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mercredi 31 juillet 2019

Trêve de hockey #98 - Phil Marchildon




D’origine canadienne-française, Phil Marchildon est né à Penetanguishene, en Ontario.  Si ce n’est qu’à l’école secondaire qu’il s’est mis au baseball, il s’y est découvert un talent certain.  S’il débuta comme receveur, il devint lanceur à cause de son bon bras.

Il déménagea plus tard dans la région de Sudbury pour travailler dans une mine, et où il continua à jouer au baseball.

Lorsqu’un ami de la famille eut vent du fait que Dan Howley, le gérant des Maple Leafs de Toronto de la Ligue internationale, allait tenir une école de baseball à Barrie, il suggéra à Marchildon d’y aller, ce qu’il fit.

Sur place, Howley remarqua son talent, même s’il nota quelques erreurs dans sa technique.  Il lui offrit donc un contrat.  Marchildon lui répondit qu’il y penserait, avant de retourner avec son équipe, avec qui il se rendit jusqu’en finale du championnat provincial.  Howley continua alors de l’observer et de lui parler.  Il se rendit alors compte que Marchildon souffrait d’un grand complexe d’infériorité.  Il réussit tout de même à le convaincre de se présenter au camp des Maple Leafs en 1939, en Floride. 

Avec de la patience, Howley prit le temps de polir son diamant brut et de modifier sa motion.  Le jeu en valut la chandelle et Marchildon devint l’un des meilleurs lanceurs des pauvres Leafs jusqu’à la fin de la saison 1940.  À ce moment, les Athletics de de Philadelphie, avec qui les Maple Leafs avaient un accord de collaboration, achetèrent le contrat de Marchildon pour 7500$.  Ce dernier fit donc ses débuts dans les ligues majeures en perdant deux matchs au sein de la pire équipe des majeures.

À sa première saison complète, avec des Athletics toujours aussi misérables, Marchildon réussit tout de même à remporter 10 matchs tout en encaissant 15 défaites.

En 1942, toujours en travaillant sur sa motion, Marchildon parvint à s’améliorer et à remporter 17 victoires (le troisième total de la Ligue américaine), en plus de subir 14 défaites avec une équipe encore pire que la saison précédente.  Il était alors le premier Athletic en sept ans à remporter 17 matchs.  À noter qu’au cours de deux de ces défaites, Marchildon n’avait alloué que deux coups sûrs.

Ayant touché le même salaire de 5000$ qu’à sa saison recrue, Marchildon s’attendait donc à recevoir un boni, mais le gérant et propriétaire des Athletics, le chiche Connie Mack, ne l’entendait pas ainsi.  Comme la guerre faisait rage en Europe, Marchildon préféra donc s’engager comme mitrailleur dans l’armée de l’air.  Il partit donc en direction de la Grande-Bretagne.

En 1944, lors de sa 27e mission au-dessus du territoire allemand, son avion fut abattu en mer, à plus de 30 kilomètres des côtes.  Après avoir nagé plus de quatre heures et complètement épuisés, lui et son seul frère d’armes qui avait survécu furent secourus par des pêcheurs danois.  Malheureusement, ils furent interceptés par les Allemands sur le chemin du retour et capturés.  Ils furent donc amenés au camp Stalag Luft III, où Marchildon fut prisonnier de guerre pendant 10 mois.  Mal nourri, il perdit beaucoup de poids, en plus d’être témoin d’atrocités.  Sentant la défaite qui s'en venait, les Allemands vidèrent le camp et firent marcher Marchildon et les autres prisonniers sur plus de 200 kilomètres dans la neige.  Il fut libéré à la fin de la guerre et retourna à Penetanguishene.

