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dimanche 25 juin 2023

Charles Gavan Power


Même si quelqu’un a beaucoup de talent, il peut arriver que le hockey ne soit qu’un des nombreux chapitres qui définissent le parcours d’une personne. Ken Dryden est probablement celui qui symbolise le plus ce genre de situation. Par contre, sur son remarquable chemin, le hockey est l’étape qui le définit le plus.  Dans le cas de Charles Gavan Power, ce ne fut qu’un bref épisode.

Il est par ailleurs impossible de mentionner celui qu’on surnommait "Chubby" sans parler de cette famille des plus en vue de la ville de Québec.

Lorsque Charles se joignit au Québec Hockey Club (surnommé "Bulldogs") en 1907, il y rejoint son frère Joe. À ce moment, l’équipe évoluait dans la Eastern Canada Amateur Hockey Association (ECAHA). En 1908, lorsque Charles devint un régulier, il sera rejoint par James (surnommé "Rockett"), qui y joua de façon plus ou moins régulière. Ainsi, les Šťastný n’étaient pas le premier trio de frères à jouer au hockey à Québec.

Chubby évoluait parfois au centre, parfois à la défunte position de "rover" (qu’on pourrait traduire par maraudeur, mais à l’époque, René Lecavalier ne s’était pas encore attardé à franciser le vocabulaire). Lors de sa formation en 1910, la NHA (l’ancêtre de la LNH) abandonna cette position qui n’avait pas d’endroit fixe et ne conserva que six joueurs sur le jeu. Les autres ligues suivirent plus tard.

Le 18 janvier 1908, au troisième match de la saison, les Bulldogs recevaient le Montreal Hockey Club (affilié au Montreal Amateur Athletic Association ou MAAA, qui existe toujours) au Patinoir (sans "e") Québec. Comme Montréal arriva en retard à Québec, le match débuta à 21h25, avec près d’une heure de retard. Le duel vira rapidement en faveur des locaux et les frères Power y contribuèrent amplement. Charles compta 4 buts et Joe en ajouta 2 autres. Le plus étonnant, c’est que ce ne fut pas suffisant pour faire de Charles la grande étoile du match. Ed Hogan en marqua autant que lui, pendant qu’Herb Jordan les surpassa avec 7. Québec l’emporta 18-5.

À peine une semaine plus tard, Charles reprit où il avait laissé. Québec affrontait alors les Wanderers à l’Aréna de Montréal. Ceux-ci étaient toutefois des adversaires beaucoup plus coriaces que le Montreal HC.

L’arbitre désigné fut "Bad" Joe Hall, un joueur au style pour le moins robuste qui s’alignait avec le Montreal HC. C’est un peu comme si aujourd’hui on demandait à Tom Wilson d’arbitrer un match entre les Rangers et les Islanders. Quant au juge de ligne, il s’agissait de Jack Marshall, qui portait alors les couleurs des Shamrocks de Montréal. (Sans oublier que Joe Power était à ce moment vice-président de la ligue.) Dans la ECAHA, le premier "A" signifiait amateur, bien qu’il s’agissait de la première année où des joueurs pouvaient ouvertement se déclarer professionnel, à leur choix. Par contre, l’approche amateur demeurait à bien des niveaux. On s’arrangeait donc à la bonne franquette, entre amis (et adversaires). C’était une autre époque…

Pour le match lui-même, les Wanderers affichèrent leur supériorité en venant à bout des Bulldogs par la marque de 13-8 devant 5000 spectateurs. Les Power fournirent alors tout de même l’essentiel de l’opposition, lorsque Joe compta un but et Charles en compta cinq. En fait, l’a-t-il vraiment fait? Le Soleil affirme que oui, mais la Gazette de Montréal en attribua deux de ceux-ci à Jordan. La Presse et La Patrie se situèrent entre les deux en créditant quatre buts à Charles. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les statistiques n’étaient pas compilées de façon aussi minutieuse que de nos jours. C’était définitivement une autre époque… Dépendamment de la version, en deux matchs à une semaine d’écart, Charles a donc marqué 7, 8 ou 9 buts…

À la fin de sa saison, Power totalisa 22 buts (ou 23?, je ne suis plus sûr) en 10 matchs.

Charles revint avec les Bulldogs pour la saison 1908-09. Son frère Joe était toujours son coéquipier, en plus de devenir président de la ligue. Dans une campagne qui contenait maintenant 12 matchs, il ne marqua pas moins de 30 buts.

Il décida ensuite de tirer un trait sur sa carrière de hockeyeur (où il avait conservé son statut d’amateur) pour reprendre ses études. Après avoir fréquenté Loyola College (faisant aujourd’hui partie de l’Université Concordia) avant de se joindre aux Bulldogs, il prit la décision d’aller étudier le droit à l’Université Laval, ce qui lui permit de devenir avocat.

