mardi 25 novembre 2014

La production offensive en 1929-30


Le billet d’hier au sujet de Dit Clapper mentionne qu’un changement de la règle du hors-jeu a significativement augmenté la production offensive à travers la ligue en 1929-30.  L’effet de ce changement a été tel qu’il a dû être modifié au cours de la saison.  Voici quelques faits qui montre son impact.
 
-En 1928-29, avec dix équipes qui jouaient 44 matchs chacune, il s’est marqué un total de 642 buts dans la ligue.  L’année suivante, il s’en est compté 1301.
 
 
-En 1928-29, l’équipe ayant marqué le plus de buts a été Boston, avec 89.  En 1929-30, ce sont les Pirates de Pittsburgh en ont marqué le moins avec 102.
 
-Sept équipes sur dix ont au moins doublé leur production offensive en 1929-30 par rapport à l’année précédente.  Chicago en a compté trois fois et demi plus.
 
-En 1929-30, Cooney Weiland a été couronné meilleur buteur (43) et meilleur pointeur (73) de la ligue.  Dans le cas des buts, il s’agit de un de moins que la légendaire performance de Joe Malone. (voir texte du 29 janvier 2012)  Pour les points, Weiland a établi un record qui ne sera égalisé que 13 ans plus tard par Doug Bentley.  Par contre, à ce moment, la saison comptait désormais 50 matchs et plusieurs joueurs étaient partis à la guerre.  La saison suivante, la marque était battue par Herb Cain des Bruins, avec 82 points.
 
-Alors que le Trophée Vézina était à ce moment décerné au gardien avec la meilleure moyenne, le gagnant de 1928-29 a été George Hainsworth des Canadiens, avec une moyenne de 0,92.  En 1929-30, une moyenne de 2,19 a suffi à Tiny Thompson.  (voir texte du 7 octobre 2013)
 
 
-Sans revenir à une période aussi défensive qu’avant, la production offensive a tout de même baissé en 1930-31.  Toutes les équipes ont compté moins de buts, sauf les Leafs, qui en ont marqué deux de plus.
 
Comme quoi les règles peuvent certainement avoir une influence sur les marques établies.

Sources: hockeydb.com 

lundi 24 novembre 2014

Dit Clapper


Défenseur à son arrivée à Boston en 1927, l’entraîneur Art Ross décida de faire de Dit Clapper un ailier droit.  L’expérience parut prometteuse, puisque Clapper marqua à sa première présence sur la patinoire.
 
Suite à une Coupe Stanley en 1929, les Bruins débutèrent la saison suivante sous de nouvelles de nouvelles règles, plus libérales.  La Ligue Nationale avait dans les faits à toute fin pratique éliminé les hors jeux, puisque les joueurs pouvaient entrer en zone offensive avant la rondelle.
 
Mené par la Dynamite Line (Clapper, Cooney Welland et Dutch Gainor), Boston termina la saison avecc une fiche de 38-5-1.  Leur moyenne de 0,875 demeure encore à ce jour inégalée.  Clapper compta 41 buts en 44 matchs.  Weiland se mérita le championnat des compteurs avec 73 points.  Les Oursons avaient compté au total 179 buts, le double de leur total de l’année précédente, 37 buts de plus que la deuxième équipe (donc près de un de plus par match).  La règle du hors jeu dut être changée au milieu de l’année.
 
Les Bruins croyaient ainsi pouvoir défendre leur titre acquis l’année précédente, mais ils se firent surprendre par les Canadiens en finale.
 
Dit Clapper eut d’autres excellentes saisons par la suite, mais jamais au même niveau.  (Il faut dire que suite au retour de la règle du hors jeu, la production dans la ligue subit une baisse généralisée.)
 
Malgré un gros gabarit pour l’époque (6’2’’ 200 lbs), Clapper n’était pas particulièrement robuste.  Il fut par contre impliqué dans un incident en 1937.  Suite à un bâton élevé, l’arbitre ne se contenta pas de lui décerner une punition.  Il l’insulta également.  Clapper répliqua en lui donnant un coup de poing.  L’arbitre en question s’appelait Clarence Campbell, qui plaida en faveuur de Clapper, en raison des insultes proférées.  Clapper s’en tira avec une amende de 100$.  Une fois devenu président de la ligue, ce même Campbell eut à rendre une décision célèbre au sujet d’un autre coup de poing à l’endroit d’un arbitre.  Il se montra moins clément à l’endroit de Maurice Richard et il en résulta l’émeute de 1955.
 