À peine de retour au pays, Mack le contacta pour qu’il rejoigne les Athletics.  Marchildon lui répondit qu’il n’était pas en état de lancer.  En plus d’être dans un état physique lamentable, il avait subi les traumatismes de la guerre et souffrait de dépression.  Mack rétorqua qu’il n’aurait pas à lancer.  Il voulait simplement l’honorer.  Marchildon se remit tout de même à l’entraînement et fut même prêt à lancer avant la journée en son honneur.  Mack l’envoya donc dans la mêlée à Chicago et comme il s’y attendait, c’est lui qui se retrouva au monticule à Philadelphie pour sa fête, où on lui remit une obligation de 1000$ et d’autres cadeaux.  Par contre, à la deuxième manche, il se déchira un muscle et les ligaments de la jambe. 

Comme sa saison était terminée, il retourna à Penetang, où malgré des problèmes de rhumatisme, il fit amplement de ski de fond pour reconstruire sa jambe.  Par contre, il n’était plus le type souriant qu’il était, étant devenu plutôt austère et silencieux. 

Marchildon n’était pas là au début de la saison 1946 pour des raisons de santé, mais en plus, Mack insista pour lui payer le même montant qu’en 1942, malgré l’excellente saison qu’il avait eu, sous prétexte que nous n’étions plus en 1942, mais bien 1946 qu’il avait une mauvaise jambe.  Par contre, s’il avait une bonne saison, il lui promit une augmentation.

Marchildon débuta sa saison et montra qu’il n’avait pas perdu de son efficacité, mais Mack ne lui reparla pas de son augmentation.  C’est finalement au milieu de la saison que Mack lui dit qu’il était satisfait de sa performance et lui accorda 8500$.  De plus, il lui dit qu’il avait bien lancé en 1942 et lui donna deux billets de 500$.  Marchildon termina la saison 1946 avec une fiche de 13-16, au sein d’une équipe qui termina encore dernière, avec un dossier de 49-105.

La saison 1947 débuta plus ou moins bien en termes de résultats.  De plus, il développa une intense douleur au bras droit.  Son fidèle instructeur des lanceurs, Earle Brucker (celui-là même qui lui avait fait modifier son élan quelques années plus tôt), lui fit alors remarquer qu’il utilisait beaucoup trop sa balle fourchette.  Après une semaine de repos, il reprit le collier et changea sa combinaison de tirs.  Les résultats furent frappants, puisqu’il remporta 17 de ses 19 dernières décisions.

Parmi celles-ci, il eut un match mémorable, le 26 août, contre Cleveland.  En huitième manches, avec deux retraits, Marchildon avait un match parfait, alors que les Athletics menaient 1-0.  Avec un compte de 3 balles, deux prises, l’arbitre au marbre alloua alors une quatrième balle controversée.  En furie, Marchildon et le receveur Buddy Rosar se mirent donc à enguirlander l’arbitre et à lui envoyer de la terre avec leurs pieds. 

Lorsque le jeu reprit, Marchildon obtint un retrait.  Il avait peut-être perdu son match parfait, mais pas son match sans point ni coup sûr.  Par contre, les Indians créèrent l’égalité en neuvième.

C’est finalement en 12e manche que le match se décida sur un double de… Marchildon, qui lança tout de même un match complet et obtint la victoire, 2-1.

À la fin de la saison 1947, il avait 19 victoires, une seule de moins que le légendaire Bob Feller, et 9 défaites.  Cette performance lui valut une bonne augmentation de salaire (17 500$).  Et pour la première fois en 14 ans, les Athletics avaient une fiche supérieure à ,500 (78-76).

L’année 1948 fut décevante, alors qu’il fut déclassé comme lanceur numéro 1 à Philadelphie, et qu’il termina avec une fiche de 9-15.

Sa saison 1949 fut écourtée par les blessures et il fut libéré en 1950, année au cours de laquelle il lança un dernier match avec les Red Sox.

Sa fiche en carrière est de 68-75.

Suite à sa carrière, il était hors de question pour ce grand amateur de curling et de ski de vivre en permanence aux États-Unis.  Il retourna donc vivre à Penetanguishene avec son épouse et ses deux filles. 

