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mercredi 18 février 2026

L'équipe olympique canadienne en tournée

 

Aux Olympiques, le Canada envoya d’abord une équipe senior. Par moment, il s’agissait de la détentrice de la Coupe Allan. Pendant longtemps ce fut suffisant pour remporter l’or à presque chaque occasion. En 1956, à Cortina d’Ampezzo, les choses ont changé, lorsque l’Union soviétique a remporté la première place. 

Il fallut attendre aux Jeux d’Innsbruck, en 1964, pour que le Canada décide de mettre sur pied un programme d’équipe nationale. Comme ceux recrutés devaient demeurer amateur, on attira plusieurs joueurs qui voulaient prolonger leurs études, d’autant plus qu’à ce moment, le parcours universitaire n’était aussi valorisé qu’aujourd’hui dans le monde du hockey. Si des joueurs comme Macklin Celebrini qui accèdent au plus haut niveau en passant par l’université sont aujourd’hui nombreux, ce n’était pas le cas à ce moment.

Ce modèle dura jusqu’en 1968, mais lorsqu’en 1970, la Fédération internationale (FIHG ou IIHF) se ravisa et décida de continuer d’exclure les professionnels, le Canada de retira des compétitions internationales. Il n’y eut donc pas d’équipes canadiennes à Sapporo en 1972 et à Innsbruck en 1976.

Pour les Jeux de Lake Placid en 1980 et ceux de Sarajevo en 1984, on utilisa une collection de joueurs juniors, mais les résultats furent décevants (6e et 4e).

Pour les Jeux suivants, en sol canadien, à Calgary, on voulut donc essayer d’améliorer les résultats. Alors que les joueurs professionnels étaient maintenant admis, mais que la Ligue Nationale n’arrêtait pas ses activités pendant les Jeux, on décida de remettre sur pied un programme d’équipe nationale. (Techniquement, il y avait aussi un programme pour 1980 et 1984, mais les équipes furent composées moins d’un an avant les Jeux.) Le Canada termina encore quatrième.

Le programme continua alors son chemin. Toujours dirigée par Dave King, qui était derrière le banc en 1984 et en 1988, l’équipe se devait de disputer de nombreux matchs, à l’étranger, mais aussi à la maison, au fil des ans entre les Jeux.

L’année après les Olympiques, l’équipe disputa des parties dans 32 villes canadiennes. 


 

À l’automne 1989, l’équipe nationale avait à son agenda une tournée de six villes québécoises : Trois-Rivières, Sorel, Thetford Mines, Granby, St-Jean-sur-Richelieu et Maniwaki. Pour cette tournée, l’adversaire était l’équipe olympique de l’URSS, ce qu’on pourrait qualifier d’équipe B, derrière l’équipe nationale. À ce moment, si l’équipe nationale était principalement composée de joueurs de l’Armée rouge, ceux de l’équipe olympique étaient principalement issus du Dynamo de Moscou, le club du KGB.

Le contexte politique était par ailleurs volatile. Au mois de mars précédent, Sergeï Pryakhin avait été autorisé à se joindre aux Flames. En octobre, ce fut au tour de Sergeï Makarov, Igor Larionov, Vyacheslav Fetisov, Helmuts Balderis et quelques autres de se joindre, avec l’accord de la fédération soviétique à la LNH.

Un mois auparavant, c’était la chute du mur de Berlin.

Vladislav Tretiak faisait aussi partie de la tournée, en tant que porte-parole. Dans toutes les villes, on vit que son aura légendaire était toujours intacte. On lui posa d’ailleurs de nombreuses questions sur la situation politique, sur Mikhaïl Gorbatchev et sur l’état du hockey soviétique. Il en profita aussi pour venir à la défense de son compatriote Sergeï Mylnikov, qui avait de sérieux problèmes d’adaptation avec les Nordiques.

La commande s’annonçait donc lourde pour l’équipe canadienne, qui avait compilé une fiche de 7-19-1 contre l’URSS l’année précédente.

Le premier match à Granby a été serré, en se terminant par une nulle de 1-1. Les matchs suivants ont été compétitifs, mais toujours en faveur des Soviétiques, qui l’emportèrent 5-3 à Thetford Mines, 4-2 à Sorel et 5-2 à Trois-Rivières.

Les articles de l’époque notent du côté des visiteurs un jeu rapide et relevé, basé sur le contrôle de la rondelle et des passes vives, mais sans lancer dans le fond de la zone adverse. 

