lundi 16 mars 2009

1989-90, la saison des 7 gardiens des Nordiques...


Voici une citation tiré du roman d'Arthur Koestler paru en 1945 nommé Le zéro et l'infini (Darkness at noon) : Un mathématicien a dit une fois que l'algèbre était la science des paresseux - on ne cherche pas ce que représente x, mais on opère avec cette inconnue comme si on connaissait la valeur. Dans notre cas, x représente les masses anonymes, le peuple. Faire de la politique, c'est opérer avec x sans se préoccuper de sa nature réelle. Faire de l'histoire, c'est reconnaître x à sa juste valeur dans l'équation. (p.84)

J'ai toujours aimé cette citation sans trop savoir qu'est-ce que ça voulait dire, mais une chose m'a sauté aux yeux récemment dans les nouvelles et pas juste dans les manchettes sportives. Et j'en appelle à l'utilisation abusive de l'expression "toucher le fond du baril". Dans le cas du Canadiens de Montréal, l'expression fut sur-utilisée lorsque le CH connut récemment une bonne série d'insuccès après le match des étoiles. Presque à chaque match un joueur finissait par dire en entrevue qu'il croyait avoir touché le fond du baril, mais qu'il semblait qu'ils n'avaient pas encore touché le fond mais les joueurs continuaient à l'utiliser... Ce qui est intéressant avec cette expression, c'est qu'il faut un certain recul historique afin de l'utiliser.

Et un bon exemple de l'utilisation de cette expression pourrait être la saison 1989-90 des Nordiques de Québec. Avec le recul historique, on peut en effet dire que les Nordiques ont véritablement touché le fond du baril lors de cette saison... Avec la grande motivation de vouloir faire renaître l'équipe qui n'avait pas participé aux séries éliminatoires depuis 1987, les Nordiques rapatrièrent leur célèbre entraîneur Michel Bergeron des Rangers de New York et prirent soin également d'inclure Guy Lafleur dans les baggages du tigre. Certains affirment que c'est l'échange de Dale Hunter en 1987 qui amorça la chute des Nordiques. Le très populaire joueur ne fut jamais remplacé dans l'alignement des Nordiques... Malheureusement, le retour de Bergeron n'eut peu d'effets positifs et le début de la saison 1989-90 fut un désastre et les Nordiques commencèrent à tenter de sauver les meubles en échangeant plusieurs joueurs...

Le tout débuta en décembre lorsque les Nordiques cédèrent le très populaire défenseur offensif Jeff Brown à St-Louis où ce dernier n'alla qu'en s'améliorant... Après quelques changements au sein de l'exécutif de l'équipe, les Nordiques continuèrent leur boucherie en échangeant les deux joueurs qui avaient été le coeur et l'âme de l'équipe depuis une décennie : Michel Goulet et Peter Stastny. Le plus décevant dans l'affaire est le peu que les Nordiques obtinrent pour leur joueur vedette. Goulet fut cédé à Chicago en compagnie du gardien Greg Millen obtenu dans la transaction de Jeff Brown en retour de trois joueurs des ligues mineures Mario Doyon, Everett Sanipass et Daniel Vincelette. Stastny fut cédé pour sa part aux Devils du New Jersey en retour de Craig Wolanin et d'un joueur à désigner plus tard qui allait être Randy Velischek. Vraiment, je ne sais pas si les Nordiques étaient simplement des mauvaises personnes afin de "dealer" des joueurs, mais ce fut vraiment peu pour des joueurs aussi exceptionnels qui allaient finir au Temple de la Renommée...

Les Nordiques furent mathématiquement éliminés des séries assez tôt, dès février. Ils terminèrent avec un maigre 31 points, soit 10 de plus que les Capitals de Washington de 1974-75. Ils terminèrent 33 points avant la seconde pire équipe au classement, les Canucks de Vancouver. Les Nordiques allaient devoir attendre 2 saisons de plus suite à l'échange d'Eric Lindros avant de participer aux séries éliminatoires.

Lors de cette saison, 49 joueurs ont porté les couleurs de Nordiques ...

C'est toutefois devant les buts qu'on peut bien démontrer la faiblesse des Nordiques lors de cette saison alors que pas moins que 7 gardiens se succédèrent devant la cage du fleurdelisé. Le départ de Mario Gosselin avant le début de la saison pour Los Angeles allait laisser un vide qui fut très difficile à combler...

Donc voici le nouveau sondage, quel est votre gardien préféré des Nordiques de la saison 1989-90 :

Mario Brunetta : Brunetta faisait déjà souvent la route entre Halifax et Québec depuis quelques années lors la saison 1989-90. Il participa à seulement 6 matchs lors de cette saison cumulant une moyenne de 4.08 buts par matchs et terminant avec une victoire et deux défaites. Brunetta prit le chemin de l'Europe par la suite où il continua à garder des filets jusqu'au début des années 2000...

Stéphane Fiset : Stéphane Fiset évoluait toujours avec les Tigres de Victoriaville lors de la saison 1989-90. Il ne joua que 46 minutes en 6 matchs lors de cette saison. Souvent relégué à l'ombre de Ron Tugnutt, Fiset fit parti de l'équipe jusqu'à son déménagement au Colorado, devenant numéro un de l'équipe suite au départ de Ron Hextall pour Long Island jusqu'à l'arrivée de Patrick Roy. Après un passage à Los Angeles, Fiset termina sa carrière avec deux matchs dans l'uniforme des Canadiens.

