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dimanche 21 janvier 2018

Équipe All-Star des oubliettes #5 - Blackhawks de Chicago



Voici un autre chapitre de cette série sur ces joueurs vedettes que l’on n'associe pas avec un club en particulier. J'ai énoncé mes critères lors de mon dernier billet sur les Flames donc cliquez ici si vous êtes curieux des qualifications ou les éléments qui influencent mes choix. J'ai toutefois décidé de changer ma formule. Je faisais autrefois des Top 5 sans regarder les positions des joueurs mais finalement, je trouve plus logique d'y aller plus ou moins selon les nominations d'équipes d'étoiles traditionnelles soit 1 gardien, 2 défenseurs et 3 attaquants (mais je me ne regarde pas trop s'ils sont centres ou ailiers)

Pour les Blackhawks, on retrouve une équipe presque centenaire alors on a un bon bassin de candidats et les lauréats se retrouvent généralement lors des périodes creuses ou de reconstruction.



ATTAQUANTS

Sid Abel
(42 matchs 1952-54)

Quand on pense à un joueur emblématique des Blackhawks lors de l'époque des Original 6, je pense que Sid Abel est à l'anti-thèse de ce qu'on imagine. La légende des Red Wings et de leur fameuse "Production Line" avec Gordie Howe et Ted Lindsay est non seulement une légende comme joueur, mais il a aussi eu un long terme de 12 saisons comme entraîneur de l'équipe. Entre ces deux périodes eut lieu un court passage à Chicago. Il était avec les Red Wings depuis la saison 1938-39, mais fut finalement libéré par l'équipe après leur conquête de la coupe de 1952, qui fut personnellement la troisième pour Abel. Il devint alors joueur-entraîneur avec les Blackhawks, équipe de bas fonds à ce moment-là. 

Il ne joua que 39 des 70 matchs de l'équipe lors de sa première année et seulement trois l'année suivante avant d'assumer son poste d'entraîneur à temps plein avec eux. Il les ramena en séries lors de sa première année mais après une fiche de 12-51-7 lors de sa deuxième en 1953-54, il fut remercié mais revint avec les Red Wings en 1957 comme entraîneur-chef.


Peter Bondra
(37 matchs 2006-07)

Membre des Capitals depuis 1990, Peter Bondra fut à son tour liquidé par l'équipe durant la fatidique saison 2003-04 en même temps que d'autres piliers de l'équipe (Sergei Gonchar, Robert Lang, Jaromir Jagr, etc...) alors que l'équipe filait vers le fond du classement (et ensuite vers Alexander Ovechkin...)

Un des meilleurs marqueurs des années 90 et un joueur emblématique des Capitals, Bondra fut envoyé aux Sénateurs vers la fin de la saison. Au retour du lock-out de 2005, il signa un contrat d'un avec les Thrashers d'Atlanta suite à quoi il signa un dernier contrat dans la LNH avec les Blackhawks pour la saison 2006-07. Cette équipe n'était pas encore l'équipe dominante des années suivantes, alors qu'il manquait encore quelques morceaux. Bondra ne joua que 37 matchs avec eux avant de prendre sa retraite. Il ne marqua en tout que 5 buts en tant que Blackhawk, mais il franchit tout de même le cap des 500 avec eux.


Bernie Nicholls
(107 matchs 1994-96)

J’ai eu beaucoup de difficultés à choisir mon 3e attaquant. Il y avait des joueurs semi-célèbres pas assez intéressants comme Wendel Clark ou Ralph Backstrom, ainsi que certains plus légendaires comme Howie Morenz ou Theoren Fleury. Mais dans le cas de ces deux derniers, leurs passages à Chicago, quoique courts, font quand même partie de la culture générale des fans de hockey. C’est à Chicago que le Canadien envoya Morenz pour se sortir du trou et c’est aussi là que Fleury a terminé sa carrière dans la controverse, donc il ne s’agissait pas de cas assez oubliés pour les inclure ici.

