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lundi 29 janvier 2024

Les serviettes de cerbères (3e partie)


Pour cette 3e partie, je vous présente les gardiens de but qui ont eu TROIS fois la visite d'un photographe fainéant pour les immortaliser avec une serviette autour du cou dans les séries de cartes et d'autocollants O-Pee-Chee des années 1980. N'en faites pas une overdose de gratitude! C'est tout naturellement la mission de LVEUP de vous nourrir l'esprit avec des retailles d'histoires sur le hockey!

On débute en grand avec une légende québécoise devant le filet : Patrick Roy qui a d'ailleurs effectué un retour dans la LNH en tant qu'entraîneur des Islanders de New York! Eh oui! À la fin des années 1980, notre Casseau national est apparu dans une carte et deux autocollants O-Pee-Chee habillé d'une splendide serviette! Il manque juste une serviette rouge et on aurait eu droit aux couleurs officielles du tricolore! Quelle occasion ratée pour les photographes! Ils doivent en faire de l'urticaire!
La couleur de sa serviette annonçait les chandails bleu poudre du CH de 2022! Patrick le visionnaire!

Sa serviette blanche annonçait-elle son échange au Colorado? C'est possible si on est naïf!

Patrick en bonne compagnie pour son trophée. Hayward et son bandeau ont aussi aidé un brin, mais c'est bien entendu la serviette royale qui a fait la différence!

On va continuer avec un autre portier montréalais du nom de Michel "Bunny" Larocque! Un gars originaire de l'Outaouais comme moi, mais qui a remporté 4 coupes Stanley de plus que moi!

En plus d'être visiblement déçu de s'en aller à Toronto, Larocque a dû faire ses adieux à Montréal avec un gars d'entretien posant fièrement en arrière-plan. O-Pee-Chee savait vraiment comment souligner de grands événements avec des clichés pris au bon moment!

On se trouve ensuite devant un cas spécial! Dans son album d'autocollants de la LNH de 1981-1982, O-Pee-Chee a mis deux fois la même photo airbrushée de Michel Laroque. Une fois (no 105) en plan éloigné comme joueur des Maple Leafs (insérer huées ici). Une autre fois (no 259) en plan rapproché comme joueur qui a remporté le trophée Vézina en compagnie des portiers du CH Denis Herron et Richard Sévigny (insérer applaudissements ici). À date, Larocque est le gardien qui a subi le plus grand traitement de faveur en termes de réduction des coûts sur les photos de serviettes lol!


Pourquoi se forcer à airbrusher deux photos quand on peut épargner en zoomant la même photo?

On termine cette analyse digne de la NASA avec le très souriant et moustachu John Garrett qui a mangé des pucks tant dans la WHA que dans la LNH! Mais on va rester avec ses cartes de la ligue encore active de nos jours pour voir comment les photographes l'ont surpris en train de pavaner avec une serviette. Et joie totale! On a ici un trio de couleurs pour ses serviettes (blanche, bleue et jaune), possiblement en l'honneur des magasins IKEA. Si c'est le cas, il a mis beaucoup d'efforts pour que LVEUP soit le premier blogue au monde à le constater quelques décennies plus tard! Quel scoop! On en désapprend tous les jours! 

On perçoit mal la serviette blanche, mais on perçoit bien les horribles bancs vides et bruns!

Décidément, les gardiens des Nordiques ont été choyés par O-Pee-Chee en grosses serviettes!

Sa dernière carte le présente à la retraite pour devenir assistant directeur général des Canucks, mais son futur patron Harry Neale fut congédié et l'offre fut donc retirée. Merci à notre super fan Jean-François Plouffe de l'avoir signalé sur la page Facebook de LVEUP que je vous invite à suivre!

Garrett jette la serviette (retraite) pour ensuite se faire jeter la serviette (congédiement)!

Boum bada boum comme disent les gens qui ne savent pas s'exprimer! Vous rendez-vous compte à quel point cette série de billets est en train de changer votre vie pour le mieux? Est-ce que vous avez une envie irrésistible de vous acheter une serviette au Dollorama? C'est voulu! LVEUP a un partenariat commercial secret avec une usine au Paraguay qui produit des serviettes de plage pour les nains de jardins du monde entier. Nous avons grand espoir de devenir multimillionnaires lorsque ces babioles deviendront aussi populaires que les fidget spinners et les pet rocks! Mais d'ici là, attendez-vous à un prochain billet extraordinaire sur les joueurs qui sont apparus quatre fois sur des cartes/autocollants avec ces cravates décontractées à outrance que sont les serviettes de gardiens de but!


Source des photos:

Ebay


Lisez la série de billets sur les Serviettes de cerbères:

1re partie - une apparition

2e partie - deux apparitions

3e partie - trois apparitions

4e partie - quatre apparitions

5e partie - sept apparitions du champion des serviettes

lundi 22 janvier 2024

Joueur oublié des 90's #87 - German Titov

 

 



German Mikhailovich Titov
est né le 16 octobre 1965 à Borovsk, une petite ville au sud de Moscou. Il évoluera dans le hockey professionnel russe et nord-américain pendant une vingtaine d'années.

L'autre Gherman Titov
Il n'est pas à confondre avec son homonyme Gherman Titov (avec un H). Ce dernier fut le deuxième homme après Yuri Gagarin à être lancé en orbite autour de la terre. Il accomplit ce fait en 1961, à l'âge de 26 ans, ce qui en fit le plus jeune de l'histoire à aller dans l'espace jusqu'en 2021. S'il était le deuxième après Gagarine, Titov y est par contre allé beaucoup plus souvent, et il fut le premier à y passer plus d'une journée. 

Son périple permit entre autres de prouver que l'humain pouvait travailler et opérer dans l'espace. Il fut également le premier à filmer et photographier la terre de l'espace, le premier à y dormir et aussi le premier à subir des symptômes de désorientation et de «mal de l'espace», et par conséquent le premier à vomir dans l'espace...

Donc pour récapituler, German Titov, le joueur de hockey oublié des années 90, n'est pas à confondre avec Gherman Titov, astronaute oublié des années 60...



