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mardi 31 août 2021

Update des ligues mineures 2021-22

 
 
Revoici une petite mise à jour des équipes en place dans les ligues mineures pour la saison 2021-22 qui s'en vient bientôt et qui on l'espère ne sera pas de nouveau perturbée par la pandémie. C'est pas à toutes les années que nous retrouvons du changement dans les mineures et ce n'est pas à toutes les années non plus que j'ai envie d'en parler. La dernière fois remonte à 2016-17 dans mon cas...
 
 
Comets d'Utica - AHL


Premier dossier majeur ici avec les Comets d'Utica qui deviennent le club-école des Devils du New Jersey et qui changent évidemment de couleurs pour l'occasion.

En fait comme on parle ici des ligues mineures, ce n'est jamais aussi simple. En réalité, le club original des Comets, en place depuis 2013 comme club-école des Canucks, déménage à Abbotsford en banlieue de Vancouver, dans ce même mouvement en place depuis quelques années d'établir le club-école principal de l'équipe plus près du grand club. Le nouveau club prendra alors le nom des Canucks de Abbotsford.

Devils de Binghamton
2017-2021

Après l'annonce de ce départ, l'ancien président des Comets et ex-gardien de la LNH Robert Esche, s'est porté acquéreur du nom des «Devils d'Utica» en prévision du transfert des Devils de Binghamton, club école du New Jersey.
 
Précédemment, les Devils avaient décidé de déménager temporairement leur club-école dans la banlieue de Newark en 2020-21 pour éviter les problèmes avec la pandémie. Le club avait toutefois gardé le dénominatif de Binghamton mais prévoyait le changer pour Newark dans le futur. Finalement l'option d'Utica était plus intéressante même si c'est plus éloigné... Ils décidèrent également de garder le sobriquet des Comets, une équipe au passé assez glorieux sous ce nom (voir texte du 3 juin 2020).

C'est est donc fini des Devils de Binghamton après seulement 4 saisons. Il s'agit de la 5e franchise de la AHL à avoir joué dans cette ville après les Broome Dusters (1977-80), les Whalers (1980-90), les Rangers (1990-97), les Senators (2002-2017) et finalement les Devils.

Il y eut aussi les Broome County Dusters (1973-77) dans le temps de l'ancienne North American Hockey League (la ligue de Slap Shot) et les B.C. Icemen (2002-07) dans la UHL.

Donc malgré tous ces changements, il n'y avait quand même jusqu'à aujourd'hui aucune interruption de hockey professionnel à Binghamton depuis 1973. Est-ce qu'une équipe viendra combler le vide dans cette petite ville New Yorkaise? 
 
À suivre...


Canucks d'Abbotsford (AHL)

Donc bref les anciens Comets deviennent les Canucks d'Abbotsford et ont récupéré ce logo secondaire du grand club comme logo principal et ont aussi adopté le look du premier chandail des Canucks des années 70 en inversant quelque peu les couleurs sur ce chandail vert. 

Il s'agit de la première équipe à Abbotsford depuis le départ de l'ancien club-école des Flames, le Heat d'Abbotsford en 2014.


Iowa Heartlanders (ECHL)

Passons maintenant à la ECHL où deux clubs d'expansion font leur apparition en 2020-21. Premièrement ici les Heartlanders de l'Iowa, qui seront affiliés au Wild du Minnesota. Ici on rencontre un phénomène de plus en plus présent soit non seulement d'avoir le club-école principal très près du grand club (ou même en banlieue directe) mais également le club-école secondaire. 

Le club-école principal du Wild dans la AHL est le Wild de l'Iowa, situé à Des Moines, la capitale et métropole de l'état, à environ 400 kilomètres de St.Paul au Minnesota. Depuis 2018, le 2e club école du Wild était les Americans de Allen au Texas. Mais à partir de cette saison, les trajets seront encore plus rapprochés pour les prospects du Wild avec l'apparition des Heartlanders qui eux auront aussi la dénomination géographique de l'Iowa en étant basés à Coralville, une banlieue de Iowa City à environ 1 heure et demie de route de Des Moines.


Lions de Trois-Rivières (ECHL)


Ensuite une grosse nouvelle au Québec avec l'arrivée officielle de la ECHL et des Lions de Trois-Rivières, ce qui vient ajouter davantage de diversité au Québec pour le hockey professionnel. Avant la venue récente du Rocket de Laval, il n'y avait que le CH et la LNAH comme options depuis près de 20 ans, soit depuis la fin des... Citadelles de Québec en 2002. Et finalement une option en dehors de la région métropolitaine. Pour le CH, il s'agit d'un retour au système à deux équipes affiliées alors qu'il n'y en avait qu'une seule, le Rocket, depuis la fin de la saison 2018-19, une situation assez rare dans l'histoire de l'équipe.

Pas encore beaucoup d'informations sur les Lions (dont le chandail) à l'exception de quelques échanges et signatures ainsi que la nomination d'Éric Bélanger comme entraineur. Mais je sens que je vais probablement me laisser tenter par une excursion LVEUP à 3R prochainement... si bien sûr on peut bien assister aux matchs...

Et c'est la première fois qu'une autre ligue que la AHL s'établit au Québec depuis une autre équipe éphémère de Québec, les Rafales de la IHL entre 1996 et 1998.

Pour Trois-Rivières, il s'agit de la première équipe des mineures depuis l'équipe du même nom qui évolua dans la Eastern Professional Hockey League (EPHL) pour une seule saison (1959-60) avant de déménager à Kitchener. Ces Lions étaient alors affiliés aux Rangers de New York.


Beast de Brampton (ECHL)
2013-2021


Ensuite et bien il y a une équipe qui ne revient pas en 2021 et il s'agit de l'ancienne équipe affiliée du CH, le Beast de Brampton. Après leur association au CH, ils devinrent le 2e club-école des Sénateurs furent une des nombreuses équipes qui ne purent revenir en 2020-21 à cause du COVID. Ils annoncèrent ensuite en février dernier qu'ils ne reviendraient également pas la saison prochaine, cessant définitivement leurs opérations.

Nos adieux au Beast.

Vermilion County Bobcats (SPHL)

Comme je veux toujours aller plus creux, tombons ensuite d'un échelon avec la Southern Professionnal Hockey League (SPHL) qui accueille cette saison un nouveau club d'expansion, les Bobcats de Vermilion County

D'abord, qu'est-ce que ce Vermilion County et qu'est-ce qu'ils mangent en hiver là-bas et bien il s'agit d'un comté de l'Illinois dont la métropole est la ville de Danville où joueront ces fameux Bobcats qui porteront ce chandail extrêmement ordinaire.

Qu'est-ce que je pourrais rajouter comme information ici... Et bien les Bobcats deviennent la 11e équipe de la ligue, ce qui égale un record pour cette ligue. Toutefois la saison dernière la ligue dut opérer à seulement 5 équipes mais espère revenir en force cette année. Je croyais qu'avec cette équipe en Illinois qu'il s'agissait de l'équipe la plus au «nord» de cette ligue sudiste mais deux autres équipes du même état existent et sont plus au nord, les Rivermen de Peoria et le Storm de Quad City.

Je me demande si il y aura un jour une expansion de la SPHL au Québec...

 

Elmira Enforcers (FHL)
2018-2021


Ensuite et bien pour les nombreux d'entre vous qui nous bombardez d'incessantes demandes sur ce qu'il advient de la Federal Hockey League (FHL) et bien vous pourrez enfin dormir tranquille ce soir.

D'ailleurs moi également je vais me coucher moins niaiseux alors que j'ignorais que cette ligue s’appelle désormais la Federal Prospects Hockey League donc il faut désormais l’abrévier sous les initiales FPHL. Depuis 2018 en fait que ce changement existe alors j'ai vraiment honte de mon ignorance...

Mais bref il me peine de vous annoncer la fin des opérations pour les Enforcers d'Elmira et leur splendide uniforme vert fluo. La photo ici est assez démonstrative des moyens limités dans lesquels les Enforcers devaient opérer alors que cette photo avec cet incroyable graphisme provient de leur page Facebook officielle. 

Je mets un petit deux que ce montage fut fait dans Word ou Excel... Je suis capable de faire mieux avec une Story sur Facebook...

Dommage car quel logo ils avaient...


Dashers de Danville (FPHL)
2011-2021


C'est également la fin pour les Dashers de Danville, l'équipe la plus vieille encore active dans ce circuit. Ils avaient en fait joint la ligue à sa deuxième saison d'existence mais toutes les équipes de la première saison sont mortes bien avant eux alors chapeau à eux pour quand même 10 ans d'existence (-1 an perdu par le Covid).

Incapables de signer un nouveau bail à l'aréna de Danville, l'équipe cessa officiellement ses activités lorsque fut annoncée la création des Bobcats de Vermilion County de la SPHL que vous avez découvert plus haut...

Plusieurs autres équipes de cette ligue ont aussi cessé leurs opérations en 2019-20 avec la pandémie.


