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samedi 18 mai 2024

Joueur oublié des 90's #91 - Craig Johnson

 

 



Pour trouver des joueurs oubliés intéressants pour cette série, ça aide beaucoup d'avoir un nom générique comme Craig Johnson...

Né le 8 mars 1972 à St.Paul au Minnesota, l'attaquant Craig Thomas Johnson évoluait encore au niveau high school lorsque les Blues de St.Louis en firent leur choix de 2e ronde (33e au total) du repêchage de 1990. Il débuta ensuite son parcours universitaire avec les Gophers de l'Université du Minnesota où il joua durant trois ans, optant ensuite d'abandonner sa dernière année d'éligibilité pour plutôt joindre les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Olympiques de 1994. 

Johnson devint ensuite professionnel lors de la saison 1994-95. Après la première demi-saison annulée par la grève et qu'il passa dans la IHL, il parvint à obtenir un poste avec les Blues lors de la reprise des activités. Il marqua même le premier but du club dans leur nouveau domicile, le Kiel Center (aujourd'hui appelé le Enterprise Center). Il ne fut toutefois utilisé que sporadiquement durant cette première saison, terminant l'année avec 6 points en 15 matchs et jouant 1 seul match en séries.

Il débuta la saison 1995-96 avec le grand club, amassant 15 points en 49 matchs et ne faisant qu'un court séjour de 5 matchs dans les mineures. Il fut toutefois inclus dans une transaction majeure en février 1996. 

Au même moment à Los Angeles, insatisfait et déçu de la débandade des Kings depuis la finale de 1993, Wayne Gretzky demanda finalement à être échangé.

En retour de seulement Gretzky, les Kings reçurent les joueurs suivants:
- Roman Vopat (C)
- Craig Johnson (LW)
- Patrice Tardif (C)
- Choix de 5e ronde en 1996 (Peter Hogan)
- Choix de 1ère ronde en 1997 (Matt Zultek)

On peut aisément dire que les Kings ont reçu bien peu en retour de la merveille, alors que du lot, seul Johnson devint un membre du club à long terme, et ce dans un rôle secondaire.

Le principal atout de ce package aurait normalement dû être ce choix de première ronde en 1997, mais avec cette sélection au 15e rang obtenu des Blues, les Kings sélectionnèrent l'attaquant Matt Zultek qui non seulement ne s'est jamais rendu à la LNH mais qui aura à peine joué une trentaine de matchs dans la AHL. Il joua davantage dans la ECHL et SPHL jusqu'à sa retraite en 2011.

En fait les Kings ont complètement gâché cette sélection puisqu'ils n'exercèrent jamais leurs droits sur Zultek qui redevint éligible au repêchage en 1999 et qui fut sélectionné cette fois-ci par les Bruins en deuxième ronde... Je ne vois vraiment pas ce que les recruteurs de la LNH semblaient voir en lui pour être repêché aussi tôt à deux reprises. Par ses statistiques ordinaires au junior, je l'aurais plus vu en 6e, 7e ronde...

Bref, Johnson s'amena à L.A. pour terminer la saison 1995-96, et sembla bien fournir au départ avec 9 points en 11 matchs. Il ne joua cependant que 31 matchs en 96-97, et ne récolta que 7 points. Il se reprit ensuite en 97-98 et connut sa meilleure saison en carrière en 17 buts et 21 passes pour 38 points.

Beau caméo de Ray Ferraro

Beau caméo de Fredrik Olausson

Davantage un attaquant de soutien et un joueur défensif, Johnson fut fidèle au poste avec les Kings pendant 7 saisons complètes, ne dépassant le cap des 10 buts qu'à une seule autre reprise en 2001-02 avec 13 buts. Mais après une saison de seulement 3 buts en 70 matchs en 2002-03, il fut libéré par le club.

Il n'eut pas à aller trop loin la saison suivante, alors qu'il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks. Mais sa saison 2003-04 ne fut pas très concluante. Il fut placé au ballotage en janvier 2004, réclamé ensuite par Toronto où il joua 10 matchs, placé au ballotage de nouveau en mars et finalement réclamé par les Capitals avec qui il joua un autre 15 matchs, ses derniers dans la LNH.

Il continua ensuite sa carrière en Europe, d'abord trois saisons en Allemagne et une dernière saison en Autriche en 2007-08 avant de prendre sa retraite.

En 557 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 75 buts et 98 passes pour 173 points.

Il demeura ensuite dans le milieu du hockey, d'abord dans la ECHL comme assistant entraineur, ensuite entraineur-chef au niveau high school au Minnesota, recruteur pour les Kings et plus tard entraineur adjoint de leur club-école. Il a depuis gradué dans la LNH, comme assistant entraineur, des Ducks depuis la saison 2022-23.

Son fils, le défenseur Ryan Johnson, qu'il a d'ailleurs coaché au Minnesota, a été sélectionné en première ronde (31e) au total par les Sabres en 2019. Comme le paternel, il a joué avec les Gophers de l'Université du Minnesota avant de faire le saut dans la LNH. Il vient d'ailleurs de jouer sa première saison à Buffalo.


jeudi 16 mai 2024

Bill, Bun et Bud Cook


Voici une histoire de famille tissée serrée.

