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vendredi 24 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #10



Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9


La Presse, 26 janvier 1920

Nous sommes désormais au 10e match de la saison 1919-20 des Bulldogs. Je vous avoue être un peu sur le pilote automatique car je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire ces articles et certains matchs comme celui-ci n'ont pas grand chose d'intéressant à nous mettre sous la dent. Les Bulldogs sont mauvais et se font déclasser de match en match. C'est pas mal ça le résumé. Dans les premiers matchs, je pouvais parler des différentes expériences du gérant Mike Quinn au niveau de son faible alignement mais depuis quelques matchs, c'est essentiellement le même line-up.

Donc, pour ce match je vous retranscris ici le résumé du journal Le Soleil du 26 janvier 1920 avec mes commentaires en rouge...



-------- Malgré une vaillante lutte brillamment soutenue pendant les deux premières périodes, le club Québec a encore été défait, samedi dernier, par son ancien rival - le Canadien. La résistance fut vraiment superbe durant quarante minutes, mais toute chance de succès disparut dans le troisième temps. En dépit de l'absence de Pitre et de Donald Smith, l'équipe de Kennedy put s'approprier la victoire.

Le résultat final fut de 8 à 4 en faveur du club montréalais. Le Canadien l'emporta principalement par la supériorité de son gardien de gaules (première fois que je vois cette terminaison), celle de la rapidité des hommes de défense et de la précision des avants mieux secondés que ceux du côté opposé. Les substituts n'étaient pas très forts dans les deux clubs.

Harry Hyland
Environ deux mille cinq cents personnes furent témoins de cette partie de la N.H.L. à l'Aréna de Québec. L'enthousiasme de la foule se manifesta bruyamment au cours des deux premières périodes. L'issue de la rencontre était douteuse (c'était alors 2-1 Canadien), alors, mais elle diminua grandement, lorsque l'équipe visiteuse prit un avantage décisif au début de la dernière phase de vingt minutes. Le jeu fut très rude de temps à autre. L'arbitre Harry Hyland, peu habitué à remplir cette position dans la LNH fut souvent d'une tolérance excessive au sujet des abus. (Hyland, membre du temple de la renommée, était une ancienne vedette des Wanderers retraité depuis deux ans - il a déjà marqué 8 buts dans un match contre les Bulldogs en 1912 dans la NHA).

Vézina, Lalonde et Corbeau, sous le rapport de l'adresse, furent les plus en évidence chez le Canadien. Ils défendirent bien les buts de ce club et par leur force supérieure, aidèrent effectivement l'attaque. Le premier nommé fut comme toujours d'un sang-froid imperturbable et eut le coup d'oeil d'un lynx (en 1920, on avait pas l'oeil de lynx, seulement un coup d'oeil de lynx). C'est notamment par le concours reçu de la défense que la ligne des avants put toucher le but visé.

Brophy arrêta un grand nombre de coups bien tirés. Tous les Québec firent leur possible, mais il est juste de dire que les plus habiles à l'offensive furent Malone et Carey. Ce dernier eut mieux que de coutume l'idée de la combinaison (rien compris de cette phrase). McDonald, Carpentier (Carpenter de son vrai nom non-francisé) et Mummery firent bien aussi la plupart du temps. Le Québec fut débordé de façon inévitable dans la dernière période. Nous comptons qu'il fera mieux dans la seconde moitié de la saison. (spoiler alert: Non.)

...  Le club local joua encore bien dans la deuxième période mais ce fut vainement... Le Québec faiblit cependant, dès la reprise du jeu pour les vingt dernières minutes. Ritchie fut blessé à la cheville. La partie se termina par une mêlée, puis Couture et Smith, les plus coupables, furent exclus. -------------


Prochain match le 28 janvier.


Statistiques des Bulldogs après 10 matchs:


mardi 21 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #9



Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 


Donc il y a cent ans en ce mercredi 21 janvier 1920, les Bulldogs sont à Ottawa pour y affronter les Senators, détenteurs du premier rang. Les Bulldogs pour leur part sont sur une série de 4 défaites pour une fiche globale de 1-7... Quelques-unes de ces défaites le furent par des scores tout de même honorables comme 3-2 ou 2-1 mais la plupart du temps ce fut plutôt des dégelées comme leur match d'ouverture qui se solda par une défaite de 12-5 contre les Canadiens ou une autre défaite de 7-1 contre ces même Senators quelques semaines plus tôt. Jusqu'à maintenant les Bulldogs tentèrent plusieurs expériences pour remplir leur alignement avec des joueurs amateurs ou de vieux routiers sans trop de succès. Mais depuis deux ou trois matchs les Bulldogs semblent enfin avoir plus de stabilité dans l'alignement malgré qu'ils continuent de perdre. Peut-être qu'avec quelques matchs avec le même noyau, une chimie et une stabilité s'installera et Québec pourra sauver cette saison...

