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mardi 22 novembre 2022

La grande excursion du lancement LVEUP 2022


Benoit Harbec (keithacton), Martin Sasseville (Martin ITFOR), Mathieu Gravel (RaySheppard) et Etienne Hallé (Kirk McLean) réunis les quatre en personne pour la première fois!





Ouffffff.... Quelle épopée. J'ai rarement vécu une fin de semaine aussi paquetée et intense. Et j'ai déjà eu des passes VIP gratuites pour Osheaga et Heavy MTL...

C'était le vendredi 11 novembre dernier qu'avait finalement lieu le lancement de notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» lors d'une soirée 5 à 7 qui s'est étirée jusqu'à environ 21h pour la plupart, mais beaucoup plus dans mon cas alors que le lancement n'était qu'une partie de tout ce que j'avais à l'horaire durant cette fin de semaine. Comme j'ai fait beaucoup de route et vécu toutes sortes d'aventures durant ces quelques jours, j'écrivais un peu ce texte dans ma tête en conduisant et en parlant tout seul dans mon char. J'ai donc pensé ressasser tout ça quelques jours plus tard sous la forme d'une excursion LVEUP, ce qui vient d'ailleurs parfaitement compléter le concept de nos excursions 2021-22 de l'an dernier... Mais tout ça était bien plus qu'une simple excursion pour un match, alors ce sera un texte assez différent avec tout plein d'anecdotes et de trucs personnels.

Voici la grande excursion LVEUP 2022, un histoire divisée en 3-4 temps...

Mon périple commençait le vendredi au matin. Comme c'est moi qui était le principal chef d'orchestre de ce projet de livre, j'avais passé la semaine précédente à préparer cette soirée de lancement et les livraisons subséquentes pour ceux qui avaient précommandé. J'avais paqueté mon char la veille et après avoir amené mon garçon à l'école, j'ai immédiatement pris la route pour me taper ces cinq-six heures interminables entre Alma et Montréal.

Je suis arrivé dans la métropole vers 14h, ce qui me laissait amplement le temps d'aller me virer à la Grande Bibliothèque Nationale afin d'y livrer nos deux exemplaires pour remplir les conditions du dépôt légal. On retrouve donc dans la plus grande bibliothèque du Québec une copie de notre livre offerte au grand public et une autre dans les archives nationales. Un bon début on peut dire!

J'avais ensuite à me rendre à mon Airbnb faire mon check-in avant de retourner au «Café-Boutique les Malins», là où avait lieu notre grand lancement. Opéré par la maison d'édition jeunesse "Les Malins", le café est encore tout jeune alors qu'il n'a ouvert que l'an passé. J'ai été grandement surpris de l'endroit une fois arrivé alors que j'ignorais qu'ils ont un sous-sol exclusif pour enfants avec jeux, coussins, glissade et plein de choses, ce qui laisse le champ libre aux parents de rester au rez-de-chaussée pour prendre une bière ou un café. Comme notre clientèle tourne pas mal aux alentours des 35-50, c'était très approprié comme endroit et toutes ces petites familles ont pu bien profiter de leur soirée. J'avais d'ailleurs apporté un écran et ma console rétro pour y mettre des jeux de hockey comme Blades of Steel et Ice Hockey. J'étais d'ailleurs très content de voir plusieurs jeunes s'y essayer contre leurs parents.

Le lancement s'est super bien déroulé, malgré qu'il y avait de grosses averses ce soir-là, ce qui a sans doute refroidi plusieurs visiteurs potentiels. La route était même bloquée à certains endroits et Kirk McLean a eu de la difficulté à retourner à Victoriaville en fin de soirée. Mais on a quand même eu un bon groupe de lecteurs et d'amis qui s'y sont déplacés, surtout des amis de longue date de Martin qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps. keithacton avait toute sa famille qui l'accompagnait et Kirk McLean avait aussi quelques membres de sa famille qui s'étaient déplacés. Moi pour ma part, je n'ai presque plus d'amis ou de famille à Montréal et les environs, la plupart étant retournés en région comme moi ou ailleurs dans le monde. J'ai quand même revu ma vieille chum amie Sophie et mon pote Juair que je remercie d'ailleurs de s'être déplacés.
 
