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vendredi 1 décembre 2023

Un gardien prénommé Ron

Je m'ennuie de Bonsoir les Sportifs à CKAC. On ne peut plus désormais appeler à la radio pour jaser avec Ron Fournier depuis trois ans, lui qui a été dans nos oreilles pendant plus de 30 ans. Tout un personnage, qui maîtrisait l'art de jaser de sports et de vie avec ses auditeurs. Demandez à un profane s'il connait Ron, il le saura malgré tout.

Pour l'histoire rapide, avant d'être uniquement un homme de radio, Ron a été arbitre pour la série Montréal-Québec LNH pendant une dizaine d'années, après un passage de 4 ans dans la défunte AMH et la tout aussi défunte NAHL.

Mais comme on en apprend à tous les jours, j'ai appris dernièrement qu'avant même d'enfiler le chandail zébré, Ron était d'abord un sportif dans sa jeunesse dans le quartier Ahuntsic. Joueur de baseball et gardien (!) au hockey, il a porté les couleurs des Braves d'Ahuntsic pendant plusieurs années, jusqu'à être repêché lors des débuts de la LHJMQ, par les Rangers de Drummondville ... Pas pire, pas pire.

Toujours le même sourire :)

Il ne foula cependant jamais la glace lors d'un match officiel pour les Rangers et, dès la saison suivante, accrocha ses jambières pour se munir d'un sifflet. Qui sait, si sa carrière de gardien avait sensiblement décollé, peut-être que nous n'aurions jamais pu entendre ses succès musicaux ...

Sources :

mardi 27 novembre 2018

Ron Ward



Ron Ward a toujours eu un certain talent offensif, au point où le natif de Cornwall fut recruté par les Maple Leafs.  Toutefois, son coup de patin était de loin sa plus grande faiblesse.  Son style n’était pas très gracieux et ce, au point où selon les circonstances et les besoins, on pouvait l’employer au centre ou comme défenseur.

Malgré ses faiblesses, il réussit tout de même à remporter le championnat des marqueurs de la Ligue centrale en 1967-68, alors qu’il amassa 85 points avec les Oilers de Tulsa.  Cette même équipe remporta d’ailleurs la Coupe Adams.

Cette performance incita les Leafs à assigner Ward à Rochester de la Ligue américaine l’année suivante.  Ward répondit à l’appel en devenant le meilleur pointeur de l’équipe et le quatrième de la ligue.  Avec son total de 78, il était 22 points derrière le meneur, Jeannot Gilbert des Bears de Hershey.  Cette performance lui valut le Trophée Red Garrett, remis à la recrue par excellence de la ligue.

 C’est finalement en 1969-70 que Ward eut la chance de jouer dans la Ligue nationale, alors qu’il joua 18 matchs avec les Leafs.  Il eut toutefois l’impression qu’on ne lui donnait pas vraiment sa chance et il dut se contenter d’une passe.

À la fin de la saison, il fut rendu disponible au repêchage d’expansion et fut choisi par les Canucks.  Sa déception fut toutefois grande lorsqu’il ne parvint pas à se tailler une place au sein de l’équipe d’expansion.  Il fut donc retourné à Rochester, qui était devenu la filiale des nouveaux Canucks.

C’est finalement en 1971-72 que Ward finit par faire sa place dans la grande ligue, mais son rôle se limita principalement au désavantage numérique et eut peu de temps de glace.  En 71 matchs, il n’amassa que six points.

Insatisfait de son sort, Ward porta attention lorsque la nouvelle Association mondiale (AMH) lui fit une généreuse offre.  Par courtoisie, il en informa tout de même le directeur-gérant des Canucks, Bud Poile (le père de David, l’actuel directeur-gérant des Predators).  Celui-ci lui répliqua qu’il ne ferait même pas l’équipe.  Son entraîneur Hal Laycoe tenta ensuite de le convaincre de rester à Vancouver, mais Ward avait déjà pris sa décision.  Il signa alors avec les Raiders de New York.
Les Raiders eurent des problèmes à attirer des spectateurs au Madison Square Garden.  Ils n’eurent pas des résultats très reluisants sur la patinoire non plus.  Par contre, l’entraîneur Camille Henry sut bien entourer Ward pour tirer avantage de ses forces et de combler ses faiblesses, en lui fournissant un ailier pour aller dans les coins et un autre pour les replis défensifs.  Avec Wayne Rivers et Brian Bradley, Ward put se concentrer à demeurer autour du filet pour faire dévier la rondelle ou prendre des retours. 