Bill, l’aîné, est né à Brantford. Sa famille déménagea toutefois à Kingston, où il apprit à patiner sur le canal Rideau. Frederick (surnommé ″Bun″) et Alexander (surnommé ″Bud″) suivirent quelques années plus tard. Lors de leurs éventuelles carrières de hockey, les frères se suivront également à plusieurs reprises.

Mais avant de débuter sa carrière professionnelle, Bill s’enrôla dans l’artillerie et prit part à des batailles marquantes de la Première guerre mondiale, comme celle d’Ypres, de la Somme et de la crête de Vimy. Il passa aussi huit mois en Russie lors d’une intervention des Alliés pendant la guerre civile en faveur des armées blanches dans leur combat contre les Bolcheviks. À son retour au Canada, on lui décerna la médaille militaire pour souligner sa bravoure.

Il joua ensuite au niveau senior avec Sault-Ste-Marie, pour ensuite être rejoint par Bun en 1921-22. Bill prit ensuite le chemin de l’ouest en 1922 et s’aligner avec les Crescents, puis les Sheiks de Saskatoon de la WCHL. Pendant ce temps, Bun remporta la Coupe Allan avec Sault-Ste-Marie en 1922-23 pour ensuite rejoindre Bill en 1924-25 à Saskatoon. Jouant sous les ordres de l’ancien Canadien Édouard ″Newsy″ Lalonde, Bill remporta le championnat des compteurs de la ligue en 1923-24, 1924-25 et 1925-26.

Ce titre de 1925-26 s’avéra toutefois le dernier de l’histoire de la ligue, puisque celle-ci s’écroula. Par contre, alors que la ligue de l’ouest (qui s’appelait maintenant la WHL) disparaissait, la LNH prenait du coffre. Si les nouveaux Cougars (futurs Red Wings) de Détroit firent des achats en vrac en achetant pratiquement en entier les défunts Cougars de Victoria, pendant que les nouveaux Black Hawks de Chicago faisaient de même avec les Rosebuds de Portland, les nouveaux Rangers de New York furent plus méthodiques. Mais parmi leurs acquisitions, on comptait Bill et Bun Cook, qui semblaient se destiner aux Maroons de Montréal, mais que Conn Smythe leur soutira en agissant plus rapidement.

Suivant les conseils des frères Cook, Smythe embaucha également Frank Boucher, qu’ils avaient côtoyé dans l’ouest, alors que ce derrnier jouait avec les Maroons, mais de Vancouver. Celui-ci devint alors le centre des frères (Bun à gauche et Bill à droite).

C’est à New York qu’un journaliste écrivit que Frederick était rapide comme un lapin (″quick as a bunny″). Il a donc été surnommé ″Bunny″ Cook. Et puis ″Bunny″ est devenu ″Bun″ et comme ″Bun″ veut dire brioche, le trio est devenu la ″Bread Line″. Ils joueront ensemble pendant plusieurs années.

Bill fut non seulement le premier joueur signé par les Rangers, mais aussi leur premier capitaine et le marqueur du premier but de leur histoire. Ce but fut d’ailleurs victorieux, car les Rangers remportèrent leur match match par la marque de 1-0, contre ces mêmes Maroons.

L’audace de Smythe (qui quitta toutefois les Rangers peu de temps après) rapporta aussi d’autres dividendes, puisque Cook remporta le championnat des pointeurs lors de sa première année dans la LNH, avec une fiche de 33 buts et 4 passes. (Le Trophée Art Ross n’existait pas encore.) Pourtant à leur première année, les Rangers terminèrent aussi premiers de la nouvelle division américaine, devançant les Bruins de Boston et les Pirates de Pittsburgh, des équipes de deuxième année. Boston prit toutefois sa revanche en séries, en éliminant les Rangers et en les limitant à un seul but, compté par Bill Cook.

En 1927-28, à seulement leur deuxième année, les Rangers se reprirent en battant les Pirates de Pittsburgh, les Bruins et finalement les Maroons, pour mettre la main sur leur première Coupe Stanley. L’année suivante, ils se rendirent à nouveau en finale, mais ils s’inclinèrent devant Boston.

En 1932-33, Bill ajouta un deuxième titre des pointeurs à son palmarès. À 36 ans et 5 mois, il devint ainsi le plus vieux champion pointeur de l’histoire de la ligue. Sa marque tiendra jusqu’en 2013, alors que Martin St-Louis la battit, à l’âge de 37 ans. Les Rangers remportèrent également une deuxième coupe. C’est Bill qui marqua en prolongation l’unique but du match lors du quatrième et ultime match. Étonnamment, on n’avait pas jugé bon d’apporter la Coupe ce soir-là. Ce n’est qu’au premier match de la saison suivante, le 11 novembre, à Toronto, que les joueurs reçurent le trophée convoité, qui a été désignée comme étant la ″Forgotten Cup″.

Suite à des problèmes arthritiques qui lui fit rater la majeure partie de la saison 1935-36, les Blueshirts vendirent le contrat de Bun aux Bruins. S’il joua une saison à Boston, la suite leur donna raison puisqu’il dut ensuite prendre sa retraite pour cette raison. Après cette première saison dans la LNH sans son frère, Bill prit également sa retraite, laissant Boucher comme dernier membre de la Bread Line à New York.

Les deux frères débutèrent alors leur carrière d’entraîneur au même moment (tout en jouant quelques matchs au besoin) dans l’International-American Hockey League (IAHL, la future Ligue américaine).