Binghamton Black Bears (FPHL)

Histoire de terminer sur une note plus positive pour fermer mon «à suivre» en début de texte et bien la ville de Binghamton continuera de pouvoir assister à du hockey professionnel, donc sans interruption depuis 1973, avec la création des Black Bears de Binghamton. Quand même une bonne drop de passer de la AHL à la FPHL quoique les billets de saison doivent être moins chers. L'équipe a toutefois une clause de sortie si une ligue supérieure voudrait y revenir et pourra ainsi casser son bail.

 

Pour terminer je pourrais bien conclure avec la LNAH mais aucun changement d'équipe ni d'expansion n'est prévue pour l'instant, continuant le statut quo de 6 équipes. La ligue espère reprendre elle aussi ses activités en 2021-22 mais rien n'est encore officiel.


samedi 28 août 2021

The Game (ou L'enjeu ou Le match) de Ken Dryden



Il y a parfois des incontournables que, pour une raison tout à fait inexplicable, on finit par contourner.

J’ai une grande admiration pour Ken Dryden, qui a un parcours qui sort du lot et qui a toujours fait les choses à sa manière. Que ce soit en prenant le chemin universitaire (chose rarissime dans les années 1960 pour un joueur qui aspirait à une carrière dans la LNH), en refusant le contrat qu’on voulait lui imposer pour plutôt aller terminer son droit en 1973, en prenant sa retraite très tôt pour se consacrer à son après-carrière et j’en passe, Dryden a mené sa carrière comme lui l’entendait.

J’ai aussi lu de nombreux livres au sujet du hockey, et il s’adonne que Dryden en a écrit un des plus renommés. Lorsqu’en 2002, le Sports Illustrated a dressé son top 100 des meilleurs livres de sport de tous les temps, The Game (traduit en français par L’enjeu ou Le match, dépendamment des éditions) s’est classé neuvième (et premier pour le hockey). Sorti en 1983, il a fait l’objet de nombreuses rééditions et est toujours disponible.  

J’avais donc toutes les raisons du monde pour le lire et pourtant, jusqu’à récemment, je ne l’avais pas fait.

Le cœur du livre est le suivant : au cours de la saison 1978-79, n’étant pourtant âgé que de 31 ans, jouant pour les triples champions de la Coupe Stanley et ayant remporté le Trophée Vézina au cours de ces trois mêmes années, Dryden songe pourtant à la retraite. À partir de ce moment, on l’accompagne dans sa réflexion, lors de sa décision, ainsi que dans son quotidien, autant sur la glace, hors glace que dans sa vie personnelle. L’intellectuel qu’est Dryden ne se contente évidemment pas de décrire la situation. Il y va de son analyse et de sa vision des choses.

On le voit entres autres pleinement conscient des sacrifices que ses choix professionnels imposent à son épouse et ses enfants et discuter de ces partisans qui sont si souvent à l'entrée du Forum pour les solliciter que les joueurs viennent à les connaître.

Dans la chambre, il consacre plusieurs paragraphes (dispersés dans le livre) à décrire ses coéquipiers, sans condescendance mais sans complaisance. Les innombrables tours pendables de Pointu (Guy Lapointe). Le tempérament fougueux de Mario Tremblay.  Réjean Houle, à la fois cible de nombreux quolibets, mais aussi tellement appréciatif de la chance qu’il avait, lui qui venait d’un milieu modeste. Larry Robinson, le géant qui préférait jouer autrement que physiquement pour exprimer son talent. Bob Gainey, le valeureux guerrier au talent malgré tout limité (en attaque du moins). Le talent extraordinaire de Lafleur. De toute évidence, Dryden avait des atomes crochus avec Doug Risebrough, qu’il décrit comme une personne foncièrement bonne. Peut-être un peu moins avec Steve Shutt, qu’on perçoit comme un peu puéril, faisant des blagues qu’il semblait le seul à trouver drôle. Dryden a aussi pris le temps de s’attarder au travail sans relâche, important mais dans l’ombre, du préposé à l’équipement Eddy Palchak.

Cette équipe était bien consciente de son excellence. Dryden y va de réflexions au sujet de matchs où, devant des adversaires beaucoup plus faibles, même une victoire apportait des frustrations si la performance était jugée trop ordinaire. Il y va aussi d’analyses qui peuvent presque paraître arrogantes de certains adversaires, entre autres les Flyers et les Leafs, l’équipe de son enfance.

D’ailleurs à un moment où on mentionne souvent que les joueurs ne veulent plus jouer à Montréal à cause de la pression étouffante, malgré que les Canadiens n’aient pas gagner la Coupe depuis près de 30 ans, il est surprenant de constater qu’à cette époque, pourtant dominante, l’équipe ressentait aussi une telle pression. La victoire semblait un acquis. Dryden, le meilleur gardien de la ligue, se faisait régulièrement crier "On veut Larocque!" après un mauvais but. Au début de sa carrière, il sentait qu’il pouvait faire une différence et faire gagner l’équipe. À la fin, il voyait plutôt son rôle comme étant de veiller à ne pas la faire perdre. Une défaite sur la route contre les Islanders, une équipe en pleine progression, n’aurait pas dû être perçue comme déshonorante. Pourtant, lorsqu’elle se produit, on sent que c’est la fin du monde.

Voyant les troupes vieillir et n’envisageant pas comment elles pourraient maintenir la cadence (et encore moins l’augmenter) pour répondre à ces attentes considérables, il a préféré passer à autre chose, non sans ajouter une quatrième Coupe Stanley consécutive et un autre Trophée Vézina (partagé avec Michel Larocque) à la fin de la saison.  Jamais Dryden n’emploie de tels mots, mais en lisant ceci, j’ai eu l’impression qu’en traversant une ligne, l’exigence d’un public devient de l’ingratitude, ligne qu’a allègrement franchi le très gâté public montréalais (15 Coupes en 24 ans). Exigence qui, à mes yeux, a éventuellement aussi coûté cher aux Alouettes et aux Expos.

Sur une base plus macro, Dryden réfléchit au sujet de la violence dans le hockey, de l’influence des Soviétiques et de l’importance du hockey dans la culture canadienne. Il s’attarde aussi à la tentative ratée d’américanisation du hockey, avec les expansions à tous crins des années 1970, qui culmine avec l’échec médiatique de la Coupe du défi.

Dryden démontre également que pendant ses années à Montréal, ville qu’il a appréciée, il n’a pas vécu dans une bulle. Considérant le Montréal anglophone petit et restreint, il se devait d’embrasser la ville au complet, côté franco inclus. Politiquement en ébullition, il a vu le déroulement des années 1970 au Québec. On sent qu’il comprend ce qui s’y passe et qu’il s’y intéresse. Il parle du rôle identitaire des Canadiens au Québec, de la dynamique franco/anglo de la chambre et de la montée du Parti québécois.

Il mentionne aussi son passage à l’émission de Lise Payette, Appelez-moi Lise, en 1972, où il a angoissé, croyant que son français n’était pas assez bon (comme c’est souvent le cas chez les anglophones). Bien sûr qu’il n’a pas la même éloquence en français qu’en anglais, mais il demeure qu’on lui a parlé positivement de cette entrevue pendant des années.

Lors de la réédition de 2003, vingt ans après sa sortie, un chapitre a été ajouté où il couvre la fin de la domination des Canadiens, le rôle croissant de l’argent et l’impact qu’a eu Wayne Gretzky. Il fait également l’inventaire de tous ses anciens coéquipiers qui occupaient des postes dans la LNH incluant, à sa grande surprise, Steve Shutt, qui a été assistant-entraîneur.

À noter que la traduction a été refaite en 2008, puisque celle-ci n'était pas à la hauteur aux yeux de Dryden, et confirmé par mon collègue Kirk McLean.  Donc, à garder en tête si vous magasinez du côté des livres d'occasion.

Il s’agit donc d’un livre qui ratisse large, réfléchi, franc, écrit dans un style assez littéraire et qui offre un accès privilégié à tout ce qui touche de près ou de loin au hockey. Le fait qu’il se passe au sein des Canadiens ajoute bien sûr à l’intérêt, puisque les références nous sont plus familières, autant au niveau sportif que sociologique.

À lire donc, si ce n’est pas encore fait.

Source :

Dryden, Ken, The Game, HarperCollins, Toronto, 1983 (réédition de 2013),

"The Top 100 Sports Books of All Time" de Pete McEntegart, L. Jon Wertheim, Gene Menez et Mark Bechtel, December 16, 2002, Sports Illustrated (sportsillustrated.cnn.com).

vendredi 27 août 2021

Échanges-retour

 
 
L'art de faire des échanges dans la LNH est assez spécial. Dès qu'on apprend la nouvelle d'une transaction, on est aussitôt porté de vouloir déclarer un club vainqueur et un club perdant. Mais quelquefois une transaction est tellement gagnante que le club en question se permet même de ramener le joueur dont il s'était départi lors d'une transaction subséquente quelques années ou même quelques mois plus tard, ce qui fait que les deux joueurs échangés jouent désormais ensemble...
 