Le contexte mondial était toutefois volatile à cette époque et en 1914, la guerre éclata. Charles s’enrôla d’abord comme simple soldat, avant de devenir officier. Il fut blessé sérieusement deux fois, dont pendant la bataille de la Somme, en France. Rapatrié au pays en 1917, Charles amorça alors un autre chapitre de sa vie professionnelle qui, encore une fois, avait un volet familial.

Son père William avait été député fédéral libéral de Québec-Ouest de 1902 à 1908, avant de revenir en 1911. À l’élection de 1917, il décida de céder sa place. Au cœur de la crise de la conscription, Charles décida de tenter sa chance dans Québec-Sud avec les Libéraux de Laurier (les Libéraux demeurés fidèles à l’ancien premier ministre Wilfrid Laurier, qui s’opposait à la conscription, plutôt que de se joindre au gouvernement unioniste).

Power fut à la Chambre des communes sans interruption pendant 38 ans. Il a occupé au fil des ans plusieurs postes de ministre, dont les postes, les pensions et la santé nationale et la défense. Il a d’ailleurs œuvré à la mise en place d’un escadron canadien-français, le 425 Alouette, qui a d’ailleurs inspiré le nom de l’équipe de football.

Lors de la crise de la conscription de 1944, Power quitta le gouvernement de Mackenzie King pour siéger comme libéral-indépendant, avant de plus tard réintégrer le caucus libéral.

En 1955, il fut nommé au sénat, et c’est son fils Francis qui prit sa place dans Québec-Sud, s’ajoutant ainsi à une longue lignée de politiciens, qui en plus de comprendre William et Charles, inclut Joe, qui fut député provincial de Québec-Est, William Gerard, frère de Charles et Joe et qui siégea au Conseil législatif du Québec (le défunt "sénat québécois") et Lawrence Cannon, le petit-fils de Charles, qui fut ministre à Québec, avant de devenir ministre des affaires étrangères à Ottawa sous Stephen Harper. Comme pour le hockey, la politique est une affaire de famille chez les Power.

Charles Power est décédé en 1968, à l’âge de 80 ans.

Sa mémoire a été honorée en 2014 lorsqu’une plaque en son honneur a été dévoilée au Cercle de la Garnison de Québec.

Sources :

Durand, Marc, La Coupe à Québec, Les Bulldogs et la naissance du hockey, Éditions Sylvain Harvey, 2012, pages 64 à 68, 152 à 154,

"Hockey – Championnat Senior", 18 janvier 1908, Le Soleil, page 11,

"Hockey – Une victoire facile", 20 janvier 1908, Le Soleil, page 3,

"Quebec, 18; Montreal, 5. Montreal Forwards Suffered From Lack Of Team Work.", January 20, 1908, Montreal Gazette, page 4,

"Une victoire signalée pour les Wanderers", 27 janvier 1908, La Patrie, page 2,

"Les Wanderers et Ottawa victorieux", 27 janvier 1908, La Presse, page 3,

"Hockey – Les champions gagnent", 27 janvier 1908, Le Soleil, page 3,

"Quebec Defeated ", Montreal Gazette, January 27, 1908, page 2,

"La mort du sénateur Power", 1er juin 1968, Le Soleil, page 4,

"«Chubby» Power honoré par le gouvernement du Canada", 6 juin 2014, Le Soleil, page 20,

"Chubby Power honoré par le gouvernement du Canada", de Marc Durand, 6 juin 2014, quebecbulldogs.com,

museebagotville.ca, wikipedia.org.

lundi 16 mars 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Matchs #22-23-24




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison, selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,23,24

Excusez mon retard, j'ai été quelque peu accaparé dans d'autres projets personnels et j'ai laissé cette série déraper un petit peu ce qui fait que j'ai raté l'anniversaire des 100 ans des trois derniers matchs de la saison et de l'histoire des Bulldogs. Mais avec la présence du COVID-19 et des prochains jours/semaines en télétravail, je devrais pouvoir terminer cette série. Allons-y donc.


Dans le dernier match, les Bulldogs mirent la table pour plusieurs records de médiocrité toujours actifs de nos jours, soient le plus grand nombre de buts accordés dans un seul match par une équipe et par un gardien alors que les Canadiens l'emportèrent 16-3. Blessé physiquement et moralement, le pauvre gardien Frank Brophy fut laissé derrière après ce match et l'équipe terminera cette fatidique saison sans lui.

MATCH #22 - 6 mars 1920 vs. Toronto St-Patricks.


La Presse, 8 mars 1920


Howard Lockhart
Sans gardien suppléant pour ce match, les Bulldogs durent emprunter le gardien réserviste des St-Patricks, Howard "Holes" Lockhart. Ce dernier fit honneur à son surnom et à la saison 1919-20 des Bulldogs en accordant 11 buts. Il s'agissait de la 19e défaite des Bulldogs et de la quatrième fois qu'ils accordèrent plus de 10 buts. Du côté des gagnants, Mickey Roach marqua 5 buts, dont un tour du chapeau naturel en 3e période. Seuls Thomas McCarthy et Harry Mummery marquèrent pour les Bulldogs.