On est assez cons parce qu'on a presque pas pris de photos à part celle du haut avec les quatre auteurs. En voici une des seules qu'on a pris, soit de Kirk McLean et sa cousine Anne-Marie qui posent devant ma fameuse œuvre «Passe-temps perdus 1990» que j'avais décidé d'amener quand j'ai vu qu'il restait un peu de place par dessus toutes ces boites dans mon auto.


 
On avait un tab d'ouvert au bar et même si j'en ai pas abusé, je me suis ramassé pas mal pompette vers la fin. J'ai alors tout laissé sur place dans le backstore, et j'allais repasser le lendemain matin chercher tout ça. Le lancement derrière moi, j'étais donc prêt à passer en mode plus relax et à profiter un peu de ma fin de semaine. C'est alors que mon côté loup-garou montréalais est ressorti…

Pour vous mettre en contexte et diverger un peu, je fais partie de cette rare race de «double expatriés». 
 
Je m'explique. Je suis originaire du Lac-St-Jean mais j'ai habité à Montréal de 2004 à 2014 soit un bon dix ans. Lorsque tu viens de la région et que tu t'installes à Montréal, tu es surnommé comme étant un «expatrié du Lac», ce qui a toujours eu une drôle de connotation selon moi. Ça sonne un peu comme «réfugié» ou «exilé» ou autre terme un peu plus dramatique. On pourrait croire que cela réfère à quelqu'un qui n'est pas à sa place ou qui a été déplacé contre son gré.

Lorsque tu reviens en région eh bien on a pas vraiment de terme pour ça. Tu as simplement fait un «retour en région» ou «retour au bercail» ou «retour aux sources», ce que j'ai fait en retournant au Lac-St-Jean avec ma future épouse. Mais moi je me considère davantage comme un «expatrié de Montréal» alors que je vie une dualité depuis des années où je suis tiraillé par mes deux vies, soit celle de maintenant plus pépère en région et celles avec mes fantômes du passé à Montréal. Je connais plein de gens de région qui détestent Montréal et vice-versa, des gens qui sortent tout plein de préjugés inutiles qui ne mènent à rien. Moi je suis fier et heureux d'habiter au Lac-St-Jean et j'ai quand même adoré à mort mes années à Montréal. Et quand je me retrouve dans une de ces deux places, je m'ennuie de l'autre et vice-versa. Cependant, j'ai bien laissé tout ça derrière moi et je ne suis retourné que très peu de fois à Montréal depuis 2014. Quand je revenais, c'était lors de visites éclairs pour le travail ou bien pour porter quelqu'un à l'aéroport ou quelque chose du genre. Même qu'une fois c'était pour des funérailles d'un ami décédé du cancer. Donc rien de bien palpitant...

Mais, lors de cette fin de semaine du lancement, je me retrouvais donc un peu pompette et sans responsabilités, en plein vendredi soir pluvieux sur l'avenue Mont-Royal et je me suis rendu compte que c'était la première fois que j'étais «lâché lousse» à Montréal depuis cette époque lointaine. Je me suis aussi rendu compte que j'avais vraiment faim, n'ayant pas vraiment mangé autre chose que des petits snacks lors du lancement parce que j'étais trop occupé à courir de gauche à droite. J'ai donc pu renouer avec ce plaisir montréalais qu'on appelle «tomber random sur un restaurant de Shawarma et trippe-bouffer ta face à 23h du soir avec une orgie de saveurs dans yeule».

J'en bave encore…

Je ne savais pas que je m'ennuyais autant de ça. Mais je pourrais qualifier ça comme étant un clash culturel, surtout depuis la pandémie et tous ces problèmes de main d’œuvre. Au Lac, c'est devenu impossible de trippe-bouffer le soir… Il n'y a pratiquement plus aucun resto ouvert la nuit alors qu'ils ferment tous les uns après les autres ou opèrent durant des heures réduites. Beaucoup de références sûres de longue date ont même fermé leurs portes dans les dernières années et même McDo ferme désormais à 22h max si c'est pas avant. Et quand tu trouves quelque chose d'ouvert et bien ce n'est pas vraiment de la grande gastronomie diversifiée en dehors d'une poutine ou d'un burger.

Bref c'est un des côtés qui me manque de Montréal et c'était donc le Shawarma le plus satisfaisant de l'histoire.

