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mercredi 17 juillet 2019

Les Roadrunners (2e partie)




Pour la saison 1996, la ligue comptait maintenant 18 équipes.  De leur côté, les Roadrunners déménagèrent au Centre Molson.  Ils recrutèrent également un jeune défenseur qui venait de remporter la Coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby, mais qui avait été ignoré au repêchage, Francis Bouillon.  Le directeur-gérant Richard Sévigny fit également appel au cours de la saison à son ancien coéquipier, Gilbert Delorme.

Les résultats furent corrects, mais régressèrent par rapport à l’année précédente.  On rapatria Guy Rouleau, qui avait débuté la saison avec Ottawa.  On remplaça aussi Daniel Doré derrière le banc par Martin Raymond.  En bout de ligne, l’équipe termina avec une fiche de 14-11-3, ce qui ne lui permit pas d’accéder aux séries.

Sur une note positive, la foule moyenne augmenta à 5979 spectateurs, le 6e plus haut total de la ligue.

En 1997, il ne restait plus que 10 équipes.  Du côté des Roadrunners, on rapatria Daniel Gauthier d’Ottawa.  On revit aussi des joueurs qui avaient joué quelques années plutôt faire un retour après quelques années d’absence, comme Patrice Lefebvre et l’ex-Nordique Serge Roberge (le frère de Mario).  Sylvain Naud, qui avait joué jusque-là avec Oakland, se joignit également à l’équipe. 

Les résultats laissèrent toutefois à désirer et avec une fiche de 4-6-3, Martin Raymond démissionna.  C’est donc le directeur-gérant Richard Sévigny qui termina la saison derrière le banc.

Pour une deuxième année de suite, Martin Lacroix fut le meilleur pointeur de l’équipe.

Avec une fiche globale de 9-10-5, les Roadrunners accédèrent tout de même aux séries, mais ils s’inclinèrent en deux matchs contre les Rockin’ Rollers du New Jersey, une équipe qui comprenait le futur Canadien, Glen Metropolit.  L’équipe qui attira les meilleures foules, les Bullfrogs d’Anaheim, remporta ensuite un deuxième titre, contre ces mêmes Rockin’ Rollers.

Du côté affaires, les foules diminuèrent, avec une moyenne de 4437 spectateurs, le 6e total de la ligue.  Les affaires n’allaient pas très bien et ce, pas seulement à Montréal.  Il fut donc décidé de suspendre les activités de la ligue pour la saison 1998.

RHI fit un retour en 1999, mais avec seulement 8 équipes, et sans les Roadrunners.  Avec la moitié des équipes qui ne parvint pas à maintenir une moyenne de 1000 spectateurs, on décida de fermer les livres.  Il y eut un projet de ressusciter la ligue en 2001, mais on abandonna l’idée.  Un peu comme pour les autres ligues fondées par Dennis Murphy, Roller Hockey International (RHI) prit de l'expansion rapidement, acceptant au passage des franchises plus faibles, qui déménagèrent fréquemment.  Lorsqu'on manqua d'endroits pour les relocaliser, la musique s'arrêta. 

Du côté de Montréal, en quatre ans d'existence, les Roadrunners montrent une fiche de 51-36-11 en 98 matchs.  L'équipe réussit à faire parler d'elle et à attirer des foules respectables, mais l'effet de nouveauté s'est estompé.


Avec un sport comme le roller hockey, comme vous pouvez vous en douter, certaines équipes portèrent des noms contenant des références ou des jeux de mots boiteux en lien avec les roulettes, comme par exemple les Rollerbees de l’Utah, les Rollergators d’Orlando, les Skates d'Oakland et les Wheels d’Ottawa.  J’aimerais également souligner l’originalité des Buffalo Wings, en hommage à la spécialité culinaire de la ville.  Peut-être que finalement, l’équipe de Montréal aurait dû porter le nom de "Poutine" ou de "Smoked Meat"…

Sources : "Doré : « J’espère qu’ils ont aimé ça quand même »" de Mathias Brunet, 6 juin 1996, La Presse, p.S7, "Martin Raymond démissionne…", PC, 10 juillet 1997, La Presse, p.S7, hockeydb.com, rhistats.tripod.com, wikipedia.org.

mardi 16 juillet 2019

Les Roadrunners (1ère partie)




Au début des années 1990, la LNH commençait à vouloir augmenter sa popularité dans le sud des États-Unis.  Au même moment, il y avait un engouement pour le patin à roues alignées (par opposition aux patins avec deux paires de roulettes, si populaires dans les années 1970).  L’éternel entrepreneur sportif Dennis Murphy y vit là une occasion de créer une autre ligue.  Après l’American Basketball Association (ABA), la World Hockey Association (WHA ou AMH en français) et la World Team Tennis (WTT), Murphy fonda la Roller Hockey International (RHI), en compagnie de l’ex-Canadien Ralph Backstrom (qui servit pendant un moment comme commissaire) et de Larry King (pas l’animateur, mais plutôt l’ex de la championne de tennis Billie Jean King).

Les matchs se déroulaient l’été dans des arénas, mais sans glace, évidemment.  Sans ligne bleue, le jeu y était assez offensif.  Les bagarres étaient également interdites.

La première saison eut lieu en 1993 avec 12 équipes, principalement dans l’ouest et couronna les Bullfrogs d’Anaheim.  Le premier champion compteur de l’histoire de la ligue fut José Charbonneau, qui jouait avec le Voodoo de Vancouver, avec qui a joué brièvement Dave "Tiger" Williams et l’année suivante, Frank Caprice.

