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lundi 25 novembre 2013

Victoriaville



C’est dans son garage qu’Henri Mailhot avait commencé à fabriquer des traînes sauvages, des petits bâtons de baseball et des coffres en cèdre.  En 1945, il fonde sa compagnie et se spécialise dans les bâtons de hockey.  Ses quatre fils, Gérard, Bertrand, Léo-Paul et Raymond, quittent alors leurs emplois pour se joindre à l’entreprise.
 
En 1952, il y a changement de génération, alors que les fils prennent formellement la relève de leur père.  Pendant ce temps, l’entreprise prend de plus en plus d’expansion.  La qualité de ses produits est reconnue et elle innove en ajoutant un enduit de fibre de verre sur ses palettes.
 
Au milieu des années 1960, les bâtons Victoriaville de Mailhot et frères accaparent 65% du marché mondial du bâton de hockey.  L'entreprise emploie alors 400 personnes et produit 20 000 bâtons par jour.
 
Les joueurs professionnels ne font pas exception et adoptent en grand nombre le « Vic ».  Il y eut bien sûr les deux grandes vedettes originaires de Victoriaville, Jean Béliveau et Gilbert Perreault, mais ils n’étaient pas les seuls.  Jacques Lemaire, Bobby Hull et surtout Bobby Orr les ont aussi adoptés.
 
Les frères Mailhot ont finalement vendu l’entreprise et celle-ci connut par la suite plusieurs administrations.  Dans les années 1970, elle fut même pendant un moment dans le giron du géant des produits de consommation courante Colgate-Palmolive.  Les nouvelles administrations changèrent la philosophie et il en résulta des problèmes de qualité, qui entraînèrent le déclin de la marque.  Vic perdit ainsi son titre de marque la plus populaire.  
 
Dans les années 1990, elle entra dans une période d’instabilité.  L’arrivée des bâtons en composite diminua la demande pour les bâtons en bois et Vic connut quatre administrations différentes en quelques années.  On décida également d’apposer le nom « Vic » sur de l’équipement venu d’outremer qui n’avait rien à voir avec les bâtons fabriqués dans les Bois-Francs.

En 1997, l’américaine Rawlings paie 14 millions $ à California Pro Sports pour faire son entrée dans le segment hockey.  California l’avait elle-même acheté l’année précédente de USA Skate. 
 
Par contre, les choses ne se déroulent pas bien pour Rawlings.  Les ventes passent de 14 millions $ annuellement à 8,2 millions $ en 2000.  En 2001, elle se départit de sa division hockey, rachetée par d’ex-gestionnaires de Vic.  En 2002, l’entreprise se mit en faillite.
 
En 2003, André Baillargeon, un ex-employé, a formé Conimexx pour racheter une partie des actifs et redémarrer la production.  L’entreprise, qui a maintenant une vingtaine d’employés (donc bien loin des 400 des années 1960), est l’une des dernières à fabriquer des bâtons de bois, maintenant un produit de niche.
 
Elle fabrique aujourd’hui ses bâtons principalement en sous-traitance pour d’autres marques comme Sher-Wood et Easton.


Un Nordique et un Leaf comme porte-paroles?  Est-ce à dire qu'on ciblait comme marché ceux qui n'aimaient pas les Canadiens?
Sources :

“Colgate’s Canadian Sales Should rise 4-5% in 1976”, Canadian Press, Montreal Gazette, 4 octobre 1976, p.22,

″Hockey stick firm tries for comeback″ de David Sherman, 18 février 1978, Montreal Gazette, p.43,

“Rawlings Sporting Goods Co Inc. history” (fundinguniverse.com),
 
“Rawlings plans to sell unprofitable hockey line: Company says sales model led to big losses” de Al Stamborski, 18 juillet 2000, St.Louis Post-Dispatch,
 
“Rawlings sells Victoriaville hockey”, Sporting Goods Intelligence (sginews.com),
 
“La ville de la semaine: Victoriaville” de Guy Deshaies, 6 avril 2011, Urbania (urbania.ca),
 
“Conimexx: le chantre des bâtons en bois” de Stéphane Champagne, 1er novembre 2010, La Presse (lapresse.ca),
 
"Bâtons de hockey en bois… et hybrides!" de Stéphane Champagne, 6 octobre 2011, La Presse (lapresse.ca),
 
"Victoriaville, Les bâtons de hockey Victoriaville", Ma caravane au Québec (macaravane.tv5.ca).

3 commentaires:

Sébastian Hell a dit…

J'ai goalé avec des Vic modèle Roy (1 an), Hextall (2 ans, courbe de la mort au début de la tige et courbe palette assez spectaculaire) et Vanbiesbrouck (5 ans, j'en ai encore deux à la maison pour jouer dehors, j'adorais la courbe arquée style 'slap-shot' qui twist par en-dessous de la palette).

Mias pour jouer à l'attaque, j'ai toujours eu des Titan.

Anonyme a dit…

L'usine de Victoriaville a fabriqué les fameuses "banana blades" pour Bobby Hull. La courbe atteignait 1 1/4 pouce!
C'était avant que la LNH ne fixe des limites pour protéger les gardiens de buts qui ne pouvaient prévoir la trajectoire des lancers frappés effectués avec ces bâtons. Sans doute que ceux qui les utilisaient ne le savaient pas vraiment non plus...

Yves
Laval

Anonyme a dit…

La compagnie n'a jamais eu d'autres usines qu'à Victoriaville jusqu'en 1970, l'année ou les 4 frères vende.
Par la suite elle a déménagé à Daveluiville.

Anonyme, Laval