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jeudi 8 octobre 2015

Histoire de cartes - La bière











Le hockey et la bière, c'est un naturel, d'autant plus lorsqu'un joueur porte le même nom!

(Vous remarquerez que j'ai pris quelques libertés avec l'orthographe.)






































































Et pour terminer, Monsieur Bière lui-même, Ed Beers, avec un chandail Molson en prime!













lundi 5 octobre 2015

Tom Johnson




Tom Johnson s’alignait au milieu des années 1940 avec les Monarchs de Winnipeg, un club commandité par les Maple Leafs. Son coup de patin déficient n’incita toutefois pas Toronto à lui offrir un contrat. Suite à un match où il marqua le but égalisateur et le but gagnant, les Canadiens eurent une opinion différente et firent son acquisition.

Après un passage avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine, Johnson se fit une place à Montréal au sein d’une défensive menée par Émile Bouchard. Il améliora son coup de patin, mais c’est plutôt avec son bâton qu’il s’illustra. Il s’en servait pour manier la rondelle, pour la soutirer à l’adversaire… et pour certains coups pas toujours dans les règles. À sa première saison complète, en 1950-51, Johnson accumula 128 minutes de pénalité, le deuxième total de la ligue.

Il remporta sa première Coupe Stanley en 1953. Celle-ci sera un avant-goût de ce qui allait suivre. Alors qu’il passa la majeure partie de son temps à former une paire défensive avec Jean-Guy Talbot (voir texte du 10 décembre 2012), il fut l’un des douze joueurs à remporter cinq Coupes consécutives, de 1956 à 1960.

Pendant cette période, le jeu de Johnson était toutefois dans l’ombre de celui de Doug Harvey, qui gagnait le Trophée Norris à répétition. Par contre, en 1958-59, Harvey fut blessé et rata des rencontres. Johnson eut alors plus de glace et l’occasion de jouer en avantage numérique. Il obtint 39 points, son sommet en carrière. Il n’avait peut-être pas la vitesse du numéro 2, mais il compensait avec son maniement de bâton. Sa performance lui mérita le Trophée Norris. Il interrompit ainsi la séquence de quatre de Harvey. Ce dernier reprit le titre au cours des trois années suivantes, pour un total de sept Norris en huit ans.

En juin 1963, Johnson se rétablissait d’une sévère blessure au visage et à l’oeil. Les Canadiens l’ont donc laissé sans protection. Les Bruins ont alors misé 20 000$ sur lui en le repêchant. Johnson leur rendit de précieux services pendant un peu moins de deux ans. Il dut par contre interrompre définitivement sa carrière lorsqu’un coup de patin endommagea les nerfs de sa jambe. Même si Johnson avait la réputation d’être très résistant à la douleur et de souvent jouer blessé, c’en était trop.



Il demeura par la suite dans l’organisation des Bruins. Devenu entraîneur en 1970, il vit sa troupe s’incliner devant son ancienne équipe, les Canadiens, en séries. Les Bruins se reprirent de belle façon la saison suivante, lorsque Bobby Orr, Phil Esposito et compagnie remportèrent la Coupe Stanley.

Au cours de la saison 1972-73, Johnson laissa sa place derrière le banc à Bep Guidolin (voir texte du 1er avril 2013). On jugeait qu'il n’était pas assez dur avec les joueurs. Il assista tout de même le directeur-gérant des Bruins Harry Sinden pendant de très nombreuses années.

Fait cocasse, lors de son élection au Temple de la renommée en 1970, Eddie Shore (voir textes du 21 mars 2009 et du 26 mars 2014) s’y opposa avec véhémence. Ce cher Eddie, pourtant pas très reconnu pour ses manières délicates, considérait que le style agressif de Johnson et son utilisation répétée du bâton dans un but qui n’avait rien à voir avec le fait de déplacer la rondelle, le disqualifiait.

Malgré la menace de Shore de se retirer du Temple, on fit une place à Johnson.

Il est décédé en 2007, à l’âge de 79 ans.