Suite à cette première campagne, la ligue prit rapidement de l’expansion.  Pour la deuxième année, on passa à 24 équipes, incluant une à Montréal qui jouerait au Forum en 1994.  Le président était l’ex-Capital Robert Sirois et l’entraîneur, Yvan Cournoyer.  On nomma l’équipe les Roadrunners, un clin d’œil au surnom de ce dernier.



Après avoir disputé leur premier match le 8 juin (une défaite au Minnesota), les Roadrunners firent leur entrée au Forum le 16 juin, devant plus de 10000 personnes.  Pour l’occasion, les Roadrunners ont défait les Rockin’ Rollers du New Jersey 7-5.

L’équipe, composée presque entièrement de québécois, eut de bons résultats.  Elle termina deuxième dans la division atlantique, avec une fiche de 13-9.  L’attaque fut menée par Guy Rouleau et Réal Godin.  Devant le but, on retrouvait l’ex-Red Wing Corrado Micalef et Marc Delorme.

Aux guichets, malgré qu’il s’agissait de l’été où Montréal était complètement baseball (jusqu’au lock out dans le baseball majeur du moins), les Roadrunners se débrouillèrent tout de même bien.  Avec une moyenne de 6690 spectateurs, ils se classèrent 3e dans la ligue.

Au cours de la saison 1995, la ligue ne conserva que 19 équipes.  Du côté de Montréal, Sirois fut remplacé par l’ex-pilote (et père de Sarah-Jeanne), Alan Labrosse.  Sur la surface de jeu, les Roadrunners améliorèrent leur fiche (15-6-3) et se rendirent même en finale, qu’ils perdirent devant les Rhinos de San Diego.  Le match de la finale de la Coupe Murphy (et oui, Murphy a nommé la Coupe en son honneur) a eu lieu au Forum devant 11400 spectateurs.  Sur une base individuelle, les 83 points de Guy Rouleau lui accordèrent le deuxième rang de la ligue.

Les billets étaient tout de même abordables

Dans les gradins, l’aspect nouveauté s’effaçait un peu, mais ils attirèrent tout de même une moyenne respectable de 4721 spectateurs par match.  Après la saison, c’est Cournoyer qui céda sa place, suite à sa nomination au poste d’entraîneur-adjoint des Canadiens, pour être remplacé par le capitaine de l’équipe et ex-Nordique Daniel Doré.  Quant au poste de directeur-gérant, on nomma l’ex-Canadien et Nordique Richard Sévigny.

Sources : "Défaite des Roadrunners", 9 juin 1994, La Presse, p.S7, "Dix mille personnes acclament les Roadrunners" de François Béliveau, 17 juin 1994, La Presse, p.S6, "Alan Labrosse succède à Robert Sirois" de François Béliveau, 1er août 1995, "Les Roadrunners à la recherche d’un nouveau coach" de Claudine Hébert, 25 octobre 1995, La Presse, p.S2, "Richard Sévigny prend les destinées des Roadrunners" de Réjean Tremblay, 16 janvier 1996, La Presse, p.S5, hockeydb.com, rhistats.tripod.com, wikipedia.org.

samedi 13 juillet 2019

Joueur oublié des 90's #22 - Juha Lind





Né le 2 janvier 1974 à Helsinki en Finlande, Juha Petteri Lind s'amena en Amérique du nord au tournant du millénaire, soit juste à temps pour être membre de quelques-unes des pires éditions du Canadien de Montréal, avant de retourner cimenter sa légende dans son pays natal où il était un habitué sur la scène locale et internationale.

Alors qu'il évoluait pour l'équipe des moins de 20 ans du Jokerit d'Helsinki, il fut repêché en 8e ronde du repêchage de 1992 par les défunts North Stars du Minnesota. Il est en fait la dernière sélection au repêchage des North Stars à avoir accédé à la LNH. Après la saison suivante, l'équipe déménagea au Texas et le repêchage de 1993 se fit sous le nom des Stars de Dallas. Quelques rondes avant lui, un de ses compatriotes fut également sélectionné par Minnesota, son futur coéquipier Jere Lehtinen. 

Lind fit ses débuts professionnels en 1992-93 en partageant la saison avec les U20 et le célèbre club du Jokerit de sa ville natale, où il ne joua que 6 matchs cependant.  La saison suivante en 1993-94 fut sa grande année d'éclosion où il remporta le titre de recrue de l'année ainsi que le championnat de la SM-Liiga avec Jokerit, titre qu'ils répétèrent ensemble en 1995-96 et 1996-97. Il fit finalement le saut en Amérique la saison suivante, d'abord avec le club-école des Stars au Michigan dans la IHL et ensuite avec le grand club où il joua 39 matchs, récoltant 2 buts et 3 passes. Son rôle était toutefois limité avec les Stars, où le club avait beaucoup de profondeur. Il participa également aux Olympiques de Nagano de 1998, récoltant la médaille de bronze en compagnie de légendes de son pays comme Teemu Selanne et Jari Kurri en plus de son coéquipier Lehtinen et de son futur coéquipier Saku Koivu.  Il opta toutefois de rester en Finlande pour la saison 1998-99 où il continua de bien performer avec une récolte de 20 buts et 39 points en 50 matchs, sa meilleure récolte offensive dans la SM-Liiga.



Il revint ensuite dans la LNH pour la saison 1999-2000, ayant raté le bateau l'année précédente où les Stars remportèrent la coupe de 1999.  Il tenta tant bien que mal de se tailler une place avec les Stars, récoltant 3 buts et 4 passes en 34 matchs.  Il fut cependant échangé aux Canadiens en janvier contre le malheureux Scott Thornton.

