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mardi 25 janvier 2022

Joueur oublié des 90's #59 - Éric Dazé


 
 
Le joueur d'aujourd'hui n'est pas le plus oublié, principalement pour nous au Québec ou chez ses anciens fans à Chicago, mais la manière pénible dont s'est terminé sa carrière fait en sorte qu'il mérite une petite place dans cette série et qu'on se souvienne davantage de lui. C'était le genre de joueur que j'adorais suivre à l'époque, le genre que j'allais chercher dans mon alignement à NHL 2001 ou 2002 et que je faisais marquer 50 buts... Mais malheureusement, Éric Dazé devint graduellement une sorte de fantôme dans le paysage de la LNH alors qu'on ignorait s'il était toujours actif, demeurant dans les limbes à chaque début de saison selon l'état de ses blessures.



 
Né le 2 juillet 1975 à Montréal, Dazé débuta dans le Junior AAA avec les Régents de Laval en 1990-91 où il joua deux saisons. Les Régents semblaient d'ailleurs être une équipe assez «paquetée» alors que Dazé avait comme coéquipiers Alexandre Daigle, Sébastien Bordeleau et Jocelyn Thibault en 1990-91 et ensuite Martin St-Louis et Éric Perrin en 1991-92. Daigle termina d'ailleurs la saison 90-91 en tête des pointeurs avec 110 points avant de quitter pour Victoriaville dans la LHJMQ et c'est Martin St.Louis qui fit son arrivée la saison suivante et qui pris le relai, terminant aussi premier de la ligue en 91-92 avec 103 points. Dazé pour sa part obtint des saisons de 45 et 59 points respectivement.
 
Il fut ensuite repêché par les Olympiques de Hull où il débuta à temps plein en 1992-93. Il ne fut toutefois pas très utilisé lors de cette première saison à Hull, récoltant 32 points en 55 matchs. Ne semblant pas avoir de plans pour lui, il fut très en demande sur le marché des transactions et fut éventuellement échangé aux Harfangs de Beauport où il cadrait pas mal plus et où il termina la saison en force avec 23 points en 13 matchs.

Mesurant alors 6'-4" (il plafonnera plus tard à 6'-6") en plus d'être rapide et un talent naturel de marqueur, Dazé avait ce profil parfait du power forward qui fait tant saliver les recruteurs. Plus tard à Chicago, son talent de marqueur et la manière qu'il utilisait sa longue portée pour se démarquer me rappelait un peu Mario Lemieux dont il semblait être du même moule. Bien sûr je ne peux pas comparer davantage leurs talents respectifs mais on peut voir plusieurs similitudes si ce n'est que deux grands costauds nés à Montréal en plus d'avoir joué à Laval dans le junior (AAA pour Dazé) et les deux portaient un numéro à double chiffre, 55 dans le cas de Dazé...
 
Les Blackhawks en firent donc leur choix de 4e ronde (90e au total) au repêchage de 1993. Cette sélection provenait en fait des «considérations futures» obtenues des Sabres lors de l'échange malfamé de Dominik Hasek en retour de Stéphane Beauregard au mois d'août 1992. Malgré que cet échange est souvent rappelé comme un des pires de l'histoire, on peut quand même dire que les Blackhawks auront réussi à ne pas perdre totalement la face avec la sélection de Dazé.




Il joua deux autres saisons à Beauport, récoltant 59 buts et 107 points en 1993-94 et ensuite 54 buts et 99 points en 1994-95, une saison qu'il termina à Chicago, étant rappelé pour les 4 derniers matchs des Hawks durant lesquels il marqua son premier but à son 2e match en carrière. Il fit ensuite partie du parcours de l'équipe jusqu'en finale de conférence où il ne récolta cependant qu'une seule passe.
 
Avant de se joindre aux Blackhawks, il s'était précédemment aligné avec l'équipe canadienne aux Championnats du Monde junior. Malgré qu'il avait peiné à se faire une place lors de leur camp d'entrainement, Dazé termina meilleur compteur du tournoi avec 8 buts en 7 matchs, aidant le Canada à remporter l'or. Dazé déclara plus tard qu'il s'agit de son meilleur souvenir en carrière.

Il débuta ensuite à temps plein avec les Blackhawks en 1995-96, saison où il obtint 30 buts et 23 passes pour 53 points, ce qui lui valut une place sur l'équipe d'étoiles des recrues en plus de terminer deuxième au scrutin du trophée Calder qui fut finalement remporté par Daniel Alfredsson lors d'un vote serré (437 votes pour Alfredsson contre 416 pour Dazé).



Dazé fit donc partie des derniers bons moments de cette période des Blackhawks, période que je surnomme l'ère «Roenick/Belfour». Les Blackhawks sont d'ailleurs un parfait exemple de déclin graduel d'une équipe dominante. Ils se rendirent en finale en 1992 (défaite en 4 matchs contre Pittsburgh) pour ensuite s'incliner rapidement en première ronde les années suivantes. Ils retournèrent en finale de conférence en 1995 mais le déclin graduel réapparut par la suite alors qu'ils s'inclinèrent en 2e ronde en 1996 et en première ronde en 1997. 
 
Commença alors une longue traversée du désert pour les Blackhawks qui ratèrent les séries 9 fois lors des 10 saisons suivantes et étant surtout mal administrés par la vieille garde du propriétaire Bill Wirtz qui refusait de diffuser des matchs locaux à la télévision en plus d'être partiellement ou directement responsable de plusieurs départs de joueurs vedettes dont Roenick et Belfour. L'équipe retrouva la respectabilité avec le début de l'ère «Toews/Kane» vers la fin des années 2000 mais entre l'ère Roenick/Belfour et celle de Toews/Kane, il y eut l'ère qu'on pourrait surnommer l'ère «Tony Amonte/Eric Dazé», eux qui furent quelques uns des seuls points positifs (avec Alexei Zhamnov) chez les Blackhawks de l'époque.

Après son excellente saison recrue en 1995-96, Dazé fut une constante chez les Blackhawks lors des saisons suivantes, récoltant au moins 20 buts lors de huit saisons consécutives dont 4 de 30 buts et plus. C'était, inutile de vous l'expliquer trop en détails, dans une période où les buts étaient une denrée rare, la «dead-puck era» où les marqueurs de 30 buts, même 20 buts, étaient très rares.




Mais Dazé n'était pas sans reproches malgré son bon rendement honnête. Il fut souvent critiqué pour son manque d'implication physique, de ne pas assez foncer au filet et de ne pas remplir le rôle de power forward qu'on attendait vraiment de lui. Il connut également une période difficile avec les Blackhawks durant la saison 1999-00 où malgré une récolte de 23 buts, il n'avait obtenu que 13 passes pour 36 points en plus de connaitre son premier vrai épisode de problèmes de santé lorsqu'il manqua une vingtaine de matchs à cause de blessures. 
 
Son début de saison en 2000-01 ne fut pas plus encourageant, ne parvenant pas à s'inscrire au pointage pendant une dizaine de matchs consécutifs. Après avoir été rayé de l'alignement lors d'un match contre le Wild à la fin du moins d'octobre, il demanda d'être échangé, déclarant ne plus se sentir désiré à Chicago. Il s'agissait également de sa dernière saison de contrat. Mais les choses se replacèrent peu à peu pour lui et l'équipe et il termina la saison avec un impressionnant 33 buts. L'équipe lui fit ensuite signer un nouveau contrat durant l'été.

