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mardi 21 juillet 2026

Gord Smith


   


Né le 17 novembre 1949 à Perth en Ontario, le défenseur Gord Smith fit ses classes au sein des Braves de Brockville et des Royals de Cornwall avant d'être sélectionné en 5e ronde (59e au total) au repêchage de 1969 par les Rangers de New York.

Le frère aîné du légendaire gardien Billy Smith ne jouera toutefois jamais pour les Rangers, son parcours avec eux se limitant à un court séjour de 5 matchs avec leur club-école de la CHL, les Knights d'Omaha, qu'il rejoignit pour les séries du printemps 1970 et qu'il aida à remporter le championnat. Après cette seule saison, il fut libéré par les Rangers et il signa alors avec les Kings de Los Angeles, le même club qui repêcha initialement son frère Billy.

Les deux frères ne jouèrent toutefois jamais ensemble, alors que Gord fut prêté aux Blades de New Haven de la EHL tandis que Billy débuta son parcours professionnel avec les Kings de Springfield dans la AHL. Après deux saisons à New Haven, les Kings l'assignèrent à son tour à Springfield, mais à ce moment, Billy avait été sélectionné au repêchage d'expansion par les Islanders et on connaît la suite dans son cas.

Gord joua deux saisons à Springfield et devint un des meilleurs défenseurs de la ligue, terminant au premier rang des défenseurs de la AHL avec 67 points en 1973-74, ce qui lui valut le trophée Eddie Shore, remis au meilleur défenseur du circuit, ainsi qu'une sélection sur la première équipe d'étoiles. Cependant, comme avec les Rangers, il ne joua jamais avec le grand club.

C'est finalement en 1974-75 qu'il put graduer dans la LNH, alors qu'il fut également repêché par un club d'expansion, les Capitals de Washington. Il fit donc ses débuts dans la LNH en même temps que les Capitals, participant au match inaugural de l'équipe le 9 octobre 1974 contre son ancienne équipe, les Rangers. 

Comme vous savez, les Capitals de 1974-75 représentent la pire fiche de l'histoire de la LNH avec un record de médiocrité de 8–67–5 et un autre record de 446 buts accordés. Gord termina cette première saison dans la LNH avec une fiche de 3 buts et 8 passes en 63 matchs ainsi qu'un différentiel de -60.

Gord évolua avec les Capitals jusqu'en 1979, alternant parfois entre le grand club et le club-école. Sa meilleure saison fut celle de 1977-78 qu'il termina avec 4 buts, 11 points et un différentiel de -20. Il fut également nommé capitaine par intérim durant quelques matchs. 

Au même moment, la carrière de son frère prenait son envol spectaculaire à Long Island. Mais pour sa part, Gord en était à ses derniers miles dans la grande ligue. Il fut laissé sans protection par les Caps après la saison 1978-79. Des premiers Capitals de l'édition inaugurale de 1974-75, seul son partenaire en défense Yvon Labre aura joué plus de matchs avec l'équipe, se retirant du jeu en 1981 et devenant le premier joueur de l'équipe à avoir son numéro retiré.

Faisant leur entrée dans la LNH en 1979-80, les Jets de Winnipeg le sélectionnèrent au repêchage d'expansion de 1979.

Le vétéran défenseur ne fit toutefois pas long feu dans la LNH par la suite. Il débuta la saison avec les Jets mais après avoir été blanchi au pointage après les 13 premiers matchs de l'équipe, il fut cédé au club-école de Tulsa dans la CHL. 

Malgré que ses droits furent retournés aux Rangers, il ne revint jamais dans la LNH. Il joua les trois saisons suivantes dans la AHL avec trois clubs différents, les Nighthawks de New Haven, les Indians de Springfield et les Mariners du Maine. Il tira finalement sa révérence après la saison 1982-83.

Après sa retraite, il devint recruteur pour différentes organisations et brièvement entraîneur dans la ligue britannique.

En 299 matchs dans la LNH, Gord Smith récolta 9 buts et 30 passes pour 39 points ainsi que 284 minutes de pénalité.

En plus de Gord et Billy, la famille Smith comprenait également le frère cadet Jack Smith, qui, comme ses deux frères, évolua avec les Royals de Cornwall au niveau junior. Jack joua quelques saisons dans la EHL et au niveau sénior sans jamais se rendre dans la LNH.

lundi 6 juillet 2026

Larry Lozinski

 

Larry Lozinski est originaire d’un village de Saskatchewan qui s’appelle Hudson Bay. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas situé sur le bord de la baie d’Hudson. Son nom est plutôt relié à la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui y a déjà eu un poste de traite. 