Au sein d'un club faible, Lind avait la chance de prouver qu'il avait sa place dans la LNH.  Il était entre autres enchanté de se retrouver avec son compatriote Koivu, espérant même que l'équipe tente de le faire jouer avec lui.  Cependant, Lind ne fit guère mieux qu'à Dallas, jouant à peine 8 minutes par match. Il obtint 3 points en 13 matchs pour terminer la saison 1999-2000 et n'obtint ensuite que 3 buts et 4 passes en 47 matchs la saison suivante.  Il fut souvent laissé de côté et peinait à trouver sa place dans le système d'Alain Vigneault et de son successeur, Michel Therrien.  Son contrat se termina après la saison et l'équipe le libéra.  Il retourna ensuite en l'Europe, dans la ligue élite de Suède. Son départ du tricolore mit fin à une des branches du retour de l'échange de Patrick Roy en 1995. On le sait, Roy fut échangé à l'Avalanche en compagnie de Mike Keane en retour de Jocelyn Thibeault, Martin Rucinsky et d'Andrei Kovalenko. Ce dernier fut échangé aux Oilers après seulement un an à Montréal, qui obtint les services de Thornton en retour.  D'ailleurs parlant de Thornton, le cousin de Joe signa avec les Sharks après son court séjour à Dallas et, comme avec tout un échange Réjeanhoulien qui se respecte, il connut ses meilleures années à San José, notamment une saison de 26 buts en 2001-02. 



Pour sa part, Lind participa de nouveau aux Olympiques pour l'équipe finlandaise en 2002, à Salt Lake City, et il joua 3 saisons en Suède après son départ de la LNH.  Il joua ensuite en Autriche, où il remporta le championnat de la ligue en 2007.  Il revint ensuite terminer sa carrière là où elle avait commencé, avec le Jokerit d'Helsinki, où il fut même élu capitaine et où il joua jusqu'en 2010.  Il est présentement entraîneur au niveau junior avec le club Viikingit U16, où il dirige notamment son fils Paavo. 

Il fut élu au temple de la renommée du hockey finlandais en 2013.

En 133 matchs dans la LNH, il récolta 9 buts, 13 passes pour 22 points.

Sources:

mardi 9 juillet 2019

Steve Sutherland




Robuste ailier gauche natif de Noranda, en Abitibi, Steve Sutherland eut comme coéquipiers avec les Canadiens Junior des joueurs comme Jude Drouin, Larry Pleau, Robin Burns et Pierre Bouchard.  Par contre au repêchage de 1967, malgré l’arrivée de six nouvelles équipes, il n’attira pas suffisamment l’attention et fut ignoré.

Il se retrouva néanmoins avec les South Stars de Memphis, un club de la Ligue centrale affilié aux North Stars du Minnesota.  Il s’aligna également avec Des Moines et Port Huron de la Ligue internationale.  Il remporta d’ailleurs la Coupe Turner en 1971 avec cette dernière équipe.

Lorsqu’on annonça en 1972 la formation de l’Association mondial de hockey (AMH), Sutherland avait le profil parfait pour la nouvelle ligue.  Il joua pour un club affilié aux Red Wings, mais il n’avait jamais joué un seul match dans la LNH et avait peu d’espoir d’y parvenir.  Pour un joueur des ligues mineures comme lui, l’AMH offrait des salaires intéressants et il fut le premier à signer avec le circuit maudit, dans son cas, avec les Sharks de Los Angeles.  Cette équipe était détenue par Dennis Murphy, l’un des fondateurs de la nouvelle ligue.

Le style robuste de Sutherland cadrait bien avec le style préconisé par l’entraîneur Terry Slater.  Parmi ses coéquipiers, on comptait entre autres Ted McCaskill, l’inspiration derrière le personnage du "chirurgien" Tim McCracken dans Slap Shot.  L’équipe joua pour un peu plus que ,500 et se qualifia pour les séries.

L’année suivante, les Sharks ont offert 450 000$ pour trois ans à Marc Tardif pour le sortir de Montréal.  Individuellement, Tardif a bien répondu, mais défensivement, l’équipe a accordé beaucoup plus de buts et termina dernière au classement.  De son côté, Sutherland continua dans la même veine en accumulant 189 minutes de pénalité, un sommet chez les Sharks et le sixième plus haut total dans la ligue.  Il marqua aussi 20 buts.  Par contre, les foules étaient faibles à Los Angeles (moyenne de 5338 spectateurs par match) et l’équipe déménagea à Détroit pour devenir les Stags du Michigan. 

Le déménagement n’arrangea rien.  En fait, les foules à Détroit étaient encore plus faibles (moyenne de 2959 spectateurs par match).  Dans le but de se débarrasser de l’onéreux contrat de Tardif, les Stags l’envoyèrent alors aux Nordiques avec Sutherland, en retour d’Alain Caron, Pierre Guité et Michel Rouleau.  Les Stags disparurent un mois plus tard et terminèrent la saison en tant que les Blades de Baltimore, avant d’être rayés de la carte pour de bon.  Au cours de la même période, Québec fit également l’acquisition de l’ancien coéquipier de Sutherland au niveau junior, Christian Bordeleau.

Une fois à Québec, le sérieux Sutherland continua de jouer robuste, mais au sein d’une équipe plus offensive et scientifique, il dut tout de même modifier un peu son jeu.  Son arrivée (et celle de Tardif et de Bordeleau) aidèrent le fleurdelysé à atteindre la finale pour la première fois en 1975, mais ils furent alors balayés par les Aeros de Houston de Gordie Howe.

