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vendredi 21 septembre 2018

Intermède musical - Passe-moé la puck des Colocs









En 1993, les Colocs ont lancé leur premier album, éponyme.  Si c’est avec Julie qu’ils se sont d’abord faits connaître, d’autres chansons ont aussi amplement tourné.  Parmi elles, on retrouve Passe-moé la puck, une composition de Dédé Fortin.
 
Malgré le titre, la référence au hockey est tout de même minime.  Il s’agit en fait d’une critique sociale au sujet des laissés pour contre, particulièrement des sans-abri.  Le titre n’est qu’une métaphore pour dire que certaines personnes n’ont pas l’occasion de se faire valoir.  En fait, les références au hockey sont plus nombreuses dans le vidéoclip.
 

Aujourd'hui la télévision est v'nue nous voir
Pour constater l'état du désespoir
Une coupe de sans abri à la veille de Noël
Ça c'est un beau sujet pour le show des nouvelles
La caméra dans' face j'y faisais des grimaces
Mais qu'est-cé qui font là à filmer ma carcasse?
C'est pour un reportage sur les plus démunis
J'voudrais savoir ton nom j'voudrais voir ton taudis
J'habite pas d'en taudis j'm'appelle pas j'viens tout seul
M'a t'mettre les points s'es "i" ou ben mon poing s'a yeul
Golden Johnny travaille pour les yuppies
Si j'avais l'droit d'voter ben j'voterais pas pour lui
Y'a L'armée du salut pourquoi tu vis dans'rue?
J'ai dit ben passe-moi' puck
Pis j'vas en compter des buts

M'a posé d'autres questions sur ma situation
C'est d'intérêt public de savoir si j'me pique
Tu bois-tu d'la robine, tu fouilles-tu dans'es poubelles?
Épargne moi les détails sur ta vie sexuelle
Bobette branlette canette Ginette
Quêter manger j'm'en vas m'saouler
Tu vas en savoir plus long si tu donnes un peu d'fric
C'est comme le téléthon des alcooliques
Y'a l'armée du salut pourquoi tu vis dans'rue
J'ai dit ben passe-moi' puck
Pis j'vas en compter des buts

Le journaliste téteux a fait le tour du bloc
Y a filmé juste un peu y a ramassé son stock
Y'es rentré dans l'café y a demandé les shiottes
Moi j'en ai profité pour y piquer son truck
Ch't'aller m'chauffer les fesses au bureau du B.S.
Mais on peut pas t'aider si t'as même pas d'adresse
Ça fait qu'j't'aller m'checker un p'tit logement deux pièces
On peut pas t'le louer t'as même pas d'B.S.

Aujourd'hui la télévision est v'nue nous voir
J'me sentais comme un rat dans un laboratoire
Y'a l'armée du salut pourquoi tu vis dans'rue
J'ai dis ben passe-moé 'a puck
Pis j'vas en compter des buts


 https://www.youtube.com/watch?v=Ir_BgZzu1_M

samedi 15 septembre 2018

Excursion LVEUP - Les Saguenéens... d'Alma?




Le vendredi 7 septembre dernier avait lieu un événement hors du commun par chez nous alors que du hockey junior majeur avait lieu au Centre Mario Tremblay d'Alma lors d'un match hors-concours entre les Saguenéens de Chicoutimi et le Drakkar de Baie-Comeau. Il s'agit de la troisième année où les Sags disputent une partie en pré-saison au Lac-St-Jean et c'était maintenant au tour d'Alma après Roberval et Dolbeau-Mistassini lors des deux années précédentes.


Je trouve qu'il s'agit d'une excellente initiative de la part des Sags qui souhaitent mettre l'accent sur le fait qu'il s'agit de l'équipe de toute la région et non pas seulement de Chicoutimi ou du Saguenay. Je me devais donc d'aller faire mon tour au Centre Mario Tremblay pour ce match que je considère historique car selon les journaux locaux, il s'agissait d'une première pour les Sags et la LHJMQ à Alma, hors-concours ou non. Les profits de la vente des billets étaient remis aux associations de hockey mineur d'Alma.



Comme toute bonne excursion LVEUP, laissez-moi tout d'abord vous présenter les lieux. Je sais qu'il ne s'agit pas d'un aréna majeur comme d'autres excursions faites dans le passé (Buffalo, New Jersey, Boston, etc...) mais j'avais envie de vous présenter un petit peu mon coin de pays et aussi une grosse partie de mon enfance. Le Centre Mario Tremblay est un centre sportif communautaire où la majorité des événements sportifs et culturels de la ville ont lieu. Le Centre est construit en longueur avec deux entrées principales. Il comporte deux patinoires, deux piscines ainsi que plusieurs gymnases et salles d'exercices. Il est annexé à une des deux écoles secondaires de la ville ainsi qu'à une salle de spectacle (Salle Michel Côté) et un amphithéâtre extérieur (Place Festivalma). On retrouve également des terrains de soccer, de football, de baseball et de tennis à l'extérieur. Avant de porter le nom du bleuet bionique, le centre s'appelait le CREPS, un acronyme qui selon ma mémoire voulait dire "Centre Récréatif... et j'oublie le reste. Je crois que le S voulait dire sportif. On entend encore beaucoup de gens dire le CREPS, c'est plus rapide à dire et je crois qu'il y a une certaine tradition à faire perdurer cet ancien nom.

Si certains sont nostalgiques de l'ancien nom, je crois que personne ne s'ennuie de l'ancien CREPS d'avant les rénovations majeures qui eurent lieu il y a quelques années. Le CREPS de ma jeunesse avait une odeur particulière de poche de hockey et de chlore qui me revient dans le nez dès que j'entends le mot CREPS. 


