mercredi 30 septembre 2020

Les pires (et les meilleurs) repêchages - 2e partie


 

Après avoir scruté quels étaient les pires repêchages par équipe dans la 1re partie, je me suis dit qu'il serait bien d'analyser quel était le pire repêchage global de l'histoire de la LNH. Il s'agit d'une question assez difficile à répondre et c'est très subjectif car même si une année a pu sembler mince en terme de talent, il y eut peut-être des joueurs d'exception qui ont su marquer la ligue malgré tout. Il y a également plusieurs facteurs qui ont pu faire en sorte qu'une année soit plus faible qu'une autre. J'entends surtout parler de 1999 comme étant la pire édition mais aussi 1995, 1996, 1986 ou 1975 tandis que c'est souvent 1979, 1980, 1984 et 2003 qui ressortent du lot comme étant les meilleures.

Comme c'est assez complexe, j'ai décidé d'y aller scientifiquement avec des super graphiques montés sur Excel avec différents critères d'analyse. J'ai ratissé sur une période de 40 ans soit de 1970 à 2010. Les repêchages avant les années 70 étaient assez sommaires (voir texte du 22 juin 2015) et c'était une méthode de recrutement encore assez nouvelle donc il fallut quelques années avant de voir l'ensemble des équipes y participer activement et correctement. J'ai aussi arrêté à 2010 car les dernières classes sont encore à analyser et quelques joueurs pourraient toujours parvenir à la LNH éventuellement.

Voici pour commencer le nombre de joueurs sélectionnés à chaque année. Cliquez pour une plus grande résolution.

Donc pour commencer, il ne s'agit que d'un critère assez arbitraire et pas vraiment représentatif de la qualité d'un repêchage. 1980 et 1998 sont les années où le plus haut total de joueurs choisis atteignirent la LNH avec 132, suivi de près par 1993 avec 131 et 2003 avec 130. Il faut dire que l'édition 1980 est avantagée alors que l'âge minimum venait de baisser à 18 ans comparativement à 19 l'année précédente et que le nombre de rondes avait passé de 6 à 10. Mais comme le nombre d'équipes ne fait qu'augmenter avec les années, il est normal de voir des fluctuations du genre. Il est cependant intéressant d'y voir de moins bonnes récoltes lors des années 1995 à 1997 ainsi que 1987 et 2006. Comme je disais, au début des années 70, ce n'est pas toutes les équipes qui participaient jusqu'à la fin des rondes de repêchage et il n'y avait qu'une partie de la ligue qui savait bien repêcher, ce qui nous donne le faible 50 de l'année 1971.

 


C'est bien beau le nombre de joueurs mais qu'en est-il vraiment selon le nombre d'équipes et le nombre de rondes de repêchage. Le pourcentage de joueurs choisis qui ont ensuite joué au moins un match dans la LNH nous démontre un net avantage pour les années 1979 et 1980 mais comme je disais plus haut, l'édition 1980 était avantagée par l'âge limite abaissé à 18 ans, tandis que 1979 était également avantagé car l'âge limite était passé de 20 à 19. Donc pour ces deux années, les recruteurs avaient un plus grand bassin de joueurs de qualité disponibles. Le pourcentage se stabilisa par la suite et a presque toujours oscillé entre 40 et 50 % depuis. 1987 revient comme la pire année pour le pourcentage, à égalité avec 2002. Intéressant de voir une nette progression de 2008 à 2010 avec des scores au dessus de 50%. 

Mais bon ce critère n'est pas non plus le meilleur mais nous donne quand même quelque pistes. 


J'ai ensuite pensé analyser selon la moyenne de matchs joués dans la LNH et je crois ici qu'il s'agit d'un bon critère alors qu'on voit ressortir du lot quelques bonnes cuvées comme 2003, 1990 et 1984. 1979 est encore une fois bien cotée mais un autre facteur avantageant cette année était qu'en plus de baisser l'âge d'admission à 19, le nombre de rondes fut baissé exceptionnellement à 6 rondes alors que les années précédentes n'avaient pas de limite de rondes, les équipes pouvant repêcher jusqu'à temps qu'ils décident d'arrêter... Cela fait en sorte que seulement 126 joueurs furent sélectionnés en 1979 soit la dernière fois qu'on retrouvait moins de 200 joueurs repêchés. Les rondes furent rallongés à 10 la saison suivante et ensuite 11 rondes pour quelques années. Depuis 2005 le nombre de rondes est réduit à 7.

On peut ainsi voir la courbe redescendre en 1980 malgré le nombre record de joueurs ayant atteint la LNH comme discuté plus haut. Intéressant de voir 2003 se démarquer de la sorte dans les années post 2000. On peut aussi y voir la fameuse édition 1999 comme étant la pire en terme de longévité de carrière. On n'a qu'à penser à Patrik Stefan et ses 455 matchs...

 

 

Après la moyenne des matchs joués, il était logique d'analyser la moyenne des points récoltés en carrière. Une fois de plus c'est 1999 qui écope avec une moyenne de seulement 94 points suivi de l'année suivante avec 97 points. Il faut dire que c'était des années difficiles offensivement dans la LNH et donc en plus de jouer moins longtemps et de fournir moins de joueurs, ces dits joueurs avaient la tâche difficile de démarrer leur carrière et marquer des buts durant cette période de trappe extrême. Intéressant encore une fois de voir 2003 sortir du lot. On peut voir peut-être une tendance en ce qui a trait au virage jeunesse effectué après le lock-out de 2005 et des nouvelles règles dont durent bénéficier ces nouveaux joueurs.

1979 est encore championne, suivie de 1984 parmi les rares années où la moyenne est au dessus de 200 points. En plus, Wayne Gretzky ne fait même pas partie de l'édition 1979 alors qu'il n'a techniquement jamais été repêché...

 

 

Quittons un peu l'offensive et concentrons-nous ici sur la longévité. Dans ce tableau, vous pouvez voir que 1984 était effectivement une excellente cuvée avec 18 joueurs qui ont dépassé le plateau des 1000 matchs en carrière. 2003 se démarque aussi une fois de plus avec le record pour les années post-2000 et il pourrait en avoir d'autres qui vont se rajouter bientôt (Shea Weber entre autres). Toute une drop en 2004 alors que seulement un joueur (Alexander Ovechkin) a dépassé les 1000 matchs. Il sera toutefois rejoint éventuellement/possiblement par Evgeni Malkin, Blake Wheeler et David Krejci si ces derniers s'accrochent encore quelque temps (et si la COVID peut disparaître un jour).

Même pour les années 70, 1975 fait pitié avec son seul représentant du club des 1000 matchs, Dave Taylor des Kings de Los Angeles. 1999 fait encore piètre figure avec seulement 4 joueurs (dont deux frères jumeaux).



La longévité c'est bien mais qu'en-est-il des superstars? J'estime qu'un joueur de 1000 points représente une supervedette de la LNH même si plusieurs ont été des vedettes mais ont connu de plus courtes carrières les privant de ce plateau. D'autres vedettes sont aussi exclues de ce plateau comme les gardiens et la majorité des défenseurs. D'ailleurs les gardiens seraient une tout autre catégorie à analyser...

1979 se démarque légitimement ici alors que malgré le fait d'avoir moins de joueurs, 7 d'entre eux ont eu 1000 points. Ce plateau est plus difficile à atteindre de nos jours que durant les folles années 80. On voit d'ailleurs un creux dans les années 90 alors que plusieurs années n'en ont aucun, les joueurs devant jouer la majorité de leur carrière en étant accrochés et commotionnés sans retenue. 

D'ailleurs comme exemple, le meneur de la cuvée 1996 pour les points est Matt Cullen avec 731 points en 1516 matchs...

