lundi 22 décembre 2014

Christian Brothers








Non, ce billet n’est pas à propos d’un groupe religieux, mais bien à propos d’un manufacturier d’équipements.

Comme c’est souvent le cas au sujet des histoires de hockey américain, le tout débute au Minnesota, à Warroad, petite ville près du Manitoba.

Dans les années 1950, les frères Bill, Roger et Gordon Christian jouaient au hockey et s’illustraient dans divers tournois de l’état.  Comme à ce moment, le Minnesota était l’un des rares états où on prenait le hockey au sérieux, le chemin vers l’équipe nationale était presque tracé.  En 1958, les trois frères en firent partie.
Bill et Roger Christian

En 1960, l’équipe américaine était à la maison, puisque les Jeux d’hiver avaient lieu à Squaw Valley, en Californie.  Bill et Roger Christian en firent partie. 

Bill eut un excellent tournoi.  Il marqua deux buts et obtint onze passes.  Ses deux buts (sur des passes de son frère) furent obtenus dans une victoire capitale contre l’Union Soviétique, par une marque de 3-2.

À la surprise générale, les États-Unis remportèrent la médaille d’or (leur première au hockey) devant leurs partisans.

Cette performance ne fut toutefois pas suffisante pour garantir à leurs joueurs une place dans la Ligue Nationale.  En cette période où les joueurs étaient pratiquement tous canadiens, seul leur coéquipier Tom Williams (voir texte du 3 novembre 2014) réussit vraiment à se tailler un poste.  Il faut dire qu’à cette époque où les équipes olympiques étaient composées d’amateurs, même parmi les Canadiens il y en avait peu qui faisaient le saut dans la LNH.

Roger et Bill jouèrent quelques matchs dans la WHL, avec les Totems de Seattle (16 février 2012), mais malgré leur médaille au cou, leur carrière professionnelle fut limitée.  Ça ne les empêcha toutefois pas d’avoir un projet relié au hockey.  Alors que pendant leur enfance, leur père, menuisier de métier, leur fabriquait des bâtons, ils décidèrent de démarrer une compagnie qui ferait la même chose.

L’entreprise eut beaucoup de succès et en 1969, ils durent déménager dans une nouvelle usine, toujours à Warroad.  Le produit devint plus un produit de masse et acquit une certaine notoriété dans les cercles de hockey aux États-Unis.  L’entreprise fit sa marque en présentant son produit comme étant des bâtons de hockey par des joueurs de hockey (« Hockey Sticks by Hockey Players »).

En 1980, les Jeux d’hiver se déroulèrent à nouveau aux États-Unis, à Lake Placid, dans l’état de New York.  Encore une fois, les Américains causèrent une surprise en remportant la médaille d’or.  (voir texte du 22 février 2014)  Et encore une fois, il y avait un Christian de Warroad, Minnesota dans leur alignement.  Et comme Dave (le fils de Bill) utilisait fièrement un bâton Christian, le produit bénéficia d’une vitrine incomparable.  Les ventes augmentèrent de 40%.

Par la suite, Dave eut plus de facilité que son père et son oncle et eut une belle carrière dans la LNH, avec entre autres Winnipeg, Washington et Boston.

L’entreprise eut par la suite de la difficulté à compétitionner avec les manufacturiers canadiens.  Ceux-ci étaient déjà de plus grande envergure, mais lorsque le dollar canadien baissa, l’écart de prix est devenu tout simplement trop grand.  Par ailleurs, il y eut un transfert du bâton de bois vers le bâton de composite, un virage que n’a pas pris Christian Brothers. 

La compagnie fut vendue en 2002.  L’entreprise Platinum la reprit, mais l’aventure ne dura qu’un an, jusqu’à la faillite, en 2003.  La production cessa définitivement à Warroad en 2009.

Par contre, si vous allez au Temple de la renommée du hockey des États-Unis, au Minnesota évidemment, vous verrez devant l’immeuble le plus gros bâton de hockey au monde. Il est de marque Christian.

Sources :

L’histoire des Jeux Olympiques, de l’Antiquité à nos jours, Grolier Limitée, 1980, p.225-226,

“Christian Brothers’ Goal ? A Break for Wooden Sticks” de Mark Yost, The Wall Street Journal, 20 mai 2004 (online.wsj.com), history.vintagemnhockey.com.

samedi 20 décembre 2014

Roberto Romano







À 5'6'', Roberto Romano n'avait pas nécessairement le physique pour devenir un gardien de but régulier dans la LNH. Pourtant, malgré toutes les embûches qu'il rencontra, il parvint à réaliser son objectif.

Né à Montréal 2 jours avant l'Halloween 1962, il débuta dans la LHJMQ lors de la saison 1979-80 avec les Remparts de Québec. Il disputa 112 rencontres avec eux avant d'être échangé aux Olympiques de Hull au début de la saison 1981-82.


N'ayant pas été repêché par une équipe de la LNH, il signa malgré tout un contrat avec les Penguins de Pittsburgh le 12 juin 1982. Il commença à faire la navette entre Pittsburgh et leur club-école, les Skipjacks de Baltimore. En 1983-84, les Penguins connaissait leur pire saison de leur histoire avec Romano comme gardien titulaire. Voulant à tout prix terminer au dernier rang et mettre la main sur le 1er choix au repêchage universel (qui allait devenir un certain Mario Lemieux), l'entraîneur Eddie Johnston rétrograda Romano à Baltimore et rappela le gardien Vincent Tremblay pour les 4 derniers matchs de la saison. Ce dernier cumula une ronflante moyenne de but accordé de 6.00, accordant 24 buts lors de ces 4 défaites. Entre les saisons 1982-83 et 1984-85, Roberto Romano totalisa 52 matchs avec le grand club, n'enregistra que 15 victoires.


