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mercredi 4 mai 2016

Les Prix La Vie Est Une Puck 2015-16













Pour la septième année tout en niant que j'ai oublié de la faire l'an dernier et en 2013-14, La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter ses propres trophées. À noter la présence de nouveau trophées encore une fois cette année!

Voici donc les prix :


Le Dave Schultz Memorial Trophy
Encore une fois cette année, La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter le Dave Schultz Memorial Trophy remis annuellement au joueur ayant accumulé le plus de minutes de pénalités durant la saison régulière. Si comme moi vous vous ennuyez du temps où les meneurs au chapitre des minutes de pénalité avaient droit à une carte de hockey soulignant cet exploit, voici votre revanche. Ce trophée porte donc le nom de celui qui détient toujours le record de minutes de pénalité en une saison dans l'histoire de la NHL, Dave "The Hammer" Schultz. Ce grand matamore des Broad Street Bullies passa 472 minutes au banc de pénalité lors de la saison 1974-75, deuxième année où les Flyers remportèrent la Coupe Stanley à coups de dents pétées et de côtes arrachées! Ce n'est donc pas un enfant de cœur qui se mérite ce trophée!

Les précédents gagnants :
2014-15 - Steve Downie
2013-14 - Tom Sestito
2013      - Colton Orr
2011-12 - Derek Dorsett
2010-11 - Zenon Konopka
2009-10 - Zenon Konopka

And the winner is : Derek Dorsett





Derek Dorsett est devenu le deuxième joueur à remporter le Dave Schultz Memorial Trophy une deuxième fois... Toutefois, c'est avec l'uniforme des Canucks qu'il l'a remporté cette fois alors qu'il portait l'uniforme des Blue Jackets lorsqu'il l'a remporté en 2011-12!

Bravo pour ta récidive, mon cochon!



Le Bill Mikkelson Trophy



La Vie Est une Puck est fier de vous présenter à nouveau le Bill Mikkelson Trophy, prix remis au joueur ayant accumulé le pire différentiel durant la saison régulière, donc du joueur le plus mal sur-utilisé de la NHL. Ce trophée est nommé en l'honneur du célèbre Bill Mikkelson qui, lors de la saison inaugurale des Capitals de Washington en 1974-75, termina la saison avec un impressionnant différentiel de -82. Ce résultat est d'autant plus impressionnant en sachant que Mikkelson ne joua que 59 matchs lors de cette saison. Sachez également que deux saisons auparavant, en 1972-73, mais cette fois avec un autre club d'expansion, les Islanders de New York, Mikkelson accumula un autre bon différentiel de -54 en 72 matchs. Il a donc réussi a améliorer son score. Il faut dire qu'il évoluait en 1974-75 avec la pire équipe de l'histoire du hockey moderne, les Capitals de Washington de cette saison... Mikkelson était donc au bon endroit au bon moment... ...ou pas...

Les précédents gagnants :
2014-15 - Nail Yakupov
2013-14 - Alexander Edler
2013      - Erik Gudbranson
2011-12 - Milan Jurcina
2010-11 - Chris Philips
2009-10 - Patrick O'Sullivan

And the winner is : Mikkel Bødker





S'étant promené entre Denver et Glendale cet hiver, notre ami danois semble avoir été utilisé souvent au mauvais endroit au mauvais moment au sein de deux équipes qui n'ont pu se qualifier pour les éliminatoires. Le compatriote de Lars Eller a su devancer deux Canucks, Bo Horvat et Radim Vrbata, au fil d'arrivé avec son -35 alors que les deux joueurs du Vancouver ont récolté un bon -30

Bravo Mikkel, on espère que tu vas passer un bel été...



Le Gary "Suitcase" Smith Trophy

Comme je l'ai déjà expliqué, nous aimons beaucoup les trophées de l'AHL parce que plusieurs portent le surnom du joueur envers lequel le trophée est dédié. C'est donc pourquoi nous avons introduit le Gary "Suitcase" Smith Trophy, remis annuellement au gardien ayant enregistré le plus de défaites en saison régulière. On ne se mérite pas le surnom "Suitcase" pour rien, ça veut dire qu'on s'est promené beaucoup. Et c'est ce que Gary Smith fut, un mauvais gardien de but à bien des mauvais endroits à bien des mauvais moments. Lors de la saison 1970-71, alors qu'il évoluait pour les Golden Seals de la Californie, Smith établit un record avec de rien de moins que 48 défaites en saison régulière... Il faut dire que jouer pour les Golden Seals de la Californie, l'une des plus risibles équipes de l'histoire de la NHL, au début des années 70, n'aidait pas à faire de vous un grand gardien, mais de là à terminer la saison avec 48 défaites en une saison... Vous serez content par contre d'apprendre que lors de la saison suivante, en 1971-72, il remporta le trophée Vézina en compagnie de Tony Esposito à une époque où ce trophée était remis au(x) gardien(s) ayant la plus basse moyenne durant la saison régulière...

Les précédents gagnants :
2014-15 - Mike Smith
2013-14 - Ryan Miller
2013      - Semyon Varlamov
2011-12 - Jonas Hiller
2010-11 - Nikolai Khabibulin
2009-10 - Jeff Drouin-Deslauriers, Tomas Vokun et Miikka Kiprusoff


And the winner is : Cam Talbot





Dans la vie, il y a le karma, vous savez, cette force qui fait que s'il vous arrive quelque chose, et bien, c'était votre destinée... Pour certains, le karma est une chose plus prévisible, comme par exemple se faire échanger aux Oilers d'Edmonton et terminer sa première saison dans cette ville comme gagnant du Gary "Suitcase" Smith Trophy avec un total de 27 défaites. À noter que depuis que nous remettons des prix, Talbot est le troisième gardien des Oilers à se mériter ce trophée!