En 1975-76, Sutherland marqua 22 buts dans une ligue où le niveau de violence augmentait.  (Du côté de la Ligue nationale, c’était le règne de la terreur des Flyers, et l’AMH allait dans la même direction.)  Les Nordiques pouvaient compter sur Sutherland, Pierre Roy et Gordie Gallant, mais il demeure que leur saison fut marquée par l’agression sauvage de Rick Jodzio sur Marc Tardif.  Ce ne fut toutefois que partie remise, puisque l’année suivante, Québec remporta la Coupe Avco, même si la saison de Sutherland a été limitée à 36 matchs.

En 1977-78, Sutherland surpassa sa marque personnelle en comptant 23 buts.  Ce fut toutefois sa dernière saison avec les Nordiques.  À l’été 1978, il fut réclamé par les Stingers de Cincinnati, mais il ne joua jamais pour eux. 

Au cours de sa carrière, il avait une attitude très prudente avec son argent.  Conscient qu’une carrière de hockeyeur n’était pas éternelle, il épargna jusqu’à 60% de son salaire.  Son coéquipier chez les Nordiques, Charles Constantin, avait une approche semblable.

De plus, Sutherland avait été un précurseur puisqu’il s’entraînait constamment et prenait un grand soin de sa condition physique, ce qui était loin d’être le cas de tous.  Sutherland et Constantin ont donc décidé de combiner les deux en se lançant en affaires.

Le concept d’entraînement Nautilus a d’abord été développé aux États-Unis en 1948 par Arthur Jones, mais ce n’est qu’en 1970 qu’il a vraiment pris le marché d’assaut.  Suite à leurs carrières de hockeyeur, Sutherland et Constantin décidèrent d’importer le concept Nautilus au Québec.  Ils ouvrirent d’abord leurs premiers centres, puis prirent de l’expansion et profitèrent de leur connaissance du milieu pour établir des partenariats avec les Canadiens, les Nordiques et les athlètes d’élite.  Ils intégrèrent également d’autres sports comme le tennis et le racquetball à leur concept.

En 1986, alors que l’entreprise comptait 18 Nautilus Plus et deux Gold’s Gyms et affichait des revenus de 10,2 millions $, l’entreprise fait son entrée en bourse.

En 1987, alors que Sutherland est toujours président et Constantin vice-président, Nautilus fait son entrée sur le marché ontarien.  L’entreprise raffine également ses équipements en introduisant le concept VO2MAX.  Un produit mieux conçu, appuyé par un réseau de centres fait en sorte que Nautilus résiste mieux dans un marché pas toujours facile que ses compétiteurs, souvent moins bien structurés. 

Alors que ses revenus se chiffraient à plus de 20 millions $, Sutherland, Constantin et deux autres investisseurs feront une offre en 1989 pour refermer le capital de Nautilus et la sortir de la bourse.

Sutherland et Constantin se sont ensuite retirés, avant de tenter leur chance du côté de la restauration rapide avec la chaîne Burger King, mais l'entreprise qu'ils ont démarrée existe toujours.

Sources :
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.27,

"Pas de réponse à l’énigme Sutherland" de Claude Larochelle, 15 avril 1975, Le Soleil, p.C1,
"Steve Sutherland n’a rien du joueur gros, gras, dodu…" de Maurice Dumas, 10 janvier 1976, Le Soleil, p.C3,
"L’entraînement Nautilus" de Pierre Ladouceur, 3 juin 1980, La Presse, p.E10,
"Nautilus accueille l’élite québécoise" de Jean St-Hilaire, 21 octobre 1980, Le Soleil, p.C5,
"Nautilus : un livre et un centre s’ajoutent au réseau" de Marc St-Pierre, 21 septembre 1983, Le Soleil, p.D8,
"Sutherland et Constantin, ex-Nordiques, ouvrent 13 centres Nautilus au Québec" de Laurier Cloutier, La Presse, 7 novembre 1983, p.B1,
"Nautilus Plus lancera une émission de $14 millions" de François Berger, 21 août 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus Plus poursuit son expansion", 20 novembre 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus acquiert cinq centres de conditionnement physique en Ontario" de Richard Dupaul, 2 avril 1987, La Presse, p.C3,
"Nautilus Plus prend le contrôle des opérations au club TenniSport" de Jacques Arteau, 31 mars 1989, Le Soleil, p.S9,
"Offre publique d’achat pour Nautilus", 29 juin 1989, La Presse, p.D2, 
"S’entraîner pour la forme… et pour le rêve" de Chantal Gilbert, 18 octobre 1992, La Presse, p.C3,
"Stevens emballe Robinson" de Pierre Ladouceur, 20 novembre 1993, La Presse, p.H2,

hhof.com, hockeydb.com.

jeudi 4 juillet 2019

Une petite photo pour le plaisir #84 - Guy Lafleur avec le mauvais numéro








En 1988, Guy Lafleur surpris tout le monde en décidant d'effectuer un retour au jeu. À la retraite depuis près de 4 ans, Lafleur se tenait en forme en jouant des matchs amicaux contre des équipes juniors à la grandeur du pays. Il reçu une invitation de la part des Rangers de New-York, entraîné alors par Michel Bergeron, pour se présenter au camp d'entraînement qui se tenait à Trois-Rivières, à la demande de "Bergy".