Devenu un spécialiste des "garbage goals", Ward atteignit un niveau qu’il n’avait jamais atteint au niveau professionnel, même dans des ligues de niveau inférieur.  Il marqua 51 buts et obtint 118 points, 15 de plus que Bobby Hull et 112 de plus que son total dans la LNH!  Le 4 janvier 1973, contre Gilles Gratton des Nationals d’Ottawa, il établit d’ailleurs le record de la ligue avec 5 buts en un match.

Malgré cela, Ward ne demeura pas à New York.  Illustrant l’instabilité de la nouvelle ligue, Ward fut échangé par son équipe (devenue les Golden Blades de New York) aux Blazers (auparavant de Philadelphie, maintenant de Vancouver).  En retour, New York obtint le seul qui l’avait devancé au championnat des pointeurs, André Lacroix, et les droits sur Bernard Parent, qui était retourné dans la LNH.

Par la suite, Ward suivit un parcours nomade, typique de l’AMH, en raison d’échanges et d’équipes qui disparaissent.  Après son court passage à Vancouver, il s’aligna avec les Sharks de Los Angeles, les Crusaders de Cleveland, les Fighting Saints du Minnesota, les Jets de Winnipeg et les Cowboys de Calgary et ce, jusqu’en 1976-77.

Il demeura tout de même trois saisons à Cleveland, où il fut d’ailleurs le meilleur pointeur de l’équipe en 1975-76, avec 82.  Par contre, il ne parvint jamais à s’approcher de sa phénoménale saison 1972-73 avec les Raiders.

Celui qui a également joué à la crosse à haut niveau, a aussi été entraîneur-chef des Voltigeurs de Drummondville pour la majeure partie de la saison 1983-84, où il a entre autres eu sous ses ordres Daniel Berthiaume, José Charbonneau, Steve Duchesne et le futur agent de joueur Pat Brisson.

Sources : “The Garbage Man Cometh” de Mark Mulvoy, 18 décembre 1972, Sports Illustrated (si.com/vault/), “Ward has productive night”, AP, Calgary Herald, 5 janvier 1973, p.32, “Souvenirs, souvenirs” d’André Rousseau, 13 août 2016 (lescoulissesdusport.ca), cornwallsportshalloffame.com, hhof.com, hockeydb.com.

mercredi 31 janvier 2018

Excursion LVEUP : Les arénas de Drummondville








Si l'an passé j'ai eu la chance de découvrir l'Aréna Pat Burns de Stanstead, cette année j'ai visité pour la première fois les arénas de Drummondville.

Centre Marcel-Dionne

Ouvert en 1963, le "Centre Civique" de Drummondville fut rebaptisé "Centre Marcel-Dionne" le 4 juillet 1980, en l'honneur de l'enfant chéri de Drummondville, né en 1951. 

Il y a deux billetteries au Centre Marcel-Dionne. C'est la première fois que je voyais ce phénomène. Deux entrées, donc deux fois plus de choses à regarder. La première billetterie, celle qui donne sur le stationnement, nous montre bien que nous sommes dans le domicile des Voltigeurs. Murs peints aux couleur de l'équipe, posters muraux de l'équipe ainsi qu'une photo de la mascotte de l'équipe, Tirobut  !



La deuxième billetterie, celle qui donne sur la rue Cockburn, contient beaucoup plus de choses à regarder. Tout d'abord, il y a un tableau relatant la glorieuse carrière de Dionne. Il y a aussi les différentes plaques indiquant l'année d'inauguration du "Centre Civique" et du "Centre Marcel-Dionne". Ce que j'apprécie beaucoup, c'est la vitrine avec quelques chandails des Voltigeurs. Bien sur, ils ne sont pas tous représentés, les Drummondvillois ayant portés 8 uniformes (local et visiteur + celui des 30 ans) dans leur histoire de 36 saisons. Je rêverais de voir la même chose au domicile des Tigres. Je devrais peut-être leur faire la suggestion, j'ai des chandails que je pourrais leur prêter …








Une fois qu'on entre dans l'enceinte, une belle présentation de l'alignement des Voltigeurs nous attend sur le mur donnant au restaurant-cantine. Je n'ai pas de photo dudit resto, mais il était très spacieux. Si certaines organisation ont leur propre "Hall" ou "Wall of Fame", à Drummondville, on a opté pour un "Ceiling of Fame" ! J'adore l'idée d'utiliser les panneaux acoustique du plafond !! Mais ça donne mal au cou à la longue … 




L'aréna en tant que tel n'est pas vraiment exceptionnel. Il n'y a présentement que 4 rangées de sièges qui fond le tour de la patinoire alors que l'on retrouve des estrades seulement de chaque côté de celle-ci. Les couleurs des bancs (bleu, jaune, rouge), n'ont pas de lien avec celles de l'équipe junior. Seulement que trois loges corporatives sont présente. Malgré tout, on se sent bel et bien dans la maison des Voltigeurs, car ils sont bien représenté tout le tour de la patinoire. En plus des bannières au plafond des numéros retirés, lors des matchs, on déroule une grande bannière avec le logo des Voltigeurs.