Devanture du centre, côté piscine et gymnases
Ancienne devanture (pré-2011), côté de l'Aréna

Entrée de l'Aréna

En ce qui concerne la section aréna du centre, on retrouve deux glaces adjacentes séparées par un couloir permettant de communiquer d'une glace à l'autre facilement. Il y a une glace principale (la grande glace) avec 1000 sièges tandis que l'autre (la petite glace) n'a qu'une trentaine de place assises. Il est rare que je vois un match sur cette petite glace, elle est surtout utilisée pour des entraînements. Je trouve dommage qu'ils n'aient pas profité de ces récentes rénovations pour agrandir l'autre côté de la grande glace. Je déteste les ''demi-aréna'' du genre où les joueurs font dos au mur et où l'on retrouve peu d'accès au niveau de la patinoire et derrière les filets pour regarder le match. Mais je crois qu'il aurait été impossible (ou sinon très dispendieux) d'agrandir l'aréna de la sorte alors qu'il aurait fallu refaire complètement le toit. De plus l’amphithéâtre extérieur est très près de cette paroi donc je crois qu'on peut oublier ça pour toujours...




Quand je visite un aréna, j'aime voir des trucs historiques comme des photos d'équipe d'époque, des bannières ou des statues (comme celle de l'aréna de Jonquière à effigie de Pierre Pilote, voir texte du 13 janvier 2018). Dans le cas du Centre Mario Tremblay, on est malheureusement peu choyé dans ce département. Il y a certes des écrans dans le couloir principal qui diffusent quelques photos mais à chaque fois que je m'attarde à les regarder je suis déçu. Concernant la légende locale qui prête son nom au bâtiment, il n'y a encore que très peu de place qui lui est accordée, seulement une plaque très brève à son effigie ainsi qu'un grand cadre. Au moins ce cadre est spécial du fait qu'il est en fait un cadre hologramme qui permet de voir des photos différentes de Mario dans différents uniformes selon l'angle de vue, un peu comme les cartes de hockey hologrammes des années 90... Cependant je n'ai pas réussi à bien le prendre en photo.





Passons donc au compte-rendu de ce match historique. En me rendant au match, je me disais qu'il s'agissait probablement du plus haut niveau de hockey que j'aurai la chance d'assister à Alma. J'étais aussi content de n'avoir qu'un court trajet d'environ 5 minutes d'auto à faire pour m'y rendre. Lorsque je vais voir les Sags à Chicoutimi ou bien le Marquis à Jonquière, j'ai au moins 40 minutes à prévoir.

Après une mise-au-jeu protocolaire de la part du maire, le match débuta entre le Drakkar et les Sags. Je ne suis pas beaucoup leurs activités donc je ne connais pas vraiment leurs joueurs cette année. Mais plusieurs spectateurs semblaient parler en bien d'un nouveau défenseur recrue, le russe Artemi Knyazev. Il n'a pas déçu en récoltant 1 but et 1 passe durant ce match. Pour ma part j'ai plutôt été plus impressionné par le plus récent 1er choix au total de cette année, Hendrix Lapierre. Il a très bien fait avec 3 passes. D'ailleurs avec un prénom comme Hendrix il captait déjà mon attention. J'ai aussi bien aimé le travail de son compagnon de trio, Félix-Antoine Marcotty.

Voici le sommaire du match si jamais ça vous intéresse.







Ce n'était toutefois pas le match le plus enlevant alors que le Drakkar n'était pas vraiment dans le coup. Les Sags ont finalement remporté la partie 5-1 mais je dois avouer qu'après la deuxième le match perdit son souffle. Il y eut beaucoup trop de punitions de chaque côté et le rythme en a souffert. De plus je m'attendais à ce qu'il y ait plus de spectateurse et plus d'ambiance. Je n'avais pas acheté mon billet d'avance et je croyais peut-être avoir à rebrousser mon chemin et manquer ce match mais il n'y eut que 750 places vendues sur 1000 places et plus de disponible. Il faut dire que le match ne fut pas tellement publicisé. Je ne l'ai su que deux jours avant et aucun de mes amis ou collègues de travail n'était au courant. Je n'ai vu ni entendu aucune publicité si ce n'est qu'un article standard dans le journal. Je trouve qu'à ce niveau, le hockey mineur d'Alma ainsi que la ville ont raté le bateau en ce qui concerne la promotion...

J'ai quand même aimé mon match et j'espère que les Sags vont répéter l'expérience dans les années à venir.

Histoire de bien compléter, je vous laisse sur un petit extrait vidéo du match. Je n'ai pas réussi à capter un but marqué mais il s'agit d'une belle séquence lors d'un avantage numérique.



jeudi 13 septembre 2018

Ian Turnbull








Montréalais de naissance, Ian Turnbull arriva avec les Canadiens Jr de sa ville natale alors qu’ils étaient déjà au sommet.  Menés par Gilbert Perreault, Réjean Houle, Marc Tardif et Jocelyn Guèvremont, ils avaient remporté la Coupe Memorial l’année précédente.  L’équipe poursuivit sur sa lancée en 1969-70 et répéta son exploit.  Turnbull fit donc partie de l’équipe dans un rôle secondaire.  Toutefois, les piliers graduèrent ensuite chez les pros, laissant plus de place pour Turnbull.  Malgré qu’il était un défenseur, il fut le meilleur pointeur de l’équipe en 1971-72 avec 82 points.  L’équipe était toutefois tombée dans un creux de vague, comme c’est souvent le cas pour les équipes de junior.  On l’échangea donc à Ottawa (Montréal et Ottawa jouaient tous les deux dans la même ligue à l’époque).
 
Avec les 67’s d’Ottawa, il alla appuyer un autre défenseur, identifié comme premier espoir, Denis Potvin.
 
Le jour du repêchage de 1973, Potvin fut effectivement choisi premier, par les Islanders.  De leur côté, les Leafs avaient refilé Jacques Plante et leur troisième choix quelques mois plus tôt aux Bruins contre leur premier choix et des considérations futures qui deviendront le gardien Eddie Johnstone.  Plante joua 8 matchs, avant que les Bruins ne perdent au premier tour contre les Rangers, et que Plante ne prenne sa retraite.  Avec le choix obtenu, Toronto choisit Turnbull.
 