J’ai donc opté pour Bernie Nicholls, probablement un des joueurs les plus oubliés du point de vue des statistiques (il fait partie d’un club sélect de 5 joueurs à avoir récolté 150 points en une saison). On s’en souvient d’ailleurs davantage en tant que membre des Kings, où il joua de 1981 à 1990. Le reste de sa carrière fut toutefois plus vagabond. Il servit souvent de monnaie d’échange et il ne resta pas plus de deux saisons dans chacune des 5 autres équipes qu’il fit partie (Rangers, Oilers, Devils, Blackhawks et Sharks) jusqu’à sa retraite en 1999.

Son bref passage à Chicago dura deux saisons, mais l'une de celle-ci fut celle du lock-out de 94. Il termina le premier compteur de l’équipe cette année-là et la saison suivante, il récolta 60 points en 59 matchs. Il était donc toujours assez productif, mais les Blackhawks de l’époque étaient sur une pente graduellement descendante après quelques années presque au sommet (dont la finale de 1992). Donc pas grand chose d’extraordinaire à dire sur son passage à Chicago, mais c’est là aussi le but de cette série.


Mentions honorables:
Tony Tanti (3 matchs 1981-83), Wendel Clark (13 matchs 1999-00), Ralph Backstrom (16 matchs 1972-73), Camille Henry (22 matchs 1964-65), John Tonelli (33 matchs 1991-92), André Lacroix (51 matchs 1971-72), Theoren Fleury (54 matchs 2002-03), Howie Morenz (71 matchs 1934-36)


DÉFENSEURS

Paul Coffey
(10 matchs 1998-99)

J’essaie de ne pas inclure un joueur dans plus d’une équipe des oubliés car Paul Coffey fait aussi partie de celle des Bruins. Mais je ne pouvais pas trouver de meilleur candidat à la défense des Blackhawks et son passage à Chicago fut encore plus court que celui à Boston. C’était au début de la vraie période creuse de l’histoire moderne de l’équipe où ils ne firent les séries qu’une seule fois entre 1998 et 2008. Il avait auparavant joué deux saisons avec les Flyers qui l’échangèrent aux Hawks après la saison 97-98, mais cette expérience ne dura que 10 matchs, où il obtint seulement 4 passes suite à quoi ils l’échangèrent aux Hurricanes. Les Blackhawks avaient plusieurs problèmes en défense durant cette saison 98-99 alors qu’ils se départirent de Chris Chelios et utilisèrent en tout 16 défenseurs durant l’année).

Coffey joua une saison et demi en Caroline avant de finir sa carrière à Boston (sa 9e équipe) pour 18 matchs en 2000-01.


Bobby Orr
(26 matchs 1976-79)

Ici on a un cas où le facteur “bizarre” entre en compte dans ma décision et prend le dessus sur le fait qu’on se souvienne ou non du joueur avec l’équipe, car je crois que la plupart des fans de hockey se souvient du fait que Bobby Orr a joué à Chicago mais dans son cas, je crois que même lui, les partisans des Bruins et des Blackhawks ont préféré oublier et se rappeler de la légende qu’il était et non pas de l’ombre de lui-même qu’il était après ses nombreuses blessures. Si vous avez lu mes critères, en plus du facteur “bizarre” de le voir dans un autre uniforme que celui des Bruins, on a aussi un cas “d’amésie collective” dans le cas de Orr.

En tant que Blackhawk, il ne joua que 26 matchs en trois saisons incluant une année sabbatique en 77-78. Il obtint tout de même plus d’un point par match avec les Blackhawks (27 points en 26 matchs), mais ses genoux ne tenaient plus et il dut donc se résigner à prendre sa retraite après seulement 6 matchs après sa tentative de retour au début de la saison 78-79.


Mentions honorables
Kimmo Timonen (16 matchs 2014-15), Stéphane Robidas (45 matchs 2003-04), Lionel Conacher (48 matchs 1933-34), Phil Housley (137 matchs 2001-03)


GARDIEN


Gilles Meloche
(2 matchs 1970-71)

Je voulais choisir Dominik Hasek mais c'est l'équipe All-star des oubliettes (ne l'oublions pas) et on nous rappelle assez souvent l'erreur des Blackhawks d'avoir laissé Hasek partir (ils avaient quand même Ed Belfour). Alors qui de mieux qu'un des gardiens les plus sous-estimés et par le fait même des plus oubliés en Gilles Meloche qui ne joua qu'un maigre 2 matchs (2 victoires) avec les Blackhawks lors de sa saison recrue en 1970-71 qu'il passa avant tout dans la ligue Internationale (avec les Generals de Flint). 