Le numéro 10 étant la propriété de Pierre Larouche, Lafleur arbora le #44 pour la durée du camp d'entraînement. Il retrouva son #10 au début de la saison, suite à l'annonce de la retraite de Larouche, qui ne réussit pas à se remettre d'une blessure au dos survenu au début de la saison 1987-88.

Mauvais numéro, mauvais uniforme

 Lafleur avait alors comme coéquipier à New-York celui qui fut choisi tout juste après lui lors du repêchage de 1971, Marcel Dionne. Après une saison à New-York où il inscrivit 45 points en 67 matchs, le démon blond suivit Bergeron à Québec. Il clôtura ainsi sa carrière avec les Nordiques, où il fut blessé plus souvent qu'à son tour, inscrivant tout de même 62 points en 98 matchs, réparti sur deux saisons.

mardi 25 juin 2019

Trêve de hockey #97 - Bart Hull




Porter le nom de quelqu’un qui a déjà ouvert la voie dans un domaine peut parfois être un avantage.  Mais ça peut aussi être un fardeau.

La famille Hull n’a pu se distancier de l’héritage de Bobby, leur célèbre père, ancienne gloire des Black Hawks de Chicago et des Jets de Winnipeg et membre du Temple de la Renommée du Hockey.

Blake a joué au hockey jusqu’au junior A.  Bobby Junior a joué junior (gagnant au passage la Coupe Memorial avec les Royals de Cornwall en 1980).  Brett s’est fait un nom à lui, en connaissant une carrière exceptionnelle, qui rivalise avec celle de son père.  Michelle a de son côté fait pendant un moment du patinage artistique, comme sa mère.

Bart a choisi une autre voie.  Suite à un divorce acrimonieux, il est allé vivre avec sa mère, ses frères et sa sœur à Vancouver.  Ayant peu de contact avec son père et ne pouvant plus supporter les comparaisons, il décida à l’âge de 13 ans d’abandonner le hockey et de se concentrer sur le football.
Son brio lui permit éventuellement de se mériter une bourse de l’Université Boise State, en Idaho, comme demi offensif.
Au repêchage de 1991, les Lions de la Colombie-Britannique en firent leur premier choix, quatrième au total.  Son nom de famille ne passa évidemment pas sous silence.  Il ne put toutefois pas s’entendre avec eux et fut échangé aux Rough Riders d’Ottawa, contre le quart réserviste Tony Kimbrough.

Il débuta donc la saison, mais au troisième match, il entra en collision avec un coéquipier et se blessa sérieusement au genou.  Une chirurgie fut nécessaire et c’est ainsi que se termina sa saison.  Il en fut de même pour son passage chez les Riders, puisqu’il fut libéré un peu plus tard.
En 1992, il fut partie de l’équipe d’entraînement des Blue Bombers mais ne vit pas d’action.
Il eut une autre chance en 1994 avec Saskatchewan, mais fut libéré après deux matchs.
Étant déjà connu dans la région en raison de son passage au football universitaire, il joua quelques matchs de hockey à la fin des années 1990, avec les Steelheads d’Idaho de la WCHL.
Il habite maintenant la région de Dallas et travaille pour une firme de recruteurs.
Sources : « Bart Hull Takes His Shot At Football » de Linda Kay, 21 août 1991, The Chicago Tribune (articles.chicagotribune.com), cflapedia.com, linkedin.com, wikipedia.com.

Initialement publié sur bottedenvoi.blogspot.com

samedi 22 juin 2019

Équipe All-Star des oubliettes #20 - Rangers de New York





Pas évident de bâtir l'équipe des joueurs vedettes oubliés des Rangers. On parle ici d'une franchise bientôt centenaire qui a connu des hauts et de nombreux bas en plus d'être une des équipes les plus dépensières et avides de joueurs vedettes de la ligue. On n'a qu'à penser aux nombreux joueurs que Glen Sather signait à gros prix au début du millénaire pour ensuite racheter ou réussir à échanger (allô Scott Gomez) ou bien encore à tous ceux qui sont ''morts en Ranger'' comme ceux recensé dans cet ancien article de Martin pour 25Stanley... J'ai donc ratissé large pour cette sélection et on retrouve beaucoup plus de mentions honorables que d'habitude. Mes choix finaux ne sont jamais unanimes alors si jamais vous trouvez qu'un de ces joueurs le mérite davantage que mon équipe finale alors vous le trouverez sûrement dans les mentions...




Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également. Parfois aussi, j'omets d'inclure un joueur pour le mettre dans une autre équipe. Je les ajoute cependant dans les mentions honorables.

Allons-y donc.

Articles précédents de la série:
AnaheimBostonBuffaloCalgaryChicagoArizonaCarolineColoradoColumbusDallasDetroit, Edmonton, Floride, Los Angeles, Minnesota, Montréal , Nashville, New Jersey, New York Islanders

ATTAQUANTS


Pat Verbeek
88 matchs (1995-96)

J'adore Pat Verbeek! Il s'agit d'un de mes joueurs cultes. J'avoue cependant ne pas me rappeler beaucoup de lui entre sa période Whalers et la finale de 1999 où il gagna la coupe Stanley avec les Stars. En 1995, alors qu'il en était à sa sixième saison à Hartford (et capitaine depuis 3 saisons) il fut envoyé à New York contre le défenseur Glen Featherstone et un choix de 1re ronde en 1995 qui devint Jean-Sébastien Giguère. Verbeek connut du succès à Broadway, récoltant 15 points en 19 matchs pour terminer la saison et ensuite 41 buts et 82 points lors de la saison 1995-96. Cependant, alors que son contrat se terminait et que les Rangers avaient de plus gros projets en vue sur le marché des joueurs autonomes, Verbeek fut libéré et il signa avec Dallas tandis que les Rangers signèrent entres autres Wayne Gretzky. 

