Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

mercredi 26 avril 2017

Intermède musical - Le Rocket Richard d'Oscar Thiffault




Oscar Thiffault est originaire de l’Estrie, mais il a vécu une bonne partie de sa vie à St-Étienne-des-Grès, en Mauricie.  Ouvrier sur différents chantiers et dans plusieurs usines, il a tiré de ses expériences plusieurs chansons, souvent humoristiques, en plus d’adapter des airs connus.
 
Il est surtout connu pour sa chanson « Rapide blanc » (Awingna han!), vendue à 500 000 copies.  On se souvient également de « Y mouillera pu pan’toute », mais il a également touché au monde du hockey.
 
Comme Pierre Létourneau l’a fait quelques années après lui, il a composé une chance au sujet de Maurice Richard.  Sur l’air de « C’est l’aviron qui nous mène », la chanson à répondre fait entre autres référence à sa suspension qui a mené à l’émeute.
 
[Refrain :]
 
C'est Maurice Richard qui est si populaire,
C'est Maurice Richard qui score tout le temps  (Bis)
 
Voulez-vous ma recette, je vais vous la donner (Bis)
Ouvrez vos deux oreilles et tâcher d'écouter
 
Les adversaires ont peur devant le tricolore (Bis)
Quand sur la ligne de Punch, il voit Maurice Richard
 
Ils sont sur la défense, nous avons attaqué (bis)
Car le Rocket est là, pour les plaquer
 
Par un dimanche au soir en jouant à Boston (bis)
Vous auriez dû voir, les fameux coups de bâtons
 
Mais quelques jours après, y a été suspendu (Bis)
On a été chanceux, qu'il ne soit pas pendu
 
Comme un bon grand athlète, y a accepté son sort (bis)
Il reviendra compté, pour le Canadien encore


 
Oscar Thiffault est décédé en 1998 à l’âge de 85 ans.
 
Sources : « Oscar Thiffault : Ah! Ouigne in hin in! » (cinemaquebecois.telequebec.tv), leparolier.org.

lundi 24 avril 2017

Comparaison des durées de vie




Si comme moi, vous avez grandi dans les années 1970 et 1980, certaines équipes défuntes font partie de vos souvenirs.  Pourtant, les années passent et d’autres équipes les ont remplacées, que ce soit dans une autre ville ou parfois, lorsqu’une autre équipe a pris leur place plus tard dans la même ville.
 
Avec le temps, les nouvelles équipes finissent par dépasser la durée de vie de celles de nos souvenirs.
 
Les North Stars du Minnesota
 
Les North Stars étaient un choix logique pour la première expansion de 1967, puisque le Minnesota est l’un des berceaux du hockey aux États-Unis.  Par contre, l’équipe, souvent mal administrée, a connu plus de bas que de hauts et a déménagé à Dallas en 1993.
 
Les North Stars ont donc existé pendant 26 ans, alors que Dallas les accueille depuis 24 ans.  L’existence des Stars dépassera donc celle des North Stars dans quelques années.   Par contre, souvenons-nous que la saison 2004-05 a été annulée en raison d’un lock out.  Les Stars ont donc joué 23 saisons.
 
Pour le Minnesota, le Wild existe depuis 2000.  Ses 16 saisons sont donc encore loin des 26 des North Stars.
Les Flames d’Atlanta
 
Première équipe établie dans le sud-est des États-Unis en 1972, les Flames d’Atlanta n’étaient pas si mauvais, mais ils soulevaient peu les passions.  Après 8 saisons, ils ont migré au nord, à Calgary, où ils sont depuis 37 ans.  Avec 36 saisons (37 ans – le lock out), Calgary a dépassé depuis longtemps Atlanta. 
 
En fait, avec 11 saisons (1999-2011), même les relativement éphémères Thrashers ont été à Atlanta plus longtemps que les Flames.
 

Quant à ces mêmes Thrashers, ils n’ont pas encore été rattrapés par les Jets de Winnipeg 2e version, qui ont disputé leur 6e saison après les avoir remplacés en 2011.
 
 
Les Jets de Winnipeg 1ère version
 
Les Jets ont débuté dans l’AMH en 1972, avant de faire le saut dans la LNH en 1979.  Gary Bettman n’a eu aucune hésitation à les expédier à Phoenix en 1996, où ils ont depuis des problèmes récurrents à attirer des spectateurs.
 
Leurs 21 ans et 20 saisons sont donc moindres que les 24 ans qu’ils ont passé dans la capitale manitobaine.  Par contre, si on ne considère que les saisons dans la LNH (17), les Coyotes les ont dépassés.

Quant aux nouveaux Jets, leur existence est encore loin d'avoir rejoint celle de leurs prédécesseurs. 
 