Ce petit détour culinaire était un exemple de ce que cette fin de semaine libre à Montréal allait me proposer, soit un retour nostalgique dans le temps de mes années de foire à Montréal. Encore une fois je ne reviendrais pas forcément à cette époque mais une fin de semaine c'est pas mal juste assez long pour tout rassembler ensemble ce qui te manque de Montréal.

Je suis ensuite parti me coucher car il mouillait et je devais me lever assez tôt pour commencer les livraisons. Comme vous le savez peut-être, on a décidé de faire une grosse partie des livraisons des précommandes en personne. Les tarifs de Poste Canada étant exorbitants, on a décidé de procéder de la sorte histoire de respecter notre budget. Plusieurs étaient surpris de ce choix mais c'était vraiment plus logique, surtout pour moi qui devait de toute façon passer par Sainte-Anne-des-Plaines voir de la famille le dimanche. J'ai en plus une auto hybride-branchable donc les coûts en essence sont pas mal moindres.

Mon planning était le suivant; Île de Montréal le samedi et ensuite Rive-Nord, Trois-Rivières, Québec et le Saguenay le dimanche. C'était, on pourrait dire, «ambitieux», pour ne pas dire «totalement débile».

Je suis d'abord parti déjeuner le samedi matin au même endroit que la veille, Les Malins, histoire d'essayer enfin la place et de ramasser mon stock. J'allais ensuite rejoindre mon vieux pote Fred qui était bien partant pour un projet du genre, histoire de passer la journée à jaser, boire du café et fumer des clopes en bonne compagnie. Il m'a grandement aidé en tant que co-pilote et on s'est même payé la traite en se permettant un break au Toys "R" Us des Galeries d'Anjou. On a terminé toutes ces livraisons vers 17h, il ne me restait alors que quelques adresses dans l'ouest de l'Île le lendemain matin.

J'avais donc encore ma soirée de libre et je me suis alors tapé un trip nostalgie. Déjà que mon Airbnb était situé dans le même pâté de maison du Mile-End où j'habitais auparavant, je me suis dirigé à pied vers l'aréna McConnell pour aller revoir mes anciens Redbirds de McGill adorés. Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez que les Redbirds *anciennement Redmen* sont une de nos équipes fétiches sur ce blog. C'est même lors d'un match en 2011 que j'ai rencontré Martin et plus tard Benoit, mes collègues du blog, et que je fus invité plus tard à me joindre au groupe. Cependant, ça faisait probablement depuis 2013 ou 2014 que je n'y étais pas allé, les rares fois que j'ai pu revenir à Montréal ne coïncidaient pas vraiment dans mon horaire pour un petit match universitaire. Mais en ce samedi de novembre, un match McGill contre les Paladins de RMC (le Royal Military College de Kingston) était à l'affiche et je n'avais d'autres choix que de finalement retourner à McGill.

Le bon vieux Aréna McConnell

Je prévoyais tout d'abord y aller tout seul mais ce cher keithacton a finalement accepté de venir avec ses deux fils. Il est toutefois arrivé à la deuxième période, ce qui n'était pas trop grave car j'ai pu ainsi prendre tout le temps de me remettre dans l'ambiance. C'était vraiment particulier de remettre les pieds dans cet aréna car c'est durant mes premiers matchs ici que j'ai réellement assimilé un des «principes» de LVEUP, celui d'apprécier le hockey peu importe le niveau. Je m'intéressais pas mal juste à la LNH et l'histoire de la LNH à l'époque et ma découverte de ce niveau cruellement oublié qu'est le réseau universitaire canadien a été une révélation. De plus que ces premiers matchs étaient durant la fameuse saison 2011-12 où les Redmen étaient dominants et en route vers leur premier championnat canadien, en plus de la Queen's cup.

Lors de la première période de ce retour McGillien, j'ai de nouveau été frappé par cette enivrante ambiance. Je crois que c'est parce qu'il s'agit d'un petit aréna intimiste mais le niveau de jeu est tellement rapide et excitant, c'est vraiment dommage que ce n'est pas autant connu, quoique depuis 2011 je crois que plusieurs avancées populaires ont été faites, il y a même une équipe en train de se développer près de chez moi à l'UQAC. Il y avait aussi une très bonne foule à ce match, du moins plus que la moyenne qu'on avait l'habitude de voir autrefois.

