à Winnipeg après la transaction.

Courte escale à Winnipeg

Le père de Tverdovsky coopéra avec les kidnappeurs et leur remit l'argent mais il coopéra également avec la police qui retrouva les malfaiteurs peu après. C'est finalement après 11 jours de séquestration qu'Alexandra Tverdovsky fut libérée et réunie avec son mari.

À la tête de ce groupe de cinq kidnappeurs se trouvait un ancien entraineur de Tverdovsky à Moscou. Jaloux du contrat qui fit de Tverdovsky un millionnaire, cet entraineur alors au chômage estimait qu'il était en droit de recevoir une somme d'argent pour son ancien joueur qu'il avait développé. Je n'ai pas réussi à retracer de quel entraineur il s'agit alors que le nom des assaillants ne fut jamais dévoilé. Tout ce que j'ai su est qu'ils encouraient une peine de 7 ans de prison. Ce n'est qu'après ce dénouement que Tverdovsky fit part de tout ça à ses patrons et à la presse.

À travers de tout ça, Tverdovsky ne connut pas de très grands moments dans l'ombre de Selanne et il ne porta que très peu l'uniforme des Jets alors que l'équipe en était à ses derniers miles. Il n'obtint aucun but et seulement 8 passes en 31 matchs à Winnipeg, portant son total pour sa deuxième saison mouvementée à 30 points en 82 matchs.

Ce n'est qu'une fois la franchise déménagée à Phoenix qu'il parvint à éclore pour de bon. Durant la première saison des Coyotes de Phoenix en 1996-97, Tverdovsky obtint 10 buts et 55 points, bon pour le 4e rang chez les Coyotes et également le 4e rang parmi les défenseurs de la LNH. Il participa également au match des étoiles et ce pour la première et seule fois de sa carrière. Son parcours à Phoenix commença à dérailler après cette excellente saison. En dispute contractuelle durant l'été, il fit la grève au début de la saison 1997-98 et joua une dizaine de parties dans la ligue américaine avec les Bulldogs d'Hamilton. Il parvint finalement à s'entendre avec l'équipe à la fin du mois de décembre. Avec un nouvel entraineur en Jim Shoenfeld, Tverdovsky devint plus fiable défensivement mais ses statistiques allèrent en diminuant. Il n'obtint que 19 points en 46 matchs durant cette demie-saison écourtée et seulement 25 points en 82 matchs la saison suivante. De plus, il eut plusieurs chicanes avec les autres vedettes des Coyotes dont le capitaine Keith Tkachuk et surtout avec Jeremy Roenick. Les deux joueurs en sont même venus aux coups à trois reprises durant leur temps ensemble comme coéquipiers. Plus tard, Roenick déclara dans sa biographie que Tverdovsky fut son pire coéquipier en carrière, lui reprochant son manque d'ardeur aux entraînements et qu'il gaspillait son énorme talent.

En plus de Roenick et Tkachuk, Shoenfeld n'était pas non plus son plus grand fan. Il le laissa même de côté lors du 7e match de leur série de première ronde contre les Blues en 1999. Après la saison, les Mighty Ducks cherchaient du renfort en défensive, ayant des problèmes de relance en attaque. Le DG des Ducks Pierre Gauthier, ramena donc Tverdovsky au bercail lors du repêchage de 1999. Il envoya le centre Travis Green ainsi que leur premier choix (15e au total) aux Coyotes en retour de Tverdovsky. Ce dernier était d'abord sous le choc de revenir à Anaheim mais était aussi content de partir de Phoenix. Gauthier déclara que dans un monde idéal il n'aurait jamais échangé Tverdovsky au départ mais l'opportunité d’acquérir Selanne était trop bonne à l'époque. Ce deuxième échange impliquant Tverdovsky fut de nouveau gagnant du côté des Ducks alors que Green n'obtint que des statistiques moyennes et ne joua que deux saisons à Phoenix. Leur premier choix obtenu dans l'échange, Scott Kelman ne se rendit jamais jusqu'à la LNH.