En voici quelques exemples:
 
 
Anaheim: Teemu Selanne et Oleg Tverdovsky

Oleg Tverdovsky était le 2e choix au total de l'encan de 1994 et était un défenseur offensif qui faisait tranquillement sa place à Anaheim. Mais en février 1996 l'occasion d'acquérir l'explosif Teemu Selanne était trop bonne pour les Mighty Ducks qui profitèrent de la difficile situation financière des Jets en leur envoyant Tverdovsky et Chad Kilger en plus d'un choix de 3e ronde.Vous connaissez la suite pour Selanne qui devint le meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe et fait désormais partie du temple de la renommée.
 
Mais le DG des Ducks Pierre Gauthier tenait vraiment Tverdovsky en estime et lorsque l'occasion se présenta de le ramener au bercail, il n'hésita pas. Tverdovsky avait montré des promesses à Winnipeg et Phoenix après le déménagement des Jets mais était désormais en froid avec l'entraineur des Coyotes durant la saison 1998-99. Il fut donc retourné aux Mighty Ducks en retour de Travis Green et un choix de première ronde (Scott Kelman).

Selanne et Tverdovsky furent donc coéquipiers l'espace de deux saisons jusqu'à ce que l'équipe décide d'envoyer Selanne aux Sharks dans un échange controversé en mars 2002. Tverdovsky quitta lui aussi peu après lorsqu'il fut échangé aux Devils après la saison.



Chicago: Chris Chelios et Denis Savard

Celui-là je pense pas avoir à vous le décrire trop en détail...

Les deux furent échangés l'un contre l'autre en juin 1990 et malgré que Denis Savard rendit de fiers services au CH malgré qu'il était sur la pente descendante, tout le monde s'entend pour déclarer les Blackhawks gagnants de cette transaction, même s'il n'ont pas réussi à remporter la coupe avec Chelios et que le CH l'ait remporté avec Savard. C'est quand même passé bien proche pour Chicago en 1992...

Parenthèse ici alors qu'un détail est assez méconnu de cette transaction qui aurait encore pu davantage mal tourner pour Montréal alors que les Blackhawks ont obtenu, en plus de Chelios, un choix de 2e ronde en 1991. Ce choix devint l'ailier Mike Pomichter qui ne joua aucun match dans la LNH...

Mais bref Chelios fut un joueur vedette à Chicago pendant 9 saisons et remporta deux trophées Norris en plus d'être nommé capitaine. Il joua ensuite éternellement jusqu'en 2010 avec Détroit et surtout les Thrashers d'Atlanta...

Il éclipsa donc Savard avec qui il put éventuellement partager son vestiaire lorsque ce dernier revint à Chicago durant la saison écourtée de 1995 après une saison et demie passée à Tampa Bay où il signa comme agent libre après la conquête de Montréal en 1993. Les Blackhawks ne durent donner qu'un choix de 6e ronde au Lightning en retour. Ce choix devint Xavier Delisle pour Tampa Bay.


Boston: Cam Neely et Barry Pederson

Celui-ci fait partie de nombreuses listes des pires échanges de l'histoire mais au moment de l'échange en 1986 on pouvait un peu comprendre les Canucks d'avoir tenté le coup. Le jeune Neely ne débloquait pas à Vancouver tandis que Pederson avait connu des saisons de 92, 107 et 116 points entre 1982 et 1984. Cependant il fut diagnostiqué d'une tumeur bénigne à l'épaule mais des complications firent en sorte qu'il dut se faire retirer une partie d'un muscle ce qui le limita à seulement 22 matchs en 1984-85. Il revint avec une récolte de 76 points en 1985-86 mais n'était définitivement plus le même joueur.

Les Canucks tentèrent toutefois le pari avec Pederson et sacrifièrent non seulement Neely mais aussi un choix de 1ère ronde en 1987. Ce choix devint l'excellent défenseur Glen Wesley...

Pederson connut deux saisons respectables de 76 et 71 points mais chuta à seulement 41 en 1988-89. Les Canucks n'allant nulle part en même temps, il fut échangé à Pittsburgh en janvier 1990. Pendant ce temps Neely explosait à Boston et allait marquer plus de 300 buts en 525 matchs avec les Bruins jusqu'à sa retraite prématurée en 1996. 

Pederson fut libéré par les Penguins après la saison 1990-91. Il signa ensuite avec les Whalers mais ces derniers ne le gardèrent que 5 matchs lorsque les Bruins le ramenèrent à Boston en novembre 1991 en retour de considérations futures dont je n'ai retrouvé aucune trace... Il rejoua donc un autre 32 matchs avec Neely à Boston en plus de passer quelques temps dans les mineures. Il se retira ensuite de la compétition à la fin de la saison.


Philadelphie: John Leclair, Éric Desjardins et Mark Recchi

Oui je sais, un autre échange perdant du CH... Et celui-là fait encore mal à notre égo après toutes ces années. Mais encore là on a une opinion biaisée avec le recul des années car on pouvait comprendre un peu ce qui se tramait dans la tête de Serge Savard. Recchi était un véritable joueur vedette qui venait de connaitre 3 saisons de 100 points et une autre de 97 lors des 4 années précédentes avec les Penguins et les Flyers. Savard fit donc son acquisition en retour de John LeClair, Éric Desjardins et Gilbert Dionne. Recchi a ensuite bien fait à Montréal mais jamais au delà d'une saison de 80 points. Avec du recul on se dit bien que c'était cher payé alors que LeClair, qui n'avait jamais marqué plus de 19 buts en une saison, explosa à Philadelphie lorsque jumelé avec Eric Lindros sur la fameuse ligne «Legion of doom». Il connut 3 saisons d'affilée avec plus de 50 buts à Philadelphie. Pour retourner le fer dans la plaie, Éric Desjardins devint le défenseur numéro un de l'équipe et éventuellement capitaine. Au moins on peut se «consoler» en se disant qu'au moins Gilbert Dionne a fait patate là-bas...
 
On l'oublie aussi également mais en plus de Recchi, le CH obtint un choix de 3e ronde. Ceci devint l'inoubliable autrichien Martin Hohenberger qui a seulement joué 9 matchs avec les Canadiens... de Fredericton. Avec un calcul totalement inutile, Hohenberger aurait eu besoin de récolter pas moins de 724 points avec le CH pour rendre cet échange «égal» alors que Leclair, Desjardins et Dionne récoltèrent ensemble 1046 points à Philadelphie tandis que Recchi n'en récolta que 322 à Montréal.

Mais bref après 5 saisons à Montréal vint l'horrible saison 1998-99 pour Recchi et le CH. Alors que l'équipe débuta sa descente aux enfers qui mena à 3 saisons consécutives hors des séries, Recchi fut liquidé lors d'une vente débarras de fin de saison. Il fut donc retourné à Philadelphie contre Dainius Zubrus, un choix de 2e ronde en 1999 (Matt Carkner) et un choix de 6e ronde en 2000. Recchi redevint donc un Flyer et fut même réuni sur le trio de LeClair et Lindros. Il revint pratiquement à sa forme d'antan avec 91 points en 1999-00. Il obtint ainsi 359 autres points à Philadelphie...


Washington: Richard Zednik et Dainius Zubrus

Bon celui-ci n'est pas aussi mémorable et ce n'est pas tant un échange retour gagnant mais histoire de continuer avec Dainius Zubrus, ce dernier n'aura bien sûr pas réussi à remplacer un Mark Recchi mais il servit de bonne monnaie d'échange 2 ans plus tard lorsqu'il fut envoyé à Washington en compagnie de Trevor Linden et un choix de 2e ronde (Andreas Holmqvist). 
 
En retour, le CH se racheta finalement en obtenant Jan Bulis et Richard Zednik qui rendront de bons services lors de la reconstruction de l'équipe du début des années 2000. Le CH remporta même le bonus qu'était en plus un choix de première ronde en 2001. Ce choix devint Alexander Perezhogin. Bon ce dernier n'a jamais rien cassé mais c'était quand même meilleur que ce Andreas Holmqvist repêché par le Lightning (les Capitals refilèrent ce choix dans une autre transaction).

Mais on a quelque peu oublié que Zednik revint à Washington durant l'été 2006 lorsque les Caps refirent son acquisition de Montréal en retour d'un choix de 3e ronde en 2007 qui devint le québécois Olivier Fortier. Zednik et Zubrus (qui était encore là) jouèrent donc une saison ensemble à Washington en 2006-07 mais ce fut très bref alors que Zednik fut échangé rapidement aux Islanders après 32 matchs. Pour sa part, Zubrus prit le cap vers Buffalo au mois de mars.


