Les classiques

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lundi 19 octobre 2026

Ed Hatoum

 



Né à Beyrouth, Ed Hatoum a déménagé avec sa famille alors qu’il avait neuf ans. Enfant actif qui voulait s’initier aux activités de son nouveau milieu, il voulut apprendre à patiner. C’est finalement son cousin qui lui offrit sa première paire de patins. 

Sportif et doué, il a joué au football et au racquetball, mais c’est au hockey qu’il concentra ses efforts. 

Remarqué par les Red Wings de Hamilton, un club affilié à Détroit, il se retrouva dans leur uniforme en 1964. Il y passa quatre saisons. 

En 1968-69, le joueur d’avant versatile joua principalement avec les Wings de Fort Worth de la Ligue centrale, mais il eut aussi droit à quelques matchs à Détroit. En effet, le 1er décembre 1968, lors d’un match contre les Flyers, Hatoum devint le premier joueur né au Liban à atteindre la LNH. 

Quatre jours plus tard, il parvint, avec l’aide de Nick Libett et Pete Stemkowski, à déjouer Ed Giacomin des Rangers. Lors du match précédent contre les Penguins, Gordie Howe avait marqué son 700e but. Monsieur Hockey est donc allé voir Hatoum pour lui dire qu’il ne lui en manquait que 699 pour le rattraper… 


 

Hatoum joua finalement 16 matchs avec Détroit, en plus de compter un deuxième but, cette fois contre Gary "Suitcase" Smith des Seals d’Oakland. 

L’année suivante fut semblable, alors qu’il retourna à Fort Worth, en plus de jouer cinq matchs avec les Red Wings. 

En 1970, il y eut une deuxième expansion après celle de 1967, et Hatoum eut la chance de se faire une vraie place dans la Ligue nationale lorsqu’il fut choisi par les Canucks. L’entraîneur Hal Laycoe l’utilisa d’ailleurs au sein du premier trio, avec Orland Kurtenbach et Wayne Maki. Toutefois, Hatoum souffrit d’une séparation de l’épaule lors du camp d’entraînement. Il ne put malheureusement pas vraiment se refaire une place par la suite. Il joua 26 matchs. Il marqua un but contre les Penguins lorsqu’il déjoua Les Binkley. Mais pour le reste de l’année, il la passa avec les Totems de Seattle de la WHL. 

Devant ces résultats en deçà des attentes, les Canucks l’assignèrent à leur club école des Americans de Rochester pour la saison 1971-72. 

Lorsque la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH) débuta ses opérations en 1972-73, Hatoum avait un profil qui pouvait intéresser la nouvelle ligue, soit un joueur qui avait des capacités pour jouer dans la LNH, mais qui peinait à s’y faire une place. 

Ce sont finalement les Cougars de Chicago, dirigés par Marcel Pronovost, qui firent appel à ses services. Il y joua 15 matchs, marqua un but contre Gerry Cheevers des Crusaders de Cleveland, et fit un deuxième séjour avec les Totems de Seattle le reste du temps. 

Il retourna ensuite sur la côte ouest lorsqu’en septembre 1973, les Cougars l’échangèrent aux Blazers de Vancouver contre un montant d’argent. 

C’est à ce deuxième passage à Vancouver qu’il put voir plus d’action. Il joua 37 matchs et marqua 3 buts. Fait intéressant, s’il a marqué lors du match suivant du 700e but de son coéquipier d’alors, Gordie Howe, il a aussi marqué dans le même match où ce même Howe compta son 800e comme professionnel. En effet, le 17 janvier 1974, alors que Howe était maintenant son adversaire, Hatoum marqua dans une victoire de 7-4 des Aeros de Houston de Howe sur les Blazers. 

Cette même saison lui permit d’amasser un total de 15 points, ce qui est supérieur à la somme de tous les autres points qu’il avait accumulés jusqu’ici dans la Ligue nationale et l’AMH, soit 11. 

Il est ensuite demeuré en Colombie-Britannique en devenant joueur-entraîneur au niveau senior, avec les Maple Leafs de Nelson. 

Il est ensuite retourné dans sa ville, à Ottawa, pour travailler dans le domaine de la carrosserie, pour après revenir à Vancouver et œuvrer dans la vente automobile en gros. 

Si d’autres joueurs d’origine libanaise, comme par exemple Alain Nasreddine et Nazem Kadri, ont plus tard joué dans la LNH, il demeure qu’aujourd’hui, Ed Hatoum demeure le seul joueur à avoir atteint la grande ligue à y être né. 

Sources : 

″Un 9ième gain de suite des Crusaders de Cleveland″, Presse Canadienne, 13 novembre 1972, L’Évangéline, page 21, 

″Old Gord scores 800th goal″ de Gerry Sutton, CP, January 18, 1974, Regina Leader-Post, page 26,

″Kadri has a fan in Canucks country″ de Tim Wharnsby, December 10, 2010, CBC Sports (cbc.ca),

hockey-reference.com, quanthockey.com, wikipedia.org.

mardi 6 octobre 2026

Walt McKechnie


Lorsqu’on joue presque 1000 matchs (955 pour être précis), qu’on compte 214 buts et qu’on accumule 392 passes dans la Ligue nationale, on peut se dire qu’on a eu une carrière des plus enviables.  Ça ne veut toutefois pas dire qu’on s’est couvert de gloire, surtout si on n’est pas au bon endroit.

