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mardi 30 juin 2020

Séquences vidéos cultes




Depuis que j'ai ouvert mon compte Youtube en 2006, j'ai amassé une quantité considérable de vidéos dans mes favoris et j'y retourne de temps à autres par nostalgie. Plusieurs ont été effacés depuis le temps mais j'y retrouve toujours quelques perles.

J'ai donc pensé en repartager quelques-uns ici, et j'ai choisi les 10 meilleurs (11 en fait) que j'ai pu retrouver, soit quelques-uns de mes moments de hockey favoris depuis que je suis fan.


1. Darren Helm contre les Blackhawks - 2008



Ce vidéo d'un jeune Darren Helm durant un match des séries contre Chicago en 2008 est tout simplement phénoménal. Seul contre 4 et même 5 joueurs des Blackhawks lors d'un désavantage numérique, il tricota avec la rondelle dans le territoire ennemi et gagna de précieuses secondes en plus d'obtenir une chance de marquer. Il reçut des louanges des commentateurs, de ses coéquipiers et de la foule de Detroit qui lui fit même une ovation debout. Il marqua également le but vainqueur en prolongation. Tout simplement génial et j'ai toujours apprécié Helm depuis ce temps, faisant de lui une acquisition primordiale au jeu NHL depuis maintenant plus de 10 ans.


2. Le parcours cendrillon des Oilers en 2006



Flashback de 2006. La LNH est de retour en pleine force après un arrêt d'un an et est en train de me reconquérir avec des séries plus que mémorables. À l'époque j'étais en remise en question professionnelle et personnelle et j'avais une jobine dans un dépanneur où je travaillais souvent de soir et de nuit. Une des choses qui m'a aidé à passer au travers durant le printemps 2006 fut le parcours des Oilers en séries. Comme je terminais souvent de travailler vers 21h, c'était très réconfortant d'aller ensuite regarder les matchs dans l'ouest qui commençaient à 22h à CBC. Ce montage vidéo toujours en ligne depuis 2006 récapitule les 3 premières rondes de ces séries soit leur première ronde contre les champions de la saison régulière, les Red Wings et ensuite les Sharks en 2e ronde et les Mighty Ducks (dernière année sous ce nom) en finale de conférence.

Le grand héros de ces séries fut Fernando Pisani qui sortit de nulle part et obtint 14 buts. Cependant ne riez pas de moi mais mon préféré de ces séries fut Sergei Samsonov... Il était tout simplement magistral durant ces séries (sauf en finale) et vous pouvez voir plusieurs de ses meilleurs moments dans ce vidéo, surtout deux magnifiques passes dont celle sur le but éliminateur dans le match #6 contre Detroit (à 1:50) et une autre encore meilleur contre les Ducks (à 7:53). Il y eut également son but égalisateur lors du 4e match en deuxième ronde alors qu'il sortait du banc des pénalités (à 3:26). Remarquez bien l'ambiance électrique durant les fractions de secondes avant que Samsonov enfile la rondelle dans un filet désert. Quel mauvais move de Toskala quand même... Le ''Do you believe what you've just seen?'' De Jim Hughson est aussi incroyable...

Vous pouvez imaginer ma joie lorsqu'il s'amena ensuite à Montréal durant l'été... et ma déception par la suite lorsqu'il joua comme un pied...

Mais bref ce vidéo ''feel good'' joua en boucle durant plusieurs mois chez moi et je me le reclanche presque annuellement. Il contient tellement de beaux jeux, de beaux buts et même 3 buts en échappée par Michael Peca... Il n'inclut pas la finale (perdue tragiquement en 7 matchs contre la Caroline) mais c'est peut-être mieux ainsi... Cette équipe montée bizarrement après le lock-out avec plein de joueurs de location (Pronger, Peca, Spacek, Samsonov) fut totalement démantelée durant l'été et ne sont pas revenus en séries avant 2017...


4. Le ''No look pass'' de Gretzky à Kurri - 1983



Toujours dans la thématique Oilers mais pas mal plus loin dans le temps, on retrouve ce but de Jari Kurri durant les séries de 1983 contre les Blackhawks. J'avais souvent vu ce fameux but et cette fameuse ''No Look Pass'' dans plusieurs montages et cassettes VHS sur la carrière de Wayne Gretzky et ce but de Kurri est selon moi le meilleur exemple de l'incroyable talent de passeur de Wayne et de sa réputation d'avoir ''des yeux tout le tour de la tête''.

Son sens de l'anticipation et surtout son incroyable chimie (pour ne pas dire synergie) avec Kurri sont aussi parfaitement démontrés ici. Wayne savait instinctivement où allait et où devait être Kurri et il a ainsi effectué selon moi la meilleure passe ''à l'aveuglette'' jamais vue.

Mais avec Gretzky on était jamais sûr de rien. À l'aveuglette c'était peut-être faux vu qu'il avait des yeux tous le tour de la tête...


5. Le 3e but d'Eric Desjardins en finale - 1993



Toujours dans la thématique ''séries'' et ''Wayne Gretzky'' mais cette fois-ci dans une cause perdante pour Wayne, on retrouve ici le but vainqueur d'Eric Desjardins en prolongation lors du 2e match de la finale de 1993 contre les Kings, ce fameux match du bâton illégal de Marty McSorley. Ce but complétait la remontée des Canadiens et le tour du chapeau de Desjardins, toujours le seul défenseur de l'histoire à avoir marqué 3 buts lors d'un match en finale.