Les Nordiques de Québec
 
La rivalité Canadiens-Nordiques a marqué l’imaginaire de ceux qui l’ont vécue.  Mais les années passent et on se retrouve presque au point où l’Avalanche du Colorado, qui a remplacé les Nordiques en 1995, aura existé plus longtemps qu’eux. 
 
L’Avalanche existe depuis 22 ans (21 saisons), ce qui est presque autant que les 23 ans des Nordiques.  Toutefois, si on ignore les années de l’AMH (1972-79), l’Avalanche a déjà dépassé les 16 saisons dans la LNH de Québec.
 
L’Avalanche a aussi dépassé depuis longtemps les 6 petites saisons de ses prédécesseurs au Colorado, les Rockies (1976-82).
 
Les Whalers d’Hartford
 
Les éternels Whalers  Pendant la période où Montréal et Québec étaient dans la division Adams (grosso modo pendant les années 1980), les équipes pouvaient jouer jusqu’à huit fois contre les autres équipes de leur propre division.  Autant les partisans des Canadiens que ceux des Nordiques les ont donc vus à répétition, en plus de les rencontrer sur une base régulière en séries (cinq fois pour Montréal, deux fois pour Québec).
 
Mais avec le recul, que représente l’existence des Whalers?
 
Comme les Jets et les Nordiques, ils ont débuté en 1972 dans l’AMH.  Après 25 ans, ils ont montré qu'ils n'étaient pas si éternels, et ils ont pris le chemin de la Caroline, pour devenir les Hurricanes.  Toutefois, leurs premières années n’ont pas toutes été à Hartford, où ils ont passé au total 20 saisons et demi.  Ceci est à peine plus que leurs 19 saisons en Caroline (et que les 20 années qu’ils y ont passé, si on inclut l’année du lock out).
 
Et si on ne considère que les années dans la LNH, les Hurricanes (19 saisons) ont déjà survécu aux Whalers (18 saisons).
 
Les Seals d’Oakland / Golden Seals de la Californie
 
Dans la baie de San Francisco, ça fait longtemps que les Sharks de San Jose (25 saisons) ont surpassé le club fétiche de La vie est une puck, les Seals d’Oakland / Golden Seals de la Californie (9 saisons, 1967-76).
 
Les Senators d’Ottawa
 
La 2e version des Senators existe depuis 1992 (25 ans, 24 saisons).  C’est encore beaucoup moins que leurs prédécesseurs qui ont existé pendant 51 ans (1883-1934) sous les appellations de Ottawa HC, Silver Seven et Senators.
 
Par contre, ils s’approchent des 26 ans où ils ont porté le même nom (Senators de 1908 à 1934) et si, ici aussi, on ne regarde que les saisons dans la LNH (1917-34), les Sens contemporains ont déjà survécu à leurs ancêtres.
 

lundi 17 avril 2017

Eddie Mazur



Eddie Mazur est originaire de Winnipeg, où il a joué pour les Monarchs, un des nombreux clubs affiliés aux Canadiens.  Après avoir participé au tournoi de la Coupe Memorial en 1948, il fut assigné l’année suivante aux Texans de Dallas de la USHL, avant de se retrouver avec les Cougars de Victoria de la PCHL.
 
Après avoir aidé les Cougars à remporter la Coupe Lester Patrick, il eut l’occasion de faire ses débuts dans la LNH pendant les séries de 1951.  Suite à la blessure de Calum MacKay, les Canadiens eurent à faire appel à Mazur, un ailier gauche rapide, qui avait compté 43 buts à Victoria.  Il participa alors aux deux derniers matchs de la finale, perdus par Montréal en prolongation contre les Leafs.
 
Il passa ensuite la saison 1951-52 avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine, pour après, encore une fois, être rappelé par les Canadiens pour les séries.  En cinq matchs, il est parvenu à marquer ses deux premiers buts en carrière.
 
Il retourna à Victoria en 1952-53 pour qu’ensuite une troisième fois en trois ans, il soit rappelé à Montréal pour les séries.  Il y joua sept parties, amassant deux buts et deux passes, mais surtout, il participa également à la conquête de la Coupe Stanley.  Les Canadiens remportèrent alors le cinquième et décisif match contre les Bruins, 1-0 en prolongation.  Lorsque fut marqué le but gagnant, Mazur était sur la glace.  Il effectua un lancer sur Sugar Jim Henry, qui l’arrêta.  Maurice Richard prit le retour, qui le passa à Elmer Lach, qui marqua. 
 
Pendant cette période, le match des étoiles opposait les champions de la Coupe Stanley (donc dans ce cas-ci les Canadiens) aux étoiles des cinq autres équipes.  De plus, ce match avait lieu avant le début de la saison régulière.
 