Dazé honorera en grande son nouveau contrat en 2001-02, sa meilleure saison en carrière où il obtint 38 buts et 32 passes pour 70 points en plus de participer au match des étoiles où il fut même nommé le meilleur joueur du match avec 2 buts et 1 passe dans un match des étoiles assez «défensif» où la marque finale ne fut «seulement» que de 7-5. La saison 2001-02 fut également la seule fois où les Hawks firent les séries entre 1996-97 et 2008-09. Il se firent toutefois éliminer en 5 matchs par les Blues qui éteignirent totalement l'attaque des Blackhawks, les blanchissant 3 fois en 5 matchs. Comme plusieurs Blackhawks, Dazé n'obtint aucun point durant cette sortie expéditive.

La saison 2001-02 fut malheureusement l'apogée de la carrière de Dazé. Son dos lui avait causé des problèmes à maintes reprises au fil des années précédentes, nécessitant deux opérations pour hernie discale. On peut ici faire de nouveau un parallèle avec Mario Lemieux, lui aussi aux prises avec d'innombrables maux de dos.




Ces problèmes prirent de l'ampleur durant la saison 2002-03 où il ne put jouer que 54 matchs, gardant toutefois la cadence de sa précédente saison avec 22 buts et 22 passes. La saison suivante fut encore pire alors qu'il ne put jouer que 3 matchs au début de la saison avant d'être au rancart pour la majorité du calendrier, subissant une 3e opération qui demanda une longue convalescence. Il fut toutefois capable de revenir au jeu pour le dernier droit de cette saison perdue pour les Hawks (avant-derniers de la ligue en 2003-04) mais il prouva qu'il était encore bon avec 4 buts et 7 passes pour 11 points en 16 matchs.

Vint ensuite le lock-out de 2004-05 où il profita de l'arrêt des activités pour continuer son rétablissement. Il revint au jeu au retour des activités en 2005-06 mais cela fut encore plus court que sa saison précédente. Les maux de dos toujours intenables, il ne joua que 12 minutes du premier match de la saison, ce qui s'avéra son dernier match en carrière où il ne récolta aucun point et termina à -2.  Il ne déclara toutefois pas qu'il s'agissait du temps de la retraite, demeurant dans les limbes de nombreuses années suivant ce dernier match et comme je l'expliquais au début du texte, cela fit de Dazé une sorte de fantôme alors qu'on croyait toujours le voir réapparaitre sur le radar à un moment ou un autre. Ce n'est qu'en 2010 qu'il annonça officiellement sa retraite lors d'une entrevue à Sportsnet avant un match des Hawks. Et ce n'est qu'en 2013 qu'il parvint finalement à patiner de nouveau après 7 ans depuis sa dernière tentative.

Ayant toujours été amer envers cette fin de fin de carrière abrupte et anonyme, Éric Dazé fut invité par les Blackhawks lors d'une de leurs cérémonies «One More Shitft» en 2018 où il put remettre l'équipement et le chandail des Blackhawks et faire ses adieux correctement à ses anciens fans. J'ai regardé quelques-unes de ces cérémonies que je trouve correctes sans plus, comme pour Denis Savard (qui avait le mauvais chandail avec un écusson de 1993 lors de la cérémonie, WTF?), Eddie Olczyk ou Dennis Hull mais le cas de Dazé était celui où le contexte convenait le plus, lui qui méritait définitivement un dernier shift. 
 

 

Il demeure toujours en banlieue de Chicago et entraine présentent son fils au niveau mineur après avoir travaillé longtemps dans l'immobilier.

En 601 matchs en carrière dans la LNH, Dazé a récolté 226 buts et 172 passes pour 398 points.





Sources:
Éric Dazé s'amène à Beauport, Le Soleil, 16 février 1993
Éric Dazé au sein des Étoiles, Le Devoir, 6 janvier 1995
Former Blackhawk of the Week: Eric Daze, Second City Hockey, 18 janvier 2018
Finies les craintes pour Éric Dazé, Le Soleil, 3 janvier 2016
Daze demands trade from Blackhawks, CBC, 31 octobre 2000
Les Blackhawks et Éric Dazé font la paix, Le Nouvelliste, 3 août 2001

samedi 22 janvier 2022

Joueur oublié des 90's #58 - Aki-Petteri Berg

 

La grosse tendance au repêchage dans les années 90 était de sélectionner un défenseur, de préférence gros et/ou rapide et/ou offensif. On vit alors plusieurs défenseurs être repêchés dans le top 3 ou même premiers comme Roman Hamrlik (1er 1992), Ed Jovanovski (1er 1994) ou Chris Phillips (1er 1996) même si avec du recul on se rend compte que de biens meilleurs joueurs étaient disponibles car de tous les nombreux défenseurs repêchés dans le top 3 durant les années 90, seuls Scott Niedermayer (3e 1991) et Chris Pronger (2e 1993) se démarquent comme véritables joueurs de concession justifiant ces sélections élevées.

Le repêchage de 1995 est le parfait exemple de cet abus de sélections de défenseurs alors que pour la première et seule fois de l'histoire, trois défenseurs furent sélectionnés avec les 3 premières sélections, laissant la chance à d'autres équipes de repêcher des gars comme Shane Doan (7e), Jarome Iginla (11e) ou Jean-Sébastien Giguère (13e). On vit plutôt dans ce top 3 les noms de Bryan Berard au premier rang par les Sénateurs, Wade Redden au deuxième rang par les Islanders (les 2 seront plus tard échangés l'un contre l'autre) et le cas qui nous intéresse aujourd'hui, Aki-Petteri Berg, sélectionné au 3e rang par les Kings de Los Angeles.


Aki-Petteri Arvid Berg
est né le 28 juillet 1977 à Raisio en Finlande. Grand, gros et rapide défenseur de 6'3" et 216 livres, il tomba rapidement sur le radar des recruteurs alors qu'il devint le plus jeune joueur de l'histoire de la SM-Liiga lorsqu'il s'aligna à l'âge de 16 ans avec le TPS de Turku, ce même club qui avait précédemment formé Saku Koivu et Jere Lehtinen, coéquipiers plus âgés de Berg. Ce dernier se démarqua d'abord avec le club des moins de 20 ans du TPS avec 14 points en 21 matchs et il gradua rapidement avec le club sénior. 

Il ne contribua toutefois pas autant offensivement avec les joueurs plus vieux, ne jouant qu'une poignée de matchs sans grandes statistiques offensives en 1993-94 et 1994-95 (0 but, 3 passes en 11 matchs), étant relégué en 2e division à chaque saison. Il capta toutefois l'attention au championnat junior européen U18 de 1995 où il aida la Finlande à remporter l'or en plus d'être nommé sur l'équipe d'étoiles du tournoi.

Donc malgré ses statistiques moyennes en SM-Liiga, il était toujours considéré comme un prospect d'importance par son gabarit imposant et ses habiletés athlétiques. Ce rendement offensif moyen était entre autres expliqué par son très jeune âge. Les Kings n'hésitèrent pas plus qu'il faut et en firent donc leur choix de 1re ronde en 1995. Le DG des Kings de l'époque, Sam McMaster, déclara au Hockey News que Berg «frappe comme Scott Stevens et patine comme Paul Coffey», des comparaisons aussi flatteuses qu'injustes envers ce pauvre jeune Berg. 