Insulté et fatigué de ses navettes incessantes entre la LNH et la Ligue Américaine, Romano signifia à la direction des Penguins, avant la fin de la saison 1984-85, son intention de prendre sa retraite une fois la saison fini. Romano n'avait que 22 ans à cette époque. Cette affirmation déplu à plusieurs de ses coéquipiers qui voyait leur gardien partant lancer la serviette.

Se ravissant au cours de l'été, Romano se présenta au camp d'entraînement des Penguins avec une motivation renouvelé et l'intention ferme de faire le club une fois pour toute. Il savait cependant qu'il devrait gagner une nouvelle fois le respect de ses coéquipiers, qu'il avait laissé tomber la saison précédente. Il reçu quantités de lancers près de la tête de la part de ses coéquipiers pendant le camp, sans rien dire. Ses efforts furent payant car, au début de la saison 1985-86, Romano fut attribué le titre de gardien numéro 1, devant Gilles Meloche et Denis Herron. Il connut la meilleure saison de sa carrière, cumulant un dossier de 21 victoires, dont 2 blanchissages, 20 défaites et 3 matchs nuls, tout en conservant une moyenne de buts alloués de 3.55.


La saison suivante, il continua sur sa lancée mais il perdit son poste de numéro 1 au profit de Meloche. Les Penguins l'échangèrent en février 1987 aux Bruins de Boston contre le gardien Pat Riggin. Il ne joua qu'un match avec Boston, accordant 6 buts dans la défaite. Il termina la saison avec le club-école des Bruins, les Golden Flames de Moncton.

Après avoir passé la saison 1987-88 dans la Ligue Américaine avec les Mariners du Maine, Romano décida de réorienter sa carrière et joignit les rangs du HC Bolzano en Italie. Il passa 5 saisons en Italie, faisant même partie de l'équipe Nationale au Championnat du Monde en 1992.

En 1993-94, il se donna une dernière chance de faire le saut dans la LNH. Il signa un contrat des ligues mineures avec les Penguins de Pittsburgh et fut assigné aux Lumberjacks de Cleveland dans la Ligue Internationale. Heureusement pour lui, les deux gardiens des Penguins lors de cette saison, Tom Barrasso et Ken Wregget, subirent des blessures. Ces événements forcèrent la direction à rappeler Romano. Il disputa 2 matchs avec les Penguins, récoltant une victoire et un match nul. À la fin de la saison, il prit sa retraite définitive.

(Remarquez la différence de grandeur entre Romano (1er gardien à gauche) et les deux autres gardiens du club)

Au fil de ses 7 saisons dans la LNH, Romano cumula un dossier de 46 victoires, 63 défaites, 8 nulles et 4 blanchissages.


Sources :
http://penguinslegends.blogspot.ca/2010/06/roberto-romano.html
http://www.hockey-reference.com/players/r/romanro01.html
http://scottywazz.blogspot.ca/2013/06/absurd-goalie-monday-roberto-romano.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roberto_Romano
http://www.hockeydb.com/ihdb/stats/pdisplay.php?pid=4648
http://www.tradingcarddb.com/GalleryT.cfm/tid/312/col/Y/yea/0/Pittsburgh-Penguins?PageIndex=51

jeudi 18 décembre 2014

Changer le nom des trophées?








Il y a quelques semaines, l’ex-préfet de discipline Colin Campbell (ça commence mal…) a émis l’idée d’actualiser le nom des différents trophées.  Selon lui, ils honorent des gens dont personne ne se souvient.  Pour moi, cette idée est complètement farfelue, pour plusieurs raisons.

D’abord, j’ai déjà mentionné qu’au niveau de la suprématie du hockey international, il faut une bonne mise en contexte pour comprendre qui détenait la couronne à différentes époques et quel honneur la symbolise. (voir texte du 24 février 2014)
 
 Au niveau de la LNH, on se retrouve avec le même phénomène avec le Trophée Vézina qui, pour des raisons obscures, a changé de vocation à partir de 1982.  Avant, il était accordé aux gardiens de l’équipe qui avait la plus faible moyenne de buts contre.  Depuis, il est décerné au meilleur gardien, choisi par vote.  Le Trophée Jennings le remplace dans son ancienne vocation.  Changer les noms des trophées rendrait la chose encore plus confuse.  Par exemple, dans une éventuelle description au Temple de la renommée (on jase), Erik Karlsson ou P.K. Subban pourrait se retrouver avec un Trophée Norris et un Trophée Bobby Orr, alors qu’il s’agirait en fait du même honneur.

(À ce niveau, le plus ridicule est le trophée remis au meneur des plus et des moins qui, à partir de 1982, a porté plusieurs noms grotesques au fil du commanditaire disponible comme Emery Edge, Alka-Seltzer, Bud Ice et Bud Lite, avant d’être retiré de la circulation en 2008.  Félicitations à Mario Lemieux, qui a remporté le Trophée Alka-Seltzer en 1992-93!)

De plus, même si certains trophées portent des noms de personnes qui ont peu de lien avec le hockey, si un trophée porte leur nom, c’est qu’ils l’ont offert à la Ligue Nationale et que celle-ci l’a accepté.

Le Trophée Hart (joueur le plus utile) a été offert par David Hart, le père de Cecil Hart, ex-entraîneur des Canadiens.  (Heureusement, nous avons été épargnés du Trophée Bonnie Lindros…)

Le Trophée Prince-de-Galles a été offert… par le Prince-de-Galles.

Le Trophée Lady-Byng (joueur le plus gentilhomme) a été offert par l’épouse de Lord Byng, alors gouverneur-général du Canada.

Ces personnes n’ont jamais joué dans la LNH.  En fait, pour la plupart, ils n’ont que rarement, sinon jamais enfilé des patins.  Mais ce serait tout de même chiche de dire à leurs descendants merci pour leur trophée, mais vos ancêtres sont morts depuis longtemps et plus personne ne se souvient d’eux, alors on les raye de la carte.