Bravo, Cam!!!




Le Frank Caprice Award


La Vie Est Une Puck est très fier de vous présenter à nouveau le fameux Frank Caprice Trophy, remis au gardien ayant gardé plus de 20 match ayant le pire pourcentage d'arrêt. Ce trophée est nommé en l'honneur du grand Frank Caprice, gardien des années 80 qui est en quelque sorte le gardien ayant gardé plus de 100 matchs dans la NHL avec le plus bas pourcentage d'arrêts depuis qu'on tient en considération cette statistique... Vous savez, quand on était un gardien plus que médiocre dans une période difficile pour les gardiens, ça mérite d'être souligné...


Les précédents gagnants :
2014-15 - Viktor Fasth
2013-14 - Dan Ellis
2013      - Miikka Kiprusoff
2011-12 - Dwayne Roloson

And the winner is : Jonas Hiller



Étrange, la carrière de Jonas Hiller... Il a été par bout un des meilleurs gardiens de la ligue et le voici maintenant récipiendaire d'un deuxième trophée LVEUP en carrière. Après un Gary "Suitcase" Smith Trophy en 2011-12, le voici qui se mérite le Frank Caprice Trophy pour sa très peu reluisante moyenne de .879 en 26 matchs! Il reste quand même un Jonas plus cool que le chanteur du même nom!

Bravo pour ton exploit, mon Jonas!



Le Mike Milbury Trophy

Comme la NHL, nous récompensons un directeur général, mais nous, nous célébrons le cancre des cancres en lui décernant le Mike Milbury Trophy, remis au directeur général ayant fait la ou les pires échanges de l'année. Si vous vous demandez pourquoi le Mike Milbury Trophy, voici simplement une courte liste de joueurs que Mike a échangé pour 3 seaux de rondelles et 4 paquets de tape à palette durant son règne à la tête des Islanders : Zdeno Chara, Wade Redden, Bryan Berard, Eric Brewer, Darius Kasparaitis, Bryan McCabe, Roberto Luongo, Olli Jokinen, Todd Bertuzzi, Tim Connolly et Raffi Torres. Alors vous comprenez pourquoi on nomme avec ce trophée Mike Milbury le pire DG de l'histoire du hockey contemporain pour honorer celui qui a fait les pires décisions de l'année.  À noter que ce trophée est remis au suffrage pas très universel sur les médias sociaux... La démarche n'est pas tant démocratique, mais que voulez-vous...

Les précédents gagnants :
2014-15 - non remis
2013-14 - Mike Gillis

And the winner is : Bryan Murray




Je suis très attristé de devoir donner ce trophée à Bryan Murray compte tenu des circonstances, mais bon, y avait-t-il un échange pire que celle qui a mené Dion Phaneuf dans la capitale fédérale? De plus, rappelons que Scott Gomez s'est trouvé du boulot en fin de saison dans la ville que le plaisir a oublié... Désolé, monsieur Murray, mais vous vous méritez le deuxième Mike Milbury Trophy de l'histoire!



Le Craig Smith Trophy


Le Craig Smith Trophy est remis au joueur de centre ayant joué plus de 50 matchs possédant le pire pourcentage de mise au jeu remportées. Il a été nommé en l'honneur du joueur ayant remporté le premier ce trophée après la saison 2013-14. Il récompense donc les spécialistes des mises en jeu les moins doués de la NHL...

Les précédents gagnants :
2014-15 - Jordan Nolan
2013-14 - Craig Smith


And the winner is : Jordan Nolan.



L'indécrottable Jordan Nolan s'avère être à nouveau le champion incontesté des mises au jeu perdues. Et bien que l'an dernier son pourcentage était très faible à 16,7% en 60 matchs, Nolan s'est plus que surpassé cette année en obtenant un 0% en 52 match. Oulàlà! Difficile de faire pire...


Et voici nos 3 nouveaux trophées :

Le Dave Allison Trophy

Dave Allison est le king de l'éphémère. Il a joué seulement 3 matchs dans la NHL avec le Canadien en 1983-83 et a sévi comme entraîneur des Senators d'Ottawa pour un très modique 27 matchs lors de la saison 1995-96.  Alors le Dave Allison Trophy est un trophée qui est dorénavant remis à l'entraîneur qui a été le plus rapidement congédié dans la NHL.

And the winner is : Todd Richards



Pauvre Todd... Il fut congédié après seulement 7 matchs par les Blue Jackets... Il faut dire que l'équipe avait perdu chacun de ces matchs... Mais je crois que l'insulte suprême a été de se faire remplacer par John Tortorella... D'ailleurs, savez-vous qu'il a été repêché par le Canadien? Dave Allison aussi a débuté sa carrière de joueur avec le Canadien...

Ce trophée lui était donc destiné! Bravo mon Todd!!

Le Fishsticks Trophy


En discutant entre tous les collaborateurs de La Vie Est Une Puck, nous avons décidé d'introduire un prix pour le chandail le plus laid de la NHL. Pensé en hommage au célèbre chandail "Fishstick" des Islanders des années 90, le Fishsticks Trophy est décidé entre les collaborateurs de LVEUP afin de décider quel est le plus laid chandail de la NHL porté lors de la dernière saison...