Au camp d’entraînement, les Leafs purent compter sur un nouveau duo de jeunes défenseurs offensifs, Turnbull et un suédois (chose peu commune à l’époque), Borje Salming.
 
Si Turnbull fut ralenti par une sérieuse blessure en 1974-75, il demeure qu’il forma une paire très efficace avec Salming pendant plusieurs années.  Salming était plus flamboyant et attirait plus l’attention, mais Turnbull était plus offensif.  En 1976-77, ils atteignirent tous les deux leur sommet en carrière, 79 points pour Turnbull et 78 pour Salming.  Turnbull établit également un record d’équipe.  En effet, il marqua 22 buts, un sommet pour un défenseur.  Cette marque tient toujours, mais elle a depuis été égalisée par Al Iafrate en 1987-88.
 
Au cours de cette même saison, leur coéquipier Darryl Sittler établit une marque de la ligue qui tient toujours, 10 points en un match.
 
Quelques mois plus tard, ce fut au tour de Turnbull de passer à l’histoire.  Le 2 février 1977, il marqua 5 buts contre Ed Giacomin et Jim Rutherford des Red Wings, dans une victoire de 9-1.  Seulement Danny Grant a réussi à éviter le blanchissage aux Red Wings.
 
Pour ce qui est de Turnbull, il s’agissait de la 33e fois qu’un joueur comptait cinq buts ou plus.  Par contre, il s’agissait de la première fois qu’un défenseur y parvenait.  Fait intéressant, Turnbull n’a effectué que cinq tirs durant le match.  Il battait ainsi un record que personne n’avait réalisé depuis 47 ans, alors que le 19 novembre 1929, pas un, mais deux défenseurs avaient marqué quatre buts au cours d’un match.  John McKinnon des Pirates de Pittsburgh et Hap Day des Leafs avaient alors réalisé l’exploit. 
 
À la fin du match, son partenaire Salming lui avait dit qu’il ferait tout ce qu’il pourrait pour l’alimenter et lui permettre de battre le record.  À 18:30 de la troisième, Salming lui fit la passe qui lui permit d’y arriver.  Il s’agissait d’ailleurs d’une troisième aide pour Salming dans ce match.
 
Pendant cette période, Toronto avait une bonne équipe, mais elle était dans le régime chaotique de l’excentrique propriétaire Harold Ballard, qui en plus, n’aimait pas tellement dépenser son argent.  Dans cette équipe instable, plusieurs joueurs ont été transigés dans des échanges difficiles à comprendre.  En 1981-82, il y eut une autre purge, alors que des piliers comme Wilfrid Paiement, Laurie Boschman et surtout Darryl Sittler furent échangés.  Turnbull y passa aussi lorsqu’il prit la direction de Los Angeles, pendant que Billy Harris prenait le chemin inverse.
 
Un mois après son acquisition par les Kings, le 12 décembre 1981, Turnbull eut une autre soirée remarquable lorsqu’il marqua quatre buts contre les Canucks, dans une victoire de 7-5.  Dans l’histoire, il n’y a eu que huit défenseurs qui ont réussi cet exploit.  Après Turnbull, seulement Paul Coffey y est parvenu, le 26 décembre 1984.  Ça n’empêcha toutefois pas Turnbull de faire un séjour dans la Ligue américaine.
 
En bout de ligne, le séjour de Turnbull en Californie a été de courte durée, puisqu’en octobre 1982, il signa avec les Penguins.  Il joua six matchs à Pittsburgh et passa du temps à Baltimore dans la Ligue américaine, mais ayant été blessé, il accrocha ses patins.
 
Si Turnbull n’a pas joué longtemps avec les Kings, il a tout de même décidé de s’établir à Los Angeles et il y habite toujours.  Celui qui avait déjà eu un bar à vin à Toronto lorsqu’il jouait avec les Leafs a toujours eu un intérêt pour les affaires.  Il s’impliqua entre autres en immobilier et en informatique.  Ayant également des talents artistiques, il peint, il joue de la guitare et il se sert de l’ordinateur pour dessiner.
 
Sources: “Pittsburg (sic) 10 Toronto 5”, 20 novembre 1929, La Patrie, page 9, “Turnbull scores five goals as Leafs romp over Wings”, CP, 3 février 1977, Montreal Gazette, page 14, “Catching up with Ian Turnbull” de John Iaboni, 2 février 2007 (nhl.com), hhof.com, wikipedia.org.

samedi 8 septembre 2018

Billy Reay









En tant que joueur, Billy Reay a gagné pratiquement à tous les niveaux.  Avec son club junior de St-Boniface, le petit joueur de centre a remporté la Coupe Memorial en 1937-38.  Un an plus tard, il signait comme agent libre avec les Red Wings.  Il se retrouva toutefois avec les As de Québec de la Ligue senior, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1944, en plus de participer au tournoi pour son obtention en 1942 et en 1945.  Il y fut également joueur-entraîneur de 1942 à 1944 au jeune âge de 24 ans, dans ce qui fut un prélude à ce qui suivra plus tard.  
 
Entre temps, il fit ses débuts dans la grande ligue en jouant quatre petits matchs avec les Wings, mais avant le début de la saison 1945-46, il fut échangé aux Canadiens pour Ray Getliffe et Rollie Rossignol.  (Lorsque Getliffe préféra prendre sa retraite, Détroit obtint plutôt Fernand Gauthier.)  Cette transaction lui permit non seulement de se tailler une place dans la LNH, mais aussi de compter 17 buts, le troisième total chez le CH derrière Maurice Richard et Toe Blake.  De plus, dès sa saison recrue, il ajouta la Coupe Stanley à son palmarès.
 
L’année suivante, il augmenta sa production à 22 buts, alors que le calendrier passa de 50 à 60 matchs, total qu’il égala en 1948-49. 
 
