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lundi 19 octobre 2026

Ed Hatoum

 



Né à Beyrouth, Ed Hatoum a déménagé avec sa famille alors qu’il avait neuf ans. Enfant actif qui voulait s’initier aux activités de son nouveau milieu, il voulut apprendre à patiner. C’est finalement son cousin qui lui offrit sa première paire de patins. 

Sportif et doué, il a joué au football et au racquetball, mais c’est au hockey qu’il concentra ses efforts. 

Remarqué par les Red Wings de Hamilton, un club affilié à Détroit, il se retrouva dans leur uniforme en 1964. Il y passa quatre saisons. 

En 1968-69, le joueur d’avant versatile joua principalement avec les Wings de Fort Worth de la Ligue centrale, mais il eut aussi droit à quelques matchs à Détroit. En effet, le 1er décembre 1968, lors d’un match contre les Flyers, Hatoum devint le premier joueur né au Liban à atteindre la LNH. 

Quatre jours plus tard, il parvint, avec l’aide de Nick Libett et Pete Stemkowski, à déjouer Ed Giacomin des Rangers. Lors du match précédent contre les Penguins, Gordie Howe avait marqué son 700e but. Monsieur Hockey est donc allé voir Hatoum pour lui dire qu’il ne lui en manquait que 699 pour le rattraper… 


 

Hatoum joua finalement 16 matchs avec Détroit, en plus de compter un deuxième but, cette fois contre Gary "Suitcase" Smith des Seals d’Oakland. 

L’année suivante fut semblable, alors qu’il retourna à Fort Worth, en plus de jouer cinq matchs avec les Red Wings. 

En 1970, il y eut une deuxième expansion après celle de 1967, et Hatoum eut la chance de se faire une vraie place dans la Ligue nationale lorsqu’il fut choisi par les Canucks. L’entraîneur Hal Laycoe l’utilisa d’ailleurs au sein du premier trio, avec Orland Kurtenbach et Wayne Maki. Toutefois, Hatoum souffrit d’une séparation de l’épaule lors du camp d’entraînement. Il ne put malheureusement pas vraiment se refaire une place par la suite. Il joua 26 matchs. Il marqua un but contre les Penguins lorsqu’il déjoua Les Binkley. Mais pour le reste de l’année, il la passa avec les Totems de Seattle de la WHL. 

Devant ces résultats en deçà des attentes, les Canucks l’assignèrent à leur club école des Americans de Rochester pour la saison 1971-72. 

Lorsque la nouvelle Association mondiale de hockey (AMH) débuta ses opérations en 1972-73, Hatoum avait un profil qui pouvait intéresser la nouvelle ligue, soit un joueur qui avait des capacités pour jouer dans la LNH, mais qui peinait à s’y faire une place. 

Ce sont finalement les Cougars de Chicago, dirigés par Marcel Pronovost, qui firent appel à ses services. Il y joua 15 matchs, marqua un but contre Gerry Cheevers des Crusaders de Cleveland, et fit un deuxième séjour avec les Totems de Seattle le reste du temps. 

Il retourna ensuite sur la côte ouest lorsqu’en septembre 1973, les Cougars l’échangèrent aux Blazers de Vancouver contre un montant d’argent. 

C’est à ce deuxième passage à Vancouver qu’il put voir plus d’action. Il joua 37 matchs et marqua 3 buts. Fait intéressant, s’il a marqué lors du match suivant du 700e but de son coéquipier d’alors, Gordie Howe, il a aussi marqué dans le même match où ce même Howe compta son 800e comme professionnel. En effet, le 17 janvier 1974, alors que Howe était maintenant son adversaire, Hatoum marqua dans une victoire de 7-4 des Aeros de Houston de Howe sur les Blazers. 

Cette même saison lui permit d’amasser un total de 15 points, ce qui est supérieur à la somme de tous les autres points qu’il avait accumulés jusqu’ici dans la Ligue nationale et l’AMH, soit 11. 