 

Le 8 décembre, je suis présenté au Colisée de St-Jean-sur-Richelieu (aujourd’hui Colisée Isabelle Brasseur et qui était à ce moment le domicile des Lynx de la LHJMQ) et payé 15$ pour assister au cinquième duel de cette série.

Si le niveau de jeu était relevé, le match fut à sens unique. Après 4 buts, le gardien canadien, Ed Belfour, fut remplacé par Warren Skorodenski. Les compteurs pour l’URSS furent Alexander Galchenyuk (le père de l’autre, deux fois), le futur Nordique Mikhaïl Tatarinov et le futur Devil Alexander Semak


 

 
À la fin de la première période, la marque était de 5-0, après quoi les Soviétiques ont de toute évidence mis la pédale douce.

En bout de ligne, l’URSS l’a emporté 7-1. C’est l’ex-Wing, Ranger, Penguin et Leaf Mike Blaisdell qui a évité le blanchissage à l’unifolié. Parmi les autres joueurs canadiens, notons le futur Wing Kris Draper, l’ex-Nordique (et actuel entraîneur du Kraken) Lane Lambert, Daniel Poudrier, Yves Héroux et Bobby Dollas, qui ont aussi tous joué à Québec. 


Le match était organisé par l’association locale de hockey mineur et devait servir de levée de fonds, mais l’assistance très décevante de 1054 spectateurs a plutôt généré un déficit de 8300$. La foule fut aussi modeste à Thetford Mines (1200 spectateurs) et Trois-Rivières (1562 personnes). Dans ce dernier cas, il faut toutefois dire que le match a eu lieu quelques heures après l’horrible massacre de la Polytechnique.

La foule fut un peu plus intéressante à Granby (1920 spectateurs) et Sorel (2175 personnes).

Le dernier match, tenu à Maniwaki, fut toutefois un franc succès. Pour l’occasion, on changea les lumières de l’aréna, on se procura de nouveaux filets et on peignit le drapeau soviétique sur la patinoire (une attention qui ne passa pas inaperçue chez les visiteurs). Alors que l’endroit était rempli à capacité (1800 places), les Soviétiques n’ont, une fois de plus, fait qu’une bouchée de leurs adversaires, 7-1. 

Cette série a suscité des questions quant à la pertinence du programme. D’abord, comme en témoignent les foules, l’intérêt dans la population n’était pas si élevé. Et dans de pareilles circonstances, est-ce qu’un groupe disparate de joueurs juniors réunis en quelques mois (comme ceux envoyés à Lake Placid et Sarajevo) aurait fait pire qu’une fiche de 0-5-1?

Et comme l’a exprimé l’entraîneur-adjoint Guy Charron, lorsque le programme allait chercher des joueurs très (trop?) talentueux, ceux-ci étaient ensuite rappelés par leur équipe professionnelle ou ils se faisaient offrir des contrats, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe et le programme les perdait. D’ailleurs ni Belfour, ni Draper ou Blaisdell ou Dollas ou Lambert ne firent partie de l’équipe aux Jeux d’Albertville en 1992.

Il y eut aussi une forme d’équipe nationale à Lillehammer en 1994, mais le tout n’était plus nécessaire avec l’arrivée des vedettes de la LNH à Nagano en 1998.

Comme Gary Bettman a boudé PyeongChang en 2018 et Beijing en 2022, il y eut des équipes éphémères, mais nous voici en 2026 avec le retour des joueurs de la Ligue Nationale. En espérant que ça demeure

Sources :

″L’URSS contre le Canada au Colisée″ d’Yves Mallette, 25 octobre 1989, Le Canada Français, page A74,

″Les Soviétiques s’en viennent″ d’Yves Mallette, 29 novembre 1989, Le Canada Français, page A55,

″URSS-Canada : une première inoubliable″ de Gaétan Roy, 4 décembre 1989, La Voix de l’Est, page 22,

″Ballet sur glace en trois périodes″, de Louis Ménard, 6 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 25,

″Les apparences sont si souvent trompeuses″, de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,

″Un programme pour les médailles ou le hockey?″ de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,

″Ti-Guy n’est pas venu″ de Louis Ménard et François Houde, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 27,

″Vitesse d’exécution ultra-rapide″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,

″Une équipe soviétique de qualité″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,

″Nette supériorité de l’équipe soviétique″ de Léandre Drolet, PC, 9 décembre 1989, Le Droit, page 89,