Les St-Patricks, la deuxième pire équipe de cette ligue à 4 clubs, démontra que la défense des Bulldogs étaient le véritable maillon faible de cette équipe.






MATCH #23 - 8 mars 1920 vs. Ottawa Senators


La Presse, 9 mars 1920


Harry Mummery
Pour cet avant-dernier match, les Bulldogs décidèrent de confier le poste de gardien à leur meilleur défenseur, Harry Mummery. Ce dernier avait déjà été gardien remplaçant dans le passé. Il avait d'ailleurs remplacé Brophy quelques semaines auparavant. Il s'en sortit bien... durant les deux premières périodes. Les Bulldogs faillirent causer la surprise alors qu'il détenaient une avance de 5-4 au début de la troisième. Cependant, les Senators ouvrirent les valves et marquèrent 7 buts en troisième. Avec un défenseur (Mummery) en moins, on put assister à la fatigue et le déclassement complet de la défense des Bulldogs.

Remarquez bien la dernière phrase de cette coupure de journal alors qu'on commence à mentionner la ville d'Hamilton. On y parle aussi que la partie suivante des St-Patricks contre les Canadiens sera ''contremandée'', un mot dont j'ignore complètement la signification...





Contremander \kɔ̃.tʁə.mɑ̃.de\ verbe transitif 1er groupe
Avertir quelqu’un de ne pas exécuter l’ordre qu’on a donné, de ne pas se rendre à l’invitation qu’on a faite.
Ah bon. Ils auraient donc annulé ce match? C'est faux, car ils jouèrent bel et bien ce match que les St-Patricks gagnèrent 11-4.


Parlant de ''contremander'', j'ai l'impression que plusieurs personnes ''contremandent'' en ce moment les indications des médecins et du gouvernement de ne pas sortir de chez eux.


MATCH #24 - 10 mars 1920 - Ottawa Senators vs. Québec Bulldogs


Le Soleil, 11 mars 1920




Dernier match de la saison 1919-20 des Bulldogs et de l'histoire de ce club dans la ville de Québec. On peut au moins se conforter que les Bulldogs ont au moins terminé leur histoire avec une victoire, leur quatrième de la saison, portant la fiche du club à 4-20. Malgré cette fiche anémique, la grande vedette des Bulldogs, Joe Malone, profita de ce match pour connaître une autre de ses soirées légendaires en marquant 6 buts, ce qui n'était même pas son plus haut total durant cette saison alors qu'il marqua un record toujours inégalé de 7 buts lors du match du 31 janvier.

Avec ces 6 buts, Malone dépassa Newsy Lalonde des Canadiens et termina comme premier compteur de la ligue avec 39 buts et 49 points, devançant Lalonde par 3 points.

Avec cette fiche de 4-20, les Bulldogs terminèrent la saison avec un pourcentage de victoire de .167, ce qui demeure à ce jour le 6e pire résultat de l'histoire.




Ensuite vinrent plusieurs déploiements et manigances en coulisses, laissant le futur de l'équipe incertain. Les rumeurs d'une nouvelle équipe à Hamilton étaient déjà courantes depuis plusieurs semaines mais les fans de Québec ne se doutaient pas qu'il s'agirait plutôt d'un transfert.

On terminera ça plus tard dans un autre billet de conclusion. Sur ce, prenez soin de vous, lavez-vous les mains, restez chez vous, démarrez-vous un blog et faites le compte-rendu de chaque match des Capitals de 1974-75.


Statistiques finales des Bulldogs en 1919-20


mardi 3 mars 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #21




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20


Dans l'histoire de plus de 100 ans de la LNH, on a vu un nombre important de dégelées où on assista à un écart de plus de 10 buts. Voici quelques-unes de ces dégelées:

30 janvier 1969           BLACKHAWKS 12 - FLYERS 0
22 février 1979           CANADIENS 12 - PENGUINS 0
4 décembre 1987        RED WINGS 12 - BLACKHAWKS 0
2 janvier 1971            MAPLE LEAFS 13 - RED WINGS 0
8 novembre 1985       OILERS 13 - CANUCKS 0
11 novembre 1981     NORTH STARS 15 - JETS 2
21 novembre 1943     CANADIENS 13 - BRUINS 3
19 novembre 1983     OILERS 13 - DEVILS 4
30 octobre 1992         SABRES 12 - SENATORS 3
22 mars 1984             FLYERS 13 - PENGUINS 4
10 février 1993          FLAMES 13 - SHARKS 1
19 mars 1981             SABRES 14 - MAPLE LEAFS 4
21 décembre 1975     SABRES 14 - CAPITALS 2


Et voici ce que la plupart des experts considèrent comme la pire dégelée de l'histoire de la ligue:

23 janvier 1944 RED WINGS 15 - RANGERS 0
Lors de ce match en pleine 2e guerre mondiale où plusieurs équipes étaient en manque d'effectifs, les Rangers connurent comme les Bulldogs une des pires saisons de l'histoire. Ils finiront avec une fiche pitoyable de 6-39-5. Et lors de ce match contre Detroit, il ne réussirent que 9 lancers au filet tandis que leur pauvre gardien Ken McAuley sera en place pour l'entièreté du match. 

