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lundi 3 décembre 2018

Équipe All-Star des oubliettes #16 - Canadiens de Montréal





Nous voici donc enfin rendu aux oubliés des Canadiens. Si vous avez suivi cette série depuis le début je suis certain que vous aviez hâte comme moi d'y être rendu... Cependant il s'agit ici d'une tâche très ardue car non seulement il s'agit de la plus vieille et la plus glorieuse franchise de l'histoire de la LNH, il s'agit également d'une des plus suivies si ce n'est LA plus suivie, du moins dans notre province et dans notre lectorat...




Je vous rappelle la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également. J'essaie également de me concentrer sur des joueurs qui étaient bel et bien des ''vedettes'' lors de leur passage et non pas un joueur au statut précaire.

La tâche était particulièrement difficile pour cette équipe car même si certains joueurs vedettes ont joué ici brièvement, que ce soit en début ou fin de carrière ou au milieu, l'équipe est tellement suivie et documentée que l'on a toujours un vif souvenir de certaines de ces étoiles filantes. Comme je savais que mes choix ne feraient probablement pas l'unanimité, j'ai donc décidé exceptionnellement de changer ma formule. Donc pour les Canadiens, au lieu d'une équipe all-star standard (3 attaquants, 2 défenseurs et 1 gardien), j'ai décidé de faire une équipe complète... avec des réservistes.

Allons-y donc.


ATTAQUANTS

LIGNE 1: La ligne ''Trophée Czerkawski''
Nommée en honneur du polonais du même nom à l'origine du trophée LVEUP qui célèbre certaines de ces expériences ratées avec le CH.


1. Mariusz Czerkawski (43 matchs 2002-03)

Obtenu durant l'été 2002, Czerkawski n'obtint que 5 buts et 14 points en 43 matchs pénibles avant d'être envoyé à Hamilton et de voir son contrat racheté après la saison. Il retourna avec les Islanders par la suite et disparut de la ligue en 2006. Premier polonais à ce jour à avoir joué pour le CH.

2. Sergei Samsonov (63 matchs 2006-07)

Obtenu comme agent libre en 2006, Samsonov a lui aussi connu une seule saison médiocre à Montréal où il n'obtint que 9 buts et 26 points en 63 matchs. Il fut échangé à Chicago pour des peanuts après la saison.
3. Alexander Semin (15 matchs 2015-16)

Une acquisition sans grand risque où on n'a pas trop attendu avant de lancer la serviette. 1 but, 3 passes en 15 matchs et ensuite un rachat de contrat.









LIGNE 2: La ligne du millénaire
Les équipes médiocres du Canadien au tournant des années 90 et 2000 mettaient en vedette plusieurs joueurs éphémères qui étaient meilleurs 5-10 ans plus tôt...


4. Trevor Linden (107 matchs 1999-01)

Le pauvre Trevor en exil de Vancouver est quelque peu devenu le porte-étendard de cette époque de misère même s'il n'a joué qu'une seule saison complète à Montréal. Au moins il a servi comme monnaie d'échange pour obtenir Richard Zednik et Jan Bulis.
5. Doug Gilmour (131 matchs 2001-03)

J'hésitais à l'inclure ici car j'ai bien aimé Gilmour à Montréal malgré qu'il était en fin de carrière, il était quand même un bon leader. Cependant le facteur ''bizarre'' de le voir avec le CH et non avec le chandail des Leafs fait pencher la balance vers son inclusion ici.
6. Donald Audette (90 matchs 2001-04)

On était tous excités à l'arrivée d'Audette avec le club en 2001-02. On se rappelle malheureusement  davantage de sa terrible blessure au poignet qui mit sa vie en péril. Après de bonnes séries en 2002 (10 points en 12 matchs), les deux saisons suivantes furent plus difficiles et le club le libéra au milieu de la saison 2003-04.


 



LIGNE 3: La ligne du centenaire

10 ans après la ligne du millénaire, on retrouve la ligne du centenaire lors de cette saison 2008-09 où tous les astres semblaient alignés pour un retour vers la gloire. La saison suivante, la moitié du line-up n'était pas de retour et on eut droit à l'ère Gionta-Gomez-Cammalleri...


7. Robert Lang (50 matchs 2008-09)

Lang connaissait une bonne saison et était même premier compteur du club durant cette saison chaotique avec 39 points en 50 matchs jusqu'à ce qu'une blessure le mette au rancard pour le restant de la saison. Il ne fut pas rappelé pour un nouveau contrat par la suite et il termina sa carrière avec les Coyotes.