″Maniwaki n’a rien ménagé…″ de Michel Gauthier, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,

″Nous l’avons eu notre test – Dave King″ de Mario Simard, PC, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,

″Dans le rouge pour les «Rouges»″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A71

″Un bon spectacle… à sens unique″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A72.



mardi 17 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 2e partie

 


Gaetano Orlando 

Originaire de Ville Lasalle, Gaetano Orlando a été un choix de 8e ronde des Sabres de Buffalo en 1981. Lors des cinq ans qu’Orlando passa dans leur organisation, il joua 98 matchs dans leur uniforme, comptant au passage 18 buts et obtenant 26 passes, en plus de gagner la Coupe Calder avec leur club-école de Rochester. 

 En 1987, il prit le chemin du pays de ses ancêtres, alors qu’il s’aligna pour Merano, Bolzano et Milan. Il fit alors partie de l’équipe championne en 1990, 1992, 1993 et 1994, en plus de remporter le championnat des pointeurs cette dernière année.

Il allait donc de soi qu’il fasse partie de l’équipe olympique italienne pour les Jeux de Lillehammer, avec qui il fut le meilleur pointeur, avec neuf en sept matchs. Il se permit même un but contre Corey Hirsch du Canada.

Il prit ensuite le chemin de la Suisse pour à jouer à Berne, puis à Lugano. Encore une fois, il remporta beaucoup de succès avec les titres en 1997 et 1999, en plus du championnat des pointeurs en 1997.

Celui qu’on surnomme souvent ″Gates″ fut de retour aux Jeux de Nagano en 1998. L’équipe italienne y a remporté un match contre l’Autriche en ronde préliminaire, mais a perdu ceux contre le Kazakhstan et la Slovaquie, en plus de celui en ronde de classement contre la France. Elle prit finalement la douzième place sur quatorze.

Pour sa part, Orlando marqua un but contre la France en déjouant Cristobal Huet, en plus d’obtenir deux passes.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraîneur, entre autres avec les Icehawks d’Adirondack de l’UHL et adjoint avec les River Rats d’Albany. Il fut aussi dépisteur pour les Devils.

En 2012, des ennuis de santé l’obligèrent à subir une transplantation cardiaque.

Stefan Figliuzzi 

Un peu comme Gaetano Orlando, Stefan Figliuzzi était un attaquant talentueux de petite taille. Originaire de Laval, il passa cinq saisons à empiler les points pour le compte des Castors de St-Jean de la LHJMQ. 

En 1989, toujours non repêché, il mit le cap sur l’Italie, alors qu’il s’aligna avec Brunico, puis Varèse. En 1996, il se dirigea vers l’Allemagne, puis la Suisse, le Japon et la Suède.

Au niveau international, Figliuzzi alla aussi à Lillehammer. Il marqua trois buts, tous dans les deux parties contre la France, en plus d’ajouter deux passes.

Il fut de retour pour les Jeux de Nagano, où il conserva la même fiche (3-2-5), mais cette fois en seulement quatre matchs, ce qui fit de lui le meilleur pointeur de l’équipe. Deux de ses buts furent obtenus contre l’Autriche, alors que l’autre fut compté contre la Slovaquie. 

Mario Brunetta

Choix de huitième ronde en 1985 de Québec, sa ville natale, Mario Brunetta passa trois saisons à aller de la Ligue américaine à la Ligue nationale. Il joua en tout 40 matchs à protéger la cage des Nordiques.

En 1990, lorsqu’il fut libéré, il se dirigea vers l’Italie, avec Asiago, Milan et Varèse. Il alla ensuite en Allemagne et en Suède.

En 1998, à Nagano, le gardien principal pour les Italiens fut Mike Rosati, un torontois d’origine. Brunetta était le deuxième gardien. Il débuta la partie contre le Kazakhstan, mais après avoir donné 4 buts en 23 minutes, il fut retiré du match. 


Jason Muzzatti

Si l’Italie rata les Jeux de Salt Lake, elle fut qualifiée comme pays hôte à Turin.

Devant le but, elle fit principalement confiance à Jason Muzzatti, un torontois choisi en fin de première ronde par Calgary en 1988. Il ne joua par contre que deux parties avec les Flames, avant de participer à 53 autres avec les Whalers, 6 avec les Rangers et une dernière avec les Sharks, pour ensuite se rendre en Finlande, en Allemagne et en Italie.