Le 3 octobre 1953, Mazur participa donc au match des étoiles, au cours duquel l’entraîneur Dick Irvin le fit jouer sur un trio avec Maurice Richard et une autre jeune recrue, Jean Béliveau!
 
Avant même d’avoir joué un seul match de saison régulière, Mazur avait donc joué 14 matchs de séries, un match des étoiles et remporté une Coupe Stanley.  De plus, il avait marqué quatre buts en séries avant d’en compter un seul en saison régulière.  Ceci constitua un record qui tint jusqu’en 2012, lorsque Chris Kreider des Rangers en marqua cinq lors des séries de cette année, alors qu’il n’avait toujours pas joué de match réguliers.
 
Ce fut toutefois la bonne année pour faire place, puisqu’il joua 67 matchs en 1953-54, pour 7 buts et 14 passes.  Il ne conserva toutefois pas son poste très longtemps.  En 1954-55, il ne joua que 25 matchs avec les Canadiens.  Il passa alors le reste de la saison avec le Royal de Montréal, de la Ligue senior du Québec.
 
L’année suivante, il retourna dans l’ouest, dans sa ville natale, lorsque le hockey professionnel y fit un retour.  Les débuts d’une nouvelle version des Monarchs de Winnipeg furent fracassants, puisqu’ils se méritèrent la Coupe Lester Patrick, une deuxième dans le cas de Mazur.
 
Cette saison lui permit d’obtenir une deuxième chance dans la LNH lorsque les Black Hawks firent son acquisition.  C’est donc avec eux qu’il joua ses 15 derniers matchs dans la grande ligue.  Au total, il en joua 107, en plus de ses 25 en séries.  Il marqua 8 buts et obtint 20 passes.
 
Il passa ainsi les huit années suivantes dans la Ligue américaine, avec Rochester, Cleveland et Providence, avant de retourner à Victoria en 1964-65, pour s’aligner avec les Maple Leafs de la WHL.
 
Il travailla par la suite du côté des ventes chez Molson, avant de devenir propriétaire d’un motel.
 
Mazur est décédé du cancer en 1995, à l’âge de 65 ans, l’année où il fut admis au Temple de la renommée des sports du Manitoba.
 
Sources: “Habs Have Alternates Ready If MacKay Out”, Montreal Gazette, 19 avril 1951, p.20, “Fans in Uproar as Veteran Gets Big Goal To Bring Pewter Back First Time Since 1946” de Dink Carroll, 17 avril 1953, Montreal Gazette, p.22,  “Record Crowd Sees All Stars Strike Early, Beat Habs 3-1”, 5 octobre 1953, Montreal Gazette, p.24, “With Three Postseason Goals, Rangers’ Kreider Ties Obscure Record” de Jeff Z. Klein, 16 mai 2012, The New York Times (slapshot.blogs.nytimes.com), legendsofhockey.net, honouredmembers.sportmanitoba.ca.

dimanche 16 avril 2017

Le démantèlement de la dynastie des Oilers





Voici un texte que je prépare dans ma tête depuis un bon moment et le timing semble approprié car après 11 ans d’absence, les Oilers d'Edmonton sont finalement de retour en séries … Si ces 11 dernières années ont été très dures pour les partisans des Oilers, ce n'est toutefois pas la première fois qu'ils voient leur équipe revenir de loin. Après Montréal, Edmonton est l'équipe dont je suis le plus les activités. J'ai toujours été fasciné par le mouvement de personnel à Edmonton, un petit marché peu convoité où il a toujours été difficile d'attirer des joueurs et de les garder.

J'ai donc décidé de consacrer un article à une époque de l'histoire de cette franchise qui me fascine particulièrement, soit les années déprimantes de lendemain de veille post-dynastie. Des années ponctuées de plusieurs départs douloureux pour les fans des Oilers qui furent bafoués par plusieurs échanges douteux de la part de Glen Sather qui lui fut frappé en pleine face par la nouvelle réalité économique du hockey dans le petit marché qu'est Edmonton.




Difficile de commencer cette histoire à un autre moment que celui de l'échange de Wayne Gretzky durant l'été 1988. Peu importe les motifs de son départ et les manigances en coulisse, l'échange de la merveille a changé le visage de la LNH tant au plan sportif qu'au plan des affaires. Après "l'échange", Gretzky renégocia son contrat à Los Angeles et obtint plus de 3 millions par année de la part des Kings, une sommet astronomique à l'époque et il était bien sûr le mieux payé de la ligue. Cette signature de contrat eut un effet domino à travers la ligue. Mario Lemieux demanda de renégocier son contrat avec les Penguins et obtint 2.25 millions par année. Plus tard, l'agent de Brett Hull, estimait que la production offensive de son client s'approchait de celle de Gretzky et qu'il méritait un salaire à la Gretzky. Il obtint 7 millions pour 4 ans.