Donc ici le nombre de joueur de 1000 points est assez relatif et ne représente pas vraiment la qualité globale d'un repêchage à mon avis. Une très bonne année comme 2003 n'en a d'ailleurs qu'un (Eric Staal) tandis que 1999 en a deux (les jumeaux Sedin).



J'ai donc pensé baisser mon barème à 400 points et cela nous donne un meilleur aperçu. Bien sûr l'année boostée de 1979 est une fois de plus gagnante mais la qualité totale de 2003 ressort étonnement du lot avec 22 joueurs ayant accumulé plus de 400 points, à égalité au deuxième rang avec 1980. Il est tentant de déclarer 2003 gagnante dans cette catégorie car je crois que 400 points est de nos jours plus difficile à obtenir qu'en 1986... Vous pouvez également apercevoir la qualité médiocre de l'encan 1999 avec seulement 7 joueurs ayant franchi ce plateau dont les célèbres Radim Vrbata et Martin Erat. Vrbata et Henrik Zetterberg sont d'ailleurs parmi les seuls bons coups de ce repêchages et ils furent tous les deux sélectionnés en 7e ronde...

Donc après tout ça qu'en est-il vraiment? Inutile de dire que tout ça est subjectif et que les différentes époques et leurs circonstances contextuelles font en sorte qu'il est pratiquement impossible de discerner quelle était vraiment la meilleure et la pire année de repêchage. La seule chose restante à faire est d'y aller émotionnellement avec les gros noms.

1999 ressort du lot comme une des pires bien sûr mais comme je disais il s'agissait d'une autre époque difficile offensivement et cette cuvée nous a tout de même donné les jumeaux Sedin, Zetterberg ainsi que quelques joueurs marquant de la décennie suivante comme Martin Havlat et Ryan Miller. Je trouve ça meilleur que les têtes d'affiche de 1975 comme Dave Taylor, Mel Bridgman, Tim Young, Pierre Mondou et Doug Jarvis. Quoique 1975 avait Dennis Maruk...

Ou bien 1996? Comme je disais, le champion pointeur de cette cuvée est Matt Cullen avec 731 points suivi de Daniel Brière avec 696... Il faut dire que c'était une année particulièrement plus fertile pour les défenseurs avec Chris Phillips (1er choix), Zdeno Chara et Tomas Kaberle.

C'est un peu la même histoire pour les meilleurs repêchages. 1979 est gagnante dans presque tous les aspects. Mark Messier, Raymond Bourque, Michel Goulet, Glenn Anderson, Dale Hunter, Mike Gartner, Kevin Lowe, Guy Carbonneau ainsi que des joueurs cultes comme Brian Propp, Neal Broten, Thomas Steen,  Mats Naslund, Dirk Graham, Brad McCrimmon... 1979 est également significative symboliquement avec le début d'une nouvelle décennie et le début de l'ère glorieuse des 21 équipes... Cependant les facteurs circonstanciels y sont pour beaucoup avec cette cuvée. Moins de joueurs repêchés, qui furent repêchés plus jeunes et jouèrent donc plus longtemps dans une ère offensive élevée où la défensive était un concept abstrait... Certains d'entre eux réussiront même à prolonger leur carrière et la faire perdurer durant les années de la trappe...

Ensuite 1984 est aussi tentante pour 2 noms, soit deux joueurs qui sont en plus nés le même jour; Mario Lemieux et Patrick Roy... Ajoutez à ça d'autres légendes comme Luc Robitaille, Brett Hull et de très bons joueurs de longue date comme Gary Suter, Kirk Muller, Gary Roberts, Scott Mellanby, Stéphane Richer, Don Sweeney, Kevin Hatcher et surtout... Ray Sheppard.

Mais 1983 fait aussi concurrence en terme de noms avec Lafontaine, Yzerman, Hasek, Neely...

Il ne faudrait pas oublier 1990 avec Jagr, Brodeur, Tkachuk, Weight, Zubov, Bondra, Nolan, Felix Potvin...

Et qu'en est-il de 2003? Fleury, Staal, Weber, Getzlaf, Bergeron, Perry, Pavelski, Parise, Vanek, Carter, Burns, Brown, Suter, Byfuglien, Phaneuf, Richards, Seabrook, Horton, Halak, Crawford... 2003 est le 1979 des années 2000...

Donc très subjectif et impossible à déterminer. Je me contente donc de deux Top 5 ici dont l'ordre est plus ou moins déterminé. Et une chance que je me suis arrêté à 2010... La cuvée 2012 avec Yakupov et cie pourrait bien se faufiler ici...


TOP 5 Pires repêchages
1996
1999
1975
1992
2002


TOP 5 Meilleurs repêchages
1979
2003
1980
1984
1990

 
Donc voilà.


lundi 28 septembre 2020

Les pires repêchages


 

 Ah! La science toujours décrite comme ''inexacte'' du repêchage...

Chaque équipe qui se présente au podium pour annoncer ses choix espère repartir de ce week-end du repêchage avec quelques joueurs qui joueront au moins quelques centaines de matchs avec l'organisation et qui les aideront à remporter les grands honneurs. Mais plus souvent qu'autrement, c'est moins de la moitié des joueurs sélectionnés qui joueront plus d'un match dans la LNH et avec du recul, une équipe se rend compte plus tard qu'elle aurait aussi bien fait de ne pas se présenter au repêchage cette année-là car tous ses prospects choisis ont fait patate. 

 

Alexandre Volchkov, 4e au total en 1996 par les Capitals. Seulement 3 matchs dans la LNH.

Dans le meilleur des mondes on espère avoir une récolte comme les Bruins de Boston en 1979, un des très rares cas où tous leurs joueurs choisis ont joué dans la LNH et où ils sélectionnèrent un joueur légendaire, deux joueurs ayant joué plus de 1000 matchs et plusieurs autres bons soldats. Ils repêchèrent même Marco Baron, le papa de Mathieu...

 

Mais plus souvent qu'autrement, la récolte ressemble davantage à ces mêmes Bruins mais ceux de 2007:


Difficile de bien choisir. Au moins tant qu'à ne choisir qu'un seul joueur qui jouera longtemps dans la grande ligue, on espère au moins choisir un joueur de concession comme l'on souvent fait les Blackhawks:


Souvent, c'est lorsqu'une équipe est au sommet qu'elle connaît ses pires repêchages, comme les Penguins de Pittsburgh, qui n'avaient que 4 sélections au repêchage de 2008 dont aucune avant la 4e ronde. Ils s'étaient précédemment loadés sur le marché des transactions et durent se départir de ces sélections pour amener des joueurs comme Marian Hossa, Hal Gill et Georges Laraque.


Ouch. Un seul ''One-game wonder'' obtenu lors de ce repêchage. Au moins les Penguins s'étaient rendus en finale et remporteront les grands honneurs l'année suivante. Voici d'autres exemples d'équipes fortes à ce moment-là mais qui firent aussi patate au repêchage.


Un peu déçu d'ailleurs que Michal Macho (Sharks) n'ait pas percé...

À l'autre opposée, c'est surtout lorsqu'une équipe en arrache, est en reconstruction ou sur la pente montante qu'elle se devrait de bien repêcher. Aucune excuse de repêcher tard dans les rondes ou d'avoir échangé ces choix pour du renfort en séries. Voici quelques exemples:

 

Mais malgré tout, au moins toutes les équipes mentionnées jusqu'ici avaient repêché au moins 1 joueur qui s'est rendu dans la LNH. Dans l'histoire du repêchage, il y eut 4 équipes qui ont complètement raté le bateau avec leurs sélections. Voici ces quatre équipes:

Les premiers furent les Oilers de 1990. Après leur dernière conquête cette année-là et l'hécatombe qui suivra par la suite, le moment aurait été propice de repêcher un peu de relève...


Ensuite ce furent les Coyotes de 2003. Le repêchage de 2003 est d'ailleurs reconnu comme un des meilleurs de tous les temps mais les Coyotes n'avaient aucun choix avant la 3e ronde, ayant envoyé leur choix de première aux Flyers contre Daymond Langkow (les Flyers sélectionneront Jeff Carter).

