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mardi 11 mai 2021

Joueur oublié des 90's #51 - Greg Adams


 

Un marqueur constant des années 80 et 90, Greg Adams s'est discrètement forgé une belle et longue carrière dans la LNH principalement comme source d'attaque secondaire tout en flirtant avec le rôle d'ailier de puissance ou si vous préférez de «power forward».


Gregory Daren Adams est né le 15 août 1963 à Nelson en Colombie-Brittanique. Non-repêché après avoir joué dans le junior A, ce grand ailier de 6'4'' emprunta la voie du hockey universitaire américain. Mais contrairement à d'autres canadiens qui misaient davantage sur des universités établies au hockey (Minnesota, Boston, Michigan, Dakota du Nord etc...), Adams a plutôt choisi de rejoindre les rangs de l'université Northern Arizona. Il fut en fait l'un de leurs derniers joueurs car l'université ferma son programme hockey de division 1 en 1985 et ne l'ont jamais ramené depuis, se contentant de demeurer en 2e ou 3e division. Adams est donc un des deux seuls joueurs de la LNH à y avoir joué, l'autre étant le fameux Bob Beers, distingué #2 parmi notre Top 100 des joueurs aux noms les plus drôles de l'histoire de la LNH... (voir article du 22 février 2017).

Ce parcours hors-norme fut toutefois une bonne décision pour Adams car un an avant la fin de ces Lumberjacks de Northern Arizona, il termina au premier rang de la NCAA avec 44 buts en seulement 26 matchs. Les Devils du New Jersey tentèrent alors le coup et le signèrent comme agent libre pour la saison 1984-85.

Il débuta ensuite son parcours professionnel en partageant sa première saison entre le New Jersey (12 buts et 21 points en 36 matchs) et leur club-école, les Mariners du Maine. Il fit ensuite l'équipe des Devils à temps plein en 1985-86 et s'en sortit admirablement bien avec 35 buts et 42 passes pour un sommet en carrière de 77 points, également bon pour le premier rang des pointeurs des Devils.

Mais lors de sa troisième saison au New Jersey, il régressa en terme de production avec 20 buts et 42 points en 72 matchs, ce qui incita probablement le nouveau DG des Devils Lou Lamoriello à s'en départir. Durant l'été 1987, Adams ainsi que le jeune gardien Kirk McLean prirent le chemin de Vancouver en retour de l'attaquant suédois Patrick Sundstrom et d'un choix de 4e ronde en 1988 (Matt Ruchty).

Il s'agissait en fait de la première transaction majeure pour Lamoriello au New Jersey qui avait du pain sur la planche afin de rendre cette équipe plus compétitive après des années de médiocrité remontant aux années des Rockies du Colorado et des Scouts de Kansas City

C'était aussi la première transaction d'importance pour l'homologue de Lamoriello à Vancouver, le DG Pat Quinn. Ce dernier remporta cette transaction, également considérée comme une des meilleures de l'histoire de l'équipe, car malgré que Sundstrom rendit de bons services aux Devils, il était vieillissant et n'était plus avec l'équipe à partir de 1991 tandis que Adams et McLean firent partie intégrante du noyau des Canucks qui se rendirent jusqu'à la finale contre les Rangers en 1994.

Adams ne mit pas de temps à impressionner ses nouveaux fans à Vancouver alors qu'il marqua 4 buts lors d'une victoire de 8-2 contre les Blues lors du premier match de la saison 1987-88. Il s'agissait d'un record (depuis égalé) pour le plus de buts par un joueur lors d'un match inaugural. Ce n'était pas la première fois que Adams établissait un record du genre alors qu'il avait précédemment récolté 5 passes lors du match inaugural des Devils en 1985-86, un record aussi égalé depuis.