Notre Titov débuta son parcours en Russie avec le Khimik Voskresensk à l'âge de 17 ans seulement, lors de la saison 1982-83. Il quitta toutefois le hockey pendant trois ans, pour être stationné exclusivement dans l'armée russe comme chauffeur de tank. Il revint toutefois avec le Khimik en 1986 et y joua durant 6 saisons. Ce club était cependant très médiocre et Titov n'eut jamais vraiment la chance de s'y faire valoir. Il faut dire que la Superligue Russe des années 80 était composée aux 3/4 de clubs de deuxième ordre, étant outrageusement dominé par le CSKA Moscou qui ne laissait que quelques miettes aux autres équipes.

Mais le rideau de fer étant désormais tombé, Titov profita de l'occasion pour quitter la Russie et évoluer avec le TPS Turku en Finlande pour la saison 1992-93. Il termina premier marqueur du club avec 25 buts en 47 matchs et les mena au championnat national de 1993. Lors de la même saison, il aida la Russie à remporter l'or au championnat du monde. Tout cela le mit finalement sur le radar des recruteurs de la LNH et ce sont les Flames de Calgary qui prirent le pari de le repêcher sur le tard en 10e ronde (252e au total) du repêchage de 1993.

Titov gradua immédiatement avec les Flames en 1993-94, et connut une très bonne saison recrue avec 27 buts et 18 passes pour 45 points en 76 matchs. Il retourna brièvement avec le TPS Turku lors de l'arrêt des activités dans la LNH, et revint avec 12 buts et 12 passes en 40 matchs lors de la reprise.



 

Il connut sa meilleure saison en 1995-96 avec 28 buts et 39 passes pour 67 points, soit le deuxième rang des pointeurs de l'équipe après Theoren Fleury. Les Flames n'étaient alors plus vraiment une équipe avec beaucoup de mordant, ayant perdu de nombreuses vedettes au cours des années et n'ayant que très peu pour les remplacer. Titov était dans ce très peu, mais après sa bonne saison 95-96, sa production déclina lors des deux années suivantes, tombant de 67 à 52 points et ensuite seulement 40 points en 1997-98. Et durant cette saison 97-98, de nombreuses rumeurs d'échange circulèrent à son endroit, notamment vers Montréal qui aurait été à ses trousses pendant plusieurs mois. 

Au final, l'échange qui se matérialisa entre les deux équipes fut celui envoyant Valeri Bure à Calgary en retour de Jonas Hoglund et Zarley Zalapski. Réjean Houle voulait apparemment Titov au lieu de Hoglund et c'est l'ajout de Zalapski qui vint finalement le convaincre.

Mais finalement les Flames se départirent aussi de Titov, qui prit le chemin de Pittsburgh durant l'été 98. Titov, en compagnie de Todd Hlushko, devinrent des membres des Penguins, en retour du gardien Ken Wregget et David Roche. 

Titov connut d'abord une saison de 56 points à Pittsburgh en 98-99, jouant principalement avec Jaromir Jagr. Il fut toutefois échangé aux Oilers vers la fin de la saison suivante, en retour de Josef Beranek. Il termina cette saison 99-00 comme joueur de location pour les Oilers en séries, et signa ensuite comme agent libre avec les Mighty Ducks. Il n'était plus alors qu'un attaquant secondaire, voire tertiaire, récoltant seulement 20 points en 71 matchs en 2000-01 et ensuite 27 points en 2001-02, sa dernière saison dans la LNH.



Après une saison sabbatique en 2002-03, il revint au jeu dans son pays natal avec son ancienne équipe, le Khimik Voskresensk, où il joua deux saisons avant de prendre sa véritable retraite.

Il devint en 2013 l'entraîneur-chef du Mettalurg Novokuznetsk, ensuite du Spartak Moscou, du Avangard Omsk et du Traktor Chelyabinsk. Il est présentement entraîneur junior avec le SKA-Yunior Krasnogors.

En 624 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 157 buts, 220 passes pour 377 points.

Pour sa part, Gherman Titov mourut en 2000 à l'âge de 65 ans. Il fut décoré de plusieurs honneurs, dont la médaille de héros de l'union soviétique, l'ordre de Lénine et l'ordre du Drapeau rouge du travail.

Sources:
Titov ne serait pas disponible, La Presse, 31 décembre 1997

mercredi 17 janvier 2024

Mats Naslund avec les Bruins

 






L'autre jour j'ai publié comme carte du jour cette carte Donruss 1995-96 de Mats Naslund lors de son bref passage à Boston en fin de carrière. Je savais que ce genre de carte ferait réagir et j'ai bien reçu quelques émoticônes du genre: 😢😡😮, ainsi qu'un commentaire selon quoi il s'agissait d'un sacrilège, tandis que d'autres ignoraient totalement ce passage de Naslund à Boston.

Personnellement, je ne considère pas vraiment cette carte comme étant un sacrilège, étant donné que de nombreux joueurs adorés des fans avant et après Naslund ont aussi terminé leurs carrière ailleurs. Faut vivre avec les faits, et les faits sont que la plupart du temps, le joueur ou l'équipe va voir ailleurs.


Tiens, voici d'autres sacrilèges:



 
 
Donc oui ça arrive que des joueurs cultes et légendaires partent du nid. Mais j'avoue que le cas de Mats Naslund est assez particulier et ça m'a toujours intrigué d'aller en savoir plus sur son départ et retour surprise à Boston lors de cette saison écourtée de 1995. Et à LVEUP on aime bien aller dans le moins glorieux, le moins célébré et le malaisant alors préparez-vous mentalement, on va aujourd'hui voir beaucoup du petit Viking en jaune et noir de Boston...

D'abord, qu'est-ce qui a poussé Mats Naslund à partir prématurément de Montréal? 

Au printemps 1990, la grogne est installée à Montréal. Cette équipe qui avait été défaite en finale à peine un an plus tôt vient de se faire éliminer en 5 parties par les Bruins en deuxième ronde. Le titre de co-capitaine, détenu par Guy Carbonneau et Chris Chelios, ne fait pas l'unanimité et on retrouve pas mal de bois mort et de mécontents dans l'alignement. Ils seront d'ailleurs nombreux à quitter l'équipe durant l'entre-saison 1990, comme entre autres Bobby Smith, Rick Green, Craig Ludwig, Brian Hayward, Claude Lemieux et surtout Chris Chelios.