Retour à Anaheim
Après ce retour en Californie, un Tverdovsky plus aguerri et plus mature retrouva sa touche offensive avec un sommet en carrière de 15 buts en 1999-00. Je vous rappelle que c'était en plein milieu de la ''dead puck era'' donc 15 buts et 50 points pour un défenseur en 99-00 ç'était une denrée rare. Il retrouva alors la faveur des partisans d'Anaheim qui avaient commencé à le huer à maintes reprises depuis les séries de 1997 entre les Coyotes et les Ducks lorsque Tverdovsky déclara qu'il détestait son ancienne équipe et qu'il voulait leur botter le cul. Il joua trois bonnes saisons à Anaheim lors de ce deuxième séjour mais commença à régresser lors de la saison 2001-02 où sa production passa de 53 à 32 poins pendant que les Mighty Ducks ratèrent les séries pour une troisième année consécutive.

Durant l'entre-saison, Tverdovsky fit partie d'un autre échange majeur. En compagnie de Jeff Friesen et d'un espoir du nom de Maxim Balmochnykh, il prit la route du New Jersey en retour de l'attaquant Petr Sykora, du défenseur Mike Commodore, du gardien Jean-François Damphousse et de l'espoir Igor Pohanka. Cet échange est intéressant pour plusieurs raisons. Premièrement Friesen était malheureux à Anaheim car comme Tverdovsky quelques années plus tôt, il se devait de jouer dans l'ombre de Selanne alors qu'il fut obtenu en retour de lui par les Sharks en 2001. Deuxièmement, cet échange est considéré comme gagnant-gagnant alors que la majorité des joueurs impliqués eurent un effet bénéfique sur leur équipe respective et rebondirent offensivement. Finalement, cet échange marqua la saison 2002-03 car les deux équipes se retrouvèrent éventuellement en finale de la Coupe Stanley. Au final ce sont les Devils qui gagnèrent l'échange alors qu'ils remportèrent la Coupe et l'apport de Jeff Friesen fut considérable avec 10 buts marqués lors des séries. Trois de ces buts furent des buts gagnants dont celui du 7e match de la finale de conférence contre les Sénateurs. Il marqua également deux buts dans le premier match contre les Ducks en finale, remporté 3-0 par les Devils.

Pour sa part Tverdovsky avait déjà commencé à ralentir offensivement. Il n'obtint que 13 points en 2002-03 et il manqua une trentaine de matchs. Il ne récolta que 3 passes en 15 matchs lors des séries mais toutefois deux de ces passes survinrent lors de la finale. Il n'était alors évidemment pas très haut dans la hiérarchie des défenseurs des Devils étant relégué derrière Scott Niedermayer, Scott Stevens et Brian Rafalski. Il était surtout là comme police d'assurance, jouant surtout avec Ken Daneyko sur la troisième paire. Il faut aussi dire qu'il devait être difficile pour un défenseur offensif de jouer dans un système défensif comme celui des Devils.


Finale de 2003 contre son ancien coéquipier Paul Kariya

Après cette première Coupe Stanley en carrière, il signa avec le club l'Avangard de Omsk en Russie où il joua deux saisons et retrouva quelque peu ses repères offensifs. Au retour des activités de la LNH après le lock-out de 2005, Tverdovsky revint en Amérique et signa un contrat de trois saisons avec les Hurricanes de la Caroline. Il joua 72 matchs en Caroline, récoltant 23 points et en joua seulement 5 en séries, étant souvent laissé de côté pendant la conquête de 2006 des Hurricanes où il était encore plus un passager que lors de sa précédente conquête de 2003 avec les Devils.

2e Coupe Stanley en Caroline

Au début de la saison 2006-07, les Hurricanes étaient incapables de s'entendre avec leur premier choix de 2005, le défenseur Jack Johnson (3e choix au total). Ils l'envoyèrent donc aux Kings de Los Angeles en compagnie de Tverdovsky. En retour, les Hurricanes mirent la main sur Eric Bélanger et le défenseur Tim Gleason. Souvent blessé, Tverdovsky ne joua que 26 matchs à L.A, ses derniers en carrière dans la LNH, et fut rétrogradé dans la ligue américaine pour terminer la saison. Il retourna ensuite jouer en Russie, d'abord pour le Ufa Salavat Yulayev et ensuite pour le Magnitogorsk Metallurg où il joua jusqu'à sa retraite en 2013.