Verbeek joua à Dallas jusqu'à la finale de 1999 et ensuite deux saisons à Detroit avant de revenir terminer sa carrière avec les Stars en 2001-02. 

La saison 1995-96 comporte une impressionnante cohorte de joueurs qu'on oublie qu'ils ont joué avec les Rangers dont Jari Kurri, Luc Robitaille et Ray Ferraro. C'est d'ailleurs ce dernier qui est à l'origine du fameux surnom de Verbeek. Le gardien des Rangers Glenn Healy avait déjà surnommé Ferraro ''The big ball of hate'' et il fit de même pour Verbeek avec ''The Little ball of hate''. Un surnom qui a d'ailleurs été repris pour une autre peste (que j'aime beaucoup beaucoup moins), Brad Marchand...


Howie Morenz
19 matchs (1936)

Tout historien du Canadien qui se respecte sait que le légendaire Howie Morenz connut une période de déclin et un court exil de Montréal lorsqu'il fut échangé à Chicago en 1934 et réacquis deux ans plus tard. On se souvient cependant moins de son séjour encore plus court avec les Rangers.

Son exil débuta lorsqu'il fut échangé à Chicago où il connut une saison médiocre en 1934-35 après avoir mal digéré de s'être fait échangé par les Canadiens. La saison suivante fut encore plus difficile et il fut quelquefois laissé de côté. Il demanda aux Black Hawks d'être échangé et son souhait fut exaucé lorsqu'il prit le chemin de New York en janvier 1936. Les choses ne s'améliorèrent pas à New York pour l'ancien joueur étoile où il n'obtint que 2 buts et 7 points en 19 matchs. La saison suivante, les Canadiens continuaient leur traversée du désert et décidèrent de réembaucher leur ancien entraîneur Cecil Hart, celui qui avait mené l'équipe à deux Coupes Stanley de suite en 1930 et 1931. Hart accepta de revenir à Montréal à condition que l'équipe ramène Morenz au bercail.

Son retour fut célébré en grande à Montréal lors de la saison 1936-37 et il retrouva le goût de jouer en plus de redevenir bon offensivement même s'il n'était plus aussi électrisant qu'autrefois. Cependant, après 20 points en 30 match, il se cassa la jambe après une collision avec le défenseur Earl Siebert des Blackhawks. Il mourut à l’hôpital quelques semaines plus tard suite à des complications résultant de sa blessure.  Lors du match du lendemain, les Canadiens et les Maroons portèrent un bandeau noir sur leurs manches, tandis qu'une minute de silence fut également observée à New York lors d'un match entre les Rangers et les Americans.


Pat Lafontaine
67 matchs (1997-98)


Joueur légendaire des Sabres et des Islanders, Pat Lafontaine fait lui aussi partie de ces joueurs qui sont allé mourir en Ranger. Dans son cas c'était lors de la saison 1997-98 ce qui nous fait rappeler qu'il a joué avec Wayne Gretzky sans qu'on se souvienne vraiment de cette association.

Les Rangers, les Sabres et Lafontaine avaient tous quelques problèmes au début de la saison 1997-98. Lafontaine avait précédemment été victime de plusieurs commotions cérébrales dont la plus récente l'avait forcé à ne jouer que 13 matchs en 1996-97. Les médecins des Sabres ainsi que la direction de l'équipe ne voulait pas lui donner l'autorisation de jouer et de participer au camp d’entraînement de 1997, estimant qu'il était trop à risque. Ils préféraient qu'il opte pour la retraite. Lafontaine refusait ce diagnostic et voulait continuer. On raconte également que les Sabres voulaient se départir de son salaire élevé malgré que les assurances auraient couvert son salaire en cas d'une autre commotion ou blessure. D'un autre côté, on retrouve les Rangers qui venaient de perdre leur capitaine Mark Messier au profit des Canucks de Vancouver sur le marché des joueurs autonomes. Les Rangers n'étaient pas prêts à accorder une offre similaire à celle des Canucks mais désiraient tout de même combler son départ par un joueur vedette pour seconder Gretzky. C'est alors que les Rangers firent l'acquisition de Lafontaine en retour d'un choix de 2e ronde et un choix conditionnel de 5e ronde.

Cette échange fut controversé à travers la ligue alors qu'une grande majorité estimait qu'il serait plus sage pour Lafontaine de se retirer. Il s'amena toutefois comme prévu avec les Rangers, avec du rembourrage additionnel dans son casque pour éviter une autre commotion. Il s'en sortit bien au niveau des statistiques lors de cette dernière saison en carrière, obtenant 23 buts et 62 points, bon pour le deuxième rang des Rangers derrière Gretzky. Il obtint même son 1000e point en carrière. Mais au final il ne put jouer que 67 matchs, voyant sa saison se terminer au début du mois de mars lorsqu'il entra en collision avec son coéquipier Mike Keane (un autre oublié des Rangers) lors d'un match contre Ottawa. Il ne put revenir au jeu, de plus que les Rangers ratèrent les séries, et ce fut encore une fois un diagnostic de commotion, sa 6e officiellement diagnostiquée, qui mit officiellement fin à sa carrière.