Par la suite, sa production offensive diminua, mais cela ne l’empêcha pas d’être choisi pour participer au match des étoiles de 1952.
 
La saison 1952-53 fut particulière pour lui à plusieurs niveaux.  D’abord, le 11 octobre 1952 fut diffusée la première de La Soirée du hockey.  Pour l’occasion, les Canadiens et Reay affrontaient Détroit.  À ce moment, uniquement la troisième période était diffusée, puisqu’on craignait que la télévision fasse baisser la vente de billets (crainte qui s’est avérée non fondée).  Au moment d’entrer en ondes, la marque était de 1-1.  C’est alors à 16:07 que Reay marqua le premier but télédiffusé au Canada.  Ce ne fut toutefois pas le but le plus élégant.  Reay tenta une passe à Richard que Terry Sawchuk intercepta, mais en se relevant, il poussa la rondelle dans son filet…  Ce fut également le but gagnant et le seul que purent voir les téléspectateurs, puisque Montréal l’emporta finalement 2-1.  Sur une base personnelle, ce ne fut seulement qu’un des quatre qu’il marqua cette année-là, son apport offensif atteignant son plus faible niveau.
 
À la fin de la saison, les Canadiens profitèrent de l’élimination surprise des favoris, les Red Wings, contre les Bruins, pour remporter la Coupe Stanley, une deuxième pour Reay.
 
C’est ainsi que Reay remporta la Coupe à sa première et à sa dernière année, puisqu’en juin 1953, il fut nommé joueur-entraîneur des Cougars de Victoria de la WHL.  Il conserva ce rôle pendant deux ans, avant d’accrocher ses patins de façon définitive et de se concentrer sur son poste d’entraîneur, où il passa par Seattle et Rochester.
 
Dans une ligue à six équipes à l’époque, le nombre de postes d’entraîneur-chef dans la Ligue nationale était évidemment restreint, mais en 1957, Reay obtint la chance de succéder à Howie Meeker derrière le banc des Maple Leafs.  Par contre, à ce moment, les Torontois étaient dans un creux de vague.  Reay ne parvint alors pas à renverser la vapeur et fit pire que Meeker.  Après avoir terminés avant-derniers, les Leafs terminèrent à la queue, la seule fois qu’une telle chose arriva lors de la période des Original Six.  Les choses n’allant pas mieux en 1958-59, Reay fut congédié pendant la saison, chose rare à l’époque.  Il fut ainsi remplacé par Punch Imlach, l’ex-entraîneur des As de Québec.
 
 
Reay dut donc refaire ses classes avec Sault-Ste-Marie de l’EPHL, avant de retourner dans la Ligue américaine, avec les Bisons de Buffalo.  C’est alors derrière leur banc qu’il remporta l’un des rares titres qui lui échappa comme joueur, la Coupe Calder, en 1962-63.
 
Cette performance convainquit donc les Black Hawks de lui donner une deuxième chance et de lui confier leur banc.  C’est alors que s’amorça pour le tacticien un très long séjour à Chicago d’un peu plus de 13 ans.  Appuyé au fil des ans par des joueurs comme Bobby Hull, Stan Mikita, Pierre Pilote, Glenn Hall et Tony Esposito, il y accumula les victoires, les succès et les premières places de division.  Toutefois, après avoir remporté une variété de titres comme joueur, il ne parvint jamais à mener les Hawks aux grands honneurs.  On retient entres autres la Coupe perdue lors d’un septième match aux mains d’un Ken Dryden sorti de nulle part et celles d’un Henri Richard déterminé à gagner malgré un entraîneur incompétent (Al MacNeil) qui marqua le but gagnant du match ultime.
 
Lorsqu’il fut congédié au milieu de la saison 1976-77, il avait passé 1102 parties derrière un banc de la LNH, en remportant 542 d’entre elles.  À ce moment, il s’agissait du deuxième plus haut total de l’histoire derrière Dick Irvin.  Maintenant âgé de 58 ans, ses statistiques demeurèrent à ce niveau.  Il demeura par la suite dans la région de Chicago.
 
Celui à qui on crédite la création en 1947 de la célébration d’un but marqué en levant les bras est décédé en 2004 à l’âge de 86 ans.
 
À ce jour, il est toujours l'entraîneur à avoir remporté le plus de victoires pour les Black Hawks.
 
Sources : “Le but chanceux de Reay fait gagner le Canadien 2-1” de Phil Séguin, 13 octobre 1952, La Patrie, page 23, “Billy Reay, 86, Hockey Player and Coach, Is Dead”, Associated Press, 26 septembre 2004, New York Times (nytimes.com), “50 Years Ago in Hockey: The Coaches – Billy Reay” de Rick Cole, 18 septembre 2015, The Hockey Writers (thehockeywriters.com), hhof.com, wikipedia.org.

vendredi 31 août 2018

Gerry McNeil









Gérald McNeil est né à Québec d’un père anglophone et d’une mère francophone du Nouveau-Brunswick.  C’est Mike McMahon, un de leurs joueurs qui avait déjà joué avec les As de Québec, qui recommanda aux Canadiens de jeter un coup d’œil au petit gardien (5’7’’).  C’est ainsi que McNeil reçut par la poste et à sa grande surprise, une convocation de Tommy Gorman pour le camp de 1943 des Canadiens.  Disons que les méthodes de dépistage se sont un peu raffinées depuis…
 
Il se rendit donc à Montréal pour la première fois de sa vie, où par un concours de circonstance, il n’y avait que deux gardiens au début du camp, Bill Durnan et lui.  McNeil eut donc plus de temps de glace que prévu et il ne rata pas sa chance.  Sans surprise, Durnan eut le poste avec les Canadiens, mais McNeil fut engagé pour jouer avec le Royal de Montréal de la Ligue senior.  Au grand étonnement de Gorman, McNeil refusa d'abord l’offre, lui qui s’ennuyait de la maison.  Gorman fit donc intervenir son père, qui souligna au jeune Gerry que les 3200$ que les Canadiens lui offraient étaient beaucoup plus que ce qu’il gagna comme contremaître à l’Anglo-Canadian Pulp & Paper.  Gerry se ravisa donc.
 