Aussi, je verrais mal les équipes rattachées aux personnes honorées autoriser qu’on efface la mémoire d’un des leurs.  Est-ce que Boston consentirait à ce qu’on retire de la circulation le Trophée Art Ross (donné par Ross lui-même), leur légendaire entraîneur et directeur-gérant?  Les Canadiens consentiraient à reprendre le Trophée Vézina, qu’ils ont eux-mêmes donné pour honorer la mémoire de leur célèbre gardien?  (Tout comme le Trophée Maurice-Richard d’ailleurs.)

Et même si certains trophées honorent des personnes qui n’étaient pas des plus sympathiques (James Norris, Jack Adams, Clarence Campbell, Conn Smythe), on ne peut pas nier qu’ils ont joué un rôle dans l’histoire du hockey.

Et finalement pourquoi réécrire l’histoire?  Les autres sports ne le font pas.  Demandez au fan moyen de baseball avec quelles équipes a joué Cy Young il y a plus d’un siècle.  Peu vous donneront la bonne réponse, mais presque tous savent qu’il s’agit du trophée remis au meilleur lanceur.  Quel fan de football collégial américain sait qui était John Heisman?  Pourtant personne ne parle de changer le nom du prestigieux trophée qui porte son nom.

Et puis, si on y va par cette logique, le trophée qui devrait le plus changer de nom est la Coupe Stanley.  En effet, il honore celui qui a été gouverneur-général entre 1888 et 1893, né en Angleterre et qui y est retourné à la fin de son mandat, qui a peut-être aimé le hockey, mais qui n’y a probablement jamais joué et qui est mort il y a plus de cent ans.  Pourtant la Coupe Stanley est le trophée le plus connu de la LNH.  Vous voulez vraiment changer ça pour la Coupe Wayne Gretzky ou encore pire, pour la Coupe Chevrolet, Budweiser, Palmolive ou Cheez Whiz?  (Vive le NASCAR!)

Oui, je suis traditionaliste et je m’assume!

Sources : “Bowman, Blake deserve to be honoured next by Canadiens” de Jack Todd, 9 novembre 2014, Montreal Gazette (montrealgazette.com).

mardi 16 décembre 2014

Ces numéros intouchables


Certains numéros devraient rester la propriété d'un seul joueur, tellement ce joueur fut marquant pour son époque. Prenons le #99, nous pensons tout de suite à Wayne Greztky ! Le #66, c'est le visage de Mario Lemieux qui nous vient en tête. Pour certain, le #88 est celui d'Eric Lindros. Pourtant, pendant ou après leur règne, certains joueurs eurent l'audace d'endosser le même numéro.

#99

Wayne Gretzky a toujours dit que son idole était Gordie Howe, qui portait le numéro 9. Ce numéro n'étant pas disponible lors de son arrivée avec les Greyhounds de Sault-St-Marie, on lui conseilla de doubler le 9, afin d'obtenir le numéro que nous connaissons aujourd'hui. Dans la longue histoire de la LNH, seulement 2 autres joueurs portèrent le fameux #99.


Wilf Paiement avait auparavant porté ce numéro dans les rangs junior avec les Flyers de Niagara Falls de la Ontario Hockey Association. Lors de son arrivée dans la LNH en 1974 avec les Scouts de Kansas City, il portait le numéro 9. Il garda le même numéro lorsque l'équipe déménagea au Colorado. Il fut échangé en décembre 1979 par les Rockies aux Maple Leafs de Toronto. Le numéro 9 étant déjà utilisé par Dan Maloney, Paiement arbora le fameux #99 jusqu'en 1983, alors qu'il fut échangé aux Nordiques de Québec. Avec le Fleurdelisé, il arbora le numéro 27. Il termina sa carrière professionnelle en 1988, après des passages avec les Rangers, les Sabres et les Penguins.


Après avoir été échangé par les Sabres de Buffalo au Jets de Winnipeg au cours de la saison 1980-81, Rick Dudley porta 2 numéros différents pendant son court séjour à Winnipeg : le #32 et le chandail #99. Je ne sais pas par contre lequel des 2 chandails il arborait à la fin de la saison, sa dernière au sein de le LNH. Pourtant, avec les Sabres, il portait le numéro 17 !

C'est donc dire que, pendant la saison 1980-81, 3 joueurs de la LNH portaient le #99. Un seul pourtant marqua l'imaginaire ! Il faut par contre dire que Gretzky n'avait pas encore bâti sa réputation à son péroxisme ! Depuis sa retraite en 1999 (ça semblait prévu d'avance), le numéro 99 fut retiré par la LNH, donc, plus aucun joueur ne peut le porter, pourtant ...


Lors de la saison 2012-13, écourté dû à la grève des joueurs, Nicklas Backstrom alla jouer une vingtaine de match dans la KHL avec le Dynamo de Moscou. Il décida de porter le 99 afin de rendre hommage à Gretzky. Cependant, devant le tollé que cette décision créa, il décida de changer pour un autre numéro peu utilisé !

À noter que 3 joueurs du Canadiens ont déjà porté le #99 ! Ce fut lors de la saison 1934-35. (voir texte du 12 mai 2009)

#66

Étant rapidement comparé à Gretzky avant même son arrivé dans le junior, Mario Lemieux se fit conseiller de porter un numéro qui allait frapper l'imaginaire : le #99 à l'envers !! Il donna des maux de têtes aux défenseurs de la LHJMQ avec ce numéro au sein des Voisins de Laval, avant d'en faire le numéro fétiche de plusieurs fans des Penguins de Pittsburgh.