En 1938, Art Ross retourna Clapper à la défense pour former une paire avec Eddie Shore (voir textes du 21 mars 2009 et du 26 mars 2014).  Lorsque Clapper fut nommé au sein de l’équipe d’étoiles, il devint le premier à l’être autant à l’avant qu’à la défense (l’autre est Neil Colville).
 
Clapper fit à nouveau partie de l’équipe championne de la Coupe Stanley en 1939 et en 1941.  Avec ses trois Coupes, il demeure encore à ce jour le joueur qui l’a remporté le plus souvent dans l’uniforme des Bruins.
 
En 1944, il devint le joueur ayant joué le plus de matchs.  Il conserva ce record jusqu’en 1957, alors qu’il fut dépassé par Maurice Richard.
 
Cette même année, il devint joueur-entraîneur, lorsqu’il remplaça Art Ross sur une base intérimaire.  En 1945-46, il obtint le poste sur une base permanente.  Au cours de la saison de 1946-47, il ne joua que six matchs, ses derniers, pour ensuite se concentrer sur sa tâche d’entraîneur.  À l’annonce de sa retraite, les Bruins retirèrent immédiatement son numéro 5 et le Temple de la renommée l’admit aussitôt.  Il est le seul à avoir fait son entrée au Temple alors qu’il était encore actif.
 
Clapper est devenu le premier joueur à jouer 20 saisons dans la LNH.  Encore aujourd’hui, il demeure l’un des neuf à avoir réussi cet exploit avec une seule équipe.
 
Il demeura entraîneur pour deux autres saisons, mais devant le manque de résultats, il démissionna.
 
Il retourna par la suite à Peterborough, pour s’occuper de sa compagnie de plomberie et de son magasin d’articles de sports, en plus de s’impliquer en tant que directeur des Petes de Peterborough, au niveau junior.
 
En 1973, un AVC lui laissa d’importantes séquelles qui finirent par l’emporter en 1978.
 
En 1983, il y eut une controverse à Boston, alors qu’Harry Sinden assigna son numéro 5 à un joueur dont il venait tout juste de faire l’acquisition.  Qui était ce joueur?  Guy Lapointe, dont les Canadiens viennent tout juste d’accrocher son numéro 5 au plafond du Centre Bell.  Bobby Or exprima son désaccord et Lapointe changea pour le 27.
 
Sources: « Habs icon Lapointe overwhelmed by retirement of his No. 5 » de Dave Stubbs, 7 novembre 2014, Montreal Gazette (montrealgazette.com), wikipedia.org.

samedi 22 novembre 2014

Ces chandails d'une seule saison (1ère partie)






Il arrive qu'un chandail de hockey ne correspondent pas aux attentes des fans, des joueurs ou des dirigeants d'une équipe. Plusieurs équipes ont tenté à maintes reprises de se relooker, je pense notamment aux Canucks de Vancouver et leurs nombreux changements de logos et de couleurs. Dans la plupart des cas de changements de chandails, on laisse normalement la chance au coureur et on attend quelques années avant de le rechanger. Mais dans certains cas, on change rapidement d'avis. Voici quelques chandails de la LNH qui n'ont duré qu'une seule saison.

Oilers d'Edmonton 1996-97

En 1996, les Oilers décidèrent de se moderniser et choisirent de foncer leurs couleurs. Ce n'était pas quelque chose de nouveau dans la ligue, les Whalers de Hartford l'avaient fait quelques années auparavant et d'autres équipes comme les Sabres ou les Capitals avaient également changé leurs chandails pour quelque chose de plus sombre (pour inévitablement revenir en arrière une décénnie plus tard). La version du chandail blanc que l'on voit ici ne dura que pour la saison 96-97 puisque la saison suivante on décida d'enlever les bandes aux épaules, mais ce look dura toutefois jusqu'en 2007.


Rangers de New York - 1946-47 et 1998-99
 Les Rangers sont reconnus pour le lettrage oblique sur le devant du chandail. Ce lettrage évolua à maintes reprises depuis la fondation de l'équipe en 1926. Mais en 1946 on essaya quelque chose de nouveau en modifiant la position du lettrage et en incluant le numéro du joueur à l'avant. La saison suivante on retourna à l'oblique.

Notez également la position du "A" sur le bras du chandail, je me demande s'il s'agissait bien du "A" d'assistant capitaine ou bien autre chose. C'est probablement la première fois que je vois un gardien de but comme assistant.

50 ans plus tard, les Rangers produisirent un 3ème chandail avec la statue de la liberté comme logo. La version bleue du chandail dura quelques saisons mais pour une seule saison en 98-99, ils eurent une version blanche du chandail qu'on ne revit pas par la suite (comme Wayne).