Sources:
Fishler, Stan and Shirley, Who’s Who in Hockey, Andrews McMeel Publishing, 2003, p.203-204,

“Plante, Marshall, Goyette to Rangers, Tommy Johnson claimed on waivers by Bruins” de Pat Curran, 5 juin 1963, Montreal Gazette, p.25, “Former Hab Johnson’s joie de vivre unmatched” de Red Fisher, 23 novembre 2007, Montreal Gazette (canada.com), legendsofhockey.net.

mercredi 30 septembre 2015

Top 5 - Équipes finalistes oubliées






Perdre en finale de la Coupe Stanley est quelque chose qui, malgré la douleur de la défaite, est assez noble en soi. L'équipe championne en retire une reconnaissance éternelle tandis que l'équipe déchue est rapidement oubliée une fois les poignées de mains terminées. Certaines des équipes perdantes en finale ont toutefois marqué l'histoire à leur façon, je pense notamment aux pauvres Sabres de Buffalo. Les Sabres se sont rendus en finale à deux reprises sans l'emporter mais ont toutefois laissé leur marque dans l'imaginaire collectif. En 1975, ils se rendirent en finale contre les Flyers dans ce qui était la première finale entre deux équipes d’expansion de l'ère moderne de la LNH. La série fut aussi mémorable pour l'épisode de brouillard qui perturba la série... Ils remirent ça en 1999, malgré les uniformes horribles des équipes en place, cette finale marqua un point tournant dans l'histoire de la ligue et est loin d'être oubliée par les gens de Buffalo.



Mais certaines équipes perdantes en finale l'ont aussi fait sans toutefois laisser autant d'impact et à l'exception des connaisseurs et des experts, peu de gens du grand public s'en souviennent. Voici le Top 5 des équipes finalistes les plus "no-names" de l'histoire (selon moi évidemment). À noter que je me concentre ici que sur les années suivant la grande expansion de 1967. Vous m'excuserez si je ne me rappelle pas exactement qui des 6 équipes perdit la coupe en 1946 ou contre qui les Maroons gagnèrent en 1935...



#5 Hurricanes de la Caroline - 2002

Les Hurricanes étaient l'équipe surprise des séries de 2002. Ils furent cependant la dernière victime sur la route de l'incroyable équipe boostée des Red Wings de Détroit de 2002, cette équipe comprenant 10 futurs membres du temple de la renommée. Les Hurricanes s'en remirent assez bien et remportèrent la première coupe "post-lockout" en 2006 contre les Oilers mais cette équipe n'était pas la même qu'en 2002, ils n'avaient plus Ron Francis ni Arturs Irbe dans leurs rangs mais plutôt des membres plus jeunes comme Eric Stall et Cam Ward. Il s'agissait également d'une toute nouvelle "ère" dans la LNH donc on ne retrouvait pas l'élément de rédemption ou de vengeance qui aurait fait de cette équipe de 2002 une équipe plus mémorable.



#4 North Stars du Minnesota - 1981 et 1991

En l'espace de 10 ans, l'ancienne incarnation des Stars de Dallas s'est rendue deux fois en finale, se butant à chaque fois à la puissance de l'heure dans la LNH (Islanders et Penguins) dans les deux cas, ils s'agissait de présences surprises alors que les North Stars profitèrent de la fin de différentes dynasties (Montréal dans les années 70 et Edmonton dans les années 80) pour se faufiler en finale. Ces éditions de 1981 et 1991 n'étaient pas des puissances et n'avaient pas de grands joueurs vedettes (hormis Dino Ciccarelli en 1981 et un jeune Mike Modano en 1991). Ces présences sont surtout oubliées car après chacune de ces participations en finale, les North Stars ne demeurèrent pas compétitifs et traversèrent de durs moments. Après la finale de 1981, l'équipe fut généralement mauvaise pour le reste de la décennie. Après celle de 1991, l'équipe fut vendue et déménagea à Dallas en 1993. On se souvient davantage de ces présences en finale lorsqu'on parle des exploits des équipes gagnantes, par exemple le fameux but de Mario Lemieux contre Jon Casey en 1991... L'équipe réussira éventuellement à laisser sa marque à Dallas en 1999 lors de la finale controversée contre Buffalo...


#3 Blackhawks de Chicago - 1992

Lorsqu'on parle des Blackhawks des années 90, les premières choses qui nous viennent en tête sont les noms de Ed Belfour, Jeremy Roenick, Chris Chelios et le souvenir lointain des quelques années où l'équipe était compétitive au début de la décennie avant une longue traversée du désert qui dura jusqu’à l'arrivée de Jonathan Toews et compagnie. Leur présence en finale en 1992 est très peu documentée et est généralement oubliée, surtout depuis leurs trois dernières conquètes. Comme les North Stars de 1991, toute l'attention retenue de cette finale porte sur les Penguins et cette fois-ci sur le but incroyable de Jaromir Jagr contre la défense entière des Blackhawks. Mais contrairement aux North Stars qui eux perdirent en 6 matchs, les Blackhawks de 1992 ne firent que passer et furent balayés en 4 matchs rapides.