Ce n'est pas avec le numéro 29 que fit son entrée dans la LNH le matamore des Canucks de Vancouver Gino Odjick en 1990, mais bien avec le numéro #66. Deux bagarres et une expulsion de partie plus tard, Odjick alla voir le responsable de l'équipement et lui demanda un autre numéro que celui de Mario Lemieux. Il ne voulait pas porter la responsabilité d'un tel numéro. Il garda le #29 pour le reste de sa carrière, à l'exception de son passage avec les Islanders où il porta le #24. Ce fut toutefois étrange de le voir en action avec le Canadiens tout en portant le numéro de Ken Dryden.


Il fallait avoir tout un culot pour porter le numéro 66 avec les Flyers, rivaux naturel des Penguins et de leur #66, Mario Lemieux. C'est pourtant ce que fit Yanick Dupré (voir texte du 19 juillet 2012) lors de son seul match en 1991-92. Il porta le #15 lors de la saison 1994-95 pour 22 matchs et le #18 en 1995-96 pour 12 matchs.


J'ai de la difficulté à comprendre comment quelqu'un de la direction des Flames de Calgary accepta que T.J. Brodie porte le dossard #66 lors des 3 matchs de sa 1ere saison dans la LNH en 2010-11. Cela faisait déjà près de 5 ans que Mario Lemieux avait pris sa retraite définitive, et Brodie ne ressemble en rien à un Mario Lemieux ! Bref, depuis, Brodie à réussit à faire sa niche au sein de la brigade défensive des Flames, mais porte désormais le numéro 7.

#88

Eric Lindros (voir texte du 27 octobre 2013) devait être "The Next Big Thing" lors de son arrivée dans les rangs juniors. Il personnifiait le nouvel type de joueur : grand et robuste, tout en étant extrêmement habile. Il avait tout pour lui et pour devenir la prochaine grande vedette de la LNH. Les commotions cérébrales qu'il a subit ainsi que son incapacité à toucher à la coupe Stanley ont fait en sorte de pâlir son étoile.


Le #88 est présentement porté par 4 joueurs dans la LNH. Parmi eux, Patrick Kane et Brent Burns sont établi depuis plusieurs saisons au sein du circuit Bettman. David Pastrnak et Nate Schmidt sont les 2 autres joueurs à arboré ce numéro. Peter Mueller a également endossé le #88 pendant sa carrière dans la LNH.


Petite photo pour le plaisir : Pour ceux qui l'ignorait, Joe Sakic portait également le numéro 88 à sa saison recrue avec les Nordiques de Québec en 1988-89. C'est Michel Bergeron qui aurait suggéré à Sakic de prendre le #19 , rendu vacant dû à la retraite d'Alain Côté. Owen Nolan portait également le #88 en 1990-91, avant de devenir plus célèbre avec le numéro 11. Je suppose que le #88 à par la suite été "barré" par les dirigeants des Nordiques suite au refus de Lindros de se joindre à eux après qu'il ait été repêché par le Fleurdelisé !


#87

Sidney Crosby n'est pas encore une légende équivalente à Lemieux ou Gretzky, pourtant, lorsque l'on pense au #87, c'est au centre des Penguins et ancien de l'Océanic que l'on pense. Pourtant, depuis son entrée dans la ligue, trois autres joueurs ont endossé le même numéro.


Présentement avec les Capitals de Washington, ce joueur appartenant au Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ, Liam O'Brien porte le numéro 87. Pierre Turgeon, lors de ses dernières saisons dans la LNH avec l'Avalanche du Colorado endossa également le numéro de Sid the Kid. Finalement, Donald Brashear porta fièrement ce numéro depuis 2002 lors de ses passages avec les Flyers, les Capitals et les Rangers.

Bonus :
#69

Le numéro que chaque ligue de bière qui se respecte doit avoir. Seulement deux joueurs portèrent le #69 dans la LNH. Mel Angelstad (voir texte du 14 février 2010) fut le premier à endossé ce chandail lors de la saison 2003-04, avec les Capitals de Washington. Il fallut attendre l'arrivée de Andrew Desjardins en 2010 avec les Sharks de San Jose pour voir réapparaître ce numéro gravois sur un chandail de la LNH. En 2012, le commissaire de la ligue, Gary Bettman, aurait personnellement demandé à Desjardins de changer de numéro. Depuis ce temps, Desjardins porte le numéro 10.

J'aurais pu continuer avec le #77, ayant appartenu à de grands joueurs (Paul Coffey, Raymond Bourque, Phil Esposito, et même Pierre Turgeon à Dallas) comme à de moins bons (Tom Gilbert), le #9 (Maurice Richard, Gordie Howe, Bobby Hull), etc., mais ces numéros ont été porté par plusieurs autres joueurs qui ne sont pas toujours digne de mention !

Sources :
hockey-reference.com
"Trajectoires : Gino Odjick", RDS
http://nhlsam.blogspot.ca/2009/07/sakic-prend-sa-retraite.html

lundi 15 décembre 2014

Bill Quackenbush


Traditionnellement, on s’attend à un minimum de robustesse de la part d’un défenseur.  C’est encore vrai aujourd’hui, mais ce l’était encore plus lorsque les arrières ne se portaient pas vraiment à l’attaque.  Il y a toutefois eu des exceptions.  Bill Quackenbush en était une.

Ayant joué au soccer étant plus jeune, le torontois d’origine reçut même une offre pour devenir professionnel.  Il préféra finalement le hockey, mais son jeu sembla influencé par son autre sport de prédilection.  C’est principalement par positionnement (et par son maniement de bâton) et non par son physique, qu’il s’avéra efficace.  

Il s’est retrouvé pour la première fois dans l’uniforme des Red Wings pendant la Deuxième Guerre mondiale. 


Il fut d’abord choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles en 1947, avant de passer à la première en 1948 et 1949.  C’est aussi à la fin de la saison 1947-48 qu’il débuta une séquence de 131 matchs consécutifs sans écoper d’une seule pénalité.  Il n’en obtint aucune en 1948-49 et pour les 45 premiers matchs en 1949-50.