En 1989, soit un an après l'échange, l'association des joueurs obtint de la ligue que les contrats soit rendus publics, ce qui accéléra davantage l'escalade des salaires dans les années à venir et nulle part ailleurs qu'à Edmonton l'on ressentit les effets de cette révolution. L'équipe était toujours très compétitive malgré le départ de Gretzky mais après l'ultime conquête des Oilers au printemps 1990, les choses commencèrent à dérailler rapidement. Le capitaine Mark Messier, qui était sous contrat jusqu'en 1993, tentait lui aussi de renégocier son contrat pour s'approcher de 2 millions annuellement. Jari Kurri reçut une nouvelle offre insatisfaisante de la part de l'équipe et opta de ne pas se présenter au camp d"entrainement et décida de jouer en Italie pour la saison 1990-91. Glenn Anderson refusa également de se rapporter au camp mais revint finalement sur sa décision au début de la saison alors que son contrat était encore valide pour 2 ans. Malgré tout, les Oilers de 1990-91 se rendirent quand même en finale de conférence, éliminant au passage les Kings de Gretzky.


1990 - Messier, Lowe et Kurri

C'est durant l'été 1991 que débuta l'exode de masse d'Edmonton. Le premier à partir fut Kurri qui fut échangé tout d'abord à Philadelphie et ensuite dans un autre échange à Los Angeles où il retrouva Gretzky. Par la suite, lors de la Coupe Canada présentée à la fin du mois d'août, on retrouvait dans les journaux d'Edmonton davantage de rumeurs d'échange que les résultats des matchs du tournoi. On parlait de plus en plus du démantèlement inévitable du noyau restant de la dynastie.

L'élément déclencheur de cette exode arriva lorsque l'attaquant Adam Graves reçut une offre de contrat des Rangers que Sather refusa d'égaler. Messier fut furieux lorsqu'il apprit cette nouvelle et demanda publiquement d'être échangé en déclarant qu'il ne se présenterait pas au camp, estimant que les Oilers n'étaient pas prêts à payer le prix pour demeurer compétitifs. À la défense de Sather, Graves n'avait jamais marqué plus de 9 buts en une saison à ce moment de sa carrière et Sather affirma plus tard qu'il aurait agi différemment s'il avait su que Graves allait devenir un marqueur de 50 buts à New York.

Après la Coupe Canada, le camp d'entrainement des Oilers débuta avec plusieurs absents dans la chambre. Outre Messier, Esa Tikkanen resta en Finlande suite à une impasse dans sa renégociation de contrat. Idem pour Anderson et Craig Simpson qui ne se présentèrent pas au camp en espérant une augmentation de salaire. Peu après le début du camp, les Oilers se départirent d'Anderson et du gardien Grant Fuhr dans un échange avec les Maple Leafs. Fuhr était également sur du temps emprunté à Edmonton alors qu'il fut suspendu 60 matchs la saison précédente pour possession de cocaïne. Le défenseur Steve Smith, aussi insatisfait de son contrat, fut échangé à Chicago en retour de Dave Manson. Glen Sather déclara que beaucoup de ces joueurs se voyaient soudainement comme des joueurs à 1 million de dollars par année, ce qu'ils n'étaient pas selon lui.

Après un match au début de la saison, les enchères pour Mark Messier arrivèrent à une conclusion alors qu'il fut échangé aux Rangers. Il obtint un nouveau contrat de 2.6 millions annuellement chez les Rangers.





Durant la dynastie des Oilers, 7 joueurs ont participé aux 5 conquêtes de l'équipe; Messier, Kurri, Anderson, Fuhr, Kevin Lowe, Randy Gregg et Charlie Huddy. Gregg et Huddy furent respectivement libéré et laissé sans protection au repêchage d'expansion de 1991, ce qui fait qu'au début de la saison 1991-92, il ne restait que Lowe en place parmi le club des 7. Il fut nommé comme capitaine successeur à Messier. Simpson et Tikkanen revinrent finalement avec l'équipe alors que le propriétaire Peter Pocklington commença à desserrer un peu son portefeuille, mais ce ne fut que temporaire. Le gardien Bill Ranford joua la saison entière en renégociation de contrat et obtint finalement le contrat désiré après la saison.