Sur ce but j'ai toujours apprécié le travail dans l'ombre effectué par Benoit Brunet, un joueur dont on est davantage habitué à critiquer pour ses années comme commentateur à RDS. Malgré que oui il était mauvais dans ce rôle, j'ai toujours eu de la sympathie (ou appelez ça de la pitié) pour lui car je respectais toujours l'ex-joueur qu'il était et cet extrait y est pour beaucoup car c'est lui qui initia d'abord l'attaque et fit d'abord une belle passe arrière à Desjardins.

Il était ensuite bien placé pour retrouver la rondelle après ce lancer trompeur de Desjardins qui avait raté la cible et qui avait rebondi bizarrement sur la baie vitrée et l'arrière du filet. Pendant que les joueurs totalement désemparés des Kings courraient comme des poules pas de tête après la rondelle, Brunet avait tout l'espace voulu pour repérer la rondelle et la remettre à Desjardins qui avait désormais le temps de mieux viser avec son deuxième tir.

Que de bons moments.


6. Le but de ''JY-O Sakic'' en finale olympique - 2002


(Le vidéo ne fonctionne pas sur Blogger.... cliquez sur le ''Watch on Youtube'' pour le voir

Dans la même veine de vidéos qui vous donne la chair de poule, voici le but de Joe Sakic durant la finale olympique de 2002. Il est rare de voir un but d'assurance aussi excitant. Mais il ne s'agit même pas du but d'assurance alors que le Canada menait déjà 4-2 à ce moment-là. Il s'agit plutôt du but ''coussin'' ou de ''double-assurance'' si vous voulez...

Le brio du commentateur Bob Cole et son fameux ''JY-O SAKIC'' combiné à l'excitation de Gretzky dans les estrades fut un des meilleurs moments de hockey que j'ai pu voir en direct à la télévision.


7. Alex Kovalev vs. Darcy Tucker - 2006




Un excellent moment d'une rivalité Montréal/Toronto qui fait souvent défaut et un des meilleurs moments de Kovalev à Montréal lorsqu'il se vengea rapidement du coup salaud de Darcy Tucker en lui assénant un coup encore plus salaud.


8. Le retour de Mario Lemieux - 2000



Un match mémorable durant des temps obscurs comme fans de hockey (particulièrement les années 1999 et 2000). Moi et quelques amis du CEGEP nous étions même rassemblés chez moi durant le congé de Noël pour regarder ce premier match de Mario après l'annonce de sa sortie de retraite soit le 27 décembre 2000. Il récolta 3 points lors de ce match et un incroyable 76 points en seulement 43 matchs durant une époque où on avait de la difficulté à amasser 50 buts ou 100 points en une saison. Nous étions vraiment contents moi et mes chums d'assister à ce premier but et également au retour (temporaire) du fameux duo Jagr-Lemieux.


9. Les intros de NHL 98 et NHL 99





Deux classiques. Si vous avez déjà vu ma rétrospective sur la série, vous savez que j'adore ces intros.

Je voulais au départ seulement parler du but de Doug Weight (premier extrait dans l'intro de NHL 99) mais ça m'a inévitablement rappelé ces intros et le but de Weight est désormais indissociable de cette intro dans ma tête. Et je préfère malgré tout celle de NHL 98 alors j'ai inclus les deux ici... Je ne comprends pas pourquoi EA Sports ne font plus de tels vidéos dans leurs dernières éditions...


10. P.K. Subban qui anéantit Brad Marchand - 2010



Voici en terminant un des meilleurs moments de Subban à Montréal...




dimanche 28 juin 2020

Upper Deck 93-94 (2e partie)




J'ai écrit il y a quelques années un billet sur ma série préférée de tous les temps, les Upper Deck 93-94. Je retourne souvent à cette série dès que j'ai un feeling nostalgique de 1993 ou bien lorsque je parle d'un joueur dont je me rappelle la carte de cette magnifique série.

Ces temps-ci je suis en train de garnir la banque de photo pour notre nouveau compte Instagram (cliquez ici pour allez vous abonner) et je me devais d'en prendre de mon cartable d'UD 93-94. Comme je possède la série presque au complet, j'avais beaucoup de coups de coeur à choisir mais je ne pouvais pas attendre de les publier sur Instagram à coup d'une par jour car je préfère varier et pas parler d'une seule série. Je vais donc exorciser ce besoin de parler de ces cartes et continuer mon billet de 2015 ici avec une deuxième partie. 


Premièrement voici quelques cartes où vous pouvez voir le meilleur aspect de cette série, soit la qualité des photos et les couleurs éclatantes. Le tout accentué par le design épuré et efficace de la série cette année-là:

J'adore celle-ci de Martin Rucinsky pour la belle vue de la foule et du banc des joueurs au Colisée de Québec à l'arrière-plan en plus d'un caméo d'Eric Desjardins


Et un caméo de Reggie Savage à l'arrière.


Un des joueurs cultes de mon collègue Martin ITFOR qui défend la cage de l'avatar de mon autre collègue Kirk McLean. Une superbe carte.


L'arrière de la carte a plutôt l'air d'une O-Pee-Chee de 1983


Toujours adoré cette carte depuis ma jeunesse. Craigwell a l'air de faire une savate à qui je crois être Alexei Zhitnik.