McNeil entreprit donc une longue carrière avec le Royal, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1947.  Il faut dire qu’à l’époque, les équipes n’alignaient qu’un seul gardien, de qui on attendait qu’il joue pratiquement tous les matchs.  Avec les Canadiens, ce poste était occupé par Bill Durnan, qui remportait le Trophée Vézina à répétition.
 
C’est toutefois en novembre 1947 que McNeil put faire ses débuts dans la LNH.  Au début de la deuxième période, Bill Durnan fut coupé sérieusement au front par le patin d’un adversaire.  Comme c’était la coutume à l’époque, McNeil était sur place au Forum, mais en civil.  Lorsqu’il constata que Durnan n’était pas en état de poursuivre, l’entraîneur Dick Irvin dut se résoudre à faire appel au gardien d'urgence, c’est-à-dire McNeil.  Il enfila donc son équipement et on lui trouva un chandail, pour qu’il puisse affronter les Rangers.  La perte de Durnan sembla déstabiliser les Canadiens, qui perdirent 5-2.  D’ailleurs, le premier but accordé par McNeil dans la Ligue nationale a été marqué par son propre coéquipier, Elmer Lach…
 
Au match suivant, Durnan n’était toujours pas en état de jouer.  McNeil affronta donc les Bruins à Boston, où les choses se passèrent beaucoup mieux.  Il soutira un verdict nul de 1-1 face à son idole de jeunesse, Frank Brimsek.  Il retourna ensuite avec le Royal et dut attendre deux saisons plus tard avant de jouer six autres matchs en 1949-50, où il fit bonne impression.
 
La suite fut inattendue.  En séries, les Canadiens affrontèrent les Rangers, qu’ils devaient battre facilement.  Ils se firent plutôt surprendre en perdant les trois premiers matchs.  Prétextant un problème de vision suite à une blessure, Durnan alla alors voir Irvin pour lui demander d’utiliser McNeil pour le quatrième (et peut-être ultime) match.  Irvin s’y résigna donc à contre-cœur, mais McNeil, qui éprouvait un grand respect pour lui, dut se faire convaincre par Durnan lui-même.  McNeil aida Montréal à remporter ce duel, avant d’être éliminé au cinquième match.
 
Il s’avéra ensuite que Durnan avait subi ce qu’on appelle aujourd’hui une dépression nerveuse.  Malgré qu’il venait de remporter un autre Trophée Vézina, il prit sa retraite et ne revint jamais au hockey professionnel.  Le poste revenait maintenant à McNeil.
 
Il joua donc tous les 70 matchs de la saison 1950-51.  Lors des séries, Montréal surprit les puissants Red Wings au premier tour.  McNeil eut plus que son mot à dire dans cette victoire, puisqu’il passa 218 minutes et 42 secondes (incluant 103 minutes et 29 secondes en prolongation) sans accorder de buts à Détroit.  Bien qu’il ne s’agissait pas d’un record (il y a eu trois séquences plus longues dans les années 1930), personne n’a fait mieux depuis.
 
Le Tricolore se retrouva ensuite en finale contre Toronto.  Dans une série où toutes les parties se décidèrent en prolongation, les Leafs l’emportèrent en cinq matchs.  Le duel ultime fut décidé sur un but légendaire de Bill Barilko.  Ce but en surtemps ne passa pas seulement à l’histoire parce qu’il donna la Coupe aux Leafs, mais également parce que Barilko trouva la mort l’été suivant dans un accident d’avion de brousse.  L’avion (et les restes de Barilko) ne furent retrouvés qu’en 1962, année du triomphe suivant des Leafs.  Une photo du dit but devint alors célèbre et sur celle-ci, on retrouve un McNeil déjoué.  Cette image « du gardien sur la photo de Barilko » est probablement celle pour laquelle McNeil est le plus connu, un fait qui l’a longtemps laissé plutôt amer.  Il préféra plutôt se souvenir de cette journée comme étant celle où sa fille est née…  Grosse journée!
 
À la fin de l’automne 1951, il se produisit un autre événement qui montre comment il était attendu que les joueurs en général et les gardiens en particulier jouent en toutes circonstances.  La mère de McNeil souffrait d’un cancer à un stade avancé.  Lorsqu’elle rendit l’âme à la fin décembre, son fils était sur la route.  Il battit alors les Wings le lundi et blanchit Chicago le mardi du jour de l’an, malgré qu’il passa les entractes à pleurer dans la chambre.  Il retourna ensuite à Québec pour assister aux funérailles, avant de retourner à Montréal pour affronter Toronto le jeudi suivant.
 
Sa jeune fille fut aussi malade au point d’envisager qu’elle ne passerait pas au travers.  Encore une fois sur la route, il prit l’avion pour la rejoindre, s’assura qu’elle se stabilise, pour ensuite rejoindre l’équipe. 
 
Toujours au cours de cette même saison, il fut atteint d’un coup de patin de Floyd Curry au front.  (McNeil était petit et n’hésitait pas à se lancer tête première, sans masque évidemment.)  En piteux état, on l’envoya à l’hôpital où on constata qu’un morceau de lame était demeuré dans son front.  On le retira avant de le recoudre.  Quelques jours plus tard, McNeil constata qu’il avait une petite bosse douloureuse sur son front.  De retour à l’hôpital, un rayon X confirma qu’il restait un bout de métal à l’intérieur.  On le retira et on lui ajouta dix points de suture de plus.  Malgré tous ces événements, McNeil joua tous les 70 matchs de son équipe, qui se rendit en finale, mais qui s’inclina contre Détroit.
 