Sa fiche immaculée de 1948-49 lui valut d’ailleurs de recevoir le Trophée Lady Byng, remis au joueur le plus gentilhomme.  Il est ainsi devenu le premier défenseur à le remporter.  Depuis, seulement Red Kelly (en 1951, 1953 et 1954) et Brian Campbell (en 2012) ont réédité l’exploit.

Cet honneur n’a par contre pas été perçu de la même façon par tous.  Le directeur-gérant Jack Adams détestait ce trophée.  Selon lui, tout joueur qui se le méritait n’avait pas sa place au sein de son équipe.  Il échangea donc Quackenbush (avec Peter Horeck) contre quatre joueurs.

Il conserva le même style à Boston, où il fut plus apprécié.  Il fut à nouveau nommé au sein de la première équipe d’étoiles en 1951 et de la deuxième en 1953.
 

En 1950-51, les Bruins furent particulièrement affectés par les blessures.  Ayant peu de profondeur, on dut en demander plus aux vétérans.  Au cours d’un match, Quackenbush passa même 55 minutes sur la glace.

Après six saisons à Boston, il prit sa retraite en 1956.  Sa fiche en carrière est de 62-222-284.  Mais surtout, en 774 matchs à la ligne bleue, il n’écopa que de 95 minutes de pénalité et il ne se battit qu’une seule fois.

Il travailla ensuite comme agent manufacturier, tout en étudiant le génie le soir à l’Université Northeastern, à Boston.  Il devint également entraîneur adjoint de l’équipe de hockey de son université.

En 1967, il est devenu entraîneur de l’équipe de hockey de la prestigieuse Université Princeton.  Après plusieurs années difficiles, le programme retrouva une certaine respectabilité.  En 1969, il prit en charge l’équipe de golf.

Comme l’équipe de hockey retomba rapidement dans ses mauvaises habitudes et que l’équipe de golf eut beaucoup de succès, il abandonna la première pour se concentrer sur la deuxième.

Il fit un retour au hockey en 1978, lorsque Princeton décida de mettre sur pied un programme féminin.  Quackenbush les mena au titre de la Ivy League en 1982, 1983 et 1984, avant de prendre sa retraite en 1985.

Il est membre du Temple de la renommée du hockey depuis 1976.

Après avoir souffert de la maladie d’Alzheimer, il est décédé en 1999, à l’âge de 77 ans.

Sources : legendsofhockey.net, wikipedia.org.

dimanche 14 décembre 2014

Ces chandails d'une seule saison (2ème partie)



Voici le restant des chandails éphémères qui n'ont été porté que durant une seule saison. Si vous avez manqué la première partie, vous pouvez la lire ici.

Penguins de Pittsburgh - 1967-1968

Lors de leur arrivée dans la ligue lors de la grande expansion de 1967, les Penguins empruntèrent le style de lettrage à la diagonale des Rangers de New York. Comme on peut voir sur cette photo, ce n'était pas très lisible, principalement parce que Pittsburgh compte 10 lettres comparativement à 7 lettres pour les Rangers. Pour la saison 1992-93, les Penguis ramenèrent une nouvelle version de ce look pour leur chandail à l'étranger qui dura quelques saisons dans le noir et or.


Penguins de Pittsburgh - 1973 à 1976

Ces mêmes Penguins eurent plusieurs crises identitaires à leurs premières saisons jusqu'à ce qu'ils optent pour les couleurs noir et or en 1980. En comptant le chandail à la Rangers, les Penguins eurent 7 versions différentes de leur chandail entre 1967 et 1980, dont aucun ne dura plus de 3 saisons. Les 3 chandails que vous voyez ici furent portés dans l'ordre pour les saisons 73-74, 74-75 et 76-77. Il s'agit ici de changements mineurs comme le changement de position des bandes et/ou l'ajout de celles-ci mais on remarque ici un manque de confiance flagrant en leur image ce qui a sans doute nui à rendre le hockey populaire à Pittsburgh.


Americans de Brooklyn 1941-1942

Les Americans de New York existaient depuis 1925 (avant les Rangers) mais étaient les canard boiteux de la ligue alors composée de 7 équipes. En 1941, ils changèrent de dénominatif régional pour devenir les Americans de Brooklyn malgré le fait qu'ils jouaient toujours au Madison Square Garden. Ce fut toutefois la dernière saison de l'équipe qui fut dissoute par la suite. Donc leur chandail indiquant "Brooklyn" (également à la diagonale comme leur voisin du MSG) ne dura qu'une saison. La saison précédente, ils portèrent également un chandail différent pour seulement quelques matchs avec un gros "A".


Sabres de Buffalo - 2001

En 2001, dans les semaines suivant le 11 septembre, les Sabres et les Rangers adaptèrent leur chandail en affichant le nom "New York" à la diagonale pour un seul match. Les chandails furent ensuite vendus aux enchères pour les familles des sinistrés. Les Rangers avaient auparavant porté ce chandail durant quelques saisons dans les années 80. Mais ce fut la seule fois pour les Sabres.


Bruins de Boston - 1924-1925 et 1925-1926

Lors de leur saison inaugurale en 1924-25, les Bruins portaient un chandail assez rudimentaire totalement brun orné de quelques bandes jaunes. La saison suivante, ils commencèrent à experimenter davantage avec l'ajout de plusieurs bandes. Le mot "Boston" est totalement illisible ici sur la deuxième photo (la seule que j'ai trouvée de la saison 1925-26), chose qui fut remédiée la saison suivante.

Bruins de Boston - 1948-1948

Les Bruins expérimentèrent au cours des années suivantes mais ce n'est qu'en 1948 que l'on vit apparaitre le "B" dans un cercle pour la première fois. C'était en fait un logo commémoratif pour le 25ème anniversaire de la fondation de l'équipe. La saison suivante on continua dans la même veine mais on changea le lettrage du "B" et les lignes à l'interieur du cercle devinrent jaune. Ce logo est toujours présent depuis ce temps malgré quelques changements mineurs au cours des années.