J'ai vu plusieurs matchs de toutes sortes de niveaux durant la dernière saison mais il y a pas grand chose qui accote l'Universitaire pour moi. Même notre match de la ECHL n'était pas aussi bon. Le match était à 1-1 après une période et ne s'est terminé finalement que 2-1 en faveur de McGill mais c'était vraiment un bon match. Seule affaire poche, cette étrange décision des organisateurs de délaisser le papier. Plus de billets et plus de programmes… Je suis un gars très écolo mais ça je trouve ça inutile. En plus, pas moyen de payer avec Interac. Tu devais te rendre sur leur site avec ton cell et acheter le billet en ligne avec ta carte de crédit. Tu reçois ensuite un billet PDF par e-mail que les filles scannent à l'entrée. Cependant je voyais dans la file plusieurs personnes plus âgées avec leurs billets électroniques… imprimés. Heille, vive le paper-free...


Quelque part dans l'obscurité en haut de la colline de l'avenue du Parc se trouve l'Aréna McConnell

Les bannières de la glorieuse saison 2011-12, meilleure équipe que j'ai suivie en personne durant ma vie.

Un match rouge contre rouge, Redbirds contre Paladins.

Toutefois je peux comprendre pour les billets, c'est beaucoup de logistique. Mais come on. Ayez au moins une machine Interac! C'est quoi ce bordel? Ah oui c'est McGill: «What the fuck are you thinking?» En plus, le restaurant acceptait Interac… Bref c'était chiant. Je m'ennuyais surtout de ces précieux programmes avec les alignements et les stats. Quelques feuilles 8 1/2 x 11, est-ce que ça pèse vraiment dans la balance? La fille à l'entrée me dit «It's all online now.» Et moi de lui répondre «Well, online sucks».

Depuis mes visites régulières il y a de ça bientôt une dizaine d'années, ils ont refait un peu la déco dans le lobby de l'aréna et j'aimais bien ces quelques photos en dessous du comptoir du restaurant célébrant la longue histoire de McGill, la plus vieille équipe de hockey au monde je vous le rappelle. Il y avait aussi une belle photo grand format de l'équipe championne de 2012.






Après ce bon match nostalgique, j'ai décidé de continuer dans la même veine et de retourner à un autre de mes spots du passé, le bar L'Escogriffe. Bien que je ne connais plus aucun membre du staff ni même aucun des réguliers présents, je m'y suis amusé comme dans le temps, avec en prime un bon show du groupe les Saints Martyres qui lançaient leur album. Tout un show intense qui faisait du bien, en plus c'était totalement improvisé car je pensais même pas me rendre au bar et plutôt rester sage… mission ratée.
 
Durant le show, je me suis mis chummy avec un gars qui venait d'Allemagne. Je discute avec de la vie à Montréal, de musique, je lui parle du livre, etc. Plus tard, il mentionne qu'il vient d'une ville que je ne connais probablement pas; Cologne. Je lui dis «Ben, je connais les Sharks de Cologne de la ligue DEL.» Il part à rire et me dis «Wow, ok oui tu es vraiment un nerd de hockey.»

Après cette autre soirée arrosée à me coucher trop tard (quoique moins tard que dans le passé), je me devais de me lever assez tôt pour continuer mes livraisons. J'avais alors cette face ci-jointe:


«ouf....»


Après cette pause ravitaillement en liquide, il me restait une demi-douzaine de spots à faire dans Westmount, Côte-des-Neiges, Verdun et Lachine avant de monter au Nord par St-Jérôme, Ste-Anne-des-Plaines, Terrebonne, etc... C'est alors que le doute commença à s'installer dans mon esprit… et la fatigue. Mon plan d'être de retour à Alma en fin de soirée allait-il tenir la route? Après une pause dîner chez ma tante à Sainte-Anne-des-Plaines et quelques autres livraisons, il était déjà 16h30, il faisait déjà noir et je n'étais rendu qu'à Joliette…

Après mes livraisons à Trois-Rivières où il commençait à neiger, je devais me rendre à l'évidence qu'il fallait mettre une croix là-dessus. J'ai callé ma boss pour lui dire que je rentrerais pas lundi et j'ai appelé mon chummy André-Pier pour qu'il m'héberge à Québec pour la nuit. André-Pier est également celui qui a révisé en partie le livre. J'avais donc plus de lousse pour terminer ces foutues livraisons en toute sécurité le lundi matin. En plus, cela m'a donné un peu de temps pour dénicher un point de vente du livre à la Librairie Pantoute dans le Vieux-Québec, ce que je n'aurais pas eu le temps de faire durant la fin de semaine.

