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lundi 15 juin 2026

Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître



En intitulant mon billet d’un extrait de ″La bohême″ de Charles Aznavour, je trahis un peu (beaucoup) mon âge. Mais il s’agit d’une tranche de vie qui, 45 ans plus tard, peut paraître préhistorique à ceux qui n’ont pas vécu cette époque. 

Le 17 décembre 1980, les Canadiens se présentèrent à Vancouver pour affronter les Canucks. À ce moment, Montréal sortait à peine de sa dynastie des années 1970. De l’autre côté, les Canucks existaient seulement depuis 10 ans et cherchaient encore à établir une certaine respectabilité. Ils avaient raté les éliminatoires six fois, n’avaient jamais remporté une série et en saison, ils n’avaient présenté une fiche supérieure à ,500 qu’à deux reprises. Le résultat fut que le Tricolore était extrêmement populaire sur la côte-ouest et l’équipe locale se sentait défavorisée lorsque Montréal était en ville. (Les Canadiens sont encore très populaires dans l’ouest du pays, mais disons que le temps a fait son œuvre et que c’est beaucoup plus près d’un équilibre normal pour une équipe hôtesse.) 

Dave ″Tiger″ Williams avait été échangé des Leafs aux Canucks lors de la saison précédente. L’un des pires agitateurs de la ligue, Williams avait aussi la réputation d’être francophobe. La veille du match, il avait confié à un journaliste du Vancouver Sun, James Lawdon, qu’il trouvait complètement insensé que la foule appuie aussi massivement une équipe de ″frogs″. Sentant que ses propos étaient hautement controversés, le journaliste insista qu’il n’avait pas été prononcés sous l’effet de l’émotion, mais qu’il y avait vraiment réfléchi. Williams se cala encore plus en ajoutant que c’était sûrement le premier ministre René Lévesque (le premier référendum avait eu lieu quelques mois auparavant) qui payait pour qu’il y ait autant de gens qui applaudissaient les ″frogs″ dans les estrades. 

Ces insultes ne passèrent pas inaperçues. Larry Robinson indiqua qu’il était difficile d’avoir une conversation intelligente avec quelqu’un qui, comme Williams, ne l’était pas. Gaston Gingras décrivit Williams comme un jaune et voulut lui régler son cas, mais en bout de ligne il fut peu utilisé par l’entraîneur Claude Ruel. Chris Nilan voulut se battre avec Williams, mais ce dernier refusa en se cabrant la tête entre ses deux bras. Nilan prit alors quatre minutes de punition pendant lesquelles les Canucks comptèrent deux fois, dont un par Williams lui-même. Après le match, Nilan déclara que ″J’aimerais cent fois mieux être un frog qu’un chicken.″ 

Même si Montréal avait une meilleure équipe sur papier, le match se termina par un match nul de 4-4. Williams avait toutefois réussi à jouer dans la tête des Canadiens. La table était toutefois mise pour la visite des Canucks à Montréal, qui n’aurait toutefois pas lieu avant le 21 mars suivant. 

Williams était alors attendu de pied ferme. Huit policiers furent assignés à sa sécurité. Sur la patinoire, les choses ne tardèrent pas à dégénérer. La charge fut d’ailleurs menée par trois joueurs au sentiment nationaliste connu, Guy Lapointe, Richard Sévigny et Mario Tremblay

Lapointe et Tremblay se mirent d’abord à deux pour infliger une mise en échec mémorable à Williams, que la foule huait à chaque occasion. 

Lorsqu’à 9:20, Williams y alla d’une vicieuse charge au bâton sur Sévigny, gardien de petite taille mais à la fougue indiscutable, Lapointe se jeta sur lui. Sévigny fit de même, devenant ainsi le troisième homme de la bagarre, qui dégénéra rapidement en foire. Finalement, l’arbitre Ron Hoggarth décerna 98 minutes de pénalité. Sévigny fut expulsé du match, bien qu’il affirma qu’il avait été blessé et qu’il aurait dû laisser sa place à Denis Herron de toute façon. 

Le tout reprit à 8:17 de la deuxième période. Une autre longue mêlée générale éclata. Tremblay s’en prit à Williams et 72 autres minutes de pénalité furent décernées. Le Bleuet bionique fut à son tour expulsé du match. 