Bill prit le chemin de Cleveland pour diriger les Barons. Il y retrouva là son autre frère Bud, qui eut l’occasion de jouer au fil des ans quelques matchs avec les Bruins, les Senators et les Eagles de St-Louis. C’est toutefois dans ce qui deviendra la Ligue américaine qu’il se fit une place.

Quant à Bun, il se dirigea vers Providence pour se retrouver derrière le banc des Reds. S’il a connu une belle carrière (il a entre autres inventé la ″drop pass″) et montré des statistiques intéressantes, il a toutefois toujours été un peu dans l’ombre de son frère. Lorsqu’ils sont devenus entraîneurs, ce fut le contraire. Bill a eu sa part de succès, mais c’est Bun qui a pris le haut du pavé.

À leur première saison, en 1937-38, ce sont les Reds de Bun remportèrent la Coupe Calder (qui existait seulement depuis la saison précédente). L’année suivante, ce fut au tour des Barons de Bill. Les Reds de Bun répliquèrent en 1939-40, avant que Cleveland reprenne le titre en 1940-41, avec Bill derrière le banc et Bud dans l’alignement. Des cinq premières Coupes Calder, quatre fois l’équipe gagnante était dirigée par un Cook.

Les deux frères demeurèrent à leur place pendant deux autres années avant que Bill ne devienne directeur-gérant des Barons. Pour le remplacer, il eut l’idée de faire appel à… Bun. À ce moment, Bud jouait toujours pour Cleveland. Il eut donc l’occasion de jouer sous les ordres de son autre frère. L’expérience ne dura toutefois pas longtemps, car en cette période de guerre, après 4 matchs, il se rapporta à la garde côtière et se joignit à leur équipe de hockey.

Bun s’installa à long terme à Cleveland et passa les 13 saisons suivantes comme entraîneur. Il y connut un succès phénoménal. Dès ses trois premières saisons (1943-44 à 1945-46), son équipe atteignit la finale, la remportant en 1945. Par la suite, il répéta l’exploit en 1948, 1951, 1953 et 1954, en plus d’atteindre la finale en 1950 et en 1956. Par la suite, personne ne s’est approché de son palmarès de sept Coupes Calder. Les suivants en ont trois. Toutefois, dans une ligue à six équipes, il n’a par contre pas eu l’occasion de graduer dans la LNH.

C’est plutôt Bill qui y parvint. En effet, lorsque Neil Colville démissionna de son poste en décembre 1951, le directeur-gérant des Rangers Frank Boucher demanda à son ancien compagnon de trio de la Bread Line de prendre sa place. Bill était alors à Saskatoon, pour diriger un club affilié aux Rangers. À ce moment, les Rangers étaient constamment mauvais et Bill ne put renverser la tendance. Suite à une dernière place en 1952-53, Boucher releva Bill de ses fonctions et prit sa place. Bill prit alors sa retraite du hockey.

À la fin de sa carrière de joueur, Bud tenta aussi sa chance comme entraîneur. Il fut entre autres à la tête des As de Québec de la Ligue senior du Québec en 1945-46 et 1946-47. Il eut alors Punch Imlach sous ses ordres.

Suite à sa participation à la guerre, Bill avait reçu une terre en Saskatchewan de la part du gouvernement. Il passa alors beaucoup de temps à la cultiver et, toujours proche de son frère, Bun en acheta une tout près. Ils retournèrent ensuite à Kingston plus tard dans leur vie.

Lors du déménagement du Madison Square Garden III au Madison Square Garden IV en 1968, on demanda à Bill, qui avait compté le premier but des Rangers, de venir participer à une cérémonie pour compter le premier but du nouvel immeuble.

Bill mourut en 1986, Bun en 1988 et Bud en 1993.

Bill fut admis au Temple de la renommée du hockey en 1952. Bun ne le vit pas de son vivant, puisqu’il fut admis en 1995. Il fut aussi admis à celui de la Ligue américaine en 2007.

Sources :

″Les clubs américains débutent victorieusement, hier soir″, 17 novembre 1926, La Patrie, page 6,

″W. Cook scores as Rangers take Cup; Beat Toronto 1-0″ d’Elmer Dulmage, CP, April 14, 1933, Montreal Gazette, page 12,

″Outstanding Player and Coach Bill Cook Remembered as Soldier″ de Charles Edwards, CP, March 30, 1943, Ottawa Citizen, page 13,

″Bisons After Second Win″, AP, April 6, 1944, Pittsburgh Post-Gazette, page 14,

″Bill Cook Return to the N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out″, CP, December 7, 1951, Montreal Gazette, page 22,

hhof.com, hockeydb.com, wikipedia.org.

mercredi 15 mai 2024

Frédéric Chabot



 

 

Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook). 

 

Bien que les règlements entourant les repêchages d’expansion ont été modifiés afin de permettre aux nouvelles équipes d’être plus compétitives, le consensus demeure que les joueurs disponibles à ces repêchages sont plus souvent qu’autrement les « rejets » de leur équipe initiale.

On peut alors faire un parallèle à ce moment où notre crush finit par nous dire « ­Je t’aime, mais plus en ami ». Ça a beau ne pas être malintentionné, ça brise notre cœur un petit peu et on finit par passer au travers. Mais lorsque l’équipe qui t’acquiert au repêchage d’expansion ne veut ensuite rien savoir de toi, ça doit briser un cœur encore plus. Pour le savoir, il faudrait demander à ­Frédéric ­Chabot. Car ce type de rejet, il semble l’avoir vécu toute sa carrière.