Cela me rappelle d'ailleurs le cas d'un autre membre de cette série et également un défenseur top 3 des 90's, Oleg Tverdovsky. Repêché 2e en 1994, Tverdovsky fut injustement comparé à Bobby Orr... Genre attendez peut-être une saison ou deux dans la LNH avant de comparer un jeune européen à peine majeur à des membres ou futurs membres du temple de la renommée?

D'ailleurs j'ouvre une longue parenthèse ici car le nom de Sam McMaster est vraiment obscur pour moi. Je me demandais pourquoi il ne me disait rien malgré qu'un nom comme «McMaster» ne devrait jamais tomber dans l'oubli et que sa fonction assez importante comme DG des Kings aurait du me sonner une quelconque cloche...

Et bien pour faire sa courte bio, McMaster avait précédemment été directeur du recrutement des Capitals et ensuite DG des Wolves de Sudbury avant de succéder à Nick Beverley comme DG des Kings en 1994. McMaster hérita toutefois d'une équipe en déroute totale depuis la finale de 1993 et dont le propriétaire Bruce McNall dut mettre l'équipe en faillite suite à un procès pour fraude qui le mena en prison. L'équipe dut donc se débarrasser de plusieurs contrats onéreux et c'est McMaster qui hérita de cette tâche ingrate, dont celle de devoir échanger Wayne Gretzky en 1996. Il fut finalement congédié en 1997 et n'est jamais redevenu DG par la suite, occupant plutôt un poste de recruteur avec les Blue Jackets depuis 1999. 

Malgré quelques bons coups comme l'acquisition de Stéphane Fiset de l'Avalanche, l'époque McMaster est grandement méprisée par les fans des Kings qui le surnomment plutôt «McMaster the Disaster» pour son inaptitude à rentabiliser ses échanges et ses choix douteux au repêchage... d'où la parenthèse se ferme et où on en revient à notre pauvre Aki-Petteri...

D'ailleurs si vous êtes curieux, Aki est la forme finlandaise raccourcie de Joaquim ou Joachim et Petteri est celle de Peter ou Pierre. Donc si vous aimeriez traduire son nom, vous pourriez l'appeler Joaquim-Pierre Berg...


Bref c'est dans l'environnement assez toxique des Kings en banqueroute que Berg fit ses débuts professionnels en 1995-96, dernière saison de Gretzky et plusieurs membres restants de l'édition de 1993. Il joua 51 matchs durant cette première saison, récoltant aucun but et 7 passes en plus de jouer une vingtaine de matchs dans les mineures avec les Roadrunners de Phoenix (0 but, 3 passes). 

Il débloqua un peu offensivement en 1996-97 avec 2 buts et 6 passes en 41 matchs mais passa l'autre moitié de la saison à Phoenix. Il joua ensuite sa première saison complète en 1997-98, où il récolta de nouveau aucun but et 8 passes en 72 matchs.

Comme vous pouvez voir, si Berg «frappait comme Stevens et patinait comme Coffey» il apparaissait aussi «qu'il marquait autant que Brad Marsh». Et même les autres comparaisons s'avérèrent boîteuses car malgré son gros physique, Berg ne l'utilisait pas autant que ce que l'on attendait de lui dans le style nord-américain et son habileté sur patin semblait plutôt maladroite compte tenu de son trop gros gabarit.

Il fut également reconnu pour être un des rares joueurs à s'être battu avec Mario Lemieux...

Il s'est également attiré les foudres d'un fan des Kings en 1997...


Mais Berg n'était tout de même pas complètement mauvais et malgré ces attentes démesurées, il se développa plutôt comme un «stay-at-home defenseman». Après avoir aidé l'équipe finlandaise à remporter la médaille de bronze aux Olympiques de 1998, Berg opta de retourner jouer en Finlande pour la saison 1998-99. Il retourna avec le TPS Turku qu'il aida à remporter le championnat de la SM-Liiga (et où il contribua enfin offensivement avec 8 buts et 7 passes en 48 matchs). Il remporta également la médaille de bronze avec l'équipe finlandaise aux championnats du monde de 1999.


Il revint finalement avec les Kings en 1999-2000 et connut sa meilleure saison en terme de points avec une fiche de 3-13-16 en 70 matchs mais n'était définitivement plus considéré comme pilier de la défense des Kings, étant fermement campé comme 5e ou 6e défenseur derrière des joueurs comme Rob Blake, Mathieu Schneider, Philippe Boucher, Mattias Norstrom, Jere Karalahti, Jaroslav Modry ou Lubomir Visnovsky. 

Sentant toutefois qu'il était encore jeune (seulement 23 ans) et qu'un changement d'environnement puisse lui être bénéfique, les Maple Leafs décidèrent de faire son acquisition en mars 2001, principalement pour rajeunir et approfondir leur défensive. Ils envoyèrent donc Adam Mair et un choix de 2e ronde en 2001 aux Kings en retour de Berg.

Le changement d'air sembla effectivement lui porter fruit alors qu'il marqua 3 buts en 12 matchs pour terminer la saison, égalant en seulement 12 matchs son meilleur total de buts en une saison avec les Kings...


Il joua jusqu'en 2006 comme défenseur de 2e ou 3e paire avec les Leafs, jouant en tout 325 matchs. Mais contrairement aux attentes des Leafs, il ne devint pas plus un grand joueur à Toronto, s'attirant souvent les foudres des fans pour ses lacunes en défense et sa fausse vitesse définitivement pas du même calibre que Paul Coffey, étant d'ailleurs plus du niveau de Hal Gill selon les commentaires de ceux qui se rappellent l'avoir vu jouer. De plus, les fans torontois se mirent à vraiment le détester lorsque l'on vit éclore le choix de 2e ronde obtenu par les Kings en retour de Berg, Michael Cammalleri. 

Au moins les Kings auront réussi à rentabiliser cette mauvaise sélection de 1995...

Désirant élever ses enfants en Finlande, Berg quitta la LNH en 2006 pour s'aligner de nouveau avec le TPS Turku où il fut nommé capitaine et où il joua jusqu'à sa retraite en 2011, remportant un autre championnat de la SM-Liiga en 2010. 

Après sa retraite, il fut nommé au temple de la renommée du hockey finlandais. Contrairement à plusieurs anciens joueurs qui visent des postes d'entraîneurs ou de directeurs généraux après leurs carrières de joueurs, Berg opta plutôt de devenir préposé à l'équipement pour le TPS Turku et également pour l'équipe nationale.


En 606 matchs dans la LNH avec les Kings et les Leafs, Aki-Petteri Berg aura récolté 15 buts et 70 passes pour 85 points, ce qui le place au 33e rang des joueurs repêchés en 1995 derrière des noms comme Clarke Wilm, Jay McKee, Brad Isbister et Georges Laraque. Donc pas de sa faute s'il a été autant mal évalué par des recruteurs trop zélés, il a quand même 600 matchs au compteur dans la LNH et de bons services rendus mais son rang de repêchage l'aura hanté jusqu'à la fin.