Le retour à la vie normale fut pénible.  Il était déprimé et amer.  Il se trouva tout de même des boulots dans des usines d’avion, puis d’équipements médicaux.

Il fut élu au Temple de la renommée du baseball canadien en 1982 et fit le lancer protocolaire avant le match des Blue Jays à la fête du Canada en 1995.

Il est décédé en 1997, à l’âge de 83 ans.

Sources: “Les Braves s’approchent de Brooklyn et de St-Louis”, 27 août 1947, La Patrie, p.17, ”The Peerless Pitcher From Penetanguishene” de Trent Frayne, April 1, 1948, MacLean’s (archives.macleans.ca), "Phil Marchildon" de Ralph Berger (sabr.org), baseball-reference.com, wikiepedia.org.

mercredi 17 juillet 2019

Les Roadrunners (2e partie)




Pour la saison 1996, la ligue comptait maintenant 18 équipes.  De leur côté, les Roadrunners déménagèrent au Centre Molson.  Ils recrutèrent également un jeune défenseur qui venait de remporter la Coupe Memorial avec les Prédateurs de Granby, mais qui avait été ignoré au repêchage, Francis Bouillon.  Le directeur-gérant Richard Sévigny fit également appel au cours de la saison à son ancien coéquipier, Gilbert Delorme.

Les résultats furent corrects, mais régressèrent par rapport à l’année précédente.  On rapatria Guy Rouleau, qui avait débuté la saison avec Ottawa.  On remplaça aussi Daniel Doré derrière le banc par Martin Raymond.  En bout de ligne, l’équipe termina avec une fiche de 14-11-3, ce qui ne lui permit pas d’accéder aux séries.

Sur une note positive, la foule moyenne augmenta à 5979 spectateurs, le 6e plus haut total de la ligue.

En 1997, il ne restait plus que 10 équipes.  Du côté des Roadrunners, on rapatria Daniel Gauthier d’Ottawa.  On revit aussi des joueurs qui avaient joué quelques années plutôt faire un retour après quelques années d’absence, comme Patrice Lefebvre et l’ex-Nordique Serge Roberge (le frère de Mario).  Sylvain Naud, qui avait joué jusque-là avec Oakland, se joignit également à l’équipe. 

Les résultats laissèrent toutefois à désirer et avec une fiche de 4-6-3, Martin Raymond démissionna.  C’est donc le directeur-gérant Richard Sévigny qui termina la saison derrière le banc.

Pour une deuxième année de suite, Martin Lacroix fut le meilleur pointeur de l’équipe.

Avec une fiche globale de 9-10-5, les Roadrunners accédèrent tout de même aux séries, mais ils s’inclinèrent en deux matchs contre les Rockin’ Rollers du New Jersey, une équipe qui comprenait le futur Canadien, Glen Metropolit.  L’équipe qui attira les meilleures foules, les Bullfrogs d’Anaheim, remporta ensuite un deuxième titre, contre ces mêmes Rockin’ Rollers.

Du côté affaires, les foules diminuèrent, avec une moyenne de 4437 spectateurs, le 6e total de la ligue.  Les affaires n’allaient pas très bien et ce, pas seulement à Montréal.  Il fut donc décidé de suspendre les activités de la ligue pour la saison 1998.

RHI fit un retour en 1999, mais avec seulement 8 équipes, et sans les Roadrunners.  Avec la moitié des équipes qui ne parvint pas à maintenir une moyenne de 1000 spectateurs, on décida de fermer les livres.  Il y eut un projet de ressusciter la ligue en 2001, mais on abandonna l’idée.  Un peu comme pour les autres ligues fondées par Dennis Murphy, Roller Hockey International (RHI) prit de l'expansion rapidement, acceptant au passage des franchises plus faibles, qui déménagèrent fréquemment.  Lorsqu'on manqua d'endroits pour les relocaliser, la musique s'arrêta. 

Du côté de Montréal, en quatre ans d'existence, les Roadrunners montrent une fiche de 51-36-11 en 98 matchs.  L'équipe réussit à faire parler d'elle et à attirer des foules respectables, mais l'effet de nouveauté s'est estompé.