Après ma dizaine de livraisons à Québec, il ne me restait plus que le Saguenay avant de rentrer à Alma. J'aurais bien pu remettre ça à plus tard durant la semaine ou même l'autre fin de semaine mais je préférais crever l’abcès tout de suite. Tant qu'à être fatigué… J'ai donc terminé cette énorme et intense batch de livraisons en passant par La Baie, Chicoutimi et Jonquière pour finalement arriver chez moi vers 18h.

J'étais tellement crevé à ce moment que ça dépassait l'entendement. Faire autant de route en si peu de jours, je me parlais tout seul dans mon auto et je me surprenais à devenir beaucoup trop émotif en écoutant ma playlist et en chantant des tounes de The Cure à tue-tête… Il était grand temps que je rentre chez moi. Une fois finalement arrivé, ça m'a pris environ trois jours pour me sortir de ce décalage et cette accumulation de fatigue.

Et après cette difficile semaine de travail écourtée, c'était le temps du deuxième lancement, celui d'Alma le vendredi 18 novembre dernier. Cette fois-ci j'avais bien moins de route à faire et comme la soirée correspondait à mon 40e anniversaire, ma charmante épouse s'est pas mal occupée de tout puisque nous avons combiné les deux événements ensemble. Nous avons fait ça à un endroit nommé IQ L'atelier, une chouette salle d'exposition bien située au centre-ville. C'était vraiment l'endroit parfait pour faire le lancement tel que j'avais imaginé. Celui de Montréal était super mais il faut avouer que la configuration n'était pas optimale pour tout ce que j'avais en tête. À celui d'Alma, j'avais un plus grand endroit mieux adapté pour y installer ma console rétro et j'avais surtout à ma disposition un grand écran avec projecteur.
 
Dans mes temps perdus lors des semaines précédentes, j'avais monté un long vidéo avec des clips de hockey vintage volés sur YouTube et ça a vraiment fait fureur. Je n'avais cependant pas pu le projeter à Montréal, n'ayant pas vraiment de place ou d'écran à ma portée. Même mes oncles plus vieux se demandaient où j'avais pu trouver autant de vieux trucs. Un d'eux a vraiment fait le saut en revoyant un vidéo des Golden Seals. Ça ressemblait à un flashback du Vietnam…















Comme vous pouvez voir, j'ai plus de photos de celui à Alma, courtoisie de mon ami Gabriel Dumouchel a.k.a. BobKudelski que je remercie d'ailleurs pour son assistance durant toute la soirée et les mois passés. Il m'a notamment aidé à monter à la main les petits paquets de cartes LVEUP et aussi les enveloppes d'expédition. On a bien rigolé durant ces séances et on a même des projets «en développement» pour le futur de LVEUP. C'est à suivre cependant et j'en dirai pas plus…

Bref ces deux lancements et ces livraisons ont été deux semaines assez intenses. Le fait d'avoir eu 40 ans au travers de tout ça explique probablement pourquoi je suis autant fatigué. Même que ça a été difficile de puiser l'énergie pour écrire et finir ce texte… Je crois aussi que ça provient de la culmination de ce long projet et que l'adrénaline redescend ou quelque chose du genre.

C'était rock'n'roll.

Merci à tous ceux qui se sont déplacés aux lancements, les autres qui ont précommandé et qui ont reçu ou recevront bientôt leurs copies (ça s'en vient). J'ai aussi bien aimé jaser un peu avec les quelques personnes qui étaient présentes lors des livraisons.

Pour la suite, nous allons faire un décompte des copies restantes, livrer à quelques bibliothèques et de possibles points de vente supplémentaires, et ensuite contacter ceux qui ont fait des demandes pour de nouvelles commandes postales. Il nous reste à déterminer le prix final pour ça mais encore là patience, ça s'en vient.