Mais bien sûr personne n'est parfait. Berg fut quand même une meilleure sélection que Terry Ryan au 8e rang par le CH lors de ce même repêchage de 1995...

Sources:
Happy Trails Aki Berg!, Dirty Dance, 30 juillet 2011
Balle Courbe
Maple Leafs Trade Tree: Aki Berg, Sportsnet, 7 novembre 2016
Aki Berg quitte les Maple Leafs, RDS, 27 avril 2006

jeudi 20 janvier 2022

Équipe All-star des oubliettes #27 - Maple Leafs de Toronto


 

C'est un peu un running gag personnel lorsqu'à chaque début de chapitre dans cette série, j'indique que cette série est interminable et que j'ai hâte de l'avoir finie. 

En fait je viens de copier-coller cette dernière phrase de la dernière partie (parue en novembre 2020) tellement que je ne sais plus comment expliquer à quel point je la procrastine cette série... Au départ ça me semblait vraiment simple, facile et amusant à faire mais depuis le temps j'ai vraiment perdu le goût... 

Mais on est rendu à 27 et ça serait niaiseux de ne pas la finir. En plus, covid oblige, je suis tombé à temps partiel au travail donc le moment est venu de mettre fin à cette série...(yeah right... check moi bien recopier ce texte dans 3 ans pour la suite)...

 


Je vous rappelle rapidement la formule des équipes All-Star des Oubliettes. Il s’agit de la meilleure équipe partante de l'histoire d'une franchise mais elle se doit d'être composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et parfois le terme “vedette” est assez subjectif également. Parfois aussi, j'omets d'inclure un joueur pour le mettre dans une autre équipe. Je les ajoute cependant dans les mentions honorables.

Allons-y donc aujourd'hui avec les Leafs.
 


ATTAQUANTS

 

Olli Jokinen
6 matchs (2015)

J'avais de plus grands noms pour commencer mais dans la catégorie «oublié», le cas de Olli Jokinen est dur à battre. Alors qu'il semblait effectuer une tournée d'adieu en s'alignant avec le plus d'équipes possible vers la fin de sa carrière, Jokinen aboutit à Toronto en février 2015 lorsqu'il fut obtenu des Predators de Nashville en compagnie de Brendan Leipsic et un choix de première ronde en 2015. En retour, les Predators obtinrent Cody Franson et Mike Santorelli...

Jokinen n'était apparemment qu'un «dump-in» salarial dans cette transaction alors qu'il ne joua que six matchs avec les Leafs (fiche de 0 but et 1 passe), étant échangé de nouveau en mars, cette fois-ci aux Blues de St.Louis où il termina la saison et sa carrière avec une 10e équipe.


Ron Francis
12 matchs (2004)

Celui-ci vous devez surement l'avoir vu venir. Probablement le plus mémorable cas de joueur dans le mauvais chandail, Ron Francis s'amena lui aussi à Toronto lors d'une fin de saison et fin de carrière lorsque les Leafs l'obtinrent en renfort pour les séries en retour d'un choix de 4e ronde au repêchage de 2005. Il s'agissait du deuxième (et dernier) échange de la carrière de Francis, échange pas mal moins mémorable que celui de 1991 entre les Whalers et les Penguins qui fit de Pittsburgh une équipe championne et qui mena les Whalers vers le véritable déclin...

Bref Francis s'amena avec la vieille équipe des Leafs de 2003-04 où il était le doyen à 40 ans mais où on retrouvait également du vieux stock comme Ed Belfour (38), Gary Roberts (37), Calle Johansson (36) et Joe Nieuwendyk (36) en plus d'un autre que vous vous doutez sûrement mais que je garde pour plus loin en défense....

Mais même à 40+ ans, Francis contribuait encore superbement en offensive. Il obtint 3 buts et 7 passes en 12 matchs pour clore la saison. Ce fut toutefois plus difficile en séries alors qu'il n'obtint que 4 passes en 12 matchs. Et comme vous le savez surement, 2004 est la dernière fois que les Leafs dépassèrent la première ronde...

Francis se retira finalement après le lock-out de 2004-05. Il travailla ensuite pour les Hurricanes pour plusieurs années comme directeur du personnel, assistant dg, dg, directeur des opérations et est maintenant dg du nouveau Kraken de Seattle. Il s'en passe des choses pendant que les Leafs font patate en séries...

Dickie Moore
38 matchs (1964-65)

J'avais tout plein d'autres exemples plus récents (genre Mike Peca ou Tomas Plekanec) mais pourquoi pas revenir plus en arrière avec la présence ici de l'ancienne légende du CH Dickie Moore.

Après une saison 1962-63 où le CH se fait éliminer pour une troisième année consécutive en première ronde, les partisans grondent et la direction décide de se départir de plusieurs vétérans pour secouer l'équipe et couper dans les salaires. C'est notamment le cas de Jacques Plante, Don Marshall et Phil Goyette qui prirent tous le chemin de New York tandis que le défenseur Tom Johnson fut réclamé au repêchage intraligue par les Bruins. 

Et malgré une saison où il avait prouvé qu'il pouvait toujours contribuer offensivement (24 buts et 50 points en 67 matchs) Moore fut lui aussi largué par le CH qui lui expliqua qu'elle pouvait le remplacer par un plus jeune joueur pour trois fois moins cher. Le CH désire alors l'échanger mais furieux, Moore refuse l'offre, ne voulant pas quitter Montréal alors qu'il y opère sa compagnie de location. Son contrat n'est donc pas renouvelé et il ne peut offrir ses services lui-même à une autre équipe, étant prisonnier de la clause de réserve en place à l'époque. 

Toutefois, après un an sans jouer, il est placé sur la liste de joueurs non-protégés et est réclamé au repêchage intraligue par les Leafs avec qui il revint finalement au jeu pour la saison 1964-65. Ce fut toutefois une pénible saison alors que Moore, rouillé et ennuyé par une blessure subie lors d'un accident de travail, ne parvient à disputer que 38 matchs, ne récoltant que 2 buts et 4 passes. Les Leafs se firent ensuite éliminer par le CH en première ronde et Moore ne récolta que 2 points contre son ancienne équipe.

Il se retira donc de nouveau mais la grande expansion de 1967 le convainquit de faire un autre retour avec les Blues. Il se démarqua principalement au printemps 1968, terminant premier marqueur des Blues en séries avec 14 points en 18 matchs et menant l'équipe à la finale. Il se retira pour de bon une fois les Blues éliminés.


Mentions honorables:

J-P Parise (1 match 1967-68), Syd Howe (3 matchs 1931-32), Garry Unger (15 matchs 1967-68), Tomas Plekanec (17 matchs 2017-18), Mariusz Czerkawski (19 matchs 2005-06), Dave Gagner (28 matchs 1995-96), Eric Lindros 33 matchs (2005-06), Mike Peca (35 matchs 2006-07), Joe Thornton (44 matchs 2020-21), Joe Nieuwendyk (64 matchs 2003-04), Jason Allison (66 matchs 2005-06), Andy Bathgate (70 matchs 1963-65), René Robert (74 matchs 1970-82), Kirk Muller (102 matchs 1995-97)


DÉFENSEURS

 

Brian Leetch
15 matchs (2004)


Tantôt je parlais de Ron Francis et des autres vieux Leafs de 2003-04 et bien voici un autre joueur de cette catégorie de «vieux joueurs ayant connu la gloire ailleurs avant d'aboutir en vieux criss payé trop cher à Toronto» en la personne de Brian Leetch.

