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mercredi 21 juillet 2021

Le coût d'une équipe d'expansion



Alors qu’à ce moment j’habitais à Ottawa, je me souviens très bien du repêchage d’expansion de 1992. Il n’y avait pas de Fleury, Price, Rask ou Holtby parmi les gardiens disponibles. Les Sénateurs s’étaient plutôt rabattus sur Peter Sidorkiewicz et Mark Laforest.  Les Capitals avaient même planifié de resigner Bernie Wolfe pour avoir un gardien disponible pour le repêchage. (Heureusement, le président de l’époque, John Ziegler, s’était opposé à cette mascarade.)

Pas de Subban, Giordano ou Niederreiter. Les partisans d'Ottawa s’étaient alors amourachés, un peu par dépit, du sympathique Brad Marsh.

Pas de Marchessault, Tarasenko ou Skinner. Au terme de leur première saison couronnée de 24 maigres points, tout près du record de la pire équipe d’expansion, le meilleur attaquant des Sénateurs, Jamie Baker, n’avait même pas été obtenu lors du repêchage d’expansion.

Les Sénateurs (et le Lightning) n’avaient alors absolument aucun levier pour forcer les autres équipes à leur céder quoi que ce soit pour qu’ils ferment les yeux sur un de leurs joueurs, comme l'a fait Vegas et comme le fait actuellement Seattle.

Évoquer la possibilité de se rendre en finale comme les Golden Knights l’ont fait en 2018 aurait été du pur délire.

Les règles du repêchage, permettant de protéger moins de joueurs, sont donc énormément plus favorables aux Golden Knights et au Kraken qu’elles ne l’avaient été pour Ottawa, Tampa Bay, la Floride ou d’autres.

Il faut dire qu’ils en paient le prix. Le graphique qui suit est assez évocateur.  Évidemment, en dollars courants, l’écart est phénoménal, mais même en intégrant le facteur inflation, la progression est des plus fortes.





J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de ne pas m’émouvoir devant le parcours des Knights en 2018 ou de leurs performances "étonnantes" depuis leur naissance…

Notes au sujet du graphique :

-Les montants sont en dollars américains et le taux d’inflation utilisé est celui des États-Unis;

-L’année utilisée est celle de la première année jouée, même si les frais d’expansion n’ont pas forcément été versés la même année, mais vous comprenez l’idée;

-En 1972, les Islanders de New York ont payé un montant plus élevé que les Flames d’Atlanta, car ils ont dû verser 5M$ en droits territoriaux aux Rangers;

-Le montant versé par les ex-équipes de l’AMH en 1979 est celui payé à la LNH, même si elles avaient aussi dû payer des frais d’expansion (de beaucoup inférieurs) pour se joindre au circuit maudit;

-Le graphique ne s'attarde qu'à une seule dimension, soit le frais payé pour obtenir une équipe d'expansion.  Au fil du temps, il y a des postes de dépenses et de revenus qui ont évolué (salaires des joueurs, droits de télé, coûts des billets, etc.), mais encore fois, vous comprenez l'idée.

Sources:

“NHL accepts Kansas City, Washington for ′74 season”, June 9, 1972, Montreal Gazette, page 18,

“Les perdants pensent déjà à une ligue” de Michel Marois, 7 décembre 1990, page S2,

smartasset.com, wikipedia.org.

mardi 20 juillet 2021

Joueur oublié des 90's #55 - Jaroslav Otevřel


L'autre jour, j'ai publié cette carte sur notre Instagram, principalement parce que c'était un joueur obscur que je n'avais jamais vu avant et aussi parce que son nom m'amusait. C'est pas mal l'ensemble des critères et le maximum de recherches que je fais avant de choisir une de ces cartes d'ailleurs. Ce n'est que par après que je me suis rendu compte que ce joueur avait une histoire qui méritait d'être racontée ici. Même que son périple mérite que j'aille copier-coller ce R avec un accent circonflexe à l'envers pour bien lui rendre justice.


Jaroslav Otevřel est né le 16 septembre à Gottwaldov en Tchécoslovaquie, maintenant la République Tchèque mais encore plus maintenant «la Tchéquie». En fait, Gottwaldov est depuis 1990 renommée sous le nom de Zlín, l'ancien nom datant d'avant 1948 durant l'ère communiste. Un ailier costaud de 6'2" et 185 livres, Otevřel s'illustra en première division tchèque de 1987 à 1991, principalement au sein du club de son patelin, le TJ Gottwaldov, club qui fut aussi renommé sous le nom du TJ Zlín en 1990, en même temps que la ville et le pays... Il avait alors comme coéquipier le futur premier choix de 1992, Roman Hamrlik.