And the winner is : Le chandail "Bolts" du Lightning



L'équipe de La Vie Est Une Puck a officiellement déclaré le chandail Bolts du Lightning pire chandail ayant été utilisé cette saison. Cette idée d'utiliser le surnom de l'équipe comme logo et son ton terne en font un chandail morne et très peu intéressant. Le pire, c'est qu'il s'agit du deuxième chandail avec cette idée ridicule du surnom du logo... (On salue d'ailleurs les Senators pour avoir retiré leur horrible "Sens" il y a plusieurs années.)  Il y a beaucoup d'autres chandails plus ou moins douteux qui ont été utilisés cette saison, mais celui-là est celui que nous avons unanimement décrié comme le pire.

Espérons qu'il disparaîtra et ne sera qu'un souvenir douloureux...



Le Mariusz Czerkawski Award


Plus tôt cette année, Mathieu AKA Ray Sheppard a introduit le Mariusz Czerkawski Trophy en l'honneur de cet ex-joueur polonais qui joua une saison plus que médiocre avec Montréal en 2002-03 remis annuellement au pire joueur du Canadien de la saison. Plusieurs facteurs entrent en compte afin de mériter ce trophée. Il s'agit soit d'un joueur dont le passage fut un échec ou que la fin de son parcours avec l'équipe fut douloureux. Ça peut aussi être un cas d'expérience râtée, soit dans le cas d'une signature comme joueur autonome ou bien un choix au repêchage qui n'a pas rempli les attentes. Sinon ça peut être celui qui fut le plus indésirable au sein de l'équipe ou bien celui qu'on avait le plus hâte que son contrat se termine. Si l'histoire du joueur avec le club se termine par un rachat de contrat, un renvoi dans les mineures ou un échange-débarras, c'est souvent ce qui détermine le gagnant de ce trophée.



Les précédents gagnants (tels qu'énumérés dans la texte de décembre) :
2014-2015: René Bourque
2013-2014: Louis Leblanc
2012-2013: Tomas Kaberle
2011-2012: Scott Gomez
2010-2011: Benoit Pouliot
2009-2010: Sergei Kostitsyn
2008-2009: Mike Komisarek
2007-2008: Mikhail Grabovski
2006-2007: Sergei Samsonov/Janne Niinimaa
2005-2006: Pierre Dagenais / José Théodore
2003-2004: Marcel Hossa
2002-2003: Mariusz Czerkawski


And the winner is : Alexander Semin.



Bon, le résultat avait été annoncé précédemment, mais je croyais bon d'inclure ce trophée dans nos trophées annuels. Donc à l'avenir, ce trophée sera dévoilé en même temps que les autres!


lundi 2 mai 2016

Bobby Kromm



Bobby Kromm a pris le chemin du hockey senior et fut un important contributeur à la glorieuse histoire des Smoke Eaters de Trail.  (voir texte du 18 janvier 2014)  Joueur de centre, il fit partie de l’équipe à partir de 1950.  Il y demeura pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’il devienne joueur-entraîneur en 1960.
 
Cette saison-là, l’équipe eut la chance de représenter le Canada aux championnats du monde.  Pourtant, ils s’étaient inclinés devant les Maroons de Chatham en finale de la Coupe Allan la saison précédente.  Cependant, ceux-ci décidèrent de faire une tournée en URSS plutôt que de se rendre aux championnats en Suisse.
 
Les Smoke Eaters n’ont pas raté leur chance.  Avec une fiche de 6-1, ils ont réussi à coiffer la Tchécoslovaquie et l’URSS au différentiel de buts.  (Il n’y avait pas de ronde des médailles à ce moment, seulement un tournoi à la ronde.)
 
Il s’agissait du 19e titre canadien.  Il faudra attendre jusqu’en 1994 avant le 20e, avec cette fois une équipe composée de professionnels.  Entre temps, il y eut une domination outrageante des Soviétiques, incluant une période où le Canada cessa d’envoyer des représentants.  (voir texte du 27 mai 2013)
 
En 1962, alors que Kromm était toujours entraîneur mais avait accroché ses patins, il mena les Smoke Eaters au titre de la Coupe Allan.  Ceci leur valut un autre billet pour les championnats du monde, disputés en Suède cette fois.
 
Les résultats furent toutefois différents.  Pour seulement la quatrième fois en 30 éditions, le Canada fut absent du podium, en terminant quatrième.
 
Ce fut la dernière fois que le Canada fut représenté par les champions en titre de la Coupe Allan.  En 1964, pour les Jeux d’Innsbruck, le père David Bauer eut pour tâche de former une équipe nationale.
 
En 1964-65, cette fois derrière le banc des Maple Leafs de Nelson, Kromm mena encore une fois son équipe à la finale de la Coupe Allan, où elle s’inclina devant les Castors de Sherbrooke.
 
Après une brève expérience dans la WHL, Kromm alla diriger la filiale des Black Hawks dans la Ligue centrale, d’abord à St-Louis, puis suite à l’arrivée des Blues, à Dallas.
 
Kromm eut beaucoup de succès avec les Black Hawks de Dallas.  L’équipe remporta la Coupe Adams en 1969, 1972 et 1974, en plus d’atteindre la finale à trois autres reprises.  En 1972, Kromm remporta d’ailleurs le Trophée Jake Milford (voir texte du 31 juillet 2012), remis à l’entraîneur de l’année dans la CHL.  Malheureusement pour lui, Billy Reay était bien en selle à Chicago, ce qui lui laissait peu de possibilités pour graduer dans la LNH.
 
C’est alors qu’on lui offrit de diriger les Jets de Winnipeg de l’AMH.  Malgré la présence de Bobby Hull et de l’arrivée de leurs joueurs suédois (voir texte du 13 avril 2015) , ils avaient raté les séries en 1974-75.