Il s'agit du même repêchage où l'on a aussi choisi des joueurs comme Eric Staal, M-A Fleury, Dustin Brown, Ryan Suter, Brent Seabrook, Brent Burns, Patrice Bergeron, Ryan Getzlaf, Corey Perry, Joe Pavelski (205e au total), Thomas Vanek, Zach Parise, Ryan Kesler, Shea Weber, Mike Richards, Jaroslav Halak et Dustin Byfuglien.

 

 

Ensuite les Canucks de 2007. Non seulement ces joueurs ne se rendirent pas à la LNH mais ils ne joueront ensemble qu'une poignée de matchs dans leurs clubs-école.

 

Et la dernière équipe à avoir fait chou blanc (jusqu'à 2015... je laisse encore la chance au coureur pour les récents repêchage) est le Canadien du centenaire... La perle de ce repêchage pour le CH était supposé être Danny Kristo, celui qui passa près de se faire amputer le pied après avoir traversé un terrain de golf nu pieds à -35 degrés pour aller rejoindre une fille. Si vous voulez des nouvelles de lui et bien il vient de signer dans la KHL avec le club chinois Red Star de Kunlun. Le Canadien n'avait pas de choix de première ronde cette année-là, s'en étant départi pour obtenir Alex Tanguay des Flames.
 


Mais au moins les Canadiens de 2008 étaient bons... et visaient le top. Ceux de 1999 étaient une tout autre histoire déprimante. Vous vous souvenez d'Alexander Buturlin? J'ai inclus ce désastreux repêchage car oui, ils ont au moins repêché le défenseur marginal Matt Carkner en 2e ronde qui joua plus de 200 matchs dans la LNH, mais aucun avec le Canadien... Ce n'est qu'en 2009-10 qu'il deviendra un régulier dans la LNH avec les Senators. En plus, sa sélection en 2e ronde provenait des Flyers avec l'échange de Mark Recchi en mars 1999. Le choix de première ronde avait été envoyé aux Islanders en retour de Trevor Linden... Que de bons souvenirs.

En fait à la défense des Canadiens, le repêchage de 1999 est considéré comme l'un des pires, sinon le pire de l'histoire. D'ailleurs vous avez pu en voir d'autres extraits plus haut avec les Flyers et les Maple Leafs. Mais c'est bien beau analyser les repêchages ratés de chaque équipe mais si on y va plus globalement, quel était vraiment le pire repêchage global? J'entends souvent parler de 1999, 1996 ou même 1975 mais quand est-il vraiment? Ceci requiert une tout autre analyse plus scientifique...
 
Ce sera dans la suite de cet article très bientôt.

vendredi 25 septembre 2020

Mickey Redmond




Suite à son passage avec les Petes de Peterborough, Mickey Redmond arriva à se tailler une place chez les Canadiens en 1967-68, en jouant très peu de matchs dans les ligues mineures. Pourtant, à ce moment Montréal était au milieu de ce qu’on appela la "dynastie oubliée" (Coupes de 1965-66-68-69) et que l’alignement avait énormément de profondeur. Redmond n’eut pas beaucoup de temps de glace, mais il eut l’occasion de remporter la Coupe Stanley à ses deux premières années (1968 et 1969). 

En 1969-70, Redmond eut plus d’occasions de s’illustrer. Il marqua d’ailleurs 27 buts, le deuxième total de l’équipe derrière Jacques Lemaire.  Malheureusement pour lui, ce qu’on retint surtout de cette saison, c’est que les Canadiens ratèrent les séries pour la première fois en 22 ans.

L’année suivante, l’équipe voulut corriger la situation en portant un grand coup. En janvier 1971, Montréal fit l’acquisition de Frank Mahovlich des Red Wings. En échange d’un tel joueur, du talent dut évidemment être offert. Redmond prit donc le chemin de la ville de l’automobile, en compagnie de Guy Charron et Bill Collins. Ainsi, Redmond passa de l’éventuel champion de la Coupe Stanley à une équipe si faible qu’elle termina un point derrière une équipe d’expansion, les Canucks de Vancouver et huit points derrière l'autre, les Sabres de Buffalo. 

Cette mauvaise performance des Wings leur permit de repêcher deuxième et d’acquérir Marcel Dionne. Celui-ci eut une très bonne saison recrue, terminant au premier rang des compteurs des Wings, avec 77. Redmond termina deuxième, mais surtout, il marqua 42 buts. Ça ne suffit toutefois pas pour faire les séries. 

Le travail de Redmond fut remarqué, puisqu’il fut invité à se joindre à l’équipe canadienne pour la Série du siècle. Il y joua par contre un rôle très mineur. Il ne participa qu’au décevant premier match, disputé au Forum et qui se solda par une défaite de 7-3, et n’obtenant aucune statistique. 

Redmond enchaîna avec des saisons de 52 et 51 buts. Il devint ainsi le septième joueur à atteindre le plateau de 50 et le premier Red Wing à le faire. Cette marque d’équipe demeura jusqu’en 1984-85, alors qu’elle fut battue par John Ogrodnick. Les performances de Redmond ne suffirent toutefois pas pour aider Détroit à accéder aux séries. 

Au cours de la saison 1973-74, Redmond fut aussi l’un des nombreux joueurs qui servit comme capitaine dans une saison chaotique, symptomatique des nombreux problèmes des Red Wings à cette époque. 

Alors que Redmond semblait être sur une lancée, son élan fut stoppé par une importante blessure au dos. Limité à 29 matchs en 1974-75, il fut blessé à nouveau en 1975-76 et n’en joua que 37. Ces blessures finirent alors par contraindre Redmond à prendre sa retraite à l’âge hâtif de 28 ans. 

En 538 matchs, il a marqué 233 buts et obtenu 195 passes, pour 428 points.

À ce moment, Détroit pataugeait toujours dans la médiocrité. Redmond n’a donc jamais joué un seul match de séries dans leur uniforme. Comme il n’a pas plus participé aux éliminatoires en 1969-70 avec Montréal, c’est donc dire qu’après ses deux Coupes à ses deux premières années, il n’a plus jamais accédé au tournoi du printemps. 

Suite à sa retraite, Redmond a fait sa transition vers les médias, principalement comme commentateur, avec entre autres CBC, ESPN, ABC, NBC et Fox. Il est d’ailleurs toujours à l’antenne de Fox Détroit, où il est reconnu pour son langage coloré et ses excès d’enthousiasme. 

Le Temple de la renommée du hockey lui a d’ailleurs décerné le prix Foster-Hewitt en 2011.

Aujourd’hui âgé de 72 ans et atteint de la maladie cœliaque, il est toujours actif, mais il se limite aux matchs à Détroit et dans les environs. 

Son frère Dick a également eu une belle carrière, entre autres avec les Golden Seals, les Black Hawks et les Bruins.  

Sources : wikipedia.org.


mercredi 23 septembre 2020

Une vidéo pour le plaisir #2 - ESPN Images of the Century (1999)


 

Il y a quelques semaines j'ai publié un billet avec quelques séquences vidéos cultes que j'ai collectionné au fil des années sur mon compte Youtube. Voici un vidéo que j'avais omis d’omettre car il se méritait un billet à lui tout seul. Il s'agit d'un montage que ESPN diffusa la veille du jour de l'an 2000 pour célébrer les meilleurs moments sportifs du 20e siècle. Bien sûr comme il s'agit d'ESPN on retrouve principalement des moments marquants du sport américain et donc pas beaucoup de soccer ou de rugby mais en grande majorité des moments célèbres des 3 grosses ligues américaines (NBA, NFL, MLB) et aussi surprenamment assez d'extraits de hockey à travers tout ça. On retrouve aussi quand même plusieurs moments marquants d'autres sports comme la boxe, le golf et les Olympiques. D'ailleurs les meilleurs extraits selon moi sont ceux des sports collégiaux. C'est donc très complet et bien balancé.

