Lorsqu'en 1961, Terry O’Malley, un défenseur, remporta la Coupe Memorial avec les Majors du Collège St. Michael’s de Toronto, son entraîneur était le Père David Bauer. Cette relation aura par après un impact majeur sur la suite de sa carrière, puisqu’O’Malley préféra plus tard le rejoindre lorsqu’il se verra confier l’équipe de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), au lieu d’accepter l’offre des Leafs. Parmi ses coéquipiers, on notait alors entre autres Dave Chambers, futur entraîneur des Nordiques.
Alors que la domination canadienne sur la scène internationale fut subitement interrompue, entre autres par l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie, il fut décidé que d’envoyer la meilleure équipe junior ou senior ne suffisait plus. Comme les pays de l’est, il fallait mettre sur pied une équipe nationale. Et comme ce fut le Père Bauer qui en eut le mandat, il recruta O’Malley.
Le premier test eut lieu lors des Jeux olympiques d’Innsbruck, en 1964. Les résultats furent respectables lorsque l’unifolié termina quatrième, d’autant plus que c’est un changement douteux de la règle de bris d’égalité en plein milieu d’un match qui coûta une médaille au Canada.
Après une autre quatrième place aux championnats du monde en Finlande, l’équipe canadienne se retrouva à Ljubljana en Yougoslavie pour ceux de 1966. À ce moment, O’Malley avait été nommé capitaine de l’équipe.
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Dans un moment caractéristique de la guerre froide, lors d’un match contre la Tchécoslovaquie arbitré par un polonais, le Canada se vit refuser un but en raison d’une pénalité douteuse. Un juge de but n’en signala pas un deuxième. Le Canada hérita aussi d’autres punitions vaseuses. C’est donc dans ce contexte plutôt absurde que la Tchécoslovaquie l’emporta 2-1. La Yougoslavie, la Pologne et la Tchécoslovaquie faisaient alors partie du bloc de l’est, mais je suppose que c’est une coïncidence.
En tant que capitaine, O’Malley dirigea alors une rencontre d’équipe où il fut décidé à l’unanimité de se retirer du tournoi. Ils finirent toutefois par se raviser et remportèrent finalement la médaille de bronze.
O’Malley et ses coéquipiers se méritèrent encore le bronze en 1967 à Vienne, en plus d’ajouter une médaille olympique à leur palmarès à Grenoble en 1968, encore le bronze.
Il déclina ensuite une offre des North Stars pour poursuivre sa maîtrise en histoire à l’Université du Manitoba, où était maintenant situé le programme national.
En 1969, il déclina une autre offre des Leafs pour demeurer avec l’équipe nationale, qui avait terminé quatrième à Stockholm.
Les règles devaient finalement changer pour l’édition de 1970 des championnats du monde pour que les professionnels officiels (nord-américains) puissent enfin affronter les professionnels officieux (du bloc de l’est, qui avec le soutien de l'état, s'entraînaient comme des professionnels). Finalement, la Fédération internationale se ravisa. Le Canada refusa donc d’organiser le tournoi (qui devait avoir lieu à Montréal et Winnipeg) et se retira des compétitions internationales.
C’est alors qu’O’Malley poursuivit son parcours atypique dans le monde du hockey en allant à Tokyo pour porter l’uniforme du Seibu Tetsudo. Il retourna ainsi aux Jeux olympiques, qui se déroulèrent à Sapporo en 1972, comme assistant-entraîneur de l’équipe japonaise.
Il demeura ensuite au pays du soleil levant de 1972 à 78 en s’alignant avec le Kokudo Keikaku comme joueur-entraîneur. Il fut d’ailleurs le joueur le plus utile de la ligue en 1975.
C’est en 1979 qu’O’Malley revint au Canada. L’unifolié avait fait son retour aux championnats du monde en 1977 et se préparait pour faire la même chose aux Jeux olympiques. On se tourna alors encore vers le Père Bauer. Or, lorsque ce dernier perdit Paul Reinhart, qui décida finalement de faire ses débuts avec les Flames d’Atlanta plutôt que d’aller aux Jeux de Lake Placid, le bon père se retrouva alors à court d’un défenseur. Il convainquit donc son complice de longue date, O’Malley, de faire un dernier tour de piste. À 39 ans, il était le vétéran parmi un groupe de jeunes loups qui comprenait entre autres Glenn Anderson, Paul MacLean, Jim Nill et Randy Gregg. Suite à la sixième place de l’équipe, il accrocha ses patins.
De 1983 à 2006, il devint entraîneur, professeur d’histoire, puis président du Athol Murray College of Notre Dame, en Saskatchewan, sauf pour une période de 5 ans, où il fut entraîneur de l’équipe de UBC et où il put terminer sa maîtrise.
Depuis 2006, il est entraîneur-adjoint de l’équipe féminine de l’Université de Régina.
Il compléta également un doctorat en lettres sacrées au St. Mark’s College, affilié à UBC.
Sa carrière internationale bien remplie fut couronnée en 1998 par sa sélection par le Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG ou IIHF).
Sources :
″Canadians Almost Bolt Tourney″, March 11, 1966, Montreal Gazette, page 37,
″O’Malley picks Russians if…″, February 1st 1972, Montreal Gazette, page 13,
″Terry O’Malley est content de jouer pour l’équipe du Canada″, 19 décembre 1979, L’Évangéline, page 46,
″O’Malley leaves Wilcox to become UBC coach″ de Darrell Davis, June 18, 1986, Regina Leader-Post, page B2,
″IIHF honors pair″ de Gregg Dinnan, May 21, 1998, Regina Leader-Post, page 19,
collectionscanada.gouv.ca, cougarsandrams.com, notredame.ca, saskhockeyhalloffame.ca.