À l’époque, les matchs du samedi (à La Soirée du hockey, à Radio-Canada) étaient à 20h. J’avais presque 8 ans. Même si c’était beaucoup plus tard que mon heure habituelle, j’avais une permission spéciale pour regarder les matchs du samedi jusqu’à la fin. Je regardais habituellement le début avec ma mère, qui allait éventuellement se coucher. Mon père, mon frère et mes sœurs n’avaient aucun intérêt pour le hockey, ce qui fait que je me retrouvais après un moment seul à regarder l’unique télé de la maison. 

Sauf que le match de ce soir était interminable, avec les innombrables bagarres. Mon père finit par se réveiller et vint me dire que ça suffisait et que je devais aller me coucher. 

Le lendemain, je ne savais toujours pas qui avait gagné. À ce moment, il n’y avait évidemment pas d’internet, ni de RDS, ni de RDI. (Nous n’avions pas le câble de toute façon.) À Radio-Canada, le dimanche matin était consacré à des émissions jeunesse. Ce n’était donc pas en regardant Passe-Partout ou Grisu le petit dragon que j’allais apprendre qui avait gagné la veille. À TVA, ce n’était pas en regardant C’était l’bon temps, une émission animée par Guy Godin qui parlaient de vieux chanteurs, que j’en apprendrais plus. 

À la radio, de ce que je me souvienne, le FM diffusait exclusivement de la musique, sans vraiment d’info. Au AM, on retrouvait à ces heures de faible écoute principalement des chansons rétros en mono. 

Et le journal? Mon père était abonné à La Presse, qui à l’époque ne publiait pas le dimanche. J’habitais à la campagne, alors le dépanneur était un peu loin pour aller chercher le Journal de Montréal. 

Mais à midi, il y avait un bulletin de nouvelles à la télé, n’est-ce pas? En fait, non, pas à ce moment. À Radio-Canada, c’était La Semaine verte. Du côté de TVA, pas plus de chance, c’était Le Brunch, une émission culturelle avec Reine Malo. 

Donc, je devais attendre à 16h30 pour regarder Sport Mag, une émission hebdomadaire à TVA qui couvrait l’actualité sportive, pour connaître le résultat? 

Finalement, mon père m’annonça que nous allions rendre visite à ma tante. En chemin, alors que nous avons passé près d’un dépanneur (les magasins et les épiceries étaient alors fermés le dimanche), je l’ai littéralement harcelé pour qu’il arrête pour que je puisse acheter le Journal de Montréal, ce qu’il a accepté de faire. 

J’ai finalement pu apprendre que les choses s’étaient calmées en troisième, alors qu’il n’y avait eu aucune pénalité. Une victoire de 5-3. Un but et une passe pour Larry Robinson et Mark Napier, mais surtout 34 minutes de pénalité pour Tremblay, 22 pour Sévigny et 17 pour Lapointe. Ce dernier rata d’ailleurs le match suivant, blessé, alors que Sévigny put reprendre le filet. 

De son côté, Williams, qui est toujours à ce jour le meneur de tous les temps pour les minutes de pénalité, en accumula 31. À la fin du match, il ne se défila pas. Il assuma ses paroles, en disant toutefois qu’il pensait qu’il s’adressait à un ami. Il dit aussi que la situation ne l’avait pas affecté et qu’en tant qu’ ″Indien″, il était habitué que tout le monde le déteste. (Note : Dave Williams n’est pas autochtone.) 

Son entraîneur Harry Neale vint à sa défense en disant que Williams était un combattant bien que, contrairement à ce qu’avait affirmé ce dernier, il avait été affecté par les événements. 

Le coéquipier de Williams, Richard Brodeur, confia plus tard qu’il avait été mis au fait par le principal intéressé des déclarations qu’il ferait pour provoquer des réactions. Brodeur le qualifia d’ailleurs de phénomène. Williams confirma que son but était de voler le spectacle et de créer la controverse. 

