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dimanche 21 octobre 2018

Floyd Curry



Originaire de Chapleau, dans le nord de l’Ontario, Floyd Curry s’est retrouvé au sein d’une puissante équipe junior en 1941, les Generals d’Oshawa. En trois ans dans leur alignement, Curry participa à trois finales de la Coupe Memorial. Il dut toutefois attendre à sa troisième occasion, en 1944 contre les Smoke Eaters de Trail, avant de se retrouver du côté des gagnants.

Il fut alors remarqué par les Canadiens, mais l’année suivante, il joua plutôt pour une équipe de la Marine.

Il gradua ensuite avec le Royal de Montréal de la Ligue senior. Encore une fois, à sa deuxième et dernière année avec cette équipe, en 1947, Curry se mérita le titre, lorsque le Royal mit la main sur la Coupe Allan aux dépens des Stampeders de Calgary.

Curry put alors faire ses débuts dans la Ligue nationale, mais sans s’y établir complètement, puisque de 1947 à 1950, il vit de l’action autant avec les Canadiens qu’avec les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine.

C’est finalement en 1950-51 qu’il fit sa place pour de bon à Montréal, un an avant que l’ailier droit au style défensif n’atteigne son sommet offensif de 20 buts en une saison. Il faut dire que ses statistiques ont bénéficié de sa superbe performance du 29 octobre 1951, alors qu’en deuxième période, il a réalisé son seul tour du chapeau en carrière. (Il a marqué un total de 105 buts en carrière.) Cette victoire de 6-1 contre les Rangers a la particularité d’avoir été obtenu en présence de la future Reine Elizabeth au Forum. Est-ce que la jeune princesse, que 500 000 personnes sont venues voir parader dans la ville plus tôt dans la journée, a servi d’inspiration à Curry? Par la suite, il n’a jamais compté plus de 16 buts en une saison, et sa production déclina.

La contribution du « Honest Blocker » a toutefois été reconnue par l’équipe vers la fin de sa carrière, le 14 mars 1957, lorsque s’est tenue à ce moment la « Soirée Floyd Curry ». Entre la première et la deuxième période d’un match contre les Leafs, on lui a remis une montre en or, des boutons de manchettes, une chaîne stéréo, un réfrigérateur, un séchoir électrique, des vélos pour ses enfants, une Oldsmobile de l’année (qui a dû être poussée par des joueurs des Leafs parce qu’elle glissait sur la glace…) et une provision d’un an de pizzas et de sardines!


En tout, Curry a passé huit saisons complètes avec les Canadiens et à chaque occasion, l’équipe a atteint la finale. Parmi celles-ci, Curry a pu mettre la main sur la Coupe Stanley en 1953, 1956, 1957 et 1958. Encore une fois, Curry a quitté son équipe en remportant un championnat. Il a donc été là pour les trois premières des cinq Coupes consécutives, mais il rata les deux dernières, puisqu’en refusant d’être échangé, il fut plutôt relégué au Royal. Il profita toutefois de cette situation pour amorcer sa deuxième carrière, puisqu’il fut nommé joueur-entraîneur. L’année suivante, il accrocha ses patins mais derrière le banc, il mena son équipe au championnat de la EPHL (Eastern Professional Hockey League), qui se mérita le Trophée Tom Foley.

Curry fut également derrière le banc du Royal pour sa dernière année d’existence, avant de se retrouver à Québec comme entraîneur des As. À ce moment, le club de la vieille capitale dans la Ligue américaine était affilié aux Canadiens.

Il fut à Québec pendant trois ans, mais il demeura à l’emploi des Canadiens dans une multitude de postes pendant 40 ans. Il fut assigné aux ventes, secrétaire de voyages, entraîneur du club école à Cleveland, puis à Montréal, avant de devenir assistant du directeur-gérant Sam Pollock, puis directeur du recrutement. Dans ces fonctions, il reçut donc une bague de la Coupe Stanley en 1969, 1973, 1976, 1977, 1978 et 1979. En ajoutant les quatre titres qu’il a obtenus comme joueur, Curry a donc fait partie de dix équipes championnes de la Coupe Stanley, une de la Coupe Memorial, une de la Coupe Allan et une de la EPHL. Pas si mal pour quelqu’un qui a été dans l’ombre plus souvent qu’autrement!

Après s’être occupé de son ancien entraîneur Toe Blake alors qu’il souffrait d’Alzheimer, Floyd Curry fut plus tard affligé de la même maladie. Il est décédé en 2006 à l’âge de 81 ans.


Sources :
McNeil, David, In the Pressure of the Moment, Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p. 135, 227,

“City Gives Elizabeth and Philip Greatest Welcome in Canada As 500,000 Line 12-Mile Route” de Brian Moore, 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 1, “Royal Couple Watches Canadiens Hand New York Rangers 6 to 1 Defeat”. 30 octobre 1951, Montreal Gazette, page 23, “Canadiens Regain Second Place Beating Leafs 8-4” de Pat Curran, 15 mars 1957, Montreal Gazette, page 27, “Canadien seul en 2e place” de Phil Séguin, 15 mars 1957, La Patrie, page 24, “Montreal Grey-Flannel Hockey Cartel” de Trent Frayne, 3 décembre 1960, MacLean’s (archive.macleans.ca), wikipedia.org.

mercredi 10 janvier 2018

Jimmy Orlando








Bien qu’originaire de Montréal, c’est dans l’organisation des Red Wings que se retrouva Jimmy Orlando et c’est en 1936-37 qu’il joua ses premiers matchs à l’échelon le plus élevé. 

Bien qu’en ayant joué seulement 10 matchs, il n’aurait pas dû se qualifier, il bénéficia malgré tout du succès des Wings lorsque son nom fut inscrit sur la Coupe quand même.