Si les joueurs vous semble petit, c'est qu'ils sont d'âge atome (9-11 ans)

La loge Bluberi, derrière un des buts

Les deux autres loges, avec une mini coupe Stanley !


Il y a plusieurs cadres autour de la patinoire rendant hommage aux anciens Voltigeurs qui ont évolué, ne serait-ce que pour un match, dans la LNH. Une belle façon de démontrer une culture de gagnant et de faire connaître les anciens aux nouveaux partisans des Voltigeurs. C'est aussi quelque chose que j'aimerais voir à Victoriaville ...





Bien que j'ai aimé ma visite, le domicile des Voltigeurs est dû pour une cure de rajeunissement. Un projet d'agrandissement est d'ailleurs déjà dans les plans

Olympia Yvan-Cournoyer

Construit en 1969 avec une patinoire aux dimensions standard, l'Olympia s'est agrandit en 2007, offrant désormais une deuxième patinoire, cette fois de dimension olympique. 

L'Olympia avant l'agrandissement de 2007
L'Olympia suite à l'agrandissement (l'ancienne partie est celle de gauche)

Le nouveau vestibule de l'Olympia est très vaste, mais n'offre rien de particulier pour un geek comme moi. Aucun cadre à l'effigie de Cournoyer, de chandail, de bâton ou quoi que ce soit… Au-dessus de ce qui semble plus être un comptoir d'informations qu'une billetterie se trouve un tableau indiquant l'horaire de la journée ainsi que les vestiaires pour chacune des équipes et sur quelle patinoire ils s'affronteront. À partir de ce vestibule, on a accès soit à la patinoire Yvan-Cournoyer ("l'ancienne partie") ou à la patinoire olympique ("nouvelle partie").

Une fois entré dans "l'ancienne partie" on se retrouve comme dans la majorité des arénas consacrés au hockey mineur ; 7 rangées d'estrades d'un côté, au-dessus de la majorité des vestiaires, des murs de béton beige et terne et des publicités en coroplaste sur le mur des bancs des joueurs. Le Pro-Shop de l'Olympia par contre est une coche au-dessus de la majorité de ceux que j'ai eu l'occasion de voir. On dirait un mini Hockey Experts !



Un couloir nous conduit du côté de la "nouvelle partie". Moins sombre, on réalise rapidement que cette section est récente, mais encore là, il n'y a rien d'exceptionnel, car elle est construite sur le même principe que "l'ancienne partie", exception faite qu'il n'y a ici que 4 rangées de banc.



Le "Pub de l'Olympia", qui est comme n'importe quel resto d'aréna, donne vue sur la patinoire de "l'ancienne partie" mais possède une salle adjacente qui surplombe la patinoire olympique

Bref, je m'attendais à plus qu'un simple aréna en mémoire du Roadrunner ...

* À noter que j'avais oublié mon appareil-photo cellulaire lors de ma visite à l'Olympia. Les photos ont été téléchargés à partir de Google


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lundi 2 novembre 2015

Les Industries du Hockey Canadien





Question de gérer leur argent, les joueurs de hockey n’ont évidemment pas tous la même approche. Si certains se retrouvent en difficulté suite à des dépenses somptueuses comme Derek Sanderson (qui s’est retrouvé à la rue, voir texte du 26 février 2014) ou à de mauvais conseils comme Jack Johnson (qui a déclaré faillite en 2014), d’autres se lancent en affaire.

Au-delà des classiques restaurants / brasseries, d’autres utilisent leur connaissance du monde de hockey. Depuis quelques années, il y a une vague de joueurs qui ont été ou qui sont toujours actionnaires d’équipes juniors. Suivant l’exemple de Wayne Gretzky avec les Olympiques de Hull, on pense entre autres à Patrick Roy avec les Remparts de Québec, à Jocelyn Thibault avec le Phoenix de Sherbrooke, aux frères Dale et Mark Hunter avec les Knights de London, Dino Ciccarelli, David Legwand et Derian Hatcher avec le Sting de Sarnia, ou à Gordie Howe et Pat Quinn avec les Giants de Vancouver.