Sources : 

″Le Canadien acclamé à Vancouver «Lévesque paie pour faire applaudir des frogs» - Williams″ de Bernard Brisset, 18 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Tiger Williams prend de la place″ de Bernard Brisset, 19 décembre 1980, La Presse, page B1, 

″Les p’tites grenouilles attendent Tiger″ de Bernard Brisset, 21 mars 1981, La Presse, page F1, 

″Ruel fait les éloges de Sévigny″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S3, 

″Une longue soirée pour Williams″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S4, 

″Williams ne regrette rien″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

″Lapointe paie la rançon de la gloire″ de Bernard Brisset, 23 mars 1981, La Presse, page S5, 

Télé-Presse du 21 au 28 mars 1981 

″Les Canucks tiennent leur bout″ de Maurice Dumas, 24 mars 1981, Le Soleil, page D1, 

″Davis : Still feisty, Tiger Williams honouring Indigeous ′family′ during Pro Scout events″ de Darrell Davis, September 19, 2025, Regina Leader-Post (leaderpost.com).

 

dimanche 31 mai 2026

La seule présence en séries des Rockies du Colorado



Je suis tombé l'autre jour sur cette publication expliquant que de toutes les équipes existantes de la LNH, seuls les Devils du New Jersey n'ont jamais été balayé en séries. Il y a bien sûr comme vous voyez le Mammouth, le Kraken et les Golden Knights qui font également partie du portrait mais comme ce sont des franchises toutes jeunes, ils ne sont évidemment pas encore pris en considération.

Mais si on considère le Mammouth comme étant la continuation des Coyotes de l'Arizona et des premiers Jets de Winnipeg, et bien il faut sans hésitation garrocher le mammoth dans la grosse batch de gauche avec tous les autres...


 

J'étais un peu perplexe avec ce tableau et fallait bien que j'aille vérifier. Il est cependant bien vrai que les Devils n'ont jamais perdu une série avec une fiche pire que 4-1 depuis leurs débuts en 1982-83. 

Mais si vous êtes familiers avec notre contenu ici, vous savez bien que pour nous, les Devils du New Jersey ne seront jamais seulement les Devils du New Jersey. 

Ici, quand on pense aux Devils du New Jersey, on parle plutôt de la franchise des "Devils du New Jersey/Rockies du Colorado/Scouts de Kansas City". Tsé, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et inutile?

Donc, si ça vous dit rien, résumons rapidement. La franchise des Devils a d'abord commencé ses activités sous le nom des Scouts de Kansas City, équipe d'expansion pour la saison 1974-75, en même temps que les Capitals de Washington. La santé du hockey professionnel était alors tellement précaire avec les récentes expansions et la concurrence de l'AMH, tellement que les Capitals et les Scouts furent deux des pires équipes d'expansion de l'histoire, les Capitals terminant leur première saisons avec la pire fiche de tous les temps (8-67-5) tandis que les Scouts firent à peine mieux avec une fiche de 15-54-11.

On considéra même que l'expansion de 1974 était une erreur, tellement que la seule utilité des deux équipes pour la ligue fut d'être utilisés comme équipe de démonstration lors d'une tournée au Japon au printemps 1976, la fameuse Coca-Cola Bottler's cup.

Wilf Paiement avec les Scouts de Kansas City

Les mauvaises performances sur la glace n'étaient pas le seul problème des Scouts. L'équipe souffrait également de la flambée des salaires des joueurs, d'un ralentissement économique dans le Midwest et d'une faible affluence. Les Scouts n'attiraient en moyenne que 8 218 spectateurs par match alors qu'à l'époque, la moyenne de la ligue tournait autour de 13 000. Les 37 investisseurs de l'équipe, criblés de dettes, ont alors choisi de vendre la franchise après seulement deux saisons.

C'est alors que naquit la franchise des Rockies du Colorado pour la saison 1976-77. Après une première saison de 20 victoires et 54 points, les Rockies remplacèrent leur entraîneur par le légendaire joueur et entraîneur des ligues mineures, Pat Kelly. Ce même Pat Kelly qui fut plus tard fondateur et commissaire de la ECHL dont le trophée de championnat porte son nom. Kelly ne parvint pas vraiment à redresser la barque chambranlante des Rockies alors que l'équipe n'obtint que 19 victoires en 1977-78. 