Il est ensuite demeuré en Colombie-Britannique en devenant joueur-entraîneur au niveau senior, avec les Maple Leafs de Nelson. 

Il est ensuite retourné dans sa ville, à Ottawa, pour travailler dans le domaine de la carrosserie, pour après revenir à Vancouver et œuvrer dans la vente automobile en gros. 

Si d’autres joueurs d’origine libanaise, comme par exemple Alain Nasreddine et Nazem Kadri, ont plus tard joué dans la LNH, il demeure qu’aujourd’hui, Ed Hatoum demeure le seul joueur à avoir atteint la grande ligue à y être né. 

Sources : 

″Un 9ième gain de suite des Crusaders de Cleveland″, Presse Canadienne, 13 novembre 1972, L’Évangéline, page 21, 

″Old Gord scores 800th goal″ de Gerry Sutton, CP, January 18, 1974, Regina Leader-Post, page 26,

″Kadri has a fan in Canucks country″ de Tim Wharnsby, December 10, 2010, CBC Sports (cbc.ca),

hockey-reference.com, quanthockey.com, wikipedia.org.

mardi 6 octobre 2026

Walt McKechnie


Lorsqu’on joue presque 1000 matchs (955 pour être précis), qu’on compte 214 buts et qu’on accumule 392 passes dans la Ligue nationale, on peut se dire qu’on a eu une carrière des plus enviables.  Ça ne veut toutefois pas dire qu’on s’est couvert de gloire, surtout si on n’est pas au bon endroit.

Walt McKechnie a été le tout premier choix de l’histoire des Maple Leafs, lors du repêchage de 1963.  Ces premiers repêchages n’étaient pas très garnis, car ils n’incluaient que les joueurs qui n’appartenaient pas déjà à une équipe.

McKechnie ne parvint pas à faire l’équipe à Toronto et une fois son stage junior terminé, il se retrouva plutôt dans la WHL avec les Roadrunners de Phoenix.  Il fut ensuite échangé aux nouveaux North Stars de Minnesota, où il joua quatre matchs, en plus de participer à neuf matchs des séries, ce qui ne sera pas représentatif de la suite des choses.

Il joua de façon irrégulière pour les North Stars, une des équipes d’expansion plutôt médiocres jusqu’en 1971, alors qu’il fut échangé à la pire équipe d’expansion de la période, les Golden Seals de la Californie.  En retour, le Minnesota obtint Dennis Hextall, l’oncle de Ron.

Il passa trois ans dans le chaos de l’équipe de Charlie O. Finley, où il fut le meilleur pointeur des jaunes et verts en 1972-73.  Lorsqu’il eut sa première saison de 20 buts en 1973-74, les Seals eurent l’idée de, plutôt que de l’échanger, de s’entendre avec les Rangers.  Les Seals réclamèrent alors Jim Neilson au repêchage intra-ligue.  Ayant ajouté un joueur, ils durent en offrir un autre, McKechnie, que choisirent les Rangers, pour le mettre sur leur liste de réserve.  Comme chaque équipe ne pouvait perdre qu’un seul joueur, ils estimaient qu’ainsi, ils ne pouvaient plus en perdre d’autres.  Sauf que Punch Imlach des Sabres évoqua que cette règle ne s’appliquait pas pour les joueurs de la liste de réserve.  Le président Clarence Campbell ne lui donna pas raison, et McKechnie demeura avec les Rangers, jusqu’au lendemain alors qu’il fut échangé aux Bruins contre Derek Sanderson...  Grosse fin de semaine!

À ce moment, Boston était une bonne équipe, mais ce rare passage parmi une formation décente fut de courte durée.  En effet, McKechnie fut échangé le 1er février suivant.  Pour lui, ce fut un retour avec une équipe faible, lorsqu’il prit le chemin de Détroit, alors que les Wings étaient dans une période atroce.

