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dimanche 13 janvier 2019

Charles "Doc" Stewart





Gardien au petit gabarit, Charles Stewart s’était rendu jusqu’au niveau senior.  Au moment où il fut admis à la faculté de dentisterie de l’Université de Toronto, il se joignit à son équipe, toujours dans la ligue senior de l’Ontario.  C’est d’ailleurs dans l’uniforme des Toronto Dentals qu’il remporta la Coupe Allan en 1917.  Par la suite, il s’enrôla dans l’armée.  À titre de lieutenant, il prodigua des soins dentaires.  Par contre, la guerre se termina avant qu’il n’eut à se rendre outre-mer.

En 1919, Stewart gradua, mais il continua de jouer au niveau senior, avec Hamilton, pendant qu’il pratiquait son métier dans l’entre-saison.  De 1922 à 1924, Stewart fut choisi au sein de la première équipe d’étoiles de la ligue.

En 1924-25, les Bruins de Boston devinrent la première équipe américaine à jouer dans la Ligue nationale.  Les débuts furent modestes.  Devant le filet, la situation se compliqua encore plus lorsqu’il fut révélé suite au match du 22 décembre 1924, que leur gardien Heck Fowler avait volontairement laissé passer des rondelles, ce qui résulta en une humiliante défaite aux mains des Leafs.  Il fut donc suspendu, puis remercié.  Par contre, en cette période où les équipes n’avaient qu’un seul gardien, il fallait trouver une solution de rechange, et rapidement.

L’entraîneur et directeur-gérant des Bruins, Art Ross, se rendit donc personnellement à la résidence des Stewart à Kingston pour convaincre Charles de renoncer à son statut d’amateur pour faire le saut chez les professionnels.  Après avoir refusé une offre de 2500$, plus ses dépenses à Boston, plus le paiement du loyer de son bureau de pratique à Hamilton, Stewart finit par accepter une somme non dévoilée pour faire ses débuts avec les Bruins lors du match du jour de Noël, à l’Aréna Mont-Royal, contre les Canadiens.

Lors de cette partie, celui que les journaux de l’époque désignaient presque toujours comme étant Dr. Stewart n’a pas réussi à améliorer le sort des Bruins.  Bien que son bon travail et son calme furent soulignés, Boston s’inclina tout de même 5-0 devant les Canadiens, l’équipe de tête à ce moment.  Dans ce match, Aurèle Joliat marqua deux fois et Georges Vézina obtint le blanchissage.

Malgré que la performance de Stewart au cours du reste de la saison n’empêcha les Bruins de terminer derniers, il demeure qu’ils réussirent à devenir un peu moins pathétiques.  Ils remportèrent au total 6 matchs sur 30 (dont 5 avec Stewart devant le but).  Quant à ses statistiques personnelles, Stewart afficha une moyenne de 3,08, une amélioration significative sur celle de 6,10 de Fowler.

L’année suivante, les Bruins se sont substantiellement améliorés, parvenant presque à se qualifier pour les séries.  De son côté, Stewart baissa sa moyenne à 2,21.

En 1926-27, la Ligue nationale passa de sept à dix équipes, en ajoutant Chicago, Détroit et New York.  La formation d’une division américaine (où Boston était l’équipe la plus ″ancienne″) aurait dû favoriser les Bruins, mais leurs performances furent considérées comme décevantes et Stewart fit partie de ceux qui furent montrés du doigt.  C’est pourquoi que lorsque Art Ross eut l’occasion de faire l’acquisition de Hal Winkler des Rangers, il n’hésita pas à débourser 5 000$ pour l’obtenir.  Winkler aida les Bruins à se rendre en finale, qu’ils perdirent face aux Senators.

Pendant ce temps, Stewart termina sa saison avec les Tigers de Hamilton de la Ligue canadienne-américaine, avant de prendre sa retraite du hockey et de se concentrer sur sa carrière de dentiste.

Il est décédé en 1973, à l’âge de 77 ans.

Sources : “Boston Still Hopes To Sign Stewart”, Montreal Gazette, 25 décembre 1924, p.10, “Stewart Starred in Boston’s Net; Canadiens Won”, Montreal Gazette, 26 décembre 1924, p.10, “Boston Beaten As Ottawa Stemmed Last-Period Rush”, Canadian Press, Montreal Gazette, 17 janvier 1927, “Winkler Bought By Boston Club”, Montreal Gazette, 18 janvier 1927, p.14, “Kingston’s ′Doc′ Stewart: One of the Boston Bruins First Stars” de Mike Norris, The Kingston Whig-Standard, 22 décembre 2016 (thewhig.com), hhof.com, wikipedia.org.

mardi 8 janvier 2019

Une petite photo pour le plaisir #81 - Andy Moog








Cette photo d'Andy Moog me fascine en plusieurs points ...