Ça fait plusieurs années que je regarde ce vidéo remarquable où il est impossible de ne pas avoir la chair de poule à plusieurs reprises. Bien sûr je ne connaissais pas tous les nombreux moments de ce montage mais plusieurs d'entre eux m'ont poussé à rechercher davantage et ce vidéo a grandement contribué à mes connaissances sportives par la suite. Le choix de musique est d'ailleurs parfait avec ''Dream On'' d'Aerosmith soit leur seule toune que je trouve vraiment bonne...

Voici donc pour vous ce vidéo. J'ai décortiqué en bas quelques moments qui vont peut-être vous intriguer ou que vous ne connaissez peut-être pas en plus de quelques moments que je préfère particulièrement. Mes préférés sont ceux où on entend les calls légendaires des annonceurs télé souvent à bout de souffle. J'ai mis des liens sur certains extraits si vous désirez voir au complet les événements en question.

 

 

- (0:13) Toe Blake soulevé par ses joueurs, lors de sa première coupe comme coach en 1956.

- (0:18) Le fameux Jos Louis.

- (0:20) Match all-star de la Negro League.

- (0:25) James Naismith, l'inventeur du basketball.

- (0:31) Lord Stanley of Preston, donateur de la coupe qui porte son nom.

- (0:54) Maple Leafs de Toronto 1948, dans le temps que la Coupe se séparait en deux...

- (0:59) Cassius Clay

- (1:08) Attaque terroriste lors des jeux olympiques de Munich en 1972.

- (1:10) Tremblement de terre lors des Séries Mondiales de 1989.

- (1:15) Nancy Kerrigan après l'attaque à son endroit, 1994.

- (1:23) Le fameux ''Super Bowl Shuffle'' des Bears de Chicago en 1985.

- (1:27) John McEnroe, célèbre pour ses colères sur le terrain.

- (1:29) Le speech de Lou Gherig lors de sa retraite prématurée.

- (1:37) Lancer magistral de Michael Jordan éliminant les Cavs de Cleveland en 1989.

- (1:42) Un des buts les mieux filmés de l'histoire du hockey, Steve Yzerman, but gagnant lors du 7e match en prolongation contre les Blues en 1996.

- (1:47) Le ''Miracle at Michigan''. Passe ''hail-mary'' de Kordell Stewart des Buffaloes du Colorado. On appelle ce jeu l'une des plus incroyables fin de matchs du football universitaire américain.

- (1:56) ''Down goes Frazier'', un des plus célèbres commentaires d'un descripteur de boxe. Match entre Joe Frazier et George Forman qui devint champion poids lourd en 1973.

- (2:02) ''The shot heard around the world''. Coup de circuit de Bobby Thompson des Giants de NY éliminant les Dodgers de Brooklyn du championnat de la ligue nationale en 1951.

- (2:21) Roger Maris durant sa quête du record de 60 coups de circuit de Babe Ruth. Cet extrait est célèbre parce qu'il capture parfaitement l'état de détresse de Maris qui était plus qu'inconfortable devant les fans et médias.

- (2:28) Len Bias, star du basketball universitaire qui décéda d'une overdose de cocaïne 2 jours après avoir été sélectionné au 2e rang du repêchage de 1986 par les Celtics de Boston.

- (2:33) Roberto Clemente, des Pirates de Pittsburgh, un des premier joueurs vedette latino dans la MLB

- (2:39) Donnie Moore, lanceur des Angels de Californie qui alloua un circuit aux Red Sox en 1986 qui élimina éventuellement les Angels. Moore ne fut jamais le même par la suite et se suicida 3 ans plus tard, 1 mois après avoir terminé sa carrière.

- (2:41) Wilt Chamberlain, seul joueur de la NBA à avoir marqué 100 points dans 1 match en 1962

- (2:51) Brendan Shanahan qui plaque Claude Lemieux circa 1997, exemple de la rivalité Red Wings/Avalanche des années 90

- (2:52) Le plongeur américain Greg Louganis qui se frappa la tête lors des olympiques de 88 mais parvint à gagner l'or dans une épreuve subséquente.

- (2:54) Bo Jackson

- (2:55) Barry Sanders des Lions de Detroit (parfait moment synchronisé avec la musique ici)

- (2:56) Roberto Alomar, Orioles de Baltimore, qui cracha sur un arbitre en 1996.

- (3:00) L'incident Mary Decker/Zola Budd durant les Olympiques de 1984

- (3:02) George Brett des Royals de Kansas City en 1983 qui charge l'arbitre après que son circuit ait été déclaré illégal car son bâton dépassait la limite de goudron de pin qu'il pouvait y appliquer. Les Yankees gagnèrent le match avec cette décision mais la ligue se ravisa et le match fut éventuellement rejoué .

- (3:04) Interception de John Havlicek des Celtics de Boston en fin du 7e match de la finale de conférence de l'est de 1965. Les Celtics remportèrent ensuite le 7e de 8 championnats consécutifs.

- (3:09) Une autre interception légendaire des Celtics, cette fois du légendaire Larry Bird contre les Pistons de Detroit. Finale de conférence 1987.

- (3:15) Wayne Gretzky lors de sa jeunesse à Brantford en Ontario.

- (3:18) Michael Jordan et son légendaire lancer gagnant durant la finale de la NCAA de 1982.

- (3:22) Bobby Knight, entraineur des Hoosiers de l'Université d'Indiana, un des coachs les plus démonstratifs et controversés du basketball universitaire américain.

- (3:24) Woody Hayes, un autre entraineur controversé, cette fois au football universitaire avec Ohio State. Hayes frappa un joueur de l'équipe adverse lors du ''Gator Bowl'' de 1978 avant de s'en prendre ensuite aux arbitres. Il fut ensuite limogé et c'en était fini de ses jours comme entraineur.

- (3:25) Montage rapide de plusieurs coach légendaires. Dans l'ordre, Bear Bryant (Alabama State football), Dean Smith (North Carolina, Basketball), George Halas (NFL), Knute Rockne (Notre Dame, Football), Scotty Bowman (NHL), Joe Paterno (Penn State football, qui fut limogé pour avoir caché des informations concernant les allégations de pédophilie de Jerry Sandusky) et finalement la silhouette de Tom Landry (NFL) et son fameux chapeau.

- (3:42) Rickey Henderson après avoir battu le record pour les buts volés en 1991.

- (3:45) Eddie Robinson, coach légendaire de l'Université Grambling de Louisiane qu'il entraina pendent plus de 50 ans.

- (3:47) Bjorn Borg, Wimbledon 1980

- (3:49) Bill Mazeroski, Pirates de Pittsburgh. Circuit gagnant contre les Yankees lors de la série mondiale de 1960.

- (3:50) Tony Hawk, lors de la première fois qu'il réussit un ''900'' degrés lors des Xgames de 1999.

- (3:57) Petit flash rapide de Gordie Howe en 1980

- (4:00) Dernier but de la carrière de Mario Lemieux (à ce moment-là) en 1997.

- (4:06) Surnommé ''The Play'', il s'agit d'un des moments les plus fous de l'histoire du football américain (universitaire ou pro) lorsque les Bears de California University tentèrent un jeu de dernière seconde pour l'emporter in extremis contre les Cardinals de l'Université Stanford, le 20 novembre 1982. Les dirigeants du marching band de Stanford, croyant que Stanford avait déjà gagné, avait déjà envoyé le band sur le terrain, en même temps que des cheerleaders et plusieurs fans. Le commentateur Joe Starkey avait même déclaré avant le jeu que ''seul un miracle peut encore sauver les Bears''. Dans un jeu rempli de confusion, le ballon se fraya un chemin jusque dans les mains de Kevin Moen des Bears qui parvint à traverser cette marée humaine d'hurluberlus pour renverser le score et faire gagner California University tout en renversant un des membres du marching band.  Ce jeu continue d'être débattu jusqu'à nos jours sur la légalité des passes menant au touchdown de Moen ainsi que toutes les autres infractions non pénalisées pour Stanford, dont les membres du marching band sur le terrain... Vous pouvez lire plus en détails tout ça ici...