En 1975-76, il fit partie de ceux qui aidèrent à remplacer Marcel Dionne, parti à Los Angeles, en amassant 82 points, son sommet en carrière et le plus haut total de l’équipe.  Si c’était moins que les 121 points de Dionne la saison précédente, les résultats de l’équipe furent semblables.  En effet, les Wings passèrent de 58 à 62 points et ratèrent les séries pour une sixième fois de suite et pour une neuvième fois en dix ans.

L’année suivante, la production de McKechnie baissa à 58 points.  Malgré tout, ce total lui permit de demeurer le meilleur pointeur des Wings, la raison étant que l’équipe atteignit un nouveau bas-fond, en ne récoltant que 41 points, 13 de moins que l’avant-dernier, le Colorado.  Leur pourcentage de 0,256 constituait alors la pire fiche de leur histoire en 51 ans.  (Ils firent pire en 1985-86, avec un pourcentage de 0,250.) 

En 1977, le Canada fit un retour aux championnats du monde, qui se déroulaient à Vienne.  Voulant protester contre la présence des pseudo-amateurs des pays de l’est et de l’absence de ses professionnels, le Canada s’était absenté des compétitions internationales à partir de 1970.  On permit finalement aux professionnels de participer aux championnats du monde en 1976.  Le Canada revint en 1977 avec une collection de joueurs d’équipes éliminées des séries.  McKechnie était donc un bon candidat.

L’équipe canadienne fut tout de même compétitive, mais les joueurs furent frustrés de se faire déclasser par l’Union soviétique par la marque de 11-1.  Ils se mirent donc à faire des gestes déplorables sur la patinoire.  Quant à McKechnie, il fut l’un de ceux qui fut peu respectueux pendant l’hymne soviétique.

À la fin du tournoi, McKechnie avait accumulé 28 minutes de pénalité en 10 matchs.  Dans la Ligue nationale, il en avait eu 50 en 80 matchs.  L’unifolié termina au pied du podium, en quatrième place.

Pendant l’été, les Red Wings voulurent rebrasser leurs cartes en signant le gardien Ron Low des affreux Capitals.  Comme compensation, Détroit dut donc se départir de son meilleur pointeur.  C’est ainsi que McKechnie se retrouva au sein d’un autre club misérable, Washington.

L’entraîneur Tom McVie était heureux d’avoir du renfort.  McVie et McKechnie avaient joué ensemble et été co-chambreurs à Phoenix, dans la maintenant défunte WHL.   Par contre, McKechnie est arrivé au camp moins préparé car les joueurs déjà avec Washington avaient déjà commencé.  McVie a rapidement déchanté et a commencé à lui faire sauter des tours, même si l’équipe était toujours aussi horrible.

La calvaire de McKechnie prit fin en décembre lorsqu’il fut échangé.  Toutefois, il améliora bien peu sa situation, puisqu’il aboutit chez les éphémères Barons de Cleveland, déjà en fin de vie.  Bob Girard prit le chemin inverse.

Lorsque les Barons furent absorbés par les North Stars à la fin de la saison, McKechnie redevint la propriété du Minnesota.  Il n’enfila par contre jamais leur uniforme lors d’un match régulier, puisqu’il fut échangé en octobre 1978 aux Maple Leafs contre un choix de troisième ronde.

Sur papier, on pourrait dire que McKechnie améliorait son sort en faisant finalement partie d’une équipe compétitive.  Toutefois, il devenait aussi membre du cirque de l’équipe détenue par l’excentrique Harold Ballard.  Les portes-tournantes derrière le banc et les échanges douteux allaient diriger Toronto vers le mur, mais à ce moment, il restait suffisamment de talent pour permettre à McKechnie de participer aux séries pour une deuxième et dernière fois.  Les Leafs furent toutefois balayés au deuxième tour par les éventuels champions, les Canadiens.

Il demeura un an et demi à Toronto, puisque, comme tant d’autres, McKechnie fut échangé.  C’est son coéquipier Dan Maloney, qui l’avait appris de la radio, qui lui apprit qu’il était échangé.  Les Leafs ne lui ont eux-mêmes jamais dit.  McKechnie a fait ses bagages et est parti.