Philadelphie/Pittsburgh: Rick Tocchet/Mark Recchi

Toujours dans les échanges de Mark Recchi, le premier échange l'impliquant en 1992 entre les Penguins et les Flyers est lui aussi complémentaire d'un échange-retour bien des années plus tard. C'est plus précisément en février 1992 qu'il prit le chemin de Philadelphie et compagnie de Brian Benning et un choix de 1re ronde en 1992 (Jason Bowen). En retour les Penguins mirent la main sur Rick Tocchet, Kjell Samuelsson et le gardien Ken Wregget.

Pendant que Recchi faisait son aller retour Montréal-Philadelphie discuté plus haut, Tocchet voyagea amplement durant le restant des années 90 avec des passages à Los Angeles, Boston, Washington et finalement Phoenix où il joua trois saisons. 

C'est finalement au mois de mars 2000 qu'il fit un retour à Philadelphie qui l'amenèrent en renfort pour les séries. En retour, les Coyotes firent l'acquisition de Mikael Renberg. Tocchet et Recchi furent donc coéquipiers à Philadelphie jusqu'à la retraite de Tocchet en 2002.

Pour ce qui est de Recchi et bien lui aussi fit un retour à son équipe d'origine. Ce fut toutefois non pas lors d'une transaction mais plutôt lors d'une signature comme agent libre pour la saison 2005-06. Les Penguins l'échangèrent aux Hurricanes au printemps 2006 mais il revint une 3e fois à Pittsburgh au début de la saison suivante, encore comme agent libre.


Ce sera donc tout pour l'instant. J'en ai une bonne batch encore mais je vais me les garder pour une autre partie éventuellement.

mercredi 25 août 2021

Les grands voyageurs #8 - Trevor Jobe

 

Ouuuhh que j'en ai un bon aujourd'hui. 
 
Je crois même que ce sera un prétendant pour le titre du plus grand nombre d'équipes ever. Et en plus il s'agit de tout un personnage au parcours coloré digne d'un bon texte sur cette page. Allons-y donc sans plus tarder... Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents de cette série, je compte à mesure chaque équipe où on en est rendu mais seulement celles avec qui il a joué un match. Normalement je n'inclus pas les équipes junior mais je fais une exception pour ce joueur...

 

 
 
Trevor Jobe est né le 14 mai 1967 à Brandon au Manitoba. Grand centre costaud de 6'2" et 230 livres, c'est très tôt lors de son stage junior qu'il débuta sa vie de nomade alors qu'il joua pour pas moins de 6 équipes junior en 4 saisons. Il débuta d'abord en 1984-85 avec les Wranglers de Calgary (1). Sa saison 1985-86 fut ensuite mouvementée alors qu'il joua seulement 7 matchs pour les Wranglers et se fit échanger deux fois durant la saison. Il joua donc 7 autres matchs avec les Broncos de Lethbridge (2), 11 avec les Chiefs de Spokane (3) et il fut recalé 11 matchs dans le junior A avec les Grizzlys de Olds (4) en Alberta. 

Jusque là sa carrière junior ne semblait mener nulle part mais tout changea en 1986-87 lorsqu'il joignit les rangs des Warriors de Moose Jaw (5). Muté au centre de Theoren Fleury, il explosa avec 54 buts et 33 passes pour 87 points, ce qui lui valut le 2e rang des pointeurs des Warriors derrière Fleury (61 buts et 129 points). Cette bonne saison lui valut également d'être repêché par les Maple Leafs de Toronto en 7e ronde (133e au total). C'était d'ailleurs une ronde avant Fleury qui lui dut attendre en 8e ronde avant d'être repêché par les Flames. Les deux reprirent de plus belle la saison suivante mais Jobe fut éventuellement échangé de nouveau, cette fois aux Raiders de Prince Albert (6) où il termina son parcours junior. Il termina tout de même cette saison au 2e rang de la WHL pour les buts avec 69 et 9e pour les points avec 132.

Il débuta ensuite son parcours professionnel et fut invité au camp des Maple Leafs en 88-89, faisant bonne impression et jouant quelques matchs pré-saison. Il fut cependant cédé à leur club-école, les Saints de Newmarket (7) dans la AHL où il obtint 47 points durant cette première saison chez les pros. 
 

 
Ce fut toutefois sa seule saison complète dans l'organisation des Leafs. Insatisfait de son rendement et de son attitude, il fut libéré après un seul autre match à Newmarket au début de la saison 1989-90 et il signa alors avec les Admirals de Hampton Roads (8) dans la toute jeune ECHL, qui en était alors à sa 3e saison d'existence. Selon ce que j'ai lu à son sujet, les raisons de son renvoi par les Maple Leafs incluaient un manque de discipline et un penchant pour la boisson et activités hors-glace illicites... On raconte également qu'il était un joueur ultra uni-dimensionnel, simplement intéressé par l'attaque et extrêmement paresseux en défensive. Cette narrative le suivra pour le restant de son parcours et contribuera sans surprise au nombre d'équipes qui ne fera qu'augmenter... Les Admirals s'en débarrassèrent également pour ces mêmes raisons malgré ses 49 buts en 52 matchs lors de cette seule saison avec eux...

Il obtint néanmoins une autre chance avec les Leafs en 1990-91 mais cela ne dura que 2 derniers matchs à Newmarket suite à quoi il retourna dans la ECHL avec sa nouvelle équipe, les Knights de Nashville (9) où il obtint 109 points.

Il signa avec une autre équipe en 1991-92, les Renegades de Richmond (10) mais ces derniers ne le gardèrent qu'une trentaine de matchs avant de le retourner à Nashville. Il obtint 103 points durant cette saison.

 
Vint alors la saison 1992-93. De retour avec les Knights, Jobe connut une saison légendaire des ligues mineures avec une fiche de 85 buts et 76 passes pour 161 points, faisant de lui le Wayne Gretzky de la ECHL...

Ses 85 buts en une saison demeurent le record non seulement de la ECHL mais de toutes les ligues mineures d’Amérique du nord. Il avait alors éclipsé le record de 80 jusque là détenu par Bill McDougall. À titre de comparaison, le détenteur des buts dans la AHL est Stéphan Lebeau avec 70 et celui de l'ancienne IHL était Daniel Lecours avec 75. Ses 161 points sont également un record de saison des ligues mineures, si on exclut l'inférieure United Hockey League (un record de 165 points). Il remporta cette saison-là le trophée du MVP de la ECHL. Étonnement il passa aussi beaucoup de temps au banc des pénalités cette saison-là avec un total de 222 minutes.
 
Il obtint également un essai avec les Senators de New Haven (11) dans la AHL où il obtint 3 points en 3 matchs mais ce furent ses derniers matchs dans cette ligue, passant le restant de sa carrière dans les niveaux inférieurs. 
 
En fait, ses années avec les Knights de Nashville furent l'étape de sa carrière où il eut le plus de «stabilité». Malgré sa saison légendaire en 1992-93, il opta en 93-94 de jouer en Slovénie avec le club Olimpija Ljubljana (12) où il obtint 80 buts. Ce fut toutefois une expérience d'une seule saison alors qu'il revint dans la ECHL en 1994-95 et repartit de plus belle son jeu de chaise musicale. Il joua pour trois clubs cette saison-là, les Knights ainsi que les Icecaps de Raleigh (13) et un petit séjour de 10 matchs dans la IHL avec les Knights d'Atlanta (14). Pour le restant de sa carrière, il ne joua jamais plus d'une saison complète avec le même club. En fait il ne joua plus jamais pour moins de deux clubs en une seule saison... 
 
Donc vous comprenez le principe, si vous étiez étourdi jusqu'à maintenant vous pouvez allez prendre un verre d'eau avant de continuer votre lecture.

Également à noter que durant l'été 1994, il joua dans la Roller Hockey International avec les Rockin' Rollers du New Jersey. Je me demande toujours si je l'inclus dans le décompte... mais au final je le laisse ici en parenthèse...

En 1995-96, il partagea la saison toujours dans la ECHL avec deux nouveaux clubs, les Chiefs de Johnstown (15) et les Tiger Sharks de Tallahassee (16) et amassa 98 points.

En 1996-97, il fit le saut dans la Central Hockey League (CHL) avec le Thunder de Wichita (17). Malgré qu'il détenait le premier rang des pointeurs de la ligue, le Thunder l'échangea avant la fin de la saison aux Cottonmouths de Columbus (18). Il termina la saison avec 61 buts et 135 points.

Il débuta la saison 1997-98 avec Columbus mais se fit arrêter pour conduite en état d'ébriété ayant causé un accident de la route le 22 novembre 1997. Il fut suspendu par l'équipe et éventuellement libéré. Il joignit donc les rangs des Gila Monsters de Tucson (19) en Arizona dans la West Coast Hockey League (WCHL). Il n'y joua toutefois que 23 matchs avant de terminer la saison avec un 3e club dans une 3e ligue, les Generals de Flint (20) dans la United Hockey League (UHL). Les Generals se rendirent jusqu'en finale mais perdirent en 7 matchs contre Quad City. 
 