Aux Olympiques, Muzzatti participa à cinq des six matchs. L’Italie accumula trois défaites et deux nulles, alors que c'était lui devant le filet pour ces deux dernières.

L’Italie termina onzième, devançant seulement la Lettonie.

Il revint ensuite en Amérique du Nord pour devenir entraîneur, dans l’IHL et la NCAA avec Michigan State. Il travaille maintenant avec les Hurricanes depuis six ans. 

Jason Cirone

Au sein de cette même équipe de Turin, on retrouvait aussi Jason Cirone, un choix de troisième ronde des Jets en 1989. Il ne joua par contre que trois matchs dans la LNH, tous avec Winnipeg. Il tenta ensuite sa chance en Italie, avec Asiago, en 1992-93, avant de jouer plusieurs années dans l’AHL, l’IHL, la ECHL, la WCHL et au roller hockey, avant d’aller en Allemagne, puis de retourner à Asiago.

Pendant le tournoi olympique, Cirone marqua une fois, contre Martin Brodeur.

L’année suivante, il revint dans les ligues mineures nord-américaines, dans la CHL, puis il retourna avec les Generals de Flint de l’IHL.

Il devint ensuite entraîneur à Midland University, au Nebraska.

Il est décédé en 2024 des suites d’un cancer. 

 

Après avoir raté Vancouver, Sotchi, PyeongChang et Beijing, l'Italie est de retour comme pays hôte.

Sources :

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 16 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 1ère partie




Merci à notre fidèle lecteur, Jellos, qui nous a suggéré ce sujet. 

Cette année, l’Italie fait un retour au tournoi olympique de hockey, puisqu’en tant que pays hôte, elle est qualifiée d’office, comme ça avait été le cas en 1956 et 2006. Ce ne sont toutefois pas ses seules apparitions, puisqu’elle y était aussi en 1936, en 1948 et en 1964. Il y eut ensuite une absence prolongée, avant de revenir en 1984, en 1992, en 1994 et en 1998, la dernière fois qu’elle s’est qualifiée sans être l’hôtesse. 

Le podium n’a toutefois jamais été une réelle possibilité, puisque son meilleur résultat fut en 1956, sur son sol à Cortina d’Ampezzo, avec une septième place dans un tournoi à 10 équipes.

Pour son retour, on a mentionné la présence de Phil Pietroniro dans l’uniforme italien, le seul québécois du tournoi, lui qui est né à St-Eustache et qui, comme son père, a joué dans la LHJMQ. S’il joue aujourd’hui à Kladno, en Tchéquie, aux côtés de Jaromir Jagr, il a déjà joué dans le championnat italien et sa double citoyenneté lui permet de représenter l’Italie aux Jeux.

Pietroniro n’est toutefois pas le premier visage familier à enfiler le gilet italien aux Olympiques. Si lors des premières éditions, l’équipe italienne était composée presque entièrement d’italiens basés en Italie, à partir de 1984, il y eut de plus en plus de canadiens qui jouaient dans la ligue italienne. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs des origines dans le pays. En voici quelques-uns.

Bob Manno

Originaire de Niagara Falls, Bob Manno a été repêché en deuxième ronde par les Canucks en 1976. Bien que l’équipe n’était pas si bonne, Manno mit du temps à devenir un régulier, faisant à quelques reprises des retours dans les mineures.

Après la saison 1980-81, Manno fut libéré par Vancouver. Il signa alors avec les misérables Leafs, où il s’intégra bien, avec son sommet en carrière de 50 points. Il alla même au match des étoiles, en remplacement de Börje Salming. À la fin de la saison, il alla représenter l’Italie aux championnats du monde. L’expérience sembla lui plaire, puisqu’au lieu de revenir avec Toronto, il signa avec Mérano de la ligue italienne. 

 

Pour la saison 1983-84, il revint toutefois dans la LNH, mais avec Détroit cette fois. Alors qu’il avait jusque-là joué principalement comme défenseur, il fut utilisé amplement à l’aile gauche et obtint une passe sur le premier but d’une jeune recrue, Steve Yzerman.

Son séjour dans la ville de l’automobile dura deux ans, avant qu’il ne retourne à Mérano. À son retour, il montra une fiche de 106 points en 36 parties et aida l’équipe à remporter le titre.

