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lundi 12 janvier 2015

Dennis Polonich










Conscient de son talent limité, Dennis Polonich utilisa une autre stratégie pour attirer l’attention.  Malgré sa petite taille (5’6’’ 166 lbs), il était prêt à tout pour faire sortir ses adversaires de leurs gonds.  Avec lui, les coups de bâton, les tactiques sournoises et les insultes étaient monnaie courante.  Il n’hésitait pas non plus à se battre, même si ses opposants étaient habituellement plus grands que lui.  Sa réputation de petite peste s’établit rapidement.

Les Red Wings firent de lui un distant choix de 8e ronde (118e au total) en 1973.  Par contre, n’ayant pas vraiment de place pour lui, on l’expédia aux Lions de Londres de la ligue britannique, une destination pas si courante.  Polonich fit suffisamment bonne impression pour qu’on le ramène dans la Ligue américaine l’année suivante.

En plus de s’aligner avec les Wings de la Virginie, Polonich eut l’occasion de jouer quatre matchs avec le grand club.


En 1975-76, après un passage dans l’IHL, il se fit une niche à Détroit, qui désirait avoir un club plus robuste.  Le 24 mars 1976, il en profita pour établir un record d’équipe, avec sept pénalités (cinq mineures, une majeure et une inconduite).

En 1976-77, en plus d’être capitaine par intérim, il termina deuxième pointeur d’une équipe faible, avec 46.  Il obtint également le deuxième plus haut total de minutes de pénalité de la ligue, derrière Tiger Williams, avec 274.


Les tactiques de Polonich faisaient en sorte qu’il vivait dangereusement.  Le 25 octobre 1978, Wilfrid Paiement des Rockies du Colorado, répliqua avec violence à un double échec dans la figure, en lui assénant un coup de bâton au visage.  Malgré la gravité du geste, il s’en trouva qui avaient peu de sympathie pour Polonich, qui eut une commotion, un nez cassé et qui dut avoir recours à la chirurgie.  Il eut également des problèmes respiratoires jusqu’à la fin de sa carrière.

De son côté, Paiement écopa d’une suspension de 15 matchs, à ce moment la deuxième plus sévère de l’histoire de la ligue, derrière les 16 matchs obtenus par Eddie Shore en 1933 dans l’incident qui a coûté la carrière à Ace Bailey.  Elle était aussi à égalité avec celle de Maurice Richard qui a mené à l’émeute.

Ce ne fut toutefois pas la fin de l’affaire.  Polonich poursuivit au civil.  Le clan Polonich aurait été prêt à régler pour 85 000$, mais la compagnie d’assurance de Paiement n’offrait que 50 000$.  Ce fut en bout de ligne une bien mauvaise décision.  En 1982, alors que Paiement jouait dorénavant avec les Nordiques, la cour accorda 850 000$ à Polonich.  Il s’agissait du deuxième règlement le plus élevé au hockey après celui d’Henry Boucha (voir texte du 16 février 2011) dans sa cause contre Dave Forbes.

Suite à cet incident, la carrière de Polonich ne fut plus la même.  À partir de 1980-81, il passa l’essentiel de son temps dans la Ligue américaine et dans la Ligue internationale, où il fit tout de même partie d’équipes gagnantes d’une Coupe Calder et d’une Coupe Turner.

Polonich prit définitivement sa retraite en 1987.

Sources: “Confessed Fixer May Testify”, Ledger Wires, 7 novembre 1978, The Ledger, p.5C, “Paiement wants retrial after huge award” de Red Fisher, 19 août 1982, Montreal Gazette, p.D-7, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

dimanche 11 janvier 2015

Retour sur le Championnat mondial junior








Le championnat mondial junior, qui se déroulait en partie à Montréal, s’est terminé il y a quelques jours et le bilan qui en a été fait est mitigé.  Je crois qu’il faut mettre les choses dans le contexte.
 