8. Alex Tanguay (50 matchs 2008-09)

Comme Lang, Alex Tanguay ne joua que 50 matchs durant la saison. Cependant il put revenir à temps pour les séries malgré que cela ne changea pas grand chose et lui aussi ne fut pas de retour en 2009-10.




9. Daniel Brière (69 matchs 2013-14)

Pour compléter cette ligne du centenaire j'ai dû faire appel à Brière, qui n'était pas là durant le centenaire mais qui aurait dû y être selon plusieurs. Il arriva plutôt 5 ans trop tard, après son rachat de contrat par les Flyers. Il ne joua qu'une saison à Montréal lui aussi et termina sa carrière l'année suivante avec l'Avalanche.





LIGNE 4: La ligne random

Pas de thématique pour cette dernière ligne d'attaque mais quelques bons cas de joueurs oubliés.


10. Gary Leeman (51 matchs 1992-94)

Leeman était à un moment un joueur vedette avec les Maple Leafs dans les années 80. Il obtint même 51 buts en 1989-90. Ce fut toutefois une pente descendante par la suite. Il fit partie du méga-échange impliquant Doug Gilmour et les Flames et abouttit à Montréal en 1992 en retour de Brian Skrudland. Il était quelque peu anonyme au sein de l'équipe championne de 1993. Lorsqu'on regarde des extraits de ces séries grandioses, on y voit rarement Leeman qui ne joua que 11 des 20 matchs de l'équipe. Il partagea la saison suivante entre le CH et la ligue américaine et fut libéré par la suite.

11. Sylvain Turgeon (75 matchs 1990-92) et Pierre Turgeon (104 matchs 1995-96) 
J'ai décidé d'inclure les frères Turgeon ensemble ici car aucun d'eux n'a eu un parcours remarquable ou prolongé avec le club. Sylvain n'était plus le marqueur qu'il était à Hartford et ne marqua que 14 buts en 75 matchs avant d'être laissé sans protection lors de l'expansion de 1992.
Pierre eut plus de succès avec le club, étant d'ailleurs nommé capitaine, mais alors que le club avait un surplus de centres #1 (comme ça arrive très souvent d'ailleurs), il fut sacrifié et échangé aux Blues lors d'un autre échange merdique de l'ère Réjean Houle.  


12. Herb Cain (45 matchs 1938-39)

Histoire de ne pas parler seulement de joueurs de l'ère moderne, j'ai décidé de ratisser plus large dans l'histoire. Cependant je n'ai pas trouvé beaucoup de vedette éphémères avec le club avant les années 90. Normalement lorsque tu étais une vedette à Montréal, tu y restais. Il y a toutefois Herb Cain, qui passa aux Canadiens lorsque les Maroons cessèrent leurs activités en 1938. Il ne joua qu'une saison moyenne avec le CH avant de passer aux Bruins. Il connut ses meilleures saisons avec Boston, notamment celle de 1943-44 où il obtint 82 points, un record à l'époque qui fut battu quelques années plus tard par Gordie Howe. Il demeure à ce jour le seul champion marqueur en saison qui n'a jamais été élu au temple de la renommée.

Réservistes:
Craig Conroy (13 matchs 1994-96), Sergei Berezin (29 matchs 2001-02), Andrew Cassels (60 matchs 1989-91), Glen Sather (63 matchs 1974-75), Erik Cole (101 matchs 2011-13), Thomas Vanek (18 matchs 2014), Ales Hemsky (7 matchs 2017-18)



DÉFENSEURS



1. Rob Ramage (14 matchs 1993)
 

Comme Gary Leeman, Ramage était lui aussi un ancien joueur déchu des Leafs et des Flames qui s'amena à Montréal à temps comme joueur de soutien pour les séries de 1993. Cet ex-capitaine des Leafs et des anciens Rockies du Colorado ne joua qu'une poignée de matchs en saison et en séries avant de passer aux Flyers en novembre 1993. Il y joua ses derniers matchs en carrière cette saison-là.
2. Zarley Zalapski (28 matchs 1997-98)

C'est un Zalapski affaibli par les blessures et loin du joueur qu'il était à Pittsburgh et Hartford que les Canadiens obtinrent des Flames en retour de Valeri Bure durant la saison 1997-98. Seulement 28 matchs et 1 seul but suite à quoi il débuta un parcours dans les ligues mineures et en Europe.
3. Sergei Gonchar (45 matchs 2014-15)
 