Mais non j'exagère. Leetch était une bonne acquisition des Leafs et n'était pas si vieux, seulement 35 ans, ce qui dans le hockey pré-lockout en valait 28. Les Rangers n'allaient nulle part en 2003-04 et étaient en voie de rater les séries pour la 7e année consécutive. Ils procédèrent donc à une «purge» de joueurs vétérans au printemps 2004 en se débarrassant entre autre de Leetch mais aussi de Alex Kovalev, Petr Nedved, Chris Simon, Matthew Barnaby, Vladimir Malakhov, Greg DeVries et Martin Rucinsky, tous des joueurs qui quittèrent les Rangers entre le 2 et le 9 mars 2004.

Pour sa part, Leetch aboutit à Toronto en retour d'un package de 2 joueurs (Jarkko Immonen et Maxim Kondratiev) et 2 choix au repêchage qui n'aboutirent à rien pour les Rangers. Comme je disais c'était un bon coup pour les Leafs alors que Leetch termina la saison avec 15 points en 15 matchs ainsi que 8 autres en 13 matchs en séries. 

Son contrat prit toutefois fin avec la saison perdue du lock-out. Il signa alors avec les Bruins où il joua une dernière bonne saison en 2005-06. Malgré plusieurs offres sur la table pour la saison suivante, Leetch opta plutôt de prendre sa retraite.


Phil Housley
1 match (2003)


La saison 2003-04 des Leafs n'était toutefois pas la première année que les Leafs nous faisaient le coup alors que la saison précédente en était aussi une bonne dans le domaine. Les Leafs voulant de nouveau se donner un boost pour les séries, obtinrent entre le 5 et le 11 mars 2003 les joueurs suivants; Owen Nolan des Sharks, Glen Wesley des Hurricanes, Doug Gilmour (de retour) du Canadien ainsi que le vénérable défenseur Phil Housley des Blackhawks.

Comme Leetch après lui, Housley était un défenseur américain en voie vers le temple de la renommée. Mais contrairement à Leetch, Housley s'était beaucoup promené durant sa carrière. Il joua d'abord longtemps à Buffalo (1982 à 1990) avant de passer aux Jets de Winnipeg (90 à 93), brièvement avec les Blues de St.Louis (93-94) (où il fait également partie de leurs oubliettes) ensuite les Flames (94 à 96), les Devils (96), les Capitals (96 à 98), les Flames de nouveau (98 à 2001) et finalement les Blackhawks (2001 à 2003). Pour obtenir ses services, les Leafs envoyèrent aux Blackhawks un choix de 9e ronde en 2003 ainsi qu'un choix de 4e ronde en 2004.

Cependant, l'édition 2002-03 des Leafs ne fut pas très chanceuse avec ses joueurs de location. Doug Gilmour se blessa à son premier match de retour à Toronto et ne revint plus jamais au jeu tandis que Housley était blessé au moment de l'échange et ne revint au jeu seulement qu'au dernier match de la saison. Il débuta ensuite la série de première ronde contre les Flyers mais fut rayé de l'alignement après 3 matchs, étant remplacé par le Glen Wesley mentionné plus tôt, qui lui aussi avait été blessé après son acquisition. Housley fut un «healthy scratch» le restant de la série que les Leafs perdirent en 7 matchs. Ce fut les derniers moments de la carrière de Housley.

 

*BONUS*

Larry Murphy
151 matchs (1995-97)

Voulant continuer ce «Big 3» de défenseurs membres du temple meilleurs ailleurs qu'à Toronto, je me devais de faire une petite place à Larry Murphy malgré qu'il joua presque 2 saisons complètes avec les Leafs.

Obtenu des Penguins en juillet 1995, Murphy devint alors le plus haut salarié des Leafs et s'en sortit raisonnablement bien à sa première saison avec 61 points mais il n'a jamais semblé trouver son jeu à Toronto. Il devint alors le bouc émissaire des fans des Leafs en 1996-97, une saison perdue où l'équipe rata les séries après plusieurs bonnes saisons où l'équipe semblait être en montée de puissance. 

Mais l'équipe tomba plutôt dans la catégorie des vendeurs au printemps 1997. Après s'être débarrassé de Doug Gilmour (qu'on reverra en 2003 comme on l'a vu plus haut) en février, les Leafs firent de même avec Murphy qu'ils envoyèrent aux Red Wings en retour de considérations futures. Les Wings ne désirant pas perdre un joueur pour Murphy, s'entendirent alors plutôt avec les Leafs pour payer l'entièreté de son salaire pour la saison. 

Les Red Wings remportèrent deux coupes avec Murphy.


Mentions honorables:
Glen Wesley (7 matchs 2002-03), Calle Johansson (8 matchs 2003-04), Petr Svoboda (18 matchs 2000-01), Stéphane Robidas (52 matchs 2014-15), Pierre Pilote (69 matchs 1968-69)


GARDIEN

Tom Barrasso
4 matchs (2001-02)

On a parlé de 2003-04 et de 2002-03 mais c'est un an avant, soit en 2001-02, que les Leafs pratiquèrent pour la première fois l'art de mettre un joueur dans un chandail pas rapport avec l'entrée en scène temporaire de Tom Barrasso devant le filet des Leafs.

Membre de longue date des Sabres et des Penguins, Barrasso fut échangé aux Sénateurs à la fin de la saison 1999-2000 mais opta de prendre une année sabbatique la saison suivante. Il revint ensuite au jeu en 2001-02 en signant comme agent libre avec les Hurricanes où il joua bien avec une fiche de 13-12-5 en 34 matchs comme second d'Arturs Irbe. Les Hurricanes lui préférèrent toutefois Kevin Weekes comme adjoint et envoyèrent donc Barrasso aux Leafs contre un choix de 4e ronde.

Amené en renfort pour seconder Curtis Joseph et Corey Schwab, Barrasso joua 4 matchs (fiche de 2-2) pour clore la saison avec les Leafs, probablement pour donner du repos aux deux autres portiers. Il fut ensuite relégué sur la passerelle pour l'entièreté des séries alors que l'équipe s'inclina en 3e ronde contre les ex-Hurricanes de Barrasso. 

Agent libre la saison suivante, Barrasso parvint à se trouver un poste avec les Blues en octobre 2003 alors que l'équipe avait plusieurs blessures chez leurs gardiens et allaient éventuellement égaler le record de 7 gardiens employés durant une seule saison (record battu depuis).


Mentions honorables:
Gerry Cheevers (2 matchs 1961-62), Darren Puppa (8 matchs 1992-93), Don Beaupre (11 matchs 1996-97), Trevor Kidd (34 matchs 2002-04), Don Edwards (38 matchs 1985-86), Jean-Sébastien Giguère (48 matchs 2009-11), Bernard Parent (65 matchs 1970-72)


On se revoit prochainement (on se croise les doigts) pour la prochaine partie...

lundi 17 janvier 2022

Pete Mahovlich



Ce n’est pas toujours facile d’avoir un grand frère qui vous fait de l’ombre. Ce fut le cas pour Peter Mahovlich.