 
Dès sa première saison dans l’AMH, Kromm, un entraîneur de style motivateur, mena les Jets à une fiche de 57-25-2 et à la Coupe Avco.  Il se mérita alors le Trophée Robert-Schmertz, remis au meilleur entraîneur de la ligue. (voir texte du 8 septembre 2014)
 
En 1976-77, les Jets atteignirent à nouveau la finale, mais ils baissèrent pavillon devant les Nordiques.
 
Il y eut ensuite des discussions pour lui donner le poste de directeur-gérant, mais Kromm ne pouvait se résoudre à remplacer Rudy Pilous, celui qui l’avait embauché.  Il préféra donc quitter.
 
Il décida alors de relever tout un défi.  Les Red Wings étaient complètement à la dérive.  Ils venaient de rater les séries pour une septième année consécutive (malgré l’ajout de nombreuses équipes d’expansion) et pour une dixième fois en onze ans.
 
Encore une fois, l’arrivée de Kromm eut un effet immédiat.  Aidé par l’addition de Dale McCourt (voir texte du 1er février 2010), Détroit passa d’une saison de 41 points à une de 78 (presque une fiche ,500).  Non seulement les Wings se qualifièrent pour les éliminatoires, mais ils remportèrent même une première série en 12 ans.  Ils éliminèrent les Flames d’Atlanta, avant de perdre contre les éventuels champions de la Coupe Stanley, les Canadiens.
 
Ses Red Wings terminèrent 35 points derrière les Bruins et 51 points derrière les Canadiens, mais Kromm devança quand même Don Cherry et Scotty Bowman dans la lutte au Trophée Jack Adams.  Il remporta ainsi le titre de meilleur entraîneur dans une troisième ligue différente.
 
La magie de Kromm fut néanmoins de courte durée et Détroit retourna à ses anciennes habitudes.  Les Wings ratèrent les séries en 1978-79 et en 1979-80.  Kromm fut congédié alors qu’il ne restait que 9 matchs à cette dernière saison.
 
Il est ensuite demeuré dans la région de Détroit, jusqu’à son décès en 2010, à l’âge de 82 ans.
 
De 1983 à 1993, son fils Richard a disputé 372 matchs avec les Flames et les Islanders.
 
Sources : “Young Russian Hockeyists Beat Chatham Squad”, CP, 29 novembre 1960, Ottawa Citizen, p.14, “Smokies Impress in 5-1 Triumph to Clinch Crown” de Stewart MacLeod, Canadian Press, 13 mars 1961, Ottawa Citizen, p.15, “Former Wings coach Kromm dies” de Bill Roose, 11 juin 2010, (redwings.nhl.com), “Obituary / Bobby Kromm : Led Jets to Avco Heights”, AP, 12 juin 2010, Winnipeg Free Press (winnipegfreepress.com), trailsportshistory.ca, wikipedia.org.

samedi 30 avril 2016

Le hockey à Dallas






Dans les années 90, les nombreuses expansions et déménagements d'équipes dans le sud des États-Unis ont créé beaucoup d'émoi chez les fans traditionnels de hockey, surtout au Canada. Même de nos jours il est commun d'entendre des phrases comme "qu'est-ce qu'une équipe de hockey fait dans le désert?" ou bien "du hockey et des palmiers" afin de tourner ces équipes en dérision. Il faut toutefois prendre ces commentaires avec un grain de sel car malgré que ces régions ne soient évidemment pas des régions propices pour y implanter une équipe de hockey, plusieurs de ces villes ont d'abord fait leurs classes en hébergeant des équipes mineures, bâtissant ainsi une tradition locale et préparant le terrain à un éventuel marché majeur.

Je pense en premier lieu à la Californie où l'on peut croire que le hockey n'avait pas d'affaire là avant l'arrivée des Seals et des Kings en 1967. Et bien le hockey professionnel y débuta 40 ans auparavant, soit depuis 1925 avec la création de la California Hockey League, une ligue mineure professionnelle qui dura jusqu'en 1933 et qui comprenait des équipes à Hollywood, LA, San Francisco et Oakland. On y vit d'ailleurs la première incarnation des Seals de San Francisco en 1928.

Quant à Phoenix et l'Arizona, on retrouvait bien avant les Coyotes une équipe du nom des Roadrunners (oui je sais vous pensez tous à ceci). Les Roadrunners de Phoenix ont débuté en 1967 et ont évolué sous plusieurs incarnations et dans plusieurs ligues au fil des années (WHL, WHA, PHL, CHL, IHL, ECHL) et on retrouvait quelquefois plus d'une équipe portant ce nom dans plus d'une ligue en même temps. Avant les Roadrunners toutefois, la première équipe professionnelle de la ville de Phoenix furent les Apaches qui évoluèrent le temps d'une seule saison (1958-59) dans une autre version de la California Hockey League

Quant à la Floride, on retrouve peu de tentatives d'y implanter du hockey avant l'arrivée du Lightning (1992) et des Panthers (1993) et cette région aurait mérité je crois les railleries des fans nordiques de hockey. Il y eut toutefois une ligue éphémère qui joua une seule saison à Miami, la Tropical Hockey League en 1938 (voir article du 9 avril 2016).

Pour en venir à Dallas et au Texas, là aussi on aurait pu croire que cette région ne méritait pas une équipe lors du déménagement des North Stars du Minnesota en 1993. Pourtant l'héritage de hockey dans cette ville remonte jusqu'au début des années 40 et un déménagement ou une expansion au Texas était envisagé à plusieurs reprises avant l'arrivée des Stars. Voici un résumé des Quelques équipes "Pré-Stars" de la ville de Dallas. 