Il y a aussi un petit attaquant suédois du nom de Mats Naslund qui vient de connaître sa pire saison en carrière en 1989-90 avec seulement 21 buts et 20 passes en 72 matchs, soit une baisse de plus de la moitié de sa saison précédente (84 points). Il vient de passer le cap des 30 ans et songe depuis la dernière finale à retourner dans son pays, ou du moins sur le continent européen, là où les saisons sont moins longues et ardues.

 
Le Soleil, lundi 30 avril 1990


C'était d'ailleurs une tendance à l'époque pour plusieurs européens de ne pas vouloir finir leur carrière en Amérique du Nord. D'autre joueurs vedettes comme Hakan Loob et Kent Nilsson avaient précédemment fait de même, notamment pour voir leurs enfants être éduqués dans leur pays d'origine. En impasse salariale, le finlandais Jari Kurri fit aussi de même après la conquête des Oilers de 1990, optant d'aller jouer en Italie.
 
Donc durant cette saison 1989-90, on semble voir un Mats Naslund moins intéressé et moins impliqué. Ayant d'abord refusé une prolongation de contrat au début de la saison et étant courtisé depuis deux ans par plusieurs clubs européens, il se laisse finalement tenter durant cette saison difficile et officialise le tout après l'élimination du CH au début du moi de mai, après n'avoir pu disputer que 3 matchs, étant blessé et même laissé de côté par Pat Burns. Il raconte alors aux médias qu'il aurait pu physiquement continuer encore quelques saisons mais qu'il en a assez des longs calendriers et des voyages lassants. Il raconte également qu'il ne voulait pas finir usé comme Mike Bossy ou Yvan Cournoyer.

 

 

Du côté du CH, on n'a pas beaucoup essayé de retenir Naslund. Les offres qu'on lui a fait en Europe étaient bien supérieures à ce que Serge Savard était prêt à donner, et en plus pour moins de matchs. De plus, avec la mauvaise saison qu'il venait de connaître, Naslund n'aurait surtout pas reçu le montant que Savard était initialement prêt à lui donner au début de la saison.

C'est finalement avec le HC Lugano que Naslund continue sa carrière pour la saison 1990-91, ayant signé un contrat de 2 saisons avec le club suisse, pour environ 300 000$ par saison. Le club lui offre également de payer ses impôts en plus de lui fournir voiture et logement.

Mais l'aventure en Suisse de Naslund ne se déroula pas comme prévu. Malgré qu'il termina premier pointeur du club avec 70 points, et 7e pointeur de la ligue, le club décida de rompre son contrat après cette seule saison 1990-91, expliquant qu'il n'avait pas offert le rendement attendu.

Fun fact, l'autre exilé suédois Kent Nilsson termina au 3e rang des pointeurs, lui qui jouait à ce moment avec le HC Kloten.  Un autre ex-joueur de la LNH, Mike Bullard, termina au 5e rang, et Anton Stastny termina derrière Naslund au 8e rang.

Naslund opta donc d'effectuer un retour en Suède avec le club Malmo IF, qu'il mena au championnat suédois en 1991-92. Il représenta ensuite son pays aux Olympiques de 1992 et 1994, récoltant la médaille d'or en 94 aux côtés de Peter Forsberg et compagnie.



Il prit initialement sa retraite après cette saison 1993-94, avec en plus de l'or olympique, un autre championnat national avec Malmo.

Il reprit toutefois du service le temps d'un match en décembre 1994 lorsqu'il participa à la tournée «Ninety-Nine All-Star Tour» organisée par Wayne Gretzky durant le lock-out de l'automne 1994. Durant ce court tournoi de 8 matchs organisé par la merveille pour garder la forme et amasser de l'argent pour des causes humanitaires, un des adversaires du club All-Star de Gretzky fut le Malmo IF de Naslund. Ce dernier marqua 2 buts, dont le but égalisateur en fin de troisième contre la troupe de Gretzky qui mettait également en vedette Mark Messier, Jari Kurri, Brett Hull et Steve Yzerman.
 
Malmo l'emporta finalement 6-5 en prolongation et cela sembla remettre Naslund sur le radar des équipes de la LNH. Au retour des activités de la LNH au début 1995, les Bruins approchèrent Naslund pour acquérir ses services en renfort, en lui offrant un contrat de deux ans pour 400 000$. Par courtoisie, Naslund contacta Serge Savard pour savoir si le CH désirait ravoir ses services en premier, mais Savard refusa, ne voulant pas égaler l'offre des Bruins.
 

 
Tout un but de Naslund à 7:25, qui envoya le match en prolongation.




Donc après avoir passé ses tests physiques, le petit viking fit son retour dans la LNH le 22 février 1995. Il accepta principalement l'offre des Bruins puisqu'il ne s'agissait que d'une saison de quelques mois seulement, et qu'il allait considérer par la suite s'il allait demeurer davantage.
 
Il affronta pour la première fois son ancienne équipe le 16 mars à Boston, match où il récolta 2 passes, et il revit ses anciens partisans à deux reprises plus tard en avril. En tout, il s'en sortit pas mal et rendit de fiers services aux Bruins, récoltant 8 buts et 14 passes pour 22 points en 34 matchs. Il était alors principalement partenaire de trio avec Adam Oates, et aida beaucoup l'attaque à cinq des Bruins.

Les Bruins connurent toutefois de courtes séries, s'inclinant en 5 matchs contre les Devils en première ronde. Naslund ne récolta qu'un seul but durant ces dernières séries, suite à quoi il déclina de revenir pour la deuxième année optionnelle de son contrat et prit sa retraite définitive. 
 
Autre fun fact, Kent Nilsson (encore lui) effectua lui aussi un retour dans la LNH la même saison, pour sa part avec les Oilers d'Edmonton, là où il avait joué pour la dernière fois en 1986-87. Il ne joua cependant que 6 matchs.  
 