Encore des couleurs éclatantes à l'arrière et caméo de Vincent Damphousse


Un moustachu culte avec sa nouvelle équipe





Superbe photo de Todd Krygier en accélération avec le banc des Rangers en arrière-plan


Toujours adoré l'endos avec Krygier qui essaie de faire prendre un 4 minutes à l'autre équipe


Un autre de nos joueurs cultes avec (je crois) encore Slegr à l'arrière-plan


Superbe photo en action à l'endos avec Tommy Sodderstrom des Flyers et sa grille géante.


Des cartes de l'expansion de 1993





Les cartes de gardiens font partie des meilleures de la série, en-voici quelques-unes:

Toujours adoré cette carte de John Blue en train de se faire scorer.


On a pas beaucoup revu John Blue par la suite. Il jouait avec Frank Pietrangelo à l'Université du Minnesota.


Un des préférés de Kirk McLean




Un caméo de Curtis Leschyshyn






J'aurais inversé les photos sur cette carte de Felix Potvin. Celle-ci est splendide.


Superbe close-up du masque de McLean


Une autre superbe photo à l'arrière qui est pratiquement meilleure que celle à l'avant. Caméo d'un autre membre de nos biographie en Doug Lidster.


J'ai trop de cartes dont je veux parler je vais donc diviser ça en deux parties. Terminons ici avec quelques joueurs vedettes:

Superbe photo en action. Je vous invite à trouver la rondelle...




Magnifique. Un ptit deux que la puck a rentré...


Caméos de Rick Tocchet, Kevin Stevens et le soigneur des Penguins. Les Penguins avaient l'air méchants dans ces années-là et cette carte ne faisait que confirmer mon feeling...


C'est pas 3 joueurs des Mighty Ducks de 1993-94 qui vont arrêter Joe Nieuwendyk




Drôle de photo en ''fish-eye''


En terminant je suis trop paresseux pour aller trouver qui est le joueur des Blues qui fait un caméo à l'arrière. J'accorderai une demande spéciale au premier lecteur qui me trouve la réponse...

vendredi 26 juin 2020

Joueur oublié des 90's #33 - Frank Pietrangelo





Né le 17 décembre 1964 à Niagara Falls en Ontario, Frank Pietrangelo n'eut qu'une carrière relativement courte et principalement comme gardien adjoint dans la LNH mais il eut  tout de même l'opportunité de briller au bon moment et de laisser sa place dans le folklore sportif de Pittsburgh. 




Après avoir débuté dans le junior B avec les Canucks de Niagara Falls, Pietrangelo joua ensuite dans le junior A avec les Warriors de Brampton. Désirant se faire remarquer davantage dans l'espoir d'être repêché, il opta de prendre l'avenue des universités américaines. Il reçut des offres d'une vingtaine d'équipes intéressés mais s'enrôla finalement avec les Golden Gophers de l'Université du Minnesota car il s'agissait d'une des universités qui formaient le plus de futurs joueurs dans la LNH. Il était cependant le seul canadien de l'équipe, elle qui ne recrutait que très rarement hors de l'état du Minnesota.

Il obtint le poste de partant avec les Gophers et termina sa première saison en 1982-83 avec une fiche de 15-6-1. Les Penguins de Pittsburgh furent assez impressionnés pour tenter leur chance avec lui en le repêchant en 4e ronde (63e) au total du repêchage de 1983. Mais comme plusieurs joueurs universitaires (comme son coéquipier Corey Millen avec les Gophers), il n'était pas considéré comme un espoir de haut niveau et il était bien établi qu'il compléterait ses 4 années d'université avant de devenir professionnel.

Il joua donc 3 autres années avec les Gophers mais ne connut pas d'aussi bonnes saisons que sa première en 82-83 et l'équipe commença à partager le filet avec d'autres gardiens. Il retrouva toutefois sa forme d'antan à sa dernière année avec une fiche de 15-7-0.

Diplôme en poche mais jamais signé par les Penguins ou une autre équipe, Pietrangelo se chercha du boulot pour la saison 1986-87. Heureusement pour lui, son beau-frère était l'ancien joueur des Whalers Rick Ley qui était désormais entraîneur-chef des Lumberjacks de Muskegon dans la IHL. Il fut donc signé par les Lumberjacks et connut une très bonne saison en 1986-87 avec une fiche de 23-11-0 en 35 matchs. Coïncidemment, les Lumberjacks étaient aussi le club-école des Penguins. Ces derniers retrouvèrent donc Pietrangelo sur leur radar et le signèrent enfin pour la saison 1987-88. 

Il obtint quelques départs avec les Penguins au début de la saison mais fut finalement renvoyé à Muskegon après 3 défaites consécutives. Il fut ramené à la mi-janvier et connut de meilleurs moments avec l'équipe, devant même un favori de la foule. Il connut en tout une fiche de 9-11-0 lors de cette première saison au sein d'une équipe douée en offensive mais pourrie en défensive qui peinait à bâtir une équipe compétitive autour de Mario Lemieux. 

Les Penguins avaient également des problèmes dans les buts et sentaient de la pression des fans pour obtenir un véritable gardien numéro un. Il y avait des rumeurs que l'équipe était en tête du derby Andy Moog durant la saison, lui qui était en bris de contrat avec les Oilers. Cependant les Penguins refusèrent les demandes de Glen Sather et le jeu inspiré de Pietrangelo vint calmer un peu leur sentiment d'urgence et ils ne firent pas l'acquisition de Moog qui prit finalement le chemin de Boston.