#2 Devils du New Jersey - 2012

Celle-ci est plutôt récente mais je crois qu'elle fait du sens sur cette liste. Dans les dernières années, les équipes championnes et les finalistes sont assez réguliers et sont généralement parmi les meilleures en saison régulière (sauf mettons les Bruins et les Kings qui ont pris une débarque en 2015 mais bon...). Les Devils de 2012 sont un peu le mouton noir des finalistes des 5 dernières années. Leur présence surprise durant cette finale contre les Kings représentait en quelque sorte le champ du cygne pour cette équipe. À l'exception du fait que c'était la première Coupe Stanley des Kings, j'avoue ne pas avoir grands souvenirs de ces séries. Brodeur et les Devils ont graduellement perdu du lustre lors des années suivantes et leur finale surprise de 2012 n'est maintenant qu'un souvenir un peu flou. Il s'agit maintenant d'une époque révolue avec Brodeur à la retraite, Lou Lamoriello avec les Leafs et les Devils hors des séries (probablement pour un petit bout). 


Plusieurs autres équipes finalistes auraient pu eux aussi se retrouver sur cette liste, surtout durant les années 90 mais plusieurs d'entre elles ont quand même laissé leur marque dans la défaite. Les Flyers de 1997 avaient Lindros et la legion of Doom, les Panthers de 1996 se firent balayer également mais leurs parcours cendrillon comme récente équipe d'expansion était honorable. Les Canucks de 1982 avaient l'entraineur Roger Nielson et sa fameuse serviette. D'autres équipes comme les Bruins et les Flyers se sont rendus souvent en finale durant les dernières décennies et ont donc laissé un plus grand impact. Dans les années 2000, trois équipes canadiennes (Flames, Oilers et Sénateurs) ont connu des parcours mémorables jusqu'à la finale et comme on est au Canada, on se souvient davantage de leur parcours. D'autres équipes ont perdu en finale avant de l'emporter par la suite, ce qui rend leur défaite plus mémorable car il y avait l'élément de rédemption dont je parlais plus haut, je pense aux Flames de Calgary (défaite en 1986, victoire en 1989) ou bien les Red Wings (défaite en 1995, victoire en 1997 et ainsi de suite).

Mais difficile de trouver plus "no-name"  que l'équipe en première position sur cette liste.


#1 Capitals de Washington - 1998

Comme les Flyers de l'année précedente, les Capitals de 1998 furent balayés en 4 matchs par la machine des  Red Wings donc il ne s'agissait pas d'une série très palpitante. Nous étions alors en 1998, en plein dans la période de la "dead-puck era" où le hockey était plutôt ennuyant. Personnelement à l'époque je n'écoutais pas beaucoup le hockey, ce pourquoi j'ai peu de souvenirs de cette finale et des Capitals de 1998. Ils portaient également leur horrible chandail bleu/faux-turquoise au lettrage horrible que je détestais à mort. Les meilleurs joueurs de l'équipe étaient Adam Oates, Olaf Kolzig et Peter Bondra, rien d'extraordinaire ici. Quoiqu'il aurait été plaisant  de voir Dale Hunter remporter la coupe. Juste pour démontrer à quel point la défense et l'accrochage régnait à l'époque, les deux meilleurs compteurs des Capitals durant les séries de 1998 furent Oates et Joé Juneau avec seulement 17 points chacun. Ce qui est principalement retenu de cette finale dans l'esprit collectif est la remise de la coupe à Vladimir Konstantinov...




Et pour conclure le tout, il s'agissait de leur seule et unique présence en finale de la coupe, suite à quoi ils débutèrent graduellement une descente dans les bas fonds de la ligue. Je crois que les Capitals de 1998 méritent le titre. Mais libre à vous de me faire part de votre opinion sur le sujet...

lundi 28 septembre 2015

Norm Beaudin



Norman Beaudin a grandi en Saskatchewan. Au cours de sa carrière junior, il eut l’occasion de jouer à deux reprises pour la Coupe Memorial, pour deux équipes aux longues traditions, les Pats de Regina (en 1961) et les Oil Kings d’Edmonton (en 1962). Dans les deux cas, son équipe s’est toutefois inclinée.

Beaudin a ainsi attiré l’attention des Canadiens, avec qui il signa un contrat. Assigné aux Canadiens d’Hull-Ottawa, il fut ensuite laissé sans protection et réclamé par les Red Wings. Il passa quatre ans dans leur organisation, mais sans jouer de match dans la Ligue nationale.