1) ses jambières Vaughn Vision Bioflex qui seraient, en 2019, trop petite de 4" pour peu importe le gardien dans la Ligue aujourd'hui

2) son très vaste chandail, qui semblait avoir été conçu pour un Zdeno Chara de 300lbs

3) son magnifique bâton Christian avec la Curtis Curve .. ah, la fin des années 1990 et ses expérimentations ...

4) son regard hagard, limite triste. Quoique moi aussi être gardien pour le CH en cette période post-Roy j'aurais probablement eu le même regard.

mercredi 2 janvier 2019

LVEUP - 10 ans aujourd'hui





Il y a aujourd’hui 10 ans, Martin Itfor débutait un blogue pour partager du contenu obscur, insolite et méconnu à propos de l’histoire du hockey.  Le but n’était pas de discuter de des histoires de Maurice Richard ou de Jean Béliveau, qui sont largement connues, ou encore moins de Carey Price ou de la pertinence d’un échange récent.  Les médias traditionnels et de nombreux sites s’en chargent.  Et même lorsqu’un fait insolite se produit, il m’arrive de me dire que ça pourrait faire un bon sujet pour La vie est une puck dans 5-10 ans.  Tant que ça demeure trop collé à l’actualité, il est plus ou moins pertinent de le couvrir sur le blogue, à moins que ce ne soit pour y aller d’une opinion ou bien de faire référence à un article qui a attiré notre attention sur notre fil Facebook.  D’ailleurs, si vous voyez un article quelque part qui pourrait être d’intérêt pour celui-ci, n’hésitez pas à nous en faire part.

J’ai pris connaissance de LVEUP après que Patrick Lagacé l’ait mentionné dans son défunt blogue.  J’en ai adoré le contenu.  Je l’ai lu pendant un moment avant de me décider à envoyer du contenu à Martin, sans le connaître et sans savoir s’il le publierait.  Il faut croire que j’ai passé le test, puisqu’il l’a fait.  Depuis, en plus de correspondre avec lui sur une base régulière, j’ai eu l’occasion de le rencontrer.  Même si nous avons des personnalités différentes, notre amour de l’histoire obscure du hockey a servi de point de rencontre pour développer une belle amitié.

Ray Sheppard s’est également ajouté, bien que nos rencontres soient plus espacées depuis qu’il a déménagé dans une autre région,  tout comme Kirk McLean, ainsi que quelques autres sur une base plus sporadique.

Chacun utilise son style et ses forces pour apporter sa contribution.  Nous en sommes à près de 2000 billets et trouver du contenu original, tout en maintenant un certain rythme est un défi (en plus de la mise en page parfois capricieuse de blogger...).  Chacun utilise donc son angle pour élargir l’éventail. 

Chez Martin, le sociologue n'est jamais loin, ce qui lui permet de faire des rapprochements, quand ce n'est pas carrément la création de théories.

Ray Sheppard est notre créatif, expert en graphisme et aimant des uniformes.  En plus de nous amener sur des terrains que nous n’avions pratiquement pas explorés, il s’est fait une spécialité de se lancer dans des séries originales et souvent ambitieuses.

Kirk McLean est notre spécialiste des gardiens de but et de leur équipement.  Ce grand fan des Tigres de Victoriaville a une connaissance approfondie du hockey junior et comme père de famille, il demeure en contact avec le milieu du hockey mineur.

De mon côté, j’aime toujours faire de petites biographies au sujet de joueurs oubliés, rappeler que certains choses d’aujourd’hui n’ont pas toujours été ainsi, en plus de vous partager mes petites escapades.  (Que voulez-vous, si certains aiment aller dans le sud, personnellement je préfère passer quelques jours dans une ville pour aller voir un match, d’autant plus que dans bien des cas, c’est plus économique…  Chacun ses goûts…)

En terminant, au nom de mes collègues, j’aimerais évidemment vous remercier, chers lecteurs.  Nous aimons toujours recevoir vos commentaires.  Merci de nous lire et bien sûr, n’hésitez pas à partager notre contenu avec les gens que vous connaissez.

Au plaisir,


Une petite photo pour le plaisir #80 - La couverture de ''Blades of Steel''








Au Boxing Day, mes garçons voulaient aller dépenser un peu de leur argent reçu à Noël. Nous nous sommes donc rendu à notre boutique locale de jeux vidéos. Parmi nos achats, je me suis gâté et je me suis procuré le jeu "Blades of Steel" pour la NES. J'y ai joué énormément dans ma jeunesse chez un ami qui avait ce jeu (Salut Michel !), mais je ne l'avais jamais possédé. Mon fils, quant à lui, s'est payé un GameBoy avec ... Blades of Steel ! Comme quoi la pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre.


En examinant la pochette du jeu, je me suis dit que les concepteurs étaient visionnaire, alors que les Oilers portent désormais le chandail orange (contrairement à 1988, l'année de sortie du jeu). Je me disais aussi que se serait amusant de trouvé une image d'un match entre les Oilers et les Islanders, semblable à celle du jeu.