Greg Adams #1

 
Greg Adams #2

Malgré tout, "Gus" Adams était un pilier de cette attaque à Vancouver en plus d'être très apprécié dans la chambre. Il hérita de ce surnom "Gus" lorsqu'en mars 1989, les Canucks firent l'acquisition d'un autre joueur du nom de Greg Adams, un vétéran de plus de 500 matchs avec les Flyers et les Capitals entre autres. Malgré que ce deuxième Greg Adams ne joua qu'une douzaine de matchs avec l'équipe, le premier Greg Adams hérita de ce surnom pour les différencier et il le garde toujours aujourd'hui.

Cette première saison de Adams à Vancouver fut un succès pour lui alors qu'il obtint un sommet en carrière de 36 buts et son 2e meilleur total de points en carrière avec 76. Cependant les fans des Canucks trouvèrent en Adams un joueur quelque peu énigmatique alors qu'on ignorait quel était vraiment son vrai potentiel. Il n'était pas le meilleur patineur et était surtout un marqueur par séquence. De plus il ne jouait pas particulièrement physique malgré son gabarit imposant. Il savait toutefois se servir de cette longue portée pour bien protéger la rondelle et était assez fiable défensivement. Cette première saison à Vancouver fut également la seule de sa carrière où il ne rata pas de matchs par cause de blessures diverses, un problème récurrent jusqu'à la fin de sa carrière qui viendra nuire à sa prospérité.

Lorsqu'on examine ses années avec les Canucks, on remarque particulièrement cette inconstance:

                                                           M     B      P     PTS    PUN   +/-
1987-88  Vancouver Canucks            80    36    40     76       30       -24
1988-89  Vancouver Canucks            61    19    14     33       24       -21
1989-90  Vancouver Canucks            65    30    20     50       18        -8
1990-91  Vancouver Canucks            55    21    24     45       10        -5
1991-92  Vancouver Canucks            76    30    27     57       26       +8
1992-93  Vancouver Canucks            53    25    31     56       14       +31
1993-94  Vancouver Canucks            68    13    24     37       20        -1
1994-95  Vancouver Canucks            31    5      10     15       12       +1

 

Vous voyez le genre? Première saison du tonnerre et ensuite régression à 33 points et 20 matchs de moins. Retour à une saison de 30 buts en 89-90 et ensuite seulement 55 matchs en 90-91. Autre saison de 30 buts en 91-92 (où il commença à être jumelé avec Pavel Bure) et ensuite une saison qui semblait être exceptionnelle en 1992-93 où il récolta 56 points en 53 matchs avant de régresser de nouveau en 1993-94 avec seulement 13 buts et 37 points.

Malgré que sa saison 1993-94 de 37 points fut en dessous des attentes, il se rattrapa en séries alors qu'il récolta 6 buts et 8 passes pour 14 points en 23 matchs, aidant l'équipe durant son parcours jusqu'en finale. 

Il fait surtout partie à jamais du folklore "Canuckien" pour son but en 2e prolongation du 5e match de la finale de conférence. Ce but élimina les Maple Leafs et envoya l'équipe en finale. Il marqua également le but gagnant en prolongation lors du premier match contre les Rangers.



 

Malgré ces beaux moments, les Canucks décidèrent de tourner la page la saison suivante, eux qui avaient surtout l'occasion de réunir les frères Geoff et Russ Courtnall à Vancouver durant la saison écourtée de 1995. Adams fut donc sacrifié et envoyé aux Stars de Dallas en compagnie de Dan Kesa et un choix de 5e ronde tandis que «le chevreuil» prit le chemin de Vancouver. Ce fut un geste que regretta par la suite le DG Pat Quinn, déclarant qu'il n'aurait pas du sacrifier Adams, qui faisait partie selon lui du cœur et l'âme de l'équipe...

Malgré tout, le séjour de Russ à Vancouver ne fut pas horrible, lui qui récolta 111 points en 141 matchs étalés sur trois saisons. Cependant, la réunion des Courtnall à Vancouver ne fut que très temporaire alors que Geoff signa avec les Blues comme agent libre en 1995-96 pendant que le reste du noyau de cette équipe presque championne de 1994 s'effrita davantage.