Cougars (et Falcons) de Detroit 1926 à 1932

Aux débuts de la LNH, les équipes n'hésitaient pas à changer de chandail. Avant de devenir les Red Wings, les Cougars eurent 4 chandails différents en 4 saisons de 1926 à 1930. Il changèrent ensuite de nom pour les Falcons en 1930 et ce chandail dura toutefois 2 saisons avant que de nouveaux propriétaires arrivent en place et instaurent la roue ailée que l'on retrouve toujours de nos jours.


Canadiens de Montréal 1909-1913

Les Canadiens aussi eurent plusieurs chandails différents à leurs débuts. Les 4 premiers ici eurent une longévité d'une seule saison de 1909 à 1913. Ils eurent également un chandail supplémentaire en 1912-13 en plus du chandail de barbier. Le 5ème que l'on voit ici sur le montage fut porté exclusivement lors des parties contre les Sénateurs d'Ottawa qui portaient un chandail rayé similaire. La saison suivante, le look contemporain de l'équipe commença à prendre forme.


Canadiens de Montréal 1924-25
Le look contemporain du chandail et le logo du CH étaient déjà en place depuis quelques saisons lorsqu'en 1924 l'équipe décida de changer le logo au centre pour mettre un globe terrestre représentant qu'il étaient les champions du monde suite à leur conquète de la Coupe Stanley la saison précédente.


Senators d'Ottawa 1921-22 et 1923-24

Cette pratique était assez courante dans les années 20. Ce sont les Senators qui furent les premiers à s'identifier de la sorte, quoi que dans leur cas je crois qu'on peut plutôt considérer qu'il s'agit d'une "patch" et non d'un nouvel uniforme.


Toronto Arenas et Toronto St-Pats

Comme les Red Wings, les Maple Leafs eurent deux autres incarnations avant de devenir l'équipe à la feuille d'érable. Et comme Detroit, Toronto changea de chandail presque à chaque saison en portant 7 chandails différents en 10 ans.

Maroons de Montréal 1924-25

Avant d'avoir leur fameux chandail avec le gros "M" comme logo, les Maroons portaient un chandail encore plus sobre lors de leur saison inaugurale en 1924-25. Le "M" fit son entrée en scène la saison suivante et demeurera en place sous plusieurs formes jusqu'à la fin de l'équipe en 1938.


Black Hawks de Chicago 1926-27 et 1934-35

Lors de leur première saison en 1926-27, les Black Hawks (écrit en 2 mots à l'époque) portèrent ce chandail rayé blanc et noir. Ils inversèrent les couleurs la saison suivante et cette version dura jusqu'en 1934. Ils ajoutèrent ensuite la couleur rouge à la palette du chandail maintenant orné d'une seule bande blanche au centre. Le logo était toujours en noir et blanc et cette première version du nouveau look ne dura que pour la saison 1934-35 (la première d'Howie Morenz avec l'équipe). La saison suivante la bande centrale du chandail devint beige et pour la première fois, le logo devint en couleurs. C'est cette version qui fut l'inspiration pour la classique hivernale de 2009.


Voici ce qui conclut la première partie. J'en ai encore beaucoup d'autres et j'ai préféré séparer l'article en deux. Dans la deuxième partie il y aura plusieurs souvenirs nauséabonds des années 90...



jeudi 20 novembre 2014

La nouvelle mascotte des Raiders de Prince Albert













Il y a quelques années, j'ai écrit un texte à propos de la représentation caricatural de l'autre en prenant comme exemple l'ancien chandail des Raiders de Prince Albert, texte que je vous recommande de (re)lire. Je disais grosso modo que de notre société où les personnes, les informations et les objets s'entremélangent de plus en plus, les représentations caricaturales de l'autre sont sujettes à de fortes critiques. Je parlais à l'avant plan qu'il y a une quarantaine d'année, il était peut-être peu choquant d'avoir d'avoir une caricature de guerrier arabo-musulman comme logo tel que les Raiders de Prince Albert portaient à l'époque, notamment lorsqu'ils ont remporté la Coupe Memorial en 1985, mais que depuis, l'équipe avait cru bon de changer son logo, le "raider" étant devenu un pirate...

Mais faute est d'admettre que mon exemple était assez bon car l'actualité de la dernière semant nous l'a montré...

La semaine dernière, les Raiders ont inauguré une nouvelle mascotte représentant ce bon vieux logo. N'en fallait pas plus pour que les groupes représentant les communautés culturelles montent au barricades pour affirmer que le fait d'utiliser l'image d'un personnage relativement violent représentant une communauté culturelle...