Il fut envoyé aux pitoyables (mais pas encore ridicules) Golden Seals de Californie et futurs Barons de Cleveland la saison suivante et il devint leur meilleur joueur durant le reste de l'existence de cette franchise avant de continuer avec les North Stars lors de la fusion de 1978 (voir texte du 20 février 2016). J'essaie de ne pas prendre de joueurs qui ont débuté leur carrière avec l'équipe mais je n'avais pas vraiment de meilleur candidat. Il faut dire que les Blackhawks comptaient sur Tony Esposito donc Meloche pouvait être sacrifié.


Mentions honorables:
Dominik Hasek (25 matchs 1990-92), Craig Anderson (56 matchs 2002-06) 


mercredi 17 janvier 2018

Mark Napier








C’est après avoir mené les Marlboros de Toronto à la Coupe Memorial en 1975 que Mark Napier signa avec une équipe professionnelle de la même ville, les Toros de l’AMH.  Le circuit maudit a eu le champ libre pour le signer, puisqu’il n’avait que 18 ans.  La LNH, de son côté, ne permettait à ses équipes de repêcher des joueurs qu’à partir de 20 ans.  L’AMH n’avait pas cette restriction.  Ce contrat fut contesté en cour, mais il a finalement été confirmé.

Le jeune Napier a peut-être atterri dans une équipe faible, entraîné par Bobby Baun, mais il a tout de même attiré l’attention.  Avec ses 93 points, il a terminé au deuxième rang des pointeurs de l’équipe, derrière Vaclav Nedomansky, mais devant Frank Mahovlich.  Sa performance lui a valu le Trophée Lou Kaplan, remis à la meilleure recrue.  Par contre, à la fin de la saison, il dut quitter sa ville natale, puisque les Toros devinrent les Bulls de Birmingham.

Une fois en Alabama, Napier compta pas moins de 60 buts en 1976-77, le troisième total de la ligue.  Il fut également nommé capitaine, bien que du haut de ses 19 ans, il ne constituait pas nécessairement le meilleur exemple, avec ses frasques hors de la patinoire et son occasionnelle présence à un entraînement avec des facultés affaiblies.

Il fut finalement éligible au repêchage de la LNH en 1977.  Son talent suscitait certainement la convoitise, mais il restait toujours au moins un an à son contrat avec les Bulls.  Les équipes ayant besoin d’aide immédiatement passèrent donc leur tour.  Montréal, au sommet, pouvait se permettre d’attendre et le choisit au dixième rang.  Toutefois, bien que le choix de Napier n’était pas mauvais, Sam Pollock aurait pu faire encore mieux s’il avait pris Michael Bossy, qui jouait à Laval et que choisirent les Islanders au 15e rang.  La comparaison avec Bossy a suivi Napier pendant tout son séjour à Montréal.

Birmingham n’avait aucunement l’intention de laisser aller son meilleur joueur, autour duquel sa campagne marketing avait été élaborée.  Napier joua donc la saison 1977-78 avec les Bulls.  Au sein d’une équipe qui misait beaucoup sur la robustesse, Napier atteignit son sommet en carrière en termes de minutes de pénalité (90, lui qui n’en a jamais accumulé plus de 33 les autres années), mais sa production de buts baissa à 33.

À l’échéance de son contrat de l’AMH, les Canadiens purent finalement le convaincre de faire ses débuts dans la LNH.  Ainsi, au lieu de disputer ce qui s’est avéré la dernière saison de l’AMH, il remporta la Coupe Stanley avec Montréal.  D’ailleurs, il ne mit pas de temps à s’illustrer puisqu’il compta dès sa première présence sur la glace, contre Bill McKenzie des Rockies.  Par contre, au sein d’une équipe beaucoup plus forte, il n’en compta que 11.