À ma surprise, j'ai trouvé L'IMAGE dont les concepteurs se sont inspiré. En fait, je me doutais que le joueur en orange soit inspiré de Wayne Gretzky : le casque Jofa, le numéro 89 (question de ne pas avoir le #99), les couleurs inversées du chandail, les lames bleus ... mais je croyais tout de même que la scène provenait de l'imagination d'un dessinateur ou d'une photo prise avec des "figurants".


La photo a été prise lors de la finale de la coupe Stanley 1983, la dernière remportée par les Islanders avant le début de la dynastie des Oilers. Le joueur des Islanders qui poursuit Gretzky est Tomas Jonsson. Sur la photo ''globale'', on peut également apercevoir le coup de hache du gardien Billy Smith et le casque affreux de Butch Goring.


Cette photo fut d'ailleurs utilisé dans l'édition du 22 mai 1983 du "Sports Illustrated", en page 27 et 28.

Billy Smith en couverture


J'ai cru pendant quelques secondes être le premier à découvrir "ce secret" mais, non. PuckJunk a déjà publié un article sur Blades of Steel qui en fait mention il y a ... 6 jours. J'aurais dû faire mes recherches dès mon achat, j'aurais eu le scoop ...

mardi 1 janvier 2019

Escapade à Lake Placid





Le tremplin de saut à ski
De retour de New York, j’ai décidé de faire un arrêt à Lake Placid, le site des Jeux olympiques d’hiver de 1932, de 1980 et évidemment du fameux Miracle on Ice, lorsque l’équipe américaine de hockey, formée de jeunes universitaires, est parvenue à défaire la puissante équipe soviétique et a remporté la médaille d’or.

Situé à environ deux heures de Montréal, dans les Adirondacks, vous devez d’abord prendre l’autoroute 87 à partir de Lacolle, pour ensuite prendre une petite route, avant de se rendre au village.  Si vous êtes un skieur, la montagne de Whiteface est là pour vous accueillir.

Lors des Jeux de 1980, le reproche principal avait été que, si Lake Placid convenait en 1932, le site était devenu beaucoup trop petit pour accueillir un événement de la taille des Jeux olympiques.  Près de 40 plus tard, ce constat saute aux yeux.  La route pour s’y rendre est étroite et parfois sinueuse.  Considérant que depuis 1980, les Jeux d’hiver n’ont cessé d’ajouter des disciplines, il serait tout simplement impensable de tenir à nouveau les Jeux (en entier du moins) dans ce charmant village d’environ 2500 habitants.

Par contre, sans surprise, le fait d’avoir été l’hôte de deux Jeux olympiques représente la signature de l’endroit.  Il est possible de visiter le tremplin à ski et la piste de bobsleigh.  Dans le cas de cette dernière, on peut même tenter l’expérience d’une descente (avec l’aide d’un professionnel).  On peut aussi patiner sur l’anneau où Gaétan Boucher a remporté sa première médaille et emprunter les pistes de ski de fond et de biathlon.

L'anneau, avec en arrière plan l'aréna

Toutefois, si on n’y fait qu’un arrêt, il est préférable de se renseigner au sujet de la disponibilité.  On suggère entre autres de réserver pour une descente en bobsleigh.  Quant au musée olympique, il ferme relativement tôt et je me suis buté à des portes closes.  Et comble de malchance, l’aréna où a eu lieu le tournoi de hockey de 1980 (le Herb Brooks Arena) était en préparation pour un spectacle de Stars on Ice.  Il n’était donc pas possible d’accéder à la patinoire…   

Le Herb Brooks Arena

J’ai tout de même pu accéder à certains endroits de l’immeuble, tout comme j’ai pu accéder au Jack Shea Arena, où a eu lieu les compétitions de patinage artistique et la moitié du tournoi de hockey de 1932.  (L’autre moitié a eu lieu à l’extérieur, sur le site de l’anneau, tout comme les cérémonies d’ouverture et de clôture d’ailleurs.) 

L'aréna de 1932
Difficile de croire que c'est ici que la patineuse artistique Sonja Henie a remporté une de ses trois médailles d'or et que s'est joué la finale du tournoi de hockey en 1932 

Cette patinoire a aussi été utilisée en 1980 pour le hockey et le patinage artistique, mais dans un rôle plus secondaire.  D’une capacité d’environ 2000 places, il suffit d’y entrer pour constater que des Jeux d’hiver en 1932 avaient une ampleur beaucoup plus modeste qu’aujourd’hui.  On peut évidemment voir de nombreuses plaques et images sur les murs qui font référence aux Jeux.

La plaque des gagnants de 1932, comme on en trouve une semblable à l'extérieur du Stade olympique à Montréal


La plaque de 1980

Malgré ma déception au sujet du Herb Brooks Arena et du musée, il demeure qu’il s’agit d’un endroit agréable, plein d’histoire et facilement accessible pour ceux qui habitent le sud du Québec.

On souligne évidemment le Miracle on Ice

Greatest Sporting Event of the 20th Century....  Tant qu'à y aller dans le superlatif, allons-y à fond...