Jobe fit ensuite un retour dans la ECHL avec le Kingfish de Baton Rouge (21) pour la saison 1998-99. Il quitta toutefois abruptement l'équipe au début du mois de janvier 1999 pour faire un retour surprise en Slovénie avec le même club avec qui il avait passé la saison 1993-94, le Ljubljana Olimpija. Attendant vainement son possible retour, le Kingfish dut suspendre Jobe indéfiniment. Ce furent ses derniers matchs dans la ECHL et il était le meneur de l'histoire de cette ligue pour les buts (324) et les points (634). Étonnemment (ou pas), il ne termina pas la saison 98-99 en Slovénie, préférant revenir en Amérique après seulement 4 matchs. Il devint alors membre des Rattlers d'Amarillo (22) dans la Western Professionnal Hockey League (WPHL) mais n'y joua que 3 matchs, 1 de moins qu'en Slovénie, et termina la saison avec un 4e club, les Warthogs d'Alexandria (23) toujours dans la WPHL.

Saison semi-stable en 1999-2000 où il fit un retour dans la UHL avec le Speed de Knoxville (24) mais fut échangé à la mi-saison aux IceHawks d'Adirondack (25). Il mena tout de même la ligue pour les buts avec 61 et termina deuxième pointeur derrière Brent Gretzky avec 122 points.

Vint ensuite une autre saison chaotique en 2000-2001. Encore là si vous êtes essoufflés vous pouvez aller prendre l'air. Il débuta la saison de nouveau dans la UHL mais avec une nouvelle équipe, les Jackals d'Elmira (26). Il fut toutefois suspendu et libéré par l'équipe au début du mois de décembre, apparemment pour une altercation avec le président de la UHL, Mitch Lamoureux. Après son renvoi des Jackals, il signa avec les Prowlers de Mohawk Valley (27) mais fut libéré après seulement 2 matchs. Il avait quand même obtenu 2 buts et 1 passe lors de ces deux matchs, ce qui nous prouve à quel point ce type devait être indésirable. Ou bien peut-être que le président de la ligue s'arrangea pour qu'il parte...
 
Quoi qu'il en soit, il joignit alors une autre équipe, sa troisième dans le même mois(!) à la fin du mois de décembre 2000, les Bandits de Border City (28) dans la CHL. La nouvelle équipe de Border City (située à Texarkana en Arkansas) en était alors à sa première saison d'existence mais dut fermer boutique d'urgence à la mi-saison, soit en février 2001. Note à moi-même, me renseigner davantage sur cette équipe... Jobe termina donc la saison en effectuant un retour avec le Thunder de Wichita où il avait joué en 1996-97.

Cependant lors de sa première pratique de retour à Wichita, il aurait été arrêté par les autorités locales pour avoir raté une comparition au tribunal lors d'une autre arrestation pour ivresse au volant lorsqu'il jouait à Wichita en 1997. Il fut condamné à 180 jours de pénitencier avec permission de sortie pour les pratiques et les matchs du Thunder...

À sa sortie de prison, il se devait de trouver un autre poste pour la saison 2001-02. Il opta donc de revenir dans la WCHL mais s'éloigna alors du sud profond pour plutôt mettre le cap sur l'Alaska avec les Aces d'Anchorage (29). Après seulement 13 matchs en Alaska, il alla terminer la saison en 3ème division allemande avec le club ERC Selb (30). Il y débuta ensuite la saison 2002-03 avant de passer dans un autre club de cette division, le ERC Habfurt (31).

Jobe revint en amérique en 2003-04, cette fois dans l'ancienne incarnation de la LNAH, la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec (LHSPQ) avec le St-Francois de Sherbrooke (32). Après 21 matchs à Sherbrooke, il fut échangé aux Dragons de Verdun (33). Lors de son échange, l'entraineur du St-François déclara «Ce n'est pas son talent qui a sorti Trevor de Sherbrooke, mais son éthique de travail. Le hockey, ça se joue dans les deux sens et son implication défensive était mal vue au sein de l'équipe...» Comme quoi les vieilles habitudes ne se perdent pas facilement.
 
Après une douzaine de matchs à Verdun, il passa à déjà une 3e équipe dans cette ligue et durant cette saison lorsqu'il fut troqué au Garaga de St-George-de-Beauce (34) pour clore la saison. 

Le Quotidien - 27 octobre 2004


La saison suivante, il accrocha ses patins et fut nommé comme entraineur du défunt Fjord du Saguenay (35). Cependant le Fjord était en déroute financière et manquait cruellement de joueurs, ce qui fait que Jobe rechaussa les patins pour 11 matchs. L'équipe dut toutefois fermer boutique au mois de décembre 2004 et les joueurs furent dispersés. Jobe décida alors de continuer à jouer et il signa alors avec le Cousin de St-Hyacinthe (36) mais se fit libérer après seulement 1 match. Durant l'incertitude concernant l'avenir du Fjord, Jobe s'était aussi aligné dans la Ligue Senior du Nord-est du Québec avec le club Excavation Savard (37) durant un court séjour de 9 matchs. Je compte quand même cette équipe même si j'ignore s'il empocha un salaire... 
 
Finalement, histoire de compléter sa carrière de façon appropriée, il signa avec un 4e club en 2004-05, les Polar Twins de Winston-Salem (38) dans la Southern Professionnal Hockey League (SPHL). Il y termina ainsi sa carrière professionnelle avec 20 points en 17 matchs.
 
Difficile de savoir ce qu'il est advenu de lui suite à sa retraite mais il habiterait de nos jours en Alaska et occupait temporairement en 2014-15 le titre de recruteur pour les Warriors de Moose Jaw.

En additionnant toutes ses statistiques professionnelles (et semi-pro) à travers toutes les ligues où il a joué (AHL, CHL, ECHL, Allemagne3, IHL, LNAH, Slovénie, SPHL, UHL, WCHL et WPHL), sa fiche en carrière fut de 751 buts et 727 passes pour 1478 points en environ 890 matchs, ses totaux de Slovénie étant incomplet. Je n'inclus pas ici le roller hockey. Il n'aura remporté qu'un seul championnat durant sa carrière et ce en 2003 en 3e division allemande. Il demeure toujours au 4e rang des pointeurs de l'histoire de la ECHL, là où il joua le plus longtemps.
 
Il n'existe que très peu d'informations à son sujet, sa page wikipedia étant d'ailleurs truffée de liens qui n'existent plus donc il se pourrait que certaines informations soient erronées. La seule constante que j'ai pu trouver sur certains sites et forums est qu'il était un joueur avec un talent inouï mais qui souffrait de paresse, d'un manque de sérieux à l'entrainement et de manque de préparation physique. Mais le principal défaut et problème qu'il aura eu sur son chemin était l'alcool. Un problème qui serait même apparu au niveau junior, ce qui explique en partie ses nombreux déplacements dès ce jeune âge. Cet abus lui causa non seulement un poste possible dans la LNH car il avait le talent pour s'y rendre, mais aussi cette incapacité chronique à rester en place dans les mineures ou ailleurs, où plusieurs clubs s'en seraient facilement débarassé au plus vite malgré qu'il pouvait contribuer offensivement. On dit également que non seulement il était un ivrogne mais qu'il eut plusieurs épisodes de bagarres avec ses coéquipiers et autres épisodes dans les bars où il avait tendance à se sauver sans payer.

Mais bref, il mérite tout de même sa place dans cette série. Comme je disais, je crois qu'il s'agit probablement du record pour le nombre d'équipes. C'est difficile à prouver alors qu'il n'existe pas vraiment de sites qui compilent véritablement ce genre d'information et chacun a des barèmes différents. Moi au final j'arrive à 38 (39 incluant le roller hockey et le senior profond) et c'est environ le même consensus que j'ai trouvé ailleurs. Du moins jusqu'à maintenant il est mon recordman. Le seul autre de ma série qui s'en approchait était David Ling avec 27 équipes...
 
 
Mais j'ai tout de même d'autres pistes alors on ne sait jamais mais ce sera difficile à battre.

À suivre...


dimanche 22 août 2021

NHL Hockey pour Intellivision



Si mon collègue Ray Sheppard a écrit plusieurs billets au sujet des jeux vidéo de hockey, principalement des années 1990 et de la série NHL, mon âge un peu plus avancé a fait en sorte que j’ai joué avec des jeux d’une autre génération.

Si j’ai déjà écrit un article au sujet d’Ice Hockey d'Activision (destiné au Atari 2600), je profite du fait que j’ai récemment ressorti mon vieil Intellivision (c’est fou ce qu’on trouve dans le grenier du paternel…) pour en écrire un sur NHL Hockey, destiné à cette console.