Dans son cas, il se retrouva encore avec un club médiocre, les Rockies du Colorado, qui payèrent un choix de troisième ronde pour obtenir ses services.  L’équipe dirigée par nul autre que Don Cherry termina au 21e et dernier rang. 

Si Don Cherry n’est pas revenu en 1980-81, McKechnie était là.  L’équipe fit un peu mieux, augmentant sa récolte de 51 à 57 points et passant de la 21e à la 19e place.  En effet, le Colorado parvint à passer devant les Jets de Winnipeg et les Red Wings de Détroit, pataugeant toujours dans la médiocrité.  Devenu joueur autonome à la fin de l’année, McKechnie signa avec ses mêmes pathétiques Red Wings…

Il passa donc deux dernières années avec un club de fond de classement, où il parvint tout de même à afficher des statistiques décentes, avec respectivement 40 et 34 points.

Il joua ensuite une dernière saison dans la Ligue centrale à Salt Lake City, avant de prendre sa retraite. 

Carrière enviable et bien remplie, on peut toutefois difficilement faire abstraction du fait qu’il a souvent nagé contre le courant.  En 16 ans, il a joué 11 fois pour un club qui a terminé dans les 4 derniers, incluant 3 fois où son équipe a terminé bonne dernière.  Autre fait intéressant, parmi les 5 équipes des années 1970 qui n’existent plus, McKechnie a en filé l’uniforme de 4 d’entre elles (North Stars, Golden Seals, Barons et Rockies).  Seulement les Scouts font exception.

Il a aussi subi 15 mouvements en 15 ans.  Pour expliquer ceci, on lui a dit au fil des ans que c’était parce qu’il n’était pas assez physique, qu’il ne patinait pas assez ou qu’il ne pouvait plus suivre les plus jeunes.

On lui a fait des blagues à ce sujet.  À Toronto, Darryl Sittler a déjà laissé un message dans le vestiaire avec une liste de joueurs qui devaient aller voir le directeur-gérant.  Sur cette liste, il n’y avait qu’un seul nom, le sien.

À Détroit, son coéquipier Don Murdoch l’avait surnommé Wake Up Walt, en raison du nombre de fois qu’il s’est fait appeler pour lui annoncer qu’il avait été échangé.  Le fait qu’il a déjà fait des commentaires au sujet de certains de ses directeurs-généraux n’a probablement pas aidé non plus.

Pour la suite des choses, il décida d’ouvrir un restaurant à Haliburton, en Ontario.  McKechnie vendit le McKech en 2009, mais celui-ci est toujours ouvert.

Ayant souffert d’un cancer de la prostate, il en fit une cause pour laquelle il s’est impliquée.

Sources:

″As usual, Imlach stirs draft pot at NHL session″ de Jim McKay, June 11, 1974, Windsor Star, page 28,

″La plus retentissante des gifles!″ de Michel Blanchard, 25 avril 1977, La Presse, page B1,

″La tenue d’Équipe-Canada au championnat mondial n’enchante personne″, Presse canadienne, 26 avril 1977, L’Évangéline, page 30,

″En se berçant″, 18 août 1977, La Presse, page A11,

″Ice Cubes...″ de Frank Brown, AP, December 2 1977, Lewiston Daily-Sun, page 26,

″Travelin’ Man″ de Rick Boulton, March 5, 1982, Windsor Star, Today/11,

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

 

lundi 28 septembre 2026

Claude Scott

 


C’est avec une grande tristesse que nous avons récemment appris que Claude Scott, celui qui a été pendant plusieurs saisons trompettiste et animateur de foule lors des matchs des Nordiques, est en fin de vie. Souffrant d’un cancer incurable diagnostiqué en août dernier, l’homme de 71 ans a été transféré en maison de soins palliatifs. 