Adams continua donc son chemin à Dallas où il joua trois autres saisons mais commença à rater de plus en plus de matchs. Après la saison 1997-98 où il ne joua que 49 matchs (fiche de 14 buts et 32 points), les Stars décidèrent de sacrifier son salaire de 1,5 millions afin d'embaucher Brett Hull. Adams fut donc libéré et il décida ensuite de retourner en terrain familier en signant avec les Coyotes de Phoenix. Il effectua donc un premier retour en Arizona depuis ses années universitaires.


 

Il joua deux saisons respectables comme joueur vétéran avec les Coyotes, récoltant à chaque fois 19 buts et une quarantaine de points en plus d'éviter majoritairement l'infirmerie. Il signa ensuite un contrat d'un an avec les Panthers en 2000-01 où il marqua 11 autres buts et franchit le cap des 1000 matchs avant de prendre sa retraite à l'âge de 37 ans. Après un an d'arrêt, il fit un retour au jeu le temps d'une saison en Allemagne avec les Lions de Francfort. 


En 1056 matchs dans la LNH, Greg "Gus" Adam récolta un impressionnant 355 buts, 388 passes pour 743 points. 4 saisons de 30+ buts et 2 de 75+ points. Pas mal pour un joueur non-repêché.

Après sa retraite, il décida de s'établir pour de bon en Arizona et est désormais agent d'immeubles.

 

Sources:
Greatest hockey legends
HockeyDB
Hockey Reference
The Hockey Writers
Coyotes sign Greg Adams, AP News, 1er septembre 1998

samedi 1 mai 2021

Billy Speer


Pratiquer le hockey n’empêche pas de s’intéresser à l’entreprise familiale. Dès l’âge de 15 ans, Billy Speer fut formé par son père pour travailler dans son salon de barbier, situé à Lindsay, en Ontario. Il dut toutefois éventuellement quitter la ville pour poursuivre sa carrière junior avec les Teepees de St.Catharines, au sud de la province.

Il poursuivit ensuite son cheminement professionnel vers la Ligue américaine. Par contre, le décès de son père fit de lui le propriétaire de l’établissement de trois chaises, qu’il continua d’opérer du mieux qu’il put. Aussitôt sa saison terminée, il retournait à ses ciseaux.

En août 1966, quelques mois après l’annonce de l’expansion pour 1967 et de la création des Penguins de Pittsburgh, ces derniers firent l’acquisition de Speer des Barons de Cleveland (version LAH) pour 30 000$.

En juin 1967, Speer, un défenseur défensif relativement massif et une bonne fourchette avouée, vit son poids monter à 242 livres. Son nouvel entraîneur, Red Sullivan, alla le visiter à Lindsay et le convainquit de se mettre à la diète. Au premier camp d’entraînement, il présenta sa charpente de 5’11’’ à un plus raisonnable 210 livres. Ce ne fut toutefois pas suffisant. Bien que ce fut proche, il ne parvint pas à faire l’équipe.

Il se retrouva donc avec les Clippers de Baltimore, une équipe dont le nom n’était pas relié à l’outil de travail utilisé par Speer en été, mais bien au voilier du même nom. Ceci n’empêcha toutefois pas Speer d’être surnommé le Lindsay Clipper.

Ce ne fut par contre que partie remise. En novembre, il fut rappelé par les Penguins, ce qui lui permit de faire ses débuts dans la LNH et de pratiquer sa spécialité de bloquer des tirs au plus haut niveau. Il pratiqua également son autre métier dans la chambre des joueurs, sur la tête de ses coéquipiers. D’ailleurs, en bon barbier classique, il détestait la nouvelle mode hippie, qui diminuait la fréquence des visites sur sa chaise.


Il joua tout de même 68 matchs lors de la saison inaugurale des Penguins, où il marqua 3 buts et obtint 13 passes.