Avec un sport comme le roller hockey, comme vous pouvez vous en douter, certaines équipes portèrent des noms contenant des références ou des jeux de mots boiteux en lien avec les roulettes, comme par exemple les Rollerbees de l’Utah, les Rollergators d’Orlando, les Skates d'Oakland et les Wheels d’Ottawa.  J’aimerais également souligner l’originalité des Buffalo Wings, en hommage à la spécialité culinaire de la ville.  Peut-être que finalement, l’équipe de Montréal aurait dû porter le nom de "Poutine" ou de "Smoked Meat"…

Sources : "Doré : « J’espère qu’ils ont aimé ça quand même »" de Mathias Brunet, 6 juin 1996, La Presse, p.S7, "Martin Raymond démissionne…", PC, 10 juillet 1997, La Presse, p.S7, hockeydb.com, rhistats.tripod.com, wikipedia.org.

mardi 16 juillet 2019

Les Roadrunners (1ère partie)




Au début des années 1990, la LNH commençait à vouloir augmenter sa popularité dans le sud des États-Unis.  Au même moment, il y avait un engouement pour le patin à roues alignées (par opposition aux patins avec deux paires de roulettes, si populaires dans les années 1970).  L’éternel entrepreneur sportif Dennis Murphy y vit là une occasion de créer une autre ligue.  Après l’American Basketball Association (ABA), la World Hockey Association (WHA ou AMH en français) et la World Team Tennis (WTT), Murphy fonda la Roller Hockey International (RHI), en compagnie de l’ex-Canadien Ralph Backstrom (qui servit pendant un moment comme commissaire) et de Larry King (pas l’animateur, mais plutôt l’ex de la championne de tennis Billie Jean King).

Les matchs se déroulaient l’été dans des arénas, mais sans glace, évidemment.  Sans ligne bleue, le jeu y était assez offensif.  Les bagarres étaient également interdites.

La première saison eut lieu en 1993 avec 12 équipes, principalement dans l’ouest et couronna les Bullfrogs d’Anaheim.  Le premier champion compteur de l’histoire de la ligue fut José Charbonneau, qui jouait avec le Voodoo de Vancouver, avec qui a joué brièvement Dave "Tiger" Williams et l’année suivante, Frank Caprice.

Suite à cette première campagne, la ligue prit rapidement de l’expansion.  Pour la deuxième année, on passa à 24 équipes, incluant une à Montréal qui jouerait au Forum en 1994.  Le président était l’ex-Capital Robert Sirois et l’entraîneur, Yvan Cournoyer.  On nomma l’équipe les Roadrunners, un clin d’œil au surnom de ce dernier.



Après avoir disputé leur premier match le 8 juin (une défaite au Minnesota), les Roadrunners firent leur entrée au Forum le 16 juin, devant plus de 10000 personnes.  Pour l’occasion, les Roadrunners ont défait les Rockin’ Rollers du New Jersey 7-5.

L’équipe, composée presque entièrement de québécois, eut de bons résultats.  Elle termina deuxième dans la division atlantique, avec une fiche de 13-9.  L’attaque fut menée par Guy Rouleau et Réal Godin.  Devant le but, on retrouvait l’ex-Red Wing Corrado Micalef et Marc Delorme.

Aux guichets, malgré qu’il s’agissait de l’été où Montréal était complètement baseball (jusqu’au lock out dans le baseball majeur du moins), les Roadrunners se débrouillèrent tout de même bien.  Avec une moyenne de 6690 spectateurs, ils se classèrent 3e dans la ligue.