 


 

- (4:15) Jerome Lane, Pittsburgh College. Un des ''monster dunks' les plus rejoués des réseaux sportifs américains, ponctué davantage par le call ''Send it in, Jerome'' de l'annonceur.

- (4:19) Trevor Linden et une des mises en échec les plus célèbres de l'histoire de la LNH. Jeff Norton des Blues est le récipiendaire et fut même coupé à la joue à cause du verre cassé.

- (4:24) Jana Novotna, après sa défaite contre Steffi Graff à Wimbledon en 1993.

- (4:30) Shaquille O'Neal qui détruit le filet lors d'un match contre les Nets de New Jersey en 1993. La NBA renforça ensuite les filets pour éviter ces accidents qui étaient de plus en plus fréquents.

- (4:31) Montage rapide de moments divers, dans l'ordre: Hermann Maier qui s'écrase en ski aux Olympiques de Nagano, Deion Sanders et ses célébrations de touchdown, Reggie Jackson, la ''Punch Line du Canadien'', Pele, John Starks, O.J. Simpson (et sa poursuite en voiture), Mike Tyson en menottes, Monica Seles après son attaque au couteau par un fan de Steffi Graff, Tom Chambers, Carlton Fisk, Brett Hull en 1999, John Riggins, Mike Schmidt, Keith Smart 

- (4:42) ''The catch'' de Willie Mays des Giants de NY, Série Mondiale de 1954

- (4:57) Mike Legg et l'inventeur du but ''michigan'' en 1996

- (5:05) Chris Weber, Wolverines de Michigan et son ''time-out'' illégal qui couta la victoire à son équipe lors de la finale de la NCAA en 1993.

- (5:09) Petit flash rapide de Cliff Ronning en 1991.

- (5:26) Le sprinter américain Tommie Smith et son soutien au mouvement Black Power sur le podium aux jeux olympiques de 1968.

- (5:28) Fusion de la NFL et AFL en 1970.

- (5:32) Doug Flutie et son célèbre ''hail-mary'' lors d'un match entre Boston College et Miami en 1984. 

- (5:44) 802e but de Wayne Gretzky en 1994 lui permettant de dépasser Gordie Howe.

- (5:51) Kirk Gibson des Dodgers de Los Angeles après son circuit lors du 1er match de la série mondiale de 1988. Alors blessé aux deux jambes, Gibson n'était même pas supposé prendre au match. De l'arrière dans le match, le gérant Tommy Lasorda fit toutefois appel à Gibson comme frappeur suppléant qui de peine et de misère pour se rendre au marbre, claqua ce circuit qui donna l'avance aux Dodgers.

- (5:55) Tir de dernière seconde de Christian Laettner des Blue Devils de Duke éliminant l'université du Kentucky.

- (6:02) Le Miracle on Ice de 1980.

- (6:14) Joe Carter des Blue Jays après son circuit vainqueur lors de la série mondiale de 1993.

- (6:18) Pete Sampras en larmes après qu'un fait lui ait crié ''Do it for Tim''. La journée d'avant, le coach de Sempras Tim Gullikson avait été diagnosticé du cancer.

- (6:19) Célèbre célébration de Theoren Fleury

- (6:29) Michael Johnson, sprinter américain après avoir reçu sa médaille d'or aux olympiques.

- (6:32) Cal Ripken Jr des Orioles de Baltimore après avoir battu le record de matchs consécutifs de 2130 matchs de Lou Gherig en 1995.

 

Si d'autres moments vous intéressent, voici la liste complète.





lundi 21 septembre 2020

Gardiens éphémères - Lightning VS Stars





C'est devenu une tradition pour moi (avec deux jours de retard cette année) de traquer les gardiens éphémères de chaque organisation qui atteint la finale de la Coupe Stanley. Je recherche donc celui qui a participé au moins de match, ou de minutes, dans l'histoire de ces équipes. J'ai fait l’exercice l'an passé, l'autre d'avant et il y a quatre ans. Dans un format de séries de fin de saison inédit, nous aurons donc droit à une finale opposant le Lightning de Tampa Bay aux Cowboys Stars de Dallas.


Pour leur première présence en finale depuis 2015, c'est Andreï Vas-y Levski Vasylevski qui gardera le filet des "Éclairs". Ce n'est pas la chance qu'aura eu Riku Helenius, lui qui n'a disputé que 6 minutes et 52 secondes dans un match le 30 janvier 2009. Repêché 15e au total au repêchage de 2006 alors qu'il évoluait en Finlande, Helenius devait être l'équivalent de Tuuka Rask, repêché l'année précédente par les Maple Leafs (il fut échangé contre Phil Kessel ... rien de plus à dire). Helenius fit le saut en Amérique du Nord en 2007 avec les Thunderbirds de Seattle avant de rejoindre les Admirals de Norfolk dans la AHL. Il fut rappelé par le grand club à la fin du mois de janvier pour seconder Mike Smith. Il fit sa seule apparition lorsque Smith accorda un 6e but aux Flyers. Il disputa les dernières minutes du match, arrêtant les 2 tirs auxquels il fit face. Il retourna ensuite dans les mineures, se promenant entre les clubs école du Lightning dans la ECHL et la Ligue Américaine,  mais ne réussit jamais réellement à s'établir comme le futur de l'organisation. Il s'exila dans la KHL en 2014 pour rejoindre le Jokerit d'Helsinki et prit sa retraite suite à la saison 2017.

Retournant en finale de la Coupe Stanley pour la première fois depuis l'an 2000 (et ayant gagné la coupe en 1999), les Stars ont utilisé plusieurs gardiens depuis leur arrivée à Dallas. Je ne me suis effectivement pas attardé aux années au Minnesota pour cet article. Jusqu'à maintenant, c'est Jake Oettinger qui a joué le moins longtemps pour eux, lui qui n'a disputé que 15 minutes pendant les présentes séries. Mais ne sachant pas s'il aura a prendre la relève d'Anton Khudobin d'ici la remise du trophée de Lord Stanley, je vais plutôt vous présenter Jordan Willis. Sélectionné en 10e ronde (243e au total) du repêchage de 1993 par les Stars, Willis termina son stage junior avec les Knights de London avant de rejoindre les K-Wings du Michigan pour la saison 1995-96. Il fut toutefois rappelé au mois de janvier 1996 car autant Andy Moog que Darcy Wakaluk furent blessés. Il servit donc de réserviste à Manny Fernandez. Le 17 janvier, Willis remplaça Fernandez qui venait d'accorder 3 buts aux Oilers. Willis effectua 13 arrêts, mais accorda le but de la victoire dans une défaite de 4-3. Il fut retourné aux K-Wings quelques jours plus tard lorsque Dallas fit l'acquisition d'Allan Bester. Il disputa une autre saison au Michigan avant de rejoindre l'équipe nationale Canadienne. Il s'offrit par la suite un parcours de nomade entre la ECHL et la IHL, allant même disputer deux saisons en Angleterre avec les Panthers de Nottingham. Il prit sa retraite en 2002.

Sur ce, je vous souhaite une bonne finale. Est-ce que les miracles d'Anton Khudobin pourront contenir l'attaque dévastatrice du Lightning ?