Cependant, avec un sommet dans la LNH de 21 matchs nuls et un total de 59 points, le meilleur total ever en tant que Scouts/Rockies, l'équipe parvint miraculeusement à se tailler une place en séries, notamment grâce au fait que la section Smythe était très faible avec les Canucks, Blues et les éternels abonnés des bas fonds à l'époque, les North Stars. Seuls les Blackhawks étaient de taille dans cette division et les Rockies terminèrent donc deuxièmes in extremis et purent participer aux séries de 1978.


À l'époque, le meilleur club de chaque section se méritait un laisser-passer en deuxième ronde tandis que les autres clubs devaient s'affronter lors d'une série 2 de 3 en première ronde. Grâce à leurs deuxième rang dans la division Smythe, les Rockies durent donc se mesurer aux deuxièmes de la section Patrick. 

Malheureusement pour eux, la division Patrick était davantage boostée avec les Islanders en première place devant les encore puissants Flyers de Philadelphie, qui eurent alors l'honneur de devenir les premiers adversaires des Rockies en séries.

Les Flyers avaient bien sûr tout un alignement avec des joueurs comme Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach ainsi qu'un Bernard Parent toujours dominant. Les Rockies eux n'avaient que très peu de punch en attaque, les seuls dignes de mention étant Wilf Paiement (87 points) ainsi que deux pas pires défenseurs en Barry Beck et John Van Boxmeer. Dans les buts pour les Rockies se retrouvait l'ancien des Flyers Doug Favell ainsi que Michel Plasse comme adjoint. 

Cependant, les Rockies ne furent pas la proie facile que l'on croyait lorsque la série débuta le 11 avril 1978. À domicile à Philadelphie, les Flyers procédèrent à un barrage en force de 44 tirs contre seulement 18, mais les Rockies parvinent à tenir la marque à 2-2 jusqu'en fin de troisième période. Mais avec seulement 22 secondes d'écoulées en début de prolongation, Mel Bridgman marqua contre Favell et les Flyers l'emportèrent.

La série se transposa ensuite à Denver ou les Rockies tentèrent tant bien que mal de contenir les Flyers (48 tirs) à une marque finale de 3-1. Le seul à marquer devant les partisans des Rockies fut l'obscur défenseur Dennis Owchar en première période, mais les Rockies donnèrent du fil à retordre jusqu'à la toute fin du match. 


Mais au final, c'en était fini de cette série expéditive et somme toute sans histoire. Les Flyers passèrent en deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo dont ils disposèrent rapidement par la marque de 4-1. Ils s'inclinèrent finalement en finale de conférence contre les Bruins.

Pour leur part, ce fut la première et dernière présence en séries des Rockies, et la dernière pour la franchise jusqu'au début de l'émergence des Devils en 1988, où la jeune équipe surprit tout le monde et se rendit à son tour jusqu'en 3e ronde.

Les Devils n'avaient pas encore la version 
finale de leur logo lors de leur première
 séance du repêchage en 1982.

Les Rockies jouèrent 4 autres saisons difficiles au Colorado. Minés par l'instabilité, ils eurent sept entraîneurs en quatre ans — aucun n'étant resté plus d'une saison complète — et les propriétaires ont changé de mains à deux reprises au cours de cette même période. En 1982, l'équipe continuait de faire face à de graves difficultés financières et fut de nouveau mise en vente. 

Cela a notamment donné lieu à une tentative d'achat ratée par un groupe d'investisseurs d'Ottawa, dont l'intention était de déménager les Rockies dans la capitale canadienne. On alla même jusqu'à envisager une fusion de l'équipe avec les Capitals, à l'image de ce que la ligue avait fait quatre ans plus tôt entre les Barons de Cleveland et les North Stars du Minnesota. Finalement, la franchise fut vendue en mai au magnat du transport maritime du New Jersey, John McMullen, qui était également propriétaire des Astros de Houston dans la Ligue majeure de baseball.

C'était alors la fin des éphémères Rockies du Colorado dont le nom fut toutefois récupéré au baseball majeur en 1993 par l'arrivée d'une équipe d'expansion au Colorado. 

Les partisans de hockey de Denver purent enfin revoir du hockey de séries en 1996 avec leur nouvelle équipe du nom de l'Avalanche. Les Devils et l'Avalanche furent ensuite deux des meilleures équipes au tournant du millénaire, s'affrontant même en grande finale en 2001 lors d'une série épique de 7 matchs remportée par l'Avalanche.