Au travers de tous ces départs, les Oilers demeurèrent quand même compétitifs et avaient toujours un noyau de vétérans potables et un certain leadership en Tikkanen, Lowe, Simpson, Ranford et compagnie. Ils se rendirent de nouveau en finale de conférence lors des séries de 1992, éliminant de nouveau les Kings de Gretzky sur leur route. Les Kings avaient à ce moment plusieurs ex-Oilers en plus de Gretzky (Kurri, Huddy, Paul Coffey et Marty McSorley).





Malgré cette recette toujours gagnante chez les Oilers, ils commençaient toutefois à perdre du galon alors qu'ils ne firent que passer en finale de conférence où ils furent balayés en 4 matchs par les Blackhawks. L'atmosphère était également devenue toxique à Edmonton. Les partisans se sentaient toujours trahis par l'échange de Gretzky et le départs des autres vedettes lors des années suivantes ne firent qu'empirer les choses. Les assistances diminuèrent donc drastiquement, même lors des matchs en séries, et les nouveaux joueurs obtenus par l'équipe lors de leur liquidation de la dynastie ne firent que passer pour la plupart car Sather prit plusieurs décisions subséquentes que je trouve totalement absurdes.

Je peux tout d'abord comprendre le contexte qui l'a poussé à se départir de plusieurs vedettes comme Messier, Kurri, Anderson, Fuhr et cie. Et dans la plupart des cas, il a quand même réussi à obtenir quelques joueurs potables en retour. Mais ce qui me bafoue totalement, ce sont les échanges subséquents. Je m'explique:

J'ai pensé analyser ces échanges sous deux niveaux. Le 1er niveau est l'échange principal, soit le premier échange des joueurs vedettes tandis que le 2e niveau implique les échanges subséquents. Vous connaissez l'expression 4 trente-sous pour 1 piastre? Et bien ici on dirait que les Oilers ont appliqué cette règle (1er niveau) mais après avoir reçu leurs 4 trente-sous, ils les ont ré-échangé pour 75 cents (2e niveau). Et le taux de change était mauvais à ce moment-là. Je me concentre ici sur les échanges suivant la saison 1990-91, moment où l'hécatombe débuta.

Esa Tikkanen et Jari Kurri

Échange #1 (30 mai 1991)
EDMONTON PHILADELPHIE
Scott Mellanby Jari Kurri (échangé ensuite à L.A)
Craig Fisher Dave Brown
Craig Berube Corey Foster

1er niveau:
Échange quand même correct. Le départ de Kurri semblait inévitable et il ne dépassera le plateau des 30 buts qu'une seule autre fois après son départ. Il n'était plus qu'un spécialiste défensif lors de sa retraite en 1998. Les autres joueurs obtenus par les Flyers n'étaient que des figurants. Même chose pour Fisher et Berube qui ne firent que passer.

2e niveau:
La pièce maîtresse obtenue en retour de Kurri fut Scott Mellanby qui devint éventuellement un marqueur de 30 buts en Floride et qui jouera jusqu'en 2007. Sather l'a tout bêtement perdu au repêchage d'expansion de 1993, lui préférant des joueurs comme Vladimir Vujtek (on le verra plus loin lui). Comme consolation en retour du départ de la légende Finlandaise, c'est très mince...


Glenn Anderson et Grant Fuhr

Échange #2 (19 septembre 1991)
EDMONTON TORONTO
Vincent Damphousse Glenn Anderson
Peter Ing Grant Fuhr
Luke Richardson Craig Berube
Scott Thornton
Considérations futures
Cash

1er niveau:
Un blockbuster ici alors que 2 grosses pièces de la dynastie s'en allèrent à Toronto. Craig Berube aura donc fait partie de 2 gros échanges durant l'année 1991 sans jamais enfiler l'uniforme des Oilers. Je considère toutefois que les Oilers eurent le dessus dans cet échange alors que Vincent Damphousse était à ce moment-là supérieur à Anderson tandis que Fuhr n'était plus désiré. Ils eurent également quelques joueurs d'utilité qui joueront quelques saisons à Edmonton en Thornton et Richardson.

2e niveau:
Damphousse fut le meilleur joueur des Oilers en 1991-92 et Sather déclara même qu'il était le meilleur attaquant québécois après Mario Lemieux, ce qui ne l'empêcha pas de le ré-échanger un an plus tard à Montreal contre Shayne Corson, Brent Gilchrist et Vladimir Vujtek. J'ai déjà analysé cet échange totalement perdant des Oilers dans le passé (voir texte du 9 septembre 2015). Un autre retour sur l'investissement perdant ici.