Cet héroïsme n’a pourtant pas toujours été reconnu à sa juste valeur.  Le 29 octobre 1952, alors que tous se demandaient si Maurice Richard allait surpasser la marque de Nels Stewart et devenir le plus grand buteur de la Ligue nationale, McNeil reçut une rondelle qui lui fractura et lui déplaça l’os de la joue, en plus évidemment de le sonner.  Ne voulant pas abandonner son équipe, il assura que ça allait aller.  Par contre, son visage enfla au point de lui obstruer la vue.  Les Leafs comptèrent trois buts pendant cette période et deux autres dans la suivante.  Après le match, Dick Irvin blâma McNeil pour la défaite.  Au lieu de célébrer son record, le Rocket ne put s’empêcher d’enguirlander Irvin d’avoir été aussi abject avec McNeil.
 
En 1952-53, les Canadiens avaient une attaque plutôt ordinaire, mais McNeil veillait au grain.  Il obtint 10 blanchissages, un sommet dans la ligue, à égalité avec Harry Lumley des Leafs.  Montréal termina donc deuxième au classement, mais loin derrière les puissants Red Wings.  Au moment des séries, Détroit trébucha et fut surpris par Boston.  Était-ce la chance dont Montréal avait besoin?
 
De leur côté, les Canadiens affrontaient les Black Hawks, qui participaient finalement aux éliminatoires, après six ans d’absence.  Mais si on attendait McNeil, c’est finalement Al Rollins, le gardien des Hawks qui s’illustra.  Pendant ce temps, McNeil connut une mauvaise  série, tout comme le reste de l’équipe.  Après avoir remporté les deux premiers matchs au Forum, Montréal échappa les matchs 3, 4 et 5.  Sentant qu’il laissait tomber ses coéquipiers, McNeil demanda à être remplacé par le jeune gardien des Bisons de Buffalo, Jacques Plante.  Ce fut perçu comme un signe de faiblesse, un peu comme ce fut le cas pour Durnan quelques années auparavant.  Plante remporta le match six.  Ensuite, McNeil se blessa à l’entraînement, laissant Plante guider Montréal vers la finale, contre les Bruins.
 
Les Canadiens remportèrent le premier match, mais Plante eut un mauvais match lors du deuxième et Irvin ramena alors McNeil.  Les Canadiens remportèrent ensuite les trois matchs suivants, incluant le dernier en prolongation, par la marque de 1-0, où McNeil a bien sûr excellé.  Il concluait alors une saison éprouvante avec un duel de gardien qui tourna à son avantage, et la Coupe Stanley. 
 
Comme c’était son habitude, il passa ensuite l’été à vendre des voitures chez un concessionnaire Buick, puisque la plupart des joueurs à cette époque avait un emploi d’été.
 
La saison 1953-54 débuta bien, mais à un moment, McNeil se blessa à la cheville.  Irvin fit alors appel à Plante et devant le brio de son jeu, il continua de l’envoyer dans la mêlée, même au retour de McNeil.  Plante prit également le filet pour les séries, où Montréal balaya Boston.  La finale opposa donc encore Montréal et Détroit. 
 
Lorsque les Wings prirent les devants 3-1 dans la série, aidés par des performances ordinaires de Plante, Irvin décida de revenir avec McNeil.  Celui-ci répondit à l’appel avec une victoire de 1-0 en prolongation.  Satisfait de sa performance, il sortit de la patinoire en souriant.  Toutefois, Irvin voulut encore jouer à ses petits jeux psychologiques en disant à McNeil de cesser de sourire, puisqu’il avait mal joué et que sa technique était déficiente.  Insulté, McNeil se dit alors qu’une fois les séries terminées, il ne jouerait plus jamais sous les ordres d’Irvin.   Il en conserva une rancœur envers lui pendant longtemps. 
 
Montréal remporta le sixième match avec McNeil devant le filet, forçant la tenue d’un ultime duel.
 
Âprement disputé, le match couronna finalement les Red Wings, qui l’emportèrent 2-1 en prolongation.  Pour la troisième fois en quatre ans, la Coupe Stanley s’est joué au cours d'un match qui s’est terminé en prolongation et lors de ces trois matchs, Gerry McNeil était devant le but.  La défaite a toutefois été particulièrement émotive pour lui.
 
Suite à son épuisement émotionnel, McNeil emprunta la même voie que Durnan avant lui.  Même s’il n’était âgé que de 28 ans, il décida que c’en était assez.  On tenta de le convaincre de revenir sur sa décision, mais il refusa.  Il tint donc parole et ne joua plus jamais pour Dick Irvin. Il prit sa retraite et préféra aller gérer une station-service Fina.
 
Toutefois, la paie était beaucoup moins intéressante pour celui qui avait une famille à faire vivre.  De plus, la saison de McNeil loin des patinoires s’avéra la dernière d’Irvin à Montréal.  Une fois remplacé par Toe Blake, ce dernier convainquit McNeil de revenir dans un poste avec moins de pression, soit avec le Royal.  Il pouvait ainsi servir de police d’assurance derrière Plante.  Cette occasion se présenta en 1956-57, alors qu’il joua neuf parties avec le Tricolore.
 
Il joua ensuite deux ans dans la Ligue américaine avec Rochester, puis un autre avec le Royal, avant de disputer sa dernière saison en 1960-61 dans sa ville natale, avec les As de Québec.
 
Après sa carrière, il travailla en vente, d’abord dans la région de Québec, puis à Montréal.  Il passa entre autres de nombreuses années au service de Seagram. Il développa d’ailleurs un problème d’alcoolisme, qu’il parvint à surmonter.
 
Comme plusieurs joueurs de son époque, c’est au début des années 1990 qu’il reprit contact avec l’organisation, suite aux efforts de Ronald Corey pour montrer de la reconnaissance envers les anciens.
 
En 2000, il fut l’un des porteurs aux funérailles de Maurice Richard avec Ken Mosdell, Ken Reardon, Elmer Lach, Jean Béliveau, Dickie Moore, Émile Bouchard et bien sûr son frère Henri.
 