En 1963, la LNH instaura finalement un repêchage, mettant ainsi fin à l’ère où les équipes pouvaient signer autant d’espoirs qu’elles voulaient, tant qu’elles parvenaient à les convaincre. À ce moment, les plus beaux espoirs appartenaient toutefois déjà à une équipe et celles-ci purent les conserver. Le repêchage ne s’adressait donc qu’aux joueurs restants.

Au moment où Détroit fit de Mahovlich le deuxième choix de cet événement qui ne revêtait pas encore beaucoup d’importance, son frère Frank, de huit ans son aîné, était déjà une vedette avec les Maple Leafs. D’ailleurs, celui qui n’avait même pas fini de grandir à ce moment, hérita du surnom de "Little M", en opposition à Frank, qui était le "Big M", même si à 6’5’’, il était non seulement l’un des plus grands joueurs de la ligue, mais il était aussi 4 pouces plus grand que Frank.

C’est finalement en décembre 1965 que Pete fit ses débuts avec les Red Wings. Toutefois, alors qu’il n’était pas encore un régulier à Détroit, il fut rejoint par Frank, qui passa aux Wings dans une méga-transaction, avec Carl Brewer et Garry Unger, en retour de Norm Ullman, Paul Henderson et Floyd Smith.

Toujours réserviste, Pete quitta toutefois la ville de l’automobile en juin 1969. Il prit alors le chemin de Montréal dans un échange impliquant principalement de l’autre côté Garry Monahan, son ancien coéquipier à St.Michael’s qui fut choisi juste avant lui au repêchage de 1963.

C’est à ce moment que son nouveau coéquipier, le rugueux John Ferguson, convainquit le sympathique Mahovlich d’utiliser son imposant physique et de montrer un peu plus d’agressivité (mais pas trop quand même). Le grand Pete sortit finalement de sa coquille et il marqua 35 buts à sa première saison complète dans la Ligue nationale, en plus d’être le meneur de l’équipe dans la colonne des minutes de pénalité, avec 181.

En janvier 1971, Pete vit encore une fois son grand frère débarquer en ville, alors qu’un autre échange important permit aux Canadiens de faire son acquisition, en retour de Guy Charron, Mickey Redmond et Bill Collins. Frank relança sa carrière et, mené par un jeune Ken Dryden sorti de nulle part, les deux frères remportèrent la Coupe Stanley.

Un changement de garde avec le Tricolore permit à Peter de s’établir définitivement et même, suite à l’insistance de John Ferguson, maintenant assistant-entraîneur, de faire partie de l’équipe canadienne qui remporta la Série du siècle. Si comme son frère, il y eut un rôle plutôt effacé, il marqua un but important lors du deuxième match, à Toronto, la seule victoire canadienne en sol canadien.

En 1973, les deux frères remportèrent une autre Coupe (la dernière pour Frank). Par contre, on retrouvait maintenant derrière le banc des Canadiens Scotty Bowman, un entraîneur pour le moins autoritaire. Le courant ne passait pas vraiment entre lui et le grand Pete, qui était un bon vivant, aimant rire, s’amuser, payer des tournées et qui n’était pas celui qui prenait le plus soin de lui.

Bowman ne fut d’ailleurs pas le seul à être critique du manque de discipline de Mahovlich. Les médias lui reprochèrent aussi d’être égoïste avec la rondelle. Pourtant, malgré quelques lendemains de cuite pénibles, il forma un trio redoutable avec Guy Lafleur et Steve Shutt. D’ailleurs, en 1974-75 et 1975-76, alors que Lafleur remportait ses deux premiers titres de champion pointeur (Trophée Art Ross), Mahovlich amassa respectivement 82 et 71 passes, sans pourtant donner l’impression qu’il poussait la machine à fond. La marque de 82 passes est d’ailleurs toujours un record d’équipe.

Notre fêtard fut toutefois éventuellement rattrapé par ses comportements et Jacques Lemaire le déclassa sur le premier trio du CH.

Entre temps, les Penguins, une équipe qui tournait en rond sur la glace et qui n’était pas si prospère, pouvaient compter sur un jeune prodige plutôt fantasque, Pierre Larouche. Après quelques accrochages avec la direction, l’abitibien était dû pour un changement d’air. Sam Pollock, l’astucieux directeur-général des Canadiens, profita alors de l’occasion pour lui mettre le grappin dessus. En retour, il se servit de Mahovlich comme appât, en plus d’ajouter Peter Lee à la transaction.

Bien que moins bien entouré qu’avec les Canadiens, il connut deux bonnes saisons à Pittsburgh et devint un favori de la foule, ce qui contrastait avec Montréal. Il fut toutefois ralenti par des blessures au genou, avant d’être échangé en août 1979 à l’équipe qui l’avait repêché, Détroit, en retour du vétéran Nick Libett.

S’il connut une très décente saison de 66 points avec les faibles Wings en 1979-80, l’année suivante fut moins reluisante et après 24 matchs, il fut relégué dans la Ligue américaine. Il s’attela alors à aider l’équipe, en établissant entre autres un record de la ligue avec 18 passes pendant les séries. Adirondack remporta ainsi la Coupe Calder. Pour Mahovlich, il s’agissait de sa deuxième, l’ayant aussi remporté avec les Hornets de Pittsburgh en 1967, en plus de ses quatre Coupes Stanley remportées à Montréal, de la Série du siècle de 1972 et de la Coupe Canada de 1976.

Il faut dire qu’il avait vieilli et qu’un divorce acrimonieux l’avait incité à se ranger et à diminuer sa consommation d’alcool. Toujours sous contrat et voulant toujours jouer, il passa une autre saison à Adirondack.

Chose qui aurait paru impensable dix ans plus tôt, il devint plus tard joueur-entraîneur des Goaldiggers de Toledo de l’IHL, puis entraîneur des Rangers de Denver, où il eut brièvement sous ses ordres un Marcel Dionne en fin de carrière. Il a également été à Fort Worth dans la CHL et au Cap Breton dans la Ligue américaine. À chaque occasion, l’expérience a été relativement de courte durée et couronnée de peu de succès.

Au fil des ans, il a aussi été dépisteur professionnel avec les Rangers, le Lightning, les Thrashers et les Panthers et travaillé à la diffusion des matchs des Devils et des Canadiens.  À la fin des années 1990, il a dû prendre une pause pour combattre un cancer de la prostate, mais il s'en est remis.

Sa fiche dans la LNH est de 288-485-773 en 884 matchs.

Sources :

Dryden, Ken, The Game, HarperCollins, Toronto, 1983 (réédition de 2013), pp.167 à 170,

"Un coup de maître de Pollock" de François Lemenu, 30 novembre 1977, Le Devoir, page 29,

"Peter an instant hero in Pittsburgh" de Bob Morrissey, December 1, 1977, Montreal Gazette, page 26,

"Pete Mahovlich retourne à Détroit", UPI, 4 août 1979, La Presse, page D1,

"Pete Mahovlich veut effacer son image de fêtard" de Guy Robillard, PC, 23 mars 1982, Le Devoir, page 15,

"Pete Mahovlich, Le bon vivant devenu enseignant" de Réjean Tremblay, 13 février 1989, La Presse, page S13,

"La reconnaissance de Peter Mahovlich" de Marc De Foy, 29 juillet 2016, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

samedi 15 janvier 2022

QUIZ hardcore LNH années 80

 

 


 


mercredi 12 janvier 2022

ECHL - 9e partie - Aces de l'Alaska



Voici de nouveau la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom, déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte que j'ai presque une centaine de ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.