Au fil des années, TSN / RDS ont fait un très bon travail pour mousser l’intérêt pour cette compétition qui, avouons-le, a l’avantage de se dérouler pendant une période creuse pour la télévision sportive.  La stratégie est tout à fait valable.  Le tournoi (que j’aime bien) est en fait une combinaison d’un match des étoiles des meilleurs espoirs et d’un tournoi international.  On peut donc suivre son équipe nationale ou les meilleurs espoirs de son club préféré.
Artturi Lehkonen, choix de 2e ronde du CH
 
Au niveau des diffuseurs, bien qu’ils aient sûrement augmenté au fil des années, à l’origine, les droits de diffusion payés ne devaient pas être astronomiques.  Il y a bien des frais de déplacements, qui peuvent être importants lorsque l’action se déroule en Europe, mais qui sont beaucoup moindres lorsque le tournoi est disputé à proximité.
 
Avec les années, l’intérêt grandit (encore plus du côté du Canada anglais).  Le tournoi a déjà eu lieu à Red Deer.  Il serait toutefois étonnant qu’il y retourne, puisqu’il a maintenant besoin de bassins de population et d’arénas plus importants.
 
Il ne faut toutefois pas se leurrer.  S’il soulève de telles passions ici, ce n’est pas autant le cas ailleurs.  L’an dernier, en Suède, la moyenne d’assistance par match a été de 4654.  L’année précédente, en Russie, la moyenne a été de 3554.  Cette année, à Montréal et Toronto, 12 212.  C’est pourquoi Hockey Canada a réussi à convaincre la Fédération internationale de tenir son tournoi au Canada aux deux ans.  (Et la dernière fois qu’il a eu lieu aux États-Unis, c’était à Buffalo et l’aréna était rempli de canadiens.)
 
Cette année, Hockey Canada a vu grand, en situant le tournoi dans les deux plus importants marchés au pays, Toronto et Montréal.  Et il a été un peu trop arrogant.
 
Il y a eu plusieurs commentaires (tout à fait justifiés, en ce qui me concerne) au sujet du prix des billets.  71$ pour un billet en haut dans les bleus pour voir le Canada (junior) botter le derrière de la Slovaquie, c’est plus que l’équivalent pour les Canadiens (pourtant les deuxièmes billets les plus chers de la ligue).  Pas si surprenant qu’il y avait des milliers de bancs vides.  Le président de la Fédération internationale, René Fasel, a d’ailleurs avoué candidement qu’à ces prix, il n’y aurait personne en Europe.
 
Mais la période prolongée où seulement la vente en forfait était disponible n’est pas à ignorer non plus.  Pour être prêt à payer des prix prohibitifs pour treize matchs de niveau junior, dans le temps des fêtes en plus, il faut vraiment être mordu.  Certains se sont dits qu’ils paieront, mais qu’en vendant les billets de matchs moins intéressants, le coût baissera et qu’il y aura moyen malgré tout "d’avoir une vie" pendant le temps des fêtes.  Sauf que le mot s’était passé que les billets étaient hors de prix et plusieurs ont passé à autre chose.  Avec comme résultat que ceux qui tentaient d’écouler leurs billets excédentaires sont ou restés avec, ou ont dû les brader à des prix dérisoires, surtout pour les matchs n’impliquant pas le Canada.  Les sites de revente en étaient pleins.
 
Mais malgré tout cela, le tournoi a connu un beau succès, avec les troisièmes meilleures assistances de son histoire (derrière deux autres éditions qui ont eu lieu en sol canadien).  Le volet torontois a attiré plus de gens (malgré qu’on devait y acheter un total de 19 matchs en forfait), mais Montréal n’a pas à rougir.  La compétition n’a tout simplement pas atteint les attentes démesurées de Hockey Canada.  Par contre, ces chiffres seront tout de même de beaucoup supérieurs à ceux qu’obtiendra Helsinki (qui n’est pourtant pas un bled perdu ou un marché étranger au hockey) l’an prochain.