Que nous réserve donc ce 9e match?


Le Soleil, 22 janvier 1920

Donc une autre défaite. Mais dans ce petit article, qui est d'ailleurs beaucoup moins étoffé que les reportages du Soleil vus précédemment, on a pas mentionné le score final. On y parle seulement que l'équipe d'Ottawa a ''aisément défait'' le Québec Athletic, que Joe Malone et George Carey ont continué de bien paraître malgré tout et que le gardien Frank Brophy (qui je le rappelle est un des pires gardiens de l'histoire de la LNH) s'est ''tenu constamment au guet et c'est grâce à lui si le score n'a pas été plus élevé, car l'Ottawa était toujours à l'attaque''... 

Nous devons aller un peu plus bas dans le texte pour ce fameux sommaire du match.



Ouch. 12-1.

Je crois comprendre que les journalistes du Soleil, un journal local de Québec, ne voulaient pas décourager davantage les fans du Québec. Ils ont été assez généreux (même absolument cléments) avec Brophy et les autres Bulldogs. Il faut cependant dire que des scores élevés du genre étaient assez communs à l'époque. Mais tout de même. 12-1.

Allons voir du côté de La Presse s'ils ont été aussi cléments que Le Soleil.


La Presse, 22 janvier 1920

''Écrasé", ''Déclassé". Au moins les journalistes de La Presse ont été plus directs mais tout de même. Si le Canadien d'aujourd'hui perdait un match 12-1, il y aurait urgence nationale, un cahier spécial de 6 pages dans le Journal de Montréal et François Legault instaurerait une loi spéciale pour échanger Carey Price.

Donc, dans ce match à sens unique vers un ravin, Frank Nighbor et Sprague Cleghorn récoltèrent chacun un tour du chapeau et 4 points. En fait seulement 2 des 9 patineurs des Senators ne récoltèrent pas de points. Du côté des perdants, seul Joe Malone marqua, son 11e de la saison (le gars des stats de La Presse n'était pas à jour).

Prochain match le 24 janvier 1920 contre les Canadiens.


Statistiques des Bulldogs après 9 matchs:

vendredi 17 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #8



Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7


Les Bulldogs sont à Toronto pour y affronter les St-Patricks en ce samedi 17 janvier 1920. L'équipe continue cette difficile première (et dernière) saison dans la LNH avec une fiche de seulement 1 victoires et 6 défaites. Cette seule victoire avait d'ailleurs eut lieu contre Toronto quelques jours auparavant. Comme la majorité des autres matchs disputés précedemment, les Bulldogs ont moins de joueurs dans l'alignement que leurs adversaires.

The Gazette, 19 janvier 1920

Donc, si vous êtes capable de déchiffrer ce vieux texte, les Bulldogs ont perdu une fois de plus et ce par la marque de 8-3. Les St-Patricks avaient dans leurs rangs l'ancien Bulldog et Canadien Goldie Prodgers, champion de la coupe Stanley de 1912 avec Québec et 1916 avec Montréal. N'ayant pas joué depuis deux ans, Prodgers jouera ensuite avec les successeurs des Bulldogs, les Tigers d'Hamilton, jusqu'en 1925.

Harry Mummery
On continua à remarquer chez les Bulldogs que seuls Joe Malone, George Carey et le défenseur Harry Mummery étaient du calibre de la LNH alors que leurs autres joueurs n'étaient plus aptes à suivre le jeu ou bien trop inexpérimentés comme le pauvre gardien Frank Brophy qui continua de gonfler ses statistiques peu enviables avec ces 8 autres buts accordés. Il terminera la saison avec quelques-uns des pires records pour un gardien, dont certains toujours valides...