Après avoir fait quelques allers-retours entre l’International-American Hockey League (l’ancêtre de la Ligue américaine) et Détroit, c’est en 1939-40 que le défenseur qui n’avait pas froid aux yeux se fit une place dans la ville de l’automobile.

Si à sa première saison, l’équipe était plutôt faible, elle fit des progrès pour atteindre la finale en 1940-41 et en 1941-42.  Sur une base personnelle, on peut aussi dire qu’à sa manière, Orlando a progressé puisqu’en 1940-41, il a mené la ligue pour les minutes de punition et terminé deuxième l’année suivante.

Mené par Johnny Mowers devant les buts, les Red Wings ont finalement remporté la Coupe Stanley en 1942-43.  Orlando a aussi fait sa part, avec 99 minutes de pénalité, le sommet de la ligue, lui qui ne dédaignait pas utiliser son bâton de plusieurs façons.  Pour sa deuxième Coupe, il y a cette fois pleinement contribué.

Cette Coupe a toutefois représenté une fin abrupte d’un cycle.  En raison de la guerre, Mowers se retrouva dans l’armée.   La guerre eut également une influence sur la carrière d’Orlando lorsqu’il fut arrêté par le FBI pour avoir prétendu occuper un emploi essentiel à l’effort de guerre.  Il s’en tira en joignant l’Armée canadienne et en allant se battre sous les drapeaux.

À son retour, il se retrouva dans la Ligue senior du Québec, d’abord avec les Braves de Valleyfield, puis avec le Royal de Montréal.  Dans la métropole québécoise, Orlando eut une vie mondaine qui ne passa pas inaperçue, principalement lorsqu’il eut une relation avec celle qui créait le scandale à l’époque, l’effeuilleuse Lili St-Cyr. (De son véritable nom Willis Marie Van Schaak, cette américaine d’origine hollandaise fit les beaux jours du Théâtre Gayety de la rue Sainte-Catherine.)  De son propre aveu, elle n’était une grande amatrice de hockey, mais elle se rendait tout de même au Forum sur une base régulière pour admirer son compagnon et ce, sans la moindre discrétion.  Orlando fut également gérant du club El Morocco, qui appartenait au promoteur de lutte Eddie Quinn.

Sur la glace, il conserva le même style, tout en ayant la fâcheuse habitude de se montrer particulièrement hargneux envers le trio du St-François de Sherbrooke qui comprenait les frères Carnegie et Manning McIntyre.  Ces trois joueurs avaient comme particularité d’être noirs…

De retour avec Valleyfield, il les aida, encore une fois à sa façon, les Braves à remporter le championnat national, la Coupe Alexander, avant de prendre sa retraite.

Il travailla plus tard comme arbitre à la lutte, en plus d’être propriétaire de boîtes de nuit.  Il se fit également remarqué lorsque, lors de l’émeute de Maurice Richard, il était au Forum et prit ses poings pour se porter à la défense de Clarence Campbell. 

Orlando mourut en 1992, à l’âge de 76 ans.

Sources : Legault, Gaston, Il était une fois… les Braves, 1936-1955, 2007,

McNeil, David, In the Pressure of the Moment: Remembering Gerry McNeil, Midtown Press, 2016, p.32 à 35,

« Orlando arbitrera le combat entre Cortez et Cato », 12 avril 1953, Le Canada, p.27, wikipedia.org.

lundi 4 septembre 2017

Neil et Mac Colville



L’histoire de Neil Colville est indissociable de celle de son frère Mac. D'abord, en 1933-34, les deux frères ont aidé l’équipe de leur ville natale, Edmonton, à atteindre la finale de la Coupe Memorial. Même s’ils se sont inclinés devant les Majors du Collège St.Michael’s de Toronto, ils sont parvenus à attirer l’attention des Rangers, qui les ont assignés aux Crescents de New York de la Ligue Eastern Amateur (EAHL). Neil fut le meilleur compteur de la ligue et les Crescents remportèrent le titre de la ligue.

L’année suivante, c’est avec les Ramblers de Philadelphie de la Ligue Can-Am (un ancêtre de la Ligue américaine) qu’ils s’alignèrent. Entraîné par Herb Gardiner, les Ramblers remportèrent également le championnat de leur ligue. En plus d’y contribuer, les frères Colville ont également eu l’occasion de jouer leurs premiers matchs avec les Rangers. Ils ne mettront pas de temps à s’y installer définitivement, puisque dès 1936-37, ils en devinrent des joueurs réguliers, tout comme Alex Shibicky, qui a suivi le même parcours et avec qui ils ont formé un trio. Neil, le centre, se portait plus en attaque, alors que Mac, l’ailier droit, restait plus en retrait.

En 1938-39, le travail de Neil fut remarqué, alors qu’il fut choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Syl Apps des Maple Leafs.

Un an plus tard, les Rangers mirent la main sur la Coupe Stanley. Après une longue traversée du désert, ils durent attendre à 1994 avant de rééditer l’exploit. De son côté, Neil fut encore nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Milt Schmidt des Bruins cette fois.

En 1942, les deux frères se retrouvèrent dans les Forces armées. Stationnés à Ottawa, ils aidèrent alors les Commandos d'Ottawa de la Ligue senior du Québec à remporter la Coupe Alexander, puis la Coupe Allan.

À la fin de la guerre, les deux frères retournèrent avec les Blueshirts, mais ayant ralenti, ils changèrent de position pour devenir défenseurs. Ils devinrent ainsi les premiers frères à composer un duo à la ligne bleue. Neil fut également nommé capitaine.

Mac resta jusqu’en 1946-47. Il retourna par la suite vivre en Alberta, où il travailla pour la province.

Neil continua, pour la première fois depuis plusieurs années, à jouer sans son frère et ce, avec succès. En effet, en 1947-48, il fut à nouveau choisi pour faire partie de la deuxième équipe d’étoiles, mais comme défenseur cette fois. Il fut ainsi le deuxième joueur, après Dit Clapper, à recevoir cet honneur autant comme avant que comme défenseur.

Malheureusement pour lui, ça ne l’empêcha pas d’être rétrogradé dans la Ligue américaine au cours de la saison suivante par les Rangers, une équipe qui se cherchait à ce moment.

C’est en 1950 que Neil revint à New York, comme entraîneur-chef cette fois. À 36 ans, il devenait ainsi le plus jeune à occuper un tel poste. La situation ne dura toutefois pas. De son propre aveu, il fut incapable de sortir les Rangers de leur torpeur, en plus de souffrir de sérieux ulcères d’estomac. Après un peu plus d’un an, il remit donc sa démission, ce qui mit fin à sa carrière.

Au niveau de la LNH, les Colville n'ont donc évolué qu'avec une seule équipe, les Rangers.

Il réorienta alors sa carrière en investissant dans un nouveau poste de télé à Whitehorse. Il y déménagea et en ces débuts de la télévision, il apprit à faire un peu de tout avec des moyens plutôt limités. Apparemment qu'une vue de la rue principale et un bocal de poisson revenaient fréquemment dans la programmation...

Neil mourut en 1987 à 73 ans, alors que Mac rendit l’âme en 2003, à 87 ans.


Sources : “Bill Cook Returns to N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out, Frank Boucher Calls In Old Forward Mate”, CP, 7 décembre 1951, Montreal Gazette, p.22, “Mac Colville, 87, a Mainstay for the Rangers” de Richard Goldstein, 2 juin 2003, New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 9 mai 2016

Léo Lamoureux



Léo Lamoureux est originaire d’Espanola, dans le nord de l’Ontario. Après avoir joué dans son coin de pays, il se dirigea dans le sud de la province, avant de jouer la saison 1938-39 en Grande-Bretagne.

Ce fut ensuite les Royals de Cornwall de la Ligue senior du Québec, puis Hamilton, dans la Ligue senior de l’Ontario.

En 1941-42, il gradua finalement dans la Ligue américaine, après avoir signé avec les Canadiens. Il fut assigné aux Lions de Washington, un éphémère club-école du tricolore. (voir texte du 5 août 2015) Il eut également l’occasion de jouer un match avec le grand club. Il avait dû donc attendre à l’âge de 25 ans avant d’atteindre la LNH.

À partir de la saison suivante, l’habile défenseur connut une rare période de stabilité dans sa carrière de hockeyeur. Il passa cinq saisons avec le bleu blanc rouge.

Il connut sa meilleure saison en 1943-44, alors que Montréal domina complètement la ligue avant de remporter la Coupe Stanley. De son côté, Lamoureux obtint 8 buts et 23 passes en 44 matchs. Il connut une saison moins remarquable en 1945-46, mais il remporta tout de même une deuxième Coupe.

L’année suivante, Lamoureux perdit son poste à la ligne bleue de Montréal, alors qu’un jeune défenseur, Doug Harvey, y prenait place.

Lamoureux passa un an dans la Ligue américaine, avant de mettre le cap sur Shawinigan. Les Cataractes de la Ligue senior connaissaient par contre des moments difficiles. Au milieu de la saison 1948-49, l’entraîneur Redvers MacKenzie fut congédié. Le vétéran Lamoureux devint alors joueur-entraîneur. On retenta l’expérience la saison suivante, mais les résultats ne furent guère mieux et Lamoureux quitta la Mauricie.

Il reprit alors son baluchon et joua dans les Maritimes, le nord de l’Ontario et avec Détroit dans l’IHL. (voir texte du 28 janvier 2016)

Après une pause de deux ans, il revint au hockey en 1955-56, alors qu’il devint joueur-entraîneur des Chiefs d’Indianapolis de l’IHL. En 1956-57, son équipe se rendit en finale, mais dut s’incliner contre les Mohawks de Cincinnati. (voir texte du 2 août 2011) Indianapolis se reprit l’année d’après, alors que Lamoureux mena les siens à la Coupe Turner, malgré une fiche ordinaire en saison. Son meilleur pointeur était Marc Boileau, un futur entraîneur des Nordiques. (voir texte du 18 mars 2013)

Lamoureux passa alors deux autres campagnes loin des patinoires avant qu’on le convainque de reprendre son poste derrière le banc des Chiefs. Il débuta la saison 1960-61, mais en novembre, il eut une sévère crise d’hépatite qui le força à renoncer à son poste.

Sa condition dégénéra et en janvier, la maladie l’emporta, à l’âge de 44 ans.

Pour l’honorer, la ligue remplaça le Trophée Wilkinson, remis au meilleur pointeur, par le Trophée Léo Lamoureux. C’est plutôt ironique, surtout lorsqu’on considère que Lamoureux était un défenseur et qu’il n’accumula pas des tonnes de points au cours de sa carrière. En fait, à sa meilleure saison, il en obtint 31.

Ce trophée fut remis jusqu’en 2001, alors que cette version de l’IHL cessa ses activités.


Sources: “Former Hab Lamoureux Dies At 45”, UP, 12 janvier 1961, Montreal Gazette, p.26, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

mercredi 5 août 2015

Historique des club-écoles du CH - 1ère partie






Comme vous le savez probablement, il y a eu beaucoup de mouvement dans la ligue américaine durant l'entre-saison. Il y a entre autres le club-école principal du Canadien qui déménage cette année de Hamilton en Ontario pour St.John's à Terre-Neuve, prenant ainsi la place et le nom de l'ancien club-école des Jets de Winnipeg, les Ice Caps (ils garderont ce nom au lieu des Bulldogs). Winnipeg pour sa part rapatrie ses joueurs et fera renaître l'ancienne équipe du Moose du Manitoba qui évoluera également dans la même ville que le grand club. Quant à la ville d'Hamilton, elle ne perd pas ses Bulldogs pour autant car l'équipe junior des Bulls de Belleville y déménage pour la saison prochaine et reprendra le nom et le logo des Bulldogs. Au moins Bulls et Bulldogs, ça se ressemble.

Les Ice Caps seront donc le principal club-école du CH pour 2015-16 mais leur club-école secondaire changera également alors que l'équipe a terminé son association avec les Nailers de Wheeling de la ECHL. Ce sera  dorénavant le Beast de Brampton, en banlieue de Toronto, qui hébergera certains des prospects des Canadiens dans la East Coast.

Les nouveaux club-écoles du CH pour la saison 2015-16

Il est très difficile de suivre l'histoire des franchises de ligues mineures. Leurs durées de vie sont généralement éphémères et rares sont celles qui survivent plus de 20-30 ans. Au fil des années, les ligues mineures ont évolué discrètement en marge de la grande ligue et des années plus tard, on retrouve toujours autant de déménagements, de fusions de ligues et d'équipes, d'équipes qui suspendent leurs opérations, etc... Pas facile de s'y retrouver. J'ai toutefois voulu vous présenter une autre série d'articles interminable sur tous les club-écoles que le Canadien a eu depuis ses débuts, que ce soit les principaux ou les secondaires. Dans l'histoire du CH, il y eut 32 club-écoles et ce dans 12 ligues, 16 états et 4 provinces! Inutile de vous dire que ce sera une série en plusieurs parties.

Donc tenez-vous bien et suivez-moi dans le monde fascinant des ligues mineures. Durant ce voyage, je vous emmènerai dans quelques-unes des plus belles villes d'Amérique du Nord comme Flint, Kalamazoo, Hamilton, Muskegon, Cleveland, St-George de Beauce et j'en passe... Pour chaque équipe rencontrée en chemin on retrouve une photo, un petit historique et une liste partielle des joueurs les plus connus à avoir joué pour l'équipe durant la période où elle était associée au Canadien.

Eagles de New Haven - 1926-27, 1936-1941 (CAHL - IAHL - AHL)

Les Eagles furent une des équipes inaugurales de la Canadian American Hockey League (CAHL) et existèrent de la fondation de la ligue en 1926 jusqu'à la fusion avec la International Hockey League (IHL) en 1936 pour nous donner la International American Hockey League (IAHL). Cette ligue changera éventuellement de nom en 1940 pour devenir la American Hockey League (AHL) que l'on connait de nos jours. Les Eagles furent la première équipe affiliée du Canadien en 1926-27 mais ils étaient aussi affiliés partiellement avec les Bruins de Boston. Après cette première saison, les Eagles devinrent le club-école des Americans de New York de 1928 à 1933 mais redevinrent celui des Canadiens de 1936 à 1941. L'équipe suspendit ses activités de 1943 à 1945 durant la deuxième guerre mondiale et revint pour la saison 1945-46. L'équipe cessa ses activités durant la saison 1950-51. Aucun joueur important ne fut développé par l'équipe pour les Canadiens durant leur association et l'équipe était généralement médiocre.

Joueurs les plus connus: Billy Coutu, Alfred "Pit" Lepine, Georges Mantha. À noter qu'ils étaient tous en fin de carrière, ou bien banni de la LNH dans le cas de Coutu...


Reds de Providence - 1928-1933 (CAHL)

Les Reds furent eux aussi membres fondateurs de la CAHL et ensuite de la AHL. Ils furent l'équipe affiliée du CH pendant 5 saisons et remportèrent le championnat à deux reprises durant cette période, soit en 1930 et 1932 avec Sprague Cleghorn et Newsy Lalonde comme entraineurs. Ils remportèrent la coupe Calder à 5 autres reprises par la suite. Ils déménagèrent à Binghampton, NY, pour la saison 1977 et se renommèrent les Broom Dusters qui éventuellement devinrent le Wolf Pack de Hartford, équipe toujours active de nos jours et est donc une des franchises les plus vieilles de la AHL. Après la fin de leur association avec Montréal en 1933, il y eut deux saisons sans club-école pour Montréal.

Joueurs les plus connus : Armand Mondou, Johnny Gagnon, Toe Blake


Indians de Springfield - 1935-36 (CAHL)

Il y eut plusieurs incarnations des Indians de Springfield à travers les âges et je ne commencerai pas à décortiquer leur longue histoire ici. Cette version des Indians était toutefois la deuxième sous ce nom et s'amena à Springfield en 1935 alors que l'équipe des Castors de Québec y déménagea. Après cette seule saison comme équipe affiliée au CH, la CAHL fusionna avec la IHL et le Canadien retourna son club-école à New Haven.

Joueurs les plus connus: Pas un grand cru durant cette seule saison, seulement des joueurs habitués des ligues mineures. Le seul qui a capté mon attention est Léo Bourgeault, qui joua plus de 300 matchs dans la LNH pour les Rangers et les Canadiens et qui fut un des rares joueurs à porter le numéro 99.


Lions de Washington - 1941-1943 (AHL)

Les Lions furent fondés en 1941 mais cessèrent leurs activités après 2 saisons en 1943 à cause de la guerre mondiale. Ils furent ressuscités en 1947 mais encore une fois cela ne dura que 2 saisons et l'équipe déménagea à Cincinnati et devint les Mohawks, qui deviendront une autre équipe affiliée au Canadien plus tard dans la décennie. Il n'y eut donc pas de club-école pour Montréal durant le reste de la 2ème guerre mondiale.

Joueurs les plus connus: Georges Mantha, Léo Lamoureux, Murph Chamberlain

Bisons de Buffalo - 1945-1954 (AHL)

Après la fin de la 2ème guerre mondiale, le Canadien était prêt à remettre en marche son système de filiale qui commença graduellement à prendre de l'expansion vers les années 50. Les Bisons de Buffalo étaient autrefois connus sous le nom des Tigers d'Hamilton dans la Canadian Professional Hockey League (CPHL) de 1926 à 1930 suite à quoi ils devinrent les Stars de Syracuse et joignirent les rangs de la AHL. Les Stars existèrent de 1930 à 1940 avant de finalement déménager à Buffalo. Les Bisons furent l'une des meilleures équipes de l'AHL durant les années 40, remportant la Coupe Calder en 1943, 1944 et 1946. Ils furent le club-école du Canadien pendant presque 10 ans et en 1956, deux ans après leur association au CH, ils furent achetés par Pepsi-Cola qui changea leurs couleurs et leur logo enconséquence. Ils furent également le club-école des Blackhawks, Rangers, Blues et Maple Leafs plus tard dans leur histoire. Ils remportèrent la coupe Calder deux autres fois en 1963 et 1970 suite à quoi ils cessèrent leurs opérations après l'arrivée des Sabres dans la LNH.

Joueurs les plus connus: Ken Mosdell, Toe Blake (en fin de carrière), Doug Harvey, Jacques Plante

Texans de Dallas - 1948-49 (USHL)

Les Texans jouèrent de 1945 à 1949 dans la United States Hockey League (USHL), une ligue mineure-professionnelle du sud des États-unis. En 1948, le Canadien commença à employer plus d'un club-école pour la première fois avec les Texans mais cette expérience dans le sud ne dura qu'une saison. Les Texans cessèrent leurs activités après la saison, comme plusieurs équipes de la USHL.

Peu de joueurs de renom chez les Texans et encore moins ont réussi à se tailler une place avec le grand-club. À noter que Howie Morenz Jr (photo de droite) était alors un prospect des Canadiens et joua sa seule saison professionnelle cette année-là avec Dallas, sans grand succès.


Mohawks de Cincinnati - 1949-1951 (AHL)

Les Lions de Washington déménagèrent à Cincinnati en 1949 et se renommèrent les Mohawks pour l'occasion. Peu de moments forts pour les Mohawks durant leur association comme deuxième club-école du Canadien (avec les Bisons) si ce n'est que le gardien Paul Bibeault qui continua son chemin à travers les équipes affiliées du Canadien (après les Lions, les Bisons et les Texans). L'équipe quitta la AHL en 1952 pour joindre les rangs de la nouvelle incarnation de la International Hockey League (IHL). Ils établirent un record dans cette ligue durant les années 50 en remportant le championnat 5 fois d'affilée. L'équipe cessa toutefois ses activités après la saison 1957-58. Ancien texte de Martin sur les Mohawks ici.

Joueurs les plus connus : Fred Shero et Emile Francis (futurs entraineurs et directeurs généraux dans la LNH), Gerry McNeil, Buddy O'Connor


Royaux de Montréal 1950-1959 (LHSQ - LHQ)

En 1950, un troisième club-école du nom des Royaux de Montréal s'ajouta au système du CH (en plus des Bisons et des Mohawks). Les Royaux  développèrent éventuellement plus de joueurs que les autres clubs affiliés durant cette période, probablement à cause de l'avantage d'être localisés dans la même ville. Les Royaux, du même nom que l'équipe de Baseball, évoluèrent dans plusieurs ligues durant leur histoire et ils se bâtirent une réputation d'excellence en remportant la coupe Allan à deux reprises (1939-1947), la coupe Memorial (1949) en plus de 4 titres de la Ligue de Hockey senior du Quebec (1945-46-47) ligue qui devint éventuellement la Ligue de Hockey du Quebec (LHQ). La ligue cessa ses opérations en 1959 et les Royaux joignirent les rangs de la Eastern Professionnal Hockey League (EPHL) jusqu'à ce qu'ils cessent également leurs opérations en 1961.

Joueurs les plus connus: Charlie Hodge, Jacques Plante, Dollard St. Laurent, Dickie Moore, Ed Litzenberger, Gerry McNeil, Gilles Boisvert, Ralph Backstrom. À noter que Boom-Boom Geoffrion y joua 2 matchs en 1949, avant l'association officielle avec les Canadiens.


Cataractes de Shawinigan Falls - 1955-56 (LHQ)

Après la fin de l'association avec les Mohawks en 1951 et les Bisons en 1954, il ne restait que les Royaux comme équipe affiliée. Une deuxième équipe de la Ligue du Québec (LHQ) s'ajouta en 1955 comme club-école du canadien, les Cataractes de Shawinigan. Cette association ne dura cependant qu'une saison mais permit tout de même d'aider au développement de Claude Provost, un des joueurs les plus sous-estimés de l'histoire du CH. Le futur défenseur du CH Bob Turner y joua également durant cette saison.