Le meilleur défenseur russe de l'histoire de la LNH (en terme de points) a terminé sa carrière discrètement avec le Canadien lorsqu'il fut acquis en retour de Travis Moen en 2014. C'est assez récent mais avouez qu'on a tendance à oublier son bref passage. 5 ans auparavant ça aurait plus paru.
4. Tomas Kaberle (53 matchs 2011-13)
 

Un peu comme Gonchar, si Kaberle s'était amené à Montréal 4-5 ans plus tôt il aurait eu la chance d'avoir plus d'impact. On se rappelle davantage de Kaberle parce qu'il était franchement mauvais mais ici le facteur bizarre entre en compte comme plusieurs ex-Leafs avec le CH.
5. Janne Niinimaa (43 matchs 2006-07)
 

Excellent joueur avec les Oilers, Flyers ou Islanders. Plus que mauvais avec le CH. A complètement disparu du radar de la LNH depuis. Au moins je crois que personne ne se rappelle contre qui on l'a obtenu (SARCASME).
6. Scott Lachance (74 matchs 1999-00)


Lachance aurait dû être une vedette après avoir été sélectionné 4e au total en 1991. Il a plutôt été un joueur de soutien, fiable mais effacé. On espérait qu'il relance sa carrière à Montréal mais c'était durant les fameuses années Linden donc on oublie ça...






 Réservistes: François Beauchemin (1 matchs 2002-03), Carol Vadnais (42 matchs 1966-68), Jyrki Lumme (75 matchs 1988-90)

 

GARDIENS

1. Andy Moog (42 matchs 1997-98)

Ici le facteur ''bizarre'' est présent à fond la caisse car on le surnommait ''Habs Killer'' lors de ses années à Boston où il éliminait le CH presque annuellement. Il s'amena à Montréal en 1997 comme agent libre et performa somme toute assez bien mais fut relégué comme 2e gardien durant les séries. Il laissa l'équipe en plan après la saison lorsqu'il annonça sa retraite malgré qu'il resta une année à son contrat.
2. Stéphane Fiset (2 matchs 2001-02)

Fiset fut acquis comme police d'assurance en mars 2002 en prévision des séries. Il seconda José Théodore durant seulement 2 matchs et 1 en séries. Il n'avait joué que 7 matchs l'année précédente avec les Kings alors que plusieurs blessures eurent éventuellement raison de lui. Il se retira du jeu après la saison. Le facteur bizarre est aussi présent ici avec cet ex-Nordique.





Réservistes: Marc Denis (1 match 2008-09), Tomas Vokoun (1 match 1996-97), Stéphane Fiset (2 matchs 2001-02), Tony Esposito (13 matchs 1968-69), Cesare Maniago (14 matchs 1962-63)

Idées cadeaux #8 - Calendrier de l'avent




L’autre jour, je suis tombé par hasard sur ce calendrier de l’avent aux couleurs des six équipes originales, avec leur ancien logo.

Je me pose toutefois la question suivante : à qui est destiné ce produit?  À moins qu’on me dise qu’un homme d’âge adulte veule un calendrier de l’avent, je serais plutôt à croire qu’un enfant qui reçoit habituellement ce genre de cadeau ne doit pas connaître les logos des six équipes originales.  Les chances qu’il le réclame me paraîssent faible.
Dans le même présentoir, il y avait un Pez, également aux couleurs des ″Original Six″.  Ici, en plus de la question générationnelle, le geek de hockey fini que je suis ne peut s’empêcher de penser qu’on ne portait pas de masque comme celui-ci dans le temps des six équipes originales.  En fait, plusieurs ne portaient pas de masque du tout. 

Mais ça, c’est moi…

mardi 27 novembre 2018

Ron Ward



Ron Ward a toujours eu un certain talent offensif, au point où le natif de Cornwall fut recruté par les Maple Leafs.  Toutefois, son coup de patin était de loin sa plus grande faiblesse.  Son style n’était pas très gracieux et ce, au point où selon les circonstances et les besoins, on pouvait l’employer au centre ou comme défenseur.

Malgré ses faiblesses, il réussit tout de même à remporter le championnat des marqueurs de la Ligue centrale en 1967-68, alors qu’il amassa 85 points avec les Oilers de Tulsa.  Cette même équipe remporta d’ailleurs la Coupe Adams.

Cette performance incita les Leafs à assigner Ward à Rochester de la Ligue américaine l’année suivante.  Ward répondit à l’appel en devenant le meilleur pointeur de l’équipe et le quatrième de la ligue.  Avec son total de 78, il était 22 points derrière le meneur, Jeannot Gilbert des Bears de Hershey.  Cette performance lui valut le Trophée Red Garrett, remis à la recrue par excellence de la ligue.
 C’est finalement en 1969-70 que Ward eut la chance de jouer dans la Ligue nationale, alors qu’il joua 18 matchs avec les Leafs.  Il eut toutefois l’impression qu’on ne lui donnait pas vraiment sa chance et il dut se contenter d’une passe.

À la fin de la saison, il fut rendu disponible au repêchage d’expansion et fut choisi par les Canucks.  Sa déception fut toutefois grande lorsqu’il ne parvint pas à se tailler une place au sein de l’équipe d’expansion.  Il fut donc retourné à Rochester, qui était devenu la filiale des nouveaux Canucks.

C’est finalement en 1971-72 que Ward finit par faire sa place dans la grande ligue, mais son rôle se limita principalement au désavantage numérique et eut peu de temps de glace.  En 71 matchs, il n’amassa que six points.

Insatisfait de son sort, Ward porta attention lorsque la nouvelle Association mondiale (AMH) lui fit une généreuse offre.  Par courtoisie, il en informa tout de même le directeur-gérant des Canucks, Bud Poile (le père de David, l’actuel directeur-gérant des Predators).  Celui-ci lui répliqua qu’il ne ferait même pas l’équipe.  Son entraîneur Hal Laycoe tenta ensuite de le convaincre de rester à Vancouver, mais Ward avait déjà pris sa décision.  Il signa alors avec les Raiders de New York.
Les Raiders eurent des problèmes à attirer des spectateurs au Madison Square Garden.  Ils n’eurent pas des résultats très reluisants sur la patinoire non plus.  Par contre, l’entraîneur Camille Henry sut bien entourer Ward pour tirer avantage de ses forces et de combler ses faiblesses, en lui fournissant un ailier pour aller dans les coins et un autre pour les replis défensifs.  Avec Wayne Rivers et Brian Bradley, Ward put se concentrer à demeurer autour du filet pour faire dévier la rondelle ou prendre des retours. 

Devenu un spécialiste des "garbage goals", Ward atteignit un niveau qu’il n’avait jamais atteint au niveau professionnel, même dans des ligues de niveau inférieur.  Il marqua 51 buts et obtint 118 points, 15 de plus que Bobby Hull et 112 de plus que son total dans la LNH!  Le 4 janvier 1973, contre Gilles Gratton des Nationals d’Ottawa, il établit d’ailleurs le record de la ligue avec 5 buts en un match.

Malgré cela, Ward ne demeura pas à New York.  Illustrant l’instabilité de la nouvelle ligue, Ward fut échangé par son équipe (devenue les Golden Blades de New York) aux Blazers (auparavant de Philadelphie, maintenant de Vancouver).  En retour, New York obtint le seul qui l’avait devancé au championnat des pointeurs, André Lacroix, et les droits sur Bernard Parent, qui était retourné dans la LNH.

Par la suite, Ward suivit un parcours nomade, typique de l’AMH, en raison d’échanges et d’équipes qui disparaissent.  Après son court passage à Vancouver, il s’aligna avec les Sharks de Los Angeles, les Crusaders de Cleveland, les Fighting Saints du Minnesota, les Jets de Winnipeg et les Cowboys de Calgary et ce, jusqu’en 1976-77.

Il demeura tout de même trois saisons à Cleveland, où il fut d’ailleurs le meilleur pointeur de l’équipe en 1975-76, avec 82.  Par contre, il ne parvint jamais à s’approcher de sa phénoménale saison 1972-73 avec les Raiders.

Celui qui a également joué à la crosse à haut niveau, a aussi été entraîneur-chef des Voltigeurs de Drummondville pour la majeure partie de la saison 1983-84, où il a entre autres eu sous ses ordres Daniel Berthiaume, José Charbonneau, Steve Duchesne et le futur agent de joueur Pat Brisson.