Donc au final, OUI, la franchise des Devils a déjà été blanchie en séries, sous une incarnation différente et seulement lors d'une courte série préliminaire 2 de 3. Mais ils ont été blanchi quand même lors de leur histoire, même si c'était ailleurs qu'au New Jersey. 

My job here is done... Désolé au gars qui a fait le graphique...

Si ça vous intéresse, ces deux seuls matchs en séries dans l'existence ses Rockies existent sur YouTube, grâce à un transfert de VHS granuleux comme on les adore...

 

 

mercredi 27 mai 2026

Rhett Warrener




N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Repêché par les Panthers de la Floride au vingt-septième échelon (deuxième ronde) en 1994, Rhett Warrener est un défenseur natif de la Saskatchewan qui a évolué dans la LNH de 1995 à 2008, avec trois équipes différentes.

Lorsqu’il entend son nom à la séance de 1994, le défenseur de 6 pieds 1 pouce vient de disputer trois saisons avec les Blades de Saskatoon, dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL). À une époque moins offensive où l’accrochage et les gros défenseurs avaient la cote, Rhett Warrener cadrait parfaitement avec son style physique et robuste, même si les points ne venaient pas au tableau, il était bien vu par de multiples recruteurs de la LNH.

Après sa saison de 20 ans avec Saskatoon (39 points, la plus productive de sa vie!), Warrener débute sa carrière professionnelle lors de la saison 1995-96, ne disputant que neuf parties dans la Ligue Américaine et vingt-huit dans la LNH. Physique et courageux, le jeune arrière amasse trois points avec les Panthers, et 46 minutes de pénalité.

Dans le temps des Fêtes, les Panthers le prêtent à Équipe Canada Junior, et Warrener remporte la médaille d’or du championnat disputé aux États-Unis, en 1996.

Il dispute également les 21 premiers matchs éliminatoires de sa carrière, lors du parcours cendrillon qui voit les Panthers s’incliner en finale de la Coupe Stanley face à l’Avalanche du Colorado, en quatre matchs. Warrener amasse un autre trois passes durant les séries…

Dès la saison suivante, le patineur natif de Shaunavon joue à temps plein dans la LNH, ce qui sera le cas jusqu’à la fin de sa carrière. Sa saison 1996-97 se passe très bien, alors qu’il amasse quatre buts, treize points et une fiche de +20, gage irréfutable de sa stabilité à l’arrière.

Malheureusement, les Panthers ne peuvent recréer la magie du printemps précédent, baissant pavillon en cinq matchs contre les Rangers et Wayne Gretzky, qui disputait alors les dernières séries de sa carrière.

La saison 1997-98 est à oublier pour Warrener et les Panthers. Le défenseur n’inscrit que quatre passes en 79 parties et l’équipe rate les séries. La saison suivante ne va guère mieux en Floride, si bien qu’après 48 parties avec les Panthers, notre joueur du jour est échangé aux Sabres en compagnie d’un choix de cinquième tour en 1999 (qui allait devenir…Ryan Miller!) en retour d’un seul joueur : Mike Wilson.

La transaction fait du bien à l’ancien numéro 7 des Panthers, qui se joint à une équipe dont la défensive est très hermétique et son gardien, un certain Dominik Hasek, qui est à l’apogée de sa carrière. Durant les treize matchs de fin de saison avec Buffalo, Rhett Warrener marque son premier but en plus de deux ans, et il récidive en séries avec le premier (et seul!) but de sa carrière lors de la danse du printemps!

Les Sabres atteignent la finale de la Coupe Stanley en 1999, une deuxième pour le Saskatchewanais dans sa carrière, mais l’équipe de l’état de New York baisse pavillon en six matchs contre les Stars et le fameux ‘’No Goal’’ de Brett Hull, qui donna la victoire ultime à son équipe.

Apprécié par les fans et sa nouvelle organisation, le numéro 4 des Sabres dispute quatre saisons de plus à Buffalo, y établissant plusieurs sommets personnels. En 2000-01, il amasse seize passes et dix-neuf points, deux sommets dans la LNH. Il en atteint deux autres la saison suivante, alors qu’il marque cinq buts et amasse cent treize minutes de pénalité.