Otevřel se distingua particulièrement en 1990-91 alors qu'il mena son club avec 24 buts et 48 points en 49 matchs en plus de mener la ligue pour les minutes de pénalité (105). Cette excellente saison lui valut de faire partie de la première classe du repêchage des Sharks de San Jose, qui firent sa sélection en 7e ronde (133e au total) lors du repêchage de 1991. Otevřel cadrait assez bien dans la philosophie des premières années des Sharks, soit d'aligner beaucoup de gros joueurs et d'européens. 

Il joua une autre saison en République Tchèque avant de faire le saut en Amérique du nord en 1992-93 mais était considéré comme un projet à long terme incertain.


Les Sharks l'assignèrent à leur club-école, les Blades de Kansas City où il obtint 17 buts, 27 passes pour 44 points en 62 matchs. Il fut également rappelé avec les Sharks l'espace de 7 matchs en janvier 1993 où il obtint 2 passes. Le même scénario se répéta en 1993-94 alors qu'il passa la majorité de la saison à Kansas City (fiche de 20-33-53 en 62 matchs). 
 
Il joua cette fois 9 matchs dans la LNH avec les Sharks et s'illustra davantage avec une fiche de 3 buts et 2 passes. 

Cependant, la jeune organisation des Sharks avait davantage de jeunes joueurs plus intéressants dans son pipeline (Viktor Kozlov, Jeff Friesen, Andrei Nazarov, Ray Whitney, etc...) et durent donc faire de la place en libérant entre autres Otevřel. Ce dernier abandonna son parcours dans la LNH et mit donc le cap sur la Finlande dans la SM-Liiga avec le club Porin Ässät pour la saison 1994-95.

C'est lors de sa deuxième saison en Finlande, plus précisément le 11 février 1996 lors d'un match contre le JYP Jyväskylä, que sa vie changea dramatiquement. En effectuant un inoffensif repli en défense près de son filet, Otevřel perdit pied sur le bâton d'un adversaire et percuta le genou d'un autre adversaire, l'ancien des Blues Vitali Karamnov. Les deux vinrent finir cette collision en percutant la bande. Karamnov s'en tira sans trop de problème mais il s'avéra qu'Otevřel s'est brutalement cassé le cou sur le genou de Karamnov et il demeure jusqu'à ce jour paralysé du cou jusqu'aux pieds.

Vous pouvez voir ici un vidéo de l'incident si vous n'êtes pas trop nerveux...

 


Suite à cette fin de carrière tragique, Otevřel retourna vivre à Zlín en compagnie de son épouse et sa jeune fille. Il travaille de la maison en utilisant un ordinateur qu'il contrôle avec la bouche. 

Son numéro 89 fut plus tard retiré par Ässät mais à sa demande, il n'est pas hissé dans les hauteurs de l'aréna.

En 16 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 3 buts et 4 passes pour 7 points.
En 124 matchs dans la IHL, sa fiche fut de 37 buts et 60 passes pour 97 points.
En 200 matchs dans la première ligue Tchèque, sa fiche fut de 62 buts et 57 passes pour 119 points.
En 93 matchs dans la SM-Liiga, sa fiche fut de 23 buts et 44 passes pour 67 points.

vendredi 16 juillet 2021

Jiří Crha





Jiří Crha fut de passage dans la LNH comme la majorité des météorites près de la Terre : très vite, sans vraiment laisser de traces ...



Né en avril 1950 à Pardubice en Tchécoslovaquie (maintenant la République Tchèque), tout comme le légendaire Dominik Hašek, Jiří Crha fut élu meilleur gardien du championnat junior d'Europe en 1968 et 1969, devant Vladislav Tretiak qui gardait les buts de l'équipe junior soviétique. Il disputa les 10 saisons suivante avec l'équipe le HC Pardubice. Il participa aussi à cinq Championnats mondiaux (1973, 1974, 1975, 1978 et 1979) en plus d'être d'office pour deux matchs des Jeux Olympiques d'Innsbruck en 1976. C'est âgé de 29 ans, à l'été 1979 alors en vacances en Yougoslavie, qu'il fit défection vers le Canada, afin de tenter sa chance dans les rangs de la LNH. Les Canadiens, les Flyers et les Maple Leafs se livrèrent une guerre d'enchères afin de mettre la main sur ce dernier. Crha choisit finalement de rejoindre les Maple Leafs.