Malgré l’affection du public, ce ne fut toutefois pas suffisant pour lui assurer sa place l’année suivante, qu’il débuta encore à Baltimore. Comme l’année précédente, il fut rappelé en novembre et joua ensuite 34 matchs.

Étonnamment, alors qu’il avait de la difficulté à conserver son poste avec une équipe de deuxième année, il fut réclamé au repêchage intra-ligue par la formation en forte montée de cette période, les Bruins de Boston.

S’il partagea sa saison 1969-70 entre la WHL et la Ligue centrale, il joua tout de même 27 matchs dans l’uniforme des Bruins, mais surtout, il en joua 8 en séries. Ceci lui permit ainsi de faire partie de l’équipe championne de la Coupe Stanley. De retour à Lindsay, Speer eut droit à une parade.

Ce fut par contre pratiquement la fin de sa carrière dans la LNH, puisqu’à l’exception d’un match avec les Bruins en 1970-71, il passa les deux saisons suivantes dans la Ligue américaine.

En 1972-73, il tenta sa chance dans la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH). Il se retrouva par contre avec l’une des franchises instables de la nouvelle ligue. En deux ans, il enfila alors l’uniforme des Raiders de New York, des Golden Blades de New York et des Knights de Jersey, mais sans jamais être échangé.

Après sa carrière de hockeyeur, il retourna à Lindsay pour s’occuper de son commerce. De temps à autre, un de ses anciens coéquipiers venait le voir et se faire couper les cheveux. Malgré un très court séjour à Boston de Speer, Bobby Orr s’est d’ailleurs déjà pointé à Lindsay pour disputer un match amical qui avait pour but d’amasser des fonds pour rénover un parc local.

Malheureusement, le Lindsay Clipper eut une triste fin. En février 1989, sa motoneige s’enfonça à travers la glace. Il avait 46 ans.

Lors des cérémonies commémoratives de la victoire des Bruins, malgré un rôle modeste, l’organisation s’est souvenue de Speer et invita sa famille.

Sources :

"Barber Speer Keeps Penguin Mates Trim" de Bill Heufelder, November 29, 1967, The Pittsburgh Press, page 78,

"Anti-Hippie Clipper Barber Joins Pens, Billy Speer Returns to Civic Arena" de Jimmy Jordan, November 23, 1968, Pittsburgh Post-Gazette, page 10,

"Family remembers Stanley Cup win" de Barbara-Ann MacEachern, March 15, 2010, Peterborough This Week (mykawartha.com),

"Family of former Lindsay NHL’r honoured to be included in Boston Bruins Stanley Cup 50th Anniversary Celebration" de Pamela Vanmeer, May 8, 2020, Kawartha 411 (kawartha411.ca).

jeudi 29 avril 2021

Le Paul Coffey hartfordien


 

Ah le Paul Coffey. Une espèce tellement fascinante à analyser. Malgré qu’il n’est plus actif, sa carrière légendaire mais particulière en a fait un spécimen de choix pour de nombreux articles sur ce blog. J’ai notamment analysé ses nombreuses équipes et illustres coéquipiers et il figure abondamment dans plusieurs de mes équipes all-star des oubliettes
 
Il existe cependant plusieurs sous-espèces du Paul Coffey. Les plus répandues sont bien sûr le Paul Coffey Edmontonien, le Paul Coffey Pittsburghien et le Paul Coffey Red Wingien ou Paulus Coffius Detroitus pour les plus scientifiques d’entre vous. Et les plus connaisseurs connaissent le Paul Coffey Philadelphien ou même le Paul Coffey Carolinien ainsi que les plus rares Paul Coffey Chicagolais et Bostonien lors de la période plus nomade de ce joueur.
 