Walt McKechnie a été le tout premier choix de l’histoire des Maple Leafs, lors du repêchage de 1963.  Ces premiers repêchages n’étaient pas très garnis, car ils n’incluaient que les joueurs qui n’appartenaient pas déjà à une équipe.

McKechnie ne parvint pas à faire l’équipe à Toronto et une fois son stage junior terminé, il se retrouva plutôt dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix.  Il fut ensuite échangé aux nouveaux North Stars de Minnesota, où il joua quatre matchs, en plus de participer à neuf matchs des séries, ce qui ne sera pas représentatif de la suite des choses.

Il joua de façon irrégulière pour les North Stars, une des équipes d’expansion plutôt médiocres jusqu’en 1971, alors qu’il fut échangé à la pire équipe d’expansion de la période, les Golden Seals de la Californie.  En retour, le Minnesota obtint Dennis Hextall, l’oncle de Ron.

Il passa trois ans dans le chaos de l’équipe de Charlie O. Finley, où il fut le meilleur pointeur des jaunes et verts en 1972-73.  Lorsqu’il eut sa première saison de 20 buts en 1973-74, les Seals eurent l’idée de, plutôt que de l’échanger, de s’entendre avec les Rangers.  Les Seals réclamèrent alors Jim Neilson au repêchage intra-ligue.  Ayant ajouté un joueur, ils durent en offrir un autre, McKechnie, que choisirent les Rangers, pour le mettre sur leur liste de réserve.  Comme chaque équipe ne pouvait perdre qu’un seul joueur, ils estimaient qu’ainsi, ils ne pouvaient plus en perdre d’autres.  Sauf que Punch Imlach des Sabres évoqua que cette règle ne s’appliquait pas pour les joueurs de la liste de réserve.  Le président Clarence Campbell ne lui donna pas raison, et McKechnie demeura avec les Rangers, jusqu’au lendemain alors qu’il fut échangé aux Bruins contre Derek Sanderson...  Grosse fin de semaine!

À ce moment, Boston était une bonne équipe, mais ce rare passage parmi une formation décente fut de courte durée.  En effet, McKechnie fut échangé le 1er février suivant.  Pour lui, ce fut un retour avec une équipe faible, lorsqu’il prit le chemin de Détroit, alors que les Wings étaient dans une période atroce.

En 1975-76, il fit partie de ceux qui aidèrent à remplacer Marcel Dionne, parti à Los Angeles, en amassant 82 points, son sommet en carrière et le plus haut total de l’équipe.  Si c’était moins que les 121 points de Dionne la saison précédente, les résultats de l’équipe furent semblables.  En effet, les Wings passèrent de 58 à 62 points et ratèrent les séries pour une sixième fois de suite et pour une neuvième fois en dix ans.

L’année suivante, la production de McKechnie baissa à 58 points.  Malgré tout, ce total lui permit de demeurer le meilleur pointeur des Wings, la raison étant que l’équipe atteignit un nouveau bas-fond, en ne récoltant que 41 points, 13 de moins que l’avant-dernier, le Colorado.  Leur pourcentage de 0,256 constituait alors la pire fiche de leur histoire en 51 ans.  (Ils firent pire en 1985-86, avec un pourcentage de 0,250.) 

En 1977, le Canada fit un retour aux championnats du monde, qui se déroulaient à Vienne.  Voulant protester contre la présence des pseudo-amateurs des pays de l’est et de l’absence de ses professionnels, le Canada s’était absenté des compétitions internationales à partir de 1970.  On permit finalement aux professionnels de participer aux championnats du monde en 1976.  Le Canada revint en 1977 avec une collection de joueurs d’équipes éliminées des séries.  McKechnie était donc un bon candidat.

L’équipe canadienne fut tout de même compétitive, mais les joueurs furent frustrés de se faire déclasser par l’Union soviétique par la marque de 11-1.  Ils se mirent donc à faire des gestes déplorables sur la patinoire.  Quant à McKechnie, il fut l’un de ceux qui fut peu respectueux pendant l’hymne soviétique.

À la fin du tournoi, McKechnie avait accumulé 28 minutes de pénalité en 10 matchs.  Dans la Ligue nationale, il en avait eu 50 en 80 matchs.  L’unifolié termina au pied du podium, en quatrième place.

Pendant l’été, les Red Wings voulurent rebrasser leurs cartes en signant le gardien Ron Low des affreux Capitals.  Comme compensation, Détroit dut donc se départir de son meilleur pointeur.  C’est ainsi que McKechnie se retrouva au sein d’un autre club misérable, Washington.