C’est en 2004 qu’un cancer l’emporta, à l’âge de 78 ans.
 
Sources :
 
McNeil, David, In the Pressure of the Moment, Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.15 à 21, 36 à 38, 63 à 67, 92 à 127, 135 à 139, 167 à 182, 191 à 200, 208, 230,
 
hockeydb.com, wikipedia.org.

jeudi 30 août 2018

Démantèlement d'équipe championne : Islanders de New York






Comme j'aime bien commencer de nouvelles séries d'articles pendant que d'autres sont toujours en cours, je vous offre aujourd'hui une série sur la durée de vie d'une équipe championne de la Coupe Stanley. Rien de dure éternellement et il est normal de voir une équipe perdre les membres de son équipe championne au fil des années. Souvent on assiste à une équipe qui perd lentement et graduellement son noyau de champions alors que parfois il s'agit de situations plus bordéliques de départs houleux et de déchéance rapide vers les bas fonds du classement. J'ai déjà analysé le démantèlement de la dynastie des Oilers par le passé alors qu'il s'agissait d'un cas assez extrême d'exode de masse. Alors aujourd'hui j'ai pensé continuer dans la même veine en analysant le démantèlement d'une autre dynastie des années 80, les Islanders de New York.

Aussi bizarre que cela puisse paraître aux yeux d'un nouveau fan qui ne connaîtrait pas autre chose que le hockey actuel, les Islanders furent autrefois un modèle d'excellence et de stabilité, autant au niveau financier qu'au niveau sportif. Alors que le hockey professionnel battait de la patte vers la fin des années 70, les Islanders étaient en train de préparer le terrain pour une des plus impressionnantes périodes de dominance de l'histoire du sport professionnel. À l'époque, les Islanders étaient même l'équipe avec la plus haute masse salariale.



Au cœur de cette belle aisance financière se trouvait le nouveau propriétaire des Islanders, John Pickett, qui peu après avoir fait l'achat de la franchise en 1978, signa un lucratif contrat de télévision avec le réseau câblé SportsChannel (maintenant MSG Plus). Ce contrat est d'ailleurs toujours en vigueur et l'entente signée avec les Islanders à l'époque est considérée comme une entente historique et avant-gardiste en ce qui concerne les contrats de retransmission d'événements sportifs. Avec un tel coup de pouce financier, Pickett et les Islanders étaient capables de garder leur excellents choix au repêchage en leur offrant de bons contrats.

Vous connaissez la suite. Les Islanders explosèrent en 1980 en remportant 4 coupes Stanley consécutives et presque une 5e en 1984 lorsqu'ils s'inclinèrent contre les nouveaux ''dynastiens'' des Oilers. Ils établirent ainsi un record en remportant 19 séries consécutives de 1980 jusqu'à cette défaite en finale de 1984. Signe de leur incroyable équipe, chacune des quatre conquêtes avait un lauréat du trophée Conn Smythe différent; Butch Goring (1980), Bryan Trottier (1981), Mike Bossy (1982) et Billy Smith (1983).

Voici ce que je considère être le noyau de l'équipe sur l'étendue de ces quatre conquêtes. Entre parenthèses vous retrouvez les années que chaque joueur passa avec l'équipe. Les noms en bleu représentent les 16 joueurs qui ont participé aux 4 coupes.

Noyau:
Bryan Trottier (1975-90)
Mike Bossy (1977-87)
Clark Gillies (1974-86)
John Tonelli (1978-85)
Denis Potvin (1973-88)
Bob Nystrom (1973-86)
Butch Goring (1980-85)
Bob Bourne (1974-86)
Billy Smith (1972-89)
Entraîneur: Al Arbour (1973-94)

Autres joueurs importants et joueurs de soutien durant la même période:
Anders Kallur (1979-85)
Duane Sutter (1980-87)
Brent Sutter (1981-91)
Roland Melanson (1980-85)
Stefan Persson (1977-86)
Ken Morrow (1980-89)
Wayne Merrick (1978-84)
Tomas Jonsson (1981-89)
Gord Lane (1979-85)
Dave Langevin (1979-85)


Que s'est-il passé avec les Islanders après cette période glorieuse et comment l'équipe a-t-elle été démantelée? Et surtout, à quel moment peut-on identifier qu'il s'agissait de la fin de cette grandiose période?

Tout se fit graduellement à partir de la saison suivant leur dernière présence en finale. Les premiers membres du noyau à quitter Long Island furent Butch Goring (réclamé par Boston au ballottage en janvier 1985) suivi du très sous-estimé John Tonelli un an plus tard. Ce dernier fut échangé aux Flames en retour de Steve Konroyd et Robert Kromm, deux joueurs marginaux.

Ensuite ce fut au tour de Clark Gillies, le partenaire de longue date du trio de Bossy et Trottier, qui quitta pour Buffalo aussi par voie du ballottage au début de la saison 1986-87. Même chose pour un autre Islander de longue date, Bob Bourne, qui fut réclamé par les Kings. Après ces transactions, les nombreuses retraites (souvent prématurées) vinrent terminer le travail. Bob Nystrom se retira en 1986 après une sérieuse blessure à un œil. Le plus douloureux départ chez les Islanders fut toutefois celui de Mike Bossy qui, contrairement aux autres avant lui, était encore capable d'être un joueur dominant. Incapable de continuer après des maux de dos persistants, il prit sa retraite officielle en 1988 après s'être accordé une saison de repos sans succès. Il refusa même un échange à Montréal offert par le DG des Islanders Bill Torrey pour lui permettre de jouer plus près de sa famille en cas d'un retour au jeu.