Cependant, aucune de ces sous-espèces n’est aussi particulière à observer et autant prisée pour le blogueur geek niaiseux que le très rare et malheureusement disparu Paul Coffey Hartfordien… 
 


 
Historiquement, le Paul Coffey Hartfordien fut un élevage controversé qui annonçait sans le savoir le début de la fin pour le Paul Coffey, dont les meilleures années étaient définitivement derrière lui malgré qu’il était alors le défenseur actif avec le plus de points dans l’histoire de la LNH. Il migra de Detroit vers Hartford au début de la saison 1996-97 dans des circonstances difficiles, mais ce passage en tant que Whaler ne sera que très éphémère. Capricieux, boudeur et peu motivé, il fut rapidement relocalisé dans un autre environnement avant même la mi-saison. 
 
Le Brendan Shanahan
Il faut dire que l’environnement hartfordien était à l’époque assez hostile pour les joueurs vedettes. L’équipe en difficulté et sur le respirateur artificiel peinait à attirer, garder et/ou payer des joueurs de haut niveau, plus frileux dans un tel climat instable et désirant aller gagner de l’argent ou la Coupe ailleurs. Un problème qui datait probablement depuis les débuts de la franchise dans la LNH. 
 
Le Paul Coffey n’était d’ailleurs qu’un autre membre de l’évolution du Whaler insatisfait, et particulièrement cette chaîne qui débuta avec le jeune et immature Chris Pronger qui fut troqué vers St.Louis en retour de Brendan Shanahan. Ce dernier, malgré qu’il fut décoré comme capitaine et auteur d’une saison de 44 buts à sa première année avec les Whalers, fit savoir à ses patrons qu’il ne voulait aucunement rester à Hartford au-delà de la saison 95-96. Shanahan fut donc échangé à Détroit en retour principalement de Keith Primeau (gréviste à Detroit), un choix de première ronde en 1997 et comme bonus, le Paul Coffey
 
L’inclusion de Coffey dans l’échange était surtout motivée par des motifs salariaux, les Red Wings voulant réduire leur masse salariale qui allait s’alourdir davantage avec l’arrivée de Shanahan. L’entraîneur et DG des Red Wings, le légendaire Scotty Bowman, ne portait pas non plus Coffey dans son cœur, ayant des problèmes avec son jeu défensif, ce qui datait même de leurs brefs moments ensemble en 1991-92 à Pittsburgh , saison où Coffey fut d’ailleurs échangé aux Kings de Los Angeles. 
 
Donc l’arrivée du Paul Coffey à Hartford ne se fit pas sans heurts. La transaction eut même beaucoup de difficulté à se réaliser, puisque Coffey lui-même s’y opposa et la retarda de plusieurs jours, même plusieurs semaines, ce qui fait que Shanahan (dénudé de son ''C'' de capitaine) endossa l’uniforme des Whalers pendant deux autres matchs au début de 96-97, tandis que Coffey fut suspendu par les Red Wings. On parle même d’une rumeur comme quoi les Rangers de New York ont tenté de s’inviter au party dans une tentative d’échange à trois équipes pour faire débloquer cette transaction. Coffey aurait alors plutôt prit le chemin de New York en compagnie de Robert Kron tandis qu’Alex Kovalev aurait pris le chemin de Hartford tout comme Primeau. Bizarre d'imaginer Kovy en Whaler d'ailleurs... Shanahan aurait comme prévu prit le chemin de Detroit en plus d’un défenseur des Rangers inconnu. Mais au final, l'échange à seulement deux équipes aboutit finalement à une entente, également retardée par les négociations d'un nouveau contrat en Caroline pour Primeau. Au moment de la concrétisation de l’échange, le DG des Whalers Jim Rutherford déclara que si ces négociations avaient duré une journée de plus, il aurait annulé l’échange.
 
Au final, le Paul Coffey a finalement accepté de changer de nid et de se joindre aux Whalers, mais a rapidement fait savoir qu’il désirait être échangé de nouveau le plus rapidement possible. L’équipe le convainquit d’essayer d'y jouer quand même pour voir s’il allait aimer et vouloir peut-être rester, ce qu’il fit.