Intellivision a été créé par Mattel en 1979. NHL Hockey date d’ailleurs de cette même année. La console était d’abord renommée pour ses jeux de sports, bien qu’elle offrait aussi plusieurs autres catégories. Au Québec, ses publicités mettaient d’ailleurs en vedette le comédien et commentateur sportif Yves Létourneau. On nous la vendait ainsi comme étant beaucoup plus près de la réalité (en comparaison avec la compétition et en considérant qu’on parle tout de même ici d’un jeu qui a plus de quarante ans…)





Comparé à Ice Hockey (paru pourtant deux ans plus tard), le jeu d’Intellivision est effectivement beaucoup plus réaliste. Au lieu de deux joueurs, on en retrouve ici trois, en plus d’un gardien de but. Ce dernier était contrôlé par le jeu et n’était pas facile à déjouer, ce qui rendait les pointages de 18 à 11 très peu probables, contrairement au jeu destiné à l’Atari. Le gardien pouvait aussi relancer l’attaque.

La patinoire était également d’un aspect beaucoup plus réaliste, avec des filets derrière lesquels il était possible d’aller, contrairement à l’autre jeu. Et bien qu’il était possible de faire rebondir la rondelle sur les bandes, ces rebonds ne risquaient pas de parcourir de grandes distances lui donnant des airs du jeu Pong, comme c’était le cas d’Ice Hockey.

Les passes et les tirs étaient décochés dans la direction où l’on se dirigeait. Le joueur que nous contrôlions était celui le plus près de la rondelle et était d’une couleur légèrement différente des autres.

Par contre, comme dans l’autre jeu, il était possible de faire aller son bâton. Lorsque le coup était asséné au porteur du disque, celui-ci se retrouvait sur son arrière-train et on lui subtilisait la rondelle. Lorsque l’agression avait plutôt lieu sur un joueur qui n’avait pas la rondelle, on écopait d’une punition de deux minutes. Le banc des punitions ne comptant qu’une place et considérant qu’il n’y avait que trois joueurs sur la glace, on ne pouvait pas recevoir deux pénalités en même temps. Au moins, on n’y retrouvait pas l’aspect d’impunité qu’il y avait dans Ice Hockey, où il n’y avait aucune pénalité.

On se retrouve sur le derrière

Temps de réflexion au banc des punitions

Le jeu comprenait trois périodes de vingt minutes (contre une de trois minutes pour le jeu destiné à Atari) et, grande faiblesse, il nécessitait absolument deux joueurs, à moins d’accepter que l’équipe adverse ait un joueur fantôme. Il fallait donc se trouver un ami ou un frère qui avait de l’intérêt et du temps…


Une version légèrement améliorée (on pouvait entre autres jouer à un joueur) a été commercialisée quelques années plus tard sous le nom de "Slap Shot Super Pro Hockey", mais je ne l’ai jamais essayée.

C’était l’époque et bien que ça semble aujourd’hui un peu simplet, ça nous amusait énormément!



mardi 17 août 2021

Le masque méconnu de Ken Dryden



J'avais déjà fait un article sur les masques que Ken Dryden avait utilisé dans sa carrière. Ce fut, en quelque sorte, la genèse à cette série de masques méconnus. Depuis l'article original, j'ai trouvé des réponses à mes précédentes questions, en plus de trouver un autre masque porté par le grand #29, qui est vraiment un masque très méconnu.

Tout d'abord, débutons avec la correction de certains faits du premier article. Le masque que Dryden arbore sur la couverture du magazine "Goal" dans mon article précédent est le résultat d'un montage. Aucune idée à savoir si ça a réellement été fait pour l'édition des "Rangers" (et dans ce cas, pourquoi ??) ou si c'est un montage "moderne", mais c'est tiré de la couverture officielle. Je dois avouer qu'à l'époque, je trouvais aussi que ça semblait être un montage, mais je me suis fait avoir …

Vraie version à gauche, version modifiée à droite

Comme mentionné dans mon article original, il gardait comme roue de secours ce masque qu'il a reçu lors de la saison 1975-76. . Il a tout de même eu à l'utiliser dans au moins un match officiel. Ce fut lors d'un match à Washington contre les Capitals, en 1976.

Lors du premier affrontement dans la LNH entre les frères Dryden, Ken portait un masque Fibrosport contrairement à son masque "style pretzel". J'avais supposé que c'était soit le masque de Phil Myre ou un nouveau masque que Dryden ne portait que très peu. J'avais sensiblement raison, alors que c'était le nouveau masque de Dryden qu'il n'utilisait qu'en pratique. Cependant, ce soir-là le 20 mars 1971, Dryden débuta le match au bout du banc, regardant Rogatien Vachon affronter les tirs des Sabres. Vers la moitié de la 2e période, Vachon fut blessé et Dryden fut envoyé dans la mêlée. Son masque habituel étant resté au vestiaire, Dryden utilisa son masque de pratique qui était près du banc. À ce moment, l'entraîneur des Sabres, Punch Imlach envoya Dave Dryden en remplacement de Joe Daley pour que les deux frères puissent s'affronter. Les Canadiens remportèrent le match 5-2, Ken accordant 2 buts et Dave 3.

Le combo que son frère lui fit parvenir fut également utilisé dans un match officiel, le jeudi 23 janvier 1979, une victoire de 6 à 3 contre les Blues à St-Louis. Malheureusement, la partie ne fut pas télévisé et aucune image "officielle" ne semble exister. 


Ce qui m'a encore une fois surpris, et qui semble aussi méconnu aux yeux de plusieurs experts, c'est de voir qu'un autre prototype lui avait été fourni, mais cette fois avec une cage avec les tiges droites. Un casque plus court que le précédent, peut-être à sa demande, afin de s'approcher de son masque iconique.

Cette fois, il semble ne jamais l'avoir utilisé lors d'un match, uniquement lors des entraînements. Sachant qu'il prendrait fort probablement sa retraite au terme de la saison, il ne voulait pas faire ce changement si près de la fin de sa carrière. Peut-être que ça aurait inspiré plus de gardiens à faire le changement vers les masques modernes plus rapidement si un carrière étoile comme Dryden l'avait adopté à ce moment. On ne saura jamais.

J'aurai voulu une photo de meilleure qualité …

vendredi 13 août 2021

Masque spécial vendredi 13 #4

 

Cela fait déjà 8 mois depuis le dernier vendredi 13. Si vous avez oublié le concept de cette série, je vous partage un masque "à faire peur", concept inspiré par le masque du tueur de fiction, Jason Voorhees.

Voici le lien si vous voulez consulter les autres éditions de cette série.

Aujourd'hui, c'est au tour d'une légende des Flyers de Philadelphie, celui qui a dit : "Pas besoin d'être fou pour être gardien ... mais ça aide !", nul autre que Bernard Parent !


Pourtant, je ne veux pas vous présenter son masque "bretzel", ni son masque avec les Blazers de Philadelphie, ni même son masque iconique ci-haut, mais plutôt ce masque qu'il a porté pour une séance photo, le 8 décembre 1975. 


Au lieu d'avoir son masque complètement blanc, le visage de Parent était reproduit sur son masque.


Le résultat est assez "freakant". D'un autre côté, c'est très près de la réalité, alors que ces masques protégeaient les gardiens des coupures (en partie), mais pas du choc du lancer en tant que tel. À cet époque, où la vélocité des tirs allaient en augmentant, c'était presque comme s'ils jouaient avec pas d'masque.


Je ne sais pas combien de temps la séance photo a durée, mais le regard de Parent semble complètement blasé.

Source : Getty Images

mercredi 11 août 2021

Pat Verbeek

 
 
C'est le temps de me faire plaisir. J'aime bien parler de joueurs obscurs et no-names mais parfois c'est bien de revenir aux sources et parler de véritables joueurs cultes et héros d'enfance. J'ai fait de même avec plusieurs de ces joueurs comme Dennis Maruk, Brian Propp, Bernie Nicholls et Valeri Bure ainsi que mon avatar... Des joueurs qui, vous le remarquez surement, n'ont jamais été admis au temple de la renommée mais ont quand même pu être considérés comme joueurs clés à un moment ou un autre et qui flirtent davantage dans la catégorie du «hall of very good»...

Mais si en plus un de ces joueurs a porté le chandail des Whalers, alors que de bonheur en perspective...



 
Patrick Martin Verbeek est né le 24 mai 1964 à Sarnia en Ontario et a ensuite grandi dans la communauté rurale avoisinante de Wyoming. Petit attaquant de 5'9" et 190 livres, il était extrêmement hargneux, combattant et un habitué du banc des punitions en plus de la feuille de pointage. Le genre de joueur haïssable/indispensable à la Brendan Gallagher ou encore Brad Marchand. Ce dernier a d'ailleurs hérité du surnom "The little ball of hate" qui fut d'abord décerné à Verbeek durant sa carrière. Je suis justement contre le fait de transmettre des surnoms de la sorte. Ça prouve qu'il n'y a plus vraiment de surnoms originaux de nos jours... Tu peux adapter un surnom, genre "the Russian Rocket" ou "Pocket Rocket" mais pas juste voler un surnom à un autre...
 
Bref Verbeek joignit les rangs des Wolves de Sudbury en 1981-82, saison où il mena les recrues de la OHL avec 37 buts et 51 passes pour 88 points, ce qui lui valut le titre de recrue de l'année. Il mena également les Wolves avec 180 minutes de pénalité. Cette saison lui permit d'être repêché par la nouvelle équipe des Devils du New Jersey, fraichement débarqués du Colorado où ils évoluaient depuis 1976 sous le nom des Rockies. 
 
