Merci à notre fidèle lecteur, Jellos, qui nous a suggéré ce sujet.
Cette année, l’Italie fait un retour au tournoi olympique de hockey, puisqu’en tant que pays hôte, elle est qualifiée d’office, comme ça avait été le cas en 1956 et 2006. Ce ne sont toutefois pas ses seules apparitions, puisqu’elle y était aussi en 1936, en 1948 et en 1964. Il y eut ensuite une absence prolongée, avant de revenir en 1984, en 1992, en 1994 et en 1998, la dernière fois qu’elle s’est qualifiée sans être l’hôtesse.
Le podium n’a toutefois jamais été une réelle possibilité, puisque son meilleur résultat fut en 1956, sur son sol à Cortina d’Ampezzo, avec une septième place dans un tournoi à 10 équipes.
Pour son retour, on a mentionné la présence de Phil Pietroniro dans l’uniforme italien, le seul québécois du tournoi, lui qui est né à St-Eustache et qui, comme son père, a joué dans la LHJMQ. S’il joue aujourd’hui à Kladno, en Tchéquie, aux côtés de Jaromir Jagr, il a déjà joué dans le championnat italien et sa double citoyenneté lui permet de représenter l’Italie aux Jeux.
Pietroniro n’est toutefois pas le premier visage familier à enfiler le gilet italien aux Olympiques. Si lors des premières éditions, l’équipe italienne était composée presque entièrement d’italiens basés en Italie, à partir de 1984, il y eut de plus en plus de canadiens qui jouaient dans la ligue italienne. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs des origines dans le pays. En voici quelques-uns.
Bob Manno
Originaire de Niagara Falls, Bob Manno a été repêché en deuxième ronde par les Canucks en 1976. Bien que l’équipe n’était pas si bonne, Manno mit du temps à devenir un régulier, faisant à quelques reprises des retours dans les mineures.
Après la saison 1980-81, Manno fut libéré par Vancouver. Il signa alors avec les misérables Leafs, où il s’intégra bien, avec son sommet en carrière de 50 points. Il alla même au match des étoiles, en remplacement de Börje Salming. À la fin de la saison, il alla représenter l’Italie aux championnats du monde. L’expérience sembla lui plaire, puisqu’au lieu de revenir avec Toronto, il signa avec Mérano de la ligue italienne.
Pour la saison 1983-84, il revint toutefois dans la LNH, mais avec Détroit cette fois. Alors qu’il avait jusque-là joué principalement comme défenseur, il fut utilisé amplement à l’aile gauche et obtint une passe sur le premier but d’une jeune recrue, Steve Yzerman.
Son séjour dans la ville de l’automobile dura deux ans, avant qu’il ne retourne à Mérano. À son retour, il montra une fiche de 106 points en 36 parties et aida l’équipe à remporter le titre.
Il joua par la suite à Canazei et Bolzano, tout en représentant l’Italie aux championnats du monde (A ou B, dépendamment des années). C’est pourquoi que, lorsque l’Italie fit un retour aux Jeux olympiques, à Albertville, en 1992, Il allait de soi que Manno fasse partie de l’équipe.
Si l’équipe dirigé par l’ancien entraîneur des Penguins Gene Ubriaco ne remporta qu’un seul match, celui contre la Pologne, Manno marqua son unique but contre les États-Unis, aux dépends de Ray Leblanc. Il ajouta aussi deux passes à sa fiche.
L’Italie perdit le match de la onzième place contre cette même Pologne et termina donc au douzième et dernier rang.
Manno prit ensuite sa retraite et devint entraîneur, en Italie et en Allemagne.
Frank Nigro
Choix de cinquième ronde en 1979, celui qui est né en banlieue de Toronto fut choisi par son équipe locale, les Leafs. Lorsque Nigro fit l’équipe en 1982-83, Manno était déjà parti pour l’Italie. Par contre, après 68 matchs en deux ans avec les Leafs, toujours dans l'ère Ballard, et avoir passé l’année 1984-85 à Gardena dans la ligue italienne, il alla rejoindre Bob Manno à Mérano en 1985-86. Il surpassa même les statistiques de son nouveau coéquipier avec 132 points en 34 parties.
Il joua ensuite à Varèse et à Bolzano, avant de rejoindre Manno au sein de l’équipe olympique en 1992, alors qu’il obtint trois passes lors du tournoi.
Il prit ensuite sa retraite comme joueur.
Bill Stewart
Choix de quatrième ronde de Buffalo en 1977, le torontois Bill Stewart passa les neufs années suivantes à se promener entre les mineures et les Sabres, les Blues, les Maple Leafs et les North Stars. En bout de ligne, il joua un total de 260 matchs dans la LNH.
En 1986, il prit le chemin de l’Italie, où il joua neuf ans pour Bronica, Milan (où il remporta deux championnats), Gardena et Courmayeur.
Comme Manno et Nigro, il est allé à Albertville, où il a obtenu trois passes. Par contre, contrairement aux deux autres, il a poursuivi son parcours olympique jusqu’à Lillehammer, en 1994.
Cette fois dirigée par Bryan Lefley, le frère de Chuck (décédé récemment) et ancien des Islanders des Scouts et des Rockies, l’Italie remporta un match contre la France dans le tournoi à la ronde et en gagna un autre, toujours contre la France, dans la phase de classement. Ceci lui permit de terminer au neuvième rang sur douze équipes.
Ce n’est toutefois pas en raison de sa contribution offensive qu’elle a obtenu ce résultat, puisqu’il a été blanchi.
La suite est pour le moins étonnante. En 1999, il est devenu l’entraîneur des Colts de Barrie de l’OHL, où son passage fut plutôt chaotique. Dans cette équipe qui comptait Mike Danton (ça commence bien), un joueur fut accusé d’assaut après avoir brandi son bâton durant un match. D’autres furent accusés d’agression sexuelle. Quant à Stewart, il fut accusé d’avoir dissimulé deux fois un joueur ukrainien dans le compartiment à bagages de l’autobus pour passer la frontière. Et suite à la défaite de son équipe en finale de la Coupe Memorial contre Rimouski, Stewart a quitté le Metro Centre d’Halifax sans s’adresser à qui que ce soit.
La saison suivante, plutôt que de retourner à Barrie, il alla en Allemagne et en Autriche. Durant son passage de 9 ans, il fut entre autres impliqué dans une bagarre générale où il blessa l’entraîneur adverse, en plus à un autre moment d’avoir simulé un évanouissement pour permettre à son joueur étoile de faire aiguiser ses patins.
Il revint une dernière fois dans l’OHL en 2011 avec le Storm de Guelph.
Sources :
″Les Suédois partent du bon pied″, AFP, 10 février 1992, La Presse, pages S8, S12,
″Phil Pietroniro, de la LHJMQ aux Jeux de Milano-Cortina″ de Jean-Patrick Balleux, 21 janvier 2026, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),
eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.



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