Mighty Ducks d'Anaheim et Kings de Los Angeles - 1995-1996

C'est en 1995 que commença ce que j'appelle affectueusement "L'âge des ténèbres" dans la LNH. Alors que le jeu devenait de plus en plus axé sur la trappe et l'accrochage, les génies du marketing de la ligue instaurèrent le "Third jersey program" où 5 équipes furent mendatées pour porter un 3ème chandail pour quelques matchs. Les 3èmes chandails des Canucks, des Bruins et des Penguins étaient tous très laids mais durèrent toutefois quelques saisons avant de disparaître mais ceux des Mighty Ducks et des Kings furent universellement ridiculisés et ne revinrent pas pour la saison 96-97.

Voici des extraits vidéos d'un match entre les deux équipes lors de cette saison maudite.



Ce premier extrait nous permet de voir de près le chandail des Kings, devenus une équipe misérable qui a en plus sali la mémoire de deux légendes en leur faisant porter ce truc... Kurri et Gretzky quittèrent tous le deux les Kings avant la fin de la saison, le premier étant échangé aux Rangers, le deuxième aux Blues. Gretzky aurait pu être déshonoré une deuxième fois durant cette saison si les Blues auraient eux aussi porté leur 3ème chandail. Ils était supposés faire partie du Third jersey program avant que Mike Keenan refuse que son équipe porte ceci. Un des derniers bons coups de Iron Mike.



Ce deuxième extrait du même match nous permet de voir celui des Mighty Ducks en détail avec l'horrible lettrage dans le dos du chandail. Je vous prie de regarder le vidéo jusqu'à la fin ou vous pourrez voir un sacré bijou de Fox Sports lors de l'animation de l'affichage du pointage du match...


BONUS

Islanders de New York - 1995-1998

Lors de cette même saison 1995-96, les Islanders ont décidé de se relooker avec ce nouveau logo arborant un pêcheur et ce design évoquant les maux de mers. Le logo du pêcheur provoqua un scandale chez les fans des Islanders et l'équipe décida donc de le "phaser out" graduellement. La saison suivante en 96-97, le logo traditionnel fut de retour et les deux logos firent alternance durant la saison. En 97-98, seul le logo original resta (à temps pour le repêchage de Roberto Luongo). Ces deux versions eurent donc une durée de vie d'une saison et demie. J'ai inclus ces chandails malgré le fait qu'ils ont été techniquement portés plus longtemps qu'une saison. Je ne pouvais pas parler de "L'âge des ténèbres" sans parler des Islanders...

Voici un vidéo des cérémonies d'avant match du premier match à domicile des Islanders lors de la saison 1995-96 où un peut sentir le malaise des joueurs, particulièrement le pauvre Kirk Muller, hué par la foule parce qu'il ne voulait pas jouer pour les Islanders. Sinon ce vidéo vous permettra de renouer avec d'anciennes gloires comme Scott Lachance, Travis Green, Marty McInnis et Brett Lindros.

vendredi 12 décembre 2014

La philosophie de l'orangeade...











J'ai commencé la réflexion à propos de cet article il y a plusieurs mois.

C'était en mars dernier, alors que j'écoutais la radio. Une personne payée pour parler de sport faisait une chronique à ladite radio en dénonçant l'inaction de la NHL dans le dossier des coups à la tête et s'est mis par la suite à parler de l'actualité concernant la boxe locale comme il a dû faire des centaines de fois.  Banal, bien sûr, mais m'est donc passé par la tête l'idée de faire le troll et de mentionner ceci sur Twitter :

Rien de mieux que d'entendre (nom de la personne) à la radio dénoncer la violence au hockey et parler de boxe après...


Ce à quoi ladite personne me répondit :


@PuckTaVie Comme je critiquerais les tirs des poignets à la boxe. 


Trouvant cette réponse plus que niaiseuse, je lui répondis ceci :


Moi, (nom de la personne), je vois ça comme dire que l'orangeade est meilleure pour la santé que le Pepsi parce qu'il y a un fruit sur l'étiquette... 

De là les bases de ma philosophie de l'orangeade...



À partir de là, je me suis posé cette question : "N'est-ce pas paradoxal que certaines personnes dans les médias sportifs d'un côté ont pour discours disons éditorial la dénonciation de la violence dans un sport comme le hockey tout en faisant une couverture apologétique de sports de combat comme le mixed martial arts et la boxe?"

Je suis donc parti de cette question et j'ai écrit à plusieurs journalistes sportifs que je respecte beaucoup en leur posant la question susmentionnée en précisant que je ne croyais pas avoir al bonne réponse, que je voulais simplement connaître leur opinion...

Beaucoup m'ont répondu, mais entre temps, l'idée d'écrire un texte de la sorte m'a déchanté, trouvant le sujet plus ou moins intéressant...

Mais j'ai lu cette semaine le texte d'Yves Boisvert à propos de la boxe affirmant notamment que ce sport était "ammanché". Dans ce texte, Boisvert pose cette question :

Peut-on s'émouvoir le lundi des commotions cérébrales au football et au hockey, dénoncer les ligues professionnelles qui ne protègent pas les athlètes... et applaudir à un knock-out le samedi? 

À cette question, il répondit "On dirait que oui!"

Donc animé de cette question que Boisvert a posé dans son article, j'ai décidé de terminer ce texte en mettant, d'une manière assez empirique, les réponses que les journalistes m'ont donné au printemps dernier. Je vais éviter de mentionner qui m'a répondu quoi, leur ayant garanti l'anonymat dans mon courriel où je leur posait la question, c'est mon côté sociologue... Donc voici les réponses de ces journalistes, vous comprendrez que c'était au printemps par les références à Parros et Vanek...