Du côté des gagnants, Corb Denneny, Babe Dye et Joe Matte y allèrent chacun d'un doublé. Même chose pour Carey du côté des perdants. Ce même Carey était vraiment la coqueluche des journalistes en cette saison 1919-20 alors qu'il est une fois de plus chaleureusement décrit dans les journaux alors que la Gazette le décrit comme ''right wing player extraordinary''. Je ne le connaissais pas avant d'entreprendre cette série et en croire les journaux de l'époque il s'agissait d'une future superstar. Cependant cette saison 1919-20 sera sa seule bonne saison offensive dans la LNH. Il s'accrochera avec les Tigers une fois l'équipe déménagée mais ne fit jamais autant bonne figure que durant cette saison.

Joe Malone marqua également son 10e but de la saison, en voie vers une autre saison exceptionnelle malgré tout.

Prochain match le 21 janvier 1920...

Statistiques des Bulldogs après 8 matchs:


mercredi 15 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #7



Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6





Si vous avez lu mes résumés des matchs précédents, je parle souvent du fait que les Bulldogs avaient de la difficulté à habiller un alignement complet lors de leurs matchs, ce qui fait qu'ils avaient joué ces 6 premiers matchs avec 1 ou même 2 joueurs de moins que leurs adversaires. La LNH de l'époque n'avait pas encore un grand cachet et plusieurs joueurs refusaient de joindre le circuit et encore moins l'équipe instable des Bulldogs. Le statut de joueur professionnel était encore quelque chose de récent et de méprisé dans certaines sphères de la société et plusieurs joueurs ne souhaitaient pas perdre leur statut d'amateur.

Mais pour ce septième match, l'équipe de Québec put enfin aligner autant de joueurs que leurs adversaires d'Ottawa qui étaient les visiteurs à l'aréna de Quévec en ce 14 janvier 1920. Pourront-ils rivaliser adéquatement contre leurs grands rivaux?


Le Soleil, 15 janvier 1920

Jack Coughlin
Donc pour ce match, le gérant Mike J. Quinn fit appel à un nouvel attaquant substitut en la personne de Jack Coughlin qui avait auparavant joué une douzaine de matchs avec Toronto dans la NHA et lors de la première saison de la LNH. Selon ses statistiques difficiles à retracer, il n'aurait pas joué lors de la saison 1918-19. Il ne joua qu'un mois à Québec sans récolter de point avant d'être libéré par l'équipe. Il termina la saison avec les Canadiens où il joua 3 matchs. Au moins il pouvait permettre à Joe Malone de souffler un peu au banc. 

Quoiqu'il en soit, les Bulldogs jouèrent un bon match serré contre les puissants Senators qui l'emportèrent in extremis par la marque de 2-1. Après avoir perdu leurs deux derniers matchs 7-1 et 7-3, il s'agissait d'une amélioration pour Québec. Le but gagnant des Senators fut marqué avec seulement 5 minutes à faire au match. Le défenseur Dave Ritchie fut le seul marqueur des Bulldogs et l'attaquant George Carey continua de s'attirer des éloges de la presse locale avec 1 mention d'aide et un fort match. Malone fut blanchi du pointage mais il se reprendra bien assez tôt comme vous le verrez prochainement. L'équipe demeura toutefois bonne dernière au classement avec cette sixième défaite.

Le prochain match eut lieu le 17 janvier 1920 à Toronto contre les St-Patricks. On s'en reparlera exactement 100 ans plus tard donc dans quelques jours.



Statistiques des Bulldogs après 7 matchs


 

dimanche 12 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #6





Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5



Nous voici rendu au 6e match de la saison, soit au quart de cette saison alors composée de 24 matchs. Les Bulldogs n'ont alors qu'une seule victoire contre 4 défaites et sont à Montréal en ce 12 janvier 1920 pour y affronter les Canadiens au nouveau Aréna Mont-Royal (voir texte du 27 août 2019) qui venait tout juste d'ouvrir deux jours auparavant lors d'un match entre Montréal et Toronto.


Le Soleil, 13 janvier 1920

La Presse, 13 janvier 1920


Donc dans cet autre match à sens unique où les Bulldogs avaient moins de joueurs disponibles que ses rivaux, on continuait de remarquer que les seuls joueurs dignes d'une place dans la LNH étaient Joe Malone, George Carey et le défenseur Harry Mummery, d'ailleurs les trois seuls marqueurs des Bulldogs dans cette défaite de 7-3. Carey continua d'ailleurs à s'attirer de nombreuses éloges dans les journaux.