Cliquez ici pour les chapitres précédents:
1re partie
2e partie
3e partie
4e partie
5e partie
6e partie
7e partie
8e partie

Le chapitre suivant a été assez compliqué. J'avais commencé à l'écrire dans la 8e partie mais comme j'avais beaucoup trop d'informations sur cette équipe particulière, j'ai préféré consacrer un texte exclusif à ces mythique Aces de l'Alaska. J'ai donc tout transféré dans un autre texte et au moment de faire la dernière correction avant la publication… Blogger a bogué et j'ai tout perdu….

N'ayant aucun backup (j'hais écrire dans Word), je dois donc le réécrire au complet avec la moitié moins d'enthousiasme… Mais ma mission divine doit quand même continuer, alors allons-y donc avec la 75e équipe de notre intégrale…


75. Aces de l'Alaska (2003-2017)


C'est en 1989 que naquit la franchise des Aces d'Anchorage dans la Pacific Southwest Hockey League (PSHL), une ligue semi-pro s'étendant de la Californie jusqu'à l'Alaska, mais avec évidemment un gros trou entre les deux… Les Aces furent principalement créés pour donner de la compétition plus rapprochée aux Gold Kings de l'Alaska, un club évoluant encore plus au nord dans la ville de Fairbanks. Les Gold Kings existaient depuis 1975 dans différentes ligues. 

 


Le hockey des ligues mineures étant toujours instables dans l'ouest nord-américain durant cette période, les Aces migrèrent dans une ligue rivale au nom similaire, la Pacific Northwest Hockey League (PNHL) en 1991-92. L'aventure ne fut toutefois pas concluante et ils opérèrent ensuite comme équipe indépendante en 1993-94 avant de joindre la Pacific Hockey League en 1994-95, une autre ligue née d'une fusion entre la PSHL et PNHL mais cette nouvelle ligue ferma boutique après une seule saison.

Les Aces d'Anchorage
 
Les Gold Kings de l'Alaska


C'est alors qu'en 1995-96 fut fondée la West Coast Hockey League, l'équivalent (évident) de la ECHL dans l'ouest, avec comme membres fondateurs les Aces et les Gold Kings. Ces deux clubs devinrent officiellement les premiers clubs professionnels de l'Alaska, tous sports confondus, depuis les Northern Knights d'Alaska, un club de la Continental Basketball Association (CBA), une ligue mineure affiliée à la NBA. Malheureusement, les Gold Kings durent cesser leurs opérations après la saison 1996-97, déménageant ensuite au Colorado et laissant les Aces comme seule équipe en Alaska. 

Pour vous faire un petit rappel géographique et vous démontrer à quel point l'Alaska est éloignée des autres grands centres, voici une petite carte:

En rouge: les plus proches équipes de la ECHL vers la fin de l'équipe en 2017

Les Aces furent compétitifs à leurs débuts dans la WCHL, s'inclinant notamment en finale en 1997, mais régressèrent annuellement par la suite, tout en traversant plusieurs épisodes houleux à la direction de l'équipe. Ils eurent notamment 4 entraîneurs-chef durant la seule saison 1999-2000, dont l'ancien des Nordiques Walt Poddubny...

L'équipe faisait jusque-là des profits, mais leur propriétaire Mike Cusack dut déclarer faillite personnelle en 2002. Et dans un des épisodes les plus loufoques de toute l'histoire de la ECHL et même du sport professionnel tout court, ce même Cusack décida de mettre l'équipe en vente... sur eBay.

Des fois, vous devez penser que j'invente des choses. Mais non, c'est bien vrai.

Au grand plaisir de Cusack, c'est finalement une offre de 2.3 millions qui l'emporta... avant d'être annulée lorsqu'il fut révélé qu'il s'agissait d'une blague orchestrée par un groupe d'étudiants...

Au final, c'est un groupe de 7 hommes d'affaires qui se portèrent acquéreurs des Aces pour un peu plus d'un million. Cette nouvelle direction dut toutefois trimer dur lors de leur première saison d'opération en 2002-03 alors qu'il fallait reconstruire l'équipe au grand complet, l'essentiel des employés et des joueurs ayant déserté la saison précédente. Mais deux événements importants vinrent ensuite changer l'histoire des Aces...


Premièrement, la WCHL ferma les livres, ses 7 équipes survivantes étant fusionnées avec la ECHL pour la saison 2003-04. Ensuite, la culture de l'équipe changea avec l'embauche de l'entraîneur Davis Payne qui reconstruisit l'équipe et l'organisation de A à Z, instaurant une culture gagnante et du sérieux dans l'entreprise. En plus de changer de ligue et d'administration, les Aces se renommèrent sous le nom des Aces de l'Alaska, abandonnant le dénominatif de Anchorage. Payne ramena les Aces sur le sentier de la victoire, l'équipe s'inclinant en 2e ronde des séries en 2004. L'entrée de l'équipe dans la ECHL marqua le début d'une ère glorieuse en Alaska et de l'une des meilleures franchises de l'histoire de la jeune ligue.

Vint ensuite le lock-out et la saison perdue de 2004-05 dans la LNH, ce qui marqua un autre événement important dans l'histoire des Aces et de la ECHL. Durant cet arrêt des activités, la plupart des joueurs vedettes de la LNH mirent le cap sur l'Europe ou la Russie tandis que d'autres plus jeunes comme Eric Staal, Jason Spezza et Michael Cammalleri retournèrent brûler la AHL. Il y eut toutefois une exception notable en la personne de Scott Gomez qui opta de jouer la saison dans la ECHL avec les Aces. 

Natif d'Anchorage, Gomez passa ainsi à un salaire de 500$ par semaine (ne vous inquiétez pas pour lui, il se renflouera plus tard...) pour avoir la chance de jouer devant les siens, une chose qu'il n'avait pas vraiment pu faire lors de sa jeunesse, partant très jeune jouer son hockey junior en Colombie-Britannique et dans la WHL avec les Americans de Tri-City. Cette signature fut un très bon coup de publicité pour les Aces et la ECHL, désormais seule au troisième rang des ligues mineures nord-américaines depuis l'absorption de la WCHL et la disparition de la IHL en 2001.

Le cas de Gomez était assez unique car il était le seul véritable nom de la LNH à opter pour la ECHL.  Les seuls autres joueurs actifs dans la Ligue nationale à faire un tel move furent des joueurs de soutien comme Eric Boulton, Shane Hnidy, Bates Battaglia (pour jouer avec son frère Anthony) et Curtis Brown. Oui j'ai vraiment ratissé au complet l'ensemble des alignements de la ECHL en 2004-05 pour vous énoncer ces 4 noms oh combien importants... 

Au moins ça m'aura permis de découvrir que Reggie Savage jouait toujours quelque part en 2004-05...