L'équipe s'est dite assez surprise de la réaction de certains...

Force est d'admettre que malgré le sourire de la mascotte, c'est pas mal du ressort de la caricature culturelle...



J'ai hâte de voir la suite...

Mais y'a pire, y'a les Redskins ou encore la controverse concernant la casquette des Indians...


lundi 17 novembre 2014

Tommy Gorman


Tommy Gorman a été impliqué dans trois sports parmi les plus populaires au début du XXe siècle : le hockey, la crosse et les courses de chevaux.
 
Comme joueur, c’est d’abord à la crosse qu’il s’est illustré.  Aux Jeux de Londres, en 1908, il a fait partie de l’équipe canadienne qui a remporté la médaille d’or.  Il faut dire qu’il n’y avait que deux pays participants, le Canada et l’hôte, la Grande-Bretagne.  Sans surprise, le sport fut ensuite retiré du programme des Jeux.
 
De retour au pays, il joua au niveau professionnel, qui était à ce moment très populaire. (voir text du 26 mars 2012) 
 
Bien qu’il n’ait jamais sérieusement joué au hockey, il fut embauché comme recruteur par les Senators d’Ottawa en 1916, tout en travaillant au quotidien Ottawa Citizen.  Les propriétaires des Sens (qui faisaient partie de sa famille) semblèrent satisfaits de son travail, puisqu’ils le nommèrent secrétaire-trésorier, puis gérant, avant de devenir actionnaire.
 
En 1917, il fut l’un des fondateurs de la LNH, lorsque les propriétaires de la NHA voulurent isoler Eddie Livingstone, le propriétaire de Toronto.
 
Sous sa gouverne, les Senators remportèrent la Coupe Stanley en 1920, 1921 et 1923.  Il quitta l’organisation de sa ville natale en 1925 pour faire partie de l’aventure des Americans de New York. 
 
L’équipe eut plus ou moins de succès et en 1929, il quitta le monde du hockey pour se consacrer aux courses de chevaux.  Il géra alors une piste au Mexique jusqu’en 1932.
 
Il revint ensuite dans le monde du hockey pour devenir entraîneur, puis directeur-gérant des Black Hawks de Chicago, une équipe qui éprouvait des difficultés à ce moment.  Il fit l’acquisition de Lionel Conacher (voir texte du 9 mai 2009) et malgré la plus faible attaque de la ligue, les Hawks remportèrent leur première Coupe dès l’année suivante.
 
Il eut par contre une dispute avec le propriétaire et se retrouva ainsi avec les Maroons de Montréal.  Le succès fut immédiatement au rendez-vous et les Maroons remportèrent la Coupe en 1937-38.  Gorman est ainsi devenu le seul entraîneur à gagner la Coupe deux années consécutives avec deux équipes différentes.
 
Mais économiquement, les temps étaient durs.  Il y avait une équipe de trop à Montréal.  En 1938, les Maroons rendirent l’âme, pour laisser la place aux Canadiens, qui éprouvaient pourtant des difficultés sur la glace.
 
En 1940, on eut recours à ses services pour remplacer Jules Dugal comme directeur-gérant des Canadiens.  C’est sous son règne que Maurice Richard fut embauché.  Toutefois, après des débuts difficiles et des blessures, Gorman perdit confiance en lui.  Ceux qui ont vu le film de Charles Binamé et Ken Scott se souviendront peut-être d’une scène où un représentant des Canadiens tente désespérément de refiler Richard à n’importe quel de ses homologues de la Ligue Nationale.  Il s’agit de Gorman.
 
Les choses se sont par contre replacées et les Canadiens ont tout de même remporté la Coupe en 1944 et en 1946 (ses sixième et septième).  Gorman a ainsi accompli un autre fait d’armes qu’il ne partage avec personne d’autre.  Il a été directeur-gérant de quatre équipes championnes de la Coupe Stanley : les Senators, les Black Hawks, les Maroons et les Canadiens.  Suite à la Coupe de 1946, il a passé les rênes à Frank Selke. (voir texte du 16 septembre 2013)

Mais pour Gorman, gérer un club de hockey ne semblait pas être une occupation à temps plein.  Un peu comme lorsqu’il travaillait pour le Citizen lors de son passage avec les Senators, il avait d’autres occupations.
 
Il a géré la piste de course de Connaught, en Outaouais, de 1937 jusqu’à sa mort en 1961.  (Ses fils l’ont ensuite opéré pendant des dizaines d’années.)  Il a aussi été promoteur à Montréal et à Ottawa de spectacles et de lutte.  Suite à son départ des Canadiens en 1946, il a acheté les Senators d’Ottawa (version de la Ligue senior du Québec, voir texte du 18 juillet 2011, puisque ceux de la LNH ont cessé leurs activités en 1934.)  Son équipe a d’ailleurs gagné la Coupe Allan en 1949. 
 