Cela commença lors de son passage junior. Jugé trop vieux par les ­Voltigeurs de ­Drummondville, ce gardien natif d’Hébertville au ­Lac Saint-Jean devint joueur autonome la saison de ses 20 ans. Il traversa alors à l’autre extrémité du continent pour se joindre aux ­Warriors de Moose Jaw de la ­WHL. Ces derniers l’échangèrent toutefois aux ­Raiders de Prince Albert après 26 matchs. 

Choix des ­Devils du ­New ­Jersey en 1986, ­Chabot ne put se faire une place dans cette organisation, étant libéré trois ans plus tard. Il signa alors comme agent libre avec le ­Canadien de ­Montréal, rejoignant ­André Racicot et ­Jean-Claude ­Bergeron parmi les polices d’assurance pour les rares absences de ­Patrick ­Roy. Il évolua majoritairement dans la ­Ligue américaine, d’abord à ­Sherbrooke, ensuite à ­Fredericton, ainsi que quelques détours dans la ­ECHL.

En 1991, la ­LNH accueillit une nouvelle concession en ­Californie, les ­Sharks de ­San ­Jose. Parmi les règlements en place, chaque équipe établie pouvait protéger 14 patineurs et deux gardiens. 

Par contre, si une équipe perdait un gardien ou un défenseur, elle ne pouvait perdre un joueur à la même position lors de l’expansion suivante, ce qui laissa place à plusieurs mouvements sur l’échiquier des équipes de la ligue. Parmi les joueurs de la liste du ­Canadien, les ­Sharks sélectionnèrent le défenseur ­Jayson ­More. Ne pouvant ainsi perdre un défenseur en 1992, le ­Canadien vit alors ­Frédéric ­Chabot se faire choisir par le nouveau ­Lightning de ­Tampa ­Bay.

Il fut toutefois retourné à ­Montréal dès le lendemain, en retour du gardien ­Jean-Claude ­Bergeron,  qui lui n’était techniquement pas éligible à ce repêchage. Chabot accepta d’être ainsi balloté par deux clubs, et continua son parcours, étant un jour assigné à ­Fredericton, un autre prêté au ­Thunder de ­Las ­Vegas de la ­IHL. Il participa tout de même à 40 minutes dans la grande ligue durant la saison ­1992-93... afin de remplir les exigences minimales pour être éligible à un autre repêchage d’expansion, celui de 1993 où les ­Mighty ­Ducks et les ­Panthers firent leur entrée. Aucune des deux équipes ne le sélectionnèrent.

En février 1994, les ­Flyers obtinrent ­Chabot du ­Canadien en retour d’un montant d’argent. Il participa à quatre matchs avec eux mais n’en commença toutefois aucun. Il fut ensuite assigné au ­club-école des ­Flyers à ­Hershey, où il remporta le trophée ­du meilleur gardien de la ­AHL. Il joua les trois saisons suivantes entièrement dans la ­IHL, premièrement avec les ­Cyclones de ­Cincinnati et ensuite avec les ­Aeros de Houston où il remporta 39 victoires et fut nommé joueur le plus utile à son équipe. Cette prestation lui permit de faire un retour dans la ­LNH avec les ­Kings de ­Los ­Angeles qui lui firent jouer 12 matchs en ­1997-98, son plus haut total en une saison.



À la fin de la saison, la ­LNH reprenait son processus d’expansion avec l’arrivée des ­Predators de ­Nashville. Encore une fois, les jeux en coulisse désavantageaient ­Chabot, qui fut sélectionné. Cela assura ainsi aux ­Kings de voir leurs deux principaux gardiens, ­Stéphane ­Fiset et ­Jamie ­Storr, protégés en vue de l’arrivée des ­Thrashers d’Atlanta l’année suivante. Ne prévoyant pas utiliser ­Chabot, les ­Predators le placèrent au ballotage et il fut rapatrié par les ­Kings. 

Peu de temps après, il fut « dumpé » de nouveau pour ensuite retourner dans les bras d’un de ses ex, lorsqu’il fut réclamé par le ­Canadien au repêchage ­intraligue. Il joua 11 matchs avec le ­CH en ­1998-99 mais joua principalement avec les ­Aeros à ­Houston, où il fit aussi un retour. Si ­Montréal en avait fait sa ré-acquisition, c’était surtout pour répéter la valse de le mettre en vitrine pour un autre repêchage d’expansion, alors que c’était désormais le tour du ­Wild du ­Minnesota et des ­Blue ­Jackets de ­Columbus de joindre les rangs de la ­LNH, pour la saison ­2000-01. Chabot fut ainsi sélectionné par ­Columbus, qui le laissèrent dans la ­IHL lors d’un énième retour pour lui à ­Houston.

Après avoir autant fait la girouette en huit ans, ­Chabot mit ensuite le cap sur le vieux continent. Il disputa quatre saisons en ­Allemagne et une saison en ­Autriche. À sa retraite, il devint entraîneur des gardiens, entre autres avec les ­Oilers d’Edmonton et plus récemment pour le ­Wild. En plus d’avoir été disponible à un record de cinq repêchages d’expansion, ­Fréderic ­Chabot détient aussi le record d’avoir été sélectionné par trois équipes lors d’un de ces repêchages. Il n’a cependant joué pour aucune d’entre elles. Trois « crushs », trois « ­Je t’aime mieux en ami ». J’espère que son cœur s’en est remis.

mercredi 8 mai 2024

Les Roadrunners de Phoenix






 


Les Coyotes de Phoenix/Arizona ne sont plus! Alléluia! 