Au moment du repêchage, l'équipe n'avait pas encore adopté le sobriquet des Devils et Verbeek fut sélectionné seulement comme étant membre de l'organisation "New Jersey". Sous cette nouvelle incarnation, la franchise désirait finalement échapper à la médiocrité héritée des Rockies et des Scouts de Kansas City. Les premières années au New Jersey seront toutefois un autre apprentissage à la dure, notamment lors de l'épisode Wayne Gretzky et l'organisation Mickey Mouse. Mais la première étape vers cette respectabilité était de bien repêcher, là où les Scouts/Rockies étaient des cancres, et cela débuta lors de ce premier repêchage de 1982. 
 
L'équipe gaspilla sa sélection de première ronde avec le frère de Bryan Trottier, Rocky Trottier, mais se rattrapa au 18e rang avec la sélection de Ken Daneyko et ensuite de Verbeek en 3e ronde avec le 43e choix au total. Les années suivantes seront aussi capitales pour le repêchage chez les Devils avec les sélections du noyau de l'équipe pour le reste de la décennie dont John MacLean (6e au total, 1983), Chris Terreri (85e, 1983) et Kirk Muller (2e, 1984).



Verbeek joua une saison de plus dans le junior avec Sudbury en 1982-83, saison où il obtint 40 buts et 107 points. Les Wolves étant exclus des séries, il fut rappelé en fin de saison par les Devils et prouva qu'il était prêt pour la grande ligue avec une fiche de 3 buts et 5 points en 6 matchs. Ses deux premières saisons furent comme je disais un apprentissage à la dure, pour lui et les Devils qui peinaient particulièrement à marquer des buts. Par exemple, durant ces années grandement offensives, le meilleur pointeur des Devils en 83-84 et 84-85 fut Mel Bridgman avec 61 points à chaque fois... Verbeek pour sa part se débrouilla somme toute bien avec 20 buts et 47 points lors de sa première saison complète mais régressa à 15 buts et 33 points en 84-85.

Un point tournant de sa carrière se produisit toutefois durant l'été 1985. Sa famille étant des éleveurs de cochons, Verbeek passait donc ses étés à travailler à la ferme familiale à Wyoming, ce qui lui permit d'avoir une excellente forme physique et son endurance légendaire. Toutefois durant cette entre-saison il se coupa la main dans de la machinerie agricole et il dut se rendre d'urgence à l’hôpital. Lui et son frère étaient tellement en panique qu'ils ne réussirent même pas à trouver le pouce coupé de Verbeek. C'est leur père qui dut retourner d'urgence à la ferme pour tenter de le retrouver. Il dut alors vider le contenu de cette machine par terre et parvint à le trouver et le ramener à l'hopital pour finalement pouvoir ré-attacher le pouce de son fils. La chirurgie fut un succès et il passa le reste de l'été en réhabilitation. À la surprise générale, il réussit à être complètement rétabli à temps pour le début de la saison et n'eut aucune séquelle de l'événement. Verbeek croit même que cette période de réhabilitation fut bénéfique pour sa progression et qu'il sentait que ses mains étaient désormais plus légères et habiles après cette opération.
 

Il rebondit donc en 85-86 avec 25 buts et 53 points et ensuite 35 buts (premier rang de l'équipe) en 86-87. Les Devils continuèrent également de s'améliorer petit à petit jusqu'à l'arrivée en 1987-88 du légendaire Lou Lamoriello comme président et directeur général. Les Devils connurent cette saison-là leur première saison gagnante, incluant les années Scouts/Rockies, et connurent des séries Cendrillon, se rendant jusqu'en finale de conférence qu'ils perdirent en 7 matchs contre les Bruins. Verbeek ne fut pas étranger à ces succès en menant l'attaque des Devils avec un sommet en carrière de 46 buts. Il s'agissait alors d'un record de franchise qui ne fut battu qu'en 2006 avec les 48 buts de Brian Gionta. Il passa également 227 minutes au cachot.

La saison 1988-89 fut malheureusement une déception pour lui et les Devils. L'équipe rata les séries de nouveau et Verbeek régressa à seulement 26 buts et 47 points, une baisse de 30 points comparativement à ses 77 de l'année précédente. Il avait aussi tendance à prendre beaucoup trop de mauvaises pénalités. Durant l'entre-saison il tenta d'obtenir une hausse salariale de la part des Devils, ce qui ne plut pas à Lamoriello. Il décida plutôt de l'expédier aux Whalers de Hartford en retour d'un autre attaquant en quête d'un changement d'air, Sylvain Turgeon. Les Devils avaient également dans leurs rangs un autre attaquant combattif et au talent offensif supérieur à Verbeek, leur sélection au repêchage de 1987, Brendan Shanahan. Verbeek n'était alors plus indispensable.

Jumelé à Ron Francis, il prouva que les Devils étaient les perdants de cette transaction en connaissant sa meilleure saison en 89-90 avec 89 points dont 44 buts. L'énigmatique Turgeon obtint tout de même 30 buts avec les Devils mais seulement 17 passes. Au moins les Devils se rachetèrent en obtenant Claude Lemieux des Canadiens en septembre 1990, un joueur au style similaire à Verbeek.

Il marqua également le premier but accordé par Dominik Hasek...
 


Verbeek joua 5 saisons complètes à Hartford dont une autre de 40 buts en 90-91 avec 43 filets. Il devint éventuellement le plus haut salarié de l'histoire de l'équipe. Sa seule saison en dessous de ses standards fut en 91-92 où il régressa à 22 buts et 57 points en plus de 242 minutes de pénalité, son sommet en carrière à ce niveau. Cette saison fut marquée par une grève en début de saison et la perte de son statut d'assistant capitaine. Il fut toutefois nommé comme nouveau capitaine de l'équipe la saison suivante et il retrouva ses ardeurs avec 39 buts et 82 points, représentant le renouveau de l'équipe en compagnie d'Andrew Cassels, Sean Burke et Geoff Sanderson. Lorsque j'imagine les dernières années des Whalers avec ce nouveau chandail, c'est inévitablement l'image de Verbeek que j'ai en tête.

Cependant les Whalers n'allaient nulle part tandis que ce succédaient sans succès les entraineurs et directeurs généraux au deuxième étage. Après une saison de 75 points en 1993-94, Verbeek connut des difficultés au début de la saison écourtée de 1995 avec seulement 7 buts en 29 matchs. Son contrat bientôt à échéance et encore une fois en dehors du portrait des séries, l'équipe préféra être vendeuse en l'envoyant aux Rangers en retour des défenseurs Glen Featherstone et Michael Stewart, un choix de première ronde en 1995 et un de 4e ronde en 1996. Les Whalers utilisèrent cette sélection de 1995 sur le futur gardien vedette des Ducks Jean-Sébastien Giguère.

Les Rangers furent le match parfait pour Verbeek à ce stade de sa carrière. Jumelé à Mark Messier et Adam Graves sur le premier trio, il termina la saison en force avec 10 buts en 19 matchs ainsi que 10 points en 10 matchs des séries. Il connut ensuite une de ses meilleures saisons en carrière en 1995-96 avec 41 buts et 82 points en seulement 69 matchs. Plusieurs blessures l'empêchèrent de compléter ce calendrier où il aurait été possible pour lui de dépasser le cap des 100 points. 
 
Il obtint également 9 points en 11 matchs en séries. C'est avec les Rangers qu'il obtint finalement le surnom "Little ball of hate". Ce surnom provenait en fait de son coéquipier Glenn Healy et faisait référence à une autre acquisition des Rangers en 1995, Ray Ferraro. Healy avait précédemment surnommé Ferraro "the big ball of hate" et Verbeek hérita du plus petit titre de "balle de haine". Mais pour l'histoire, Ferraro fait seulement 1 pouce et deux livres de plus que Verbeek...

Après cette seule saison complète à New York, les Rangers n'avaient pas les moyens de le garder à long terme et préféraient plutôt se concentrer sur l'obtention des services de Wayne Gretzky durant l'entre-saison 1996. Verbeek opta donc de signer un lucratif contrat de trois saisons avec une équipe en montée de puissance, les Stars de Dallas. Désormais pourvus de Joe Nieuwendyk, Sergei Zubov, Jere Lehtinen, Guy Carbonneau en plus de Mike Modano et bien d'autres, Verbeek et les Stars poursuivirent leur ascension vers le sommet. Avec un nouvel entraineur du nom de Ken Hitchcock, les Stars obtinrent leur première saison de plus de 100 points en 96-97. Verbeek obtint seulement 17 buts et 53 points, mais c'était alors une période de plus en plus défensive dans la LNH, ce qui lui valut tout de même le deuxième rang des pointeurs de l'équipe derrière Modano. Il franchit également la barre des 1000 matchs joués en novembre 1996.
 