Dallas Texans (AHA-USHL) - 1941-42, 1945-49

La première équipe de hockey professionnelle de Dallas débuta ses activités en 1941-42, soit durant la dernière année d'existence de l'American Hockey Association (AHA). Contrairement aux autres ligues de l'époque, la AHA est la première ligue à avoir ajouté des équipes dans des états plus au sud comme l'Oklahoma, le Kansas et le Missouri. En 1941, deux nouvelles équipes firent leur apparition au Texas; les Texans de Dallas ainsi que les Rangers de Fort Worth (ville située à 30 minutes de Dallas). La ligue cessa toutefois ses activités en 1942 mais ressuscita sous le nom de la United States Hockey League (USHL) après la guerre en 1945. Cette-fois ci la USHL était principalement une ligue sudiste avec aussi quelques équipes minoritaires dans le Midwest. Les Texans et les Rangers revinrent également sur la scène en 1945 et on vit également apparaître une nouvelle équipe à Houston du nom des Huskies. 

Les Texans ne remportèrent jamais de championnats durant leur courte existence et cessèrent leurs opérations en 1949, soit un an après s'être associé aux Canadiens de Montréal comme deuxième club-école, le premier étant les Bisons de Buffalo (AHL) à l'époque. C'est durant cette dernière saison en 1948-49 que l'on peut voir des noms plus familiers dans leur alignement. Il y avait entre autres le vétéran gardien Paul Bibeault, un habitué des clubs-écoles du CH qui faisait partie de l'alignement des Texans. On retrouve également plusieurs autres joueurs Québécois lors de cette dernière saison des Texans, probablement dû à l'association avec Montréal.


Howie Morenz Jr.

Le joueur le plus célèbre de l'histoire des Texans est malheureusement connu principalement pour son nom. Le fils du légendaire Howie Morenz Sr. fut inévitablement comparé à son illustre paternel dès ses débuts prometteurs à l'âge de 12 ans. Appartenant aux Canadiens, il fut envoyé à Dallas pour continuer son développement loin de l'attention médiatique de Montréal. Il ne connut pas une grande saison à Dallas et développa des problèmes de vision le rendant plus vulnérable aux mises en échec. Il fut retourné dans la ligue Senior du Québec par la suite et ne se rendit jamais à un niveau supérieur, demeurant dans l'ombre de son célèbre père jusqu'à sa mort en 2013.

Les Texans cessèrent donc leurs opérations. Une des principales raisons de la fin de l'équipe étaient les coûts de transports considérables. Comme les Texans, les équipes de Fort Worth et de Houston terminèrent également leurs opérations en 1949, probablement pour les mêmes raisons. La USHL pour sa part termina ses activités peu après en 1951.


Dallas Black Hawks (CHL) - 1967-1982

On dut attendre en 1967 pour revoir du hockey professionnel à Dallas, cette fois dans la Central Hockey League (CHL). La CHL était une ligue mineure qui opérait directement sous le contrôle de la NHL afin de développer des joueurs pour la grande ligue. Cette ligue fit son apparition en 1963 et pour les premières années de son existence, comprenait 6 équipes à l'image de la NHL avec une équipe affiliée pour chaque club. Les Black Hawks de Chicago avait à l'époque un club-école dans la CHL du nom des Braves de St-Louis. Après la grande expansion de 1967 et l'arrivée des Blues de St.Louis, les Braves déménagèrent à Dallas et adoptèrent le nom du grand club et le même uniforme, à l'exception du "D" sur les épaules du chandail. À la même époque, les Canadiens avaient également un club-école au Texas, cette fois-ci à Houston avec les Apollos.


L'association avec Chicago dura jusqu'en 1978 suite à quoi ils devinrent le club-école des Maple Leafs, des Oilers (durant la dernière saison de la WHA) et ensuite des Canucks. Les Black Hawks de Dallas furent une des meilleures équipes de la CHL durant leurs 15 années d'existence, remportant 4 fois la coupe Adams. Quelques joueurs de renom furent développés par l'équipe dont Dirk Graham, Paul Schmyr, Stan Smyl, Dan Maloney et Wayne Maki. Mais au delà des joueurs développés par l'équipe, les Black Hawks de Dallas étaient également une bonne pépinière d'entraîneurs. L’entraîneur en place durant les trois premières coupes Adams des Black Hawks fut Bobby Kromm qui mena plus tard les Jets de Winnipeg à la conquête de la coupe AVCO en 1976 avant de devenir entraîneur des Red Wings en 1977. John Muckler et Roger Neilson firent également leurs classes comme entraîneurs à Dallas avant de connaître beaucoup de succès dans la NHL. Plusieurs ex-joueurs des Black Hawks devinrent également de célèbres entraîneurs de la LNH par la suite dont Bruce Boudreau et Ron Wilson

Durant leur courte mais glorieuse existence, les Black Hawks développèrent une féroce rivalité avec une autre équipe Texane située encore une fois à Fort Worth. Cette équipe adopta l'ancien nom d'une équipe de Dallas et devint les Texans de Fort Worth. Les Black Hawks, les Texans ainsi que les City Stars d'Oklahoma cessèrent toutes les trois leurs activités après la saison 1981-82, ce qui annonça le début de la fin pour la CHL alors qu'il s'agissait de ses trois meilleures équipes. La CHL termina effectivement ses activités en 1984.