Avec ces 22 points en tant que membre des Bruins, Mats Naslund aura fait gonfler sa fiche à un total de 251 buts et 383 passes pour 634 points en 651 matchs dans la LNH.
 
Il marqua son dernier but le 1er mai 1995 contre les Sénateurs d'Ottawa, eux qui n'existaient pas encore lors de son départ du CH en 1990.

 

Sources:
Naslund de plus en plus près de la Suisse, Le Soleil, 30 avril 1990
Savard laissera aller Naslund, Le Soleil, 1er mai 1990
Naslund quitte Montréal pour la Suisse, Le Droit, 5 mai 1990
Kamensky n'a rien signé, La Presse, 19 avril 1991
Swedes edge Gretzky's stars, Washington Post, 13 décembre 1994
Retour de Naslund, La Tribune, 17 février 1995
Mats Naslund va très bien, La Presse, 26 février 1995
Les Bruins aussi sont hués..., La Presse, 16 mars 1995
Naslund revivra au Forum, Le Soleil, 17 mars 1995
Naslund revient au Forum après 5 ans, Le Soleil, 16 avril 1995

mardi 16 janvier 2024

Quiz hardcore - Joueurs et équipes du Québec

 



 
Pour le quiz d'aujourd'hui on achète local. Voici 20 questions sur des joueurs et équipes du Québec, que ce soit dans la LNH, LHJMQ, AHL ou tous pleins d'autres niveaux.

Bonne chance.

samedi 13 janvier 2024

Wayne Thomas



Alors que la notion de repêchage débutait à peine et que plusieurs jeunes joueurs devenaient la propriété d’une des équipes sans passer par l’encan, Wayne Thomas devint la propriété des Maple Leafs.

Choisissant la voie non-traditionnelle de l’université américaine en prenant la direction du Wisconsin, le gardien originaire d’Ottawa fut échangé aux Kings en 1968. Il ne joua toutefois pas plus avec Los Angeles qu’avec Toronto, puisqu’à sa sortie de l’université, il fut échangé aux Canadiens dans une transaction à six joueurs qui impliquait entre autres Léon Rochefort et Lucien Grenier.

Thomas se retrouva ainsi en 1970-71 devant le filet des Voyageurs de Montréal, dans la Ligue américaine. Il partagea alors la tâche avec Ken Dryden, qui alla terminer sa saison avec les Canadiens et mener ces derniers à une Coupe Stanley inattendue.

L’année suivante, le club école des Canadiens prit le chemin de la Nouvelle-Écosse, et Thomas fit partie du voyage. Cette fois appuyé par Michel Plasse, il aida l’équipe à remporter la Coupe Calder.

C’est toutefois Plasse qui alla seconder Dryden en 1972-73. Thomas demeura à Halifax, avec cette fois Michel Larocque comme coéquipier. Il eut toutefois finalement sa chance d’être rappelé par les Canadiens. Par contre, une fois avec le grand club, il fit connaissance avec les méthodes de communication particulières de l’entraîneur Scotty Bowman, alors que ce dernier ne daignait même pas lui adresser la parole. Thomas gravitait autour de l’équipe, mais il ne jouait pas.

En janvier, il était à Vancouver, mais il déprimait seul dans une pizzéria aux petites heures du matin. C’est par hasard que Bertrand Raymond, alors au Journal de Montréal, le rencontra et le vit dans ce piteux état, lui qui était de nature effacée et presque timide. Raymond tenta de le réconforter, avant de retourner à son hôtel.

Le lendemain, pour un match d’après-midi, c’est finalement Thomas qui affronta les Canucks, puisque Dryden s’était blessé au dos et Plasse était importuné par la grippe. Sachant dans quel état il était la veille, Raymond craignait qu’en combinant avec la nervosité de l’événement, les débuts de Thomas dans la LNH soient catastrophiques. Finalement, ce ne fut pas le cas. Au contraire, Thomas blanchit les Canucks 3-0, même s’il avoua discrètement à Raymond qu’il avait craint être malade pendant les deux premières périodes. D’ailleurs, histoire de se mettre à l’aise, Thomas dut avant le match chercher son patin, puisqu’il n’y en avait qu’un dans son sac. C’est finalement le préposé à l’équipement Eddy Palchak qui retrouva l’autre dans le sac de Ken Dryden.

Question de ne pas détruire le début de considération que Bowman pouvait avoir à son endroit, Raymond n’ébruita pas l’histoire. Thomas continua de jouer et remporta ses sept premiers matchs en carrière. Il perdit son huitième et dut ensuite laisser le filet à Plasse, avant d’attendre deux mois pour revoir de l’action.

C’est finalement en 1973-74 qu’une occasion se présenta à Thomas. Dryden eut une dispute salariale avec les Canadiens et devant l’impasse, l’avocat de formation décida d’aller travailler pour une firme de Toronto.

Les Canadiens décidèrent quand même de maintenir un ménage à trois en faisant graduer Michel Larocque, mais en bout de ligne, c’est Thomas qui disputa le plus de matchs avec 42.

Parmi ceux-ci, on note entre autres le match du 10 mars 1974. À ce moment, Thomas s’est fait bombarder par des Penguins pourtant pas si impressionnants. Il reçut 57 tirs, effectuant 53 arrêts. Encore aujourd’hui, il s’agit d’un record d’équipe (égalé par Carey Price en 2009). Étonnamment, malgré ce canonnage, le Tricolore l’a tout de même emporté, puisque devant le filet de Pittsburgh, Gary Inness a cédé cinq fois sur seulement 18 tirs. Victoire ou pas, Scotty Bowman était furieux après le match.

Si c’est Thomas qui joua le plus de matchs durant la saison, lorsqu’arrivèrent les séries, Bowman se tourna vers sa recrue, Larocque. Il joua alors les six matchs de la première ronde. Il se débrouilla relativement bien, mais ce fut insuffisant. Les Canadiens baissèrent pavillon devant les Rangers.