1994 - Rangers de New York


Échange #3 (4 octobre 1991)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Bernie Nicholls Mark Messier
Louie DeBrusk Considérations futures (Jeff Beukeboom)
Steven Rice
Considérations futures (David Shaw)

1er niveau:
Ici il est clair que les Oilers seraient perdants de n'importe quel échange impliquant Messier, mais comme les autres échanges, ce départ était devenu inévitable. Ils perdirent éventuellement un autre gros morceau en Jeff Beukeboom. Ils reçurent en retour un dur à cuire (DeBrusk) qui joua avec l'équipe jusqu'en 1997 ainsi que d'autres prospects qui n'aboutirent pas à grand chose. La pièce maitresse de cet échange pour les Oilers fut Bernie Nicholls qui ne joua que 49 matchs cette saison-là mais qui récolta tout de même 1 point par match et qui avait encore quelques bonnes saisons dans le corps. Il fut également le 2e meilleur pointeur des Oilers en séries.

2e niveau:
Comme Damphousse avant lui, Nicholls fut ré-échangé rapidement et les Oilers perdirent au change. En janvier 1993, ils envoyèrent Nicholls au New Jersey en retour des attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Ciger connut deux saisons potables à Edmonton avant de retourner jouer en République Tchèque en 1996. Todd semblait être un jeune prometteur quelques saisons auparavant avec les Devils mais les Oilers ne furent qu'une de ses nombreuses destinations lors de son parcours de nomade des années subséquentes. Nicholls pour sa part joua jusqu'en 1998-99 tandis que Messier remporta la coupe en 1994 avec les Rangers et joua jusqu'en 2004...



Glen Sather continua ensuite de liquider le restant de ses ex-champions dans des échanges plus ou moins rentables... Encore ici il ne s'agit que des échanges majeurs impliquant des joueurs de l'équipe de 1990, d'autres joueurs mineurs s'en allèrent au travers de ça.

ÉCHANGE #4 (11 décembre 1992)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Roman Oksiuta Kevin Lowe
Choix de 3e en 1993 (Alexander Kerch)


ÉCHANGE #5 (24 février 1993)
EDMONTON CHICAGO
Igor Kravchuk Joe Murphy
Dean McAmmond


ÉCHANGE #6 (17 mars 1993)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Doug Weight Esa Tikkanen


ÉCHANGE #6 (16 juin 1993)
EDMONTON TAMPA BAY
Choix de 3e en 1994 (Brad Symes) Petr Klima


ÉCHANGE #7 (20 juin 1993)
EDMONTON QUÉBEC
Scott Pearson Martin Gélinas

Choix de 6e en 1993 (Nicholas Checco)


ÉCHANGE #8 (1er septembre 1993)
EDMONTON BUFFALO
Jozef Cierny Craig Simpson
Choix de 4e en 1994 (Jussi Tarvainen)


ÉCHANGE #9 (21 mars 1994)
EDMONTON NEW YORK RANGERS
Todd Marchant Craig MacTavish


Tous ces échanges et ce démantèlement firent en sorte qu'au début de la saison écourtée de 1995, il ne restait que 2 joueurs de l'édition championne de 1990, Kelly Buchberger et le gardien Bill Ranford. Ironiquement, les meilleurs échanges de Sather (Weight et Marchant) impliquèrent également les Rangers, qui tentèrent de répliquer la formule des Oilers en s'accaparant de leurs anciens joueurs. En plus de Messier, les Rangers de 1994 comptaient dans leurs rangs 6 autres anciens Oilers (Anderson, MacTavish, Lowe, Beukeboom, Tikkanen et Graves). Plusieurs considèrent que la coupe de 1994 des Rangers est en quelque sorte la 6e des Oilers... Si on considère que les Kings de 1993, finalistes de la Coupe Stanley, avaient également plusieurs ex-Oilers dans leurs rangs, il est à se demander combien de championnats supplémentaires les Oilers auraient pu remporter. Wayne Gretzky a lui-même estimé qu'il aurait pu remporter 3 ou 4 coupes supplémentaires s'il était resté à Edmonton avec le même noyau...

Pour leur part, Buchberger resta avec l'équipe jusqu'en 1999 lorsqu'il fut réclamé au repêchage d'expansion par les Thrashers d'Atlanta tandis que Ranford fut échangé aux Bruins en janvier 1996. Il revint à Edmonton durant la saison 1999-2000 comme agent libre, ce qui fit de lui à ce moment-là le dernier membre survivant de la dynastie encore avec l'équipe.

Nouvelle ère à Edmonton
Weight, Smyth, Joseph, Marchant, Grier et cie.