Ne vous laissez pas influencer par ces tristes 28 fans ou autres Auston Matthews que l'on voit pleurer leur vie sur le fait que l'équipe de leur enfance qui leur a donné envie de jouer au hockey n'existe plus et snif snif snif que c'est triste, etc... etc... etc... 

Non. Les Coyotes sont enfin morts et y'était temps. Oui c'est un peu triste pour la base de fans trahis par un proprio de merde, mais il y avait aussi plein de fans tristes à Québec ou à Hartford et oui MÊME À CLEVELAND! Combien de fans n'ont plus de hockey à Québec et ne s'en sont pas remis? C'est triste pour les fans parce que oui c'est triste de perdre du hockey, le meilleur sport au monde, donc c'est normal de trouver des fans tristes. Et c'est pas comme si les Coyotes n'avaient pas eu 478 autres chances de survivre par le passé. Les résidents payeurs de taxes et les élus ont jamais voulu rien savoir. Alors fuck it. RIP Coyotes, c'est fini et c'est tant mieux et c'est pas trop tôt.

En fait, si les Coyotes ont semblé avoir 9 vies, c'était aussi le cas pour l'autre incarnation du hockey professionnel à Phoenix, les Roadrunners. Oui Roadrunner, comme Will E. Coyote et son éternel ennemi à plumes des Looney Tunes...

Ils n'ont jamais existé aussi longtemps que les Coyotes, mais les Roadrunners de Phoenix ont aussi existé pendant plusieurs décennies, mais sous plusieurs incarnations dans plusieurs ligues, que je vais décortiquer ici pour vous en détails interminables...

WHL (1967-1974)

Le premier club sous ce nom débuta en 1967-68 dans l'ancienne Western Hockey League, qui était à l'époque l'équivalent de le la ligue américaine dans l'ouest nord-américain. Avant de s'installer à Phoenix, la franchise opérait auparavant sous le nom des Comets de Spokane (1958 à 1963), les Invaders de Denver (1963-64) et les Maple Leafs de Victoria (1964 à 1967).

Le club joua ses matchs dans un aréna du nom de l'Arizona Veterans Memorial Coliseum, le même édifice que les Suns de Phoenix occupèrent dans la NBA jusqu'en 1992, et qui abritera plusieurs autres Roadrunners plus tard...

Les premiers Roadrunners ont joué de 1967-68 à 1973-74 dans la WHL, soit jusqu'à la fin de cette ligue suite au développement de la LNH dans l'ouest et l'arrivée de l'AMH lors des années précédentes. Il ne restait alors que six équipes en place dans la WHL et ce sont les Roadrunners qui furent champions de la Coupe Lester Patrick lors de ses deux dernières campagnes.

Parmi les Roadrunners de renom dans la WHL, on retrouve le trifluvien André Hinse, qui termina au premier rang des pointeurs de leur histoire avec 313 points en 277 matchs, ainsi que quelques futurs joueurs de la LNH comme René Robert (qui y joua seulement 7 matchs), l'ancien du CH André Pronovost, Walt McKechnie et Gary «Cobra» Simmons.

J'ai trouvé ce fascinant vidéo d'époque où l'on peut voir l'équipe en action pendant ces années WHL. C'est la première fois que je vois autant de matériel vidéo de qualité de cette ancienne ligue disparue. C'est même très rare. On y voit les débuts de la franchise et plus loin les séries de 1972-73.



Après la fin de la WHL en 1974, l'équipe était assez bien implantée à Phoenix et décida de continuer l'aventure en migrant dans l'Association mondiale de Hockey (AMH) pour la saison 1974-75. J'avais initialement lu quelque part que l'équipe était demeurée presque intacte pour son passage dans l'autre ligue mais il n'y a en fait que 6 joueurs qui sont demeurés en poste à Phoenix, le reste étant de nouveaux arrivants. L'équipe avait toutefois le même coach, Alex «Sandy» Hucul, un ancien joueur des Roadrunners qui avait fait le saut derrière le banc en 1972-73. 

AMH (1974-1977)
Les Roadrunners étaient généralement bons dans l'AMH, du moins pour ses deux premières saisons, étant menés par Dennis Sobchuk et surtout un jeune Robbie Ftorek qui connut deux saisons de 113 et 117 points respectivement. La franchise connut toutefois des déboires financiers et décida de ne pas renouveler le contrat du populaire coach Hucul après la saison 1975-76. 

Ici, je pourrais faire une joke plate comme par exemple «Il a dû tomber su'l'hucul en apprenant la nouvelle» ou quelque chose du genre. Mais c'est pas vraiment mon style.

En plus la page wikipedia de Hucul m'a appris qu'il a longtemps été aux prises d'un cancer du rectum. Ce sont des choses qui ne s'inventent pas et je ne peux juste pas rien dire de plus. Rien.

De plus, on prononce son nom «Huckle» donc c'est même pas drôle.