Dans l’entre-saison, Sam Pollock fit un compromis et s’entendit finalement avec Ken Dryden, causant un véritable embouteillage devant le filet montréalais. Plasse quitta toutefois, étant le premier choix des Scouts de Kansas City au repêchage d’expansion. Et si on ramena Dryden, c’était évidemment pour en faire le numéro 1. La bataille fut donc pour le poste de numéro 2, bataille que remporta Larocque, plus jeune. Par contre, comme les Canadiens n’avaient aucun problème de profondeur, on conserva tout de même Thomas avec l’équipe, mais il ne joua aucun match, passant son temps sur la galerie de presse. Heureusement, Thomas prit la chose avec philosophie et à la fin de la saison, on l’accommoda finalement en l’envoyant à Toronto contre un choix de première ronde qui deviendra Peter Lee. Montréal avait aussi une offre du Minnesota, qui était supérieure à celle de Toronto puisque leur premier choix était mieux placé, mais on l’envoya chez la meilleure équipe pour lui faire une faveur. Peut-être pour se faire pardonner?

La saison 1975-76 fut ainsi très différente pour Thomas. Après n’avoir joué aucun match l’année précédente, il en joua 64 avec les Leafs, deux de plus que Ken Dryden avec les Canadiens.

La situation ne dura toutefois pas. Thomas fut déclassé l'année suivante par une jeune sensation, Mike Palmateer. Il joua 33 parties, avant d’être placé au ballotage à la fin de la saison.

Les Rangers le réclamèrent et Thomas se retrouva à nouveau dans un ménage à trois, cette fois avec John Davidson et Doug Soetaert. Son temps de jeu diminua d’année en année. Il joua ses derniers matchs en 1980-81, pour un total de 243 en carrière.

Il devint ensuite entraîneur des gardiens, puis adjoint, toujours avec les Rangers.

En 1986-87, comme entraîneur-chef, il mena les Golden Eagles de Salt Lake, le club-école des Flames dans l’IHL, à la Coupe Turner, en plus d’être nommé entraîneur de l’année. Il passa ensuite par Chicago, St-Louis et San Jose. Il a d’ailleurs travaillé pendant 22 ans avec les Sharks dans divers rôles.

Il a pris sa retraite en 2015 et habite maintenant au Massachussetts.

Sources:

Raymond, Bertrand, 50 ans parmi les grands : le carnet de mes souvenirs, Les Éditions Hurtubise, Montréal, 2017, pages 96-97,

″Wayne Thomas fait ses débuts dans la ligue Nationale avec un blanchissage″ de Pierre Gobeil, 15 janvier 1973, Montréal-Matin, page 56,

″Thomas n’avait qu’un patin″ de Pierre Gobeil, 15 janvier 1973, Montréal-Matin, page 57,

″Dryden abandonne les Canadiens, son salaire passe de $80,000 à $6,968″ de Jean Aucoin, 15 septembre 1973, Montréal-Matin, page S20,

″Thomas sauve le Canadien de la honte″ de Bernard Brisset Des Nos, 11 mars 1974, Montréal-Matin, page 69,

″Goalie situation clearing up – Dryden plays; Thomas on the block″ de Dick Chapman, October 7, 1974, Montreal Gazette, page 21,

″Thomas méritait bien cette faveur″ d’Yvon Pedneault, 18 juin 1975, Montréal-Matin, page 85,

″Big night for ′rejects′″ d’Al Strachan, December 11, 1975, Montreal Gazette, page 45,

″Thomas back in harness″, CP, December 6, 1980, Regina Leader-Post, page 20,

″Avant Antti Niemi, il y a eu Wayne Thomas″ de Richard Labbé, 17 janvier 2019, La Presse (lapresse.ca).

lundi 8 janvier 2024

Quiz hardcore - LNH Saison 1992-93





La saison 1992-93 fut une des plus palpitantes de l'histoire de la LNH. Des records offensifs, des séries de la mort, Teemu Selanne, Mario Lemieux, Ed Belfour, David Volek etc... 

Mais connaissez-vous vraiment la saison 1992-93? Voici un quiz hardcore LVEUP pour vérifier si vous avez une bonne mémoire...

 

samedi 6 janvier 2024

Stock volé à vendre #18 : Mourir en Ranger

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 

Chris Drury et votre joueur préféré. Rappelons qu’ils ont signés ensemble leurs lucratifs contrats avec les Rangers en 2008









Originalement publié le 21 août 2011

Vous avez certainement entendu la semaine dernière l’annonce de la fin de la carrière de Chris Drury… Ça fait un autre joueur dans une liste que j’aime tenir de joueurs ayant terminé leur carrière avec les Rangers qui ont connu leurs succès ailleurs.

J’aime toujours traiter les Rangers de New York de maison de soins palliatifs pour grandes carrières sur la fin. La chose n’est pas nouvelle. Par exemple, déjà au début des années 60, le Canadien a eu une tendance forte à échanger ses anciennes vedettes aux Rangers, alors une équipe très faible. C’est ainsi que des grands comme Jacques Plante, Dickie Moore, Boom-Boom Geoffrion et Doug Harvey ont été échangés aux Rangers lorsque le Canadien voulut rajeunir son alignement. Étrangement, ces joueurs, hormis Geoffrion, prendront une première fois leur retraite en tant que Rangers (Dickie Moore ne jouera jamais pour les Rangers, ne pouvant pas concevoir de jouer avec aucun autre club que le Canadien) et sortiront de leur retraite plus tard pour évoluer avec les Blues de St-Louis. Mais ce mouvement débuta une petite tendance (bien qu’inconsciente) qui perdure de nos jours pour les joueurs d’aller terminer leur carrière avec les Rangers.

Doug Harvey avec les Rangers. Ce grand défenseur parmi les plus grands (sinon le plus grand) remporta d’ailleurs le Norris en 1962 en tant que Ranger

Voici quelques autres grands joueurs qui ont terminé leur carrière avec les Rangers après une carrière notoire avec d’autres équipes :

Terry Sawchuk

Ce grand gardien termina sa carrière en 1969-70 en jouant 8 matchs de saison régulière et 3 matchs de séries avec les Blue Shirts… Il mourut d’ailleurs quelques jours après la fin de la saison et c’est le directeur général/entraîneur de l’équipe, Emile Francis, qui fit l’identification du corps du grand gardien à la morgue…

Phil Esposito

Si le grand Espo fut certainement l’attaquant le plus redoutable du début des années 70, lorsqu’il a été échangé aux Rangers, équipe qu’il détestait à mort (après tout, il jouait pour les Bruins), il n’a jamais été le même sous les projecteurs de Broadway.