Encore merci à tout le monde pour votre appui et on espère que le livre vous plait.


dimanche 20 novembre 2022

Réunion de famille


À une certaine époque, la famille Conacher était presque une forme de royauté dans le monde du hockey. Les frères Lionel, Charlie et Roy ont tous accédé au Temple de la renommée. Bert, le frère jumeau de Roy, avait aussi beaucoup de talent, mais la perte d’un œil lors d’un accident alors qu’il jouait au hockey avec ses frères l’empêcha d’accéder à la LNH. Lionel, qui était aussi un redoutable joueur de football, de crosse et de baseball, fut nommé le meilleur athlète pour la première moitié du XXe siècle au Canada. Les cinq sœurs de la famille avaient apparemment aussi de grandes capacités athlétiques, mais à cette époque, le sport féminin était peu développé.

Pour ce qui est de la génération suivante, le fils de Charlie, Pete, et celui de Lionel, Brian, tout comme leur cousin, Murray Henderson, ont également joué dans la Ligue nationale. Quant à Lionel Jr, c’est plutôt dans la Ligue canadienne de football, avec les Alouettes, qu’il joua.

Tout ça pour dire que les liens familiaux étaient forts dans cette famille sportive. Par contre, le sport, c’est le sport…

En 1929-30, Charlie jouait sa saison recrue dans sa ville natale, avec les Maple Leafs. Pendant ce temps, Lionel en était déjà à sa cinquième saison dans la grande ligue. Il n’habitait plus en ville, s’alignant avec les Americans de New York.

Lorsqu’ils s’affrontaient, les deux frères avaient habitude de se laisser tranquille. Par contre, lorsque Lionel prit pour cible le pourtant robuste Red Horner, Charlie se sentit obligé d’intervenir. Après un échange de bâtons élevés, les frangins se dirigèrent vers le banc des pénalités. À ce moment, les deux s’approchèrent de l’autre, en s’agitant et en gesticulant. Lionel se mit alors à se lamenter, mais les récriminations qu’il avait pour son jeune frère n’étaient pas nécessairement celles que les spectateurs présumaient.

-Je n’ai pas pu aller à la maison aujourd’hui. Papa et maman vont bien?

-Oui, mais ils se demandaient pourquoi tu n’étais pas venu, répliqua Charlie.

Après avoir purgé leur pénalité, en sortant du banc, Lionel agrippa le chandail du frérot. Charlie répliqua en lui passant son bâton sous le nez.

-Tu diras à maman que j’irai la voir lors du prochain voyage, lui dit Lionel pendant que la foule s’agitait.

L’histoire ne le dit pas, mais on suppose que le message s’est rendu à destination.

Pour Lionel, il s’agissait peut-être d’une répétition, puisque quelques années plus tard, il ajouta la lutte professionnelle à ses activités.

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 96, 106-107.

jeudi 10 novembre 2022

Trève de hockey : Stu Nahan

"À mes côtés, mon partenaire encore ce soir, Stu Nahan"  | Rocky II (1979)



Lorsque RaySheppard a finalement reçu notre magnifique livre "Le meilleur de La Vie Est une Puck", il nous a fait parvenir une petite vignette où on le voit enlever un livre de sa collection afin d'y insérer notre "best of". Le livre qui a perdu son "spot" de façon peu cavalière, c'est ce que Ray qualifie de "pire livre de hockey".

Dans ce ramassis de Carl Johnson, outre de nombreux cliparts et au milieu de citations pas rapport, il y a une page avec la photo d'un jeune gardien de but, Stu Nahan, accompagné d'une simili biographie. 

Ce qui attira d'abord mon attention, outre la bouche ouverte de Stu, fut qu'il est inscrit "Rocky Movies" dans la "biographie". Étant ancien boxeur et ayant mon fils aîné qui pratique également le noble art, les films de la série "Rocky" et "Creed" ont joué en boucle sur nos télévisions. Après une brève recherche Google / IMDB, Stu Nahan joue effectivement son propre rôle, étant un des commentateurs pour presque tous les combats de boxe présentés dans les films mettant en vedette Rocky Balboa Sylvester Stallone.