 

 
C’est donc durant ces quelques semaines de l’automne 1996 qu’on put brièvement admirer le Paul Coffey hartfordien. Malgré la splendeur du plumage bleu et vert des Whalers, on ne peut faire abstraction de l’étrange impression que cette apparition nous procure. Je crois que c’est causé à la fois par le léger sentiment d’anachronisme de le voir dans cette version du chandail plus moderne des Whalers et aussi par la mélancolie plus qu’apparente dans le visage du Coffey. Comme les Whalers en étaient à leur dernière année d’existence, ce sentiment de mélancolie est doublement actif pour l’observateur en revoyant ce superbe chandail malheureusement en voie d'extinction à l'époque. On se doit d'ailleurs de quand même apprécier l'effort des Hurricanes d'avoir ramené le Whaler dans le monde moderne même si ce ne sera jamais pareil...
 
Comme le nombre de matchs où il joua avec les Whalers est très moindre, le nombre d’images du Paul Coffey hartfordien est par conséquent assez limité. Difficile donc de le voir en meilleure posture ou avec une quelconque émotion apparente autre que le vague à l’âme, le marasme et le cafard… en plus de l'absence apparente du moindre semblant d'effort physique, probablement causé par le désir d'éviter une blessure et de garder sa valeur d'échange et quitter les contrées du Connecticut au plus vite...

 

 
 

 

Tout cela contraste évidemment de ses belles années à Edmonton, Pittsburgh ou Detroit...
 
 

Quoique... 
 
Il est vrai que le visage particulier du Paul Coffey a toujours ce petit air «stone» naturel alors difficile de vraiment juger...

Malgré tout, les Whalers de 1996-97 étaient une bonne petite équipe. Ils étaient même premiers de leur division au moment du départ de Coffey. Ils s’écroulèrent toutefois et perdirent du gallon en deuxième moitié de saison, mais ne ratèrent les séries que par très peu, terminant à 75 points, 2 points derrière Ottawa et Montréal pour les deux derniers rangs dans leur section. Avec un Paul Coffey motivé, qui sait s’ils ne les auraient pas atteintes ces séries.
 
Le Paul Coffey hartfordien était quand même un spécimen bavard. Il donna bien sûr aux journalistes les raisons de son mécontentement. Il évoqua qu’il avait bien joué le jeu de tenter le coup à Hartford mais qu’au final la situation ne lui convenait pas. En raison principalement de son âge (35 ans) il désirait se retrouver avec une équipe établie et avoir une autre chance de remporter la Coupe Stanley. Il lorgnait alors des équipes comme les Rangers (pour retrouver ses amis Messier et Gretzky) ou les Maple Leafs. Il annonça que non les Whalers n’étaient pas mauvais, mais qu’il n’obtiendrait pas beaucoup de points dans le style d’attaque conservateur de l’équipe, énonçant qu’il pourrait «continuer de jouer 10 ans de plus à se débarrasser de la rondelle de la sorte». Sa présence fut au départ bien accueillie dans l'enclos des Whalers en place, mais il devint éventuellement une distraction et une nuisance pour ses nouveaux coéquipiers qui s’accommodaient davantage de leur place à Hartford.

 
Oh! Un très rare début de risette ici pour le Paul Coffey hartfordien

 
Le seul match du Paul Coffey hartfordien contre Montréal, le 20 novembre 1996

 
 
C’est donc finalement le 15 décembre 1996 que le Paul Coffey changea de cap pour Philadelphie en compagnie d’un choix de 3e ronde, en retour de l’ancien du CH Kevin Haller, un choix de 1re ronde en 1997 (qui devint Scott Hannan) et un autre choix de 7e. Encore une fois, c’est Coffey qui se mêla des négociations alors qu’il aurait fait des pressions envers le capitaine Kevin Dineen pour que ce dernier aille directement parler au DG pour accélérer l’échange.
 