Après une saison décevante en-deçà des attentes, les Sabres laissent partir Warrener sur le marché des agents libres, si bien que ce dernier signe un contrat avec les Flames, à l’été 2003.

Et qu’arrive-t-il lorsque le grand défenseur dispute une première saison avec une équipe? Eh oui! Il se rend en finale! La saison 2003-04 ne fera pas exception, alors qu’il aide Calgary à atteindre la finale de la Coupe Stanley, une troisième pour lui en carrière et une première pour l’équipe depuis sa victoire de 1989.

Mais aussi, qu’arrive-t-il lorsque Warrener se rend en finale? Malheureusement, comme lors des deux premières occasions, son équipe s’incline, cette fois en sept matchs, contre le Lightning de Tampa Bay. Encore une fois, après de longues séries et une dure bataille, l’arrière canadien ne peut se retrouver du côté des gagnants.

Après ses meilleures saisons en carrière et trois finales, celui qui est aujourd’hui âgé de 50 ans a joué trois saisons de plus mais, en raison d’un style dur qui lui laisse sa part de blessures et d’inconfort, il annonce sa retraite à l’issue de la saison 2007-08.

Être un choix de deuxième tour dans la LNH est un bel accomplissement, mais ne garantit en rien un succès au niveau professionnel. À une époque où le hockey était très défensif et avec des défenseurs qui s’en sortaient souvent avec des gestes douteux, Rhett Warrener était le parfait prototype du défenseur physique, robuste, agressif et dérangeant pour les adversaires devant son filet.

Seulement, au retour du lock-out de 2004-05, le hockey avait changé. Les arbitres étaient plus sévères et le jeu, le plus rapide et offensif que nous avions vu en près de quinze ans. Warrener ne rajeunissait pas, et le style de jeu n’a pas favorisé sa longévité dans le circuit Bettman.

Néanmoins, il a été très, très efficace durant une carrière qui s’est étendue sur douze saisons. Il a disputé 714 matchs de saison régulière, amassant 24 buts et 82 passes (106 points), en plus de 899 minutes de pénalité et d’un différentiel de +73! Tout aussi peu offensif mais efficace en séries, il a disputé 101 parties, marquant un but, dix passes et une fiche de +20.

Même si le différentiel est parfois à prendre avec un grain de sel, il reste que le +93 combiné de Warrener prouve qu’il ne mettait pas vraiment son équipe dans le pétrin lorsqu’il patrouillait sa ligne bleue.

Peut-être n’a-t-il jamais été nominé pour un Norris ou marqué l’imaginaire des fans avec des jeux inoubliables, il reste qu’avec une médaille d’or au championnat junior, plus de huit cents matchs dans la LNH (saison + séries), plus de cent points et trois finales de la Coupe Stanley, Rhett Warrener a connu une merveilleuse carrière qui aurait fait l’envie d’une multitude de hockeyeurs à travers le monde!

jeudi 21 mai 2026

La série Canadiens-Whalers de 1980

 

Ce ne fut pas facile, mais c’est maintenant confirmé. Les Canadiens affronteront les Hurricanes de la Caroline en demi-finale. 

Avant de s'établir dans le sud-est des États-Unis en 1997, les Hurricanes ont eu comme prédécesseurs les Whalers de Hartford. Équipe originale de l’Association mondiale (AMH) de 1972 (bien qu’elle ait changé de domicile à quelques reprises), elle fut l’une des quatre élues pour joindre les rangs de la Ligue nationale en 1979. 

Les négociations ont été ardues et les conditions d’admission n’ont pas été généreuses.  Les droits sur de nombreux joueurs de l'AMH furent retournés à l'équipe de la LNH à qui ils appartenaient.

À la dernière année de l’AMH, les Whalers n’avaient pas été une puissance, terminant en quatrième place sur six. Considérant les règles d’expansion plutôt chiches, il ne fallait donc pas s’attendre à des miracles, même s’ils parvinrent à conserver les légendaires vétérans Dave Keon et Gordie Howe, les fils de ce dernier, Mark et Marty, leur capitaine Rick Ley et leurs gardiens John Garrett et Al Smith

En fin de saison, Hartford fit l’acquisition de Bobby Hull des Jets de Winnipeg. Lorsqu’il joua avec Gordie Howe et Dave Keon, les Whalers se retrouvèrent ainsi avec un trio des 40 ans et plus. 