Dans les années 80, les noms de Dallas et Houston commencèrent à circuler comme villes potentielles pour y accueillir une équipe de la LNH en cas d'expansion ou de déménagement, ce qui arriva finalement en 1993 lors du déménagement des North Stars à Dallas. 

Dallas Freeze (CHL) - 1992-1995

Mais un an avant l'apparition des Stars de Dallas, un nouveau club de la CHL (nouvelle ligue avec le même nom) du nom du Freeze de Dallas débuta ses activités. Le Freeze adopta d'ailleurs les couleurs et le design du chandail des Sharks de San Jose et jouait dans un autre aréna plus petit que celui des Stars. La présence des Stars à Dallas n'était cependant pas avantageuse pour le Freeze qui évolua 3 saisons dans cette nouvelle CHL avant de cesser ses activités en 1995. J'ai cependant peu d'informations sur cette équipe éphémère si ce n'est que ce vidéo datant de 1994 où l'on peut voir la fin d'un match entre le Freeze et le Fire de Fort Worth, marquant une fois de plus la rivalité entre les deux villes au hockey mineur professionnel. Dans ce vidéo, on peut voir les partisans du Freeze qui s'en prennent aux joueurs du banc de Fort Worth.




L'arrivée des Stars en 1993 dans la NHL marqua donc en quelque sorte la fin du hockey mineur-pro à Dallas. Les Texans, les Black Hawks, le Freeze ainsi que les équipes de la ville avoisinante de Fort Worth ayant bien préparé le terrain, les Stars furent un succès à Dallas dans les années 90, terminant la décennie en tant que derniers champions de la coupe Stanley du millénaire. L'équipe traversa toutefois quelques années difficiles au niveau administratif à la fin des années 2000 mais semble désormais repartie sur la bonne voie. 

On peut même voir que le nom hérité des North Stars convenait parfaitement pour Dallas alors que même les Texans de l'époque avaient adopté l'étoile dans leur logo. Le chandail actuel des Stars reflète d'ailleurs bien l'héritage du hockey à Dallas.



Sources:
hockeydb
wikipedia



lundi 25 avril 2016

Russ Blinco



Natif de Grand-Mère, en Mauricie, Russ Blinco n’avait pas le profil typique d’un joueur de hockey des années 1930.
 
Blinco a d’abord joué au niveau universitaire, avec les Redmen de McGill.  À l’époque, les joueurs professionnels qui avaient emprunté cette voie étaient rarissimes.
 
Il a ensuite poursuivi ses études à l’Université Bishop’s de Lennoxville, tout jouant au hockey, au football et au tennis.  Il gradua en littérature en 1931.  Au même moment, il joua aussi avec les Crescents de Brooklyn, une équipe amateur de la région de New York.  C’est ainsi qu’il attira l’attention de Lester Patrick, l’entraîneur des Rangers.
 
Celui-ci l’assigna aux Indians de Springfield de la Ligue Can-Am.  Blinco passa également du temps avec les Bulldogs de Windsor de l’IHL, avant que son contrat ne soit racheté par les Maroons de Montréal.  (voir textes du 18 septembre et du 3 octobre 2010)
 
Blinco arriva à Montréal au cours de la saison 1933-34 et il ne joua que 31 des 48 matchs de son équipe.  Toutefois, il ne mit pas de temps à s’illustrer.  Ses 14 buts le placèrent au troisième rang de son équipe, derrière Lawrence Norcott et Hooley Smith (voir texte du 16 février 2015), qui avaient eux, ont joué la saison en entier.
 
Sa performance de 23 points lui valut tout de même le titre de recrue de l’année (ce qu’on appellera le Trophée Calder à partir de 1936-37).
 
Les Maroons éliminèrent les Rangers (l’ancienne organisation de Blinco) au premier tour des séries, avant de s’incliner devant les éventuels champions de la Coupe Stanley, les Black Hawks.
 
En 1934-35, il joua la saison du début à la fin et récolta 13 buts et 14 passes, à égalité au deuxième rang des pointeurs de l’équipe.  De ces 13 buts, il en marqua 4 le 20 janvier contre le futur membre du Temple de la renommée Roy Worters, des Americans de New York.  (voir texte du 17 juin 2013)  À noter que les Maroons ne connurent que 12 matchs sur 48 de quatre buts ou plus (pour toute l’équipe) au cours de cette saison.
 
Pour ce qui est de l’équipe, ils terminèrent avec une fiche de 24-19-5, avant de causer une certaine surprise en balayant les Maple Leafs en finale, permettant à Blinco de soulever la Coupe.
 
Blinco joua trois autres saisons avec les Maroons, les trois dernières de leur histoire.  Le fait saillant de la décevante saison 1937-38 (la dernière de leur histoire) fut sans doute sa participation au match hommage au regretté Howie Morenz, dans ce qui s’avéra l’une des rencontres initiatrices du match des étoiles.  Mais dans une décennie qui a vu disparaître les Pirates de Pittsburgh, les Quakers de Philadelphie (voir texte du 28 janvier 2009), les Senators d’Ottawa et les Eagles de St-Louis, la Grande Dépression finit par avoir la peau des Maroons.  Avant de mettre la clé sous la porte, ceux-ci ont vendu Blinco, Lawrence Norcott et Earl Robinson à Chicago pour 30 000$.
 
La stratégie n’a pas fonctionné pour les Black Hawks, puisqu’ils ont terminé la saison au fond du classement, avec une fiche de 12-28-8.  Blinco a quant à lui compté 3 buts et amassé 12 passes dans ce qui fut sa dernière saison.
 