C’est alors qu’il alla travailler dans l’industrie pétrolière que Claude Scott commença à jouer de la trompette lors des matchs des Oilers pour 50$ par soir. 

De retour dans l’est, il débuta à faire la même chose lors des matchs des Nordiques, quand en janvier 1982, il le fit pour le compte de la station de radio CHRC. Il deviendra employé de l’équipe et il y sera jusqu’à la fin de l’existence des Fleudelysés en 1995. Il devint ainsi un incontournable des matchs au Colisée. À sa musique, il ajouta une multitude de danses et de mimiques irrévérencieuses qui lui fit une réputation à travers la ligue. 


 

À partir de 1987-88, Québec entreprit une longue descente aux enfers, qui comprit des bas phénoménaux. Il y eut des soirs assez tristes au Colisée où Scott était un rare élément divertissant. 

Le 23 janvier 1989, alors que les Nordiques allaient s’incliner 5-0 devant les Whalers en jouant un match médiocre, la foule se mit à s’en prendre à l’arbitre Kerry Fraser. Ce dernier avait évidemment un vieux contentieux avec les Nordiques, ayant refusé le fameux but d’Alain Côté lors de la série contre les Canadiens en 1987. 

Scott s’est alors déguisé en arbitre aveugle, tout en faisant son rituel de s’accrocher à la baie vitrée (chose en théorie interdite). De plus, lorsqu’un partisan lança un rouleau de papier toilette, Scott lança alors un ″À l’attaque!″ Il y eut ainsi une avalanche d’objets, incluant une grande quantité de papier de toilette, qui se retrouva sur la patinoire. 

Contrairement au football, Fraser ne pouvait pas pénaliser l’équipe locale pour les actions des partisans. Il ne pouvait que renvoyer les équipes aux vestiaires. Le personnel d’entretien eut alors besoin de 30 minutes pour nettoyer. Fraser n’apprécia pas le rôle qu’avait joué Scott dans les événements et le traita de ″Fucking Frog″. 

Les gestes de Scott ont aussi irrité Brian O’Neill, le préfet de discipline de la ligue. Il a alors dû être convoqué par Jean-D. Legault, vice-président marketing et communications de l’équipe. On lui demanda donc d’arrêter de grimper et de se concentrer sur la trompette. De toute façon, cette pratique s’était avérée dangereuse, puisqu’au fil des ans, elle lui causa des chutes (simulées ou réelles), dont certaines qui entraînèrent des commotions. 

Dans les années qui suivirent, ça n’empêcha toutefois pas Scott d’inciter les partisans à cibler le récalcitrant Eric Lindros, qui avait refusé de jouer à Québec, à diverses occasions. 


 

Scott a aussi été impliqué dans une multitude d’anecdotes, sérieuses ou moins sérieuses. 

À une occasion où la mascotte Badadoum alla le rejoindre sur une plate-forme, la sympathique bête bleue écrasa par inadvertance la trompette que Scott avait déposée au sol. Marcel Aubut lui ordonna alors d’aller s’en acheter une nouvelle en lui permettant même d’utiliser sa carte de crédit. 

Le départ des Nordiques fut pour lui un énorme deuil, alors qu’à ses yeux, les partisans faisaient partie de sa famille. Mais la vie continue et il prit alors des contrats ailleurs. 

Au niveau junior, on le vit entre autres à Québec, à Rimouski et à Baie-Comeau.



Il fut aussi actif dans les ligues mineures, où il vécut certaines aventures regrettables. Entre autres, à San Antonio, on lui pointa un fusil.  Toujours dans un registre malheureux, on le poignarda aussi à Saginaw. Sur une base plus positive, il était un régulier à Peoria et lors des matchs des anciens.  Il alla même en Suisse.

En 2006, il a toutefois vécu un terrible drame personnel lorsque sa fille, âgée de seulement 23 ans, est subitement décédée d’un anévrisme au cerveau. Évidemment profondément marqué par cette épreuve, la perspective d’aller la rejoindre le rend plus serein devant l’inévitable. 