"What started out as a joke has turned out to be a disaster". | Rocky IV (1985)

Alors que Carl Johnson essaie de nous faire croire dans son torchon que Stu Nahan est né à Montréal, il est plutôt né à Los Angeles le 23 juin 1926. Sa famille déménagea toutefois au Canada deux ans plus tard. Il put ainsi, en grandissant, apprendre le hockey, jusqu'à devenir le gardien des Redmen de l'Université McGill. Les Maple Leafs le mirent sous contrat en 1946 et le retournèrent en Californie, avec les Monarchs de Los Angeles. Malheureusement pour lui, sa carrière de hockeyeur stagna et il prit sa retraite du hockey. Il se dirigea alors vers le monde des communications. C'est pour une émission pour enfants à Sacramento qu'il commença sa carrière, avant de déménager au New Jersey et personnifier "Captain Philadelphia" pour un programme jeunesse d'une station de Philadelphie. 

La version Stu Nahan de "Capitaine Cosmos"

Sa connaissance du sport lui permit alors de devenir commentateur sportif, tout d'abord pour les nouveaux Flyers de Philadelphie (NHL), ainsi que pour les matchs des Eagles de Philadelphie (NFL) à CBS. Il revint plus tard sur la côte californienne en tant que lecteur de nouvelles sportives et commentateur pour de nombreux événements sportifs, en plus de faire partie de l'équipe de description des matchs des Dodgers de Los Angeles (MLB). C'est ainsi, qu'à partir de 1976, il fit des apparitions dans 14 productions hollywoodiennes, toujours dans son propre rôle. Sa dernière prestation dans un film fut dans le 6e opus de la série "Rocky", alors que c'est sa voix qu'on entend comme commentateur du combat "jeu vidéo".

Il est décédé en décembre 2007, à l'âge de 81 ans.



samedi 5 novembre 2022

On ne niaise pas avec Gordie Howe


En 1981, Phil Esposito venait tout juste de prendre sa retraite des Rangers. Après s’être rendu compte que d’être assistant-entraîneur d’une équipe composée de ceux qui étaient ses coéquipiers quelques semaines auparavant n’était pas une bonne idée, il se résolut donc à s’éloigner.

Pour s’occuper, il décida donc de jouer des matchs d’anciens joueurs. La formation à laquelle il se joignit comprenait entre autres Gordie Howe et Bobby Hull. Bien que ces deux derniers étaient alors âgés de 52 et 42 ans, ils venaient eux aussi à peine de prendre leur retraite, à la fin de la saison 1979-80 dans leur cas.

La première partie à laquelle Esposito a pris part avait lieu à Stamford, au Connecticut. L’adversaire était une équipe composée de jeunes professionnels, avocats, courtiers, dans la vingtaine ou dans la trentaine.

Ayant la jeunesse de leur côté, et quand même un certain talent, les professionnels sautèrent sur la glace et se mirent à patiner à toute vitesse. Les anciennes gloires les regardèrent et se dirent qu’ils prenaient peut-être la rencontre un peu trop sérieusement.

Gordie Howe se dirigea alors vers l’autre équipe et dit à l’un d’eux de lever le pied et de ne pas humilier leurs aînés. Sa réponse fut :

-Alors le vieux, tu ne peux pas suivre?

S’en suivit ensuite la mise au jeu. Esposito s’empara de la rondelle et la passa à Hull à sa gauche. Lorsqu’il tourna la tête vers sa droite, il s’aperçut que Howe n’y était pas. Il se rendit toutefois compte que sur le bord de la bande, il y avait un vacarme incessant. Le vieux Gordie y était très occupé à faire un mauvais parti à son nouvel "ami", qui criait de douleur. Howe lui répliqua alors :

-Lève-toi, foutu minable! Je t’ai pas frappé si fort..

Esposito lui demanda alors ce qui c’était passé. Howe lui répondit alors qu’il l’avait dardé dans les bijoux de famille et que ça devrait le ralentir.

Howe se dirigea ensuite vers le banc adverse, et il demanda si quelqu’un d’autre voulait l’humilier. Après avoir posé sa question une deuxième fois, il n’eut toujours pas de réponse.

Lorsqu’Esposito lui dit qu’il était fou, la réponse de Howe fut qu’il ne les laisserait pas le rabaisser.

Source: Esposito, Phil & Golenbock, Peter, Thunder and Lightning: A no – b.s. hockey memoir, McClelland & Stewart, Toronto, 2003, pages 200-202.