Le journaliste finlandais Juha Hiitelä ne se fait pas d'illusion quant aux foules qui se rendront aux matchs dans son pays l'an prochain.  Le "Swiss dentist", c'est René Fasel, le président de la FIHG.
 

Les suggestions quant au retrait complet de Montréal pour 2017 (alors que le tournoi reviendra à Montréal et Toronto, mais cette fois avec la ronde des médailles à Montréal) m’ont fait sourire.  Si la compétition a lieu au Canada à tous les deux ans, qu’on veut des marchés d’importance et qu’on fait la fine bouche sur Montréal, que restera-t-il?  Les marchés de cette taille ne sont pas si nombreux au pays et si on le tient à répétition en Alberta par exemple  (qui l’a eu en 2012), il risque de perdre un certain cachet.
 
L’ex-entraîneur Tom Renney, arrivé à la tête de Hockey Canada en juillet 2014, a réitéré son intention de tenir la compétition comme prévue à Montréal.  C’est une bonne chose.  Mais Hockey Canada devra non seulement faire preuve de modestie, mais aussi le claironner haut et fort.  Sinon, ceux qui ont acheté des forfaits (à peine deux ans auparavant) et qui ont été pris avec des billets invendus risquent d’y penser deux fois.  Et ceux qui ont renoncé à y assister en raison des prix trop élevés risquent de demeurer avec la même perception.

samedi 10 janvier 2015

Les dépositaires de la Coupe...








Je savais q'il y avait un mec qui passe son temps avec la Coupe Stanley, mais je ne savais pas à quel point la chose relevait presque de l'aristocratie. Il m'est passé par la tête de rechercher récemment à propos de qu'est-ce qui fait en sorte qu'on devient gardien de la Coupe Stanley et les résultats m'ont assez impressionné...


L'idée d'un dépositaire (trustee en anglais) de la Coupe remonte à la création même de la Coupe Stanley lorsque le gouverneur général du Canada, Lord Stanley, donna un bol à punch en argent au peuple canadien pour souligner la meilleure équipe de hockey amateur du Canada. Lorsqu'il donna donc le trophée, il nomma deux personne dignes d'être les administrateurs de la Coupe Stanley avec cinq règles de base :

1- Les gagnants doivent retourner la Coupe en bon état lorsque requis par les gardiens afin qu'il peut être remis à une autre équipe gagnant.
2- Chaque équipe gagnante, à ses propres frais, peut avoir son nom et l'année du championnat gravé sur une bague en argent montée sur la Coupe.
3- La Coupe restera un trophée de défi, et ne doit pas devenir la propriété d'une équipe, même si a remporté plus d'une fois.
4- Les dépositaires doivent maintenir une autorité absolue dans toutes les situations ou les différends sur le vainqueur de la Coupe.
5- Si l'un des dépositaires décède, démissionne ou abandonne ses fonction, celui restant désigne un remplaçant.

Donc lors de la création de la Coupe Stanley, les deux gardiens étaient en quelque sorte ceux qui étaient presque "anoblis" de de l'administration de la Coupe Stanley plutôt que la tâche plutôt protocolaire que l'on connaît de nos jours. Les deux gardiens originaux devaient non seulement s'assurer que la Coupe ne soit pas trop maganée, ils étaient l'autorité qui s'assuraient du respect et de la logique des règles des challenges à l'époque où des équipes de différentes ligues pouvaient remporter la Coupe Stanley.


Les deux premiers dépositaires avaient été nommés, comme je l'ai dit plus haut, par Lord Stanley se nommaient John Sweetland et Philip D. Ross (photo), le premier étant médecin et shériff et l'autre étant un journaliste et propriétaire de journal de la région d'Ottawa. Ross fut d'ailleurs un des premiers joueurs de hockey de la région d'Ottawa, évoluant d'une manière sporadique avec le Ottawa hockey club, l'équipe qui sera connue plus tard sous le nom de Silver Seven et de Senators. Il sera l'un des dépositaires de la Coupe jusqu'à sa mort en 1949, faisant de son règne de 56 ans, le plus long règne. Il a, à ce titre, été également le dépositaire de la Coupe Minto (photo ci-dessous), emblème de la crosse et aurait refusé ce titre lors de la mise sur pied de la Coupe Grey.