Gardien des Bombers de Flin Flon dans la Ligue de l’ouest canadien (la dernière année où la ligue s’est appelée ainsi, puisqu’elle perdit son ″canadien″ en 1978-79 suite à l’ajout d’équipes basées aux États-Unis), il fut repêché par les Red Wings avec un lointain choix de 14e ronde (219e au total) en 1978. Comme il avait à moment déjà presque 20 ans, il passa directement au Red Wings de Kansas City. Il joua peu, puisqu’il se retrouva derrière l’ancien gardien des affreux Capitals des débuts et futur Nordique Ron Low. 

En 1979-80, il se retrouva avec les Wings de Kalamazoo de l’IHL. Lozinski y eut beaucoup plus de temps de glace (69 matchs) et remporta le trophée James Norris comme meilleur gardien de la ligue. Il aida également l’équipe à remporter la Coupe Turner. 

Les Red Wings ont débuté la saison 1980-81 avec deux vétérans devant les buts : Jim Rutherford et Gilles Gilbert, acquis de Boston. Rutherford fut toutefois échangé aux Maple Leafs le 4 décembre. Si Lozinski fut rappelé, l’entraîneur Wayne Maxner (qui venait de remplacer Ted Lindsay derrière le banc d’une équipe des Wings encore mauvaise, une constante à l’époque) mit du temps à lui faire appel. Suite à l’échange, Gilbert joua les 9 matchs suivants. Si on ajoute les 3 autres avant la transaction, cela signifie que Gilbert a joué 12 matchs consécutifs.

C’est finalement le 27 décembre que Lozinski eut son baptême de feu, alors que Maxner l’envoya dans l’action contre une jeune équipe montante, les Oilers de Wayne Gretzky, à Edmonton. Tout de même particulier comme moment pour lui faire débuter sa carrière. C’était un peu comme le jeter en pâture… 

Même si les jeunes Oilers avaient un début de saison ordinaire, il demeure que le fait que Lozinski put les limiter à une nulle de 4-4, même avec une équipe faible devant lui, n’était tout de même pas si mal. À noter que Gretzky a obtenu trois passes dans ce match. 

Cette performance a donc donné confiance à l’entraîneur à confier le filet de nouveau à Lozinski le lendemain à Winnipeg. Toutefois, après 3:13 en première période, les pourtant misérables Jets (2-26-7) avaient déjà pris les devants 2-0 sur des buts de Kris Manery et Morris Lukowich. Maxner retira donc Lozinski pour utiliser Gilbert. Ce dernier sauva les meubles et les Wings l’emportèrent 4-3. 

La suite fut assez typique d’un gardien qui joue avec une équipe de bas de classement. Il y eut de bons moments, comme sa première victoire, 4-1 contre Calgary le 10 janvier. Toutefois, les Flames prirent leur revanche à Calgary cinq jours plus tard, alors qu’ils les blanchirent 10-0, une raclée que Lozinski partagea avec Gilbert. 

Quelques jours plus tard, Détroit se rendit à Los Angeles, où les Kings avaient une bonne saison. Gilbert prit le filet dans un match où les Wings causèrent une certaine surprise en prenant les devants 2-1. Par contre, après 7 minutes en deuxième période, Gilbert se blessa à la hanche et Lozinski prit le but. La suite ne fut pas très élégante. Menés par la Triple couronne (le trio de Marcel Dionne, Charlie Simmer et Dave Taylor), les Kings marquèrent 10 buts et l’emportèrent 11-4. Simmer accumula 5 points, alors que Dionne et Taylor en eurent quatre chacun. 

Malgré cette performance laborieuse, la blessure à Gilbert permit à Lozinski de voir passablement d’action. Il joua entre autres lors du match du 28 janvier qui fut nommé la partie inaugurale, suite à la fin de la rénovation du Colisée de Québec. Ce duel, qui fut qualifié d’ennuyeux et qui a inclus une bagarre générale, s’est terminé par un match nul de 2-2. Seul Robbie Ftorek est parvenu à déjouer (deux fois) Lozinski chez le club hôte. 

Avec le retour de Gilbert de sa blessure, le temps de jeu de Lozinski revint ensuite à un niveau plus modeste. Il termina tout de même sa saison 1980-81 en jouant 30 matchs. Sa fiche fut de 6-11-7 et sa moyenne de 4,27. 

La saison suivante, il fut dépassé dans la hiérarchie par l’arrivée du québécois Corrado Micalef, qui seconda Gilbert. En décembre, les Wings firent l’acquisition de Robert Sauvé dans un échange monstre. En plus de Sauvé, Danny Gare, Jim Schoenfeld et Derek Smith se dirigèrent vers le Michigan. En retour, les Wings cédèrent aux Sabres Dale McCourt, Mike Foligno et Brent Peterson. Il n’y avait donc plus vraiment d’espace pour Lozinski, qui passa l’entièreté de la saison dans la Ligue américaine avec les Red Wings d’Adirondack. 