Monsieur Scott, nous tenons sincèrement à vous remercier pour tous les sourires que vous avez répandus, à Québec et ailleurs. 

Sources : 

″Les Nordiques n’entendent rien à la musique″ d’Alain Bouchard, 27 janvier 1982, Le Soleil, page C3,

″Des partisans frustrés prennent la vedette et c’est l’enfer au Colisée″ de Kevin Johnston, 24 janvier 1989, Le Soleil, page A1,

″Une soirée triste et longue″ de Maurice Dumas, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S2, 

″«J’ai eu plusieurs craintes» - Larry Pleau″ de Jean-François Tardif, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S2, 

″Le «brassage» de Kerry Fraser vu par Mario Marois «Ça ne me fait pas de peine»″ de Maurice Dumas, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S3, 

″Scott ne fait pas rire O’Neil″, CP, 26 janvier 1989, Le Soleil, page S2, 

″Le trompettiste avoue s’être mis les pieds dans les plats «Je me suis senti très mal à l’aise»″ de Jean-François Tardif, 26 janvier 1989, Le Soleil, page S2, 

″La presse virulente à Toronto et à Philadelphia″ de Kevin Johnston, 15 octobre 1992, Le Soleil, page S2, 

″L’Océanic performe″ de Carl Thériault, 2 octobre 1996, Le Soleil, page D6, 

″Un trompettiste au Drakkar″ de Steeve Paradis, 24 janvier 2001, Le Soleil, page A4, 

″Where are they now? Claude Scott″, August 24, 2010, Peoria Journal Star (pjstar.com), 

″Départ des Nordiques : quand la trompette s’est tue″ de Stéphane Cadorette, 25 mai 2020, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

Claude Scott : «Les partisans de Québec, c’était ma famille», 23 mai 2025, C’est encore mieux l’après-midi, Radio-Canada Ohdio (ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/c-est-encore-mieux-l-apres-midi), 

″«J’ai hâte de partir» : Claude Scott, le célèbre trompettistedes Nordiques, est en fin de vie″ de Stéphane Cadorette, 22 septembre 2026, Journal de Québec (journaldequebec.com).

mercredi 23 septembre 2026

Trêve de hockey #114 - Le cyclisme au Forum

 

Cette semaine, Montréal et sa rive sud accueillent les championnats du monde de vélo sur route. C’est un bel événement auquel assister, d’autant plus que c’est gratuit. 

Ce n’est évidemment pas la première compétition de vélo à s’y dérouler. En fait, la ville et la province ont une culture de vélo élaborée qui ne date pas d’hier. 

C’est la communauté anglophone qui apporta le sport au 19e siècle. 

Le vélo est ensuite devenu plus accessible parce que moins cher, son prix ayant diminué. Beaucoup d’ouvriers se mirent alors à l’utiliser comme moyen de transport, situation qui dura jusqu’à la Deuxième guerre mondiale.

René Cyr

 

Au niveau compétitif, Montréal reçut les championnats du monde sur piste en 1899. À divers moments, il y eut des vélodromes entre autres au Parc Jarry, à Verdun et à Terrebonne. 

En 1929, le promoteur William Spencer s’allia avec Louis Quilicot, un pionnier du vélo au Québec qui possédait une boutique spécialisée depuis 1915 (bien que la famille ne soit plus impliquée, six magasins portent encore son nom) pour mettre sur pieds les Six Jours de Montréal. Il s’agissait d’une formule qui était populaire à l’époque et se tenait dans plusieurs villes d’Amérique de Nord, où une équipe de deux coureurs se relaie sur une apiste pendant six jours sans interruption. Une série d’épreuves basées sur la distance et les sprints qui résultent en un certain nombre de points détermine les vainqueurs. Par moment, les coureurs pouvaient même bénéficier d’un effet d’aspiration d’une moto qui roulait devant eux. 