Napier gravit ensuite les échelons et en 1980-81, alors que Guy Lafleur rata plusieurs matchs en raison de blessures, il en marqua 35, un sommet d’équipe, à égalité avec Steve Shutt.


Pour les deux saisons suivantes, il fut le meilleur marqueur du tricolore avec 40.  Pourtant, souvent dans l’ombre de Lafleur, certains lui reprochèrent de ne pas élever son jeu lors des gros matchs et en octobre 1983, il servit d’appât avec Keith Acton pour aller chercher Bobby Smith au Minnesota.  Il ne demeura toutefois pas très longtemps avec les North Stars, puisqu’il fut échangé aux Oilers en janvier 1985.  À la fin de la saison, il remporta sa deuxième Coupe, avec la bande à Gretzky cette fois.

En mars 1987, Napier fut échangé aux Sabres avec Lee Fogolin, contre Normand Lacombe et le futur Nordique Wayne Van Dorp. 

Il s’aligna avec les Sabres jusqu’en 1988-89, après quoi Buffalo décida de l’inviter au camp, mais sans contrat.  Napier décida plutôt de tourner la page sur la Ligue nationale.  En 767 matchs, il montre une fiche de 235-306-541, alors qu’en 237 matchs dans l’AMH, sa fiche est de 136-118-254.

Il alla ensuite jouer quelques années en Italie, où il remporta le championnat des pointeurs en 1989-90 (154 en 42 matchs) et en 1990-91 (118 points en 36 matchs).

À son retour au pays, il fut nommé entraîneur-chef des Majors du Collège St.Michael’s de Toronto dans l’OHL, puis directeur-gérant, mais ses résultats furent mitigés.

Il a par la suite été impliqué dans l’Association des anciens de la LNH.

Sources : "Bassett signs, drafts Kingston’s Linseman" de Wendy Waberton, 17 juin 1977, Ottawa Citizen, p.19, "Pollock pulls some draft surprises" d’Al Strachan, 15 juin 1977, Montreal Gazette, p.23, "Pollock à la défense de Napier" de Réjean Tremblay, 15 juin 1977, La Presse, p.D5, “Viennent-ils de s’offrir un second Wick?” de Réjean Tremblay, 29 octobre 1983, La Presse, p.C1, "Refaire sa vie après le hockey" de Mathias Brunet, 25 octobre 2015, La Presse + (plus.lapresse.ca), hockeydb.com, hockeydraftcentral.com.

samedi 13 janvier 2018

Excursion LVEUP : De la LNAH à Jonquière




Après environ deux ans sans avoir assisté à un match de hockey, j'ai finalement eu la chance de renouer avec ce rituel qu'on aime tant le 5 janvier dernier lors d'un match de la LNAH à Jonquière entre les Marquis et le 3L de Rivière-du-Loup. 

Il faut dire que ma situation géographique et ma vie personnelle ne m'en laisse pas souvent la chance mais comme nous avions de la visite du Brésil chez moi, nous tenions à les faire sortir un peu, malgré la météo qui s'abstenait à nous convaincre de rester au chaud chez nous. Il s'agissait de toute une excursion d'ailleurs car c'était durant cette grande période de tempête et de froid glacial que l'on vient de vivre à travers de Québec et le trajet pour s'y rendre fut assez compliqué. 

Nous habitons à Alma et pour se rendre au Palais des Sports de Jonquière il existe deux routes; soit vous prenez l'autoroute 170 au sud entre St-Bruno et Jonquière ou vous passez par le nord par la 172, soit par un chemin plus long que la 170 qui nous amène par les villages de St-Nazaire et St-Ambroise. Cependant, après plusieurs enquêtes et appels à inforoute, les grands vents glaciaux que l'on vient de vivre nous empêchaient de passer par la 170 alors que plusieurs tronçons de cette route étaient fermés. J'avais même fait enquête auprès d'amis et cousins de St-Bruno pour savoir si c’était vraiment bloqué ou non. Ils m'ont tous dit qu'ils n'avaient pas pu sortir du village de la journée...