Dès le camp d'entraînement 1979, Crha participa aux entraînements de l'équipe afin d'apprendre le style nord-américain. Il observait le gardien Mike Palmateer et discutait fréquemment avec l'ancien gardien étoile Johnny Bower.

En février 1980, Crha fut affecté à Moncton dans la Ligue Américaine. Il y fit bonne figure et fut rappelé après 7 matchs car les quatre gardiens des Leafs furent blessés. Avec le grand club, il récolta 8 victoires en 15 matchs. Il ne signa cependant aucune victoire en séries d'après saison, alors que les Maple Leafs se firent balayer en trois matchs par les North Stars du Minnesota.

Dès le début de l'entre-saison, Mike Palmateer eut une dispute contractuelle avec le directeur-gérant Punch Imlach, qui l'expédia aux Capitals de Washington, laissant le poste titulaire à Crha. En 54 matchs, il récolta une fiche potable de 20 victoires, autant de défaites et 11 matchs nul. 

Des maux de dos l'empêchèrent de jouer sur une base régulière la saison suivante, ne disputant que 2 matchs avec les Tigers de Cincinnati dans la CHL. À l'automne 1982, les Leafs l'assignèrent au club-école de St-Catharines contrairement à la volonté de Crha. Il ne joua qu'un seul match et fit la grève. Après quelques semaines, les Maple Leafs jetèrent l'éponge et le suspendirent. Il retourna en Europe, disputant neuf autres saisons en 2e et 1ere division allemande. À sa retraite, il devint agent de joueurs. Il eu entre autres Alex Hemsky et Rostislav Klesla comme client.

La trace qu'il laissa lors de son passage dans la LNH fut pendant les séries éliminatoires de 1981. Le chemin des Leafs débuta contre celui des puissants Islanders. Crha participa aux 3 rencontres pour un total de 64 minutes et 31 secondes. Il accorda 11 buts aux joueurs Long Islandais (ça se dit, non ?), décrochant le record pour la pire moyenne de buts accordés par un gardien ayant joué au moins 59 minutes en un seul parcours éliminatoire, soit de 10,23.

Le pire de tous les temps, peu importe le nombre de minutes jouées ? Ça appartient un autre gardien des Maple Leafs : Rick St-Croix lors des séries de 1983. Il a été devant le filet pour un maigre 16 secondes en relève de Mike Palmateer contre les North Stars. Un tir, un but. Moyenne de buts accordés : 225,00 !

Fiche de Jiří Crha dans la LNH : 69 matchs, 28 victoires, 27 défaites et 11 matchs nuls.

Sources : https://www.hockeydb.com/ihdb/stats/pdisplay.php?pid=1160, http://hockeygoalies.org/bio/crha.html, http://nitzyshockeyden.blogspot.com/2009/02/jiri-crha.html

dimanche 11 juillet 2021

Une petite photo pour le plaisir #98 - Une signature du mauvais gars

 





Ça fait un bail que je veux faire un billet sur Mario Brunetta, ex-gardien de plusieurs équipes de la ville de Québec : Les Remparts (en bleu, gris et rouge) en 1984-85, les Nordiques de 1987 à 1990 et les As de la Ligue de Hockey Semi-Pro, maintenant la LNAH, en 2002-03. Mais j'ai eu beau fouiller tous les recoins d'Internet et de mes anciennes revues ou articles de journaux, je ne trouve rien de bien frappant à son sujet.

Y'a au moins cette photo d'un match contre Boston qui l'est ...

Faut dire que seulement 40 matchs répartis sur 3 saisons, dans les années glauques des Nordiques n'aident pas à faire connaître quelqu'un qui semblait déjà assez tranquille. J'ai toutefois trouvé cette photo qui attira mon regard ...


Deux choses attirent mon oeil : tout d'abord, le masque qui a un design semblable à celui de Patrick Roy à l'époque, surtout que Brunetta était plus un adepte du combo casque Cooper SK2000 et grille HM30. Il ne porta d'ailleurs que le masque lors de la saison 1989-90, sa dernière dans la LNH. Il revint ensuite à des combos pour le reste de sa carrière, majoritairement en Europe.

La deuxième chose qui cloche, c'est l'autographe. Ce n'est pas Brunetta qui signa cette photo, mais bien Clint Malarchuk. Ce dernier débuta sa carrière avec les Nordiques en 1981 et portait le #30 également, mais il était rendu à Buffalo en 1989-90. Ce doit être un gars qui a trouvé cette photo sans savoir que le gardien était Brunetta, qui l'a fait signé par Malarchuk lors d'une séance d'autographes random. Allez savoir si Clint lui a fait remarquer ... Au moins, il l'a autographié.