Sources :  www.goaliesarchive.com, www.hockeygoalies.org


dimanche 20 septembre 2020

Bagarre dans les estrades du Colisée de Québec



Le 20 mars 1982, les Nordiques affrontaient les Canucks de Vancouver au Colisée. Montrant une fiche de 31-27-14, il y avait peu d’enjeu pour eux. En effet, à ce moment, les équipes qui accédaient aux séries étaient désignées par division. Dans la division Adams, les faibles Whalers étaient déjà éliminés depuis un moment, assurant les quatre autres équipes, incluant les Nordiques, de leur place. Toutefois, au quatrième rang et avec seulement huit matchs à disputer, il leur était impossible de rattraper les Sabres au troisième rang. 

La situation des Canucks était différente. Dans la division Smythe, les Oilers s’étaient détachés par le haut, les Rockies du Colorado avaient été largués par le bas, mais les trois autres équipes, Vancouver, Calgary et Los Angeles, étaient au cœur d’une lutte serrée. 

Alors que les Canucks menaient 3-2 en troisième période, Marián Šťastný égalisa la marque à 17:44, dans un match jusque-là sans réel éclat. 


Dans la dernière minute de jeu de ce qui s'avéra un match nul de 3-3, son frère Peter appliqua une mise en échec sur le subtile Dave "Tiger" Williams, près du banc des Canucks. Celui-ci répliqua en s’élançant avec son bâton à la hauteur de la tête. Une bagarre éclata et le tout tourna à la foire. 

Un partisan plutôt téméraire en profita alors pour frapper Williams. Ses coéquipiers Marc Crawford (futur entraîneur des Nordiques), Curt Fraser et Doug Halward sont ensuite venus à sa défense au milieu de la foule, tout comme son entraîneur Harry Neale. 

Des accusations de voies de fait ont été portés, en plus d’autres qui ont visé des spectateurs qui ont lancé des objets sur la patinoire. 

Une semaine plus tard, le président de la ligue, John Ziegler, rendit sa décision.  L’entraîneur Harry Neale fut suspendu pour 10 matchs, Halward pour 7 matchs et Kevin McCarthy pour un. De plus, Halward, McCarthy, Marc Crawford, Curt Fraser et le soigneur Larry Ashley ont reçu des amendes de 500$ chacun, auxquelles s’ajoutèrent celle de 7500$ de l’équipe. Halward et Neale estimèrent la situation injuste, jugeant qu’ils ne faisaient que défendre leur coéquipier.  Neale mentionna également que les baies vitrées devraient être plus hautes au Colisée.

Il s’agissait de la deuxième fois dans LNH où une bagarre se transporta dans les estrades. La première fois, c’était le 23 décembre 1979, alors que des joueurs des Bruins montèrent dans les estrades du Madison Square Garden et que Mike Milbury frappa un partisan des Rangers avec une chaussure.

À ce moment, il ne restait que cinq matchs à la saison des Canucks. Par contre, les suspensions imposées avaient la particularité d’inclure les séries. C’est l’entraîneur-adjoint, Roger Neilson, qui remplaça Neale derrière le banc des Canucks. Par contre, avec Neilson en place, Vancouver ne perdit aucun match en saison et balaya les Flames au premier tour des séries. Au même moment, les Kings surprirent les favoris, les Oilers. 



https://www.youtube.com/watch?v=KI6886QaN14

Comme les Canucks ne perdaient plus, Neilson fut confirmé comme entraîneur-chef. Quant à Neale, il fut promu au poste de directeur-gérant. 

En mission, les Canucks, qui jusque-là avaient une histoire peu glorieuse et qui n’avaient jamais remporté une série, continuèrent leur chemin, en éliminant Los Angeles et Chicago. Ils atteignirent ensuite la finale, où toutefois ils perdirent contre les Islanders. 

D’une certaine façon, on peut donc dire que le mémorable parcours en séries des Canucks de 1982 a débuté un samedi soir au Colisée de Québec. 

Vancouver retomba ensuite dans sa médiocrité et dut attendre dix ans avant de remporter une autre série. 

Sources : "Un partisan frappe Dave « Tiger » Williams" d’André Bellemare, Presse canadienne, Le Devoir, 22 mars 1982, page 10, 

"Nordiques fans rile Canucks in 3-3 tie", CP, Montreal Gazette, March 22, 1982, page E2, 

"Les Nordiques sauvent les meubles" de Maurice Dumas, Le Soleil, 22 mars 1982, page C2, 

"Les Canucks poursuivis", Le Soleil, 23 mars 1982, page C1, 

"Neale se prétend remis de son choc", UPI, Le Soleil, 29 mars 1982, page C1, 

wikipedia.org.


vendredi 18 septembre 2020

Johnny Gottselig



Johannes Gottselig est né en 1905, pendant ce qui a été appelé la révolution russe de 1905. Il est né dans un territoire du gouvernement de Tauride, qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine. Toutefois, il quitta cet endroit avec sa famille quelques mois après sa naissance, pour s’établir à Régina. 

En 1925, il connut un parcours remarquable qui mena son équipe, les Pats de Régina, à leur première Coupe Memorial. 

Après un passage par le niveau senior et dans les mineures, dans la AHA, Gottselig fit ses débuts dans la LNH en 1928, avec Chicago. À ce moment, les Black Hawks n’étaient qu’à leur troisième saison dans la ligue et éprouvaient toujours beaucoup de difficultés. 

À sa deuxième année avec Chicago, Gottselig devint le meilleur buteur de son équipe, exploit qu’il répéta la saison suivante et qui aida les Hawks à atteindre la finale pour la première fois. Par contre, ils durent s’incliner devant les Canadiens. 

En 1933-34, Tommy Gorman fut engagé comme entraîneur. De plus, Lionel Conacher s’est joint à l’équipe. La force des Hawks était par contre la défensive, leur attaque étant anémique. La recette sembla fonctionner, puisque Chicago remporta sa première Coupe Stanley. Par contre, le tout ne dura pas. Gorman se disputa avec le propriétaire et quitta pour les Maroons. De son côté, Conacher fit partie d’un échange qui permit aux Hawks d’acquérir Howie Morenz. 

À ce moment, Morenz n’était plus aussi dominant et malgré sa présence, Gottselig fut encore le meilleur buteur de l’équipe. 

C’est ensuite en 1935 que Gottselig devint capitaine au sein d’une équipe sur la pente descendante. 

Gottselig mena d’ailleurs cette équipe aux grands honneurs en 1938, malgré une fiche des plus ordinaires de 14-25-9. Chicago fit à peine les séries, avant d’éliminer les Canadiens et les Americans de New York, avant de surprendre les favoris, les Leafs, en finale. Avec un pourcentage de 0,385, il s’agit de l’équipe avec la plus mauvaise fiche à remporter un titre d’un des quatre circuits majeurs nord-américains. La surprise fut telle que la ligue n’avait même pas prévu apporter la Coupe à Chicago lors du quatrième (et décisif) match. 

Gottselig demeura avec l’équipe en permanence jusqu’en 1940. Par la suite, il passa du temps avec les Black Hawks, mais aussi dans la AHA, et cessa d’être capitaine. 

En 1944, il devint entraîneur des Hawks, mais il eut plus ou moins de succès et il fut congédié en décembre 1947. Il demeura par contre dans l’organisation au niveau des relations publique pendant plusieurs années.  Il était d’ailleurs toujours là lorsque Chicago gagna sa troisième Coupe en 1961. 

Dans les années 1940, ayant déjà été gérant d'une équipe de softball au Canada, Gottselig occupa aussi un emploi d’été, alors qu’il fut gérant de trois équipes féminines de baseball. (Peut-être avez-vous vu le film "A League of Their Own" ou "Une ligue en jupons", sorti en 1992, mettant en vedette Geena Davis et Madonna et qui s’inspirait de cette ligue.)  Gottselig mena d’ailleurs les Belles de Racine (l'équipe qui perd la finale dans le film) au premier titre de l’histoire de la ligue. 