C’est ainsi que s’est terminée la carrière du hockeyeur intellectuel.  Adepte de littérature, de bridge et de tennis, celui qui portait d’imposantes lunettes, autant sur la glace qu’à l’extérieur, avait parfois des airs de pasteur.
 
Il déménagea ensuite à Sherbrooke, où il fut entraîneur d’équipes dans les Cantons de l’Est.
 
Plus tard dans sa vie, il s’établit à Bedford, en Montérégie, où il s’impliqua dans sa communauté.  Il y est décédé en 1982, à l’âge de 76 ans.
 
On le retrouve sur le Mur de distinction des Gaiters de Bishop’s depuis 1991.
 
Sources:  “Blinco Gets Four as Montreal Wins,” Canadian Press, The Ottawa Evening Citizen, 21 janvier 1935, p.9, “Maroon centre could be taken for clergyman,“ 14 février 1935, St.Maurice Valley Chronicle, p.10, “Lou’s Wife Writes New Song – Other One Fitting” de Scotty Reston, 20 février 1937, St.Petersburg Independent, p.Six-A, “La désintégration des Maroons s’est accentuée, hier” de Horace Lavigne, 16 septembre 1938, La Patrie, p.22, “Royals Top Rifles to Near 2nd Place”, Montreal Gazette, 16 janvier 1941, p.18, “RBC Wall of Distinction, Class of 91” (gaiters.ca), hockeydb.com, wikipedia.org.

lundi 18 avril 2016

Roger Doucet



Les Bruins ont René Rancourt.  Depuis 1976, le chanteur originaire de Lewiston, Maine interprète les hymnes nationaux avant les matchs, avant d’y aller de sa petite chorégraphie.
 
Les Canadiens ont eu Ginette Reno récemment, lors des séries de 2014 et 2015.  Auparavant, ils ont eu l’ex-Sinner Charles Prévost-Linton pendant une douzaine d’années.  Depuis, ils ont tenu des auditions pour trouver une multitude d’interprètes, dont plusieurs chanteuses qui chantent « Ô Kéneda » plutôt qu’ « Ô Canada ».  Certains soirs, on a laissé les partisans chanter eux-mêmes.  Mais avant tout ce beau monde, il y avait Roger Doucet.
 
D’origine modeste, Doucet fit partie de la troupe de l’Armée canadienne pendant la Deuxième Guerre mondiale, ce qui lui permit de voyager amplement.  Après la guerre, il alla parfaire sa formation classique en étudiant à New York, où il rencontra son épouse Geraldine.
 
Au fil des ans, il travailla à plusieurs endroits, dont Londres et Hambourg.  De retour à Montréal, où il établit sa famille en 1957, il participa à divers opéras présentés à Radio-Canada.  Par contre, vivre de l’opéra pendant cette période était loin d’être facile, et ses revenus, loin d’être réguliers.  Il dut donc prendre divers contrats, dont celui de chanter dans un restaurant, pendant que sa femme vendait des produits Avon.
 
C’est finalement en 1970 que Doucet commença à chanter les hymnes nationaux au Forum.  Son interprétation énergique fit rapidement de lui un incontournable et il gagna une importante renommée.  Il ajouta ensuite à ses engagements les matchs des Alouettes en 1974 et ceux des Expos en 1977.
 
Lors du célèbre match des Canadiens contre l’Armée rouge du 31 décembre 1975, en plus du Ô Canada, Doucet chanta l’hymne soviétique (en russe bien sûr).
 
Doucet fut aussi remarqué pour avoir changé quelques phrases de la partie anglaise de l’hymne canadien.  De plus, sa façon de terminer la dernière ligne (« … we stand on guard for thee. » dans la version chantée lors des matchs des Canadiens ou « … protégera nos foyers et nos droits. » dans la version originale) est pratiquement entrée dans l’usage.  Plutôt que de terminer sur des notes basses, Doucet la terminait sur des notes hautes.
 
En avril 1980, Doucet dut subir une opération chirurgicale pour lui enlever une tumeur au cerveau.  Lors de sa convalescence, Doucet reçut même des vœux du président américain d’alors, Jimmy Carter, et de son épouse.  En juin de la même année, il reçut l’Ordre du Canada.
 
 
Geraldine a par la suite dut le remplacer à plusieurs reprises.  C’est finalement en juillet 1981 qu’il s’est éteint.
 
Sources : “From Jimmy and Rosalynn Carter to Roger Doucet: Get well soon”, 18 avril 1980, Montreal Gazette, p.2, “Doucet s’éteint”, 20 juillet 1981, La Presse, p.B3, “Anthem Singer Roger Doucet Dies” 20 juillet 1981, Ottawa Citizen, p.3, “Geraldine Doucet’s new TV talk show finally brings her out of the shadows” de Beverley Mitchell, 21 janvier 1983, Montreal Gazette, p.B11, “Le CH de l’Occident contre l’Armée rouge” de Réjean Tremblay, 31 décembre 2015, Journal de Montréal (journaldemontreal.com), wikipedia.org.

jeudi 14 avril 2016

Jeu de hockey rétro: Wayne Gretzky and the NHLPA All-Stars




Un autre vidéo critique/let's play d'un jeu de hockey que je n'avais jamais joué auparavant. Celui-ci est un peu plus long que celui de Brett Hull Hockey que j'ai fait la semaine passée donc assoyez-vous et retombez dans le passé avec ce jeu développé pendant le lock-out de 1994.