Pietrangelo ne devint toutefois jamais le numéro un des Penguins alors que ces derniers firent finalement leur move en novembre 1988 lorsqu'ils se portèrent acquéreur du gardien Tom Barrasso des Sabres de Buffalo. Pietrangelo devint donc l'adjoint de Barrasso mais fut également en compétition avec Wendell Young pour ce poste, partageant donc les deux saisons suivantes entre Pittsburgh et Muskegon. En 1989-90, Barrasso fut blessé pendant la moitié de la saison mais c'est Young qui obtint la faveur de l'entraîneur pour le remplacer. À l'aube de la saison 1990-91, Pietrangelo désirait plus de stabilité et en avait assez du va-et-vient dans les mineures. Il considéra des offres pour aller jouer en Italie mais les Penguins lui offrirent finalement un contrat à un volet et optèrent pour une rotation à trois gardiens en 1990-91 où Pietrangelo obtint une fiche moyenne de 10-11-1.

À l'aube des séries de 1991, Young fut blessé à son tour et sa saison était terminée. C'est donc Pietrangelo qui obtint le poste d'adjoint. Il eut finalement sa chance de briller lors de cette première participation en séries de sa carrière. En retard de 3-2 dans leur série de première ronde contre les Devils et avec Barrasso blessé, les Penguins donnèrent les rênes à Pietrangelo pour le 6e match où ils durent également faire sans les services de leur défenseur étoile Paul Coffey. Avec une mince avance de 2-1 en fin de première période, les Penguins furent pénalisés lorsque Pietrangelo obtint une pénalité pour avoir retardé le match.

Durant ce désavantage numérique, Pietrangelo se racheta en attrapant miraculeusement avec sa mitaine un tir à bout portant de Peter Stastny qui avait une cage déserte devant lui. Stastny, les joueurs des Devils et les fans croyaient d'ailleurs tous qu'il s'agissait d'un but certain et avaient même les bras en l'air avant de constater que la rondelle était dans la mitaine de Pietrangelo.



Surnommé jusqu'à ce jour ''The Save'' par les fans des Penguins, cet arrêt sembla couper les jambes des Devils qui s'inclinèrent finalement 4-3 lors de ce match. Pietrangelo blanchit ensuite New Jersey 4-0 lors du 7e match et les Penguins remportèrent la série. Il débuta ensuite la 2e ronde contre les Capitals où il joua les deux premiers matchs et garda les Penguins dans le coup. Barrasso put ensuite revenir alors que la série n'était qu'à 1-1. 

Il eut également la chance de jouer en finale, soit lors du 5e match contre les North Stars alors que la série était égale 2-2. Barrasso fut plaqué par Basil McRae en fin de première et Pietrangelo garda donc le reste du match qui se termina 6-4 pour Pittsburgh. Les Penguins l'emportèrent finalement le match suivant avec Barrasso de retour dans les buts mais Pietrangelo eut la chance de jouer et de performer au bon moment en tant qu'adjoint et s'était pleinement mérité cette bague en 1991.

Mark Recchi en compagnie de Pietrangelo en 1991


Les choses se dégradèrent toutefois pour Pietrangelo à Pittsburgh alors qu'il n'avait pas la même faveur avec le nouvel entraîneur des Penguins Scotty Bowman en plus de rater plusieurs matchs à cause d'une blessure au dos en 1991-92. Il ne joua qu'un seul match pour Bowman après cette blessure et les Penguins firent également une autre transaction impliquant un gardien lorsqu'ils acquirent Ken Wregget des Flyers dans un blockbuster à trois équipes impliquant Coffey, Mark Recchi, Rick Tocchet et plusieurs autres. Il ne joua donc que 5 matchs durant cette saison et frustré de jouer aussi peu, il demanda au DG Craig Patrick de l'échanger à une équipe où il aurait la chance de devenir numéro un. Patrick acquiesça à sa demande en mars 1992 lorsqu'il fut envoyé aux Whalers de Hartford pour des considérations futures.
Beaucoup de gens (dont moi-même au départ) ont souvent confondu cet échange avec celui avec ces même Whalers qui amena Ron Francis à Pittsburgh en mars 1991. Cependant comme vous avez pu voir, Pietrangelo était toujours avec les Penguins et donc coéquipier de Francis lors de leur première coupe en 1991. L'échange était en fait constitué de John Cullen, Zarley Zalapski et Jeff Parker qui prirent le chemin de Hartford en retour de Francis, Ulf Samuelsson et Grant Jennings.

Les Penguins et les Whalers étaient d'ailleurs de fréquents partenaires d'échange. On confond également les joueurs impliqués dans l'échange de Francis avec un autre échange 1 contre 1 entre les deux équipes en décembre 1990 lorsque les Penguins envoyèrent Rob Brown aux Whalers en retour de Scott Young...

L'échange de Pietrangelo fut d'ailleurs plus compliqué car les deux équipes ne purent ensuite s'entendre sur ces ''considérations futures''. Les Penguins désiraient un choix de 3e ronde ainsi que le gardien Kay Whitmore tandis que les Whalers s'y refusaient et offraient seulement deux choix (3e et 4e ronde) en 1994 et la cause alla en arbitrage. L'arbitre (peut-être par pitié dû à l'échange Francis) trancha finalement en faveur des Whalers, probablement pour tenter d'égaliser le score en ce qui concerne les transactions gagnées entre les deux équipes...

Les Whalers étaient toujours compétitifs à ce moment-là mais leur tandem constitué de Peter Sidorkiewicz et Kay Whitmore éprouvait des difficultés. Ils étaient en pourparlers constants avec les Devils pour faire l'acquisition du gardien Sean Burke qui était alors en grève et jouait dans la IHL avec les Gulls de San Diego. Ces négociations traînèrent et les Whalers durent finalement se rabattre sur Pietrangelo comme renfort pour les séries. Pietrangelo termina donc la saison 1991-92 avec les Whalers et obtint une fiche de 3-1-1 en 5 matchs et fut le partant des siens pour les séries où ils s'inclinèrent en 7 matchs contre Montréal, soit la dernière participation aux séries de l'histoire de la franchise à Hartford.


La saison 1992-93 fut ensuite horrible pour Pietrangelo alors qu'il ne devint jamais numéro un car l'équipe obtint finalement Burke des Devils durant la saison morte. Il joua 30 matchs et ne put faire mieux qu'une fiche de 4-15-1 au sein de cette équipe qui commençait son processus de reconstruction. Sa saison 1993-94 ne fut pas meilleure et après l'acquisition du gardien Jeff Reese des Flames en novembre 1993, Pietrangelo fut envoyé dans les mineures avec les Indians de Springfield. Il ne fut rappelé que pour un seul dernier match en mars 1994.

Il fut libéré par les Whalers mais se retrouva un poste avec les Islanders de NY comme agent libre. Il ne joua cependant que quelques matchs pré-saison avant d'être libéré et envoyé au Moose du Minnesota dans la IHL. Il se blessa ensuite au pouce et aux genoux durant cette saison et dut se faire opérer. Il opta alors pour la retraite ou plutôt une sabbatique puisqu'il décida d'enfin faire le saut en Italie après plusieurs années à avoir mis ce plan de côté. Alors que ses parents sont originaires d'Italie, il avait toujours comme plan B de jouer là-bas et avait même la double nationalité depuis 1988. Avec un nouvel entrain et un bilan de santé positif, il signa donc avec le HC Balzano pour la saison 1996-97 avec qui il remporta le championnat Italien lors de sa première année.

Il partagea ensuite la saison 1997-98 en Italie avec le HC Asiago et en Allemagne avec le club Kaufbeurer Adleren première division. Désirant ensuite évoluer dans un marché anglophone pour l'éducation de ses enfants, il signa avec le Storm de Manchester en Angleterre. Il remporta de nouveau un championnat lors de sa première saison avec le Storm mais les blessures le rattrapa lors des saisons suivantes et il prit sa retraite définitive en 2001.

Il devint ensuite agent de joueur et se porta plus tard acquéreur de son premier club junior dans sa ville natale, les Canucks de Niagara Falls où il occupe également le poste d'entraîneur-chef. Il y entraîna d'ailleurs son fils Dylan et sa fille Paige et les deux graduèrent comme leur fils dans la NCAA. Son neveu est le défenseur et capitaine des Blues, Alex Pietrangelo, qui ramena la coupe Stanley dans la famille en 2019.

En 141 matchs dans la LNH, Frank obtint une fiche globale de 46 victoires, 59 défaites et 6 matchs nuls.


Sources:
Hockey draft Central
Greatest hockey legends
The Strangest one of all
NHL.com
WHALERS ACQUIRE PIETRANGELO, Hartford Courrant, 11 mars 1992
Manchester Storm
Stanley Cup winner returned to Niagara Falls to buy junior team, Niagara Falls Review, 4 oct 2017






mercredi 24 juin 2020

Bernie Nicholls




Né le 24 juin (bonne fête et bonne St-Jean en passant) dans le petit village d'Haliburton en Ontario, Bernard Irvine Nicholls fut un des meilleurs joueurs des Kings durant les années 80 et plusieurs pensent qu'il se serait mérité une place au temple de la renommée s'il était resté à Los Angeles au delà de cette décennie. Mais plutôt que de faire partie du ''hall of fame'', il semble plutôt faire partie du fameux et nébuleux ''hall of very good''...



Un joueur habile avec la rondelle et possédant un tir vif et précis, Nicholls se fit repêcher par les Kings en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1980 après une première saison junior correcte (79 points) avec les Canadians de Kingston. Les Kings le gardèrent dans le junior l'année suivante, ce qui fut bénéfique selon lui car il doubla ses statistiques en 1980-81 avec 63 buts et 152 points et fut davantage prêt mentalement pour faire le saut dans la LNH.

Il débuta son parcours professionnel avec le club-école des Kings dans la ligue américaine, les Nighthawks de New Haven où il menait la ligue avec 41 buts et 71 points en 55 matchs avant d'être rappelé par les Kings pour le restant de la saison 1981-82. Il obtint ensuite une excellente fiche de 14 buts et 32 points en 22 matchs lors de cette première saison écourtée à Los Angeles en plus de 4 buts en 10 matchs durant les séries, participant d'ailleurs au ''Miracle on Manchester'', ce fameux match où les Kings remontèrent un déficit de 5 à 0 contre les Oilers pour l'emporter 6-5 et prendre les devants dans la série. Il devint également lors de ces premiers matchs avec l'équipe le premier de leur histoire à obtenir deux tours du chapeau consécutifs. Il ne retournera jamais dans les mineures par la suite.


Venant d'un petit village de moins de 100 habitants, il s'adapta toutefois rapidement à la vie d'une grande ville comme Los Angeles et devint un joueur fort populaire auprès des fans des Kings, particulièrement par sa fameuse célébration de but surnommée le ''Pumper Nicholl'' car il avait l'habitude de faire tournoyer son bras après chaque but compté.

Il était aussi très charismatique et toujours souriant en dehors de la glace où sa fougue, sa jeunesse et sa crinière blonde avec ''mullet'' correspondaient parfaitement avec le style de vie californien. Il se faisait également remarquer par ses habits et manteaux de fourrure flamboyants dont un habit complètement rose qu'il portait occasionnellement lors de ses nombreuses sorties nocturnes en début de carrière.

Il ne fut jamais reconnu pour des frasques majeures hors de la glace mais une certaine réputation d'oiseau de nuit le suivit une bonne partie de sa carrière avant de diminuer lorsqu'il devint plus vieux. Même chose pour le ''Pumper Nicholl'' qu'il arrêta graduellement de faire après s'en être lassé.




Il régressa légèrement lors de sa deuxième saison avec 50 points en 71 matchs mais se rattrapa lors des années suivantes avec des saisons de 95 points en 1983-84, une première de 100 points en 1984-85 et ensuite une de 97 points en 1985-86. Sa venue à Los Angeles venait enfin apporter plus de profondeur à l'attaque dans cette équipe qui devait auparavant dépendre presque entièrement de sa ''Triple Crown Line'' avec Marcel Dionne, Dave Taylor et Charlie Simmer pour générer de l'offensive. Étant jumelé la plupart du temps avec l'ailier Jim Fox, Nicholls était fermement campé comme deuxième centre de l'équipe et semblait lorgner la première ligne davantage au fur et à mesure que Dionne vieillissait. Mais même après l'échange de Dionne aux Rangers en 1987, il demeura comme deuxième centre dû à l'arrivée du jeune (et éphémère) prodige Jimmy Carson en 1986-87.

Après une première bonne saison, Carson explosa en 1987-88 avec 55 buts et 107 points tandis que Nicholls régressa avec des saisons de 81 et 78 points respectivement. Il n'avait toutefois joué que 65 matchs lors de cette saison de 78 points et conservait tout de même sa moyenne supérieure à 1 point par match depuis le début de sa carrière. Cependant, après deux saisons de plus de 40 buts en 1984 et 1985, Nicholls était depuis plutôt un habitué aux saisons de 30 buts et plus mais on sentait quelque peu un potentiel qui se laissait désirer.

Les choses prirent toutefois une tournure complètement différente pour Nicholls, Carson, les Kings et la LNH en général durant l'été 1988 lorsque survint ''l'Échange'' entre les Kings et les Oilers où Carson ainsi qu'un package de prospects, choix au repêchage et 15 millions de dollars prirent le chemin d'Edmonton en retour de Wayne Gretzky, Marty McSorley et Mike Krushelnyski.

Luc Robitaille, Bernie Nicholls et Steve Duchesne

L'arrivée de la merveille à Los Angeles eut l'effet d'une bombe dans le milieu du hockey et sur le paysage sportif californien. Pour Nicholls c'était une occasion de rêve et selon ses propres mots cela se comparait à ''un enfant qui reçoit ses cadeaux le matin de Noël''. La production offensive de Nicholls explosa lors de la première saison de Gretzky avec les Kings en 1988-89 alors qu'il obtint des sommets en carrière faramineux de 70 buts et 80 passes pour 150 points soit presque le double de sa saison précédente (78 points).

Nicholls parvint donc avec cet impressionnante récolte à s'inclure dans deux clubs sélects de l'histoire de la LNH soit celui des joueurs ayant franchi le cap des 70 buts (avec 9 autres joueurs) et celui encore plus sélect de seulement 5 joueurs ayant franchi le cap des 150 points, les autres étant Phil Esposito, Steve Yzerman, Mario Lemieux et bien sûr Gretzky.

En plus de franchir ces deux plateaux impressionnants avec ce 70e but, il s'agissait également de son 300e en carrière.





Malgré qu'il obtint des résultats plus que respectables durant le reste de sa carrière, Nicholls ne s'approchera plus jamais d'un tel niveau de production et est grandement reconnu pour avoir lui aussi bénéficié de la présence de Gretzky pour obtenir des statistiques élevées du genre. Ce qui fait que sa saison 88-89 de 150 points semble demeurer pour plusieurs une anomalie.

Cependant quelque chose m'a toujours intrigué à propos de cette fameuse saison. Il est indéniable que Nicholls profita de l'arrivée de Gretzky mais il y a plusieurs nuances à apporter avant de pouvoir dire que cette saison était une anomalie.

Premièrement le plus important point est que Gretzky et Nicholls étaient tous les deux joueurs de centre et durant la majorité de la saison, c'est avec Luc Robitalle et Dave taylor que Nicholls jouait, étant jumelé avec Gretzky principalement en avantage et désavantage numérique.

Match des étoiles 1989


Une grande croyance serait que Nicholls a su profiter du fait que puisque l'attention des joueurs adverses était centrée pour contrer Gretzky, il avait plus de marge de manœuvre pour que Nicholls puisse produire offensivement sur son trio moins surveillé. Une autre théorie est que Nicholls était mûr pour rebondir après une saison 1987-88 écourtée par des blessures et une suspension. Selon Nicholls lui même, la seule présence de Gretzky dans le vestiaire était inspirante et motivante pour Nicholls à passer à un niveau supérieur, même en jouant sur différents trios. Les deux joueurs avaient aussi le même âge en plus de venir de l'Ontario et devinrent de grands amis durant cette saison.

Une autre théorie est que Nicholls (alors agé de 27 ans) était alors dans son ''peak'' et entrait dans ses meilleures années. D'autres joueurs comme Brett Hull, Phil Esposito et Vincent Lecavalier ont également connu des ''jumps'' de production similaire (quoique pas aussi impressionnants) que Nicholls alors qu'ils avaient sensiblement le même âge.

Je me devais donc d'aller plus loin pour découvrir à quel point Nicholls avait profité de la présence de Gretzky. J'ai scruté chaque sommaire des matchs des Kings en 1988-89 sur le site de la ligue et j'ai ensuite décortiqué les statistiques de Nicholls. J'ai effectivement remarqué que Nicholls jouait régulièrement avec Robitaille et Taylor et n'était jumelé avec Gretzky que sur l'avantage numérique la plupart du temps. Mais plus la saison avançait et Nicholls jouait de plus en plus avec Gretzky à 5 contre 5, ce qui nous donne les statistiques suivantes:

Points obtenus par Nicholls sans Gretzky: 88
Points obtenus avec Gretzky: 62 dont 25 en avantage numérique, 11 en désavantage numérique et 26 en temps de jeu régulier.

Il est aussi à noter qu'il y a une marge d'erreur ici car même si Gretzky n'était pas sur le sommaire pour certains points de Nicholls, ça ne veut pas dire qu'il n'était pas sur la glace.




Donc j'en conclus donc que oui, Nicholls fut grandement aidé par Gretzky mais que ce dernier n'est pas le seul responsable de ses succès cette saison-là. Avec son ''peak'' discuté plus haut, il n'aurait pas obtenu 150 points mais peut-être 110-120 points sans la merveille dans le même vestiaire. Il est aussi à noter que d'autres joueurs des Kings n'ont pas obtenu le même ''boost'' avec Gretzky. C'est le cas de Robitaille d'ailleurs qui obtint moins de points (98) que la saison précédente (111).

Cette saison ''anormale'' de Nicholls est donc à prendre avec des pincettes et c'est beaucoup la suite des choses qui vint faire en somme que Nicholls n'obtint jamais plus de telles statistiques, même s'il demeura un joueur d'un point par match pour plusieurs années.

Lors de la saison 1989-90, Nicholls semblait être de nouveau sur la même voie avec 27 buts et 75 points lors de ses 47 premiers matchs ce qui lui aurait donné autour de 130 points sur une saison complète. Mais tout bascula pour Nicholls à la pause du match des étoiles de 1990 alors qu'il passa aux Rangers de New York la veille du match. La direction des Kings trouvait que l'équipe manquait de robustesse et avait des faiblesses en défensive, particulièrement en séries, et cherchait également à trouver d'autres ailiers pour entourer Gretzky.

Avec un club quelque peu en déroute dans le classement à ce moment-là, des rumeurs impliquaient le départ de Nicholls et/ou de Robitaille depuis plusieurs semaines. Ils envoyèrent finalement Nicholls à New York et réussirent à recevoir 2 joueurs contre lui soit Tony Granato et Tomas Sandstrom.

Nicholls fut initialement furieux de la décision des Kings, lui qui s'était fait promettre par le propriétaire Bruce McNall qu'il ne serait pas échangé (comme Jimmy Carson auparavant et Luc Robitaille plus tard) et qui avait signé un nouveau contrat en début de saison. Il était aussi choqué d'apprendre la nouvelle pendant les festivités du match des étoiles.

Gretzky était lui aussi choqué par l'échange mais reconnaissait que l'équipe avait besoin de plus de hargne. Nicholls encaissa malgré tout le choc et se rapporta à New York mais joua tout de même le match des étoiles pour la conférence Campbell, celle des Kings. Il termina la saison 1989-90 avec un rythme bien sûr moins productif avec 37 points en 32 matchs à New York pour un total combiné de 112 points, ce qui fut finalement sa dernière saison de plus de 100 points.

Les Kings continuèrent de peaufiner leur alignement au cours des saisons suivantes et Granato et Sandstrom furent importants pour l'équipe durant le parcours jusqu'en finale en 1993. Cependant les Kings eurent beaucoup de difficulté à remplir le poste de deuxième centre après le départ de Nicholls, tentant des expériences avec des joueurs dont j'ai parlé dans les derniers mois comme Todd Elik, Bob Kudelski et Corey Millen. C'est d'ailleurs en remarquant le thème récurrent de l'abscence de Nicholls en écrivant ces autres textes que je me suis finalement décidé à m'attaquer à son cas...

Nicholls continua donc son chemin à New York et devint populaire avec les fans de sa nouvelle équipe, se méritant d'ailleurs le surnom ''Broadway Bernie''. Tom Hanks, un grand fan de hockey et particulièrement des Kings, porta même un chandail des Rangers à son effigie lors d'une participation à Saturday Night Live avec Aerosmith...


Il revint donc à son rythme plus standard d'un point par match en 1990-91 lors de sa première saison complète avec les Rangers (73 points en 71 matchs) mais les Rangers voulaient également avoir leur équipe championne et effectuèrent donc eux aussi un ''Échange'' avec un E majuscule en s'appropriant une vedette des Oilers d'Edmonton.

L'été 1991 n'était pas de tout repos pour les Oilers qui effectuèrent à contre gré un démantèlement massif de leur ancienne équipe championne, à peine plus d'un an après leur dernière conquête (voir texte du 16 avril 2017). Après les départs subséquents de Jari Kurri, Grant Fuhr et Glenn Anderson durant la saison morte, les Oilers durent se départir également de leur capitaine Mark Messier qui ne s'était pas rapporté au camp des Oilers et avait demandé d'être échangé après avoir vu que l'équipe ne voulait pas tenter de demeurer compétitive. Messier fut donc également échangé aux Rangers quelque peu après le début de la saison 1991-92.