Au cours de la saison 1995, la ligue ne conserva que 19 équipes.  Du côté de Montréal, Sirois fut remplacé par l’ex-pilote (et père de Sarah-Jeanne), Alan Labrosse.  Sur la surface de jeu, les Roadrunners améliorèrent leur fiche (15-6-3) et se rendirent même en finale, qu’ils perdirent devant les Rhinos de San Diego.  Le match de la finale de la Coupe Murphy (et oui, Murphy a nommé la Coupe en son honneur) a eu lieu au Forum devant 11400 spectateurs.  Sur une base individuelle, les 83 points de Guy Rouleau lui accordèrent le deuxième rang de la ligue.

Les billets étaient tout de même abordables

Dans les gradins, l’aspect nouveauté s’effaçait un peu, mais ils attirèrent tout de même une moyenne respectable de 4721 spectateurs par match.  Après la saison, c’est Cournoyer qui céda sa place, suite à sa nomination au poste d’entraîneur-adjoint des Canadiens, pour être remplacé par le capitaine de l’équipe et ex-Nordique Daniel Doré.  Quant au poste de directeur-gérant, on nomma l’ex-Canadien et Nordique Richard Sévigny.

Sources : "Défaite des Roadrunners", 9 juin 1994, La Presse, p.S7, "Dix mille personnes acclament les Roadrunners" de François Béliveau, 17 juin 1994, La Presse, p.S6, "Alan Labrosse succède à Robert Sirois" de François Béliveau, 1er août 1995, "Les Roadrunners à la recherche d’un nouveau coach" de Claudine Hébert, 25 octobre 1995, La Presse, p.S2, "Richard Sévigny prend les destinées des Roadrunners" de Réjean Tremblay, 16 janvier 1996, La Presse, p.S5, hockeydb.com, rhistats.tripod.com, wikipedia.org.

samedi 13 juillet 2019

Joueur oublié des 90's #22 - Juha Lind





Né le 2 janvier 1974 à Helsinki en Finlande, Juha Petteri Lind s'amena en Amérique du nord au tournant du millénaire, soit juste à temps pour être membre de quelques-unes des pires éditions du Canadien de Montréal, avant de retourner cimenter sa légende dans son pays natal où il était un habitué sur la scène locale et internationale.

Alors qu'il évoluait pour l'équipe des moins de 20 ans du Jokerit d'Helsinki, il fut repêché en 8e ronde du repêchage de 1992 par les défunts North Stars du Minnesota. Il est en fait la dernière sélection au repêchage des North Stars à avoir accédé à la LNH. Après la saison suivante, l'équipe déménagea au Texas et le repêchage de 1993 se fit sous le nom des Stars de Dallas. Quelques rondes avant lui, un de ses compatriotes fut également sélectionné par Minnesota, son futur coéquipier Jere Lehtinen. 

Lind fit ses débuts professionnels en 1992-93 en partageant la saison avec les U20 et le célèbre club du Jokerit de sa ville natale, où il ne joua que 6 matchs cependant.  La saison suivante en 1993-94 fut sa grande année d'éclosion où il remporta le titre de recrue de l'année ainsi que le championnat de la SM-Liiga avec Jokerit, titre qu'ils répétèrent ensemble en 1995-96 et 1996-97. Il fit finalement le saut en Amérique la saison suivante, d'abord avec le club-école des Stars au Michigan dans la IHL et ensuite avec le grand club où il joua 39 matchs, récoltant 2 buts et 3 passes. Son rôle était toutefois limité avec les Stars, où le club avait beaucoup de profondeur. Il participa également aux Olympiques de Nagano de 1998, récoltant la médaille de bronze en compagnie de légendes de son pays comme Teemu Selanne et Jari Kurri en plus de son coéquipier Lehtinen et de son futur coéquipier Saku Koivu.  Il opta toutefois de rester en Finlande pour la saison 1998-99 où il continua de bien performer avec une récolte de 20 buts et 39 points en 50 matchs, sa meilleure récolte offensive dans la SM-Liiga.



Il revint ensuite dans la LNH pour la saison 1999-2000, ayant raté le bateau l'année précédente où les Stars remportèrent la coupe de 1999.  Il tenta tant bien que mal de se tailler une place avec les Stars, récoltant 3 buts et 4 passes en 34 matchs.  Il fut cependant échangé aux Canadiens en janvier contre le malheureux Scott Thornton.