Ed Carpenter
Durant ce match, Billy Coutu du Canadien écopa de 20 minutes de pénalités et fut expulsé du match pour avoir frappé Ed Carpenter des Bulldogs au visage avec son bâton. Parlant de Carpenter, les journaux de Québec le renommèrent Carpentier dans leurs reportages, mais ce n'était pas le cas dans La Presse comme on peut voir ici. Carpenter, originaire d'Hartford au Connecticut, grandit plus tard à Lachute au sud de Montréal.

Coutu pour sa part devint plus tard le premier et le seul joueur banni à vie de la LNH (voir texte du 9 février 2014).

Du côté des gagnants, Odie Cleghorn connut un magnifique match avec 3 buts et 2 passes tandis que Newsy Lalonde termina à 2 buts et 1 passes.

Le travail de recrutement chez les Bulldogs continua à faire défaut et ce pour plusieurs facteurs que je reviendrai plus tard. Le dirigeant des Bulldogs travaillait tout de même d'arrache-pied pour dénicher des joueurs d'exception et canadiens-français de préférence. Regardez l'extrait suivant:



On rapporte donc dans le Soleil que le club de Québec travaille pour obtenir des services d'un certain ''Aureuil Joliet'' originaire d'Ottawa. Je ne suis pas familier avec ce ''Joliet'' donc je vous reviens plus tard avec les résultats de mes recherches pour savoir s'il a réussi à faire quoi que ce soit de mémorable dans la LNH.

Prochain match le 14 janvier 1920 contre Ottawa.


Statistiques des Bulldogs après 6 matchs (1-5-0)



vendredi 10 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #5





Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4


Après avoir remporté leur premier match, les Bulldogs prirent la route vers Ottawa pour affronter les Senators en ce samedi 10 janvier 1920.

Le Soleil, 12 janvier 1920

Contrairement à ce texte, les Bulldogs ne firent aucunement bonne figure si ce n'est que durant la première période où ils réussirent à garder le score égal à 0-0 contre les puissants Senators. Après que ces derniers aient pris une avance de 4-1 en troisième, le gardien des Bulldogs Frank Brophy fut atteint à la mâchoire par un patin et dut se retirer quelques minutes. J'ignore qui dut le remplacer durant ce temps, mais il revint quelques temps après, visiblement amoché, et accorda 3 autres buts. Le seul marqueur des Bulldogs fut George Carey en première période et il s'agissait du premier match de la saison où Joe Malone ne marqua pas de but. 

Toujours en manque de profondeur et de joueurs substituts, le gérant Mike Quinn tenta un autre essai avec un joueur amateur lors de ce match avec l'ajout d'Alex Wellington, un autre ''one-game wonder'' qui ne rejoua pas d'autre match dans la LNH. 

En parlant de ces joueurs substituts qu'on ne revit jamais dans la LNH, j'ai reçu une belle contribution d'un lecteur du nom de Steeve Tremblay suite à mon texte sur le troisième match où les Bulldogs employèrent le centre George McNaughton pour ce seul affrontement. Il m'a envoyé cette photo d'un flasque en sa possession qui a auparavant appartenu à McNaughton.






Donc, 10 ans après cette saison 1919-20, McNaughton reçut cette flasque de la part du Riverbend Hockey Club. Inutile de vous dire que ça a personnellement capté mon attention et mon imaginaire, car le ''Riverbend Hockey Club'' évoluait dans le quartier où j'habite en ce moment à Alma, au Lac-St-Jean. Riverbend était alors un village de compagnie anglophone (les papeteries Price) et ce club était un club senior local. Je dois me renseigner davantage mais si jamais je trouve plus d'information sur ce club et McNaughton, j'essaierai de vous tenir au courant. Ma rue s'appelle d'ailleurs l'avenue McNaughton. J'ignore si c'est en son honneur mais il y a bien des chances...


Le Riverbend Hockey Club

Donc après cette parenthèse locale, je vous dis à la prochaine pour le 6e match de la saison 1919-20 des Bulldogs, soit le 12 janvier 1920 où les Bulldogs affrontaient les Canadiens à Montréal.