D’autres se sont tournés vers un produit qu’ils utilisent constamment, l’équipement. Comme l’ont aussi fait les frères Christian (voir texte du 22 décembre 2014) et Robin Burns (voir texte du 28 janvier 2013), Serge Savard, Yvan Cournoyer et Guy Lapointe ont investi dans ce secteur.

En 1969, ils firent partie d’un groupe d’une quinzaine d’investisseurs qui fondèrent Les Industries du Hockey Canadien Inc. L’usine fut installée à Drummondville, la ville natale de Cournoyer.

L’entreprise réussit rapidement à se tailler une place importante sur le marché du bâton et ce, malgré l’arrivée des produits finlandais au Canada. En développant un manche de bois mou, renforci de fibre de verre, le produit final était plus léger. De plus, on comptait évidemment parmi ses utilisateurs les plus visibles Cournoyer, Lapointe et Savard.

En 1976, Canadien s’était déjà emparé de la deuxième place avec 17% du marché, derrière la sherbrookoise Sherwood (voir texte du 31 août 2015). En 1978, la part de marché de Canadien grimpa à 20%, avec des ventes d’environ 4 millions $. En ajoutant les parts de Victoriaville (voir texte du 25 novembre 2013), on peut voir à quel point le bâton Québécois était en position de force, malgré la poussée des finlandais, Koho en tête.

C’est en septembre de cette même année que le groupe décida de vendre l’entreprise à Action Traders, une compagnie de Toronto qui distribuait déjà Koho au Canada. Elle ne sera toutefois qu’un an dans son giron. Amer Group, l’entreprise finlandaise qui possédait Koho, en fera l’acquisition. On produira également d’autres pièces d’équipement avec le nom Canadien.

En 1986, Amer Group, qui perdait de l’argent, est racheté par une autre entreprise finlandaise. Karhu-Titan, qui s’était établi à Cowansville en 1978 à côté de son usine de skis de fond, et qui avait racheté Jofa (voir textes du 8 et du 28 mars 2014) de Volvo en 1985, continua la consolidation des marques et l’avala. Sa progression fut rapide, en raison de ses efforts en recherche et développement et de ses signatures de Wayne Gretzky, Mike Bossy, Mario Lemieux, Michel Goulet et plusieurs autres.


À ce moment, on produisait 1,2 millions de bâton à Drummondville et 110 personnes y travaillaient.

La combinaison des marques Koho, Canadien et Titan fit de Karhu-Titan le numéro un sur le marché.

En 1998, l’entreprise, qui se nommait désormais Sports Holdings, fut rachetée par The Hockey Company, détenteur de CCM. (voir texte du 15 avril 2013)

La consolidation s’est poursuivit, alors que CCM s’est fait racheté par l’américaine Reebok en 2004, acheté à son tour par l’allemande Adidas en 2005.

Pour des fins de marketing, la consolidation des marques entraîna la disparition de certaines d’entre elles, dont Canadien. Pourtant, elle avait été utilisée par sa maison-mère en Finlande. Il faut croire que pour un finlandais, de l’équipement de marque ″Canadien″, ça fait exotique, un peu comme lorsque Koho est arrivé ici.

Cette même consolidation, combinée avec la délocalisation de la production de plusieurs pièces d’équipement, a aussi eu raison de plusieurs usines. Si la rue Canadien existe toujours à Drummondville (près du boulevard Lemire et de l’autoroute 20), l’immeuble abrite aujourd’hui une usine d’extrusion de plastique.


Sources:

″Finnish sticks score on hockey markets, slash Canadian sales″ de Wayne Lilley 22 octobre 1976, Montreal Gazette, p.17,

″Hockey stick firm tries for a comeback″ de David Sherman, 18 février 1978, Montreal Gazette, p.43,

″Sale of hockey stick firm only waits for a signature″ de Jay Bryan, 15 septembre 1978, Montreal Gazette, p.17,

″Beekay sale reviewed″, CDJ-Gazette, 26 octobre 1979, Montreal Gazette, p.65,

″New technology beefs up hockey stick wars″ de Peter Hadekel, Gazette 9 novembre 1985, p.G1,

″Finnish-owned company makes 600,000 a year″ de Brian Dunn, 20 novembre 1986, Montreal Gazette, p.C1.