En 1951, il s’est aussi tourné vers le baseball, en se portant acquéreur de la filiale AAA des Giants de New York, les Giants de Jersey City.  Il les déménagea à Ottawa, mais l’expérience ne dura qu’un an.  L’année suivante, l’équipe devint la filiale des Athletics de Philadephie, mais sans l’implication de Gorman.
 
Dernier fondateur vivant de la LNH, il a été élu au Temple de la renommée du hockey deux ans après son décès, en 1963, dans la catégorie des bâtisseurs.
 
En 1977, il a été admis au Temple de la renommée canadien des courses de chevaux.
 
Sources : horseracinghalloffame.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

jeudi 13 novembre 2014

Le #4 d'Aurèle Joliat (2e partie)


Le retrait récent du #5 de Guy Lapointe a incité quelques journalistes à écrire des articles au sujet de qui pourrait être le prochain.  Des noms comme Durnan, Shutt, Lemaire et Bowman ont entre autres été avancés. 
 
(Les Knicks de New York ont retiré le #613 pour honorer Red Holzman parce que leur ex-entraîneur les a menés à 613 victoires.  Peut-être que les Canadiens devraient donc retirer le #419 pour Bowman?)
 
Personnellement, j’ai une préférence pour le #6 de Toe Blake (surtout si on considère autant sa carrière de joueur que sa carrière d’entraîneur).  Trois Coupes comme joueur (incluant une avec les Maroons), un Hart, un Lady Byng, trois fois élu au sein de la première équipe d'étoiles, capitaine et huit autres Coupes (dont les cinq consécutives) comme entraîneur, ce n’est pas rien.  Et puis, si on a dit que Lapointe allait rejoindre les deux autres membres du Big Three (Robinson et Savard), Blake irait rejoindre les deux autres membres de la Punch Line (Maurice Richard et Elmer Lach).
 
Mais je n’ai pas pu m’empêcher de signaler qu’Aurèle Joliat était victime d’une grande injustice, lui dont le numéro a déjà été retiré et qu’on a ensuite oublié.  (voir texte du 11 décembre 2013)  Quand on a regardé le match du 75e anniversaire du CH, comment ne pas trouver ce monsieur attachant?
 
 
 
Marc de Foy, du Journal de Montréal, m’a gentiment répondu qu’il y a plusieurs années, il avait écrit un article à ce sujet (et au sujet d’Elmer Lach, qui a été victime du même genre d’oubli et qui a depuis été corrigé).  Il avait soumis cette information aux Canadiens, avec plusieurs articles de l’époque pour appuyer ses dires.  Après deux semaines, on lui est revenu en lui disant qu’il y avait eu confusion.  Joliat et Lach n’auraient été qu’invités aux cérémonies pour honorer Jean Béliveau et Henri Richard, mais que celles-ci ne leur étaient pas destinées.
 
En ce qui me concerne, cette réponse est absurde. 
 
Premièrement, si on fait une cérémonie pour retirer un numéro et qu’on invite deux grands joueurs qui l’ont porté, il me semble que c’est évident qu’on honore les deux.  Lorsqu’on a retiré le #12, on n’a pas dit que Dickie Moore n’était là que pour honorer Yvan Cournoyer.  La différence, c’est qu’avant le déménagement au Centre Molson / Bell, on ne hissait pas de bannière avec les noms au plafond.
 
Et deuxièmement, comment expliquer que les journalistes, le Temple de la renommée et surtout Claude Mouton aient tous mal compris?  Monsieur Mouton était annonceur lors de cette soirée du 9 octobre 1971.  Il a aussi été directeur des relations publiques pendant plusieurs années.  Alors qu’il était toujours dans l’organisation, il écrit un livre sur l’histoire de l’organisation (que je suppose que quelqu’un d’autre dans l’organisation a relu avant sa publication), mais il a mal compris ce qui se passait?!?   
 
Allez monsieur Molson, vous qui avez tant de classe et tant de respect pour l’histoire de votre équipe, corrigez cette erreur.
 
Allez monsieur Houle, vous qui jouiez pour le tricolore en 1971, faites valoir le cas d’un des membres de votre association des anciens.
 
(Pour votre information, j’ai envoyé une lettre à messieurs Molson et Houle, avec des copies des articles, en décembre dernier mais je n’ai reçu aucune réponse.)

mardi 11 novembre 2014

Red Garrett


Petit billet court, à l’image de la carrière et de la vie de son sujet.
 