Au final, il n’aura joué que 20 matchs sur une possibilité de 29 avec les Whalers, ratant 9 matchs par son refus initial de se rapporter à l’équipe et différentes blessures ainsi que la grippe… Il n’obtint que 3 buts et 5 passes pour 8 points durant ce court séjour, très loin de sa cadence de l’année précédente à Detroit (74 points en 76 matchs). Son meilleur match fut contre le Canadien le 20 novembre 1996 où il obtint 1 but et 1 passe (match de la photo) et la première étoile de la rencontre. Avec les Flyers, il retrouva effectivement une équipe de premier plan et les aida même à se rendre en finale où ils perdirent contre… Brendan Shanahan, Scotty Bowman et les Red Wings.
 

Le Paul Coffey Philadelphien retrouva la joie de vivre dans son nouvel environnement

 
Pour sa part, Keith Primeau, le morceau principal obtenu par les Whalers en retour de Shanahan (car Coffey n’était je le rappelle qu’un bonus) énonça qu’il était aux anges à Hartford, lui qui était en froid avec ses patrons à Detroit. Il faisait d’ailleurs la grève au début de la saison en désirant un meilleur contrat et de plus grandes responsabilités offensives, tout ce qu’il obtint à Hartford et ensuite en Caroline.
 
Mais histoire de bien compléter mon rapport d'observation sur le Paul Coffey hartfordien, une seule chose échappait jusqu’ici à ma carrière d’observateur d’oiseaux de joueur, soit de voir le Paul Coffey hartfordien en vidéo. Jusque là, je n’avais vu que quelques clichés, cartes de hockey ou coupures de journaux mais jamais d’extraits vidéo. Les archives des Whalers ne sont pas légion et comme par malheur du destin, beaucoup des extraits de matchs de la saison 1996-97 des Whalers qu’on peut retrouver sur Youtube sont justement ceux que le Paul Coffey rata par blessure ou autre refus de jouer (ou après l’échange). 
 
Mais avec beaucoup de patience et d’attention, j’ai réussi à le repérer en mouvement dans cette archive VHS uploadée par une âme charitable sur Youtube. Et comble du bonheur, c’est contre les Red Wings! Les Whalers perdirent ce match 4-1 et Coffey termina la soirée sans points et une fiche de -1…
 
Pour terminer, je vous l’inclus ici et je vous laisse le plaisir de le trouver vous-même et de peut-être vous initier vous aussi à l’observation du Paul Coffey. Il y a en bonus un superbe but de la part d’un splendid spécimen de Geoff Sanderson. Si vous n'avez pas cette patience, vous pouvez aussi directement skipper à 4:11 et ensuite à 8:55 où vous pouvez l’apercevoir (très brièvement) au travers de ces extraits.




Wow. Avec cet item de ma bucketlist complété, je me dois de trouver de nouveaux défis... Peut-être devrais-je me mettre sur la piste du Paul Coffey Chicagolais, là où il n'a joué que 10 matchs, encore moins qu'à Hartford...

À suivre...



mardi 27 avril 2021

Headshot !





Bien avant que Jacques Plante ne popularise le port du masque (de gardien, pas chirurgical), les gardiens avaient le visage à la merci des lancers et des bâtons de leurs adversaires, et parfois même de leurs coéquipiers.

Nous connaissons (presque) tous l'Histoire (oui, ça mérite un grand H). Après avoir reçu un lancer de la part d'Andy Bathgate en pleine tronche le 1er novembre 1959, Jacques Plante reçut 7 points de suture et retourna au jeu après avoir convaincu l'entraîneur Toe Blake de le laisser porter son masque. Le Canadien et lui remportèrent le match, ainsi que les dix suivants. Remis de sa blessure, Plante laissa ensuite le masque au vestiaire pour un match qui résulta en une défaite. Il décida donc que la nouvelle pièce d'équipement le suivrait jusqu'à la fin de sa brillante carrière. Les restaurants McDonald's avaient d'ailleurs distribués une magnifique bande-dessinée sur le sujet, quoique pas tout à fait véridique.
 

Mais avec le perfectionnement des autres équipements, particulièrement les bâtons de joueurs, l'ajout de cette pièce d'équipement n'a pas complètement réglé le danger des hommes masqué, comme en font foi les exemples suivants. Le 26 octobre 1977, alors avec les Flames d'Atlanta, Daniel Bouchard reçut un lancer directement sur l'œil gauche en première période, gracieuseté d'Ace Bailey, qui fissura son masque et lui procura 10 points de suture. Six ans plus tard, en décembre 1983, la fatalité revint sur Bouchard. Devant la cage des Nordiques, il bloqua un lancer de Steve Stoyanovich des Whalers avec sa gorge (ce que je ne recommande pas du tout !) en fin de première période. Après quelques heures d'observation à l'hôpital, il fut déclaré hors de danger. Il revint au jeu 7 jours plus tard.

"Les femmes aiment les cicatrices"

La glorieuse carrière de Bernard Parent prit fin abruptement le 17 février 1979. En tentant de "tasser" un joueur des Rangers du devant du filet, le bâton de son défenseur Jimmy Watson se retrouva accidentellement dans l'ouverture de l'œil droit de Parent. Victime d'une hémorragie de la chambre antérieure de l'œil droit, il perdit la vue de ce côté pour deux semaines. Malheureusement pour lui, elle ne revint jamais assez pour lui permettre de revenir à la compétition.


Mike Liut portait un masque iconique et terrifiant à la fois (voir texte du 8 janvier 2015). Toutefois en fin de première période le 27 octobre 1982, le puissant lancer frappé d'Al MacInnis lui fracassa le nez et, par le fait même, le-dit masque. À son retour au jeu le match suivant (!), Liut portait un combo casque et grille Jofa. Plus tard dans sa carrière, il fit la transition vers le masque moderne, fabriqué par Michel Lefebvre (de l'équipement du même nom).

Liut semblait beaucoup moins intimidant
avec ce type de casque

L'évolution des masques a justement continué, améliorant la protection des portiers face aux commotions cérébrales, aux coupures à la tête, aux ecchymoses, mais le risque zéro est impossible à atteindre. En première période du match du 22 mars 1989, l'incident que subit Clint Malarchuk aurait pu avoir des répercussions tragiques, lorsqu'il se fit sectionné la veine jugulaire par le patin de Steve Tuttle. Dès lors, le port de la "bavette" et du protège-cou devint de plus en plus répandu. Malgré la gravité de sa blessure qui nécessita pas moins de 300 points de suture, Malarchuk fut de retour devant son filet huit jours plus tard pour affronter son ancienne équipe, les Nordiques de Québec. Mais la suite de sa vie ne fut pas facile (voir texte du 10 avril 2010)

J'ai volontairement pas mis de photo de l'accident ...
Vous ferez vos recherches si vous avec l'estomac solide.

Et malgré tout, il arrive encore de nos jours qu'un tir puisse couper un gardien. À la mi-match du duel opposant les Sharks de San Jose aux Islanders de New York le 18 février 2008, un tir de la pointe de Radek Martinek cassa une branche de la grille du gardien des Sharks, Evgeni Nabokov, lui coupant sévèrement le nez. Nabokov ne rata que 10 minutes de jeu et retourna dans l'action, dans une défaite de 3 à 2.


Ce que je retiens de ces blessures, outre le fait que ça arrive régulièrement en première période, c'est qu'à chaque match, les gardiens acceptent le danger de leur position, près à recevoir des lancers rapides et puissants, sans compter les nombreuses collisions qui peuvent se produire. L'affirmation "Pas besoin d'être fou pour être gardien, mais ça aide" de Bernard Parent ne pouvait être plus juste.

Source : hockeygoalies.org