Nous avons récemment appris que Pierre Plante était décédé le 27 septembre dernier, à l’âge de 75 ans. Nous désirons donc offrir nos sympathies à ses proches.
Nous en profitons donc pour faire une brève biographie.
Lors de son passage avec les Rangers de Drummondville, l’ailier droit eut l’occasion de côtoyer des coéquipiers comme Yvon Lambert, Jean Hamel, Marcel Dionne et le futur entraîneur-adjoint des Nordiques et commentateur Alain Chainey. Plante amassa beaucoup de points (il eut une saison de 102 points) et de minutes de pénalité.
Au repêchage de 1971, Guy Lafleur est pris en premier. Marcel Dionne, qui s’alignait à ce moment avec les Black Hawks de St.Catharines de la Ligue de l’Ontario, parti au deuxième rang, choisi par Détroit. Quant à Plante, c’est au neuvième rang qu’il fut sélectionné, par les Flyers.
L’année suivante, il fut assigné aux Robins de Richmond de la Ligue américaine, mais il parvint aussi à jouer 24 matchs avec les Flyers, marquant au passage son premier but, contre Tony Esposito des Black Hawks.
En 1972-73, il joua deux autres matchs à Philadelphie avant de servir de monnaie d’échange avec Brent Hughes pour permettre aux Flyers d’aller chercher un élément qui leur rendra plus tard de grands services, André "Moose" Dupont. De son côté, Plante prit le chemin de St-Louis.Malgré le fait qu’à ce moment, les Blues étaient dans une période chaotique où les changements d’entraîneurs faisaient partie du cours normal des choses. Il marqua 26 buts en 1973-74. La saison suivante, il en marqua 34, incluant des tours du chapeau contre les Flames, les Islanders et les Scouts.
Il y fut pendant deux autres années, mais il ne put répéter ses performances (14 et 18 buts).
En août 1977, Plante entra dans une période instable au niveau de sa carrière lorsqu’il fut échangé à Chicago en retour de Dick Redmond. Après une saison de 10 buts, il fut ses valises à nouveau lorsque les Hawks l’envoyèrent au Minnesota pour compléter un échange du mois de mars précédent, lorsque Doug Hicks s’en alla à Chicago en retour des droits sur Ed Mio, qui jouait dans l’AMH.
Toutefois, les North Stars fusionnèrent ensuite avec les Barons de Cleveland et se retrouvèrent ainsi avec un surplus d’effectif. Ils soumirent donc Plante au ballotage en septembre, pour être réclamé par Détroit. Par contre, les Wings décidèrent finalement de ne pas retenir ses services. Moins de trois semaines plus tard et avant le début de la saison 1978-79, ils le resoumettent au ballotage. Cette fois, ce furent les Rangers qui lui firent signe.
Si sa production baissa à 6 buts et 25 buts, il eut par contre l’occasion de finalement faire partie d’une bonne équipe. Auparavant, il avait fait partie de formations au mieux moyennes. Les Rangers étaient alors dirigés par Fred Shero, que Plante avait côtoyé au début de sa carrière à Philadelphie, et sans être dominants, ils présentèrent une fiche très respectable de 40-29-11. Et lors des séries, il eut l’occasion de participer pour une première fois à un long parcours en séries.
Après avoir éliminé les Kings et les Flyers, les Rangers durent affronter leurs voisins, les Islanders en demi-finale. Jeune équipe en pleine montée, les Isles terminèrent en tête du classement en saison régulière. Toutefois, les Blueshirts, menés par le vétéran Phil Esposito, causèrent alors la surprise et accédèrent à la finale, qu’ils perdirent ensuite contre Montréal.Lors du repêchage d’expansion qui suivit, Plante fut laissé sans protection. Les Nordiques tenaient à sa sélection et en firent ainsi leur quatrième choix. À ce moment, Marcel Aubut l’accueillit à bras ouverts (au sens littéral!). Si sur le coup, le natif de Valleyfield affirma qu’il était heureux de prendre la direction de Québec, il avoua plus tard qu’après avoir atteint la finale, il était déçu de quitter New York. Il faut dire qu’après leurs sept années dans l’AMH, la première saison des Nordiques s’annonçait difficile.
.Plante participa au premier match dans l’histoire des Fleurdelysés dans la Ligue nationale le 10 octobre 1979 contre Atlanta.
Le 28 octobre au Colisée, il marqua le but égalisateur contre Michel Larocque dans ce qui fut la première victoire de l’équipe contre Montréal, par la marque de 5-4.
Le 3 février, toujours au Colisée, il compta le but gagnant contre Doug Soetaert dans une victoire de 3-2 contre son ancienne équipe, les Rangers.
Les moments heureux furent toutefois peu nombreux. Après un début de saison convenable, les choses ont légèrement dérapé pour Québec, et ce n’est pas Plante qui put freiner la chute. Au total, il ne marqua que quatre buts. Il eut des moments difficiles, fut hué par la foule et fut même cédé aux Firebirds de Syracuse de la Ligue américaine.
À la fin de la saison, frustré, il fit des déclarations qu’il affirma plus tard regretter. Il traita l’entraîneur Jacques Demers de meneur de claques et dit que son adjoint André Boudrias avait joué dans le dos de certains joueurs Il les a aussi tous deux traités d’incompétents. Le directeur-gérant Maurice Filion, qui l’avait déjà eu sous ses ordres avec les Rangers de Drummondville, répondit que Plante était aigri. Il souligna aussi qu’il avait joué pour trois équipes en trois ans, en plus d’avoir appartenu à deux autres pendant la même période.
Au camp d’entraînement de 1980, Maurice Filion avait remplacé Demers derrière le banc. Malgré qu’il lui restait deux années de contrat, Plante fut remercié avant le début de la saison, ce qui signifia sa retraite du hockey.
Si Plante eut une belle carrière de 599 matchs, avec 125 buts, 172 passes et 297 points, on retient un peu trop souvent ses malheureuses paroles prononcées sous le coup de la frustration.
Il fut par la suite entraîneur-adjoint des Élites (aujourd’hui Braves) de Valleyfield. Il a aussi travaillé pour le fabricant d’équipement Itech, dans la vente de chariots élévateurs et été superviseur d’entrepôt, avant de prendre sa retraite.
Sources :
Clairoux, Benoit, Dumont, Pierre-Yves, Il était une fois les Nordiques : 100 joueurs racontent, Édition Sylvain Harvey, 2024, pages 170-171,
″Heureux, Plante recherche tout de même la sécurité″ de Maurice Dumas, 14 juin 1979, Le Soleil, page C1,
″Syracuse à la rescousse″ de Maurice Dumas, 18 février 1980, Le Soleil, page C3,
″Les déclarations de Pierre Plante : coup d’épée dans l’eau″ de Maurice Dumas, 7 mai 1980, Le Soleil, page C2,
″Maurice Filion et le bilan des Nordiques (1) – Des doutes sérieux sur Jacques Demers″ de Maurice Dumas, 8 mai 1980, Le Soleil, page C1,
″Nordiques 1979-80 : Pierre Plante a été ébranlé de quitter New York pour Québec″ de Stéphane Cadorette, 12 octobre 2019, Journal de Québec (journaldequebec.com),
″Décès du hockeyeur Pierre Plante″ d’Éric Tremblay, 2 octobre 2026, Le Saint-François (journalsaint-francois.ca),
hockey-reference.com.