Warriors de Winnipeg - 1955-57 (WHL)

En plus des Cataractes, les Warriors de Winnipeg s'ajoutèrent au système des Canadiens pour la saison 1955-56. Ils évoluèrent dans la Western Hockey League (WHL) de 1955 à 1961. C'était la première équipe professionnelle à Winnipeg depuis la disparition des Maroons de Winnipeg en 1928. Cependant, peu de joueurs de l'équipe appartenaient aux Canadiens car le club était aussi affilié aux Maple Leafs de Toronto et les Leafs semblaient avoir plus de poids dans la balance. Le seul joueur à noter qui s'est éventuellement rendu avec les Canadiens est Eddie Mazur qui joua à Montréal durant 2 saisons. Il était un habitué des filiales du CH, ayant aussi joué pour les Texans, Bisons et Royaux.


Lisez la suite très bientôt dans la deuxième partie...


dimanche 4 mai 2014

Art Dorrington




Le hockey a été un sport qui a quand même pris un bon moment avant de devenir un sport où les noirs se sont établis comme joueurs réguliers au plus haut niveau. Non seulement le hockey a été le dernier des quatre grands sports nord-américain à briser la "barrière raciale", il fallut attendre un bon moment avant de voir des joueurs noirs jouer d'une manière régulière dans ce circuit. Le premier joueur, Willie O'Ree, n'a fait qu'un très court passage dans la NHL et fut victime, dans les villes américaines, de racisme. Même plus tard, j'ai parlé il y a quelques années du cas de cette histoire où Tony McKegney qui fut victime de racisme alors qu'il évoluait avec les Bulls de Birmingham alors que les détenteurs de billets de saison de cette équipe d'Alabama menacèrent l'équipe de ne plus renouveler leurs billets de saison si un noir évoluait dans l'équipe. Il fallut donc attendre l'arrivée de ce même Tony McKegney dans la NHL et les prouesses d'un Grant Fuhr pour que des joueurs noirs deviennent des joueurs réguliers dans la NHL... C'était dans les années 80...

(Herb Carnegie, la première grande vedette noire du hockey, 
dans le superbe uniforme des As de Québec)

L'histoire de l'établissement de joueurs noirs dans la NHL est donc une histoire d'assez longue haleine, malgré le fait que des joueurs de couleur aient évolué depuis longtemps dans les circuits mineurs. Dans les années 40, Herb Carnegie et ses frères faisait les beaux jours des ligues senior du Québec et de l'Ontario. Carnegie se serait, à une époque où il évoluait dans les circuits mineurs de Toronto, fait dire par Conn Smythe, dictateur des Maple Leafs, que s'il n'était pas noir, il l'engagerait pour évoluer avec les Maple Leafs et aurait même pousser l'insulte à l'injure en disant qu'il donnerait 10000$ à celui qui changerait Carnegie en blanc... Quelques années plus tard, en 1948, alors que Carnegie jouait dans la Ligue du Québec avec le St-François de Sherbrooke, Carnegie fut invité à se joindre aux Rangers de New York pour un essai. Par contre, s'étant fait offrir moins que ce qu'il gagnait avec le St-François, Carnegie refusa l'offre des Rangers et revint au Québec...

Ce fut Art Dorrington qui deviendra quelques temps plus tard le premier noir à signer un contrat avec les Rangers et ainsi devint le premier joueur noir à faire partie d'une organisation de la NHL...

C'est en 1950 qu'Art Dorrington, jeune joueur noir originaire de la Nouvelle-Écosse qui évoluait à l'époque dans une ligue senior des maritimes, signa un contrat professionnel avec les Rangers. Suite à cette signature, Dorrington fut assigné aux Seagulls d'Atlantic City, club ayant une affiliation avec les Rangers dans la Eastern Hockey League. Ainsi, lorsque Dorrington se joignit aux Seagulls d'Atlantic City, il devint le premier noir à joueur au hockey professionnel aux États-Unis. L'année suivante, Dorrington se promena d'équipes en équipes pour mieux se retrouver, lors de la saison 1952-53, avec les fameux Jets de Johnstown avec qui il récolta 25 buts lors de la première saison et 30 la saison suivante, alors que l'équipe évoluait dans la IHL. En 1954-55, Dorrington prit le chemin de Washington pour évoluer avec les Lions de la nouvelle Eastern Hockey League, où il remporta alors le championnat des butteurs avec 33 buts. 



Art Dorrington récolta à nouveau 30 buts, cette fois avec les Ramblers de Philadelphie. Par la suite, la carrière de Dorrington alla en déclin jusqu'à ce qu'un blessure mit fin à sa carrière pour de bon lors de la saison 1960-61 alors qu'il évoluait à nouveau avec les Jets. Par la suite, Dorrington se retira pour de bon dans la ville d'Atlantic City où il épousa une dame de l'endroit. Dans les années 90, il aida à mettre sur pied une fondation portant son nom afin d'aider les jeune démunis à pratiquer du sport. 

(Remarquez le grillage derrière les joueurs...)

Art Dorrington a déjà mentionné qu'il a été quelques fois victime de racisme durant sa carrière, notamment lorsqu'il évoluait dans les villes les plus au sud qui étaient à l'époque les villes de Baltimore et Washington. Dorrington a également déjà mentionné que ses coéquipiers, tous d'origine canadienne, le supportaient souvent lorsqu'il était victime de racisme. On raconte par exemple une histoire où un hôtel a refusé de l'héberger à Troy en Ohio où les coéquipiers quittèrent l'hôtel en solidarité pour leur coéquipier.

(Dorrington et Willie O'Ree (droite) lors de la cérémonie où l'on donna à 
une patinoire d'Atlantic City le nom de Dorrington...)

lundi 28 octobre 2013

Gaye Stewart








Si certains joueurs peuvent avoir de longues et belles carrières sans jamais gagner la Coupe Stanley (comme Marcel Dionne et Jean Ratelle par exemple) ou devoir attendre à la toute fin pour la gagner (comme Lanny McDonald et Raymond Bourque), Gaye Stewart lui, n’a pas mis de temps à y parvenir. Son rappel par les Leafs pour un match de la finale de 1942 (son premier et le seul qu’il joua cette année-là) fit de lui un champion.

L’année suivante, ses 24 buts et ses 47 points lui valurent le Trophée Calder, en tant que recrue de l’année. Il fut préféré à Maurice Richard, qui manqua plusieurs parties en raison de blessures. Il devint alors le premier joueur à mériter cet honneur après avoir gagné la Coupe Stanley. Danny Grant, Tony Esposito et Ken Dryden rééditeront plus tard cet exploit. (Dryden ira même jusqu’à gagner le Conn Smythe. Voir texte du 1er août 2011)

L’élan que semblait prendre la carrière de Stewart fut par contre rapidement stoppé, puisqu’il passa les deux années suivantes dans la marine. Il réussit toutefois à reprendre là où il avait laissé à la fin de la guerre, alors qu’il marqua 37 buts en 1945-46, le plus haut total de la ligue. Il est d’ailleurs le dernier Leaf à réussir ce fait d’arme. Il a de plus été nommé sur la première équipe d’étoiles.

En 1946-47, sa production baissa à 19 buts, mais il se mérita une deuxième Coupe Stanley, toujours avec les Maple Leafs.

Au cours de la saison suivante, il fit partie d’un échange majeur qui l’envoya à Chicago et où Max Bentley prit le chemin inverse. Les Black Hawks constituaient alors l’équipe faible de cette période, mais il connut tout de même trois saisons de 20 buts dans la ville des vents.

Son rendement alla ensuite en déclinant. Passant par Détroit et New York, il termina son passage dans la LNH en jouant quelques matchs à Montréal. Stewart a donc joué pour cinq des six équipes originales. Il n’y a que l’uniforme des Bruins qu’il n’a jamais enfilé.

Il termina ensuite sa carrière en jouant avec les As de Québec de la Ligue Senior et dans la Ligue Américaine.

Il fut par la suite arbitre dans la Ligue Nationale pour quelques saisons.

Gaye Stewart est décédé en 2010, à l’âge de 87 ans.

Sources : “Former Leaf Gaye Stewart star Dies” de Lance Hornsby, 19 novembre 2010, Toronto Sun (torontosun.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 30 septembre 2013

Réal Chèvrefils









Originaire de Timmins, dans le nord de l’Ontario, Réal Chèvrefils semblait avoir tout pour lui.  Il possédait un talent offensif indéniable, qu’il mit en valeur avec les Flyers de Barrie.  En 1951, au cours d’un tournoi qui impliquait également les Citadelles de Québec de Jean Béliveau, il accumula 19 points en 11 matchs et mena les Flyers à la Coupe Memorial.

La suite des choses s’annonçait bien pour les Bruins, qui détenaient ses droits, et de grands espoirs furent mis en lui.

Il fit ensuite un bref séjour dans la Ligue Américaine, avant de rejoindre Boston.  Sympathique, affable et apprécié de ses coéquipiers, il se mit à les suivre dans les bars pour fraterniser.  C’est alors qu’il mit les pieds sur une pente savonneuse.
L’alcool devint rapidement un problème.  Même dans la chambre des joueurs, celui qu’on surnommait « Chevy » pouvait avoir la gueule de bois.  Le directeur-gérant Lynn Patrick tenta bien de le mettre à l’abri des tentations en l’hébergeant chez lui, mais Chevy trouvait les moyens de lui faire faux bond.

En 1955, il fit partie de l’échange impliquant dix joueurs qui envoya Terry Sawchuk et Vic Stasiuk à Boston.  Son nouvel entraîneur à Détroit, Jack Adams, tenta bien de le faire adhérer aux Alcooliques Anonymes, mais sans succès.  Il le fit également suivre par des détectives, histoire de lui éviter des problèmes.  La légende veut toutefois qu’il parvenait à les convaincre de le suivre et de boire avec lui.  Exaspéré, Adams le retourna à Boston avant la fin de sa première saison dans la ville de l’automobile.
L’année suivante, pour la seule fois de sa carrière, il parvint à jouer tous les matchs et son grand talent put enfin s’exprimer.  Il connut sa meilleure saison offensive à vie, 31-17-48 en 70 matchs, en plus d’être nommé sur la deuxième équipe d’étoiles.  Mais ça ne dura pas.  En 1957-58 et en 1958-59, il se mit à faire des séjours dans la Ligue Américaine.  Par la suite, on ne le revit plus dans la LNH.  Il joua avec les As de Québec de la Ligue Senior du Québec, dans l’est de l’Ontario et dans la WHL.
On s’en doute, sa situation conjugale allait avec le reste.  Lors de son passage avec les Blades de Los Angeles de la WHL, l’équipe crut que la présence de son épouse lui apporterait une certaine surveillance et une stabilité et la fit venir avec lui.  Au contraire, son épouse s’était également mise à boire et d’horribles disputes en résultèrent.  Chèvrefils pouvait parfois se présenter à l’aréna avec des blessures qui n’avaient rien à voir avec le hockey.  En 1962, elle le quitta et retourna à Timmins avec ses six enfants.  Ces derniers ne revirent presque jamais leur père par la suite.