Au sein d'un club faible, Lind avait la chance de prouver qu'il avait sa place dans la LNH.  Il était entre autres enchanté de se retrouver avec son compatriote Koivu, espérant même que l'équipe tente de le faire jouer avec lui.  Cependant, Lind ne fit guère mieux qu'à Dallas, jouant à peine 8 minutes par match. Il obtint 3 points en 13 matchs pour terminer la saison 1999-2000 et n'obtint ensuite que 3 buts et 4 passes en 47 matchs la saison suivante.  Il fut souvent laissé de côté et peinait à trouver sa place dans le système d'Alain Vigneault et de son successeur, Michel Therrien.  Son contrat se termina après la saison et l'équipe le libéra.  Il retourna ensuite en l'Europe, dans la ligue élite de Suède. Son départ du tricolore mit fin à une des branches du retour de l'échange de Patrick Roy en 1995. On le sait, Roy fut échangé à l'Avalanche en compagnie de Mike Keane en retour de Jocelyn Thibeault, Martin Rucinsky et d'Andrei Kovalenko. Ce dernier fut échangé aux Oilers après seulement un an à Montréal, qui obtint les services de Thornton en retour.  D'ailleurs parlant de Thornton, le cousin de Joe signa avec les Sharks après son court séjour à Dallas et, comme avec tout un échange Réjeanhoulien qui se respecte, il connut ses meilleures années à San José, notamment une saison de 26 buts en 2001-02. 



Pour sa part, Lind participa de nouveau aux Olympiques pour l'équipe finlandaise en 2002, à Salt Lake City, et il joua 3 saisons en Suède après son départ de la LNH.  Il joua ensuite en Autriche, où il remporta le championnat de la ligue en 2007.  Il revint ensuite terminer sa carrière là où elle avait commencé, avec le Jokerit d'Helsinki, où il fut même élu capitaine et où il joua jusqu'en 2010.  Il est présentement entraîneur au niveau junior avec le club Viikingit U16, où il dirige notamment son fils Paavo. 

Il fut élu au temple de la renommée du hockey finlandais en 2013.

En 133 matchs dans la LNH, il récolta 9 buts, 13 passes pour 22 points.

Sources:

mardi 9 juillet 2019

Steve Sutherland




Robuste ailier gauche natif de Noranda, en Abitibi, Steve Sutherland eut comme coéquipiers avec les Canadiens Junior des joueurs comme Jude Drouin, Larry Pleau, Robin Burns et Pierre Bouchard.  Par contre au repêchage de 1967, malgré l’arrivée de six nouvelles équipes, il n’attira pas suffisamment l’attention et fut ignoré.

Il se retrouva néanmoins avec les South Stars de Memphis, un club de la Ligue centrale affilié aux North Stars du Minnesota.  Il s’aligna également avec Des Moines et Port Huron de la Ligue internationale.  Il remporta d’ailleurs la Coupe Turner en 1971 avec cette dernière équipe.

Lorsqu’on annonça en 1972 la formation de l’Association mondial de hockey (AMH), Sutherland avait le profil parfait pour la nouvelle ligue.  Il jouait pour un club affilié aux Red Wings, mais il n’avait jamais joué un seul match dans la LNH et avait peu d’espoir d’y parvenir.  Pour un joueur des ligues mineures comme lui, l’AMH offrait des salaires intéressants.  Il fut ainsi le premier à signer avec le circuit maudit, dans son cas, avec les Sharks de Los Angeles.  Cette équipe était alors détenue par Dennis Murphy, l’un des fondateurs de la nouvelle ligue.

Le style robuste de Sutherland cadrait bien avec le style préconisé par l’entraîneur Terry Slater.  Parmi ses coéquipiers, on comptait entre autres Ted McCaskill, l’inspiration derrière le personnage du "chirurgien" Tim McCracken dans Slap Shot.  L’équipe joua pour un peu plus que ,500 et se qualifia pour les séries.