Gomez revint donc en Alaska et termina la saison 2004-05 en tête des pointeurs de la ECHL avec 13 buts et 73 passes pour 86 points. Il aida ainsi les Aces à terminer en tête de leur division mais il se blessa sérieusement au pelvis en première ronde des séries lorsqu'il fut plaqué contre la bande par un adversaire. Heureusement pour lui, sa saison suivante ne fut pas compromise par cette blessure et l'air de son Alaska natal sembla lui sourire puisqu'il connut sa meilleure saison en carrière dans la LNH, avec 33 buts et 51 passes pour 84 points avec les Devils en 2005-06.

Mais bref, même sans Gomez, les Aces s'inclinèrent en 3e ronde. Ils repartirent ensuite de plus belle en 2005-06, connaissant une des meilleures saisons de l'histoire de la ECHL avec une fiche de 53-12-0-5 pour 113 points, ratant de peu de battre le record pour cette ligue de 116 points, établi par les IceGators de la Louisiane en 2001-02. Les Aces conclurent cette saison 2005-06 comme il se doit, soit en remportant leur première Coupe Kelly en 5 matchs contre les Gladiators de Gwinnett.



Les années suivantes continuèrent d'être bonnes pour les Aces qui en plus d'enchaîner les victoires, devinrent extrêmement populaires à Anchorage, ses joueurs étant de véritables vedettes locales. L'entraîneur Davis Payne y gagna également, graduant dans la AHL et éventuellement dans la LNH avec les Blues de St.Louis où il fut entraîneur-chef durant 2 saisons. Après son renvoi des Blues, il devint assistant à L.A. où il remporta une Coupe Stanley en 2014. Il est présentement assistant à Ottawa.

Ne pouvant toutefois pas remporter le trophée lors des saisons suivant la conquête de 2006, les Aces se rendaient toutefois loin en séries, soit en 3e ou 4e ronde (la ECHL comprenant 5 rondes) dont une défaite en 7 matchs durant le finale de 2009 contre les Stingrays de la Caroline du Sud.

Coupe Kelly de 2011
 

L'équipe retourna de nouveau en finale en 2011, remportant cette fois à nouveau la Coupe Kelly contre les Wings de Kalamazoo.

Vint ensuite un autre conflit de travail dans la LNH en 2012-13. Non seulement Scott Gomez revint au bercail encore une fois mais démontrant que le hockey avait bien progressé en Alaska, il fut cette fois rejoint par de nouveaux joueurs «alaskiens» ayant grandi comme fans des Aces (et de Gomez); Brandon Dubinsky, Joey Crabb et Nate Thompson.

Cependant, le lock-out ne fut pas aussi long cette fois-ci et ces joueurs ne jouèrent que très peu avec les Aces. Joey Crabb fut celui qui joua le plus avec 35 matchs. Dubinsky n'en joua que 17 et Gomez seulement 11. Au moins, ce dernier aura sûrement grandement aimé ce changement d'air, lui qui venait de traverser sa pire saison avec le CH en 2011-12 dont sa fameuse disette de plus d'un an sans marquer... Il récolta 6 buts et 7 passes en 11 matchs. 

Ces joueurs s'en retournèrent donc tous dans la LNH à la mi-saison, mais les Aces continuèrent de connaître une bonne saison et s'inclinèrent en 2e ronde.

Brandon Dubinsky

Et comme lors du dernier lock-out, le scénario se répéta en 2013-14 pour les Aces alors qu'ils remportèrent de nouveau la Coupe Kelly la saison suivant le conflit. Cette fois, leurs adversaires en finale étaient les Cyclones de Cincinnati contre qui ils remportèrent la série en 6 matchs. Il s'agissait de leur 3e titre de la Coupe Kelly, ce qui égalait le record de titres remportés par les Admirals de Hampton Roads et les Stingrays de la Caroline du Sud.

Cette 3e conquête fut toutefois le dernier bon moment de la franchise. L'équipe rata d'abord les séries pour la première fois de son histoire dans la ECHL en 2014-15 et au même moment, l'économie en Alaska fut durement touchée par le prix du baril de pétrole qui ne faisait que descendre. Cette industrie étant responsable de plus du 3/4 de l'économie de l'état, les Aces en furent directement victimes, perdant plusieurs sponsors et plusieurs recettes aux guichets. 

Dans n'importe quelle autre ville de la ECHL, l'équipe aurait pu tenter de survivre malgré tout mais les Aces étaient aussi l'équipe avec les plus grands frais de transport de la ligue, devant se déplacer pour de longues périodes et de longues distances en plus de devoir défrayer une partie des frais des autres équipes pour se rendre en Alaska. Et contrairement à plusieurs villes de la ECHL, on ne se rendait pas en Alaska en autobus mais bien en avion... Leurs adversaires les plus proches étaient les Steelheads de l'Idaho, à 4300 km d'Anchorage...

La ligue avait pourtant fait des concessions envers les Aces, leur arrangeant un calendrier spécial où ils eurent à jouer contre moins d'équipes et plus de séries de matchs au même endroit. Mais également au même moment, les ligues mineures procédèrent à un remaniement majeur de marchés et toutes les équipes californiennes de la ECHL déménagèrent dans l'est et leur marché devinrent des équipes de la AHL, ce qui enleva encore plus d'adversaires géographiquement avantageux aux Aces.

Les Aces adoptèrent un chandail à la Canucks (leur club affilié) pour leur dernière saison

 

En 2017, les proprios durent se rendre à l'évidence et mettre fin à l'aventure après la saison 2016-17, où les Aces ratèrent les séries pour la troisième saison consécutive.

Ils jouèrent leur dernier match à domicile, une défaite de 3-2 aux mains des Steelheads, le 8 avril 2017 devant une salle comble. Et c'en était ainsi fini d'une des franchises les plus mythiques de la ECHL et du hockey moderne.

 

 

L'équipe fut mise en suspens et ensuite vendue à Comcast Spectator, les proprios des Flyers de Philadelphie. Ils déménagèrent la franchise à Portland au Maine et la renommèrent les Mariners du Maine.

Les même problèmes économiques qui frappèrent les Aces furent également très problématiques pour les équipes universitaires de l'Alaska qui ont aussi passé près de fermer leur programme. C'est finalement la COVID qui aura eu raison de ces programmes, l'université d'Anchorage mettant son programme sur pause en 2020 et l'université de Fairbanks fit de même en 2021.

Au fil des années, les Aces furent longtemps affiliés aux Blues (2005 à 2012), ensuite aux Flames et finalement aux Canucks. Outre Gomez, Dubinsky et les quelques autres lock-outés, les fans le l'Alaska virent passer quelques futurs joueurs de la LNH, principalement des Blues, comme D.J. King, Ryan Reaves et Anthony Peluso. Alex Belzile y a aussi joué 16 matchs en 2013-14, faisant partie de l'équipe championne de 2014.

Il est à se demander si, quand et comment le hockey professionnel pourrait un jour revenir en Alaska. Ça aurait surtout été bien si Scott Gomez était allé y jouer encore quelques matchs. Il demeure à ce jour avec une fiche 99 points dans l'uniforme des Aces (19 buts, 80 passes)... un petit point.

C'est ce qui conclue cette longue parenthèse dans la série sur l'intégrale de la ECHL, on enchaîne bientôt avec une 10e partie.


Et si vous vous demandiez de quoi a l'air Anchorage... Ça a l'air assez spectaculaire...