Marcel Dionne

Après une puissante carrière notamment avec les Kings, Dionne termina sa carrière en évoluant durant trois saisons assez ordinaires avec les Rangers. À sa dernière saison, il eut la chance de jouer aux côtés d’un joueur qui aurait pu faire partie de cette liste s’il n’avait pas joué avec les Nordiques par la suite, Guy Lafleur. Il terminera troisième meilleur marqueur de tous les temps en Ranger…

Pat LaFontaine

Lorsqu’il vint terminer sa carrière qui lui valut une intronisation au Temple de la Renommée, LaFontaine prit le chemin des Rangers en terminant une carrière qui ne nécessita jamais un changement de plaque de voiture, cette ancienne vedette du Junior de Verdun ayant passé toute sa carrière avec les trois équipes de l’État de New York. Comme la plupart des autres joueurs, ce n’est pas son passage sur Broadway qui lui ouvrit les portes du Temple de la Renommée.

Wayne Gretzky

En tant que plus grand joueur de tous les temps, Wayne Gretzky semble le cas exemplaire du joueur qui en fin de carrière est allé terminer sa carrière en Ranger. C’est d’ailleurs avec les Rangers que Gretzky connut sa seule saison avec une moyenne de moins d’un point par match lors de sa saison d’adieu en 1998-99… Personnellement, j’ai encore de nos jours de la misère à voir des photos de ce héros de jeunesse dans l’uniforme des Rangers…

Pavel Bure

Tout comme Pat LaFontaine, Pavel Bure avait déjà une carrière ralentie par les blessures quand il arriva à New York, ce qui n’aida pas à faire en sorte que les projecteurs de Broadway n’ont jamais vu le Pavel Bure qui nous impressionnait avec les Canucks, ou même avec les Panthers. C’est certain que ce n’est pas pour son passage avec les Rangers qu’on le verra entrer au Temple de la Renommée, s’il y fait son entrée un jour, même s’il connut presque une moyenne d’un point par match avec les Blue Shirts…

Mark Messier

Le choix de mettre Mark Messier dans cette liste peut être critiqué, mais si on prend uniquement son deuxième passage avec les Rangers après son désatreux passage avec les Canucks, Mark Messier n’était bien certainement plus le violent (j’aime bien rappeler que Mark était un joueur pas mal violent) leader de l’époque des Oilers ou de son premier passage avec les Rangers. C’est pourquoi on peut quand même l’inclure dans cette liste…

Markus Näslund

Peut-être pas le joueur le plus remarquable de la liste, mais Näslund est arrivé à New York avec un assez gros contrat (8 millions pour deux ans) qu’il peut être considéré comme un joueur de cette liste et malgré le fait qu’il ait terminé sa carrière en jouant quelques matchs avec le club Modo dans la Elitserien suédoise. On ne se rappellera jamais de la carrière de Näslund pour son passage à New York autrement que pour les raisons évoquées ici…

On peut également mentionner ces joueurs n’ayant pas nécessairement terminé avec les Rangers, mais ayant connu un des derniers chapitres de leur brillantes carrières avec les Rangers. Des joueurs comme Guy Lafleur, Glenn Anderson et Brendan Shanahan… Je ne sais pas si on peut également ajouter Jaromir Jagr à cette liste…

On pourrait également s’impatienter à l’idée de voir Marian Gaborik et Brad Richards accrocher leur patins en Rangers…

mercredi 3 janvier 2024

Gloire et misère: Chicago



 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire d'un côté (l'âge d'or) et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soient les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Aujourd'hui, on s'attaque aux Blackhawks. Un gros morceau.


Cliquez ici pour les chapitres précédents:
Anaheim, Arizona, Boston, Buffalo, Calgary, Caroline


Années de misère: 1927-28 à 1928-29

La franchise des Blackhawks fut créée en 1926 et comme base pour la nouvelle équipe, les dirigeants achetèrent l'entièreté des droits des joueurs des défunts Rosebuds de Portland de la Western Hockey League qui venait tout juste de fermer ses portes. Au même moment, le nouveau club de Détroit fit de même en s'appropriant les contrats des anciens Cougars de Victoria.

Le premier propriétaire des Blackhawks se nommait Frederic McLaughlin, qui nomma l'équipe sous ce nom à son arrivée. Il était un homme impatient et en tant que proprio, il n'hésitait pas à s'incruster dans le fonctionnement de son équipe, n'hésitant pas à renvoyer coach ou DG dès qu'il voyait un problème. 

Après la première saison des Hawks en 1926-27 où ils réussirent à se faufiler en séries avec une fiche de 19-22-3, McLaughlin croyait que son équipe aurait dû terminer au premier rang. L'entraîneur Pete Muldoon modéra les attentes de son boss qui le renvoya aussitôt après l'élimination des Hawks.


Muldoon aurait alors dit à McLaughlin que s'il était renvoyé, il causerait une malédiction à l'équipe qui ne terminerait jamais au premier rang. Le journaliste Jim Coleman raconta plus tard qu'il avait inventé cette histoire de toute pièce pour vendre son journal mais la malédiction de Muldoon devint tout de même une légende urbaine à Chicago qui ne remporta jamais la première place avant 1967, bien après la mort de Muldoon et McLaughlin.

La malédiction sembla avoir un véritable effet dès la saison suivant le renvoi de Muldoon, puisque les Hawks terminèrent derniers avec une fiche de 7-34-3. Le même scénario se répéta en 1928-29 avec une fiche presque identique de 7-29-8. On vit passer trois nouveaux entraîneurs à Chicago durant ces deux saisons de misère.

Pour ajouter à tout ça, ils durent également passer l'entièreté de la saison 1928-29 en dehors de Chicago puisque le nouveau Chicago Stadium n'était pas encore terminé. Ils partagèrent alors la moitié du calendrier à l'Olympia de Détroit, et l'autre dans un aréna de 5000 à Fort Erie, près de Buffalo mais du côté canadien.