L’année suivante, les Sharks ont offert 450 000$ pour trois ans à Marc Tardif pour le sortir de Montréal.  Individuellement, Tardif a bien répondu, mais défensivement, l’équipe a accordé beaucoup plus de buts et termina dernière au classement.  De son côté, Sutherland continua dans la même veine, en accumulant 189 minutes de pénalité, un sommet chez les Sharks et le sixième plus haut total dans la ligue.  Il marqua aussi 20 buts.  Par contre, les foules étaient faibles à Los Angeles (moyenne de 5338 spectateurs par match) et l’équipe déménagea à Détroit pour devenir les Stags du Michigan. 

Le déménagement n’arrangea rien.  En fait, les foules à Détroit étaient encore plus faibles (moyenne de 2959 spectateurs par match).  Ainsi, dans le but de se débarrasser de l’onéreux contrat de Tardif, les Stags l’envoyèrent alors aux Nordiques avec Sutherland, en retour d’Alain Caron, Pierre Guité et Michel Rouleau.  Les Stags disparurent un mois plus tard et terminèrent la saison en tant que Blades de Baltimore, avant d’être rayés de la carte pour de bon.  Au cours de la même période, Québec fit également l’acquisition de l’ancien coéquipier de Sutherland au niveau junior, Christian Bordeleau.

Une fois à Québec, le sérieux Sutherland continua de jouer robuste.  Par contre, au sein d’une équipe plus offensive et scientifique, il dut tout de même modifier un peu son jeu.  Son arrivée (et celle de Tardif et de Bordeleau) aidèrent le fleurdelysé à atteindre la finale pour la première fois en 1975, mais ils furent alors balayés par les Aeros de Houston de Gordie Howe.

En 1975-76, Sutherland marqua 22 buts dans une ligue où le niveau de violence augmentait.  (Du côté de la Ligue nationale, c’était le règne de la terreur des Flyers, et l’AMH allait dans la même direction.)  Les Nordiques pouvaient compter sur Sutherland, Pierre Roy et Gordie Gallant, mais il demeure que leur saison fut surtout marquée par l’agression sauvage de Rick Jodzio sur Marc Tardif.  Ce ne fut toutefois que partie remise, puisque l’année suivante, Québec remporta la Coupe Avco, même si la saison de Sutherland a été limitée à 36 matchs.

En 1977-78, Sutherland surpassa sa marque personnelle en comptant 23 buts.  Ce fut toutefois sa dernière saison avec les Nordiques.  À l’été 1978, il fut réclamé par les Stingers de Cincinnati, mais il ne joua jamais pour eux. 

Au cours de sa carrière, il avait une attitude très prudente avec son argent.  Conscient qu’une carrière de hockeyeur n’était pas éternelle, il épargna jusqu’à 60% de son salaire.  Son coéquipier chez les Nordiques, Charles Constantin, avait une approche semblable.

De plus, Sutherland avait été un précurseur puisqu’il s’entraînait constamment et prenait un grand soin de sa condition physique, ce qui était loin d’être le cas de tous.  Sutherland et Constantin ont donc décidé de combiner les deux en se lançant en affaires.

Le concept d’entraînement Nautilus a d’abord été développé aux États-Unis en 1948 par Arthur Jones, mais ce n’est qu’en 1970 qu’il a vraiment pris le marché d’assaut.  Suite à leurs carrières de hockeyeur, Sutherland et Constantin décidèrent alors d’importer le concept Nautilus au Québec.  Ils ouvrirent d’abord leurs premiers centres, puis prirent de l’expansion et profitèrent de leur connaissance du milieu pour établir des partenariats avec les Canadiens, les Nordiques et les athlètes d’élite.  Ils intégrèrent également d’autres sports, comme le tennis et le racquetball, à leur concept.

En 1986, au moment où l’entreprise comptait 18 Nautilus Plus, deux Gold’s Gyms et affichait des revenus de 10,2 millions $, elle fit son entrée en bourse.