Nous devions donc tenter notre chance par la 172, chose qui ne me tentait pas vraiment. J'avais peur que cette route ne devienne elle aussi impraticable et d'avoir à rebrousser chemin. Nous avons finalement réussi à nous rendre (je roulais tout de même en dessous de la limite de vitesse) et nous avions même de l'avance alors que le match fut retardé d'environ 45 minutes à cause de la tempête. Cela nous a laissé le temps de prendre quelques bières (j'avais des billets et des consommations gratuites offertes par un ami de la famille) et d'explorer les lieux. C'était seulement la deuxième fois que je visitais le Palais des Sports et il s'agit somme toute d'un aréna convenable. 


Palais des Sports de Jonquière



Il s'agit du deuxième plus grand aréna de la région après le Centre Georges-Vézina à Chicoutimi. Il a une capacité de 3200 places et pour ce match il y avait tout de même une foule acceptable de 1100 personnes selon l'annonceur. Autre que le match en tant que tel, il n'y a pas grand chose à voir dans cet aréna, à moins que vous aimiez voir de la publicité régionale un peu partout dans l'aréna. La seule attraction notable est une section en hommage au regretté Pierre Pilote, l'ex-défenseur étoile des Blackhawks. Bien qu'il ait déménagé en Ontario dans son enfance et qu'il n'a pas vraiment joué au hockey avant l'age de 17 ans, Pilote est originaire de Kénogami, une ancienne municipalité devenue un arrondissement de Jonquière (qui a son tour est devenue un arrondissement de Saguenay). Cette statue et cette section de l'aréna en son honneur ont été inaugurés en 2012 et il est même venu d'Ontario pour l'inaugurer.

Les nombreuses publicités sur la glace. On s'habitue à la longue...



La Zone Pierre Pilote

















J'ai toutefois bien aimé regarder les bannières suspendues avec les récents championnats du Marquis. On ne voit pas bien sur cette photo mais il y avait aussi une bannière assez amusante célébrant les 20 ans de l'équipe sous toutes ses incarnations. Ça ressemblait à ça.

Et qu'en était-il du match? J'espérais bien pouvoir offrir une bonne première expérience de hockey à mes invités d'outre-mer, à qui j'avais bien expliqué la différence de niveau entre la LNH et le Semi-Pro. Après les avoir éduqué sur les bases du jeu et à toujours faire attention de ne pas recevoir une rondelle en pleine face, le match débuta. On eut droit somme toute à un fort match. Il s'agissait pour moi de ma deuxième expérience aux Marquis et à la LNAH. Et la première fois ne m'avait pas tant fait trippé. C'était deux ans auparavant contre les défunts River Kings de Cornwall, la pire équipe à l'époque, et on avait quitté le match après la 2e période par fatigue et aussi un peu par ennui alors que les Marquis menait 7-1 après deux périodes. Un match aussi inégal peut être assez ennuyant disons. Il y avait également trop de batailles inutiles à notre goût. Je ne suis pas contre les bagarres au hockey mais quand il y en a trop ça devient lassant. 

Ce match du 5 janvier fut toutefois meilleur à tous les niveaux. Le 3L était une bien meilleure opposition que les River Kings et malgré qu'ils sont avant-derniers dans la ligue au moment d'écrire ces lignes, ils furent la meilleure équipe lors de ce match (Il faut dire qu'il y a désormais seulement 6 équipes dans la LNAH). Ils échappèrent toutefois deux avances de 3-1 et 5-2 face aux Marquis avant de l'emporter en fusillade 6-5. La remontée effectuée par les Marquis était très excitante dans les estrades et mes invités ont beaucoup apprécié. Et on eut seulement droit à trois bagarres, juste assez selon moi. On ne va pas à un match de la LNAH sans s'attendre à au moins une bataille. Encore là c'était assez amusant d'expliquer le pourquoi et le comment de ces bagarres à nos invités. Je vous laisse imaginer la scène avec moi qui explique ça à mon épouse qui elle traduit le tout aux brésiliens.