Originaire de Toronto, Dudley "Red" Garrett avait été recruté par l’équipe de sa ville, les Leafs.  Il n’eut toutefois pas l’occasion de jouer avec eux, puisqu’en 1942, il est échangé aux Rangers avec Hank Goldup, contre Babe Pratt (voir texte du 14 octobre 2012).  Cet échange fut très profitable pour les Leafs.
 
C’est au cours de cette saison que Garrett fit ses débuts avec les Blueshirts.  Il joua au total 23 matchs, amassant un but et une passe.
 
Il ne termina toutefois pas sa saison à New York.  Comme la guerre faisait rage, il se retrouva dans la marine et joua quelques matchs avec des équipes militaires.
 
Le 25 novembre 1944, Garrett se trouvait sur le HMCS Shawinigan, au large de Port-aux-Basques, à Terre-Neuve, lorsqu’un U-Boat allemand le coula.  Tout l’équipage périt.  Garrett avait 20 ans.
 
Pour honorer sa mémoire, la Ligue Américaine (où il a également joué quelques matchs) présente depuis 1947 le Dudley "Red" Garrett Memorial Award à sa recrue de l’année. 
 
Parmi ses récipiendaires, on note plusieurs noms familiers comme Terry Sawchuk, Pelle Lindbergh (voir texte du 12 novembre 2010), Brett Hull, Félix Potvin, Daniel Brière et… René Bourque.
 
Sources : rongood.net, ahlhalloffame.com, wikipedia.org.

 

lundi 10 novembre 2014

Les abonnés aux équipes d'expansion



Ah!  Les équipes d’expansion!  L’attrait de la nouveauté!  La fébrilité des partisans!  (Ça dépend des endroits, mais bon…)  Le dévoilement des nouvelles couleurs!  Les belles cérémonies lors de la présentation des joueurs et lors du premier match à domicile!  L’indulgence des amateurs, qui se disent que malgré des performances misérables, il faut bien donner une chance au coureur, puisque c’est une équipe d’expansion…

Une équipe d’expansion, ça peut par contre aussi être de l’improvisation, un manque de structure et de longues séries de défaites.

De jeunes joueurs peuvent en profiter pour prendre tout de suite beaucoup de place (comme Gilbert Perreault avec les Sabres) ou être complètement étouffés par une trop grande pression et le manque d’encadrement (comme Greg Joly, voir texte du 30 décembre 2013).

Des vétérans peuvent en profiter pour avoir un second souffle ou effectuer un dernier tour de piste (comme Brad Marsh, voir texte du 12 novembre 2012).  Des joueurs peuvent aussi profiter de cette occasion pour se mettre en évidence (comme Brian Bradley avec le Lightning).

Par contre, lorsque la ligue procède à des expansions à la chaîne et qu’un joueur se retrouve à répétition avec une de ces nouvelles équipes, c’est habituellement signe qu’on a affaire ici à un joueur marginal, qui peine à percer l’alignement d’une équipe qui a débuté ses activités à peine un ou deux ans auparavant.

J’ai donc fait quelques recherches pour trouver ces abonnés aux équipes d’expansion.  En voici quelques-uns.

Butch Deadmarsh

Deuxième choix de l’histoire des Sabres, derrière Gilbert Perreault, Deadmarsh a débuté sa carrière à Buffalo en 1970 (bien qu’il ait aussi passé du temps dans les mineures).

Deux ans plus tard, il se retrouva avec les nouveaux Flames d’Atlanta.  Il n’était toutefois pas là au tout début.  C’est par la voie d’un échange, en février, qu’il arriva dans le sud des États-Unis.

En 1974, la ligue procéda à une autre expansion et Deadmarsh atterrit à Kansas City, avec les Scouts.

Il s’est ensuite retrouvé dans l’AMH, où il s’est aligné avec cinq équipes différentes en trois saisons et demie.  Était-ce des équipes d’expansion, ou du moins de nouvelles équipes?  Avec l’AMH, c’était rarement aussi simple…

Il a d’abord joué avec les Blazers de Vancouver, à leur deuxième année.  Il a ensuite déménagé avec l’équipe à Calgary.  Il s’agissait donc de la première saison des Cowboys, mais ce n’était pas une équipe d’expansion.

Il s’est ensuite retrouvé avec les Fighting Saints du Minnesota.  Ceux-ci venaient de déménager de Cleveland, donc techniquement, sans être une équipe d’expansion, c’était une nouvelle équipe.  Sauf que l’année précédente, une autre équipe jouait au même endroit sous le même nom, avant d’être dissoute.