John Sweetland pour sa part décédera en 1907 et à sa mort, Ross nommera William Foran, une personne haut placée dans l'État canadien impliquée dans le hockey de la région d'Ottawa depuis les débuts du siècle. En 1931, Foran a notamment été favorable à ce que la Coupe Stanley soit décidée entre le champion de la NHL, alors dépositaire unique de la Coupe depuis quelques années) et celui de la AHL. La NHL bloqua l'initiative de Foran et continua à être l'unique dépositaire de la Coupe jusqu'a nos jours... En 1941, Foran devint également le dépositaire de tous les trophées de la NHL. Il décéda en 1945 alors que Philip D. Ross était toujours l'autre dépositaire de la Coupe, nommé en 1893... 

Suite au décès de William Foran, c'est un ancien arbitre et ancien entraîneur des Quakers de Philadelphie lors de leur unique saison, Cooper Smeaton, qui prit sa place. Smeaton fut plus considéré comme le second dépositaire, donnant seulement à quelques occasion la Coupe Stanley aux champions,  sans plus. Il décéda en 1978. Durant la charge de Smeaton, Philip D. Ross décéda en 1949 à l'âge vénérable de 91 ans et fut remplacé par un autre personnage gravitant autour des dirigeants de la NHL, Mervyn "Red" Dutton.

Red Dutton est né dans l'Ouest et joua le gros de sa carrière dans la ligue de l'Ouest avec les Tigers de Calgary, l'équipe qui affronta le Canadien en 1924 en finale de la Coupe Stanley. Il vint dans l'Est en 1926 afin de se joindre aux Maroons, mais c'est avec les Americans de New York/Brooklyn que Dutton fit ses marques dans la NHL. Après une carrière fort respectable, il devint tour à tout entraîneur, directeur général et propriétaire de l'équipe. C'est lui qui en 1942 suspendit les activités de l'équipe jusqu'à la fin de la Guerre... Siégeant toujours sur le conseil des gouverneurs de la NHL malgré la disparition de l'équipe, Dutton devint président par intérim de la NHL en 1943 suite au décès de Frank Calder. Suite au refus des autres gouverneurs de réactiver la franchise des Americans de New York, Dutton remis sa démission à titre de président de la NHL en 1946 et fut remplacé par Clarence Campbell, un autre futur gardien de la Coupe... D'ailleurs, croyant ferment que les Rangers furent pour beaucoup dans cette décision, il leur dit qu'ils n'allaient jamais remporter la Coupe Stanley de son vivant, chose qui s'est produite... C'est donc en 1950 que Dutton fut nommé dépositaire de la Coupe Tâche qu'il s'aquitta très bien jusqu'à son décès en 1987. Ce fut d'ailleurs presque la seule tâche qu'il fit pour la NHL, lui qui avait toujours le goût amer de la disparition des Americans...



Suite au décès de Cooper Smeaton en 1978, ce fut Clarence Campbell, alors âgé, malade et sorti de son poste de dictateur président de la NHL dans la disgrâce l'année précédente, qui fut nommé par Red Dutton dépositaire de la Coupe, poste qu'il occupa sans trop d'intérêt jusqu'à son décès en 1984. À son décès, un juge de la Cour Suprême du Canada nommé Willard Estey devint obtint le poste jusqu'à son décès en 2002. Lors du décès de Red Dutton en 1987, pour sa part, l'autre poste de dépositaire fut donné à Brian O'Neill (photo ci-dessus), ancien assistant de Clarence Campbell qui possède toujours le poste à l'âge de 85 ans. En 2002, suite au décès de Willard Estey, un ancien arbitre, et également ancien vice-président de la NHL et président du Temple de la Renommée du hockey nommé Scotty Morrison fut nommé dépositaire de la Coupe. Il occupe toujours le poste à l'âge de 84 ans.