Vous pouvez par contre voir que ce court échantillon va dans différentes voies...

Réponse numéro 1 :

Personnellement, je ne vis pas ce paradoxe parce que j'aime seulement les combats arrangés, pas les vrais. Donc boxe et MMA, ça ne vient pas me chercher... 


 Je pense qu'il y a une question de consentement cachée derrière ça. Un boxeur et un athlète de MMA consent à laisser sa santé entre les câbles. Cette notion est moins claire au hockey, et je suis convaincu que des joueurs comme Desharnais, Pacioretty, Vanek et Brière assument un peu moins de manger des volées que des joueurs comme Prust et Parros, dont le travail consiste à être violent (et forcément, à recevoir de la violence). 



Il y a sans doute aussi les mêmes contradictions qui touchent les 21 273 spectateurs au Centre Bell chaque soir. Ces spectateurs qui applaudissent les bagarres, mais qui se scandalisent dès qu'une bagarre finit avec un joueur sur une civière.


Réponse numéro 2 :

(...) il est paradoxal, en effet, que les gradins du Centre Bell puissent être remplis, un soir, de gens qui pensent que le cerveau d'un joueur de hockey et sa santé à long terme sont primordiaux et que les coups à la tête doivent être éliminés. Et que le lendemain, le même amphithéâtre puisse accueillir 22000 personnes qui trouvent savoureux que le cerveau d'un combattant du MMA ou d'un boxeur soit réduit en miettes. 


Réponse numéro 3 :

Je pense qu'il y a une grosse différence à faire; le hockey n'est pas un sport de combat, la boxe et les MMA le sont. Le hockey est devenu (en partie) un sport de combat parce que les patrons de la LNH jugent que c'est bon pour les affaires. Ce n'est pas du tout la même chose. 




Donc voilà le concept de philosophie de l'orangeade...

Si on retourne avec mon "trollage" original, on voit bien, à la lueur de ce que ces journalistes m'ont répondu, que ce paradoxe que j'appelle la "philosophie de l'orangeade" est très bien illustré par la réponse numéro 3. En affirmant qu'il y a une différence parce qu'un possède une étiquette particulière (sport de combat), on légitime une chose qui est considéré comme étant plus ou moins acceptable dans un autre cadre. Le répondant numéro 1, bien qu'acquiesçant l'aspect paradoxal de la situation présentée dans la question, mentionne que le combattant consentait à combattre. Donc, omis les conséquences de la pratiques de sports de combats, il y a, selon ces journalistes, l'acceptation de se battre, contrairement , mais je dirais plus ou moins, au hockey...

Reste encore le constat du paradoxe...

Je tiens à vous rappeler que je ne suis pas plus fin qu'un autre, je suis tout autant reptilien que le fan de hockey commun, me levant de mon siège quand il y a une bagarre et m'insurgeant quand un joueur sort sur une civière. Je suis par contre, comme je l'avais mentionné dans un article qui a été fort lu l'an dernier, pour l'élimination totale des bagarres au hockey parce qu'elles sont inutiles au déroulement du sport. De plus, j'essaie d'éviter les sports de combats pour les raisons évoquées ci-haut, voir quelqu'un volontairement scrapper sa cervelle ne m'intéresse pas, de là mon intérêt pour la question de la couverture des sports de combat et du discours des journaliste autour de ces pratiques...

Ce que j'ai oublié de mentionner, c'est que le répondant numéro 2, dans sa réponse, m'a mentionné qu'il avait souvent soulevé ce paradoxe tout en ne remettant pas en question le professionnalisme de ses confrères en précisant qu'ils ont le droit à leur opinion... Je suis entièrement d'accord, vous avez le droit d'aimer ce que vous voulez...

Justement, que pensez-vous de ça?

Envoyez-moi votre opinion et je reviendrai là-dessus...




(PS Si vous voulez savoir qui est le chroniqueur à l'origine de cette réflexion, googlez...)

lundi 8 décembre 2014

Larry Pleau


Originaire de Boston, Larry Pleau déménagea à Montréal pour parfaire sa formation.  Il s’aligna ainsi de 1964 à 1967 avec les Canadiens Junior.

En 1968, il eut l’occasion de se rendre à Grenoble à l’occasion des Jeux Olympiques.  L’équipe américaine se classa sixième.

Après un an avec les Devils de Jersey (voir texte du 7 décembre 2013), il fit la navette entre les Canadiens et la Ligue Américaine pendant trois ans.  Il joua au total 94 matchs dans la Ligue Nationale.  En 1971, on l’invita pour la prise de photo d’équipe et on lui remit une bague de la Coupe Stanley, mais il n’avait pas joué suffisamment pour y grave son nom.

Soumis au ballotage en 1972, il fut choisi par les Maple Leafs.  Il préféra par contre retourner dans sa région natale, à Boston, en acceptant l’offre des nouveaux Whalers de la Nouvelle-Angleterre de la nouvelle AMH (Association Mondiale de Hockey).

Il passa ensuite les sept saisons que dura l’AMH avec les Whalers, l’équipe qui déménageait sans vraiment déménager.  (voir textes du 14 septembre 2009 et du 22 septembre 2011)  Membre de l’équipe gagnante de la première Coupe Avco.  Il participa au match des étoiles en 1973, 1974 et 1975.  Il fit également partie de l’équipe américaine lors de la première Coupe Canada en 1976.  Lorsque la ligue cessa ses activités et que les Whalers furent admis dans la LNH, Pleau prit sa retraite comme joueur.

Il demeura par contre associé aux Baleiniers et devint même jusqu’à un certain point synonyme de la confusion et de l’incompétence qui régnaient au sein de l’équipe au début des années 1980.