La géographie changeante de cette région du monde rend un peu compliqué d’expliquer la place de Gottselig dans l’histoire de la LNH.  En effet, il est né dans l’Empire russe. Par contre, jusqu’en 1917, le Grand Duché de Finlande faisait également partie de l’Empire.  Comme Albert Pudas, natif de Finlande pendant cette période, a joué avant Gottselig, ce dernier n’est donc pas le premier natif de l’Empire russe à y jouer. 

Si on prend les anciennes frontières de l’URSS, alors Gottselig y est né, mais pas Pudas.  Par contre, si on prend les frontières actuelles de la Russie, Gottselig n’est pas le premier russe, puisque son lieu de naissance fait aujourd’hui partie de l’Ukraine. 

Une chose est sûre par contre. Gottselig est le premier capitaine d’une équipe championne de la Coupe Stanley et le premier entraîneur né en Europe de l’histoire de la Ligue nationale. 

Par contre, d'une manière ou d'une autre, on parle ici du lieu de naissance, puisque Gottselig a clairement fait ses classes au Canada, et non dans une entité qui a ou qui a eu un lien avec la Russie.

Gottselig est décédé en 1986, à l’âge de 80 ans. 

Sources : "Blackhawks fans eye Cup clincher at home, paying huge game 6 tickets prices" de Darren Rovell, June 14, 2015, ESPN (espn.com), 

hockeydb.com, quanthockey.com, wikipedia.org.


mercredi 16 septembre 2020

Alan Haworth





Voici l'histoire d'un joueur qui m'intrigue depuis des années. Ayant été trop jeune pour l'avoir vu évoluer dans la LNH, ce n'est que plus tard que je l'ai découvert et il réside dans mon subconscient depuis ce temps. Je me suis toujours dit que je me devais d'en savoir plus à son sujet un jour et donc aujourd'hui voici l'histoire d'Alan Haworth, un joueur qui fit partie de deux transactions complètement à l'opposée en terme d'importance dans l'histoire des Nordiques; une première transaction majeure qui demeure probablement la plus importante de l'histoire de l'équipe et une autre très mineure qui demeure à ce jour une des anecdotes les plus loufoques de l'histoire de la ligue...



Né le 1er septembre 1960, l'attaquant Alan Joseph Gordon Haworth grandit à Drummondville d'où est également originaire son père Gordie Haworth, un ancien joueur de la ligue senior du Québec avec les Citadelles de Québec et les Braves de Valleyfield, qui joua également deux matchs avec les Rangers de New York dans les années 50 et plusieurs années dans la WHL. Après sa retraite, le paternel travailla au sein de la compagnie de bâtons Canadien, basée également à Drummondville.

Alan débuta son hockey junior avec les Saguenéens de Chicoutimi, où il joua deux saisons moyennes avant de passer aux Castors de Sherbrooke en 1978-79. Il explosa avec les Castors avec une récolte de 50 buts et 120 points en 70 matchs, ce qui incita les Sabres de Buffalo à faire sa sélection en 5e ronde (95e au total) du repêchage de 1979. Il demeura dans le junior la saison suivante mais ne joua que 45 matchs, récoltant 64 points. Durant ces deux années passées à Sherbrooke, il aida son équipe à se rendre à chaque fois en finale du trophée du président mais l'équipe s'inclina dans les deux cas. 

Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1980-81, d'abord avec le club-école des Sabres, les Americans de Rochester. Après 21 matchs où il obtint un excellent 14 buts et 32 points, Haworth fut rappelé par les Sabres pour terminer la saison. Jumelé par moments avec Gilbert Perreault, il amassa 16 buts et 36 points en 49 matchs et fut nommé recrue de l'année chez les Sabres. Il s'imposa également en séries avec 4 buts et 8 points en 7 matchs.

Il régressa toutefois légèrement durant sa deuxième saison avec 39 points en 57 matchs et fut parfois rétrogradé dans les mineures. Les Sabres perdirent rapidement patience dans son cas et l'envoyèrent aux Capitals de Washington en retour de deux choix au repêchage de 1982. Aucun de ces choix n'aboutirent à grand chose au final. 


À Washington, Haworth devint un joueur fiable et y joua durant cinq saisons. Rapide et possédant un puissant tir frappé, il était également sous-estimé comme fabricant de jeu, alors qu'il passa la majorité de ses années à Washington sur la 2e ou 3e ligne. Il était également versatile, pouvant jouer au centre comme à l'aile droite. Sa production oscillait autour de 25 buts par saison, mais il connut une certaine progression en 1985-86 avec des sommets en carrière de 34 buts et 73 points. Il se blessa au genou la saison suivante mais était en voie de connaître une saison similaire avec 25 buts et 41 points en 50 matchs.

Vint ensuite le repêchage amateur de 1987, qui eut lieu à Detroit le 13 juin 1987. Les Nordiques de Québec volèrent la vedette lorsqu'ils envoyèrent leur joueur vedette de longue date Dale Hunter, ainsi que le gardien Clint Malarchuk aux Capitals en retour d'Haworth, de l'attaquant Gaétan Duchesne ainsi que du 1er choix des Capitals à ce repêchage. La transaction ne fit pas l'unanimité chez les journalistes et les fans des Nordiques, alors que Hunter était un des joueurs les plus populaires de l'équipe et il se plaisait à Québec. Hunter était même présent au repêchage ce jour-là et il avait peine à contenir ses émotions devant les journalistes. Certains disaient que les Nordiques avaient perdu le cœur de l'équipe avec le départ de Hunter et avec du recul, cette transaction marquait le début d'une longue traversée du désert pour l'équipe qui ratera les séries lors des cinq saisons suivantes, et qui se départira du reste de ses joueurs populaires comme Michel Goulet et Peter Stastny dans d'autres transactions contestées...


Le Soleil, 14 juin 1987

Cependant, avec encore plus de recul, les Nordiques retrouvèrent un nouveau ''cœur'' dans cette transaction car il utilisèrent ce premier choix des Capitals, le 15e au total, pour repêcher leur futur capitaine et supervedette pour les 20 années suivantes, Joe Sakic. Plusieurs recruteurs sur place le jour de cette transaction énoncèrent même que Sakic allait être meilleur que les deux premiers choix au total soit Pierre Turgeon et Brendan Shanahan, ce qui en rétrospective est probablement vrai. Shanahan termina avec plus de buts et de matchs joués que Sakic mais ce dernier fut un modèle de stabilité et de leadership pour la franchise Québec/Colorado et termina devant Shanahan au niveau des points, figurant d'ailleurs toujours au 9e rang avec 1651 points comparativement à 1354 pour Shanahan. Turgeon termina pour sa part sa carrière avec 1327 points. Et en défense supplémentaire pour les Nordiques, au moment de l'échange, Hunter était ennuyé par une blessure à la jambe qui mit fin à sa saison 1986-87 où il ne joua que 46 matchs. On parlait même que cette blessure allait peut-être mettre fin à sa carrière ou du moins diminuer grandement son rendement.

Mais pour revenir à Haworth, il était également avantageux pour les Nordiques d'obtenir lui et Duchesne dans la transaction car il serait plus facile pour eux de convaincre deux joueurs québécois à rester dans l'organisation et non pas un autre anglophone récalcitrant qui n'aurait pas voulu rester longtemps à Québec, un problème récurrent dans l'organisation durant ces années-là. Les Nordiques désiraient apparemment faire son acquisition depuis de nombreuses années et voulaient même le repêcher avant que les Sabres ne le sélectionnent en 1979.

Haworth débuta donc avec sa nouvelle équipe en 1987-88 et connut une bonne saison avec 23 buts et 57 points en 72 matchs, ce qui était son deuxième meilleur total en carrière. Jusque-là dans sa carrière, Haworth n'était pas vraiment un joueur qui allait souvent au banc des pénalités mais il accumula durant cette saison un sommet en carrière de 112 minutes de pénalité. D'ailleurs, les seuls vidéos que j'ai pu trouver de Haworth avec les Nordiques sont des batailles... avec Dale Hunter dans les deux cas.