En 713 matchs dans la LNH, il récolta 77 buts et 240 passes pour 317 points et remporta deux Coupes Stanley. Pas exactement Bobby Orr mais pas vilain non plus. Souvent on parle de joueurs qui sont graduellement tombés dans l'oubli et dont le rôle est devenu plus effacé vers la fin de leur carrière. Dans le cas de Tverdovsky on peut dire qu'au moins il remporta deux coupes au passage durant cette pente descendante. Sur une note plus personnelle, il était un de mes joueurs fétiches que je n'hésitais pas à aller chercher dans le temps des jeux NHL circa 1998 à 2002.

Je vous laisse sur un de ses plus beaux buts, marqué en 2002 contre les Red Wings alors qu'il portait l'uniforme auquel il est le plus associé, celui des Mighty Ducks. Exactement le genre de buts de jeux vidéos que je scorais dans le temps...




Sources:
After ducks pass, kings bolster their goal, Los Angeles Times, 29 juin 1994

jeudi 16 août 2018

Les numéros retirés par les Tigres ...








Je fais souvent la relecture des articles plus anciens du blog. À l'époque, lorsque Martin s'en occupait seul, il partageait régulièrement son amour pour son équipe d'enfance, les Saguenéens de Chicoutimi. Ayant grandi à Victoriaville, je suis depuis longtemps fan des Tigres. Mon père a fait parti de l'organisation pendant plus de 15 ans et j'ai moi-même été préposé à l'équipement pour la saison 1999-2000. J'ai donc côtoyé quelques joueurs de cette liste. Suite à la conquête de la coupe du Président de 2002, je me suis quelque peu désintéressé de l'équipe, comme du hockey en général, ayant cesser de jouer au début des années 2000. La piqûre m'est revenu il y a environ 6 ans, lorsque mes fils ont débuté le hockey et que j'ai commencé à les amener voir des matchs des Tigres. 

L'ambiance n'est peut-être pas celle qui régnait au Centre Georges-Vézina lorsque Martin allait voir ses Sags, mais lorsque les Tigres atteignent la deuxième ronde des séries, le tout Victo devient "Hockey" et l'ambiance dans l'Amphithéâtre Gilbert-Perreault est électrisante ! Depuis leur arrivée dans la ligue en 1987 en provenance de Longueuil, les Tigres ont vu passer plusieurs joueurs qui ont fait lever les foules!  D'ailleurs, tout comme les Saguenéens, les Tigres ont retirés 8 numéros (lors de la parution du post de Martin, le numéro 35 d'Éric Fichaud n'était pas encore retiré) et ils ont presque tous joué dans la LNH.


Matthew Lombardi #10
Du haut de ces 5'9'', Lombardi avait tout un coup de patin et des mains à faire rêver!  S'il attrapait la rondelle au centre de la glace, vous ne pouviez le rattraper jusqu'au filet adverse ! Repêché par les Oilers en 2000 et par les Flames en 2002 (il n'a pu s'entendre sur un contrat avec Edmonton), il disputa un total de 9 saisons dans la LNH, incluant la saison 2010-11 où il ne joua que 2 matchs avec les Predators de Nashville suite à une commotion cérébrale. Il disputa trois dernières saisons en Suisse avant d'accrocher ses patins. Sa conjointe étant de Victoriaville, il est depuis 2016 entraîneur-adjoint à temps partiel avec les Tigres.
Yves Racine #16
Racine arriva à Victoriaville en même temps que les Chevaliers de Longueuil avec qui il avait joué une saison. Fraîchement repêché par les Red Wings de Detroit, Racine était le général en défensive pour les Tigres, accumulant 202 points en 2 saisons dans les Bois-Francs. Il connut ensuite quatre bonnes premières saisons dans la LNH dans l'organisation des Red Wings avant de connaître une période plus nomade qui le mena dans 7 villes d'Amérique du Nord en 5 saisons (dont Montréal pendant 1 saison et demi), avant de faire le saut en Europe pendant 6 saisons. Il vint terminer sa carrière à Thetford Mines, avec le Prolab de la LNAH.