Il a également joué avec des équipes existantes, les Oilers d’Edmonton et les Stingers de Cincinnati.

Total
LNH : Trois, même s’il n’a pas joué la saison entière à Buffalo et qu’il s’est amené en cours d’année dans le cas d’Atlanta.
AMH : Trop compliqué…


Rosaire Paiement
 
Appartenant aux Bruins, le grand frère de Wilfrid a été échangé aux nouveaux Flyers en 1967.  Bien qu’il ne joua que sept matchs, il participa tout de même à leur première saison.

En 1970, il est choisi au cours du repêchage d’expansion par les Canucks.

En 1972, il fit partie non seulement d’une nouvelle équipe, mais également d’une nouvelle ligue, alors qu’il se joint aux Cougars de Chicago de l’AMH.

En 1975, il est choisi au repêchage d’expansion par les Spurs de Denver, mais il ne porta jamais leur uniforme, puisqu’il a été échangé aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre.  Il a également joué avec les Racers d’Indianapolis par la suite.


Total
LNH : Deux, même si sa présence à Philadelphie a été limitée.
AMH : Une, mais a failli jouer avec une deuxième.

 
 Lew Morrison
 
Premier choix des Flyers en 1968, il débarque donc au sein d’une équipe de deuxième année.  Il ne fait toutefois pas l’équipe avant 1969.
 
En 1972, il est choisi au repêchage d’expansion par les Flames d’Atlanta.  En 1974, Morrison est encore laissé sans protection et aboutit avec les nouveaux Capitals de Washington.
 
Il a également joué avec les Penguins.
 
Total : Deux.


Johan Garpenlov
 
Après avoir fait ses débuts avec les Wings, Garpenlov est échangé aux Sharks, dans leur première saison, en mars 1992.
 
En mars 1995, il est échangé à la Floride.  Au milieu de leur deuxième saison, les Panthers n’étaient techniquement pas une équipe d’expansion, même si elle était très récente.
 
En 1999, Garpenlov a été choisi par les Thrashers d’Atlanta lors du repêchage d’expansion et a fait partie de leur équipe inaugurale, avant de retourner en Suède.
 
Total : Deux, même s’il n’a pas débuté l’année à San Jose, et presque trois.

 
 Jody Hull
 
Après avoir joué avec les Whalers et les Rangers, Jody Hull s’est retrouvé avec les nouveaux Sénateurs, mais pas par la voie du repêchage d’expansion.  Il a été échangé par les Rangers contre les fameuses considérations futures.
 
L’année suivante, il se retrouva cette fois avec les Panthers, mais encore une fois, sans passer par le repêchage d’expansion.  Il a signé un contrat comme joueur autonome.  Peut-être était-ce donc son choix de se retrouver sous le soleil de la Floride.
 
Il joua ensuite avec le Lightning et les Flyers, mais en 1999, il a finalement passé par le repêchage d’expansion et a été choisi par les Thrashers.  Il n’a toutefois jamais porté leur uniforme, puisqu’ils l’ont retourné aux Flyers par voie de transaction.
 
Il a terminé sa carrière dans la LNH avec un deuxième séjour à Ottawa.
 
Total : Deux, mais est venu près de jouer avec une troisième.

 
Denny Lambert
 
Lambert signa comme agent libre avec les nouveaux Mighty Ducks en 1993, mais il ne joua pas de match avec eux lors de leur saison inaugurale.  C’est en 1994 qu’il fit ses débuts dans la grande ligue, alors qu’Anaheim jouait sa deuxième saison.
 
En 1996, il aboutit à Ottawa, toujours comme agent libre, alors que les Sens jouaient leur cinquième saison.  (Ça commence à être un peu plus loin.)
 
En 1998, il est choisi par les Predators de Nashville au repêchage d’expansion.  Par contre, son passage dans la ville du country ne dura qu’une saison, puisqu’il a ensuite été échangé aux nouveaux Thrashers d’Atlanta et a fait partie de l’équipe au début de ses activités.
 
Il est ensuite retourné à Anaheim et a ainsi joué l’ensemble de sa carrière avec des équipes d’expansion des années 1990.
 
Total : Deux, presque trois.
 

 Andrew Brunette
 
Après avoir été repêché par les Capitals et joué sporadiquement avec eux, il est choisi par les Predators de Nashville au repêchage d’expansion de 1998.  Tout comme Lambert, il ne resta au Tennessee qu’une seule saison, avant de se retrouver, lui aussi, avec les Thrashers dans un échange.
 