En 1987, alors que Sutherland est toujours président et Constantin vice-président, Nautilus fit son entrée sur le marché ontarien.  L’entreprise raffina également ses équipements en introduisant le concept VO2MAX.  Un produit mieux conçu, appuyé par un réseau de centres fit en sorte que Nautilus résista mieux dans un marché pas toujours facile que ses compétiteurs, souvent moins bien structurés. 

Alors que ses revenus se chiffraient à plus de 20 millions $, Sutherland, Constantin et deux autres investisseurs firent une offre en 1989 pour refermer le capital de Nautilus et la sortir de la bourse.

Sutherland et Constantin se sont ensuite retirés, avant de tenter leur chance du côté de la restauration rapide avec la chaîne Burger King, mais l'entreprise qu'ils ont démarrée existe toujours.

Sources :
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.27,

"Pas de réponse à l’énigme Sutherland" de Claude Larochelle, 15 avril 1975, Le Soleil, p.C1,
"Steve Sutherland n’a rien du joueur gros, gras, dodu…" de Maurice Dumas, 10 janvier 1976, Le Soleil, p.C3,
"L’entraînement Nautilus" de Pierre Ladouceur, 3 juin 1980, La Presse, p.E10,
"Nautilus accueille l’élite québécoise" de Jean St-Hilaire, 21 octobre 1980, Le Soleil, p.C5,
"Nautilus : un livre et un centre s’ajoutent au réseau" de Marc St-Pierre, 21 septembre 1983, Le Soleil, p.D8,
"Sutherland et Constantin, ex-Nordiques, ouvrent 13 centres Nautilus au Québec" de Laurier Cloutier, La Presse, 7 novembre 1983, p.B1,
"Nautilus Plus lancera une émission de $14 millions" de François Berger, 21 août 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus Plus poursuit son expansion", 20 novembre 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus acquiert cinq centres de conditionnement physique en Ontario" de Richard Dupaul, 2 avril 1987, La Presse, p.C3,
"Nautilus Plus prend le contrôle des opérations au club TenniSport" de Jacques Arteau, 31 mars 1989, Le Soleil, p.S9,
"Offre publique d’achat pour Nautilus", 29 juin 1989, La Presse, p.D2, 
"S’entraîner pour la forme… et pour le rêve" de Chantal Gilbert, 18 octobre 1992, La Presse, p.C3,
"Stevens emballe Robinson" de Pierre Ladouceur, 20 novembre 1993, La Presse, p.H2,

hhof.com, hockeydb.com.

jeudi 4 juillet 2019

Une petite photo pour le plaisir #84 - Guy Lafleur avec le mauvais numéro








En 1988, Guy Lafleur surpris tout le monde en décidant d'effectuer un retour au jeu. À la retraite depuis près de 4 ans, Lafleur se tenait en forme en jouant des matchs amicaux contre des équipes juniors à la grandeur du pays. Il reçu une invitation de la part des Rangers de New-York, entraîné alors par Michel Bergeron, pour se présenter au camp d'entraînement qui se tenait à Trois-Rivières, à la demande de "Bergy".

Le numéro 10 étant la propriété de Pierre Larouche, Lafleur arbora le #44 pour la durée du camp d'entraînement. Il retrouva son #10 au début de la saison, suite à l'annonce de la retraite de Larouche, qui ne réussit pas à se remettre d'une blessure au dos survenu au début de la saison 1987-88.

Mauvais numéro, mauvais uniforme

 Lafleur avait alors comme coéquipier à New-York celui qui fut choisi tout juste après lui lors du repêchage de 1971, Marcel Dionne. Après une saison à New-York où il inscrivit 45 points en 67 matchs, le démon blond suivit Bergeron à Québec. Il clôtura ainsi sa carrière avec les Nordiques, où il fut blessé plus souvent qu'à son tour, inscrivant tout de même 62 points en 98 matchs, réparti sur deux saisons.