Années de gloire: 1933-34 à 1937-38

Malgré l'ingérence de McLaughlin qui continuait les portes tournantes chez ses entraîneurs durant les années suivantes, les Hawks commencèrent à devenir bons et développèrent finalement de bons joueurs, principalement Johnny Gottselig qui jouera avec l'équipe de 1928 à 1945. Avec l'arrivée de Lionel Conacher et du gardien Chuck Gardiner, les Hawks se rendirent en finale dans une cause perdante en 1931 mais continuèrent de demeurer compétitifs durant les difficiles années 30, le tout culminant par deux conquêtes de la coupe Stanley.

La première fut remportée en 1934 contre les Red Wings, tandis que la deuxième fut remportée in extremis en 1938 alors que les Hawks avaient terminé au 6e rang d'une ligue à 8 équipes avec une fiche de 14-25-9. Ils gagnèrent les deux premières rondes lors de matchs décisifs en prolongation, premièrement contre les Canadiens en première ronde et ensuite contre les Americans de New York en deuxième. Ils gagnèrent ensuite la finale contre les Maple Leafs, finale durant laquelle leur gardien Mike Karakas était blessé et durent se rabattre sur un gardien d'urgence, Alfie Moore. Une histoire assez abracadabrante ici d'ailleurs.

Karakas parvint par revenir et remporter la série. À ce jour les Blackhawks de 1938 demeurent l'équipe avec la pire fiche en saison régulière à avoir remporté la coupe.


Années de misère: 1944-45 à 1957-58
ALERTE NO MAN'S LAND

McLaughlin mourut en 1944 et la franchise fut vendue à un homme d'affaires du nom de Bill Tobin. Ce dernier n'était toutefois qu'une parure alors que l'équipe était réellement sous le contrôle de James E. Norris, proprio des Red Wings et également du Chicago Stadium depuis 1936. 

Des manigances similaires de Norris firent en sorte qu'il avait contrôle total ou de l'influence majeure sur les 4 équipes américaines, étant proprio des Red Wings et du Chicago Stadium, en plus d'être actionnaire du Madison Square Garden et du Gardens de Boston. Cela mena à ce qu'on appelle ici «la ligue à deux vitesses» avec d'un côté les Canadiens, Maple Leafs et Red Wings, et de l'autre les Rangers, Bruins et Blackhawks comme enfants pauvres et négligés.


 

Donc entre 1944 et 1958, les Blackhawks ne firent les séries qu'à deux reprises (1946 et 1953) et terminèrent derniers à 9 reprises, dont 4 saisons consécutives de de 1953-54 à 1956-57, ce qui les confirme comme «no man's land» définitif de l'époque.

C'est en 1952 que le fils de Norris, James D. Norris, prit contrôle de l'équipe en compagnie de Arthur Wirtz et les deux commencèrent à rendre l'équipe davantage compétitive et graduellement mettre fin à cette ère à deux vitesses. L'équipe était encore toutefois considérée comme la Sibérie de la LNH, particulièrement lorsque le légendaire Ted Lindsay des Red Wings y fut expédié en 1957 en rétribution à sa participation à la tentative d'une création d'une association des joueurs.


Années de gloire: 1960-61 à 1972-73

Vers la fin des années 50, les Hawks avaient définitivement frappé fort en obtenant et développant 3 joueurs légendaires; Bobby Hull, Stan Mikita et Pierre Pilote. De plus, l'arrivée de Lindsay et du gardien Glenn Hall lors du même échange vint galvaniser davantage cette jeune équipe qui remporta finalement les grands honneurs en 1961, après deux sorties en première ronde les deux saisons précédentes aux mains des Canadiens.

Durant la décennie, Chicago avait main mise sur le trophée Art Ross avec Hull (1959-60, 1961-62 et 1965-66) et Mikita (1963-64, 1964-65, 1966-67 et 1967-68). Les deux remportèrent également le trophée Hart, Hull en 64-65 et 65-66 tandis que Mikita le remporta en 66-67 et 67-68. 

Pilote n'était pas en reste non plus, alors qu'il fut le récipiendaire du trophée Norris pendant trois saisons consécutives, soit de 1962-63 à 1964-65. 

Glenn Hall remporta le Vézina à deux reprises, tandis que Bill Hay et Tony Esposito remportèrent le Calder en 1959-60 et 1969-70 respectivement, avec également un Vézina pour Esposito en 69-70, 71-72 et 73-74. Les Hull et Mikita, ainsi que Ken Wharram, remportèrent également le Lady Bing à quelques reprises.



L'équipe termina en première place en 1966-67. Malgré qu'il ne regagnèrent pas la coupe durant cette période, ils retournèrent en finale en 1962, 1965, 1971 et 1973.

Cette période de gloire se termina toutefois au même moment en 1973, un an après que Bobby Hull ait fait sa fameuse défection dans l'AMH, marquant la fin d'une ère à Chicago et dans la LNH avec l'arrivée de son premier et seul véritable compétiteur. Il y eut d'ailleurs une équipe de l'AMH implantée directement à Chicago, les Cougars, entre 1972 et 1975, qui ne jouait toutefois pas dans le même amphithéâtre.

L'équipe demeura compétitive durant le restant des années 70 mais ne dépassa jamais plus la deuxième ronde, et la vieille garde des Hull, Mikita, Esposito et autres Keith Magnuson disparut peu à peu.


Années de gloire: 1981-82 à 1994-95

Sans avoir été une période ponctuée d'une Coupe Stanley, la période 1981 à 1995 vit l'émergence de plusieurs nouvelles vedettes à Chicago comme Denis Savard, Chris Chelios (inévitablement), Steve Larmer, Jeremy Roenick et Ed Belfour entre autres. Le Chicago Stadium des années 80 et 90 était de plus un endroit très intimidant pour les autres équipes de la LNH, et les Blackhawks demeuraient annuellement parmi les meilleures équipes de la ligue.