Il joua deux saisons en Géorgie, avant d’atterrir au Minnesota, pour s’aligner avec le Wild, qui jouait sa deuxième saison.
 
Il s’aligna plus tard avec l’Avalanche et les Black Hawks.
 
Total : Deux, presque trois.

 

lundi 3 novembre 2014

Tom Williams

En 1960, la victoire de l’équipe américaine aux Jeux de Squaw Valley, en Californie, aurait dû constituer une belle vitrine pour les joueurs américains.  Pourtant non.  Il faut dire qu’à ce moment, les équipes olympiques (qui devaient être amateurs) étaient habituellement issues des rangs seniors.  C’est pourquoi, médaille d'or ou pas, peu d’entre eux accédaient aux rangs professionnels.  Avec comme résultat qu’un seul d’entre eux alla rejoindre Charlie Burns dans la LNH (en plus de quelques joueurs qui jouèrent une poignée de matchs).  Le reste de la ligue demeurait composée essentiellement de canadiens.  D’ailleurs, au cours de sa carrière, Williams fit une apparition au jeu télévisé "I’ve Got a Secret".  Les participants devaient lui poser des questions pour découvrir son secret.  Le sien était qu’il était le seul joueur américain dans la Ligue nationale.

Et pour y parvenir, il a fallu que Jack Riley, l’entraîneur de l’équipe olympique, intervienne personnellement en le recommandant à Walter Brown, le président des Bruins.

Sa production varia à Boston, à ce moment une équipe très faible, mais il atteint son sommet en 1962-63, avec 23 buts.
 
En ces temps où les salaires n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, Williams passait ses étés à travailler pour un entrepreneur en plomberie et en restant en forme en montant de lourdes baignoires en fonte dans les escaliers.
 
Au total, il passa huit saisons avec les Bruins.  Vers la fin de son passage, l’équipe fit finalement du progrès, avec entre autres l’arrivée de Bobby Orr et de Phil Esposito.  Mais à la fin de la saison 1968-69, Williams subit une sérieuse blessure au genou.  Craignant qu’il ne revienne pas au sommet de sa forme, Boston l’échangea aux North Stars du Minnesota, son état natal.  L’année suivante, les Bruins gagnèrent leur première Coupe en 29 ans.

Sa première saison avec les Stars lui permit pourtant d’amasser 67 points, son record personnel.  Ses 52 passes constituèrent le troisième total de la ligue, derrière Orr et Esposito.  Il ne resta par contre qu’une saison et demie chez lui.  En novembre 1970, son épouse mourut dans un accident qui aurait aussi pu être un suicide.  Visiblement affecté, sa bonne humeur disparut et il se disputa avec le directeur-gérant Jack Gordon.  Ce dernier le suspendit, avant de l’échanger aux faibles Golden Seals de la Californie. 

Suite à la saison 1971-72, il fit partie des nombreux Seals qui quittèrent l’équipe pour accepter une offre de la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH).  Dans le cas de Williams, il retourna à Boston en se joignant aux Whalers de la Nouvelle-Angleterre.  Il y fut deux ans, gagnant au passage la Coupe Avco en 1972-73.

En 1973-74, lorsque son frère Butch s’aligna avec les Blues, ils devinrent ainsi le premier duo de frères américains à jouer dans la LNH.

En 1974, il profita de l’arrivée des Capitals de Washington pour faire un retour dans la Ligue nationale.  Au sein d’une des équipes des faibles de l’histoire (vor texte du 30 décembre 2013), Williams eut du temps de glace et termina la saison avec une fiche de 22-36-58, la meilleure fiche de l’équipe.

La saison suivante, sa dernière, il la partagea entre Washington et la Ligue américaine.  À son dernier match, les misérables Caps ont été écrasés 14-2 par les Sabres.

Il hérita du surnom de "Tommy The Bomber" lorsqu’à Toronto, il fit une mauvaise blague à un douanier, en lui disant que son sac contenait une bombe.  Il fut suspendu un match par la ligue en raison de son geste.

Williams a ensuite été élu au Temple de la renommée du hockey des États-Unis en 1981.

Le drame a de nouveau frappé sa famille, lorsque son fils Robert, repêché par les Bruins, mourut subitement en 1987, à l’âge de 23 ans.

Quant à lui, c’est en 1992, à l’âge de 51 ans, qu’il mourut d’une crise cardiaque.

Sources : "Williams’s life and times, an All-American story" de Kevin Dupont, 29 janvier 2012, Boston Globe (boston.com), "Tom Williams, Hockey Player, 51", 10 février 1992, New York Times (nytimes.com), wikipedia.org.