Il augmenta ensuite à 31 buts en 1997-98, sa dernière saison de plus de 30 buts. Il fut toutefois de plus en plus relégué à un rôle secondaire à l'attaque mais fut un autre de ces bons vétérans guerriers pour les Stars en route vers leur championnat de 1999. D'ailleurs, avec Verbeek, les Stars de 1999 avaient six ex-capitaines dans leurs rangs (Verbeek, Brett Hull, Guy Carbonneau, Mike Keane, Joe Nieuwendyk et Brian Skrudland). Verbeek marqua entre autres le but d'assurance en fin de 3e période lors du 5e match de la finale contre les Sabres, une victoire de 2-0 permettant aux Stars de prendre l'avance 3-2 dans la série. Il obtint 3 buts et 4 passes en 18 matchs lors de ces séries menant à sa première et seule coupe Stanley. Il fut également suspendu 1 match pour avoir cinglé Pierre Turgeon des Blues en deuxième ronde.




Après cette victoire de juin 1999, son contrat prit fin avec les Stars qui voulaient réduire les coûts et se rajeunir, et ils le laissèrent partir. Verbeek dut cependant patienter plusieurs mois durant l'entre-saison pour dénicher un nouveau poste et aucune équipe ne lui avait encore fait signe lorsque la saison 1999-2000 débuta. Il opta alors de s'entrainer en banlieue de Dallas avec le club des Brahmas de Fort Worth de la WPHL. C'est finalement à la mi-novembre qu'il trouva preneur, passant au clan ennemi avec les Red Wings de Detroit qui lui offrirent un contrat de deux saisons. 
 
Le jour de son embauche, les Red Wings étaient justement à Dallas pour y affronter les Stars en soirée et Verbeek put donc rapidement rejoindre sa nouvelle équipe dans le vestiaire opposé à celui où il avait son casier lors des trois saisons précédentes. Lors de son entrée dans le vestiaire des Wings, son nouveau coéquipier Kris Draper sursauta et demanda à un soigneur «What the fuck is Verbeek doing here?», croyant qu'il était de retour avec les Stars et qu'il cherchait la bagarre dans le vestiaire ennemi. Le soigneur lui expliqua qu'il venait tout juste de signer avec eux et Draper exprima alors un soupir de soulagement, préférant l'avoir dans son équipe que d'avoir à lui faire face.

À Detroit et maintenant âgé de 35 ans, Verbeek connut une bonne saison en 99-00 avec 22 buts et 24 passes en 68 matchs. Les Red Wings s'inclinèrent toutefois en 2e ronde contre leurs autres ennemis jurés de l'époque, l'Avalanche du Colorado. L'année suivante, Verbeek obtint 15 buts et 15 passes en 67 matchs et les Red Wings se firent cette fois surprendre en première ronde contre les Kings. C'est toutefois durant cette saison que Verbeek franchit le plateau impressionnant des 500 buts et des 1000 points en carrière.
 


Les Red Wings n'appréciaient toutefois pas ces récentes défaites expéditives en séries et effectuèrent un reboot durant l'été 2001. La plupart du temps on entend parler d'un «virage jeunesse» au sein d'une équipe mais les Red Wings de 2001-02 effectuèrent plutôt un «virage vieillesse». Verbeek aurait possiblement pu cadrer dans cet environnement à 37 ans mais les Wings le laissèrent toutefois aller en faveur de Luc Robitaille et Brett Hull en plus de Dominik Hasek dans les buts. Difficile de contredire que c'était une upgrade...

Verbeek signa alors un nouveau contrat d'un an avec les Stars où il effectua un retour plutôt anonyme pour une dernière saison en 2001-02. Ayant perdu graduellement des plumes depuis la conquête de 1999, les Stars furent exclus des séries en 2002 et Verbeek n'obtint que 7 buts et 20 points pour cette dernière saison. Sans contrat la saison suivante, il attendit un an avant d'annoncer officiellement sa retraite.

Il revint dans l'entourage des Red Wings comme recruteur en 2006-07, un poste qu'il garda jusqu'en 2010 où il suivit son collègue et ancien coéquipier Steve Yzerman à Tampa Bay, d'abord comme directeur du recrutement et ensuite comme assistant DG, poste qu'il occupe toujours mais de nos jours à Detroit alors qu'il suivit Yzerman de nouveau pour leur retour à Detroit en 2019-20.

À une autre époque, les deux étaient plutôt pas si copains...
 
 

En 1424 matchs dans la LNH, Pat Verbeek a obtenu 521 buts et 541 passes pour 1063 points. Il demeure au 11e rang de l'histoire de la ligue avec un total de 2905 minutes de pénalité. On pourrait croire qu'il s'est beaucoup battu mais le site hockeyfights.com ne répertorie que «seulement» 45 bagarres durant sa carrière, ce qui accompte pour 225 minutes seulement. Il était plutôt ce qu'on appelle une vraie peste, agitant l'adversaire et forcant le filet à la Gallagher. Il est également le seul à avoir accumulé 500 buts et plus de 2500 minutes de pénalité. Ce record lui appartient toutefois de justesse alors que son ancien coéquipier des Devils et des Wings Brendan Shanahan a obtenu 656 buts et 2489 minutes de pénalité.

Verbeek fait partie de ces joueurs que certains aimeraient voir au temple de la renommée et plusieurs de ses anciens coéquipiers comme Kris Draper croient qu'il le mériterait, simplement pour le fait d'avoir été aussi constant et combatif durant sa longue carrière de 20 saisons malgré qu'il n'a jamais remporté de trophées individuels. Personnellement je n'aurais rien contre car il est bien sûr un de mes joueurs fétiches mais j'en doute fortement. Si c'est le cas je crois qu'il devrait attendre encore plusieurs années. Verbeek fait plutôt présentement partie de ce nébuleux "Hall of very good" et est aussi victime des circonstances d'avoir joué ses meilleures années dans de mauvaises équipes comme les Devils pré-Lamoriello et les Whalers de la fin... S'il avait été partenaire d'un Yzerman ou d'un Modano pendant plus longtemps, il aurait peut-être franchi le cap des 600 buts.




Mais d'un autre côté, son total de 522 buts étant somme toute impressionnant, il faut prendre en compte qu'il n'a toutefois qu'une moyenne à vie de 0.75 point par match, soit la plus basse moyenne parmi tous les compteurs de plus de 500 buts. Ce plateau des 500 buts est d'ailleurs pour plusieurs un plateau qui a perdu de la valeur avec les fastes années 80 et 90. C'est ce qui fait que plusieurs excellents joueurs de l'époque demeurent hors du temple jusqu'à ce jour comme Pierre Turgeon (515 buts) et Jeremy Roenick (513). Il faut aussi prendre en considération que Verbeek n'a jamais connu de saisons de 50 buts ou plus de 100 points malgré le fait d'avoir évolué principalement durant cette époque. Même au sein d'équipes mauvaises, il n'était pas au niveau des Dale Hawerchuk ou d'un Michel Goulet par exemple.

Mais parmi ceux qui ont marqué plus de buts que Verbeek, il demeure que seul Keith Tkachuk (538) et Patrick Marleau (566) ne sont pas encore admis au temple. Marleau le sera assurément dans le futur simplement pour sa longévité désormais légendaire depuis qu'il a dépassé Gordie Howe pour les matchs joués dans la LNH tandis que le débat est ouvert sur Tkachuk... 
 
Je crois cependant que les statistiques ne disent pas toujours tout et l'impact qu'un joueur a laissé dans l'histoire est aussi important. C'est pourquoi des joueurs défensifs comme Guy Carbonneau, Rod Langway et Kevin Lowe sont au temple et pourquoi qu'un joueur réputé comme difficile à affronter comme Verbeek pourrait peut-être éventuellement s'y retrouver. 
 
Mais au bout du compte; 500 buts, 1000 points, près de 3000 minutes de pénalité, une coupe Stanley et ex-capitaine des Whalers. The little ball of hate est dans mon temple.




Verbeek the ‘Pig Farmer’ feasted on the opposition, Blue Line Station
EVERYTHING YOU NEED, FROM KAY TO ZZ, Hartford Courant, 25 oct. 1991
VERBEEK NOT PART OF EQUATION, Hartford Courant, 24 mars 1995
Behind the Devils' First Two Drafts, NHL.com, 9 juillet 2021
Verbeek looks back on 'different era, NHL.com, 12 janvier 2018
Devils' Verbeek hurt in farm accident, Ottawa Citizen, 14 juin 1985
The Rise of Pat Verbeek, All about the Jersey, 9 décembre 2012
Rangers Lose Verbeek To Stars, NY Times, 4 juillet 1996
Wings sign Verbeek to two-year deal, ESPN, 11 novembre 1999
Little Ball of Hate,
Sports Illustrated, 24 avril 2000
Pat Verbeek: Wolves Fire, Flash and Finesse – From Record Books to Lightning Leadership
, Sudbury Wolves, 26 juillet 2018