Chèvrefils se trouva ensuite une place dans le hockey senior avec les Bulldogs de Windsor, avec qui il remporta la Coupe Allan en 1963.  En 1964, sa carrière était terminée.
Il resta par la suite à Windsor, où il vécut dans l’indigence.  Régulier de la Mission du centre-ville, sa carrière de 397 matchs dans la LNH lui donnait droit à une pension de 130$ par mois, que Jimmy Skinner des Red Wings réussit à faire augmenter à 200$ avec le programme d’urgence.  Toujours aussi sympathique, lors de ses séjours répétés à l’hôpital, il lui arrivait parfois de dire au personnel qu’il n’avait pas toujours été dans cet état et qu’il avait déjà été un marqueur de 30 buts pour les Bruins.

Il est décédé en 1981, à l’âge de 48 ans.   

Sources :  Boyd, William T., All Roads Lead to Hockey: Reports from Northern Canada to the Mexican Border, Key Porter Books, Toronto, 2004, p.29-41,

legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 15 juillet 2013

Larry Kwong









Né en Colombie-Britannique en 1923, à un moment où les personnes d’origine chinoise n’avaient pas droit de vote, Larry Kwong dut faire face à plusieurs reprises à la discrimination.  De plus, la famille nombreuse dut se serrer les coudes lorsque leur père, qui opérait une petite épicerie, mourut alors que Larry n’avait que cinq ans.

Il démontra rapidement un intérêt pour le hockey et convainquit sa mère de lui acheter une paire de patins, qu’elle choisit quelques points trop grands pour qu’il puisse les porter pendant plusieurs hivers.  Ses habilités l’amenèrent éventuellement à jouer au niveau senior, avec les Smoke Eaters de Trail.  L’équipe avait habitude de fournir des emplois à ses joueurs à la fonderie locale, mais Kwong se vit refuser ce privilège, en raison de ses origines.  Il alla donc travailler comme porteur dans un hôtel.

Arriva ensuite la Deuxième Guerre Mondiale.  Kwong fut alors recruté par l’armée, où il joua au hockey pour distraire les troupes.  C’est ainsi qu’il fut remarqué par un dépisteur des Rangers.  En 1946, ceux-ci l’assignèrent aux Rovers de New York, un club école de la Ligue Eastern.  Malgré sa petite taille (5’6’’ 145 livres), il parvint à faire sa place et devint une célébrité parmi la communauté chinoise de New York.  Avant un match des Rovers, il fut même honoré par le « maire » officieux du quartier chinois.

S’en suivit par la suite une série de premières parmi les équipes new yorkaises.

En avril 1947, Jackie Robinson brise la barrière des couleurs au baseball, en jouant son premier match avec les Dodgers de Brooklyn.

En novembre de la même année, Wat Misaka devient le premier asiatique d’origine à jouer dans la NBA, en s’alignant l’espace de trois matchs avec les Knicks.

Le 13 mars 1948, Larry Kwong est rappelé par les Rangers et devient lors d’un match au Forum de Montréal le premier joueur d’origine chinoise dans la LNH.  L’expérience est par contre décevante.  Rappelé en même temps que Ronnie Rowe, il vit ce dernier obtenir du temps de glace, pendant qu’il demeurait au banc.  C’est finalement en troisième période qu’il eut la chance de faire une présence sur la patinoire, la seule qu’il eut, autant pour ce match que pour le reste de la saison.  L’expérience lui a donc laissé des sentiments partagés, entre l’exploit qu’il venait d’accomplir et le fait qu’il n’a pas vraiment eu la chance de montrer ce qu’il pouvait faire.

Il retourna avec les Rovers pour la saison 1947-48, eux qui s’étaient joints à la Ligue Senior du Québec.  Malgré que les Rangers représentaient à cette époque une équipe plus qu’ordinaire, ils ne lui firent pas signe.  À la fin de la saison, il reçut une offre intéressante des Braves de Valleyfield, également de la Ligue Senior du Québec.  Se sentant plus désiré là, il quitta l’organisation new yorkaise pour passer sept saisons avec les Braves.

En 1950-51, il connut une saison de rêve, alors que son total de 85 points lui valut le deuxième rang des compteurs de la Ligue, une place sur la première équipe d’étoiles et le Trophée Vimy, récompensant le joueur le plus utile à son équipe de la ligue.

Au cours des séries, l’équipe dirigée par Toe Blake et qui comptait, en plus de Kwong sur Kitoute Joannette (voir billet du 22 novembre 2012) et André Corriveau (le premier compteur de la ligue), remporta la Coupe Alexander, représentant le championnat canadien.

En 1951-52, il compta 38 buts, le deuxième total de la ligue, derrière Jean Béliveau.

Il est tout même intéressant de constater qu’à cette époque, pendant que les Braves pouvaient compter sur Kwong, les Saguenéens de Chicoutimi avaient dans leurs rangs les frères Smrke (voir texte du 5 décembre 2011), des ontariens né en Yougoslavie.  De leur côté, les As de Québec avaient dans leur alignement Larry Zeidel, un juif (voir texte du 8 février 2010) et Herb Carnegie, un noir.  Quelques années plus tard, ils eurent également Willie O’Ree, qui deviendra en 1958 le premier noir à jouer dans la Ligue Nationale, avec Boston   Dans le contexte de l’époque, la Ligue Senior du Québec montrait donc une diversité certaine, et pas seulement à Montréal.

En 1955-56, les Braves devinrent les Lions de Trois-Rivières, équipe où joua brièvement Don Cherry en 1959-60.  Kwong y demeura pendant une demi-saison, avant de passer du temps dans la Ligue Internationale, puis en Grande-Bretagne et en Suisse.

En 1972, il revint au Canada pour aider son frère à gérer son épicerie à Calgary.  Membre du Temple de la Renommée des Sports de Colombie-Britannique, maintenant âgé de 90 ans et évidemment à la retraite, il habite toujours dans cette ville.

Sources :  « A Hockey Pioneer’s Moment » de David Davis, 19 février 2013, New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net.