Au moins Glen Sather commençait à recevoir de meilleurs joueurs en retour et à recommencer à bien repêcher, chose qui faisait défaut durant les années de dynastie. Des joueurs comme Doug Weight et Todd Marchant par exemple ainsi que des choix judicieux comme Jason Arnott et Ryan Smyth. Il réussit également à obtenir les droits sur Curtis Joseph et Mike Grier lorsque les Blues de St.Louis signèrent Shayne Corson comme agent libre avec compensation en 1995. Il réussit même à refiler Dave Manson (obtenu contre Steve Smith) aux Jets de Winnipeg contre l'excellent défenseur Boris Mironov ainsi qu'un choix de 1re ronde (Jason Bonsignore). Ces échanges permirent tranquillement aux Oilers de redevenir respectables en 1997 lorsqu'ils revinrent en séries après 5 ans d'absence. 5 ans d'absence c'est pas mal moins que les 11 dernières années misérables des Oilers mais dans le contexte de post-dynastie, je me demande si ces 5 années ne semblèrent pas plus longues en réalité pour les fans... Quoique la plus récente disette découla de la présence surprise en finale de 2006 et d'un autre exode de joueurs par la suite (Chris Pronger). Pas facile d'être partisan des Oilers...

Sather resta à Edmonton jusqu'en 2000. Il quitta ensuite pour devenir DG des Rangers de New York, chose que j'ai toujours trouvée ironique. Il pouvait désormais garocher des millions à qui il lui plaisait. Des joueurs comme Bobby Holik, Scott Gomez et Chris Drury lui disent encore merci d'ailleurs...


Sources:
Wikipedia
Hockeydb
Cooper and blue

samedi 15 avril 2017

Ron Hainsey accède finalement aux séries



Petit fait inusité des présentes séries : Ron Hainsey a finalement mis fin à sa séquence.  L’ancien de l’Université du Massachusetts à Lowell et choix de première ronde des Canadiens en 2000 a finalement joué son premier match de séries mercredi dernier avec les Penguins.  Son record s’arrête ainsi à 907 matchs de saison régulière avant de jouer son premier match éliminatoire.
 
Il avait déjà battu depuis un moment le record d’Olli Jokinen, qui avait joué 799 matchs avant de finalement pouvoir jouer dans le tournoi du printemps avec les Flames en 2009.  Jokinen a par la suite joué sept autres années sans jamais retourner en séries.  Au total, il a joué 1231 matchs de saison régulière pour 11 équipes différentes, mais seulement 6 en séries.
 
L’ancien coéquipier de Jokinen chez les Panthers et les Flames, Jay Bouwmeester, a quant à lui joué 764 matchs en saison régulière avant d’accéder aux séries.  Toutefois, depuis qu’il s’aligne avec les Blues, il y accède régulièrement.
 
Dans le cas d’Hainsey, il faut dire qu’après avoir été repêché par les Canadiens pendant une période plus ou moins heureuse, il n’a joué que 32 matchs dans leur uniforme.
 
Par la suite, il est allé d’une mauvaise équipe à l’autre, soit par le ballotage ou comme agent libre.  Malgré tout, il a conservé sa place dans la Ligue nationale et participé à un nombre plus que respectable de parties.  Réclamé par les Blue Jackets, il est ensuite passé par les Thrashers, avant de déménager avec le reste de l’équipe à Winnipeg, pour ensuite aboutir avec les Hurricanes.
 
En cela, le parcours d’Hainsey ressemble à celui de Guy Charron, qui a brièvement joué à Montréal en début de carrière, avant de jouer pendant de longues périodes pour des équipes misérables.  Par contre, Charron n’est pas en lice pour ce record, puisqu’il est dans une catégorie à part.  En effet, s’il a joué 734 matchs de saison régulière et connu une carrière plus qu’honorable, il n’a finalement jamais eu l’occasion de jouer un seul match de séries avant sa retraite.  Comme quoi, parfois, on est au mauvais endroit au mauvais moment…
 
Pour ce qui est d’Hainsey, son passage vers Pittsburgh a constitué une autre première dans sa carrière.  Il s’agissait de la première fois qu’il était échangé.  (Ses autres transferts avaient toujours été faits en tant que signature comme agent libre ou par le ballotage.)  Et pour cet échange, les Penguins ont bien peu donné : un orteil gelé, Danny Kristo, un autre ancien espoir des Canadiens qui avait plus fait la manchette pour ses frasques sur le campus de l’Université du Dakota du Nord que pour ses performances sur la patinoire.  Et neuf ans après avoir été repêché, il n’a toujours pas joué dans la LNH.  (Plus sérieusement, les Hurricanes ont tout de même aussi obtenu un choix de deuxième ronde.)

Bravo à Hainsey et vaut mieux tard que jamais!
 