Vous voyez donc que c'est un poste qu'on se donne entre amis...  Comme des bons aristocrates... Lord Stanley serait fier!

Et vous êtes donc surpris de savoir que Philip Pritchard, le mec payé pour être toujours avec la Coupe Stanley, donc payé à voir des gens heureux à l'année (quelle job de rêve), n'est pas un de ces fameux gardien officiel de la Coupe... Espérons qu'il le deviendra, il le mérite probablement plus que les autres qui ont eu le rôle précédemment...



Donc, récapitulons :

Première lignée de dépositaires :
Sheriff John Sweetland (1893-1907) 
William Foran (1907-1945)
Cooper Smeaton (1946-1978)
Clarence Campbell (1979-1984)
Willard Estey (1984-2002)
Ian "Scotty" Morrison (2002-

Deuxième Lignée de dépositaires :
P. D. Ross (1893-1949)
Red Dutton (1950-1987)
Brian O'Neill (1987-


Donc si vous espérez vivre vieux, je vous suggère d'être de la deuxième lignée...

jeudi 8 janvier 2015

Mike Liut








Lorsque j'étais plus jeune, au début des années 1990, je collectionnais les autocollants de joueurs de la LNH dans l'album 1990-91 Panini. C'est dans ce livre que j'ai vu pour la première fois une photo de Mike Liut. Je m'en rappelle très bien, je trouvais que ce gardien de Washington faisait peur ! La position devant le filet, le regard profond au travers de ce masque blanc, j'en avais littéralement la trouille. Il hantait mes cauchemars plus que Jason Voorhees ! Pourtant, Liut n'était plus ce qu'il avait déjà été comme gardien, mais il avait une de ces attitudes ...

Avec le temps, en collectionnant des cartes, j'ai eu des cartes de Liut avec les Whalers et le même masque blanc et la même "badassitude" qu'avec les Capitals. Ce n'est que plus tard, en fouillant sur "les internets" que j'ai découvert son masque qu'il portait lorsqu'il jouait avec St-Louis, masque qui est maintenant immortalisé sur un t-shirt de la collection "Enclave" qui lui est consacré. Si j'avais découvert une carte de Liut avec St-Louis à l'époque où je collectionnais mes autocollants Panini, je crois que je serais encore dans un coin de ma chambre, roulé en petite boule !

Michael Dennis Liut vit le jour en janvier 1956 à Weston en Ontario. Après avoir fait ses classes avec les Waxers de Marham dans la ligue junior B de l'Ontario et par la suite avec les Beehives de Dixie dans le junior A, Liut se dirigea vers la Bowling Green State University en 1973, afin d'y rejoindre l'équipe de hockey, les Falcons, et suivre un baccalauréat en commerce. Il fut nommé deux ans de suite sur l'équipe d'étoiles de la Central Collegiate Hockey Association du Championnat NCAA.

Ces prestations l'amenèrent à être repêché en 1976 par les Blues de St-Louis lors du repêchage de la LNH et par les Whalers de la Nouvelle-Angleterre du côté de l'AMH. Il joua une dernière saison avec les Falcons avant de faire le saut chez les professionnels, et opta finalement pour aller jouer dans l'AMH à Cincinnati, ses droits ayant été échangé par les Whalers aux Stingers.Il joua deux saisons au sein de l'AMH au côté de Michel Dion (voir texte du 18 septembre 2011).

Il a profita même pour inscrire son nom à la colonne de plusieurs records des Stingers, dont le plus de matchs joués en carrière, le plus de victoires/défaites/nulles en carrière, le plus de victoires en séries et la moyenne la plus faible en séries.

Lors de la fusion de l'AMH avec la LNH, les Stingers de Cincinnati durent fermer les livres. Les Blues de St-Louis en profitèrent pour rapatrier leurs droits sur Liut.