Bien que les Marquis aient perdu, c'était un bon match des deux côtés et Cedrick Desjardins a volé le show avec un arrêt en effectuant le grand écart durant la prolongation. J'essaie de me rappeler d'autres matchs auxquels j'ai assisté mais c'était probablement le plus bel arrêt que j'ai pu voir en direct (lire dans un aréna) de ma vie. 


L'arrêt du match
Crédit photo: Photos André - jonquière.lnah.com




Du côté des uniformes on était quand même choyé avec les deux meilleures équipes dans la ligue à ce niveau selon moi. C'est certain qu'aucune équipe de la LNAH ne gagnera un concours de logo mais pour les uniformes, on avait droit à un duel tout en vert, une chose assez rare avouons-le. Les Marquis toujours avec leur style Stars de Dallas tandis que le 3L a une version Reebok poche de ce que les North Stars porteraient de nos jours. Il ont au moins fait usage de créativité avec le M de McDo sur les bas... 

Mais le plus amusant pour moi lorsque je vais voir un match d'une équipe d'un niveau que je ne suis pas nécessairement beaucoup, c'est d'analyser l'alignement et d'identifier les joueurs qui selon moi sont les meilleurs ou qui ont vécu les parcours les plus intéressants. La LNAH nous gâte beaucoup à ce niveau.





Du côté du Marquis on retrouve plusieurs joueurs familiers comme l'ancien choix des Thrashers d'Atlanta Alex Bourret ainsi que le gardien Cedrick Desjardins, anciennement du Lightning et de l'organisation du Canadien. Lors de mon premier match il y a deux ans, l'équipe comptait dans ses rangs Benoit Gratton, un ancien joueur des Capitals et du Canadien (8 matchs en 2001-02) qui a roulé sa bosse dans la ligue américaine et en Europe. J'étais triste qu'il ne soit plus là cette année car il a prit sa retraite comme joueur mais il est désormais l'entraîneur-chef des Marquis. 


Le nouvel entraîneur des Marquis Benoit Gratton et Juraj Kolnik (#13)


Toutefois le joueur qui capta le plus mon attention était le slovaque Juraj Kolnik. Son nom me disait quelque chose et effectivement entre deux périodes j'ai consulté mon cellulaire et j'ai découvert qu il a disputé plus de 200 matchs dans la LNH avec les Islanders et les Panthers. Mais il capta mon attention davantage par son choix d'évoluer au Québec dans la LNAH et ce à l'âge de 37 ans. Voulant en savoir plus à son sujet, j'ai découvert que sa conjointe est originaire de Rimouski, endroit ou il a évolué au niveau junior de 1998 à 2000. Il a d'ailleurs obtenu 106 points lors de sa dernière année junior en 99-2000 alors qu'il évoluait avec Brad Richards. Ils ont aussi remporté la Coupe Memorial cette année-là. Il débuta ensuite avec les Islanders qui le repêchèrent en 4e ronde en 1999. Il ne joua qu'une trentaine de matchs avec eux avant de passer aux Panthers en 2002-03 et c'est en Floride qu'il devint un joueur de la LNH à temps plein. Sa meilleure saison fut celle de 2005-06 ou il obtint 15 buts et 20 passes pour 35 points. Il quitta pour la suisse en 2007-08 et évolua pour plusieurs équipes dans les années suivantes. Il tenta également de percer dans la KHL avec le Dynamo de Moscou mais cette expérience ne dura que 8 matchs suite à quoi il retourna en Suisse. Il revint au Québec en 2014 avec les défunts Prédateurs de Laval mais joua l'année suivante dans la ligue Britannique avant de revenir encore au Québec, cette fois avec les Marquis pour la saison 2016-17.

C'était donc une bonne petite soirée de hockey. La LNAH et les Marquis offrent un bon spectacle et on doit applaudir l'effort qu'ils ont fait pour réduire leur image de ligue de goons. On retrouve encore de la robustesse mais aussi du bon hockey et des bons joueurs. 