Le capitaine Denis Potvin se retira à son tour en 1988, en même temps que Bossy, malgré qu'il aurait pu continuer de jouer quelques années alors qu'il n'avait que 35 ans. Il estimait toutefois qu'il n'avait plus rien à prouver et qu'il préférait se retirer plus tôt que trop tard. Le légendaire gardien Billy Smith, dernier membre original des Islanders, se retira également après la saison 88-89 alors que les Islanders dégarnis de leurs joueurs vedettes finirent ex-æquo avec les Nordiques au dernier rang du classement général, ratant les séries pour la première fois depuis 1974.

J'estime donc que le moment décisif de la fin de la dynastie arriva au début de cette fatidique saison 1988-89 lors de la retraite officielle de Bossy. Les Islanders n'étaient alors plus la même équipe sans lui et sans Potvin et c'est presque normal qu'ils finirent au dernier rang avec si peu de relève. Ils pouvaient se remettre du départ des Nystrom, Gillies, Goring et Tonelli mais sans ces deux piliers et avec un Billy Smith et un Bryan Trottier vieillissants, ce n'était plus les Islanders d'antan.

Les quatre conquêtes consécutives ont tout de même fait des ravages sur le corps de ces joueurs et l'équipe demeura malgré tout compétitive durant la majorité de la deuxième moitié de la décennie (sans toutefois s'approcher de la finale) et ils semblaient même à un moment être capable de continuer sur leur lancée avec l'arrivée d'excellents prospects comme Pat Lafontaine et Patrick Flatley (voir texte du 30 octobre 2017). Cependant il s'agissait de deux cas d'exception alors que le repêchage commença à faire défaut chez les Islanders durant et après la dynastie. Le problème des Islanders fut qu'il ne surent pas bien repêcher assez de bons joueurs pour remplacer leurs joueurs vedettes qu'ils perdirent sans obtenir grand chose en retour.


Voici les joueurs repêchés en première ronde par les Islanders après 1983 (l'année de Lafontaine): Brad Dalgarno, Derek King, Tom Fitzgerald, Dean Chynoweth, Kevin Cheveldayoff, Dave Chyzowski ainsi que le tragique cas de Duncan Macpherson (voir texte du 10 janvier 2017). Voici les meilleurs coups de l'équipe durant le reste de la décennie: David Volek, Jeff Hackett, Rich Pilon, Marty McInnis, Vladimir Malakhov, Travis Green...

On est loin des Trottier et Bossy et même Tonelli ici...

À l'époque, les joueurs autonomes n'étaient pas monnaie courante comme aujourd'hui alors si tu ne repêchais pas bien ou que tu ne parvenais pas à gagner quelques échanges et bien il était normal de basculer dans la médiocrité. Il est très noble pour des joueurs légendaires comme Bossy, Potvin et Smith d'avoir pu se retirer en tant que membre de l'équipe mais du point de vue de la direction, il aurait peut-être été bénéfique d'en sacrifier un ou deux par voie d'échange pour tenter de reconstruire.

Un cas flagrant où les Islanders manquèrent le bateau fut lors du départ de Bryan Trottier. Il était sur la pente descendante après quelques années moins productives et ils rachetèrent bêtement son contrat après la saison 1989-90 où il ne récolta que 24 points en 60 matchs. Il signa ensuite à Pittsburgh et les aida à remporter deux coupes Stanley dans un rôle secondaire de vétéran aguerri. Les Islanders auraient dû tenter de l'échanger disons en 1987 quand il avait encore une bonne valeur et recevoir quelques éléments intéressants en retour.
 


Toutefois, malgré que le temps faisait des ravages chez les membres de la dynastie, un autre problème chez les Islanders se produisit en coulisse alors que Pickett commença à se désintéresser des performances de son équipe et à garder les fonds obtenus par son contrat de télévision pour lui-même au lieu de l'injecter dans les coffres de l'équipe comme il faisait autrefois. Cela obligea Torrey à serrer le porte-monnaie, à moins investir en recrutement (de là les mauvais choix de repêchage et les joueurs perdus au ballotage) et à se départir des derniers membres de ses équipes championnes.

En 1991-92, les Islanders perdirent leur capitaine Brent Sutter et leur seul joueur vedette restant, Pat Lafontaine, pour cause de disputes contractuelles. Lafontaine n'était pas parmi les membres champions des quatre coupes alors qu'il débuta sa carrière en 1983-84 et rata le bateau de peu. Mais il exigea le retrait de Pickett comme propriétaire pour rester avec les Islanders. Il fut plutôt échangé aux Sabres de Buffalo contre Pierre Turgeon tandis que Sutter, le dernier membre de la dynastie encore avec l'équipe, fut échangé aux Blackhawks.

Pickett habitait désormais en Floride et tentait par tous les moyens de vendre son équipe. Plusieurs ventes possibles furent avortées et ce même depuis 1981 alors qu'il avait tenté de vendre la moité de ses parts à Charles Dolan, le propriétaire de SportsChannel. Une autre transaction du genre avorta en 1992 avec Dolan. Il réussit ensuite à se trouver quatre investisseurs minoritaires qui prirent en charge les opérations de l'équipe qu'ils menèrent dans les bas-fonds de la LNH et qui prirent des décisions douteuses comme le fameux changement de logo et de chandail en 1995-96. Finalement Pickett racheta leurs parts mais avait la ferme intention de se départir de la franchise pour de bon. L'équipe fut finalement vendue à un homme d'affaires du nom de John Spano, sans savoir qu'il s'agissait d'un fraudeur. La ligue annula la transaction et Pickett dut attendre une autre année avant de trouver preneur.

On dirait que les Islanders ne se sont jamais remis des années 80 et du départ des joueurs de cette fameuse dynastie. Ils sont constamment tournés au ridicule, soit par leurs changements de chandails, leurs propriétaires mafieux et excentriques, leur DGs incompétents (Mike Milbury ET Garth Snow), leurs mauvais échanges, leurs problèmes d'aréna, la saga John Tavares...etc.

On s'ennuie de Al Arbour et de la bande à Bossy à Long Island...

On souhaite bonne chance à Barry Trotz et Lou Lamoriello et surtout aux fans des Islanders...