Cependant, malgré que ce match fut le plus inégal de l'histoire de la ligue, je crois qu'il ne s'agit pas d'une dégelée aussi sauvage que ce 21e match de la saison 1919-20 des Bulldogs, un match qui fête aujourd'hui ses 100 ans...

La Presse, 4 mars 1920

C'est donc lors de ce match que le gardien des Bulldogs Frank Brophy inscrivit son nom dans le livre des records de la LNH pour le plus grand nombre de buts accordés dans un seul match avec 16. Ce 16 buts est également le plus haut total accordé/marqué par une équipe. Les Canadiens marquèrent 4 buts en première, 5 en troisième et un record d'équipe toujours valide de 7 buts marqués en deuxième période. Durant cette dégelée légendaire, 4 joueurs des Canadiens (Didier Pitre, Newsy Lalonde, Odie Cleghorn et Harry Cameron) obtinrent un tour du chapeau, ce qui doit également être un record mais je n'ai pas réussi à le confirmer. Un des faits le plus étonnant de ce match est que les Canadiens n'avaient que 6 patineurs en uniforme dont seulement un défenseur (Cameron). Normalement c'était les Bulldogs qui étaient en manque d'effectifs durant cette pénible saison mais pour une des rares fois, ils comptèrent plus de patineurs (7) que leurs adversaires. 

Frank Brophy
Des scores élevés du genre étaient assez communs à l'époque (comme vous avez pu voir dans cette série) et on avait vu pire avant l'arrivée de la LNH. Cependant, le sort qui attendit le pauvre Brophy m'incite à déclarer cette dégelée comme la pire de l'histoire, même si le match de 15-0 des Rangers comporte un plus grand écart de buts et est également un blanchissage. Brophy, un joueur recrue de seulement 19 ans qui semblait tout de même prometteur avant la saison, termina ainsi sa courte carrière dans la LNH. Et selon le peu d'informations que j'ai trouvé de lui, il ne rejoua jamais au hockey par la suite. Sa santé était fragile et il traînait d'ailleurs une blessure à la cuisse depuis quelques matchs. Dans son livre ''La coupe à Québec'', Marc Durand décrit Brophy comme étant blessé ''autant physiquement que moralement'' après toutes ces nombreuses défaites et blessures subies durant cette fatidique saison.

Il fut ainsi libéré par l'équipe qui trouva d'autres options pour terminer la saison. Sa fiche lors de cette seule saison dans la LNH fut de 3 victoires et 18 défaites. Il demeure également à ce jour le gardien avec la pire moyenne de buts accordés par match (minimum de 20 matchs) avec une moyenne de 7.11 buts accordés.

Brophy développa plus tard des problèmes cardiaques que l'on soupçonne d'avoir commencés après avoir reçu un tir à la poitrine de la part de Didier Pitre. Il aggrava ensuite ce problème lors d'un match contre les Senators lorsqu'il reçut un tir similaire d'Eddie Gerard. Il mourut à sa résidence 10 ans plus tard, âgé de 29 ans seulement. On raconte qu'il serait mort d'un arrêt cardiaque.

C'est donc sans Brophy que les Bulldogs finiront cette saison 1919-20 auquelle il ne reste que 3 matchs...

Statistiques des Bulldogs après 21 matchs


vendredi 28 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #20




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19


Nous voici rendus au 20e match de cette agonisante saison des bientôt défunts Bulldogs de Québec. Le Club Athlétique de Québec de son vrai nom en est maintenant à ses derniers miles et visite le Canadien à l'Aréna Mont-Royal en ce samedi 28 février 1920. Le club a alors une fiche de seulement 3 victoires contre 16 défaites. 


La Presse, 1er mars 1920

Dans un de ces trop rares matchs des Bulldogs où le score fut assez serré pour être considéré comme un bon match, le club dut une fois de plus se débrouiller avec un manque d'effectifs alors que l'un de leurs meilleurs joueurs, George Carey, fut blessé et ne put participer à la rencontre.

Les Canadiens marquèrent 3 buts sans riposte durant la première et on semblait encore une fois se diriger vers une autre dégelée chez les Bulldogs, mais ces derniers se sont présentés à partir de la deuxième et ont réussi à égaliser la marque en 3e. Cependant les Canadiens remirent les pendules à l'heure en fin de match et marquèrent les deux derniers buts leur permettant de se sauver avec une victoire de 8-6. Dans la défaite, le nouveau venu Thomas McCarthy continua de s'illustrer avec 2 buts et 1 passes. En comptant ce match, il avait donc marqué 7 buts à ses 4 derniers matchs.

Sinon, Joe Malone continua son excellent travail comme d'habitude avec lui aussi 2 buts (dont son 30e de la saison) ainsi que 2 passes.

Prochain match le 3 mars et celui-là en sera tout un... On se revoit en mars.


Statistiques des Bulldogs après 20 matchs



mardi 25 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Matchs #17, 18 et 19




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16


Je m'excuse, je suis un peu en retard dans cette rétrospective, alors je me rattrape ici avec le compte rendu de trois matchs soit ceux du 18, 21 et 25 février 1920. Je devrais être plus à jour pour les prochains.


MATCH #17


Le Soleil, 19 février 1920


Dans un autre match à sens unique, les Bulldogs furent totalement déclassés en ce mercredi 18 février 1920. Encore une fois à court de joueurs, les Bulldogs n'avaient que 3 attaquants disponibles et aucun substituts contrairement à leurs adversaires, les Sénateurs, qui eux avaient 6 attaquants d'inscrits pour ce match. C'est donc sans difficulté que ces derniers l'ont emporté 9-3. La seule bonne nouvelle dans le camp des Bulldogs fut le premier but de la recrue Thomas McCarthy. 

Thomas McCarthy
Cette nouvelle acquisition en était alors à son 5e match en carrière et n'avait pas encore récolté de points. Mais il sera un des rares points positifs des Bulldogs dans ce dernier droit de leur existence. Il récolta 1 but et 1 passe durant ce match et marquera au total 12 buts en 8 matchs pour clore cette pénible saison. 

Joe Malone (son 24e) et le défenseur Dave Ritchie (5e) compléteront le score pour les perdants. Cy Denneny marqua 3 buts et 1 passe du côté des Senators.





MATCH #18


Le Soleil, 23 février 1920

Et ensuite surprise! Une victoire pour les Bulldogs en ce 21 février 1920 par la marque de 8-7 contre les Canadiens. Il s'agissait de la 3e victoire de la saison pour les pauvres Bulldogs (15 défaites à ce moment) et elle ne fut pas acquise facilement alors qu'on dut se rendre en prolongation (quelque chose de rare à l'époque) pour déterminer le gagnant. Et comme pour les autres victoires des Bulldogs, il fallut assister à une performance du tonnerre de Joe Malone pour y arriver alors que ce dernier récolta 5 points (4 buts et 1 passe). La nouvelle coqueluche des supporteurs québécois, McCarthy, connut également un fort match avec 2 buts et 2 passes. 

C'était donc un match excitant et malgré leur fiche médiocre, les Bulldogs pouvaient tout de même bâtir la dessus et tenter le coup pour bien terminer la saison.


MATCH #19


Comme les Bulldogs, je ne me présenterai pas pour ce match et je vous laisse lire ceci...

La Presse, 26 février 1920

McCarthy a tout de même marqué deux autres buts dans ce match. Mais où était-il au début de la saison?


Prochain match le 28 février 1920 contre les Canadiens!



Statistiques des Bulldogs après 19 matchs

 

dimanche 16 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #16




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15


Le Soleil, 17 février 1920

Pas grand chose à dire sur ce 16e match. Les Bulldogs ont perdu une fois de plus, cette fois-ci par un score plus serré de 4-3 et sont désormais avec une fiche de 2-14. Joe Malone a une fois de plus marqué (son 23e) malgré une cause perdante. Ils ont d'ailleurs perdu ce match dans la dernière minute du match lorsque les St-Patricks marquèrent leur 4e but. Il y a certains de ces matchs que je ne vais pas aller trop en détail car c'est souvent la même narrative.

Fred McLean
La seule nouvelle information que j'ai trouvé intéressante fut l'ajout d'un nouveau défenseur substitut en Fred McLean. Originaire du New Brunswick, il évoluait auparavant dans diverses ligues des Maritimes. Il jouera lors de 7 des 8 derniers matchs de cette saison sans récolter de point et jouera ensuite 2 matchs avec les Tigers lors du déménagement de l'équipe à Hamilton et ce sera ses derniers matchs en carrière.

Le prochain match des Bulldogs aura lieu le 18 février 1920.






Statistiques des Bulldogs après 16 matchs


mardi 11 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #15




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14





Jack Coughlin
Peu de choses à se mettre sous la dent dans cette énième défaite des Bulldogs, désormais à 2-13 après ce 15e match. On peut toutefois constater un autre chapitre dans le roulement interminable de personnel chez les Bulldogs avec le renvoi de Jack Coughlin. Dans l'article on mentionne qu'il était considéré comme une étoile dans la ''ligue des mines''. J'ignore quelle était cette ligue car on n'en retrouve aucune mention dans ses statistiques personnelles. En fait on mentionne plutôt qu'il n'avait pas joué la saison précédente... alors c'était probablement une ligue très obscure. En 9 matchs avec les Bulldogs il ne récolta aucun point. Il refera toutefois surface avec les Canadiens pour les trois derniers matchs de la saison et revint avec l'équipe la saison suivante à Hamilton.

J'aime aussi cette mention que l'arbitre ''flatta'' un sentiment capricieux chez les amateurs en utilisant une cloche à l'ancienne au lieu d'un sifflet...

J'ignore vers qui le gérant Mike Quinn se tournera pour remplir son alignement lors du prochain match du 16 février, encore une fois contre les St-Patricks.


Statistiques des Bulldogs après 15 matchs


samedi 8 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #14




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13


Nous voici donc au 14e match de la saison et rien de nouveau ici avec une autre défaite pour les Bulldogs qui ont maintenant une fiche de 2-12. Une défaite de 6-2 aux mains des Canadiens et les deux buts des Bulldogs appartiennent sans surprise à Joe Malone. Au moins un événement survenu durant le match vint transformer ce match en un léger fait divers et ainsi donner une belle manchette à la page des sports de La Presse en ce 9 février 1920.



Après avoir lu cet article on se rend compte que ce fut un match assez sauvage mais tout de même typique de l'époque:

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Lalonde, capitaine du Canadien, a été attaqué par une femme samedi soir, lors de la partie de hockey à l'Aréna Mont-Royal. Après un engagement entre Brophy, gardien des buts des visiteurs, et Lalonde, engagement au cours duquel quelques coups de poing furent échangés entre les deux hommes, le capitaine du Bleu Blanc Rouge fut expulsé du jeu par l'arbitre. Lalonde sortant de la glace alla s'asseoir sur le banc des officiers de la joute, à côté du pénitencier. C'est à ce moment que l'une des spectatrices laissant son siège un peu en arrière, s'avance vers Lalonde et indignée, se mit à l'accabler de reproches et essayait en même temps de le frapper. Lalonde était toutefois protégé par un grillage en fil de fer et d'un autre côté la spectatrice n'avait d'autre arme que... son manchon, arme peu redoutable, mais que la personne en question brandissait avec furie.

Newsy Lalonde
La scène tragi-comique causa dans le moment toute une sensation dans les environs, et une couple de constables firent réintégrer sa place à l’agressive spectatrice ainsi qu'à son compagnon.

''Je joue au hockey et à la crosse depuis plus de quinze ans'', nous disait Lalonde. ''Et j'ai été souvent frappé par un homme, mais c'est la première fois que je suis attaqué par une femme''.

Le Canadien est sorti victorieux de sa rencontre avec le Québec par un score de 6 à 2. Lalonde et Arbour ont compté chacun deux points et Pitre et Berlinguette, un chacun.

Les visiteurs furent les premiers à compter, Joe Malone prenant Vézina en défaut au bout de 9 minutes. Louis Berlinguette égala le score sur une passe de Odie Cleghorn, puis juste avant la fin de la première période Lalonde mit son club en avant avec l'aide de Corbeau qui lui passa la rondelle.
...

L'extrême rivalité qui existait entre les deux équipes a rendu la lutte très excitante. Lalonde a été banni trois fois du jeu, pour un total de 13 minutes. Pendant quelques temps le Canadien a été forcé de lutter cinq hommes contre six, mais malgré cela, le Québec n'a pu prendre l'avantage.

Mike Quinn, gérant du Québec, a été loin de se montrer bon perdant et il a accablé l'arbitre de reproches. D'un autre côté, l'entraîneur du Québec est devenu une telle nuisance que le referee a dû arrêter le jeu pour le faire expulser de la place qu'il occupait au bord de la glace. Le gros Mummery a été banni du jeu pour avoir tenté de démolir l'un de ses adversaires sur la clôture. 


Brophy, gardien des buts du Québec, devrait certes mériter d'être puni avec Lalonde, mais l'arbitre s'est montré indulgent pour lui.

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Prochain match le 11 février 1920 contre Toronto


Statistiques des Bulldogs après 14 matchs


mardi 4 février 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #13




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12


Nous en sommes maintenant au 13e match de la saison mais plus précisément le 1er match de la deuxième moitié de saison. À l'époque on se disputait deux demie-saisons de 12 matchs. À la fin, le champion de la première demie disputait une série contre le champion de la deuxième. Le club gagnant allait ensuite en finale de la Coupe Stanley contre les champions de la PCHA (ligue de l'ouest de l'époque). Si le même club remportait les deux demies, il allait automatiquement à cette finale.

Donc en cette deuxième demie, les espoirs étaient remis à neuf pour les Bulldogs qui terminèrent au dernier rang de la première demie avec 2 victoires et 10 défaites. Ils pouvaient se permettre de compétitionner davantage alors qu'ils amenèrent d'autres nouveaux joueurs et avaient toujours le grand Joe Malone dans leur alignement, lui qui venait de connaître un match record avec 7 buts marqués lors du dernier match de la première demie. Ils débutèrent donc cette deuxième demie contre les champions de la première, les Senators. 


Le Soleil, 5 février 1920

Voici la retranscription partielle de cette article du Soleil avec mes commentaires en rouge.

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La défaite essuyée par le club Québec, hier soir, est un désappointement extrême pour ses très nombreux (pas tant que ça alors qu'ils étaient derniers pour les assistances) partisans. L'Ottawa s'est approprié encore un succès considérable, car  le résultat de cette partie de la N.H.L. est de 5 à 0 en sa faveur. Bien des amateurs prévoyaient la victoire pour les jouteurs (les joueurs jouent, les jouteurs joutent) de la capitale fédérale, mais personne ne croyait le moindrement qu'elle serait aussi complète.