Sources : “The Garbage Man Cometh” de Mark Mulvoy, 18 décembre 1972, Sports Illustrated (si.com/vault/), “Ward has productive night”, AP, Calgary Herald, 5 janvier 1973, p.32, “Souvenirs, souvenirs” d’André Rousseau, 13 août 2016 (lescoulissesdusport.ca), cornwallsportshalloffame.com, hhof.com, hockeydb.com.

dimanche 25 novembre 2018

Trêve de hockey #95 - La première victoire de l'ouest à la Coupe Grey







L’année 1935 marqua un tournant au football canadien à bien des égards.  Clairement déclassées, les équipes universitaires cessèrent d’abord d’aspirer à la Coupe Grey (chose qu’elles pouvaient faire jusque là).
Parmi les autres aspirants, il y avait les champions de niveau senior et bien sûr ceux de l’Interprovincial Rugby Football Union, aussi connu sous le nom de « Big Four » (aujourd’hui la division est de la LCF).  
Il y avait aussi ceux de l’ouest (Western Canada Rugby Football Union), mais jusque là, ils n’avaient pas représenté une réelle menace.  Jamais une équipe de l’ouest n’avait mis la main sur la Coupe Grey.  Le club de Winnipeg (plus tard connu sous le nom de « Blue Bombers ») décida alors de prendre les grands moyens pour remédier à la situation.
Déjà quelques années auparavant, le club avait embauché comme joueur-entraîneur un américain, Russ Rebholz.  Ils décidèrent alors de dépenser la somme de 7500$ pour attirer sept autres joueurs américains dans leur équipe.  Ils utilisèrent également un autre argument de poids.  En cette période de grande dépression, ils promirent aussi un emploi aux joueurs en question.
 Russ Rebholz
Winnipeg connut une saison sans défaite dans la conférence de l’ouest.  Toutefois, peu habituées à des équipes de qualité venant de l’ouest, celles de l’est demeurèrent sceptiques.  (À noter qu’à cette époque, les équipes de l’ouest et de l’est ne se rencontraient que pour les éliminatoires et se connaissaient donc très peu.)
Une fois rendu dans l’est pour le match de la Coupe Grey, Winnipeg joua un match préparatoire contre une équipe collégiale, où son résultat fut peu impressionnant.  La nouvelle fut rapportée, ce qui créa l’impression qu’encore une fois, l’équipe de l’ouest n’offrirait pas une intense compétition.  Ce qui n’était toutefois pas connu est le fait que les joueurs avaient intentionnellement changé de position pour brouiller les cartes.
Le jour du match venu, Winnipeg battit les Tigers de Hamilton 18-12.
Plutôt amer, l’est exigea que pour jouer à la Coupe Grey, un joueur ait habité au Canada depuis au moins un an.  De plus, le nombre de joueurs américains fut limité à cinq. 
Comme ces derniers étaient pratiquement toujours des professionnels, il s’agissait donc d’une reconnaissance officielle du professionnalisme, un autre tournant important.  Jusque là, le phénomène existait (des joueurs pouvaient recevoir des montants d’argent ou des « cadeaux »), mais pas formellement, ni officiellement.
Ne voulant pas se conformer aux nouvelles règles qui leur auraient demandé de laisser derrière certains de leurs joueurs américains, les champions de l’ouest de 1936, les Roughriders de Régina refusèrent de disputer la Coupe Grey.  Le match opposa donc les champions du "Big Four" (les Rough Riders d’Ottawa) aux champions seniors (les Imperials de Sarnia).  Sarnia l’emporta 26-20.
Source : Currie, Gordon, 100 Years of Canadian Football, Pagurian Press, 1968, p.94-98.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.com