Comme pour bien d’autres joueurs de l’époque, la première expansion de 1967 représenta une opportunité en or pour Beaudin. Parmi les six nouvelles équipes, ce sont les Blues de St-Louis qui le réclamèrent. Il eut ainsi l’occasion de jouer ses premiers matchs dans la grande ligue, mais seulement pour 13 parties.

Il retourna ensuite dans les mineures jusqu’en 1971, alors qu’il eut la chance de jouer 12 autres matchs, avec les North Stars du Minnesota cette fois.

En 1972, les perspectives d’avenir de Beaudin étaient limitées. Malgré l’ajout de nouvelles équipes, il demeurait dans les mineures, se promenant d’un endroit à l’autre et n’ayant joué que 25 matchs dans la LNH. C’est alors que le vent tourna rapidement.

On discutait de la formation probable d’une nouvelle ligue pour concurrencer la LNH, l’Association mondial de hockey. Derrière ce projet se trouvaient les mêmes promoteurs qui avaient fondé l’American Basketball Association (ABA) en 1967, une rivale de la NBA.

Des annonces furent faites, bien que de nombreux sceptiques doutaient que la nouvelle ligue puisse réellement décoller. Lorsqu’on approcha Beaudin en lui offrant environ le triple de ce qu’il gagnait en s’alignant avec les Barons de Cleveland (alors la filiale des North Stars dans la Ligue américaine), il écouta. Jugeant que dans sa situation, il avait peu à perdre, Beaudin devint le premier joueur à signer avec les nouveaux Jets de Winnipeg aussitôt sa saison à Cleveland terminée. Mais ce n’était pas tout.

On lui en avait glissé un mot, mais ça se confirmait. Le 27 juin 1972, l’AMH réalisa réalisa un coup fumant. Pour le montant astronomique de 2 750 000$ pour 10 ans (incluant un boni à la signature de 1 000 000$), on annonça que le joueur étoile des Black Hawks de Chicago, Bobby Hull, se joignait au nouveau circuit. Et où allait-il poursuivre sa carrière? À Winnipeg.

La ligue étant à ses premiers balbutiements et ayant dépensé une bonne partie de son budget pour signer quelques étoiles à des montants jamais vus (voir texte du 26 février 2014), la plupart des équipes avaient peu de profondeur. À Winnipeg, il fallait bien trouver des joueurs pour compléter le trio de Bobby Hull. On choisit donc Christian Bordeleau (voir texte du 24 janvier 2012) et… Beaudin! Celui qui jusqu’à récemment roulait sa bosse dans les mineures, se retrouvait soudainement sur la même ligne que Bobby Hull.

Les résultats furent immédiats. Hull et Beaudin terminèrent au quatrième rang des pointeurs de la ligue avec 103. (Hull avait toutefois joué moins de matchs.) Bordeleau en obtint de son côté 101. Dans le cas de Beaudin, il n’avait jamais atteint un tel total, même au niveau junior. Les Jets terminèrent deuxièmes dans la ligue et se rendirent jusqu’en finale, avant de s’incliner contre les Whalers de la Nouvelle-Angleterre.

Par contre, les choses furent un peu plus difficiles en 1973-74. Les Jets firent à peine les séries, avant d’être balayés par les Aeros de Houston de Gordie Howe. Hull obtint tout de même 95 points, mais le total de Bordeleau tomba à 75 et celui de Beaudin, à 55.

L’année suivante, on chercha à mieux entourer Hull. C’est alors qu’on regarda vers l’Europe (une solution révolutionnaire à ce moment, voir texte du 13 avril 2015) pour aller chercher du renfort. Les suédois Anders Hedberg et Ulf Nilsson se joignirent ainsi aux Jets, avec des résultats au-delà des espérances.

Beaudin joua la saison 1974-75 à Winnipeg, avant de se tourner vers la Suisse et de jouer deux saisons avec le SC Langnau.

De retour en Amérique de Nord, il travailla pendant plusieurs années comme représentant d’une entreprise vinicole. Il est ensuite déménagé en Floride, où il a détenu pendant longtemps des magasins d’articles de sport.

Il habite maintenant en Arizona, près de son ancienne équipe, devenue les Coyotes de l’endroit.

Sources :
Reid, Ken, Hockey Card Stories, ECW Press, p.54 à 56,
″Former NHL Player Norm Beaudin coaching in Snoopy’s Tournament″ de Michael Coit, 19 juillet 2014, The Press Democrat (pressdemocrat.com), legendsofhockey.net.