Ah oui, après tout ça il fallait bien revenir de Jonquière et la route était encore pire en revenant. La neige s'est accumulée sur la route près de St-Ambroise et j'ai légèrement bifurqué dans un banc de neige. Mes invités brésiliens ont donc goûté à la joie de pousser une auto à -30 degrés. Le lendemain, certaines maisons avaient l'air de ça dans le coin de St-Bruno...





mercredi 10 janvier 2018

Jimmy Orlando








Bien qu’originaire de Montréal, c’est dans l’organisation des Red Wings que se retrouva Jimmy Orlando et c’est en 1936-37 qu’il joua ses premiers matchs à l’échelon le plus élevé. 

Bien qu’en ayant joué seulement 10 matchs, il n’aurait pas dû se qualifier, il bénéficia malgré tout du succès des Wings lorsque son nom fut inscrit sur la Coupe quand même.

Après avoir fait quelques allers-retours entre l’International-American Hockey League (l’ancêtre de la Ligue américaine) et Détroit, c’est en 1939-40 que le défenseur qui n’avait pas froid aux yeux se fit une place dans la ville de l’automobile.

Si à sa première saison, l’équipe était plutôt faible, elle fit des progrès pour atteindre la finale en 1940-41 et en 1941-42.  Sur une base personnelle, on peut aussi dire qu’à sa manière, Orlando a progressé puisqu’en 1940-41, il a mené la ligue pour les minutes de punition et terminé deuxième l’année suivante.

Mené par Johnny Mowers devant les buts, les Red Wings ont finalement remporté la Coupe Stanley en 1942-43.  Orlando a aussi fait sa part, avec 99 minutes de pénalité, le sommet de la ligue, lui qui ne dédaignait pas utiliser son bâton de plusieurs façons.  Pour sa deuxième Coupe, il y a cette fois pleinement contribué.

Cette Coupe a toutefois représenté une fin abrupte d’un cycle.  En raison de la guerre, Mowers se retrouva dans l’armée.   La guerre eut également une influence sur la carrière d’Orlando lorsqu’il fut arrêté par le FBI pour avoir prétendu occuper un emploi essentiel à l’effort de guerre.  Il s’en tira en joignant l’Armée canadienne et en allant se battre sous les drapeaux.

À son retour, il se retrouva dans la Ligue senior du Québec, d’abord avec les Braves de Valleyfield, puis avec le Royal de Montréal.  Dans la métropole québécoise, Orlando eut une vie mondaine qui ne passa pas inaperçue, principalement lorsqu’il eut une relation avec celle qui créait le scandale à l’époque, l’effeuilleuse Lili St-Cyr. (De son véritable nom Willis Marie Van Schaak, cette américaine d’origine hollandaise fit les beaux jours du Théâtre Gayety de la rue Sainte-Catherine.)  De son propre aveu, elle n’était une grande amatrice de hockey, mais elle se rendait tout de même au Forum sur une base régulière pour admirer son compagnon et ce, sans la moindre discrétion.  Orlando fut également gérant du club El Morocco, qui appartenait au promoteur de lutte Eddie Quinn.

Sur la glace, il conserva le même style, tout en ayant la fâcheuse habitude de se montrer particulièrement hargneux envers le trio du St-François de Sherbrooke qui comprenait les frères Carnegie et Manning McIntyre.  Ces trois joueurs avaient comme particularité d’être noirs…

De retour avec Valleyfield, il les aida, encore une fois à sa façon, les Braves à remporter le championnat national, la Coupe Alexander, avant de prendre sa retraite.

Il travailla plus tard comme arbitre à la lutte, en plus d’être propriétaire de boîtes de nuit.  Il se fit également remarqué lorsque, lors de l’émeute de Maurice Richard, il était au Forum et prit ses poings pour se porter à la défense de Clarence Campbell. 

Orlando mourut en 1992, à l’âge de 76 ans.

Sources : Legault, Gaston, Il était une fois… les Braves, 1936-1955, 2007,

McNeil, David, In the Pressure of the Moment: Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.32 à 35,

« Orlando arbitrera le combat entre Cortez et Cato », 12 avril 1953, Le Canada, p.27, wikipedia.org.