Dès la saison 1979-80 Liut, arborant un masque uniformément blanc, devint le portier partant des Blues, participant à 64 rencontres. N'ayant récolté que 48 points et en étant exclut des séries la saison précédente, les Blues de St-Louis découvrirent en Liut un gardien qui était capable d'accumuler des victoires. Dès sa première saison dans la LNH, Liut récolta plus de victoires (32) que lors de ses deux saisons précédentes dans l'AMH, aidant les Blues à regagner du respect. Liut et St-Louis finirent la saison avec 80 points, mais durent s'avouer vaincu en première ronde des séries, s'inclinant en 3 matchs face à Chicago.

Mais quel masque !!

Au match des étoiles 1981 où il fut nommé MVP
La saison suivante s'avéra celle de révélation pour Liut et les Blues. Liut remporta 33 des 45 victoires des Blues, contre 14 défaites et 13 matchs nulles. Ses prestations firent en sorte qu'il fut invité au match des étoiles, tenue au domicile des Kings de Los Angeles. Liut fut nommé MVP de la rencontre, menant son équipe à une victoire de 4-1. Il termina la saison en force, aidant les Blues à terminer 2e au classement général avec 107 points, 3 de moins que les Islanders de New York. La tenue de Liut lui permit de finir 2e au scrutin pour le trophée Hart, remis au meilleur joueur de la ligue en saison régulière. C'est Wayne Gretzky qui se vit remettre cet honneur. Par contre, Liut remporta le trophée Lester B. Pearson, remis au meilleur joueur de la ligue selon ses pairs ! C'est une belle reconnaissance, considérant que le trophée Hart ne fut remis qu'à 3 reprises à un gardien à l'époque (6 fois dans l'histoire).

La saison de rêve de Liut lui permit d'être invité par Équipe Canada lors de la Coupe Canada 1981 (voir texte du 12 février 2014) en septembre. Le gardien Billy Smith, des Islanders de New York, était blessé, alors Liut fut désigné comme gardien partant. Pourtant, le deuxième gardien était Don Edwards, alors l'homme de confiance de Scotty Bowman avec les Sabres de Buffalo. Et qui était l'entraîneur d'Équipe Canada ? Je vous le donne en plein mille : Scotty Bowman !

N'étant pas au sommet de sa forme puisque le tournoi se déroulait avant le début des camps d'entraînement de la LNH, Liut fut ordinaire lors du tournoi à la ronde, mais aida tout de même le Canada à rester invaincu en 5 matchs (4 victoires, 1 nulle). Après avoir battu les États-Unis au compte de 4-1 dans le match de demi-finale, Liut et le Canada affrontèrent l'équipe de l'Union Soviétique et leur gardien vedette, Vladislav Tretiak, au Forum de Montréal. Tirant 27 fois sur Tretiak, le Canada ne parvint qu'à marquer 1 seule fois, alors que Liut connut le pire match de sa carrière, cédant 8 fois sur 26 lancers. Ce fut la dernière fois que l'on vit Liut dans l'unifolié.

Après le désastre de la Coupe Canada, Liut retourna faire son travail avec les Blues, qui redevinrent une équipe de milieu de classement. Liut ne réussit pas à reproduire les résultats de la saison 1981, mais il resta tout de même parmi les meilleurs gardiens de la LNH, amassant des saisons de 28, 21 et 25 victoires. C'est lors de cette dernière saison que Liut arrêta de porter son masque blanc. Lors d'un match de janvier 1984 contre les Flames de Calgary, le défenseur Al MacInnis (reconnu pour avoir un tir foudroyant) décocha un lancer frappé depuis la zone neutre. Le tir atteignit le visage de Liut, fracassant le masque au passage, et atterit dans le filet ! Liut dût porter un combo casque/grille jusqu'en 1985-86.