À sa première saison dans la Ligue Nationale, en 1979-80, l’équipe obtint la meilleure fiche des ex-équipes de l’AMH et participa même aux séries, en comptant sur des vétérans comme Gordie Howe, Dave Keon (voir texte du 12 décembre 2009), André Lacroix (voir texte du 11 janvier 2009) et Rick Ley.  Elle pouvait également compter sur des joueurs arrivés à maturité comme Mike Rogers (voir texte du 9 septembre 2012), Blaine Stoughton (voir texte du 22 septembre 2014), Gordie Roberts et Mark Howe (voir texte du 28 juin 2011).

Par contre, les vétérans ont fini par prendre leur retraite et les nouveaux piliers ont tous été échangés dans des transactions plutôt douteuses.

Pleau est devenu entraîneur-chef au cours de la saison 1980-81.  L’année suivante, il a ajouté la tâche de directeur-gérant à sa description de poste.  Il a entre autres échangé Mark Howe aux Flyers dans un échange à trois équipes pour se retrouver avec Risto Siltanen et Greg Adams.  Il a littéralement donné son gardien John Garrett aux Nordiques.  Il a donné des jeunes pour obtenir le vétéran Rick MacLeish, pour le laisser aller pour peu quelques mois plus tard.  Mike Rogers a pris le chemin de New York pour des joueurs qui n’ont pas laissé leur marque.

En 1981, c’est presque par accident qu’il effectua l’un de ses meilleurs coups de sa carrière, lorsque l’équipe annonça publiquement son intention de repêcher Bob Carpenter (voir texte du 27 janvier 2014), mais suite à une manœuvre des Capitals, il se retrouva avec comme prix de consolation… Ron Francis.

En 1982-83, il nomma Larry Kish comme entraîneur-chef pour se concentrer sur sa tâche de directeur-gérant.  L’équipe ne connut pas plus de succès et en janvier, il congédia Kish, pour retourner une deuxième fois derrière le banc.  Ça ne changea rien et en mars, Pleau remonta au deuxième étage, et c’est John Cunniff qui devint le troisième entraîneur de la saison.

Après avoir raté les séries pour une troisième saison consécutive, les Whalers firent le ménage.  On offrit le poste de DG à Emile Francis, qui en avait marre de l’instabilité à St-Louis (voir texte du 23 juin 2011) et qui quitta les Blues.  Comme entraîneur, on embaucha Jack Evans. (voir texte du 24 mars 2014)  Quant à Pleau, il demeura dans l’organisation, mais fut sérieusement rétrogradé.  On lui confia le poste d’entraîneur des Whalers de Binghampton de la Ligue Américaine.

Malgré qu’il ait connu un certain succès, on fit preuve de peu de patience avec Evans et aussitôt que l’équipe montra une baisse de régime, on le congédia.  En février 1988, Francis le remplaça par Pleau, qui devint pour une troisième fois au cours de la courte histoire des Whalers entraîneur-chef.

Pleau termina la saison 1987-88, en plus de passer celle de 1988-89 derrière le banc.  À cette occasion, l’équipe était assez ordinaire, mais elle a accédé aux séries les deux fois.  Il faut par contre dire qu’elle avait bien peu de mérite.  Quatre des cinq équipes de la division Adams atteignaient les séries.  Et comme les Nordiques étaient dans une période absolument misérable, le suspense n’était pas grand pour savoir laquelle des équipes serait exclue…

En 1989, les Whalers procédèrent à un autre coup de balai, qui emporta Francis et Pleau (définitivement cette fois).  On les remplaça par Eddie Johnston (qui n’avait pourtant rien cassé avec les Penguins) et une autre ancienne gloire des années de l’AMH, Rick Ley.

Pleau alla travailler avec les Rangers, où à titre d’assistant directeur-gérant, il eut droit à une bague de la Coupe Stanley en 1993-94.

En 1997, il prit la place de Mike Keenan (avec qui il avait travaillé à New York) à titre de directeur-gérant des Blues de St-Louis.

L’équipe montra une belle progression et remporta même la Coupe du Président en 1999-2000.  Ses succès en séries furent par contre beaucoup plus modestes.

En 2002, Pleau fut l’adjoint directeur-gérant de l’équipe américaine, gagnante de la médaille d’argent, à Salt Lake City.  Il fut également DG de la formation qui termina quatrième à la Coupe du monde de 2004.

Au retour du lock-out en 2005, la direction nomma John Davidson à la présidence.  Pleau demeura en poste, mais Davidson en menait large.

Ce fut ensuite la débandade.  Après y avoir accédé pendant 25 ans de suite, les Blues ratèrent les séries cinq fois en six ans, incluant une toute dernière place en 2005-06.

En 2008, ils embauchèrent Doug Armstrong comme directeur du personnel.  Toujours en poste, on annonça également que Pleau demeurerait DG pour deux ans, avant de laisser sa place à Armstrong.

C’est ce qui est arrivé en 2010, lorsqu’il a été nommé vice-président des Blues.  Il est toujours avec l’équipe, mais à titre de conseiller au dépistage.

Bien que tout ne soit pas noir, lorsque je regarde son palmarès, je constate que les accomplissements de Pleau sont plutôt minces pour quelqu’un qui a œuvré dans ce milieu pendant si longtemps.  C’est particulièrement vrai pour les périodes où c’était lui qui était en charge.  Son passage à Hartford a été tout simplement chaotique, à tous points de vue.

À St-Louis, il a hérité d’une équipe qui avait une certaine erre d’aller.  Oui, elle a connu du succès, mais le tout a tourné à la catastrophe.

Ce sont des carrières comme celle de Pleau (et de Mike Keenan, Brian Burke, Pierre Gauthier, Marc Crawford, John Tortorella, Craig MacTavish…) qui me donnent l’impression qu’au moment de choisir un dirigeant, un entraîneur ou du personnel hockey, on manque souvent d’imagination ou on recourt à un membre du boys’ club…  (voir texte du 27 juillet 2013)