Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu

lundi 28 août 2017

Quand les Canadiens ont joué les (vrais) héros


En 1971-72, les Canadiens avaient une très bonne équipe.  Ils ont d’ailleurs terminé la saison avec une fiche de 46-16-16.  Ils ont toutefois été incapables de défendre leur titre en séries lorsqu’ils se sont inclinés au premier tour devant les Rangers.  Par contre, le 9 mars 1972, ce ne sont pas les séries qu’ils avaient en tête.  Après avoir battu les Blues 5-1 à St-Louis, ils sont rentrés à l’hôtel. 
 
Le terme héros est souvent utilisé dans le monde du sport, mais en fait, on veut plutôt dire qu’un athlète a connu une bonne performance au moment opportun.  Ce soir-là, le terme héros était entièrement approprié.
 
Le Hilton de l’aéroport de St-Louis a pris feu.  Constatant qu’il y avait toujours des gens à l’intérieur, Jean-Claude Tremblay, Serge Savard, Guy Lapointe, Marc Tardif, Dale Hoganson, Pierre Bouchard, Réjean Houle et le soigneur Bob Williams n’ont pas hésité.  Ils se sont lancés à la rescousse de ceux en difficulté.
 
Floyd Curry, ancien joueur et l’assistant-directeur-gérant, s’est retrouvé en fâcheuse situation.  Serge Savard a alors donné un solide coup de botte pour briser la fenêtre supposément inéclatable et lui permettre de respirer un peu plus.  Savard en a par contre été quitte pour un voyage en ambulance et une coupure nécessitant 18 points de suture.  Un morceau de verre de 5 centimètres fut d’ailleurs extrait de sa jambe et il dut s’absenter pour une semaine.
 
Couvert de suie et à bout de souffle, Curry indiqua alors que Scotty Bowman était au quatrième étage et fort probablement en sérieusement difficulté.  Dans les circonstances, on a craint le pire.  Avant même que les pompiers y parviennent, c’est Réjean Houle qui a localisé Bowman.  Ce dernier s’apprêtait à sauter du quatrième étage, ce qui aurait évidemment pu être fatal.
 
L’opération ne s’est pas limitée aux membres de l’équipe.  Ayant déjà été pompier volontaire à Bagotville, Jean-Claude Tremblay est entre autres venu au secours d’une vieille dame et en a sauvé trois autres, en plus de diriger les opérations.  Au besoin, le groupe s’est approprié des lampes de poche, des échelles et des haches des pompiers, inexplicablement hésitants.
 
En bout de ligne, le bilan d’un blessé grave, sept personnes indisposées par la fumée et deux légers malaises aurait pu être bien pire.  Du côté des hockeyeurs, en plus de Savard, Guy Lapointe, lui-même fils de pompier, a évité le pire en réussissant à freiner sa chute dans une échelle à un étage, en s’agrippant de justesse.
 
Comme à son habitude, Tremblay s’est ensuite éclipsé bien modestement.  À la blague, on a mentionné qu’il était à l’avantage d’un joueur dans une léthargie comme Houle de sauver son entraîneur…
 
Sources : « Tremblay n’y a même pas songé » de Jean-Marc Desjardins, 11 mars 1972, La Presse, p.B1, « Bowman : He’s gone, said Savard; but they saved him » de Ted Blackman, 11 mars 1972, Montreal Gazette, p.13, « Canadiens praised for help in fire », CP, 11 mars 1972, Calgary Herald, p.32.

Aucun commentaire: