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mercredi 21 septembre 2022

Les Wildcats de Richmond et la Southern Hockey League


 


Richmond, la capitale de l'état de la Virginie, est une ville d'environ 200 000 habitants qui a hébergé quelques équipes des circuits mineurs au fil des années, sans toutefois jamais réussir à vraiment s'implanter. Il y a eu par exemple les Renegades de Richmond de 1990 à 2003 dans la ECHL, les Riverdogs de Richmond de 2003 à 2006 dans la UHL et peut-être que vous êtes plus familiers avec le nom des Robins de Richmond, l'ancien club-école des Flyers dans la AHL entre 1971 et 1976. Les Robins, premier club professionnel de hockey de Richmond, étaient auparavant les anciens As (Aces) de Québec avant leur déménagement en 1971. Après un bon départ à Richmond, les assistances chutèrent rapidement par la suite jusqu'à la dissolution de la franchise en 1976.

Voulant rapidement remplir le vide laissé par le départ des Robins, un groupe d'hommes d'affaires croyaient qu'ils auraient une meilleure chance dans une moins grosse ligue et firent ainsi application pour une équipe d'expansion dans la Southern Hockey League. Comme toute histoire de ligues obscures défuntes, la SHL était une ligue née des cendres d'une autre ligue, dans ce cas-ci de l'ancienne et illustre Eastern Hockey League. Après 40 ans d'opération avec, comme son nom l'indique, des équipes tout le long de la côte est américaine, la EHL cessa ses opérations en 1973 après plusieurs bisbilles entres ses propriétaires. Les clubs plus au sud, qui réclamaient entre autres un meilleur partage des frais de transport, formèrent ainsi la SHL tandis que les clubs plus au nord formèrent la North American Hockey League, cette fameuse ligue qui inspira le film Slap Shot. 

On a toujours plus parlé de cette NAHL sur ce blog, probablement dû au «prestige» de ce film, mais j'ai toujours eu sur le «back-burner» le désir de parler de la SHL et le moment est finalement venu... Si on prend en compte que le film est réputé comme assez fidèle à la réalité de la NAHL et des ligues mineures de l'époque, on peut donc s'attendre à quelque chose d'assez similaire en parlant de la SHL... probablement même pire.

Les Wildcats débutèrent donc leurs activités pour la saison 1976-77, soit durant la 4e saison d'existence de la SHL. J'ai lu quelque part que c'était un des propriétaires qui dessina lui-même ce logo. J'ignore si c'est vrai mais ça m'a plutôt l'air d'avoir été «emprunté» quelque part... 

Les Wildcats avaient comme entraîneur Forbes Kennedy, un ancien joueur des Bruins, Red Wings et avec les Flyers vers la fin de sa carrière. Parmi les joueurs composant l'alignement des Wildcats, on retrouvait plusieurs habitués des circuits voisins comme la NAHL, IHL ou CHL ainsi qu'une poignée d'anciens joueurs de l'AMH et de la LNH comme le gardien sorelois André Gill. Leur meilleur marqueur était le québécois Claude Périard, un ancien choix des Rangers et des Nordiques, qui marqua 30 buts en 36 matchs. On retrouvait aussi nul autre que Bill «Goldie» Goldthorpe, ce fameux matamore débile léger qui est à l'origine du personnage de Ogie Ogilthorpe dans Slap Shot. Ce personnage plus grand que nature a en fait joué pas mal partout (14 clubs en 7 ans) et il ne fut à Richmond que pour 25 matchs, ce qui est quand même pas loin de son record à vie pour le plus de matchs avec la même équipe en une saison... Durant ces 25 matchs, il récolta un bon 169 minutes de pénalité. 

Mais, comme toute bonne histoire de club boboche des ligues mineures, les Wildcats étaient voués à l'échec dès le départ. Le principal actionnaire de l'équipe, un dénommé Dwight Neal, avait assuré l'entrée du club dans la SHL avec une lettre de garantie de crédit. Neal n'était toutefois plus dans le portrait à peine la saison entamée. Les autres actionnaires tentèrent alors de sauver les meubles et continuer sans lui mais dès le début du mois de décembre, ils annoncèrent que l'équipe était déjà trop dans le rouge et qu'ils abandonnaient l'équipe pour la dissoudre. 

La SHL était alors prête à procéder à une dispersion des joueurs à travers les autres équipes et à modifier le calendrier. Mais c'est alors que l'entraîneur Kennedy et ses joueurs décidèrent de continuer la saison malgré tout, et de s'en remettre seulement aux recettes aux guichets comme revenus jusqu'à temps de trouver des nouveaux propriétaires. Les femmes des joueurs allaient aussi mettre la main à la pâte en s'occupant de tâches administratives ou d'emplois bénévoles dans l'aréna lors des matchs. Les membres du fan club des Wildcats passaient même le chapeau dans les estrades pour récolter des fonds pour leur équipe.

Et malgré ce climat très très instable, les Wildcats jouèrent ensuite leur meilleur hockey de la saison. Durant les semaines qui suivirent, ils s'en sortirent avec une fiche de 9-4-1 pour le restant du mois de décembre. Cependant, au tournant de la nouvelle année, les joueurs se rendirent à l'évidence et décidèrent de jeter la serviette et de jouer un dernier match le 4 janvier 1977. Ils terminèrent donc cette seule (demie) saison avec une fiche finale de 21-16-1.


Le reste de la SHL n'allait pas vraiment mieux que les piteux Wildcats. Le même jour de la dissolution officielle des Wildcats, leurs rivaux de Greensboro, les Generals, annoncèrent également qu'ils ne termineraient pas la saison. Les Generals avaient tout de même une longue histoire, ayant débuté en 1959 dans l'ancienne EHL. 

Par la suite, la SHL espérait pouvoir terminer cette difficile saison avec maintenant seulement 5 clubs. Malheureusement, elle dut subir le retrait d'une autre équipe, pas même une semaine après la mort des Wildcats et Generals. Après avoir eux aussi manqué d'argent pour payer ses joueurs, les Sharks de Tidewater (Norfolk) annoncèrent leur retrait de la SHL le 7 janvier 1977. Voyant cet hécatombe sans fin, les Polar Twins de Winston-Salem décidèrent de larguer le navire et procédèrent également à la dissolution de leur équipe le même jour que les Sharks.

Il ne restait alors que 3 clubs encore debout dans cette SHL soudainement très tranquille; les Gulls de Hampton, les Checkers de Charlotte et les Clippers de Baltimore. Ces trois clubs décidèrent de jouer encore quelques matchs tout en tentant de recruter un 4e club, histoire d'arrondir un peu le calendrier. Comme plan B, ils proposèrent à la IHL et la NAHL de jouer des matchs inter-ligues, ce que ces deux ligues refusèrent. 

Finalement, les 3 clubs décidèrent de fermer les livres sur cette fatidique saison 1976-77 en jouant un dernier match le 31 janvier 1977. Ils avaient toujours en tête de revenir la saison suivante mais finalement aucun plan solide n'aboutit et la SHL ferma officiellement ses portes après seulement 4 saisons.

Ironiquement ou signe du destin, Slap Shot débuta en salle peu après, soit le 25 février 1977. Preuve que le sujet du film était vraiment d'actualité.


Également aux prises avec des clubs en difficulté, la NAHL avait aussi joué sa dernière saison en 1976-77. Ses clubs les mieux organisés, les Broom Dusters (Binghamton, NY) et les Firebirds de Philadelphie purent graduer dans la AHL. Dans la SHL, seuls les Gulls de Hampton purent trouver preneur la saison suivante, eux aussi dans la AHL, mais cela ne durera qu'une seule saison.

En 1978, une autre ligue reprit le nom de la défunte Eastern Hockey League et ramena du hockey professionnel dans certains des marchés vacants depuis la fin de la NAHL et SHL comme Baltimore, Syracuse et Utica. Richmond retrouva aussi un nouveau locataire pour son aréna, les Rifles de Richmond, pour la saison 1979-80. Cependant cette nouvelle EHL ne dura pas tellement plus longtemps, fermant ses portes en 1981. Quelques clubs survivants de cette deuxième EHL joignirent ensuite la Atlantic Coast Hockey League par la suite, ce qui menera un jour à la création de la ECHL, mais ça c'est un autre sujet que vous pouvez continuer en cliquant ici.

Il fallut ensuite attendre en 1990 pour revoir du hockey professionnel à Richmond avec les Renegades dans la ECHL. Le plus récent club à y avoir élu domicile fut un autre club du nom des Renegades, cette fois dans la Southern Professionnal Hockey League de 2006 à 2009. Aucun autre club n'a évolué à Richmond depuis. Les seuls marchés de l'état de la Virginie à avoir vraiment fonctionné sont Norfolk avec les Admirals (AHL et ECHL) et Roanoke dans la SPHL.



Sources:
Fun while it Lasted
Jerry Lindquist's sports memories, Richmond.com, 31 juillet 2020

lundi 19 septembre 2022

Joueur oublié des 90's #67 - Jozef Stümpel


 

 

Gros joueur de centre à 6'3" et 220 livres, Jozef Stümpel est né le 20 juillet 1972 à Nitra dans l'ancienne Tchécoslovaquie. Il débuta avec le club local, le HC Nitra, en 1989-90 où il fut jumelé avec l'ailier Zigmund Palffy avec qui il débutera une grande amitié. Les deux se retrouveront d'ailleurs au sein de l'équipe junior aux championnats du monde et il récolteront ensemble deux médailles de bronze lors des années suivantes. Le duo se fit spécialement remarquer lors des U20 de 1991 alors que Palffy termina le tournoi avec 13 points en 7 matchs tandis que Stümpel récolta 8 points. Les deux furent ensuite repêchés dans la LNH au repêchage de 1991, Palffy en 2e ronde (#26 au total) par les Islanders et Stümpel également en 2e ronde (40e au total) par les Bruins.

Désormais joueur professionnel, Stümpel passa la saison 1991-92 en Allemagne avec le Kolner EC mais obtint un essai avec les Bruins en fin de saison où il joua 4 matchs, récoltant son premier but à la fin mars contre les Nordiques. Il débuta ensuite la saison 1992-93 avec le club-école des Bruins à Providence dans la ligue américaine mais fut rappelé par le grand club à la mi-novembre. Après une fiche de 1 buts 3 passes en 13 matchs, il fut retourné à Providence pour peaufiner son jeu. Il brûla ensuite la AHL le restant de la saison, terminant avec une fiche de 31 buts et 61 passes pour 92 points en seulement 56 matchs.

Sa progression se poursuivit lors des saisons suivantes à Boston. Après une saison de 23 points en 93-94 et une autre de 18 lors de la saison écourtée de 1995, il fit définitivement sa marque en 95-96 avec une fiche de 18 buts et 54 points. Il se manifesta davantage la saison suivante avec 21 buts, 55 passes pour 76 points, ce qui faisait de lui le meilleur pointeur des Bruins cette saison-là. 


Cependant les Bruins de 1996-97 ratèrent les séries pour la première fois depuis 1967 et de grands mouvements de personnel commençaient à se mettre en branle. Ils se départirent d'ailleurs d'Adam Oates, Bill Ranford et Rick Tocchet peu avant la fin de la saison après avoir constaté qu'ils allaient rater les séries. Durant l'été et peu après l'embauche de Pat Burns comme entraîneur, les Bruins se départirent de Stumpel en compagnie de Sandy Moger dans le but de faire l'acquisition du gardien Byron Dafoe et de l'attaquant ukrainien Dmitri Khristich des Kings de Los Angeles.

Également une équipe en déroute à ce moment, les Kings étaient en pleine ère post-Gretzky et avaient raté les séries à chaque année depuis la finale de 1993. Ils connurent cependant une certaine renaissance lors de cette saison 1997-98 avec l'émergence de plusieurs jeunes joueurs comme Glen Murray, Mattias Sundstrom et Vladimir Tsyplakov. C'était également la saison du retour de Luc Robitaille après quelques années d'exil et aussi une saison exemplaire du capitaine Rob Blake, gagnant du trophée Norris. Résultat, les Kings retournèrent en séries. 

Pour sa part, Stümpel fut également une des raisons de cette renaissance, connaissant sa meilleure saison en carrière alors qu'il termina de nouveau premier pointeur de son équipe avec 79 points. Il devint même un des meilleurs passeurs de la LNH alors que ses 58 passes firent de lui le 5e de la ligue à ce niveau.

Malheureusement, malgré un retour en force de Robitaille (39 buts et 74 points), les Kings et Stümpel régressèrent en 1998-99 et ratèrent les séries de nouveau. Stümpel ne put faire mieux que 12 buts et seulement 35 points en 64 matchs, ratant quelques matchs à cause de diverses blessures. 

Toutefois, cette mauvaise saison 98-99 força les Kings à frapper un gros coup sur le marché des échanges durant l'été 99, ce qu'ils firent en obtenant Zigmund Palffy des pauvres Islanders qui se devaient alors de couper dans leur masse salariale. Les Islanders inclurent également Bryan Smolinski dans cet échange «blockbuster» en retour notamment de Olli Jokinen, un prospect dont les Kings étaient déçus et qui prit d'ailleurs plusieurs saisons avant de débloquer. 

Maintenant réuni avec son grand ami sur la première ligne des Kings, Stümpel rebondit en 1999-00 avec une fiche de 58 points en seulement 57 matchs alors que malheureusement, il dut encore rater plusieurs matchs par cause de blessures. Cette bonne saison lui valut un lucratif nouveau contrat de 3 saisons à Los Angeles. La ligne Robitaille-Stümpel-Palffy continua de plus belle en 2000-01 alors que Palffy et Robitaille terminèrent la saison avec 89 et 88 points respectivement. Stümpel fut pour sa part encore blessé à plusieurs reprises, mais était encore près du un point par match avec 55 points en 63 parties. Il avait également raté quelques matchs en début de saison alors qu'il était en impasse contractuelle avant son nouveau contrat. Les Kings continuèrent alors leur belle progression en surprenant les Red Wings en première ronde des séries de 2001 avant de perdre en 2e ronde contre l'Avalanche.

Stumpel et Palffy lors de la conquête de la médaille d'or par la Slovaquie aux Championnats du Monde de 2002


Parlant d'impasse contractuelle, au même moment à Boston on retrouvait le capitaine Jason Allison, acquis en 1997 lors de l'échange d'Adam Oates, qui sortait tout droit d'une saison de 95 points avec les Bruins et qui exigeait plus de 7 millions, ce que les Bruins n'étaient pas près à débourser. Allison commença donc la saison 2001-02 en faisant la grève. Les Bruins retrouvèrent donc un partenaire d'échange familier, les Kings. En compagnie de Miko Eloranta, Allison prit le chemin de L.A. en retour de Stümpel et d'un autre ancien prospect des Bruins faisant un retour au bercail, Glen Murray.

De retour à Boston 5 ans plus tard, Stümpel se retrouva maintenant 2e centre derrière Joe Thornton mais obtint de bonne statistiques en compagnie de son compagnon de la deuxième chance à Boston, Glen Murray. Il obtint 58 points (dont 47 passes) en 2001-02 et ensuite 51 points en 2002-03.

Au même moment, les Kings se retrouvaient avec un problème au centre alors que Allison était sujet à de nombreuses blessures d'importance au cou et des symptômes post-commotions. Il dut rater les 3 quarts de la saison 2002-03 et ensuite l'entièreté de la saison 2003-04. De nouveau dégarnis au centre et la renaissance désormais passée date, les Kings se tournèrent également en terrain connu en faisant la ré-acquisition de Stümpel en retour de deux choix au repêchage qui n'aboutirent pas à grand chose pour les Bruins. 

Cette fois-ci, la magie n'opéra pas autant pour les piteux Kings qui non-seulement ratèrent les séries (2e de 6 saisons consécutives) mais établirent également un record avec 629 matchs ratés pour blessures à leurs joueurs. Ce record vient d'ailleurs tout juste d'être battu la saison dernière par le Canadien... Stümpel et Palffy ne purent sauver les meubles alors que Palffy ne put jouer que 35 matchs et Stümpel 64 et seulement 37 points pour ce dernier.

Retour à Boston...

 
Retour à L.A...

Après cette saison avec les Kings et la saison perdue de 2004-05, Stümpel devint agent libre et brisa finalement ce pattern Boston/Los Angeles en signant un contrat avec les Panthers. Avec cette nouvelle équipe, il connut d'abord deux saisons dans ses standards habituels de 50 points annuellement (52 et 57). Sa production chuta toutefois en 2007-08 à seulement 20 points en 52 matchs suite à quoi les Panthers rachetèrent son contrat.

Il opta ensuite de mettre le cap sur la KHL où il joua pour 3 clubs en 4 saisons, dont le Dynamo de Minsk où il fut élu capitaine. Il participa également au match des étoiles de la KHL en 2010. 

Il retourna ensuite au bercail en 2012-13 avec le club de sa jeunesse et de son patelin, le HC Nitra. En 2013-14, il en avait encore dans le ventre à l'âge de 41 ans, et il fut nommé MVP de la ligue Slovaque après une saison où il termina au premier rang des pointeurs avec 67 points en 54 matchs. Il fut ensuite nommé capitaine du HC Nitra. Il joua ensuite pour deux autres clubs de cette ligue avant de revenir à nouveau au HC Nitra, mais cette fois-ci dans le club du même nom en 3e division slovaque. Il s'y accrocha encore quelques saisons avant de finalement prendre sa retraite en 2020 alors qu'il était désormais rendu à 47 ans.

Il entraine désormais en niveau junior pour l'équipe nationale comme assistant entraineur.

En 957 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 196 buts et 481 passes pour un respectable 677 points.

De son côté, Zigmund Palffy a lui aussi joué longtemps en Slovaquie après son retrait de la LNH en 2006. Il prit sa retraite en 2013 après 5 saisons comme capitaine du HK Skalica et un retour sur l'équipe Slovaquienne aux Olympiques en 2010, comme toujours aux côtés de Stumpel.