Stéphane Fiset #29
Avant d'être offert en sacrifice aux équipes adverses lors de sa première saison dans la LNH, Stéphane Fiset fut le premier gardien vedette à Victoriaville. Il aida d'ailleurs l'équipe à se rendre en finale de la coupe du Président lors des saisons 1988-89 et 1989-90, à chaque fois défait par le Titan de Laval. Il accompagna les Nordiques lors du déménagement au Colorado, où il mit la main sur la coupe Stanley, dans le rôle d'adjoint à Patrick Roy. Il agit aujourd'hui comme agent de joueurs (dont Phillip Danault), entraîneur-adjoint avec les Filons du Cégep de Thetford Mines et analyste à l'Antichambre, à RDS. Il habite toujours à Victoriaville, y ayant rencontré sa femme lors de sa deuxième saison avec les Tigres.
Mathieu Garon #32
Garon était reconnu comme le "Nouveau Fiset" à son arrivée avec les Tigres. Il faut dire qu'entre les deux, les Tigres n'ont pas eu de gardien de haut calibre. Il est d'ailleurs le 2e joueur des Tigres à avoir vu son numéro être retiré, 10 ans après Fiset. Évoluant de 1995 à 1998 dans les Bois-Francs, Garon fut repêché par le Canadien. Après avoir fait parti de l'organisation pendant six saison, il fut échangé par la suite aux Kings. Après un passage à Edmonton, il fut acquis par les Penguins à la date limite des transactions en 2009, ce qui lui permit de mettre la main sur la coupe Stanley. Il vit aujourd'hui dans la région de Tampa Bay, où il joua ses deux dernières saisons dans la LNH.
P.J. Stock #42
Je sais que P.J. s'est fait agacer régulièrement à l'Antichambre à RDS parce que son numéro était retiré à Victo, mais il est rapidement devenu une figure populaire par sa fougue et son désir de vaincre, qui ont vite conquis les amateurs de hockey junior des Bois-Francs. Il s'est joint aux Tigres après que son frère Dean (qui avait été repêché par les félins), ait demandé à la direction d'inviter son grand frère Philip-Joseph.  À sa première saison, il a surtout été utilisé à la ligne bleue. Alain Rajotte (le coach) l’a ensuite transformé en attaquant. À sa 2e saison à 20 ans, il arborait le «C» sur son chandail. Il a par la suite roulé sa bosse en Amérique du Nord, jouant dans la LNH avec les Rangers, le CH, les Flyers et les Bruins.

Réginald Savage #77
Savage avait été repêché par les Chevaliers de Longueuil, juste avant le déménagement de l'équipe vers Victoriaville. Fort de ses 203 points en 82 matchs midget AAA, Savage fut la première vedette offensive que les partisans purent applaudirent.  Il amassa 122 points à sa première saison dans les Bois-Francs. Repêché par les Capitals, Savage ne fut jamais capable d'élever son jeu d'un cran afin de rester dans la LNH, disputant en tout 34 matchs dans la grande ligue, amassant 12 points au passage. Son fils, Félix-Antoine, a également joué avec les Tigres entre 2012 et 2014, mais il ne put s'établir avec l'équipe, n'accumulant que 4 points en 1 saison et demie.

Alexandre Daigle #91
Que dire de plus sur Alexandre Daigle ? Premier choix du repêchage de 1991 de la LHJMQ, Daigle a toujours été considéré comme un flop après avoir été le premier choix du repêchage de 1993 de la LNH. Il a tout de même fait vibrer les amateurs des Bois-Francs par son talent sur la glace, même s'il ne mettait pas tout le sérieux nécessaire hors-glace. Ça l'a rattrapé lors de sa carrière professionnelle. Quoiqu'avec un premier contrat de 5 ans / 12.5M$, on serait sûrement plusieurs à avoir fait comme lui. Reste qu'il compléta des saisons de 110 et 137 points avant d'être repêché par Ottawa. Lorsque le lock-out de 1994-95 de la LNH fut déclenché, étant encore d'âge junior, il vint jouer 18 matchs avec les Tigres, inscrivant 34 points au passage.

Carl Mallette #97
Meilleur pointeur de l'histoire des Félins avec 418 points en 318 matchs, Mallette a joué cinq saisons à Victoriaville. Il était le capitaine de l'équipe à sa dernière saison, lorsque les Tigres se rendirent jusqu'en finale de la coupe Mémorial en 2002. Repêché par les défunts Thrashers, il passa deux saisons dans la ECHL (incluant un passage de 10 matchs dans la AHL) avant de se diriger vers l'Europe où il remporta 5 championnats de la Ligue Magnus de France avec les Dragons de Rouen. Il est donc le seul de cette liste à n'avoir pu toucher à la LNH. Il agit à titre d'entraîneur-adjoint avec les Tigres depuis la saison 2017-18, poste qu'il a aussi occupé en 2012-13, en plus d'être assistant au DG en 2014-15.