Statistiques des Bulldogs après 5 matchs



Sources:
Société d'histoire du Lac-St-Jean

jeudi 9 janvier 2020

Les congédiements d'entraîneur en cours de saison




Personnellement, je considère que plus souvent qu’autrement, limoger un entraîneur en cours d’année est une décision à court terme (on espère un petit et temporaire regain d’énergie), en plus d’être un signe de désespoir (on veut absolument montrer qu’on fait quelque chose et on se trouve un bouc émissaire).  Par contre, des changements fréquents montrent de l’instabilité et laissent voir aux joueurs qu’on peut avoir la peau de l’entraîneur.

À une certaine époque, comme les salaires des entraîneurs étaient plus faibles, il était relativement peu coûteux de le faire.  Ce n’est toutefois plus aussi vrai aujourd’hui.  Congédier Mike Babcock en novembre dernier a représenté une décision coûteuse pour les Leafs.   

Cela étant dit, ça ne signifie pas qu’un tel changement n’est jamais justifié.  Il se peut qu’un entraîneur perde sa chambre ou qu’il s’avère qu’il s’est montré indigne de ses fonctions, comme ce fut le cas de Bill Peters avec les Flames cette année.

Alors que nous ne sommes qu’en janvier, il y a déjà eu six entraîneurs qui ont perdu leur poste.  En plus de Babcock et Peters, il y a eu John Hynes au New Jersey, Jim Montgomery à Dallas, Peter DeBoer à San Jose et Peter Laviolette à Nashville.   

À ce sujet, est-ce une grosse année?  Comment est-ce que ça se compare aux autres années?  J’ai donc fait des comparaisons avec les autres saisons de l’ère moderne.  (J’ai débuté en 1967-68, année de la fin des "Original Six" et de la première expansion.)  J’ai également ignoré les entraîneurs intérimaires en place que pour quelques matchs en attendant qu’on nomme un entraîneur de plein titre.  (Par exemple, Jacques Laperrière a été entraîneur des Canadiens pendant un match en 1995 entre le congédiement de Jacques Demers et la nomination de Mario Tremblay.)

Avec six congédiements, il s’agit d’une année active sur la gâchette, mais il y a déjà eu pire.  À ce titre, la saison 1981-82 a été la plus fatale, avec neuf changements derrière le banc.  À l’inverse, si on ignore l’année du lock out (2004-05), il n’y a eu qu’une seule campagne (2017-18), où il n’y en a eu aucun.  Entre les deux, il y a beaucoup de variance d’une année à l’autre.

Toutefois, entre 1967 et aujourd’hui, le nombre d’équipes est passé de 12 à 31.  En regardant cette statistique sur une base de pourcentage, obtient-on un résultat différent?

Sur cette base, c’est l’année 1971-72 qui s’est avéré la plus funeste, avec 7 remerciements dans une ligue de 14 équipes.  (Néanmoins, il ne serait pas exact de dire que la moitié des équipes a changé de pilote au cours de l’année, puisque les Blues l’ont fait deux fois…)

On remarque toutefois une certaine tendance à la baisse.  Est-ce parce que, tel que mentionné plus haut, les salaires plus élevés des entraîneurs rendent la chose plus coûteuse?  Ou parce qu’on retrouve moins de purs motivateurs parmi la confrérie des entraîneurs et qu’un changement a plus d’impact au niveau stratégique?  On pourrait en discuter.

Évidemment, sur une période de plus de 50 ans, chaque équipe a eu plusieurs régimes et plusieurs philosophies de gestion, mais y a-t-il des équipes où le poste derrière le banc est plus sur un siège éjectable que d’autres?  Bien sûr que oui.

Même si elles comptent parmi les équipes les plus récentes, il est clair que le Wild et les Predators n’ont pas recours souvent à cette façon de faire.  Dans les deux cas, elles ne l’ont fait qu’une fois, en 20 et 22 ans respectivement.  Dans le cas des Preds, c’était la première qu’ils le faisaient cette année.

À l’autre bout du spectre, on retrouve les Blues de St-Louis, avec 18.  C’est donc dire qu’environ une année sur trois, l’entraîneur ne termine pas l’année.  (Et on ne compte pas ici les changements derrière le banc au cours de la saison morte…)  Il faut dire qu’au début de leur existence, il y avait de véritables portes tournantes à St-Louis.  Il n’en demeure pas moins qu’avant leur improbable victoire du printemps dernier, il s’agissait de la plus vieille équipe à n’avoir jamais remporté la Coupe Stanley…  Y a-t-il un lien?