La compétition se déroulait au Forum et attirait des foules importantes. De 1930 à 1936, elle se tenait même deux fois par année. On mentionne d’ailleurs qu’à ce moment, le cyclisme était plus populaire que le hockey. En fait, René Cyr (surnommé le Jos Louis du cyclisme et le Maurice Richard des Six Jours, qui a remporté l’événement et qui a terminé deuxième deux fois) affirma qu’à ce moment, c’est la boxe, la lutte et les Six Jours qui remplissaient le Forum. Des cyclismes comme Jules Audy, Pierre Gachon et Jos Trépanier étaient des vedettes et étaient porte-parole de produits comme la bière. 


 

Le lien avec le hockey ne s’arrêtait d’ailleurs pas là. Les Canadiens ont à un moment commandité une équipe avec René Cyr et William ″Torchy″ Peden (originaire de Victoria, l’idole de Théophile Plouffe dans le film Les Plouffe, il remporta sept fois la compétition). Ils ont aussi fait de même avec plusieurs coureurs canadiens-français. 

Déjà, pour se rendre à la fin d’une telle épreuve, certains avaient besoin d’un peu d’aide. On pouvait parler de médicaments, bien que ceux-ci pouvaient contenir des traces de cocaïne et de nitroglycérine. Le mot ″dopage″ irritait toutefois René Cyr, qui carburait plutôt au lait et au pouding au riz. 

La compétition fut suspendue en 1939, mais malgré la guerre, elle eut tout de même lieu ensuite. 

En 1942, certains coureurs étaient mobilisés, dont René Cyr, mais ce dernier a obtenu une permission  de l'armée pour y participé. Ce fut la dernière édition qui eut lieu au Forum. 

Après la guerre, avec la montée de Maurice Richard, le hockey a pris le haut du pavé et les courses de vélo ont décliné. 

C’est en 1963 que la course des Six Jours fit un retour à Montréal, après une absence de plus de vingt ans, mais cette fois au Centre Paul-Sauvé. La compétition reprit ensuite de son envergure en étant disputée deux fois par année de 1964 à 1968. Après une édition en 1969, on fit une pause en 1970, avant de revenir en 1971, 1972 et 1973, la dernière fois qu’elle eut lieu à cet endroit. 

Suite à la construction du vélodrome olympique, on revit la course des Six Jours en 1976 et de 1979 à 1982, avant de disparaître définitivement. Pendant cette période, le directeur du vélodrome était d’ailleurs nul autre que René Cyr, qui est décédé en 2015. 

Sources : 

″Lepage and Peden win by five laps in Six-Day race″ de R.A.C. Ballantyne, April 27, 1931, Montreal Gazette, page 23, 

″Ouverture de la Course des Six-Jours″ de Hervé de Saint-Georges, 8 octobre 1934, La Patrie, page 13,

″Harry Mandel à Montréal″, 25 août 1942, La Patrie, page 25, 

″Les Six Jours au Vélodrome olympique, du 18 au 24 mars″ de Louis Chantigny, 28 février 1979, Le Journal de St-Léonard, page 16, 

″Quand la ville roulait vélo″ de Jean-François Nadeau, 23 juillet 2013, Le Devoir (ledevoir.com), 

″René Cyr, grand champion international de course″ de Jean-François Nadeau, 18 février 2015, Le Devoir (ledevoir.com), 

″Des filles dans la course″ de Jean-François Nadeau, 6 juin 2019. Vélo Mag (velomag.com), 

″Bicycle″ d’Isabelle Craig, Jean-François Nadeau, Michel Labrecque et Marie-Christine Blais, 2 août 2026, En un mot, Radio-Canada Ohdio (ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/en-un-mot), 

″Montréal, une capitale du vélo″ de Jean-François Nadeau, 11 septembre 2026, Le Devoir (ledevoir.com), 

bicyclesquilicot.com, memoire-du-cyclisme.eu/piste_6jours, wikipedia.org.