Hucul fut donc remplacé par l'ancien gardien Al Rollins, ce qui s'avéra une mauvaise décision alors que ce dernier était détesté par les fans des Roadrunners, car il était autrefois le coach de leurs rivaux dans la WHL, les Golden Eagles de Salt Lake City. La saison 1976-77 des Roadrunners fut difficile alors qu'ils terminèrent derniers de leur association et durent vendre plusieurs joueurs pour survivre, dont Ftorek. La franchise fut finalement dissoute après la saison,

Une autre pause vidéo? En fait ici c'est la suite de l'autre de tout à l'heure et on les voit remporter la coupe Lester Patrick dans la WHL. Ensuite on les voit dans l'AMH dans un match contre les Nordiques et comme il s'agissait de la saison 1974-75, on voit les Nordiques dans le fameux chandail avec la Fleur de lys «Québec» dont j'ai parlé l'autre jour. Toute est dans toute man.



CHL (1977)
Après la fin des Roadrunners dans l'AMH, ce ne fut toutefois pas la fin du nom et du logo des Roadrunners puisque l'équipe naquit de ses cendres immédiatement dans une autre ligue, la Central Hockey League, dès la saison 1977-78. La CHL était une ligue sponsorisée par la LNH et chaque club en faisant partie était affilié à un club de la LNH. 

Dans le cas des Roadrunners, il s'agissait d'une double association avec les Rockies du Colorado et les Barons de Cleveland. Comme il s'agissait exclusivement d'une ligue de développement, cette fois-ci, aucun Roadrunner ne suivit l'équipe de l'AMH à la CHL. Mais l'équipe ramena toutefois le populaire Sandy Hucul comme entraîneur-chef. 

Cependant, j'ignore où tout a foiré, mais après seulement 27 matchs et une horrible fiche de 4-20-3, la franchise quitta abruptement la CHL en décembre 1977 et abandonna ainsi les prospects des Barons et Rockies. J'ai lu que l'équipe avait de la difficulté à aligner assez de joueurs à chaque match. J'imagine aussi que les difficultés financières des Barons et Rockies au même moment ne devaient pas aider beaucoup. 

Les Rockies avaient un club-école secondaire de disponible dans la IHL mais les Barons, aux prises avec déjà beaucoup de problèmes, n'avaient même pas de club en backup et leurs prospects se retrouvèrent prêtés à travers les autres ligues mineures. C'était le cas du défenseur John Baby dont j'ai parlé l'autre jour.

PHL (1977-1979)
Oui, ils ont repris les mêmes
programmes et simplement
masqué le CHL dessus...

Quoiqu'il en soit, les Roadrunners firent faux bond à la CHL et migrèrent encore plus profond, soit dans la Pacific Hockey League pour terminer cette saison 1977-78. La «PHL» est une ligue tellement obscure que je n'avais jamais encore eu la chance d'en parler dans ma carrière de blogueur, si ce n'est que très brièvement. Et j'ai parlé de beaucoup de ligues profondes... Disons que j'ai peur pour la suite.

L'origine de la PHL est en fait liée à l'AMH alors que l'idée de sa création aurait eu lieu lors du match des étoiles de l'AMH à l'hiver 1977. Voyant que sa ligue rebelle allait éventuellement fusionner avec la LNH ou carrément disparaitre, le fondateur de l'AMH Dennis Murphy aurait lancé l'idée à d'anciens propriétaires d'équipes de l'AMH de créer une nouvelle ligue mineure dans l'ouest, pour palier à l'absence d'équipes depuis le départ de quelques unes de l'AMH et la fin de la WHL. Plusieurs anciennes équipes défuntes de l'AMH allaient ainsi pouvoir revivre dans la PHL.

Les choses déboulèrent rapidement par la suite et la Pacific Hockey League débuta dès cette saison 1977-78 avec seulement 3 équipes. Je n'ai toujours pas compris pourquoi ils n'en firent pas partie à la base mais bref, les Roadrunners quittèrent la CHL pour la PHL à la mi-saison et vinrent arrondir la ligue à 4 équipes. Ils se rendirent en finale, s'inclinant contre les Shamrocks de San Francisco.

La PHL était toutefois un autre de ces plans foireux digne de l'instabilité du hockey dans les années 70 et la ligue ne put terminer sa deuxième année en 1978-79. Après la fin de la saison régulière, qui vit deux de ses six équipes plier bagage mi-saison, la PHL annula ses séries et ferma boutique. Les Roadrunners, alors en première place au classement, furent sacrés champions par défaut.

Outre Sandy Hucul, les Roadrunners version PHL avaient plusieurs anciens membres du temps de la WHA et même WHL dans leurs rangs, comme le québécois Michel Cormier et l'ancien des Red Wings Howie Young qui appréciaient probablement cette fin de carrière professionnelle au soleil... Il y avait également Jeff Carlson, un des frères Hanson tout frais de son succès dans le film Slap Shot l'année précédente, qui joua l'entièreté de l'existence du club dans cette fameuse PHL.

Donc après 12 saisons d'existence sans interruption (mais dans quatre ligues), les Roadrunners disparurent du radar du hockey professionnel. Ce n'est qu'en 1989-90 qu'ils refirent surface, toujours avec le même logo, mais cette fois dans la célèbre International Hockey League, alors une ligue en plein essor (surtout après la fin des autres ligues discutées précédemment) qui visait l'implantation d'équipes dans de gros marchés. 