samedi 17 novembre 2018

Drôle de nom pour un stade



Les stades et arénas d’Amérique du Nord portent maintenant pratiquement tous le nom d’un commanditaire.  Et lorsque le contrat de ce dernier vient à échéance (ou qu’il est vendu ou fusionné), le domicile de votre équipe peut changer de nom fréquemment.  (L’aréna des Sabres, le KeyBank Center, en est à son quatrième nom…)
Comme toutes sortes d’entreprise peuvent commanditer un aréna ou un stade et parfois, on peut donc se retrouver avec un résultat plutôt amusant.  En voici quelques exemples.
Pour les Steelers de Pittsburgh de la NFL, qui jouent au Heinz Field, l’affaire est ketchup.
Du côté des 49ers de San Francisco, toujours dans la NFL, ils jouent au Levi’s Stadium.  Avec un produit initialement destiné aux travailleurs, Levi’s a été fondé dans cette ville.
Si PPG Paints ferme ses sites Sico de Beauport et Longueuil, elle commandite toutefois l’aréna des Penguins, le PPG Paints Arena.
L’aréna des Predators de Nashville, le Bridgestone Arena, est associé à un produit fait d’un caoutchouc beaucoup plus souple que celui des rondelles, les pneus.
Comme les Red Wings appartiennent depuis longtemps à la famille du fondateur de Little Caesars, il n’est pas surprenant que leur aréna soit associé à la pizza.  Les Pistons de la NBA y jouent également.
Les Sharks de San Jose ont disputé leurs deux premières saisons (1991-93) dans un aréna qui portait le nom cocasse de Cow Palace.  Dans cet endroit où ont aussi joué les Warriors de San Francisco de la NBA dans les années 1960, on tient également des expositions agricoles et des rodéos.
Les liens entre l’Impact de Montréal et les barons du fromage sont bien connus.  Le nom de leur stade n’est donc pas surprenant.
Si les Pistons sont dans la pizza, les Pelicans de la Nouvelle-Orléans jouent au basketball dans un smoothie, au Smoothie King Center.
On peut supposer que le domicile du Magic d’Orlando de la NBA, le Amway Center, est tenu propre avec des produits Amway.  Le co-fondateur d’Amway, Richard DeVos, est d’ailleurs propriétaire du Magic.
Toujours dans la NBA, les Kings de Sacramento ont joué de 1988 à 2016 dans un aréna qui a entre autres porté le nom d’un défunt magasin de matelas, le Sleep Train Arena.  Insérez ici une blague de matchs endormants…  Pourrions-nous avoir ici l'aréna Dormez-vous? 
Le stade des White Sox de Chicago porte le nom assez fade d’un prêteur hypothécaire, le Guaranteed Rate Field.
Quant aux Padres de San Diego, leur stadium porte le nom d’un détaillant de produits pour animaux, le Petco Park.  Celui-ci a en plus une phonétique particulière.  Répétez dix fois rapidement Petco Park, Petco Park…

Le Wrigley Field, stade mythique des Cubs de Chicago, est toujours utilisé, plus de 100 ans après son inauguration.  Par contre, ce n’est qu’en 1927 qu’il prit son nom actuel.  Il a été nommé ainsi en l’honneur de William Wrigley Jr, qui était devenu peu de temps auparavant l’unique propriétaire du stade et de l’équipe.  On retrouvait également son nom sur les produits fabriqués par son entreprise, des paquets de gomme.  Remarquez qu’il y a tout de même un lien évident avec le baseball.
Les produits de Wrigley, comme Juicy Fruit, Spearmint et Hubba Bubba, existent toujours mais l’entreprise appartient maintenant à Mars.
Wrigley est décédé en 1932, mais l’équipe demeura dans sa famille jusqu’en 1981. 
Après avoir été actionnaire minoritaire des Tigers de Détroit, Walter Briggs en est devenu le propriétaire unique en 1935.  Le stade a par après été renommé Briggs Stadium.  Toutefois, comme Wrigley, Briggs avait déjà également donné son nom à son entreprise.  Celle-ci existe toujours et est surtout connu pour ses bols de toilette…
Briggs est décédé en 1952 et plus tard, le stade fut renommé Tiger Stadium.  Il sera occupé par les Tigers jusqu’en 1999.

vendredi 9 novembre 2018

Anomalies




Voici quelques photos un peu bizarres où un célèbre joueur porte ou ne porte pas quelque chose qu'il porterait (ou non) en temps normal.

Wayne Gretzky avec un casque CCM au lieu de son traditionnel JOFA.
Kudos au gars avec le collier cervical dans les estrades...

Gordie Howe avec un casque (il se remettait d'une grave blessure en février 1961)

Teemu Selanne avec un casque Nike (et non pas un JOFA lui non plus) et un chandail des Sharks

Craig MacTavish circa 1981 AVEC un casque

Guy Lafleur avec un casque


Et comme c'est Movember en ce moment, voici quelques célèbres moustachus SANS leur moustache (et/ou barbe).


Glenn Anderson circa 1996

Brent Burns circa 2008

Wendel Clark circa 17 ans dans le junior

Mike Gartner circa 1997 en Coyote

Erik Karlsson en 2008 au repêchage

E̶w̶a̶n̶ ̶M̶c̶G̶r̶e̶g̶o̶r̶  Lanny McDonald circa 1973 à Toronto

George Parros en 2013 à Montréal

Harold Snepsts circa 1975 à Vancouver