Sources : “Veteran Ron Hainsey is about to (finally) make his playoff debut” d’Emily Sadler, 11 avril 2017, Sportsnet (sportsnet.ca), hockeydb.com.

lundi 10 avril 2017

Earl Reibel



C’est maintenant officiel.  La séquence de saisons consécutives où les Red Wings ont accédé aux séries s’arrêtera à 25, puisqu’ils les rateront pour la première fois depuis 1989-90.  Il s’agit de la troisième plus longue séquence de l’histoire de la ligue, derrière celles des Bruins et des Black Hawks, à égalité avec celle des Blues.
 
Au cours de la longue histoire des Wings, il y a eu plusieurs autres longues séquences.  Par exemple, de 1950-51 à 1963-64, Détroit n’a eu qu’un seul joueur qui a terminé en tête de ses pointeurs : Gordie Howe, à une exception près.  En 1954-55, Howe a raté six matchs, en plus de ne pas avoir connu sa meilleure saison.  En 64 matchs, il a amassé 62 points, ce qui représentait tout de même le cinquième total de la ligue, derrière trois joueurs des Canadiens, puisqu’il s’agissait de la fameuse saison où la suspension de Maurice Richard (qui causa l’émeute) permit à Bernard Geoffrion de le dépasser.  (Le troisième était Jean Béliveau.)  Quant au quatrième, il s’agissait de son coéquipier, Earl Reibel, qui en accumula 66.
 
Les succès de Reibel n’étaient tout de même pas une grande surprise.  En 1949-50, il fut le premier de la Ligue de l’Ontario à accumuler plus de 100 points, lorsqu’il en amassa 129 (en 48 matchs!) alors qu’il s’alignait avec les Spitfires de Windsor.
 
En 1951-52, lors de son passage avec les Capitals d’Indianapolis, il remporta le Trophée Red Garrett (recrue de l’année de la Ligue américaine).  Il devait ensuite faire ses débuts à Détroit, mais le tout fut reporté lorsqu’un train entra en collision avec sa voiture.  Comme l’accident lui laissa un œil qui louchait, les Wings préférèrent alors l’envoyer avec les Flyers d’Edmonton dans la WHL, pour s’assurer que son jeu n’était pas affecté.  Il répondit en remportant le championnat des compteurs.
 
Cette performance lui permit finalement de faire ses débuts dans la Ligue nationale en 1953-54.  Reibel ne rata pas son entrée.  À son premier match, l’entraîneur Tommy Ivan le fit jouer avec Howe et Ted Lindsay.  Reibel répliqua en amassant quatre passes, un record pour un joueur à son premier match.
 
À son année recrue, son total de 48 points lui donna tout de même le septième rang de la ligue.  C’est donc à seulement à sa deuxième saison que l’humble Reibel dépassa Gordie Howe.  Ses débuts furent donc des plus prometteurs et comme si ce n’était pas assez, il aida les Red Wings à remporter la Coupe Stanley à ses deux premières campagnes.  Celle de 1955 fut toutefois la dernière avant une longue disette, puisque les Wings durent ensuite attendre à la saison 1996-97, 32 ans plus tard, avant de la remporter à nouveau.  Quant à Reibel, son total de 66 points s’est finalement avéré son sommet en carrière.
 
L’année suivante, il en accumula 56, en plus d’afficher un faible total de 10 minutes de pénalité, chose habituelle dans son cas.  Son bon comportement sur la glace lui valut d’ailleurs de se mettre la main sur le Trophée Lady Byng.
 
La carrière de Reibel tomba ensuite sur une pente descendante.  Il se contenta de 36 points en 1956-57, puis après un lent début de saison en 1957-58, il fut échangé aux Black Hawks dans une transaction impliquant aussi Bill Dineen.  La transaction déçut grandement Reibel.
 
Son passage à Chicago fut de courte durée, puisqu’à la fin de l’année, il fut laissé sans protection et réclamé par les Bruins.
 
À Boston, où le cœur ne semblait plus y être, ses statistiques furent encore à la baisse.  Après une saison divisée entre Détroit et Chicago de 27 points, sa production avec les Bruins se limita à 14.
 
Cette saison marqua la fin de sa carrière dans la LNH, où en 409 matchs, sa fiche est de 84 buts, 161 passes, 245 points et seulement 75 minutes de pénalité.
 
Il alla alors passer deux saisons dans la Ligue américaine avec les Reds de Providence.  Lorsqu’on l’envoya ensuite avec les Seals de San Francisco de la WHL, il préféra prendre sa retraite.
 
Il retourna alors dans sa région natale, à Kitchener.  Celui qu’on surnommait ″Dutch″ est décédé en 2007, à l’âge de 76 ans.
 
Sources: “Wings Whips N.Y. 4-1 Reibel Four Assists”, AP, 9 octobre 1953, Montreal Gazette, p.25, “Remembering Earl Reibel” de Tim Wharnsby, 13 janvier 2007, The Globe and Mail (theglobeandmail.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.