Panthers

Dynamo Minsk (KHL)


Sources:
Bruins trade Allison, Associated Press, 4 novembre 2001
Palffy Goes To Kings; Isles Get Prospects, NY Times, 21 juin 1999
First Line Regains Form, LA Times, 13 février 2000
Stumpel receives Kings ransom, CBC, 18 octobre 2000
Montreal Canadiens Set New NHL Record In The Worst Way, Montreal Hockey Now, 17 avril 2022



mardi 13 septembre 2022

Craig Redmond


Dès l’âge de 4 ans, Hockey Night in Canada fit un profil de Craig Redmond, en raison de son talent notable. Lors de son passage au tournoi pee wee de Québec en 1978, il a aussi attiré l’attention. Grâce à son coup de patin, il y fut comparé aux plus grands.

Il accéléra ensuite sa scolarité pour pouvoir se rendre à l’Université de Denver, alors qu’il n’avait que 16 ans. (Il en aura 17 au cours du premier mois.) Il ne fut toutefois aucunement déclassé, puisque le défenseur amassa 54 points en 34 matchs.

L’offensif Redmond se joignit ensuite à l’équipe olympique canadienne, dirigée par le défensif Dave King, pour les Jeux de Sarajevo de 1984. Redmond marqua tout de même deux buts, dont le but gagnant contre la Finlande, permettant ainsi à l’unifolié d’accéder à la ronde des médailles. Toutefois, l’équipe tomba à court et termina au pied du podium, en quatrième place.

Une fois le repêchage arrivé, Redmond suscita évidemment la convoitise. Si les deux premiers, Mario Lemieux et Kirk Muller, étaient pratiquement unanimes, Redmond fut tout de même classé quatrième.

Dans ce qui s’avéra le début d’une tendance dans sa carrière professionnelle, sa famille intervint en envoyant une lettre, signée aussi par son agent Alan Eagleson, aux Maple Leafs, les exhortant de ne pas repêcher Redmond, sans quoi il retournerait à l’université. Au quatrième rang, Toronto lui préféra alors Al Iafrate. Pas un mauvais choix finalement. Montréal prit ensuite Petr Svoboda, avant que les Kings fassent signe à Redmond.

Cette sélection sembla d’abord être judicieuse. Redmond fit immédiatement l’équipe et accumula 39 points à son année recrue. Au sein de la formation moyenne que constituaient alors les Kings, Mark Hardy fut le seul défenseur à faire mieux.

Tout comme son équipe, Redmond connut l’année suivante une baisse de régime, avec un total de 24 points en 1985-86. Cette saison fut ensuite suivie par une autre marquée par les blessures où il n’a joué que 16 parties et fait un bref passage dans la Ligue américaine.

En octobre 1987, les Kings l’assignèrent à New Haven après deux matchs décevants. Redmond refusa toutefois de se rapporter et demanda à être échangé. Lorsque Los Angeles le suspendit, il retourna chez lui en Colombie-Britannique. Il demanda alors de joindre le programme olympique canadien, mais comme cette avenue exigeait que les Kings recommencent à le payer, ils refusèrent. Redmond répondit donc qu’il n’avait pas besoin d’argent et qu’il pouvait travailler pour l’entreprise de son père, active dans le domaine de l’immobilier. Cette situation perdura pour le reste de la saison, Los Angeles estimant difficile d’obtenir un juste retour pour son défenseur récalcitrant.

C’est finalement le 10 août 1988, le lendemain de l’échange de Wayne Gretzky que les deux mêmes équipes, les Oilers et les Kings, procédèrent à un autre échange, beaucoup plus mineur celui-là. Redmond se dirigea vers Edmonton, en retour de John Miner, un défenseur qui n’ajouta finalement jamais à son total de 14 matchs dans la LNH.

En octobre, l’entraîneur et directeur-gérant des Oilers, Glen Sather, en eut marre de devoir gérer le père de Redmond et le soumit au ballotage avant même qu'il ne joue un seul match avec Edmonton. Malgré la mise en garde de Sather, Phil Esposito se laissa tenter par le coup de patin de Redmond et le réclama pour ses Rangers.

Redmond ne joua pas avec les Blueshirts. Mais après qu’il eut joué une dizaine de parties avec le club école au Colorado, Esposito eut aussi droit au pleurnichage du père, en plus d’une demande d’échange de la part d’Eagleson. Esposito jugea que le jeu n’en valait finalement pas la chandelle et après un mois, il le resoumit au ballotage.

Étonnamment, ce sont les Oilers qui refirent son acquisition. Il fut toutefois envoyé dans le Ligue américaine, au Cap Breton. Ce n’est qu’en janvier 1989 qu’il fut rappelé à Edmonton. Il participa alors à 21 parties avec les Oilers.

À la fin de la saison, il prit sa retraite et alla rejoindre l’entreprise familiale.

Il tenta un retour en 1995-96, encore une fois avec les Oilers, mais il passa finalement l’année dans les mineures. Il n’ajouta donc pas à son total de 191 matchs dans la LNH.

Celui qui a un lien de parenté avec les frères Dick et Mickey Redmond travaille toujours dans l’immobilier.

Sources :

Esposito, Phil & Golenbock, Peter, Thunder and Lightning: A no – b.s. hockey memoir, McClelland & Stewart, Toronto, 2003, page 234,

"Supérieur à Gretzky… dans les rangs pee wee" de Kevin Dubé, 12 février 2012, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockeydraftcentral.com, linkedin.com.

mercredi 7 septembre 2022

L'équipement neuf de Lindsay Middlebrook





Lindsay Middlebrook n'est pas le premier nom qui vous vient en tête lorsque vous pensez à un gardien des années 80. Mais si vous voulez plugger un gardien au parcours plus obscur, c'est un nom à évoquer.

Il célèbre son 67e anniversaire aujourd'hui même. Bonne fête Lindsay !

Malgré un parcours assez anonyme dans la LNH entre 1979 et 1983, j'ai trouvé un fait cocasse sur sa carrière. En 1982-83, les Devils venaient d'arriver au New Jersey en provenance du Colorado. Durant l'été, ils avaient signé Middlebrook (et ses 27 matchs d'expérience) afin de seconder Chico Resch. Malheureusement pour eux, Middlebrook ne put gagner un seul match en 9 apparitions. En février, ils l'envoyèrent à Edmonton en compagnie de Richie Hansen en retour du gardien d'expérience (mais très moyen) Ron Low.

Middlebrook à son premier entraînement en Alberta

Middlebrook participa à son premier entraînement dès le lendemain, avec son équipement aux couleurs des Devils (mais un nouveau casque bleu). À peine quelques minutes après son arrivée sur la patinoire, le directeur général des Oilers Glen Sather, qui était assis dans les estrades, hurla quelque chose de semblable au gérant de l'équipement :

"Kossé ça calvaire ! Trouves-y un équipement neuf au plus sacrant !!"

Trois jours plus tard, un équipement Cooper flambant neuf aux couleurs des Oilers attendait Middlebrook dans le vestiaire. Faut croire que déjà là, les Devils n'étaient pas bien vu aux yeux des Oilers.

Avec son nouvel équipement, Middlebrook ne joua qu'un seul match avec les Oilers, une victoire. Il fut ensuite relégué aux Alpines de Moncton dans l'AHL. Sans nouveau contrat après la saison, il se promena dans la CHL et la IHL avant d'accrocher ses jambières en 1987.

dimanche 4 septembre 2022

Les Bandits de Border City

 

 


 

Est-ce que vous aimez ça les histoires d'équipes défuntes obscures de ligues tout aussi défuntes et obscures? Moi oui. Vous connaissez les t-shirts "INY" ? Et bien moi j'aimerais bien avoir un chandail I OBSCURE DEFUNCT TEAMS...

Les «Border City Bandits» furent créés en l'an 2000 comme équipe d'expansion dans la deuxième incarnation de la Central Hockey League (CHL), ligue qui exista de 1992 à 2014 avec principalement des équipes du sud des États-Unis comme les Oilers de Tulsa, le Freeze de Dallas et le Thunder de Wichita.

Mais «Border City» n'est pas réellement une ville sous ce nom. Préparez-vous ici à une autre belle leçon de géographie. Le nom de la ville est plutôt Texarkana, une ville faisant partie d'un «tri-state area» nommé Ark-La-Tex, où les trois états voisins du Texas, la Louisiane et l'Arkansas se rejoignent. Et comme son nom l'indique, Texarkana est aussi un nom amalgame représentant les deux états où se trouve cette ville, le Texas et l'Arkansas. En fait il s'agit de deux villes jumelles du même nom (Texarkana, Texas et Texarkana, Arkansas) qui se retrouvent séparées par la frontière Texas/Arkansas. C'est en fait pareil à la situation présente à Kansas City (frontière du Missouri et du Kansas). Au total, l'agglomération des deux Texarkana en fait une ville d'environ 150 000 habitants.

Cliquez pour une plus grande résolution


Je suis toujours fasciné par ce genre de ville. Je sais pas pour vous mais si je visitais cette ville, je passerais au moins une demi-heure à sauter d'un état à l'autre comme Homer Simpson en Australie...

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Bon maintenant que c'est réglé côté géographie, revenons aux Bandits de Border City. Même que selon ce que j'ai lu, il n'y a même pas tant de gens qui emploient ce terme de «Border City» dans ce coin de pays... Mais c'était quand même approprié pour l'équipe puisque leurs bureaux administratifs étaient du côté texan tandis que leur aréna était du côté arkansian? de l'Arkansas.

L'histoire se situe donc au tournant du millénaire et à la même époque, on avait sans doute surestimé la popularité des Stars de Dallas puisqu'on retrouvait alors au Texas une douzaine d'équipes mineures de hockey dans tout l'état à travers les différentes ligues de l'époque. Par exemple, on retrouvait au même moment des équipes comme les Wizards de Waco (WPHL), les Aeros de Houston (IHL) et les Iguanas de San Antonio (CHL) pour ne nommer que celles-là.

 

L'équipe démarra ses opérations pour la saison 2000-2001 mais même avant leur premier match, il y avait un gros «red flag» chez les Bandits en la personne de John Barath, leur propriétaire. Originaire d'Edmonton, Barath s'était précédemment attiré des problèmes et des ennemis dans le monde du hockey professionnel lorsqu'il se retira des actionnaires d'une équipe du nom des Gila Monsters de Tucson dans la West Coast Hockey League, quelques jours avant leur premier match d'existence en 1997. Le reste du groupe tenta de survivre sans l'apport financier de Barath mais l'équipe déclara faillite au milieu de sa première saison. Les Gila Monsters parvinrent à terminer la saison malgré tout, mais disparurent pour de bon après 21 matchs au début de la saison suivante. Un de ces actionnaires, Stephen Mendel, était aussi originaire d'Edmonton et deviendra même maire de la ville de 2004 à 2013 en plus d'être ministre de la santé de l'Alberta pendant quelques années.

Bref les Gila Monsters furent un flop et malgré cet affront commis dans la WCHL, John Barath fut quand même accepté comme nouveau propriétaire dans la CHL. 

S'en suivit une comédie d'erreurs digne de ce qu'on s'attend d'une équipe boboche du sud profond. Tout d'abord, les Bandits avaient comme aréna le «Four States Fairgrounds», une grange de rodéo convertie en aréna où il était apparemment commun d'y voir des fuites dans le toit couler sur la glace. 

Ensuite, les Bandits devinrent la risée de la région lorsqu'ils firent la signature de leur premier joueur, l'ancien choix du Canadien Keli Corpse. Plusieurs pensaient (avec raison) que selon ce titre dans le journal local, le premier joueur des Border City Bandits était mort...

Source: Hockey Logos Org (Instagram)

Les Bandits débutèrent donc leurs activités le 14 octobre 2000 et remportèrent leur premier match 5-2 contre les Scarecrows de Topeka. En plus de Keli Corpse, les Bandits avaient dans leurs rangs nul autre que celui que je considère être le recordman pour le nombre d'équipes à vie, l'éternel nomade Trevor Jobe. On retrouvait aussi le montréalais Daniel Shank, le seul membre des Bandits à avoir joué dans la LNH. Il y avait également chez les Bandits un gardien québécois du nom de Jean-Ian Filiatrault, qui détient le record de cette défunte CHL avec un total de 60 arrêts (sur 61 tirs) lors d'un match contre les Iguanas de San Antonio.

Après un début de saison respectable de 5-3-2 en 10 matchs et quelques matchs dans la moyenne d'assistance respectable de 4000 spectateurs, les choses débandèrent rapidement par la suite. Les Bandits perdirent 22 des 24 matchs suivants, les assistances tombèrent sous les 2000 et les joueurs commençaient à voir leurs chèques rebondir. 

Et ce qui était probablement prévisible dès le départ pour les Bandits, leur propriétaire était rarement aperçu à Texarkana et devint finalement introuvable. La CHL, après avoir accumulé plus de 80 000$ de frais impayés par Garath, décida de dissoudre la franchise le 20 février 2001. Il s'agissait de la première fois qu'une équipe de la CHL ne put compléter une saison. La fiche finale des très éphémères Bandits de Border City fut donc de 11 victoires, 36 défaites et 4 matchs nuls en 51 matchs (d'un calendrier de 70 matchs). Les joueurs des Bandits furent dispatchés à travers la CHL ou migrèrent vers d'autres ligues pour terminer la saison. Daniel Shank quitta d'ailleurs pour les Gulls de San Diego dans la WCHL et il y remporta le championnat.

La saison suivante, une équipe senior de la Golf Coast Hockey League du nom des Bandits de Texarkana évolua l'espace d'une saison dans le même rodéo aréna que leurs ancêtres de la CHL. Ensuite ce fut une autre équipe, junior cette fois-ci, qui emprunta le nom des Bandits de Texarkana dans la North American Hockey League de 2003 à 2006. Aucun club n'y a évolué depuis.

Ma théorie du complot c'est que le puissant lobby du rodéo texan a trop d'emprise sur l'économie locale du Texas et de l'Arkansas...




Sources:
Hockey Logos Org
Fun while it Lasted
Hockey in Tucson - Gila Monsters, Scorch put Tucson in pro sports tailspin, Tucson.com, 19 août 2016

jeudi 1 septembre 2022

Histoire de cartes - Cartes de pro-shop





Avec un ami, j'ai récemment fait l'acquisition d'un commerce, une boutique d'équipements de hockey, style "Pro-shop". L'ancien proprio tenait boutique depuis 27 ans, dont les 25 dernières dans le même local. Il avait collé multitudes cartes de hockey dans le haut des murs. Nous avons effectué quelques modifications, mais nous avons gardé ces cartes. C'est aujourd'hui l'ouverture officielle et j'ai voulu vous partager quelques cartes ...

Désolé mon Ray, mais tu t'es retrouvé sur un coin de mur



Quoiqu'en meilleure posture que Thomas Steen ...


Yves Racine, en bon coéquipier, accompagne Ray dans la torture du coin ...


Je ne sais pas si l'ancien proprio a perdu un pari à cause de Jacques Cloutier pour lui avoir "massacré" la tête comme ça ...


Je pense qu'il en avait contre les joueurs des Flyers... deux dans les coins, en punition. Quoique "punition" et "Flyers" c'est presque synonyme.


Oouiiiiiiiiii !!


Ça n'aurait pas été pareil sans une carte de Pat Falloon ...


Le soleil est impitoyable


"Puck you" Steven Finn, tu mérites même pas d'avoir une carte entière



 Quand tu ne peux supporter que Phil Esposito ait déjà appartenu aux Rangers ...


On prévoit ajouter certains cartes à cette lignée, sans toutefois enlever celles existantes. Ça fait partie de l'ADN de la boutique. 

mercredi 31 août 2022

D'un autre angle #8 - Daniel Alfredsson vs. les Jets

 



 

J'ai eu un souvenir l'autre jour de cette carte Upper Deck 2012-13 de Daniel Alfredsson. Je l'avais choisi il y a plusieurs mois comme «Carte du jour»™ sur Facebook et Instagram et s'en était suivi pas mal de commentaires. Il y avait entre autres un gars qui ne comprenait pas le concept et qui me reprochait cette habitude de mettre des cartes sans valeur. Il m'a ensuite fait un cours de marketing 101 comme quoi on attirerait et intéresserait pas mal plus de monde en mettant des cartes rares à la place. Après lui avoir expliqué notre «démarche» comme quoi on aime toutes les sortes de cartes, même souvent davantage les commons et les cartes laides, il a énoncé qu'il ne comprenait toujours pas et que ça n'intéressait personne. 

C'est quand même rare de voir ce genre de commentaires et justement pour le contredire davantage, il y avait un autre commentaire, pas mal meilleur, d'un autre usager qui aimait la carte et se demandait si Alfredsson avait bel et bien réussi à marquer sur cette séquence ou si l'ex gardien légendaire des Thrashers Ondrej Pavelec avait réussi à faire l'arrêt.  

Plusieurs mois plus tard ça m'est revenu et j'ai pensé que tout ça se mérite de voir la chose «D'un autre angle»™. Pareil pour le gars tannant qui voit juste les cartes comme du cash et non pas selon ce que ça devrait être, un hobby. Mais j'avoue quand même que je suis peut-être un cas spécial et non pas le collectionneur traditionnel. Moi je m'achète des cartes au Dollaramma et j'en transforme en sous-verres ou en autre gogosse compliquée qui prend toute la place dans mon garage...

Bref comme j'aime apparemment parler de trucs inutiles, je m'étais porté volontaire pour aller au fond des choses et bel et bien vérifier si Alfredsson avait marqué contre les Thrashers Jets.


 

D'abord, ce qui est facile et intéressant avec des événements récents comme celui-ci, c'est que la documentation est pas mal plus facile d'accès que, disons, la photo de Maurice Richard et Sugar Jim Henry de 1952. Comme la série Upper Deck 2012-13 contient probablement en majorité des photos de la saison précédente, il est assez facile d'aller retrouver de quel match il s'agissait. Comme la saison 2011-12 était la première des Jets après le déménagement d'Atlanta, les Jets et les Sénateurs se sont affrontés 4 fois durant la saison, puisqu'ils gardèrent la place des Thrashers dans l'association de l'Est jusqu'à leur déplacement dans celle de l'Ouest pour la saison 2013-14.

Ensuite, il faut aller voir la fiche d'Alfredsson durant ces 4 matchs contre les Jets. En fait on ratisse davantage à 2 matchs, puisque selon la photo sur la carte, le match avait lieu à Winnipeg en se fiant au chandail foncé pour les Jets et le blanc pour les Sénateurs. Lors du premier match, le 29 novembre 2011, il a amassé une passe et aucun but. Lors du deuxième, le 26 mars 2012, il a marqué deux buts. 

Comme c'est encore assez récent et qu'on vit dans une magnifique ère de technologie, tout ça est encore disponible en deux trois clics sur Youtube. On peut donc voir si un de ces buts concorde avec la photo. 

Je vous recommande de regarder ces extraits au complet, cela vous permettra d’apprécier davantage le moment en question dans le contexte de ce très bon match. Ça vous rappellera peut-être des souvenirs désormais vintage comme dans le temps que les Sénateurs étaient bons et que les Jets étaient encore pas mal juste les Thrashers de Winnipeg avec un Evander Kane pas de barbe et moins de problèmes personnels. 



Comme ce match avait lieu en fin de saison, il était quand même assez important pour les Sénateurs qui ont terminé cette saison 2011-12 au 8e rang dans l'ouest avec une fiche de 41-31-10 pour 92 points. Les Jets pour leur part ont terminé onzièmes avec une fiche de 37-35-10 pour 84 points. 

Daniel Alfresson a terminé cette saison, son avant-dernière à Ottawa, avec une fiche de 27 buts et 32 passes pour 59 points.

Histoire de compléter avec d'autres angles supplémentaires, voici une variante de la photo prise quelques centièmes de seconde plus tard... Si le gars d'Upper Deck avait plutôt choisi celle-ci, je n'aurais pas pu pondre un tel texte d'anthologie...



mardi 30 août 2022

Traitement expérimental


Billy Harris a été en 1972 le premier choix de l’histoire des Islanders. Mais avant son arrivée dans la LNH, il y a eu un autre joueur qui portait le même nom.

De 1955 à 1965, le premier Billy Harris a patrouillé le centre pour les Maple Leafs. En 1962, 1963 et 1964, il aida ainsi Toronto à mettre la main sur la Coupe Stanley.

Pendant cette période où le jeu était réputé pour être rude, il avait la réputation d’être un gentilhomme, poli et intelligent. À 6’0’’ et 157 lbs, son physique élancé n’était d’ailleurs pas très intimidant. Il n’est donc pas si surprenant qu’en 769 parties, il n’accumula que 205 minutes de pénalité.

Lors d’un match contre les Red Wings, Harris tenta d’immobiliser la rondelle dans un coin pour provoquer une mise en jeu, alors qu’il la disputait à l’intimidant Gordie Howe. Souhaitant lui venir en aide, le défenseur Allan Stanley voulut en découdre avec Howe. Lorsque le tout dégénéra en coups de bâton, le pacifique Harris se retrouva pris entre les deux. Il en sortit alors avec une blessure au-dessus de l’œil droit et une autre en-dessous. Il hérita ainsi de 22 points de suture.

Ce n’en était toutefois pas terminé pour Harris. Le lendemain, il s’avéra qu’une hémorragie interne lui causa une considérable et douloureuse enflure, sous l’œil et dans la joue, qui l’empêchait de voir. L’entraîneur Punch Imlach lui dit donc de demeurer à Toronto plutôt que de suivre l’équipe pour le match retour à Détroit.

Il alla donc consulter le Dr Jim Murray, un des médecins de l’équipe, qui examina la situation.

-Il faudrait réduire l’enflure.
-Bien sûr, répondit Harris.
-Mais je ne veux pas y faire une incision.
-Non, d’accord.
-Je pensais plutôt à Charlie, dit le médecin.
-Charlie? Pas sûr. Je ne l’ai jamais utilisé.
-Moi non plus.
-Est-ce que ça fonctionne?
-On peut l’essayer.
-Ah bon. D’accord.

Qui était donc ce Charlie? Il s’agissait en fait d’une sangsue conservée dans un bocal. Le nouveau "traitement" n’avait toutefois jamais été expérimenté dans ce contexte, bien que les sangsues aient été utilisées depuis l'antiquité de diverses façons. Murray prit donc des pinces pour placer Charlie sur la blessure de Harris, qui avait donné son corps à la science. Charlie fit ensuite ce que sa nature lui guidait pendant de longues minutes.

Lorsque Harris demanda ce qui se passait, Murray lui répondit que Charlie devenait de plus en plus gros.

En regardant dans le miroir, Harris constata que l’enflure avait effectivement diminué, mais que Charlie avait pris de l’ampleur. C’est alors que Murray avoua à Harris qu’il ne savait pas comment retirer Charlie, ni quand. Le problème finit toutefois par se résoudre par lui-même lorsque Charlie tomba sur le plancher, boursoufflé et probablement mort d’une indigestion.

Le Dr Murray conduisit alors Harris à l’aéroport et il put jouer ce soir-là à Détroit.  

L'histoire ne dit pas si Charlie a été remplacé à ce moment, mais de nos jours, on ne trouve plus de sangsues dans un bocal dans les vestiaires de la LNH.

Après son long passage avec les Leafs, Harris joua brièvement avec les Wings, les Seals et les Penguins.

Il a ensuite été entraîneur dans l’AMH, avec les Nationals d’Ottawa et les Toros de Toronto et entraîneur-adjoint à Edmonton dans la Ligue nationale, avant d’aller au niveau junior avec Sudbury.

Il est décédé d’un cancer en 2001, à l’âge de 66 ans.

Sources:

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 21 à 24,

hockeydb.com, wikipedia.org.

lundi 29 août 2022

Joueur oublié des 90's #66 - Brian Holzinger


 

 

Brian Alan Holzinger est né le 10 octobre 1972 à Parma en Ohio, une banlieue de Cleveland. Après y avoir joué au niveau du high school, il s’enrôla dans la North American Hocley League (NAHL) avec les Compuware Ambassadors de Détroit. Vous connaissez peut-être l'équipe du même nom (étrange) qui évolua brièvement dans la OHL avant de devenir éventuellement les Whalers de Plymouth. Le club avait à ce moment deux incarnations, une dans la OHL et l'autre dans le niveau junior A américain dans la NAHL. En fait, ce sont les succès de l'équipe de la NAHL au cours des années 80 qui incitèrent leurs dirigeants à prendre de l'expansion dans la OHL. L'incarnation NAHL des Compuware Ambassadors évolua de 1984 à 2003 et aura été un tremplin pour beaucoup de futurs vedettes de la LNH comme Pat Lafontaine, Jimmy Carson, Al Iafrate, David Legwand et même Eric Lindros. Ce dernier n'y aura toutefois joué que 14 matchs en 1989-90 où il brûla la ligue avec 52 points avant de passer rapidement à la OHL avec les Generals d'Oshawa.

Brian Holzinger débuta également avec les Compuware Ambassadors, étant nommé au sein de l'équipe d'étoiles de la NAHL à chacune de ses deux saisons passées là-bas. Mais contrairement à toutes les vedettes nommées plus haut qui graduèrent dans le junior canadien avant de se rendre à la LNH, Holzinger prit le chemin de la NCAA en 1991-92 avec l'Université Bowling Green, quelques mois après sa sélection par les Sabres de Buffalo en 6e ronde du repêchage de 1991 (124e au total).



Il y joua durant ses 4 années d'éligibilité, se distinguant de plus en plus à chaque année, le tout culminant en 1994-95 où il remporta le trophée Hobey Baker comme joueur de l'année dans la NCAA. C'est également en 94-95 qu'il joua ses premiers matchs dans la LNH, étant rappelé par les Sabres en fin de saison et en séries. Il fit bonne impression avec 3 points en 4 matchs et 3 autres en séries dont ses 2 premiers buts.

Il mérita son poste à Buffalo en 1995-96 où il joua 58 matchs (10 buts 10 passes) tout en faisant quelques séjours dans les mineures. Les Sabres ayant raté les séries, il termina la saison à Rochester et aidera l'équipe à remporter les grands honneurs de la AHL, la coupe Calder. Il connaitra ensuite sa meilleure saison en carrière en 1996-97, amassant 22 buts et 29 passes pour 51 points avec les Sabres. Il ne s'approchera cependant plus jamais d'une telle production, demeurant plutôt dans la trentaine de points annuellement. Il devint toutefois un bon plombier dans cette équipe compétitive des Sabres qui se rendit jusqu'à la finale de 1999 dans une cause perdante contre les Stars de Dallas. 

C'est justement cette finale de 1999 qui m'a inspiré à parler de Holzinger. 

Quand on parle de cette finale particulière, la première chose qui nous vient en tête c'est le fameux but controversé de Brett Hull en prolongation lors du 6e match, but qui permit aux Stars de remporter la série et la Coupe. Les fans brisés des Sabres surnomment ce but le «No goal» car une règle idiote était en place à ce moment, soit celle de la zone de protection du gardien où aucun but ne pouvait être accordé si le moindre atome appartenant à l'autre équipe s'y retrouvait. J'en ai peut-être déjà parlé mais je me souviens vivement d'un but refusé au CH parce que Benoit Brunet avait perdu son casque dans ce trapèze de protection mais aucun patin ni rien d'autre n'y figurait. J'aimerais vraiment trouver une archive vidéo de ce but car je revois clairement dans ma tête le bon vieux Brunet lâcher un gros «Tabarnak» lors de son retour au banc... J'ai parlé abondamment de ce but d'ailleurs dans la série «d'un autre angle».

Bref le scénario catastrophe que personne ne voulait voir se produire se matérialisa et un but décisif de la Coupe Stanley fut marqué malgré cette règle et personne ne voulait rien voir ni ne rien faire alors que les joueurs des Stars avaient déjà balancé tout leur équipement dans les airs et commencé leurs célébrations.

Je parles de tout ça car une chose m'a toujours chicoté avec cette règle conne. Pour ça il faut revoir ce but:



En regardant attentivement, vous allez vous rendre compte que Dominik Hasek est non seulement peu ennuyé par la présence du patin de Brett Hull dans son demi-cercle mais qu'il est clairement plus dérangé par la présence de Holzinger (#19) qui tentait d'enlever la rondelle au Golden Brett...

En tentant de repousser Hull et de s'emparer de la rondelle avec son patin, Holzinger a poussé sur le bloqueur et la mitaine de Hasek et a comme pour ainsi dire bien préparé la table pour Hull qui avait le champ libre devant lui pour tirer par la suite.


Donc bref tout ça pour dire que Brett Hull mérite ce but et que cette règle était de la grosse merde, représentant d'ailleurs parfaitement une époque assez glauque pour le hockey. Je trouvais aussi qu'on ne parlait pas vraiment du rôle secondaire de Holzinger dans cette histoire...

Ce dernier avait précédemment récolté 8 points durant ces 21 matchs des séries de 1999. Il en avait aussi récolté 11 en 15 matchs lors des séries de 1998. Il débuta la saison suivante avec les Sabres mais ce fut ses derniers moments là-bas alors qu'il fut échangé aux Lightning de Tampa Bay en mars 2000, en compagnie de Wayne Primeau, Cory Sarich et Alexander Kharitonov. En retour, les Sabres mirent la main sur Chris Gratton et un choix de 2e ronde en 2001 qui devint un membre à long terme des Sabres, Derek Roy.



 

Holzinger joua 2 autres saisons à Tampa, dont sa dernière de plus de 10 buts en 2000-01 avec 11 buts et 36 points. Il rata toutefois la majorité de la saison suivante avec plusieurs blessures et joua seulement 23 matchs. Il fut ensuite très peu utilisé en 2002-03, en plus d'être de nouveau blessé. Le Lightning l'envoya éventuellement dans les mineures avec les Falcons de Springfield. Ils l'échangèrent finalement aux Penguins en mars 2003 en retour de Marc Bergevin.

Il débuta ensuite la saison 2003-04 avec les Penguins, avant d'être échangé à l'équipe de son état, les Blue Jackets, en fin de saison. Il profita de l'arrêt des activités de la LNH en 2004 pour prendre sa retraite.

En 547 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 93 buts et 145 passes pour 238 points. Son numéro 19 fut retiré par les Falcons de Bowling Green et il est membre du temple de la renommé de l'équipe en plus du temple de la renommée du sport de Cleveland.


Voir les autres joueurs de la série ici.