Mentions honorables:
Wilf Paiement (8 matchs 1985-86), Craig MacTavish (1994), Glenn Anderson (12 matchs 1993-94), Russ Courtnall (14 matchs 1996-97), Jari Kurri (14 matchs 1995-96), Eric Staal (20 matchs 2015-16), Doug Bentley (20 matchs 1953-54), Olli Jokinen (26 matchs 2009-10), Tim Kerr (32 matchs 1991-92), Dick Duff (43 matchs 1963-65), Babe Siebert (55 matchs 1932-34), Max Bentley (57 matchs 1953-54), Ray Ferraro (65 matchs 1995-96), Bill Goldsworthy (68 matchs 1976-78), Mike Keane (70 matchs 1997-98), Markus Naslund (82 matchs 2008-09), Derek Sanderson (83 matchs 1974-76), Steve Larmer (115 matchs 1993-95), Bernard Geoffrion (117 matchs 1966-68), Marcel Dionne (118 matchs 1986-89), Valeri Kamensky (123 matchs 1999-01), Rick Middleton (124 matchs 1974-76), Brendan Shanahan (140 matchs 2006-08), Luc Robitaille (146 matchs 1995-97)


DÉFENSEURS


Tim Horton
93 matchs (1970-1971)


Gagnant de 4 Coupes Stanley avec les Maple Leafs dans les années 70, Tim Horton approchait de la quarantaine en 1969-70. Il venait toutefois de récolter 40 points, soit sa meilleure production offensive en 1968-69. Mais les Maple Leafs croyaient qu'il était trop âgé pour le garder et ils décidèrent de l'échanger vers la fin de la saison 1969-70 alors qu'ils allaient rater les séries. Ils envoyèrent donc Horton aux Rangers contre des considérations futures qui devinrent l'attaquant Denis Dupéré (voir texte du 25 sept. 2017). 

Il termina donc l'année à New York et joua ensuite une autre saison qui était sensé être sa dernière en 1970-71. Il fut ensuite laissé sans protection lors du repêchage intra-ligue et fut repêché par les Penguins, avec qui il décida de poursuive sa carrière. Il joua une autre saison à Pittsburgh avant de subir le même sort et d'être repêché par les Sabres et son ancien entraineur Punch Imlach en 1972-73. Il joua deux ans à Buffalo avant de périr à l'âge de 44 ans dans un accident d'automobile en revenant d'un match à Toronto.

Ah oui. Il a aussi fondé une chaîne de restaurants au cas où ça serait important à savoir pour vous. (voir texte du 21 déc. 2012). On retrouve 91 restaurants de la chaîne dans l'état de New York mais seulement une franchise à Manhattan même. Elle est voisine du Madison Square Garden, j'imagine que c'est assez stratégique comme emplacement...


Roman Hamrlik
12 matchs (2013)

Après que son contrat à Montréal eut prit fin, Roman Hamrlik signa un contrat de deux ans avec les Capitals pour la saison 2011-12. Après un an à Washington et des propos controversés envers le directeur de l'association des joueurs durant le lock-out de 2012, Hamrlik commençait à être moins utilisé par les Caps, étant souvent laissé de côté ou employé comme 7e défenseur. Il fut placé au ballottage au mois de mars et fut réclamé par les Rangers où il termina cette saison qui fut sa dernière en carrière. Il se retira à 38 ans et presque 1400 matchs joués en carrière.


Mentions honorables: Marty McSorley (9 matchs 1995-96), Derek Morris (18 matchs 2008-09), Bryan McCabe (19 matchs 2010-11), Sandis Ozolinsh (40 matchs 2005-07), Kevin Hatcher (74 matchs 1999-00), Boris Mironov (111 matchs 2002-04)


GARDIEN


Kirk McLean
45 matchs (1999-2001)

J'avais beaucoup d'options intéressantes dans les buts dont les légendaires Terry Sawchuk et Jacques Plante qui ont tous les deux fait un détour par New York. Mais j'avais déjà inclus Sawchuk dans l'équipes des Kings et Plante dans celle des Oilers tandis que je me gardais un petit spot pour McLean ici avec les Rangers, si ce n'est que pour le facteur bizarre de le voir en Rangers.

Vétéran de longue date avec les Canucks, McLean fut bien sûr leur gardien numéro un pendant le parcours de l'équipe en 1994 qui prit fin contre les Rangers. Il fit ensuite partie de la vague d'exode et de démantèlement de cette équipe presque championne lorsque lui et Martin Gélinas furent échangés aux Hurricanes en janvier 1998. Il ne joua que 8 matchs en Caroline avant d'être échangé de nouveau aux Panthers contre Ray Sheppard au mois de mars. Cet échange est particulier pour nous ici à LVEUP car il s'agit de la seule instance où deux de nos avatars furent impliqués dans le même échange...

Il joua ensuite une autre saison complète en Floride avant de signer comme agent libre avec les Rangers pour la saison 1999-2000. Emmené comme renfort à Mike Richter, McLean accepta gracieusement ce rôle et devint même le partant numéro un lorsque Richter se blessa. Il était cependant sur la pente descendante et il éprouvait également des problèmes personnels à cause de ses nombreux déménagement. Il se retira après la saison 2000-01, étant un des derniers survivants du style de gardien debout, pendant que le style papillon était solidement devenu la norme.

En plus du fait qu'il est étrange de le voir en Rangers, il dût également troquer son #1 fétiche pour le 30 alors que le #1 est retiré chez les Rangers en l'honneur d'Ed Giacomin.