Bonne écoute!

lundi 11 avril 2016

R.I.P. Bill Gadsby



Article de La Patrie
 


Bill Gadsby nous a quittés récemment, le 10 mars dernier pour être précis.  C'est finalement à l'âge de 88 qu'est décédé celui qui, au cours de sa longue carrière dans la LNH, a dû faire face à l'adversité.  Mais la situation la plus périlleuse dans laquelle il s'est retrouvé est arrivée bien avant.


En septembre 1939, il quitta les Îles Britanniques avec sa mère à bord du paquebot S.S. Athenia, alors que l’éclatement de la guerre était imminent.  Le navire contenait 1 418 passagers, dont 495 canadiens et se dirigeait vers Montréal.  À 400 kilomètres des côtes de l’Irlande, un sous-marin allemand torpilla le transatlantique et le coula.  Au total, 117 personnes perdirent la vie, principalement au moment de l’impact.  Ce moment, le premier bateau allié coulé, a été considéré tellement marquant que le 3 septembre a été choisi comme date pour la journée des Anciens Combattants de la marine marchande.Gadsby, âgé à ce moment de 12 ans, se retrouva avec sa mère dans un bateau de sauvetage, avant d’être secouru.
 
À l’âge de 14 ans, alors qu’il marchait dans sa ville natale de Calgary, un morceau de béton se détacha d’un immeuble de quatre étages et le frôla.
 
Recruté par un dépisteur des Black Hawks quelques années plus tard, il fit ses débuts en 1946 dans la LNH.  Pour Chicago, il s’agissait d’une période creuse (voir texte du 19 août 2013), mais Gadsby s’est tout de même retrouvé au sein de la deuxième équipe d’étoile ;a deux reprises.
 
Au camp de 1952, il contracta la poliomyélite, mais même la maladie ne parvint pas à venir à bout du robuste défenseur et il put reprendre sa carrière.
 
En 1955, c’est nul autre que Tim Horton (voir texte du 21 décembre 2012) qui fut victime de l’une de ses dures (mais légales) mises en échec.  Horton s’en sortit avec des fractures à la jambe et à la mâchoire.
 
À force de jouer dur et de bloquer des tirs, Gadsby en subit évidemment les contrecoups.  Son épouse avait pris l’habitude de tenir un registre de ses blessures, incluant ses points de suture.  Elle lui en enleva d’ailleurs plusieurs elle-même.  Il a même eu à une certaine époque une assurance qui le dédommageait 5$ pour chacun d’entre eux.  L’assureur fit toutefois par annuler la police bien avant qu’il ne reçoive les plus de 650 qu’il eut au cours de sa carrière.  Il s’est aussi fracturé le nez à onze reprises et reçu un lancer frappé de Bobby Hull en plein cœur.
 
En novembre 1954, Gadsby fut échangé mais encore une fois, il s’aligna avec l’une des mauvaises équipes de l’époque, les Rangers.
 
En 1957-58, il établit un record pour un défenseur avec 46 passes (record évidemment battu depuis).  Sa saison lui valut la deuxième place pour le Trophée Norris (meilleur défenseur) derrière Tom Johnson (voir texte du 5 octobre 2015).  Ça n’empêcha toutefois pas les Rangers de rater les séries.
 
Au cours de son séjour à New York, Gadsby fut tout de même choisi au sein de la première équipe d’étoiles à trois reprises.
 
C’est finalement en juin 1961 que Gadsby eut la chance d’aller plus loin en séries, alors qu’il fut échangé aux Red Wings.  Pourtant, les faibles Rangers trouvèrent le moyen de faire un cadeau à Détroit.  Ils ne reçurent en échange de leur jour étoile que Les Hunt, un joueur de la WHL qui ne joua finalement jamais dans la LNH.
 
 À trois occasions (1963, 1964 et 1966), Détroit fit les séries en terminant quatrième sur six (heureusement que les Rangers et les Bruins étaient chroniquement mauvais à ce moment), mais réussit à se faufiler en finale.  Les Wings réussirent même à provoquer un septième et décisif match en 1964, mais ils perdirent à chaque occasion.  Lorsque Gadsby prit finalement sa retraite en 1966, il n’avait donc toujours pas remporté la Coupe Stanley.
 
À ce moment, il était le meneur de tous les temps pour un défenseur pour les matchs joués (1248), les points (568) et les minutes de pénalité (1 539).  Il est aussi le deuxième joueur (après Gordie Howe) à jouer 1000 matchs dans la Ligue nationale.
 
En 1968, il fut nommé entraîneur-chef des Red Wings, mais ceux-ci étaient au début d’une période pénible et l’expérience ne dura pas.
 
C’est en 1970 que Gadsby fit son entrée au Temple de la renommée.
 
Après avoir joué plusieurs matchs d’anciens, Gadsby a été actif au sein de l’association des anciens Wings et impliqué avec diverses œuvres de charité de la région de Détroit.
 
Sources : “L’Athenia torpillé durant le sauvetage; près de cent morts”, PC, 5 septembre 1939, La Patrie, p.3, “Rescue Craft Bear Hundreds Back to Ports”, 5 septembre 1939, Montreal Gazette, p.1, “Coast Guard to Aid”, 6 septembre 1939, Montreal Gazette, p.1, “Great Gadsby played tough but respectful game” de Dave Stubbs, 7 novembre 2012, Montreal Gazette (montrealgazette.com), “One on one with Bill Gadsby” de Kevin Shea, May 23, 2008 (hhof.com), “Bill Gadsby, N.H.L. star with scars to prove it, dies at 88” de Richard Goldstein, 11 mars 2016, New York Times (nytimes.com), wikipedia.org.