IHL
1989-1997


Sans remporter de championnat, les Roadrunners eurent tout de même de bonnes années dans la IHL. Affiliés aux Kings de Los Angeles, ils virent passer plusieurs prospects des Kings dans les années 90 comme Yanic Perreault, Robert Lang, Chris Kontos, Vitali Yachmenev, Sean O'Donnel, Byron Dafoe et Jamie Storr. Ils eurent également comme entraineurs Ralph Backstrom et Gary Unger

Wayne Gretzky a même porté le chandail des Roadrunners lors d'un match d'exhibition à Phoenix entre le grand club et le club-école. Était-ce la première tentation de la merveille envers Phoenix?

Cependant, vous vous en doutez bien, la franchise ne put durer longtemps avec l'arrivée éventuelle d'une équipe de la LNH en 1996 lorsque les Jets de Winnipeg déménagèrent en Arizona. Avant la première saison des Coyotes en 1996-97, le propriétaire Lyle Abraham loua les Roadrunners à un consortium amérindien qui continua d'opérer la franchise malgré la présence des Coyotes dans le portrait. Oui, pendant une seule saison, on vit le Coyote et le Roadrunner en même temps à Phoenix. Les Coyotes jouaient cependant dans un tout nouvel aréna, le America West Arena, tandis que les Roadrunners jouaient toujours dans le vieux Veterans Coliseum de leurs ancêtres. 

Le America West Arena n'était toutefois pas configuré pour le hockey des ligues majeures, ce qui poussa éventuellement les Coyotes à déménager à Glendale, et enclencher le fiasco que l'on connait...

Mais revenons en 1997 où le Coyote, pour la première fois, l'emporta sur le Roadrunner. Ayant subi de lourdes pertes financières et des baisses d'assistances, la franchise des Roadrunners fut retournée à Lyle Abraham et fut dissoute après la saison, sans déménagement dans une autre ville.

Faisons ici une autre pause vidéo et regardons un match de la IHL entre les Roadrunners et les Aeros de Houston. Vous allez revoir plusieurs visages familiers, surtout dans les buts...



Donc on pourrait croire que l'arrivée des Coyotes dans le portrait viendrait sonner le glas à jamais pour les Roadrunners, surtout à Phoenix, mais ce ne fut pas vraiment le cas. 

Et premièrement il faut faire un détour compliqué pour parler des Roadrunners... de Toronto.

Roadrunners de Toronto (AHL)
2003-2004

L'ancien propriétaire des Roadrunners de l'IHL, l'albertain Lyle Abraham, décida quelques années plus tard de retenter sa chance dans le hockey professionnel, cette fois dans la AHL, mais dans un tout nouveau marché plus sécuritaire. Il tenta alors de déménager la franchise dormante des Panthers de Louisville au Ricoh Coliseum de Toronto, un aréna qu'il prévoyait de faire passer de 5000 à 9000 places par un ambitieux projet d'agrandissement. 

Cependant, les Maple Leafs ne voulaient pas de compétition directe dans leur marché (à moins d'en être bénéficiaires) et firent pression auprès des Bulldogs d'Hamilton pour faire avorter le plan d'Abraham. Les Bulldogs, détenant des droits territoriaux dans la AHL, appliquèrent donc leur véto. Abraham ne fut toutefois pas abattu et décida de simplement se porter acquéreur des Bulldogs, pour ensuite les déménager sans encombres à Toronto pour la saison 2003-2004. Les Bulldogs étaient alors le club-école des Oilers et comme Abraham était aussi originaire d'Edmonton, j'imagine qu'il put utiliser ses contacts pour bien faire passer la transaction.

Mais là, vous vous souvenez sûrement des Bulldogs d'Hamilton, le club-école du Canadien durant les années 2000? Comment le club qui aurait déménagé à Toronto aurait pu être ce même club qui a hébergé Carey Price, Jaroslav Halak, P.K. Subban et tant d'autres? Et bien au même moment de l'annonce du déménagement des Bulldogs à Toronto, les Citadelles de Québec déménagèrent à Hamilton et reprirent immédiatement l'identité des Bulldogs... J'ai tu dis que c'était compliqué? 

C'est pour ça que pendant une saison, soit en 2002-03, les Bulldogs furent partagés entre le CH et les Oilers d'Edmonton, les rénovations au Ricoh Coliseum n'étant pas encore prêtes avant la saison 2003-04.

Bref, Abraham retrouva une franchise de hockey professionnelle et la nomma à nouveau sous le nom des Roadrunners, avec une fois de plus le vieux logo dont l'origine remonte aux années 60. Cependant, ce fut très éphémère à Toronto. Des assistances sous les attentes et des problèmes avec les autorités locales suite aux rénovations forcèrent Abraham à regarder ailleurs. De plus, les Oilers désiraient faire jouer leur club-école à Edmonton durant la saison 2004-05, en prévision du lock-out qui allait faire annuler toute la saison. 

Road Runners d'Edmonton (AHL)
2004-2005

On vit donc apparaître une autre incarnation du Roadrunner, cette fois à Edmonton pour combler l'absence de la LNH, et pour une rare fois avec un logo différent (et horrible). En fait cette fois-ci, l'équipe s'appelait Road Runners en deux mots. Pourquoi en deux mots? Je sais pas. 