L'équipe senior d'Ottawa est bien forte; elle montra une supériorité incontestable et mérite son triomphe. Tous ses membres combattirent avec ensemble, dextérité et vigueur; leur homogénéité fut pour eux le facteur principal de la réussite. Le club Québec marqua trop souvent cette lutte par des efforts individuels qui restèrent stériles. Ses joueurs de purent avoir effectivement le dessus, en commettant telle erreur. Du reste, l'Ottawa fut d'une attention incessante, dans son système de défense, en tenant maintes fois trois hommes près de son gardien de buts; Jack Darragh (attaquant des Senators) fut de grande utilité, sous ce rapport.

Il convient de dire aussi que le Québec ne fut pas chanceux. De nombreuses attaques s'exécutèrent avec entrain, dans les deux premières périodes, notamment, mais Benedict arrêta tous les coups tirés vers ses buts. Le premier point fut presque du hasard heureux pour l'Ottawa et eut pour effet immédiat de déconcerter le Québec. De plus, Brophy dut se retirer vers la fin de la deuxième période, à cause d'un accident.

... L'un des incidents désagréables de la soirée fut que des spectateurs lancèrent des bouteilles, des patates et des citrons sur la glace. L'arbitre dut interrompre le jeu plusieurs fois pour enlever ces ''projectiles''. Ceux qui ont manifesté ainsi de l'hostilité à l'Ottawa ont nui au Québec, qui était à l'offensive quand cette mauvaise farce commença. Ce qui s'est fait de répréhensible dans la capitale fédérale ne justifie point le mal pratiqué dans celle de Québec. (Ici j'ignore si on fait référence à un autre match disputé à Ottawa ou bien à quelque chose de plus politique)


La foule fut désappointée de l'absence de Randall mais on dit maintenant que son arrivée ici est tout simplement retardée d'un jour. (J'ignore qui est ce Randall mais il n'arriva finalement jamais à Québec. Il y avait un joueur nommé Ken Randall qui jouait à ce moment pour les St-Patricks. Peut-être attendait-on une transaction du côté de Québec...)


Les Ottawa sont naturellement fiers du succès de ce club. Les Québec étaient les seuls qu'ils n'avaient pas encore blanchis cette saison. Disons, en passant, que Brophy joua bien, Mummery fit bonne figure aussi et même comme substitut devant les gaules.


Frank Brophy
...une minute et demie avant le terme de cette période, Brophy reçut accidentellement de Nighbor le caoutchouc qui l'atteignit dans la région du coeur et il abandonna le jeu, sur le conseil de deux médecins. Le temps qui restait fut ajouté à la troisième période. (On sait que Brophy, après sa courte carrière, mourut très jeune (33 ans) d'une crise cardiaque. On dit qu'il était fragile depuis avoir reçu un tir de Didier Pitre à la poitrine (plus tard durant la saison) mais à ce qu'on peut voir, il avait peut- être déjà des antécédents avant ce tir de Pitre...)


Mummery, qui ne s'est point exercé depuis plusieurs années comme gardien de buts, remplit cette position de manière passablement habile. Trois fois il fut déjoué, mais il annula cependant bien des coups adroitement tirés. (On reverra Mummery à quelques reprises dans les buts plus tard durant la saison.)

McCarthy, se montra joueur habile et souple dans cette période; il est rapide et manie bien le bâton de jeu. La joute était l'une de celles qui ouvraient la seconde moitié de la saison de la N.H.L. et nous restons sincèrement sous l'impression que la lutte va encore se faire entre l'Ottawa et le Canadien, principalement.

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Thomas McCarthy
Donc l'enthousiasme d'une nouvelle demie-saison s'est estompé assez rapidement après ce match. Les Bulldogs, contrairement à plusieurs des matchs de la première demie, avaient le même nombre de joueurs que leurs adversaires (10) mais encore une fois la plupart d'entre eux n'étaient plus du calibre de la LNH. Il s'agissait d'ailleurs du dernier match en carrière pour Tommy Smith, un des meilleurs joueurs de l'histoire du club et du début du hockey professionnel. Il fut à la base rappelé en renfort par le gérant des Bulldogs en manque de meilleures options. Cependant il ne put faire mieux qu'une seule passe en 10 matchs. Il fut libéré et remplacé par un nouveau joueur en la personne de Tom McCarthy. Ce dernier fut blanchi lors de ce match, et dut éventuellement remplacer Mummery en défense après la blessure de Brophy, mais il se reprendra éventuellement dans les prochains matchs et sera un des seuls côtés positifs dans ce dernier droit de l'histoire des Bulldogs.


Prochain match le 7 février 1920.