En 1982-83, ce fut Greg Stefan qui passa devant lui et il demeura encore dans la LAH. En fait, il ne revint jamais dans la LNH. 

En 1983-84, même avec Adirondack il n’y avait plus de place pour lui. Il joua une dernière saison avec les Wings de Kalamazoo. 

Lointain choix au repêchage, il profita tout de même de sa chance et du fait qu’il aboutit au sein d’une équipe faible pour se faufiler jusque dans la Ligue nationale. Bien que ce fut pour une courte période, ça demeure un club sélect. En plus, il eut même sa carte de hockey! 

Sources: 

″When It’s time to work the pits, Maxner’s Wings now respond″, CP, December 29, 1980, Windsor Star, page 14, 

″Bossy not up the usual antics but Wings same hapless team″, Canadian Press, Windsor Star, page 20,

″Plasse, le dépanneur des Nordiques″ de Maurice Dumas, 29 janvier 1981, Le Soleil, page C1, 

hockey-reference.com.

 

dimanche 5 juillet 2026

La barbe des séries inversée



La tradition des joueurs portant la barbe des séries remonterait à la dynastie des Islanders de New York du début des années 1980. Diverses raisons expliqueraient ce rituel comme la solidarité, le sacrifice, la détermination, la virilité, la force, l’intimidation ou encore le rasoir oublié dans l’avion et l’aichmophobie (la peur irrationnelle et excessive des objets pointus ou tranchants, ce qui expliquerait des légendes moustachues comme Lanny MacDonald ou des monosourcils mémorables comme ceux de Rick Hampton). C’est lorsque leur équipe est éliminée que les joueurs finissent par se raser afin de mieux profiter de l’air frais sur les terrains de golf. D'autres comme Nick Bonino font mieux en se rasant la barbe pour des oeuvres de charité comme l'illustre ce reportage datant de la coupe Stanley remportée par les Penguins en 2016.


Mais porter la barbe des séries est aussi une tradition pour certains fans dès que leur équipe se qualifie pour les séries. On peut alors voir leur barbe grandir au fur et à mesure que leur équipe avance dans les rondes éliminatoires. Ils la rasent finalement lorsque leur équipe est éliminée. 

Fier partisan des Sabres de Buffalo, Jeremy Huck a choisi de faire le contraire. En effet, il a décidé de ne pas se raser tant que son équipe ne faisait pas les séries! Il a donc attendu 14 longues années pour enlever sa gigantesque barbe digne de ZZ Top, car les Sabres ont le record de la plus longue disette de la LNH! Dans ce reportage diffusé en avril 2026, on peut le voir avant et après être passé chez le barbier. 


Ses enfants ne l’ont jamais connu sans barbe avant ce grand moment de libération, ce qui les a décontenancés au début, surtout sa plus jeune fille cachée ici derrière sa mère.


Jeremy explique que les gens ne le reconnaissent plus, mais sa femme - une grande fan des Sabres comme lui - semble enchantée de ravoir enfin son mari temporairement imberbe.


Précisons que le reportage a été réalisé avant que Buffalo ne soit éliminé par les Habs. Je n’ai pas pu trouver d’autres informations plus récentes au sujet de Jeremy Huck, mais gageons que sa détermination va reprendre du poil de la bête en vue de la prochaine saison!

Par ailleurs, je vous invite à visionner deux belles vidéos liées au retour triomphal des Sabres de Buffalo en séries. Cette première présente un survol rapide des 14 années de disette et l’effervescence de revenir enfin en séries. On revient notamment sur des fans en furie lorsque tout allait mal, qui remettaient même en question leur dévouement au gré des mauvaises performances et des mauvaises décisions de l'équipe. J'avais vu une de ces vidéos à l'époque et ça m'avait frappé.


Cette seconde vidéo donne la parole à leurs fans qui ont enduré 14 années de disette et c’est très touchant. On en voit dont les enfants n'ont jamais connu les Sabres en séries. En tant que fan de la première heure des Sénateurs d'Ottawa, je sais c'est quoi persévérer malgré les saisons ratées pour savourer les moments où ça va enfin mieux! Je suis curieux de voir si des partisans feront comme Jeremy Huck en conservant leur barbe tant que leur équipe ne feront pas les séries. Peut-être du côté des récents Dead Wings de Détroit? À suivre!


Sources

Laurence, J.-C. (2011, 23 avril). La barbe des séries, symbole de virilité et de solidarité. La Presse.

Sardin, V. (2026, 21 mai). D’où vient la barbe des séries au hockey? Noovo Moi.

Winter, H. (2026, 16 avril). Sabres fan finally shaves off playoff drought beard. WIVB.

vendredi 3 juillet 2026

Le (petit) coin des champions

 


En juillet 2025, je suis allé visiter ma famille à Gatineau, ma ville natale et la meilleure au monde (eh oui j’ai un biais pro-gatinois assumé!). Ça fait plusieurs années que je vis heureux au Lac-St-Jean et je subis chaque fois un choc quand je retourne dans mon patelin. La ville a pris de l’ampleur avec des gratte-ciels, des nouveaux quartiers et des bouchons de circulation un peu partout, mais ça reste chez moi et je retrouve encore plein de points d’ancrage de mon enfance. A titre d’exemple, il y a encore les Galeries de Hull, un centre commercial où j’ai notamment vu des gens faire du breakdance sur une scène pour promouvoir le film Beat Street en 1984. J’ai d’ailleurs encore la cassette qu’ils vendaient sur place! Juste en la regardant, j’entends sa toune de rap de Noël funky!


Dans les environs des Galeries de Hull, on trouve plusieurs restos dont un Mikes en face du Wal-Mart (qui n’existait pas dans ma lointaine jeunesse). 


L’an passé, c’est dans ce resto que je suis allé dîner avec mon neveu après avoir joué au soccer avec lui. J’ai toujours aimé la cuisine italienne de chez Mikes. Leurs napkins sont aussi très bien placées sur leurs tables (je cherche toujours à souligner les points forts, aussi minimes soient-ils ; c’est une déformation professionnelle en tant que professeur). 


La raison pour laquelle j’en parle sur LVEUP, c’est que je suis tombé sur quelque chose d’inattendu dans ce resto. En allant aux toilettes, j’ai constaté qu’un chandail des Olympiques de Gatineau - signé par tous les joueurs - était encadré… juste à côté des urinoirs! 


Un beau chandail de mon équipe junior locale trônant dans pareil endroit méritait de s’exclamer « Holy shit! ». Non mais regardez-moi ces belles signatures qui entourent le beau logo des Olympiques de Gatineau! 


Comme vous pouvez le voir, aucune indication sur le cadre ou le chandail ne précise avec certitude l’année de l’édition de cette équipe. C’est donc en analysant les différentes signatures des joueurs qu’on pourrait y parvenir. Une enquête de hockey en ces lieux d’aisance (langage soutenu), pour ne pas dire aux chiottes (langage vulgaire)? Un vrai coup de bol sémantique! 

Je crois reconnaître l’autographe de Francis Wathier (numéro 8). Ça semble la plus claire de toutes. 


Je pense aussi déchiffrer d’autres signatures comme celles de Philippe Dupuis (numéro 10) et de Guillaume Labrecque (numéro 11). 



Par ailleurs, on peut relever l’autographe de Laurence Woodman (numéro 14) et de Yannick Charron (numéro 44) sur le chandail. Ces autographes me permettent d’affirmer qu’il a été signé par l’édition 2003-2004 de la saison régulière et non celle des séries éliminatoires. En effet, en analysant la composition de l’équipe sur le site web de la Ligue canadienne de hockey, on voit que Woodman et Charron ont joué pendant la saison régulière, mais pas pendant les séries



De plus, si on analyse le numéro de chandail de Yannick Charron (#44), je constate que celui-ci a été porté par David Krejci l’année suivante, en 2004-2005. C’est donc grâce à ces détails que j’ose affirmer que le chandail des toilettes du Mikes date de l’édition championne des Olympiques de Gatineau de 2003-2004. Je peux certes me tromper dans mon analyse très sommaire, alors n’hésitez pas à me corriger si c’est le cas! 

En tout cas, installer le chandail autographié par une équipe championne dans les toilettes d’un resto, à côté des urinoirs en plus… On s’approche du boutte de la marde! Ça donne une autre signification à l’expression « ça sent la coupe » ! Ça sent surtout la croupe! En plus, les gens se soulageant doivent tourner le dos à leur urinoir pour bien admirer le chandail (bonjour les dégâts!). C’est certain que si le chandail était accroché au-dessus des urinoirs, il y aurait une file d’attente pour pisser. Peut-être que s’il était accroché dans une cabine, ça servirait de lecture pour agrémenter les évacuations. J’entends déjà le « Il s’élance et dompe! ». Mais si j’arrive à être sérieux deux minutes, la situation n’a juste pas d’allure! Des objets de collection en viennent souvent à sentir le tabac après avoir appartenu à des fumeurs, mais là on aura droit à un parfum Chanel Numéro 2 bien senti! 

Mais bon, mes péripéties gatinoises vous auront au moins donné le goût de mener votre propre enquête entre deux (toilettes) bouchées chez Mikes! Si vous y allez, assurez-vous de vérifier si je ne vous ai pas servi un tissu de mensonges et laissez un commentaire sur notre blogue!