Cependant, il était écrit dans le ciel que ce déménagement était temporaire et qu'une fois le lock-out terminé, les Roadrunners auraient à quitter Edmonton. On tenta alors de déménager la franchise à Saskatoon, dans un rarissime cas d'échange de franchise ET de ligue où on aurait également fait déménager les Blades de Saskatoon de la WHL (junior) à Edmonton... Je n'ai jamais entendu parler d'une chose du genre auparavant, tellement que je doute de la véracité de la chose, mais pour l'instant je la laisse.

Ouff.... je suis épuisé.

De toute manière, la «transaction» échoua et la franchise AHL des Roadrunners fut mis en suspens. Ce n'est qu'en 2010 qu'elle fut réactivée, lorsque naquit la franchise des Barons d'Oklahoma City, mais cette fois-ci, on s'en doute par le nom, Abraham n'était plus dans le portrait. 

ECHL
2005-2009

En fait, ce dernier avait précédemment vendu le nom et le logo des Roadrunners aux proprios des Suns de Phoenix, qui ramenèrent l'oiseau au bercail une fois de plus, cette fois-ci dans la ECHL pour la saison 2005-06. Pour l'occasion, le logo fut quelque peu mis à jour mais garda la même position que l'original.

Donc, après la WHL (1967-74), l'AMH (1974-77), la CHL (1977-78), la PHL (1977-79) et la IHL (1989-97), les Roadrunners de Phoenix firent un retour sous une 6e incarnation dans une 6e ligue, la ECHL.

Les Roadrunners version ECHL avaient comme président l'ancien des Coyotes Claude Lemieux, mais ce dernier démissionna après une seule saison. Le club joua ses matchs dans l'ancien premier aréna des Coyotes, le America West Arena, mais cette fois-ci reconfiguré avec moins de siège. L'équipe fut plus qu'ordinaire et la franchise fut dissoute après la saison 2008-09, soit seulement 4 saisons dans la cave du classement de la ECHL.

Autre pause vidéo, mais cette fois-ci sans saveur alors que regarder de la ECHL de la fin des années 2000 est pas mal plus plate que des vieux vidéos granuleux des années 60 et 70...


Il n'y a pas vraiment grand chose d'autre à dire sur ces derniers Roadrunners version ECHL, si ce n'est qu'ils ont retiré trois numéros en honneur des anciennes gloires «roadrunniennes» du passé, soit le #8 de Robbie Ftorek, le #3 de Adam Keller, un ancien joueur et DG ainsi que le #4 de Sandy Hucul. 

Le seul joueur notable des Roadrunners ECHL à s'être rendu dans la LNH par la suite fut Daniel Winnik. Sinon, l'équipe employait une mascotte du nom de Rocky Roadrunner, qui datait des débuts des premiers Roadrunners en 1967, soit la mascotte la plus vieille de tous les clubs professionnels de l'histoire de l'Arizona.

Roadrunners de Tucson (AHL)
2016 -

Depuis, et bien il n'y ait jamais eu d'autres clubs du nom des Roadrunners de Phoenix. Mais la tradition continue tout de même en Arizona puisque les Coyotes ont acheté en 2016 la franchise des Falcons de Springfield de la AHL pour la déménager à Tucson en Arizona sous le nom des Roadrunners. Cette fois-ci c'est l'ancien oiseau du logo d'origine qui revint en action, dans un nouveau chandail rappelant celui du grand club.

Ces Roadrunners évoluent donc à Tucson (à environ 1h30 de Phoenix) depuis la saison 2016-17 mais il serait possible qu'ils viennent éventuellement reprendre la place des Coyotes au Mullett Arena de l'Université Arizona, ce qui serait assez ironique... 

Donc il serait possible d'éventuellement revoir les Roadrunners à Phoenix sous une 7e incarnation et une 7e ligue si cela se produit. Je crois honnêtement que ce serait formidable. Cela confirmerait que Phoenix est définitivement une ville des ligues mineures pour le hockey.

Il n'y a rien de mal à ça. Faut accepter ses limites dans la vie. Il y a eu plein de villes géniales et emblématiques des ligues mineures à travers l'histoire. Je pense entre autres à Hershey et ses Bears, Springfield au Massachusetts, Providence, Cleveland, New Haven, Tulsa, Fort Wayne, Kalamazoo, Syracuse, Rochester, etc. Il n'y aurait rien de honteux à inclure Phoenix et les Roadrunners dans la liste.

Bref. c'est à suivre... qui sait si ce ne sera pas plutôt le Coyote qui reviendra d'ici 5 ans...

Voici en complément d'autres photos des Roadrunners à travers les âges, que j'ai piqué sur différents sites et pages Facebook:

Sandy Hucul dans un des premiers chandails des Roadrunners sans le logo.

Le gardien Marv Edwards dans l'uniforme circa 1971. Edwards jouera ensuite deux saisons comme backup avec les Seals de Californie.

Une bonne clope pour Gary Simmons après la victoire de la coupe Patrick en 1973


Originaire de Trois-Rivières, Michel Cormier a joué avec les Roadrunners dans la WHL, AMH et PHL.


Qui dit club-école des Kings dans les années 90 veut inévitablement dire «Bob Jay»






Sources:
Les Roadrunners s'éteignent en douce, Le Soleil, 2 avril 1977
Daniel Chicoine en pays de connaissance, La Tribune, 26 décembre 1977
Fun While it Lasted
The Old Western Hockey League - Facebook