L’entraîneur Tom McVie était heureux d’avoir du renfort.  McVie et McKechnie avaient joué ensemble et été co-chambreurs à Phoenix, dans la maintenant défunte WHL.   Par contre, McKechnie est arrivé au camp moins préparé car les joueurs déjà avec Washington avaient déjà commencé.  McVie a rapidement déchanté et a commencé à lui faire sauter des tours, même si l’équipe était toujours aussi horrible.

La calvaire de McKechnie prit fin en décembre lorsqu’il fut échangé.  Toutefois, il améliora bien peu sa situation, puisqu’il aboutit chez les éphémères Barons de Cleveland, déjà en fin de vie.  Bob Girard prit le chemin inverse.

Lorsque les Barons furent absorbés par les North Stars à la fin de la saison, McKechnie redevint la propriété du Minnesota.  Il n’enfila par contre jamais leur uniforme lors d’un match régulier, puisqu’il fut échangé en octobre 1978 aux Maple Leafs contre un choix de troisième ronde.

Sur papier, on pourrait dire que McKechnie améliorait son sort en faisant finalement partie d’une équipe compétitive.  Toutefois, il devenait aussi membre du cirque de l’équipe détenue par l’excentrique Harold Ballard.  Les portes-tournantes derrière le banc et les échanges douteux allaient diriger Toronto vers le mur, mais à ce moment, il restait suffisamment de talent pour permettre à McKechnie de participer aux séries pour une deuxième et dernière fois.  Les Leafs furent toutefois balayés au deuxième tour par les éventuels champions, les Canadiens.

Il demeura un an et demi à Toronto, puisque, comme tant d’autres, McKechnie fut échangé.  C’est son coéquipier Dan Maloney, qui l’avait appris de la radio, qui lui apprit qu’il était échangé.  Les Leafs ne lui ont eux-mêmes jamais dit.  McKechnie a fait ses bagages et est parti.

Dans son cas, il se retrouva encore avec un club médiocre, les Rockies du Colorado, qui payèrent un choix de troisième ronde pour obtenir ses services.  L’équipe dirigée par nul autre que Don Cherry termina au 21e et dernier rang. 

Si Don Cherry n’est pas revenu en 1980-81, McKechnie était là.  L’équipe fit un peu mieux, augmentant sa récolte de 51 à 57 points et passant de la 21e à la 19e place.  En effet, le Colorado parvint à passer devant les Jets de Winnipeg et les Red Wings de Détroit, pataugeant toujours dans la médiocrité.  Devenu joueur autonome à la fin de l’année, McKechnie signa avec ses mêmes pathétiques Red Wings…

Il passa donc deux dernières années avec un club de fond de classement, où il parvint tout de même à afficher des statistiques décentes, avec respectivement 40 et 34 points.

Il joua ensuite une dernière saison dans la Ligue centrale à Salt Lake City, avant de prendre sa retraite. 

Carrière enviable et bien remplie, on peut toutefois difficilement faire abstraction du fait qu’il a souvent nagé contre le courant.  En 16 ans, il a joué 11 fois pour un club qui a terminé dans les 4 derniers, incluant 3 fois où son équipe a terminé bonne dernière.  Autre fait intéressant, parmi les 5 équipes des années 1970 qui n’existent plus, McKechnie a en filé l’uniforme de 4 d’entre elles (North Stars, Golden Seals, Barons et Rockies).  Seulement les Scouts font exception.

Il a aussi subi 15 mouvements en 15 ans.  Pour expliquer ceci, on lui a dit au fil des ans que c’était parce qu’il n’était pas assez physique, qu’il ne patinait pas assez ou qu’il ne pouvait plus suivre les plus jeunes.

On lui a fait des blagues à ce sujet.  À Toronto, Darryl Sittler a déjà laissé un message dans le vestiaire avec une liste de joueurs qui devaient aller voir le directeur-gérant.  Sur cette liste, il n’y avait qu’un seul nom, le sien.

À Détroit, son coéquipier Don Murdoch l’avait surnommé Wake Up Walt, en raison du nombre de fois qu’il s’est fait appeler pour lui annoncer qu’il avait été échangé.  Le fait qu’il a déjà fait des commentaires au sujet de certains de ses directeurs-généraux n’a probablement pas aidé non plus.

Pour la suite des choses, il décida d’ouvrir un restaurant à Haliburton, en Ontario.  McKechnie vendit le McKech en 2009, mais celui-ci est toujours ouvert.

Ayant souffert d’un cancer de la prostate, il en fit une cause pour laquelle il s’est impliquée.

Sources:

″As usual, Imlach stirs draft pot at NHL session″ de Jim McKay, June 11, 1974, Windsor Star, page 28,

″La plus retentissante des gifles!″ de Michel Blanchard, 25 avril 1977, La Presse, page B1,

″La tenue d’Équipe-Canada au championnat mondial n’enchante personne″, Presse canadienne, 26 avril 1977, L’Évangéline, page 30,

″En se berçant″, 18 août 1977, La Presse, page A11,

″Ice Cubes...″ de Frank Brown, AP, December 2 1977, Lewiston Daily-Sun, page 26,

″Travelin’ Man″ de Rick Boulton, March 5, 1982, Windsor Star, Today/11,

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.