Mention spéciale (quelle surprise!) à nos chers Golden Seals / Barons, qui ont fait 5 changements en cours de saison en 11 ans.

Sources : hockeydb.com.

mardi 7 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #4





Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter) selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3


Nous voici rendu au 4e match, les Bulldogs (0-3-0) sont à domicile pour recevoir les St-Patricks de Toronto en ce 7 janvier 1920. Comme les trois premiers matchs, les Bulldogs ont toujours moins de joueurs disponibles que leurs adversaires. Ils ont joué le premier match avec seulement 3 attaquants et ont ensuite tenté des expériences en ramenant d'anciennes gloires de l'équipe comme Jack Marks mais sans succès. Dans le troisième match, ils ont fait appel à l'amateur Georges McNaughton qui ne disputera que ce seul match en carrière et retournera ensuite jouer pour le club senior ''Sons of Ireland''.

Donc pour ce 4e match les Bulldogs sont toujours à court de joueur et ont donc ramené le légendaire Tommy Smith avec l'équipe. Membre du temple de la renommée, Smith était une des premières vedettes du hockey professionnel dans la lignée de Fred ''Cyclone'' Taylor en étant un mercenaire de premier ordre qui n'hésitait pas à sauter de ligue en ligue au club le plus offrant. Il joua la première fois pour les Bulldogs en 1912-13, marquant 39 buts en 18 matchs et les aidant à remporter leur deuxième coupe Stanley. Il joua en tout 4 saisons dans la NHA avec Québec mais joua aussi pour Toronto et le Canadien, marquant 141 buts dans ce circuit. Il quitta les rangs professionnels une fois que fut fondée la LNH et se joignit plutôt à divers clubs seniors. Lors de ce retour en 1919-20 à 34 ans, il n'était plus ce qu'il était et malgré qu'il vint remplir un besoin urgent de personnel chez les pauvres Bulldogs, il n'obtint qu'une passe en 10 matchs et ce seul point fut durant ce match du 7 janvier contre Toronto.




Le Soleil, 8 janvier 1920



Parlant de ce match, les Bulldogs ont gagné! Dans ce qui fut la première de seulement 4 victoires en 1919-20, le club l'emporta chèrement par la marque de 7-5. Après une avance de 4-0, les Bulldogs perdirent du terrain et les St-Patricks se rapprochèrent des Bulldogs jusqu'à la marque de 6-5 mais Joe Malone continua son excellent travail et marqua son 4e but du match pour porter la marque finale à 7-5. Les autres marqueurs du côté des vainqueurs furent George Carey, Harry Mummery et le fidèle bras droit de Malone, Jack McDonald.

Donc cette première victoire de la saison sera la dernière avant le 31 janvier alors que les Bulldogs commencèrent ensuite un série de 7 défaites. Notre prochain match sera celui du 10 janvier contre Ottawa.

Statistiques des Bulldogs après 4 matchs:


dimanche 5 janvier 2020

Escapade à Boston



Pas si loin du Québec, Boston est une ville avec une belle architecture, en plus d’être une incontournable pour les férus d’histoire américaine.  Par contre, son centre-ville avec très peu de quadrilatères et de stationnements, en plus de ses rues qui changent de noms un peu trop fréquemment, en font un endroit peu accueillant pour les automobilistes. 

Pour mon séjour à cet endroit, j’ai donc opté pour un hôtel au nord de la ville, en bordure de l’autoroute 93 (qu’on emprunte pour se rendre à Boston en provenance du Québec), mais aussi à distance de marche d’une station de métro de la ligne orange, qui se rend directement au North Station (où se trouve le TD Garden) et au centre-ville.


Avec la construction d'un tour adjacente au TD Garden, la fameuse statue de Bobby Orr se retrouve maintenant dans un atrium

C’est en 1995 que fut inauguré ce qui s’appelait à ce moment le Fleet Center, construit près du maintenant défunt Boston Garden.  Si l’aréna appartient aux Bruins, ils le partagent aussi avec les Celtics de la NBA.  D’ailleurs, si les Bruins approchent des 100 ans d’histoire (ils ont été fondés en 1924), leurs six Coupes Stanley peinent à faire le poids en comparaison aux 17 bannières de championnat en 73 ans de leurs locataires. On peut aussi faire le même commentaire au sujet des 22 numéros retirés des Celtics (tellement nombreux qu’ils sont empilés sur des bannières sans mentionner le nom du joueur auquel il appartient), en comparaison des 11 des Bruins.