Haworth écoulait toutefois la dernière année de son contrat en 1987-88 et les négociations n'aboutirent jamais avec les Nordiques. Il désirait soit recevoir un nouveau contrat plus payant ou être échangé à une équipe américaine pour payer moins d’impôts. Voyant la lenteur et le peu de progrès dans ses discussions avec les Nordiques, Haworth lorgna vers l'Europe à quelques reprises durant la saison. À la première journée après la fin de la saison, Haworth tourna le dos définitivement aux Nordiques et signa un lucratif contrat avec l'équipe du Berne SC dans la première division suisse. Les Nordiques tentèrent de le ramener lors des saisons suivantes mais encore une fois, il refusa pour gagner davantage d'argent en Suisse où il devint un joueur vedette de sa nouvelle équipe, avec qui il gagna 3 fois le championnat national et joua jusqu'à la saison 1991-92.

Durant cette même saison 1991-92, on vit apparaître une nouvelle formation sur la scène de la LNH, lorsque débuta la franchise des Sharks de San Jose. L'origine de cette équipe est en soi une histoire complexe et je vous invite à lire cet ancien texte pour en savoir plus. Mes recherches pour le texte d'aujourd'hui me permettent d'ailleurs de boucler plusieurs interrogations que je traînais depuis l'écriture de cet autre texte...

Mais brièvement, les propriétaires des nouveaux Sharks étaient les anciens propriétaires des North Stars qui reçurent en compensation une équipe d'expansion à condition de ne pas déménager les North Stars et de les vendre à un autre acheteur. Également comme compensation, ils avaient droit de choisir plusieurs joueurs du système des North Stars pour leur nouvelle équipe en plus du repêchage d'expansion traditionnel. Pour renflouer leurs pertes de personnel, les North Stars purent également participer à ce repêchage d'expansion, même s'ils n'étaient pas une équipe d'expansion...

Avec la dernière sélection disponible à ce repêchage hors de l'ordinaire, il ne restait aux North Stars que les Nordiques à qui prendre un joueur. Comme les Nordiques étaient à ce moment une équipe de fond de cave, il n'y avait pas grand chose d'intéressant à sélectionner pour le DG des North Stars Bobby Clarke. Sur la liste des joueurs non-protégés des Nordiques on retrouvait des joueurs comme Scott Gordon, Jeff Jackson, Miroslav Horava, Mario Doyon, Gerald Bzdel, Brent Severyn, Trevor Stienburg en plus des droits de deux joueurs exilés en Europe, soient le gardien Mario Brunetta, ainsi que Alan Haworth.

Clarke avait seulement de l'intérêt envers Haworth et tenta de le sélectionner. Cependant on retrouvait dans les règles de ce repêchage une règle selon quoi les équipes ne pouvaient sélectionner plus d'un joueur autonome, ce que Haworth était techniquement. Comme Clarke avait précédemment choisi un autre joueur autonome, Bengt-Ake Gustafsson des Red Wings, la ligue refusa la sélection de Haworth. Alors Clarke retourna à ses papiers et au bas de la liste des Nordiques on retrouvait également le nom de deux joueurs retraités soit l'attaquant Alain Côté (celui du but) qui était retraité depuis 1989, et également le légendaire Guy Lafleur, dont la deuxième retraite définitive était connue de tous. Lafleur n'était pas techniquement retraité car il n'avait pas encore signé un formulaire auprès de la ligue mais il avait déjà accepté un poste à la direction des Nordiques. 

Si vous trouvez étrange que la liste de joueurs non-protégés des Nordiques incluaient des joueurs retraités, et bien ils n'était pas les seuls à avoir fait de même. Parmi les joueurs disponibles à travers la ligue on retrouvait entre autres Willi Plett (inactif depuis 1988), André Lacroix (1980), Bill Barber (1984), Brian Sutter (1988) et Marc Crawford (1989). Les Canadiens poussèrent même l'audace jusqu'à inclure les noms de Jean Beliveau, Yvan Cournoyer, John Ferguson, Pierre Mondou, Mario Tremblay et Ken Dryden! D'ailleurs Clarke et son entraîneur Bob Gainey durent être assez surpris de voir qu'ils étaient eux-mêmes disponibles sur la liste des Flyers et du Canadien respectivement...

Le lendemain de ce repêchage, les Nordiques envoyèrent les droits d'Haworth aux North Stars en retour de ceux de Lafleur, qui fut membre du Minnesota pour l'espace de 24 heures. Il pouvait ainsi passer de joueur à employé des Nordiques sans trop de complications administratives. Les principaux intéressés prirent le tout à la rigolade. Lafleur déclara ''Je suis flatté qu'on m'ait choisi avant Jean Béliveau et Yvan Cournoyer... J'ai compris la situation. Les Nordiques n'étaient pas pour offrir un joueur qu'ils risquaient de perdre pour rien. Dans mon cas, ils ne courraient aucun danger.''

Bobby Clarke déclara ''Je ne veux pas embarrasser les Nordiques mais il n'y avait personne qui m'intéressait à l'exception de Haworth''.  Ce dernier déclara pour sa part: ''Dans 20 ans, la question fera encore partie d'un quiz quelconque: Quel joueur de hockey à été échangé en retour de Guy Lafleur à la retraite? Et bien ce joueur-là c'est moi!".

Cependant, à 30 ans, Haworth n'avait pas encore fait une croix sur un possible retour dans la LNH. S'il recevait vraiment un intérêt de la part de Clarke et des North Stars, il aurait considéré de revenir, de plus qu'il aurait eu la chance de revenir jouer aux États-Unis et qu'il s'ennuyait du niveau de compétition de la LNH. Il déclara également que les North Stars s'intéressaient déjà à lui avant ce repêchage. Il y aurait même eu des rumeurs pour qu'il signe avec l'équipe pour les séries de 1991.

Cependant une telle offre ne se matérialisa jamais et Haworth demeura en Suisse pour la saison 1991-92, suite à quoi il prit sa retraite après un dernier championnat avec Berne. Il joua également un match avec l'équipe nationale canadienne durant cette dernière saison.


Avec le club SC Berne

Plus tard après sa retraite, Haworth devint entraîneur, tout d'abord dans la LNAH avec les Papetiers de Windsor (2001-02) et le Prolab de Thetford Mines (2002-03). Il retourna ensuite en Suisse comme entraîneur de différents clubs comme le EHC Olten (2003), le HC Innsbruck (2005-07) et également son ancien club, le SC Bern (2003-05). Il revint ensuite dans la LNAH avec Thetford Mines pour la saison 2007-08. Il est depuis de nouveau dans l'organisation des Capitals comme dépisteur, poste qu'il occupe depuis 2009. Il reçut une bague et une visite de la Coupe à Drummondville après la conquête des Caps en 2018.

En 525 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 189 buts et 211 passes pour 400 points.



Sources:
Le coeur des Nordiques battra à...Washington, Le Soleil, 14 juin 1987
Haworth échangé entre deux bouchées de pizza!, Le Soleil, 16 juin 1987
''J'avais du respect pour Maurice Fillion'', Le Soleil, 19 avril 1988
''Je n'ai pas de comptes à rendre aux Nordiques'', Le Soleil, 19 avril 1988
Un grand intérêt pour Haworth, Le Soleil, 15 juin 1989
Les Sharks pourront repêcher Béliveau...et Guy Lafleur, Le Soleil 30 mai 1991
Clarke réclame Guy Lafleur, La Tribune, Sherbrooke 31 mai 1991
Une blague très sérieuse de Clarke, La Tribune, Sherbrooke, 11 juin 1991
Alan Haworth a partagé la coupe Stanley, Journal L'Express, 26 nov.2018
EliteProspects