Lors de la saison 1984-85, le propriétaire des Blues, Harry Ornest demanda à son directeur général, Ron Caron, de réduire sa masse salariale et de se débarrasser de son gardien. Liut fut échangé avec Jorgen Pettersson en février 1985 au Whalers de Hartford (eux qui avaient repêché Liut dans l'AMH en 1976 !) contre le gardien Greg Millen et Mark Johnson. Liut finit la saison avec un fiche de 5 victoires contre 7 défaites avec les Whalers.


En 1985-86, la magie de Liut fit de nouveau effet, aidant les Whalers à atteindre les séries, ce qu'ils n'avaient pas fait depuis 1979-80. Peut-être était-ce parce qu'il avait troqué son casque Jofa pour un masque avec une grille plus moderne et, surtout, blanc ! Liut récolta 27 victoires et 4 nulles, tout en blanchissant l'adversaire à 2 reprises. Lors des séries, Liut fut fumant, conservant une moyenne de 1.91. Les Whalers battirent les Nordiques en 4 matchs dans un 3 de 5 au premier tour, avant d'affronter le Canadiens. La série fut âprement disputé, se rendant à la limite des 7 matchs. C'est en prolongation lors de ce 7e match, au Forum de Montréal, que Liut fut déjoué un tir du revers de Claude Lemieux, qui éliminèrent les Whalers, en route vers la 23e coupe Stanley de leur histoire.

Dès la saison suivante, Liut retrouva sa forme des beaux jours, gagnant 31 des matchs auxquels il participa, blanchissant l'adversaire à 4 reprises. Les Whalers terminèrent 1er dans la division Adams avec une récolte de 93 points. Au premier tour des séries, ils affrontèrent, comme l'année précédente, les Nordiques de Québec. Cette fois dans une formule 4 de 7, les Nordiques vengèrent leur élimination de 1986 en remportant 4 des 6 matchs disputé entre les deux équipes. Lors de cette ronde, Liut fut décevant, accordant 25 buts et ayant une moyenne de 4.52 ! Malgré tout, Liut fini second au scrutin pour l'obtention du trophée Vézina, remis cette année-là à Ron Hextall.

Les saisons suivantes furent plutôt ordinaire, autant pour les Whalers que pour Liut. Il cumula des fiches négative et perdant du temps de glace au profit de Peter Sidorkiewicz ! Il fut échangé en mars 1990 aux Capitals de Washington.


Liut termina la saison 1989-90 en se partageant la tâche devant le filet avec Don Beaupre et Jim Hrivnak, détenant avec une fiche de 4v-4d avec les Capitals, récoltant la même fiche en séries d'après-saison, alors que Washington se sont incliné en finale d'Association face aux Bruins de Boston. En 1991-92, commençant à ressentir des douleurs au dos, il ne ne vit de l'action que dans 21 matchs de saison régulière. Voulant éviter d'aggraver son état, et ayant des résultats sur la pente descendante, Liut annonça sa retraite à la fin de la saison.

En 1995, il reçut une offre afin d'être assistant-entraîneur de l'équipe de hockey de l'Université du Michigan, poste qu'il occupa jusqu'à la fin de la saison 1998. Depuis ce temps, il est devenu agent de joueur.

Fiche dans l'AMH : 31v - 39d - 4n, 3 blanchissages
Fiche dans la LNH : 293v - 271d - 74n, 25 blanchissages

Je vous laisse sur cette magnifique toile représentant Liut, qui ornerait très bien mon bureau (si j'en avais un !)


Sources :
http://www.legendsofhockey.net/LegendsOfHockey/jsp/SearchPlayer.jsp?player=18327
http://www.greatesthockeylegends.com/2013/07/mike-liut.html
http://en.wikipedia.org/wiki/
http://www.hockeydb.com
http://www.stltoday.com/gallery/sports/hockey/professional/blues-goalies-in-search-of-the-next-mike-liut/collection_dda2af89-9589-58e6-b9a1-9e8a80ec393b.html#0