Il joua par la suite à Canazei et Bolzano, tout en représentant l’Italie aux championnats du monde (A ou B, dépendamment des années). C’est pourquoi que, lorsque l’Italie fit un retour aux Jeux olympiques, à Albertville, en 1992, Il allait de soi que Manno fasse partie de l’équipe.

Si l’équipe dirigé par l’ancien entraîneur des Penguins Gene Ubriaco ne remporta qu’un seul match, celui contre la Pologne, Manno marqua son unique but contre les États-Unis, aux dépends de Ray Leblanc. Il ajouta aussi deux passes à sa fiche.

L’Italie perdit le match de la onzième place contre cette même Pologne et termina donc au douzième et dernier rang.

Manno prit ensuite sa retraite et devint entraîneur, en Italie et en Allemagne.

Frank Nigro

Choix de cinquième ronde en 1979, celui qui est né en banlieue de Toronto fut choisi par son équipe locale, les Leafs. Lorsque Nigro fit l’équipe en 1982-83, Manno était déjà parti pour l’Italie. Par contre, après 68 matchs en deux ans avec les Leafs, toujours dans l'ère Ballard, et avoir passé l’année 1984-85 à Gardena dans la ligue italienne, il alla rejoindre Bob Manno à Mérano en 1985-86. Il surpassa même les statistiques de son nouveau coéquipier avec 132 points en 34 parties.

Il joua ensuite à Varèse et à Bolzano, avant de rejoindre Manno au sein de l’équipe olympique en 1992, alors qu’il obtint trois passes lors du tournoi.

Il prit ensuite sa retraite comme joueur. 


 

Bill Stewart

Choix de quatrième ronde de Buffalo en 1977, le torontois Bill Stewart passa les neufs années suivantes à se promener entre les mineures et les Sabres, les Blues, les Maple Leafs et les North Stars. En bout de ligne, il joua un total de 260 matchs dans la LNH.

En 1986, il prit le chemin de l’Italie, où il joua neuf ans pour Brunica, Milan (où il remporta deux championnats), Gardena et Courmayeur.

Comme Manno et Nigro, il est allé à Albertville, où il a obtenu trois passes. Par contre, contrairement aux deux autres, il a poursuivi son parcours olympique jusqu’à Lillehammer, en 1994.

Cette fois dirigée par Bryan Lefley, le frère de Chuck (décédé récemment) et ancien des Islanders des Scouts et des Rockies, l’Italie remporta un match contre la France dans le tournoi à la ronde et en gagna un autre, toujours contre la France, dans la phase de classement. Ceci lui permit de terminer au neuvième rang sur douze équipes.

Ce n’est toutefois pas en raison de sa contribution offensive qu’elle a obtenu ce résultat, puisqu’il a été blanchi. 

 

 
À partir de 1995, il devint entraîneur, dans la Ligue coloniale, la Ligue de l’Ontario et la Ligue américaine, avant de graduer dans la Ligue nationale derrière le banc des Islanders en 1998-99.  Il devint entraîneur-chef en janvier, lors que Mike Milbury décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant. Stewart termina la saison et suite à une fiche de 11-19-7, il fut relevé de ses fonctions. 

La suite est pour le moins étonnante. En 1999, il est devenu l’entraîneur des Colts de Barrie de l’OHL, où son passage fut plutôt chaotique. Dans cette équipe qui comptait Mike Danton (ça commence bien), un joueur fut accusé d’assaut après avoir brandi son bâton durant un match. D’autres furent accusés d’agression sexuelle. Quant à Stewart, il fut accusé d’avoir dissimulé deux fois un joueur ukrainien dans le compartiment à bagages de l’autobus pour passer la frontière. Et suite à la défaite de son équipe en finale de la Coupe Memorial contre Rimouski, Stewart a quitté le Metro Centre d’Halifax sans s’adresser à qui que ce soit. 

La saison suivante, plutôt que de retourner à Barrie, il alla en Allemagne et en Autriche. Durant son passage de 9 ans, il fut entre autres impliqué dans une bagarre générale où il blessa l’entraîneur adverse, en plus à un autre moment d’avoir simulé un évanouissement pour permettre à son joueur étoile de faire aiguiser ses patins.

Il revint une dernière fois dans l’OHL en 2011 avec le Storm de Guelph.