Au cours de la saison, les résultats furent tout de même supérieurs aux attentes. Aidés par les 105 points de Mike Rogers et les 56 buts de Blaine Stoughton, les Whalers terminèrent 14e. Les Oilers, dans la foulée d’un Wayne Gretzky qui prenait son envol, prirent le 16e rang. Dans une ligue qui avait maintenant 21 équipes, les 16 premières accédaient aux séries. Comme les nouveaux venus étaient parvenus à devancer des éternels perdants comme les Capitals, les Red Wings et les Rockies, ils purent alors participer aux éliminatoires. (Les deux autres anciennes équipes de l’AMH, les Nordiques et les Jets, eurent moins de chance.) 

Puisqu’en séries le premier affrontait le seizième, le deuxième se prenait contre le quinzième et ainsi de suite, les Oilers affrontèrent l’équipe de tête, les Flyers. Quant aux Whalers, leur quatorzième place les envoya faire face aux troisièmes, les Canadiens. 

Même si le Tricolore avait subi beaucoup de changements (entre autres le départ de Scotty Bowman pour Buffalo et remplacé avec peu de succès par Bernard Geoffrion et les retraites de Ken Dryden, Jacques Lemaire et Yvan Cournoyer), il demeura que Montréal était tout de même le quadruple champion en titre. Toutefois, en saison, les Whalers avaient malgré tout trouvé le moyen de donner du fil à retordre aux Canadiens, les limitant à une victoire et trois matchs nuls. 

La série débuta le 8 avril au Forum. Montréal débuta en lion, l’emportant 6-1. Seul Mark Howe empêcha Denis Herron de réaliser un blanchissage, en marquant en troisième période. Yvon Lambert marqua deux fois pour les Montréalais. 

Le lendemain, toujours au Forum, ce fut un festival offensif. Yvon Lambert marqua deux autres buts, en plus d’obtenir une passe. Mario Tremblay accumula quant à lui trois mentions d’aide, dans une victoire de 8-4. La réplique vint entre autres de la famille Howe. Mark aida tour à tour son frère Marty et son père Gordie à marquer. 

Pour le troisième match, au Civic Center, les deux équipes changèrent de gardien. Michel Larocque prit la place de Denis Herron pour Montréal, alors que les Whalers confièrent leur filet à Al Smith au lieu de John Garrett. 

Le résultat fut beaucoup plus serré. Guy Lafleur marqua un troisième but en trois matchs. Mario Tremblay a obtenu deux autres passes, mais les Whalers offrirent une belle résistance, forçant la prolongation. 

Ce fut finalement Yvon Lambert, qui était en feu, qui trancha avec son deuxième but de la soirée. Montréal balayait ainsi la série en trois matchs. (C'était un 3 de 5 au premier tour.)  Si Dave Keon poursuivit son parcours, ce match fut le dernier de Bobby Hull et de Gordie Howe. Les Whalers ratèrent ensuite les séries lors des cinq années suivantes. En fait, lors de leurs 18 années à Hartford, ils ne remportèrent qu’une seule série, en 1986, contre les Nordiques. 

En passant, les Oilers furent aussi balayés par les Flyers. Il fallut donc attendre à l’année suivante avant qu’une ancienne équipe de l’AMH ne remporte un match de séries, lorsqu’Edmonton battit… Montréal.

Quant aux Canadiens, ils poursuivirent leur quête d’une cinquième Coupe d’affilée, mais privés de Guy Lafleur, blessé d'un coup discutable de Pat Boutette, ils frappèrent un mur lorsqu’ils s’inclinèrent au deuxième tour devant les North Stars du Minnesota. 

La fin de la dynastie du Bleu Blanc Rouge permit le début de celle des Islanders, qui remportèrent les quatre Coupes suivantes, et la série contre les Whalers en fut le dernier soubresaut. 

Sources : 

″Whalers, Oilers are happy just to reach playoffs″ de Catherine Wolfe, UPI, April 8, 1980, Ottawa Citizen, page 19, 

hockeydb.com, hockey-reference.com, wikipedia.org.