Étrange de noter que les seuls joueurs de cette liste à avoir remporté la coupe Stanley sont des gardiens. Et dans les deux cas, en cas que gardien substitut. Toute une coïncidence, considérant en plus qu'ils sont les deux premiers joueurs des Félins à avoir reçu leur honneur d'avoir leur chandail retiré, à 10 ans d'écart.

Dans les prochains numéros qui pourraient être retirés par la Tigres, il y aura probablement le #4 de Danny Groulx, le #20 d'Antoine Vermette et le #21 de Phillip Danault.

vendredi 10 août 2018

Ken Doraty









Après avoir remporté la Coupe Memorial en 1925 avec les Pats de Regina, Ken Doraty signa avec les Rosebuds de Portland pour ce qui s’avéra être la dernière saison de la WHL.  L’année suivante, les Black Hawks de Chicago firent leur apparition dans la Ligue nationale.  Pour former la base de leur effective, les Hawks firent l’acquisition des joueurs de Portland, incluant Doraty.
 
Celui-ci joua donc 20 matchs avec Chicago en 1926-27, avant de passer cinq ans dans la Canadian Professional Hockey League et la Ligue internationale.
 
En 1932, les Maple Leafs firent son acquisition.  Au cours de cette saison, il marqua 5 buts en 32 parties, mais fait étonnant, il en marqua autant en neuf matchs de séries.  Et parmi ceux-ci, Doraty marqua l’unique but du cinquième et décisif match contre les Bruins, en sixième prolongation.  En déjouant Tiny Thompson, le frêle Doraty (5’7’’ 128 lbs), mit fin à ce qui était à ce moment le plus long match de l’histoire (164 minutes et 46 secondes).  Ce record a toutefois été battu le 24 mars 1936 lorsque le duel entre les Red Wings et les Maroons a pris 176 minutes et 30 secondes avant de faire un vainqueur. 
 
Après un tel marathon, les Leafs eurent peu de temps pour se reposer, puisqu’ils débutèrent le lendemain la finale contre les Rangers, à New York.  Sans surprise, Toronto perdit le match 5-1 et éventuellement la série, 3 à 1.
 
L’année suivante, Doraty en marqua 9 en 34 parties, mais parmi ceux-ci, il compta 3 le 16 janvier 1934, dans un duel contre Ottawa.  Déjà que pour lui, le plus petit joueur de la ligue à ce moment, c’était un match exceptionnel, mais en plus, il s’agissait d’une performance record qui ne sera jamais égalée.  Pourquoi?  Parce que Doraty a compté ses trois buts en prolongation.  À l’époque, et jusqu’à l’abolition de la prolongation, le 21 novembre 1942 en raison des restrictions reliées à la guerre, en saison régulière on jouait 10 minutes de prolongation et ce, au complet, peu importe qui marque.  Le record de Doraty ne sera donc jamais battu, tout comme celui de son coéquipier Hec Kilrea, qui a obtenu une passe sur chacun de ses trois buts.  Toronto l'a emporté 7-4.
 
En 1934-35, Doraty joua 11 matchs avec Toronto, avant de se retrouver dans la Ligue américaine.
 
Il joua ses deux derniers matchs dans la LNH avec Détroit en 1937-38, ce qui porta son total à 105.  Mais c’est plutôt pour ses performances en prolongation qu’il s’est fait remarquer au cours de son passage dans la grande ligue.  Il se retrouva ensuite à nouveau dans les mineures.
 
Après sa carrière, il retourna en Saskatchewan, devint entraîneur et mena les Canucks de Moose Jaw jusqu’en finale de la Coupe Memorial en 1947.  Son équipe s’inclina toutefois contre les Majors du Collège St.Michael’s de Toronto.
 
Il est décédé en 1981, à l’âge de 75 ans.
 
Sources : « Les Leafs éliminent les Bruins après un marathon de 164 minutes de hockey», La Patrie, 4 avril 1933, p.11, « Toronto bat l’Ottawa », La Patrie, 17 janvier 1934, p.20, hhof.com, wikipedia.org.