Sources :

″Les Suédois partent du bon pied″, AFP, 10 février 1992, La Presse, pages S8, S12,

″Phil Pietroniro, de la LHJMQ aux Jeux de Milano-Cortina″ de Jean-Patrick Balleux, 21 janvier 2026, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

dimanche 15 février 2026

Jake Forbes


 


Le gardien Vernon Vivian Forbes, surnommé « Jake » ou « Jumpin' Jackie » en raison de son style de jeu acrobatique, est né le 4 juillet 1897 à Toronto.

Après avoir fait ses classes au hockey mineur dans divers clubs locaux, il joignit les rangs des St.Pats de Toronto durant la saison 1919-20, devenant le 3e gardien du club durant la saison, ce qui était assez rarissime à l'époque. Il devint numéro un des St.Pats la saison suivante et obtint 13 victoires en 20 matchs, aidant le club à terminer au deuxième rang. Pour la saison suivante, en 1921-22, il désirait une augmentation de salaire à 2500 dollars, ce que les St.Pats refusèrent catégoriquement. Il devint alors le premier joueur de la LNH à sacrifier une saison entière. Ce geste d'insubordination, inédit pour l'époque, s'est soldé par la vente de ses droits à la franchise des Tigers d'Hamilton la saison suivante.

Forbes revint donc en action après une saison perdue et joua les trois saisons suivantes à Hamilton, obtenant des statistiques en conséquence d'être dans le pire club de cette jeune ligue à seulement 4 équipes. Il obtint 6 victoires en 24 matchs en 1922-23 et ensuite 9 en 24 en 1923-24.

La chance des Tigers tourna toutefois lors de la saison 1924-25, le club passant de la dernière à la première place d'une ligue désormais à 6 clubs (arrivée des Bruins et Maroons), s'assurant une place en finale de la Coupe Stanley.

Cependant, les choses tournèrent au vinaigre pour Forbes et les Tigers et on peut imaginer que Forbes fut un des principaux architectes de ce qui allait se passer. Cette saison-là, la ligue avait décidé d'augmenter le nombre de matchs de la saison régulière de 24 à 30 sans offrir de compensation financière supplémentaire aux joueurs.

Menés par leur capitaine Billy Burch, Forbes et ses coéquipiers ont exigé une prime de 200 dollars par joueur pour ces rencontres additionnelles. Devant le refus catégorique des propriétaires et les menaces de suspension du président de la LNH, Frank Calder, les joueurs ont maintenu leur position et refusé de disputer les séries éliminatoires. Cette impasse a conduit à la suspension immédiate de l'équipe, privant Jake Forbes de sa meilleure chance de soulever le prestigieux trophée.

Les conséquences de ce bras de fer ont été permanentes pour le gardien de but. Bien que la franchise ait été rachetée et déménagée pour devenir les Americans de New York, et malgré le fait que Forbes soit resté un pilier de la ligue pendant encore plus d'une décennie, il n'a plus jamais eu l'occasion de jouer des matchs éliminatoires. Après avoir disputé seulement deux matchs de séries lors de sa première année complète en 1921, il a passé le reste de sa carrière au sein d'équipes de bas de classement, accumulant un total de 84 victoires contre 114 défaites. Pourtant, son efficacité individuelle est restée remarquable pour l'époque, comme en témoigne sa moyenne de buts alloués de 2,76 et ses 20 blanchissages.


 
Après quelques saisons difficiles avec les Americans et des détours dans les mineures, il fut libéré en 1930. Il passa la saison suivante dans la ligue Can-Am à l'exception de deux matchs avec les anciens Pirates de Pittsburgh, maintenant nommés les Quakers de Philadelphie, deux matchs qui se soldèrent par des défaites pour cette autre club en difficulté, qui connaîtra d'ailleurs un des pires rendements de l'histoire de la LNH avec une fiche de 4–36–4, soit le 2e pire pourcentage de points de l'histoire à 0.136%.

Les saisons suivantes furent à l'image de la difficile décennie des années 30, avec un parcours nomade dans plusieurs clubs et ligues. Il retourna jouer quelques matchs avec les Americans (son dernier dans la LNH en 1933) mais passa la majorité du temps dans les mineures avec les clubs suivants; Eagles de New Haven (Can-Am), Tigers du Bronx (Can-Am), Bulldogs de Windsor (IHL), Stars de Syracuse (IHL), Indians de Springfield (Can-Am), Tecumsehs de London (IHL) et Cardinals de Rochester (IHL).

Il a finalement pris sa retraite en 1936. En s'éteignant à l'âge de 88 ans en 1985, Jake Forbes était le dernier joueur vivant des Tigers de Hamilton.