L'équipe atteignit huit fois la 3e ronde et une fois la finale en 1992 contre les Penguins, en plus de remporter le trophée du Président en 1990-91. Parmi les autres honneurs de cette période, notons:

- Trophée Calder: Steve Larmer (1982-83), Ed Belfour (1990-91)
- Trophée Norris: Doug Wilson (1981-82), Chris Chelios (1992-93, 1995-96)
- Trophée Adams: Orval Tessier (1982-83)
- Trophée Vézina: Ed Belfour (1990-91, 1992-93)
- Trophée Jennings: Ed Belfour (1990-91, 1992-93, 1994-95)
- Trophée Selke: Troy Murray (1985-86), Dirk Graham (1990-91)

Il y eut donc bien des bons moments à Chicago durant cette période.


Années de misère: 1997-98 à 2007-08

Après la finale de 1992 (défaite en 4 matchs contre Pittsburgh), les Blackhawks furent décevants lors des années suivantes où ils s'inclinèrent rapidement en première ronde, malgré des saisons régulières dominantes. Ils retournèrent en finale de conférence en 1995 mais le déclin graduel réapparut par la suite alors qu'ils s'inclinèrent en 2e ronde en 1996 et en première ronde en 1997. 

L'équipe rata finalement les séries en 1997-98, soit la première fois en 29 ans. Commença alors une longue traversée du désert pour les Blackhawks qui ratèrent les séries 9 fois lors des 10 saisons suivantes et étant surtout mal administrés par la vieille garde du propriétaire Bill Wirtz. Surnommé «Dollar Bill» pour son avarice, Writz refusait par exemple de diffuser les matchs locaux à la télévision en plus d'être partiellement ou directement responsable de plusieurs départs de joueurs vedettes dont Roenick et Belfour. Chelios quitta également l'équipe en 1999.

 

En 2004, l'équipe était alors à son plus bas, et fut nommée comme pire franchise en Amérique du nord par ESPN. Les fans des Hawks n'avaient alors comme vedettes des joueurs comme Kyle Calder, Tuomo Ruutu et Tyler Arnason... Bien loin des années précédentes et celles qui allaient suivre.

ALERTE NO MAN'S LAND (2003-04 à 2006-07)
J'hésitais ici à déclarer les Blackhawks de l'époque comme véritable «No man's land» car je crois qu'il y avait encore pire que eux à l'époque comme les Penguins ou les Capitals qui étaient en vente de feu depuis quelques saisons. Malgré tout, Chicago parvenait à signer des joueurs convoités comme Nikolai Khabibulin et Martin Lapointe en 2005 par exemple. 

Mais il peut bien y avoir plus qu'un no man's land dans une ligue à 30 équipes et à partir de disons 2003 jusqu'à 2007 environ, les Blackhawks étaient véritablement un des pires endroits pour être un fan et ce fait fut reflété dans les assistances qui passèrent sous les 13 000 par match en 2006-07, malgré tout le flafla présent dans la LNH au retour du lock-out.


Années de gloire: 2008-09 à 2016-17


Les fortunes des Hawks tournèrent finalement petit à petit. Ils repêchèrent tout d'abord Jonathan Toews au 3e rang en 2006 et ensuite Patrick Kane au premier rang en 2007. Et finalement, Bill Wirtz mourut en septembre 2007, laissant la place à son fils Rocky qui était le premier à s'opposer aux mesures rétrogrades de son père. Il rétablit tout d'abord les matchs à domicile à la télévision, en plus de nommer du nouveau personnel hockey, administratif, et surtout, au niveau du marketing. 

L'arrivée ensuite de Joel Quenneville pour la saison 2008-09 marqua le début de ces récentes années de gloire, et la meilleur période dans l'histoire de la franchise, alors que les Hawks retournèrent pour de bon en séries, parvenant même jusqu'à la 3e ronde. 

Ils gagneront ensuite la coupe en 2010, 2013 et 2015, ce qui mena Gary Bettman et la LNH à déclarer l'équipe comme une véritable dynastie, ce que je ne crois pas vraiment. À mon avis, une dynastie se doit de remporter plus d'une coupe d'affilée, ce que les Blackhawks sont tout de même passés bien près d'accomplir. On peut bien argumenter que c'est désormais plus difficile de faire avec la parité et tout ça, mais les Penguins et le Lightning sont ensuite parvenus à remporter deux coupes d'affilée, sans qu'on semble vraiment les considérer comme des dynasties. 

Bref c'est subjectif mais n'empêche, les Hawks sont bien probablement la meilleure équipe des années 2010.


En plus des trois coupes, voici le reste de l'argenterie de la période:
Art Ross: Patrick Kane (2015-16)
Hart: Patrick Kane (2015-16)
Calder: Patrick Kane (2007-08), Artemi Panarin (2015-16)
Conn Smythe: Jonathan Toews (2010), Patrick Kane (2013), Duncan Keith (2015)
Selke: Jonathan Toews (2012-13)
Norris: Duncan Keith (2009-10 et 2013-14)
Jennings: Corey Crawford (2012-13, 2014-15)


Années de misère: 2017-18 à maintenant

Les Blackhawks tombèrent de 109 points en 2016-17 à seulement 76 la saison suivante. Depuis, la «dynastie» s'effrita d'année en année et la franchise perdit des plumes (d'amérindien), surtout au niveau de leur réputation depuis la saga Kyle Beach en 2021.

Depuis la fin de la période précédente, la franchise semble être davantage revenue au pattern de l'époque 1997-2007, le tout culminant l'année dernière en terminant dans le «bottom 5» de la ligue, après quoi ils furent toutefois récompensés (non-mérité selon plusieurs) en obtenant Connor Bedard au premier rang. Ce dernier devra probablement faire preuve de beaucoup de patience avant de recevoir de l'aide et de voir l'équipe revenir à une période de gloire. En plus, l'équipe continue de connaître des désastres au niveau PR, comme l'épisode récent de Corey Perry dont on attend encore de savoir ce qui s'est passé et qu'on est probablement mieux de demeurer dans l'ignorance...


C'était donc toute que des montages russes de retracer l'histoire à Chicago. Prochain épisode, le Colorado.

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