Bien que moins nombreux que ceux des Celtics (qu'on voit à l'arrière), les numéros retirés des Bruins sont présentés de façon originale, au coeur d'un logo et avec le nom complet du joueur
Les six bannières des Coupes Stanley des Bruins, avec le logo approprié

Avec une capacité de 17 565 sièges pour le hockey, le TD Garden se situe dans la deuxième moitié de la ligue.  Les Bruins n’ont d’ailleurs pas de difficulté à remplir l’endroit.  Pour y accéder, il faut donc s’attendre à devoir se rabattre sur les sites de revente.  Les billets sont assez chers et les prix varient beaucoup en fonction de l’adversaire et du jour de la semaine.  Pour un jeudi soir contre Columbus, j’ai trouvé parmi les moins chers disponibles.

Le commanditaire principal de l’endroit est la Banque TD, qui se présente comme une banque locale et qui se permet même de s’amuser un peu aux dépends des Canadiens dans ses pubs, comme si commander un article des Canadiens devait forcément être une tentative de fraude.  La chose est plutôt ironique quand on sait qu’en fait, la TD est une banque canadienne…

La photo n'est pas si bonne, mais on peut y lire "Home Team.  Home Ice.  TD Bank, Bank of the Boston Bruins."  Plutôt ironique que ce genre de slogan vienne d'une banque canadienne, donc étrangère...
Encore une fois, la photo n'est pas super, mais on peut y lire: "Did you just order that Montreal jersey?"
"Did you really just order that MONTREAL JERSEY ?!?!"
"Get instant fraud alert with any TD checking account"

Pour un aréna tout de même moderne, on y circule relativement bien.  Par contre, il est étonnant de constater à quel point les sièges sont étroits.  J’ai ainsi pu faire connaissance à quelques reprises avec le coude de ma voisine.  L’espace pour les jambes est aussi limité.  Se rendre jusqu’à l’allée peut donc représenter un défi, surtout si, comme ce fut le cas d’une spectatrice dans ma rangée, vous êtes légèrement enivrés…  Heureusement que je ne suis pas si grand...

J'ai vu une quantité impressionnante de Bergeron et plusieurs Pastrnak
 et Chara.  J'ai aussi vu un Bourque.  Ici, on voit un Orr, mais aussi
l'étroitesse des bancs et le peu d'espace pour les jambes.
Un autre point qui a attiré mon attention est la pauvreté du système de son.  Comme c’était ma première visite, il est difficile pour moi de comparer.  Y avait-il un problème technique?  Étais-je dans une section mal desservie?  Toujours est-il que dans ma section dans les hauteurs, on peinait à entendre l’annonceur maison.  J’ai quand même pu lire à l’écran géant que c’était tolérance zéro pour les batailles et que les spectateurs fautifs seraient expulsés!

La foule (une salle comble) connaissait bien le hockey et était enjouée, scandant de nombreux "Let’s Go Bruu-inns".

Sur la patinoire, Pastrnak a ouvert le pointage pour Boston en deuxième période.  Sonny Milano a ensuite répliqué pour les Blue Jackets en troisième.  Par après, pour une deuxième année de suite, j’ai assisté à un match où Pierre-Luc Dubois est venu jeter une douche froide sur la foule en marquant le but gagnant en prolongation…  Victoire de 2-1 des Jackets.  La victoire est allée au gardien letton recrue Elvis (ça ne s’invente pas) Merzlikins.

Des loges dans le plafond et au bout de la patinoire...  J'espère au moins que leurs bancs sont plus larges...

Dans les sections du haut, on trouvait quelques photos des anciennes gloires des Bruins, comme Raymond Bourque...
... et bien sûr Bobby Orr!

Une allusion aux Big Bad Bruins, avec le Big Bad Burger.  Avis aux intéressés:  14,75$ (US évidemment) pour une grande bière en fût et 15,75$ pour une premium.

La version légo qu'on trouve au Legoland de Boston.  Toutefois, la tour qui a depuis été construite adjacente au TD Garden n'y apparaît pas.