Statistiques des Bulldogs après 13 matchs.




vendredi 31 janvier 2020

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #12




Re-bienvenue dans cette série commémorative célébrant les 100 ans de la misérable saison 1919-20 des défunts Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser rétroactivement chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter), selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Voici les résumés des matchs passés: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11


Nous en sommes désormais rendu à la demie de cette saison 1919-20. Les Senators et le Canadien se disputent le premier rang tandis que les deux autres équipes de la ligue sont en action à Québec en ce 31 janvier alors que les St-Patricks sont en ville. Il fait un froid sibérien alors que le mercure indique -33 degré et l'aréna de Québec est glacial avec sa glace naturelle. Donc peu de spectateurs soit 1200, la plus petite foule de la saison pour les bulldogs, sont sur place pour voir une page d'histoire s'écrire en ce dernier jour de janvier.

Le Soleil, 2 février 1920




Vous aurez probablement à scruter de font en comble ce texte pour trouver en quoi ce match fut historique et même là ce n'est pas évident à déchiffrer alors je vous éclaire ici; Dans la deuxième colonne on y parle de la grande vedette des Bulldogs, Joe Malone qui ''fut très actif, tira précisément vers les buts et enregistra 7 points.''


Joe Malone

En fait ce qu'il faut interpréter de ce texte est le fait que les 7 points de Malone étaient en fait 7 buts, ce qui était alors dans la courte histoire de la LNH un record qui 100 ans plus tard aujourd'hui est toujours en place. Quelques joueurs se sont depuis approché de Malone en marquant 6 buts soit Newsy Lalonde (1920), Corb Denneny (1921), Cy Denneny (1921), Syd Howe (1944), Red Berenson (1968) et bien sûr Darryl Sittler en 1976. Sittler marqua 6 buts et obtint 10 points lors de ce fameux match contre les Bruins ce qui demeure le record pour le nombre de points dans un match. Malone marqua  également un autre 6 buts dans un match plus tard lors de cette saison 1919-20 soit le 10 mars. Il marqua également 5 buts dans un match trois autres fois durant sa carrière dans la LNH. Il est d'ailleurs le meneur pour le plus de parties avec 5 buts ou plus soit 8 fois. Ses deux plus proches poursuivants sont Wayne Gretzky et Mario Lemieux avec 4 matchs de 5 buts chacun. Les plus récents à compter 5 buts dans un match furent Patrick Laine (2018), Johan Franzen (2011) et Marian Gaborik (2007).




Bien sûr il faut prendre le record de Malone avec des pincettes alors que le hockey a beaucoup changé en 100 ans, principalement au niveau des alignements des joueurs. Les équipes avaient moins de 10 joueurs dans leur alignement durant un match donc les meilleurs joueurs pouvaient être sur la glace pendant toute la partie. Ils étaient bien sûr plus fatigués mais c'était le cas pour tous les patineurs sur place. Je me demande combien de buts Gretzky ou Lemieux auraient marqué dans un tel contexte. Les gardiens étaient également moins protégés, ne pratiquaient pas le style papillon, n'avaient pas de masques, la passe avant en zone offensive était interdite et un million d'autres différences qui ont marqué l'évolution du sport depuis cette époque...

Quoiqu'il en soit, Malone compta 7 buts. 1 en première, 3 en deuxième et un autre 3 buts en troisième. Ses trois derniers buts étaient en fait les trois derniers buts du match, donc un tour du chapeau naturel, permettant aux Bulldogs de passer d'une mince avance de 7-6 à une avance de 10-6 et finalement leur deuxième victoire seulement en 12 matchs durant cette pénible saison où Malone dut se sentir bien seul. Il est d'ailleurs étonnant qu'il n'ait eu aucune mention d'assistance durant ce match. Peut-être aurait-il pu lui aussi obtenir 10 points comme Sittler. Cependant on ne décernait qu'une seule mention d'aide dans ce temps-là. 

Comme vous pouvez le voir sur la coupure de journal plus haut, on ne parlait pas vraiment de ce record à l'époque. Il ne s'agissait que d'un fort match pour Malone. Comme on a pu voir il était plus commun de voir des marqueurs des 5 buts ou plus à cette époque et ce n'était alors que le record de la LNH. Malone avait lui-même battu ce record auparavant alors qu'il avait marqué 8 buts contre les Wanderers durant la saison 1916-1917 soit la dernière année d'existence de la NHA. Il a même marqué 9 buts en 1913 lors de la finale de la Coupe Stanley contre le club de Sydney. Donc même lui ne devait pas être énervé par ce ''record''.


La Presse, 2 février 1920


On mit d'ailleurs du temps à reconnaître et à se rappeler officiellement du record de Malone. Lorsque Syd Howe eut son match de 6 buts en 1944, on mentionna alors qu'il s'agissait du record de la LNH, oubliant de ce fait Malone et les autres marqueurs de 6 buts des années 20... Il faut dire que ces statistiques et ces records étaient difficiles à tenir d'année en année à l'époque.

Donc au moins les Bulldogs purent clore cette première moitié de saison sur une bonne note avec cette victoire sur les St-Patricks. Prochain match le 4 février.


Statistiques des Bulldogs après 12 matchs

















Sources:
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
La Coupe à Québec, Marc Durand