Mentions honorables:
Harry Lumley (1 match 1943-44), Terry Sawchuk (8 matchs 1969-70), Guy Hébert (13 matchs 2000-01), Johnny Bower (77 matchs 1953-57), Jacques Plante (98 matchs 1963-65)


Sources:
Rangers Finally Make Deal for LaFontaine, New York Times, 30 sept. 1999
LaFontaine Leaves the Game Reluctantly, New York Times, 12 août 1998



Articles précédents de la série:
AnaheimBostonBuffaloCalgaryChicagoArizonaCarolineColoradoColumbusDallasDetroit, Edmonton, Floride, Los Angeles, Minnesota, Montréal , Nashville, New Jersey, New York Islanders

vendredi 21 juin 2019

Repêcher Michel Goulet




Après avoir attiré l’attention en marquant 73 buts avec les Remparts de Québec en 1977-78, Michel Goulet reçut une offre des Bulls de Birmingham de l’AMH.  La LNH imposait à ce moment que les joueurs aient au moins 20 ans, exigence que n’avait pas l’AMH.  Les Bulls signèrent d’ailleurs plusieurs autres jeunes comme Rick Vaive, Craig Hartsburg, Rob Ramage et Gaston Gingras.  Goulet utilisa d’ailleurs ce dernier comme interprète chez ceux qu’on appelait les Baby Bulls, car à ce moment, il ne parlait pas anglais.

Jouant sur le même trio que Vaive et Rick Adduono, Goulet marqua 28 buts en 1978-79.

Par contre, le bateau de l’AMH prenait déjà amplement l’eau et les Bulls ne faisaient pas partie des franchises des plus solides du circuit déjà chambranlant.  Dans cette optique, l’agent de Goulet, l’avocat bien connu Guy Bertrand, avait fait inclure une clause particulière dans son contrat avec les Bulls.  Dans le cas où l’AMH fusionnerait avec la LNH et que les Bulls n’en feraient pas partie, ceux-ci se devaient d’offrir le contrat de Goulet aux Nordiques de Québec.

Suite à la saison 1978-79, l’AMH cessa ses activités, les Nordiques furent admis dans la LNH et les Bulls en furent exclus.  Selon le contrat de Goulet, celui-ci devait donc se retrouver avec Québec.

La Ligue nationale ne reconnut toutefois pas cette clause et s’attendait donc à ce que Goulet soit soumis au repêchage, comme Vaive, Hartsburg, Ramage et compagnie.

Me Guy Bertrand s’empara alors de la cause et l’amena devant les tribunaux.  La Cour supérieure du Québec commença par reconnaître la clause voulant que les services de Goulet devaient être offerts aux Nordiques.  Dans ce cas, les Nordiques auraient tout de même dû inclure Goulet sur leur liste (très limitée de deux joueurs et deux gardiens) de joueurs desquels ils pouvaient conserver les droits.  Bertrand voulut ensuite faire exclure Goulet du repêchage. 

Toutes ces démarches contre la LNH entraînèrent des frais juridiques d’environ 50 000$ (172 000$ en dollars d’aujourd’hui).  Tout au long de celles-ci, les Nordiques espéraient évidemment une décision favorable.  Par contre, ils venaient à peine d’être admis dans la LNH et ce, à contrecœur, tout comme les autres équipes du circuit maudit.  Il fallait donc tout de même ménager un tant soit peu la susceptibilité de leurs nouveaux partenaires d’affaires.

"Drafted from Birmingham"?
Le jour du repêchage, Goulet se retrouvait parmi les cinq plus beaux espoirs.  Parmi les conditions d’admission plutôt dures, il avait été convenu que les anciennes équipes de l’AMH repêcheraient à la fin.  Les Nordiques sélectionnaient donc 20e sur 21 équipes.

Au moment de l’encan, les Baby Bulls firent grandement parler d’eux.  Rob Ramage fut choisi premier par les Rockies du Colorado.  Au 5e rang, les Canucks prirent Rick Vaive, suivi de Craig Hartsburg, sélectionné par les North Stars du Minnesota.  Toutefois, craignant les représailles, aucune formation de la LNH n’osa choisir Goulet.

Le tour des Nordiques vint finalement et sans surprise, ils choisirent le talentueux ailier gauche, qui sauta de joie.  De son côté, l'impétueux Me Bertrand se mit à pleurer.  Ceci mettait fin à l’imbroglio bien que, comme l’admit Goulet par la suite, si une autre équipe l’avait choisi, il aurait eu à se rapporter à celle-ci.  Les Nordiques étaient par contre également en bonne position de répondre à une autre demande de Me Bertrand, soit celle d’avoir un contrat en français.

Du côté de Goulet, la démarche était audacieuse.  Le jeune espoir avait remis l’ordre établi en cause et ce, dans un contexte revanchard envers tout ce qui avait touché à la détestée AMH.  Goulet répondit merveilleusement bien à cette pression, avec une carrière de 543-604-1152 en 1089 matchs avec Québec et Chicago. 

Le natif de Péribonka fit son entrée au Temple de la renommée en 1998.

Sources : "Me Bertrand : La LNH a bafoué ses propres lois" de Maurice Dumas, 13 juillet 1979, Le Soleil, p.A12, "Des réjouissances très silencieuses chez les Nordiques" de Maurice Dumas, 19 juillet 1979, Le Soleil, p.B2, "NHL draft sports new look today" de Glenn Cole, 9 août 1979, Montreal Gazette, p.16, "Michel Goulet avec les Nordiques", 9 août 1979, Le Soleil, p.A1, "Goulet à Québec: incroyable tour de force” de Maurice Dumas, 10 août 1979, Le Soleil, p.B1, "Aubut n’y croit pas" d’Albert Ladouceur, 6 décembre 2012, Journal de Québec (journaldequebec.com), banqueducanada.ca, hockeydraftcentral.com.