Scott Gordon : Scott Gordon ne disputa que 10 matchs dans l'équipe de Québec cette saison-ci en terminant avec une moyenne désastreuse de 5,33 buts par matchs remportant 2 matchs et en perdant 8. La saison suivante fut encore plus désastreuse pour Gordon où il aligna une moyenne de 5,94 buts par matchs en 13 parties jouées et terminant avec 8 défaites et aucune victoires... Il est maintenant l'entraîneur des Islanders de New York...

Greg Millen : Le gardien aux grosses pads blanches sales ne fut que de passage à Québec lors de cette saison. Il fut acquis en compagnie de Tony Hrkac dans l'échange de Jeff Brown et il refusa d'ailleurs de se joindre aux Nordiques en raison d'une mésentente contractuelle avec les Blues de St-Louis. Il repartit avec Michel Goulet 18 matchs joués plus tard dans l'uniforme des Nordiques pour un total de 3 victoires, 14 défaites et une nulle et une moyenne de 5,28 buts alloués par matchs. Fait à noter, lors de son début de saison avec les Blues, Millen aligna une moyenne de 2,94 avec une fiche de 11-7-3 et termina la saison à Chicago avec une moyenne de 3,34 et une fiche de 5-4-1. Donc ce n'était probablement pas lui le problème... Millen décrit aujourd'hui les matchs du Canadiens à CBC.

Sergei Mylnikov : La saison 1989-90 fut la première où les joueurs soviétiques avaient obtenu le droit de jouer dans la NHL. Alors que certaines équipes en profitèrent pour rappatrier dans leur allignement les stars comme Igor Larionov, Sergei Makarov et Viacheslav Fetisov, les Nordiques furent la seule équipe à tenter l'aventure d'avoir un gardien soviétique en leur sein, Sergei Mylnikov. L'ancien back-up d'Evgeny Belosheikin ne su jamais remplir les attentes des Nordiques. Arrivé à l'âge de 31 ans, Mylnikov n'a jamais été capable de s'adapter à la vie nord-américaine, il termina la saison n'ayant joué que 10 matchs avec le fleurdelisé ne remportant qu'un seul match et cumulant 7 défaites et deux nulles pour une moyenne de 4,96. Il retourna par la suite en Europe pour terminer sa carrière quelques saisons plus tard.

John Tanner : Lors de son arrivée à Québec, John Tanner était un des gardiens les plus prometteurs dans les rangs juniors. Malheureusement, le fait qu'il arriva dans la NHL avec une équipe tumultueuse n'aida pas John Tanner à connaître la carrière qu'on lui prédisait à l'époque. Il ne joua qu'une seule partie en 1989-90 qui fut une défaite où il accorda 3 buts. Il passa le reste de la saison dans la ligue de l'Ontario avec les Petes de Peterborough et les Knights de London. Il jouera 20 autres matchs lors des deux saisons suivantes avec les Nordiques, évoluant par la suite au sein de plusieurs équipes dans les ligues mineures pour terminer sa carrière en 1997.

Ron Tugnutt : Probablement celui qui sorti gagnant de cette tumultueuse saison, terminant avec le poste de gardien régulier pour les saisons suivantes. On se souviendra du passage de Tugnutt à Québec comme un passage douloureux pour lui qui essayait d'être le plus solide possible soir après soir devant la cage de la très faible formation. En 35 matchs avec les Nordiques en 1989-90, Tugnutt cumula une fiche de 5-24-3 et termina la capagne avec une moyenne de 4,61. Comme un bon vin, Tugnutt alla en s'améliorant tout au long de sa carrière, laissant les années difficiles de son passage à Quebec derrière lui. Il termina d'ailleurs avec une moyenne de 1,79 lors de la saison 1998-99 avec les Senators d'Ottawa. Il fut également un des éléments les plus important des premières saisons des Blue Jackets de Columbus. Je crois que personne n'ait une opinion négative de son passage à Québec.


Donc choisissez votre gardien préféré des Nordiques de la saison 1989-90!



4 commentaires:

  1. Lors d'une conversation inopinée avec Me Aubut,je lui ai demandé pourquoi Mylnikov? C'était assez évident qu'il était quand meme pas mal poche? Pourquoi pas un joueur russe qui sait vraiment joueur au hockey?

    Reponse:C'etait la seule facon qu'on pouvait avoir Gusarov...et Kamensky plus tard. On était 'obligé' de pogner la scrappe a Mylnikov pour pouvoir esperer a prendre d'éventuels joueurs de qualité... OUI! On le savait qu'il etait TRES POURRI!

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  2. Merci beaucoup de ton commentaire! Personellement, je trouve que Scott Gordon était pire. mais si ce que tu dis est vrai, c'est poche raide parce que les Nordiques n'avaient pas les moyen d'avoir un gardien aussi mauvais dans ces difficiles jours... C'était vraiment triste dans ce temps là, moi en tout cas je ne riais même plus du sort des Nordiques (genre en tant que fan des Canadiens), y'avait juste rien à comprendre...

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  3. succulent comme article... mais tant qu'à errer dans la saison 89-90, faudrait bien un jour que tu nous ponde un texte sur la grande carrière d'andré racicot, et surtout cette première partie magique contre les maple leafs (en janvier 90?) où il accorda 3 buts en 13 minutes dans un duel mémorable contre allan bester...

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  4. Il y aura certainement un jour un vote sur le meilleur back-up de Casseau de tous les temps où Red Light Racicot aura droit à un bel hommage!

    Allan Bester... Ouch...

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