En retour de Messier, les Oilers mirent la main sur Nicholls ainsi que Louis DeBrusk et Steven Rice en plus d'une somme d'argent de quelques millions de dollars.

Encore plus choqué par ce deuxième échange en moins de deux ans, Nicholls refusa de se rapporter aux Oilers, déclarant d'abord ne pas vouloir jouer au Canada dans une équipe en reconstruction. Il demandait également à ce que les Oilers lui offre une augmentation substantielle pour l'amener à Edmonton. Il fut donc suspendu par sa nouvelle équipe mais Nicholls eut par la suite d'autres raisons personnelles pour ne pas quitter New York puisque sa conjointe était confiné au lit alors qu'elle était enceinte de jumeaux. Le couple avait précédemment eu des difficultés à procréer et Nicholls refusa donc de quitter son chevet jusqu'à ce que ses enfants soient nés.

Les jumeaux Nicholls virent le jour à la fin du mois de novembre 1991 et porté par la bonne nouvelle et la tension disparue, il annonça aux Oilers qu'il était prêt à se rapporter avec eux. Il perdit donc plus de 200,000$ en salaire durant cet épisode mais fut grandement applaudi par ses pairs et par les fans pour avoir décidé de supporter sa famille durant cette épreuve.



Il arriva donc à Edmonton et après quelques jours à seulement s'entraîner avec l'équipe pour retrouver la forme, il fit ses débuts en tant que Oiler à la mi-décembre. Il obtint un respectable 20 buts et 49 points en 49 matchs durant cette saison écourtée de 1991-92 en plus de 19 points en 16 matchs durant les séries où les Oilers continuèrent de surprendre en ces années post-dynastie. Ce bon rendement de Nicholls lui permit d'entretenir une bonne relation avec les fans des Oilers qui l'appréciaient malgré qu'il devait porter les lourdes chaussures de Messier.

Le temps de Nicholls à Edmonton était toutefois emprunté. Il déclara lors de son arrivée qu'il jouerait de son mieux avec les Oilers mais qu'il désirait que l'équipe l'échange de nouveau, préférablement dans la côte est pour être plus près de sa famille (qui ne le suivit pas à Edmonton) ou bien qu'ils le renvoient à Los Angeles. L'équipe n'avait pas vraiment l'intention qu'il demeure à Edmonton très longtemps d'ailleurs. Désirant continuer de se rajeunir (et de couper dans la masse salariale) ils exaucèrent le souhait de leur meilleur joueur de centre en l'envoyant aux Devils du New Jersey en janvier 1993.

En retour, les Oilers obtinrent les attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Malgré que son séjour à Edmonton fut quelque peu tourmenté et qu'il n'avait pas vraiment le désir d'y jouer, il déclara plus tard qu'il était fier d'avoir porté leur chandail malgré tout.

Nicholls termina donc la saison 1992-93 avec sa 4e équipe en moins de 4 ans mais joua du hockey peu inspiré avec seulement 5 buts en 23 matchs au New Jersey et étant même laissé de côté à quelques reprises. Il termina la saison avec tout de même 60 points en 69 matchs avec les deux clubs mais un autre épisode familial en coulisses affecta son jeu durant cette période.

La conjointe de Nicholls, Heather, était retombée enceinte rapidement après la naissance de leurs jumeaux et un autre fils, Jack, naquit prématurément en novembre 1992. Jack était cependant né avec la trisomie 21 et développa plusieurs problèmes de santé après sa naissance. Un peu moins d'une semaine après son échange au New Jersey, Nicholls reçut le diagnostic que son fils souffrait d'une méningite bactérienne. Un prise de moelle épinière pour détecter le virus aurait par la suite mal tournée, ce qui provoca un arrêt cardiaque au pauvre Jack et qui le laissa dans un coma profond jusqu'à sa mort quelques jours avant son 1er anniversaire...

À travers cette épreuve les Devils accommodèrent Nicholls du mieux qu'ils pouvaient en lui permettant de retourner à Los Angeles (où la famille était désormais relocalisée) et en défrayant les frais pour les billets d'avion. Les Nicholls intentèrent plus tard une poursuite contre les médecins qui effectuèrent la prise de moelle épinière à leur fils, mais j'ignore quel en fut le dénouement.

La mort de Jack fut toutefois une libération pour la famille Nicholls qui était soulagée malgré tout de voir ses souffrances se terminer. Nicholls reprit graduellement du galon et le désir de jouer durant la saison 1993-94 où il ne joua que 61 matchs et récolta 46 points au sein d'une équipe davantage portée sur le jeu défensif. Il devint davantage efficace en défensive sous les ordres de Jacques Lemaire, ce qui l'aida à graduellement se ré-inventer pour le dernier droit de sa carrière.

C'est aussi avec les Devils qu'il franchit le cap des 400 buts et des 1000 points en carrière. Il fut également un des éléments importants des Devils en séries alors qu'ils s'inclinèrent en 7 parties contre les Rangers en finale de conférence. Il obtint 13 points en 16 matchs durant ces séries.


Les Devils décidèrent cependant de ne pas lui offrir un nouveau contrat et le laissèrent aller. Il signa donc ensuite un contrat de deux saisons avec les Blackhawks de Chicago où il continua de retrouver le plaisir de jouer après plusieurs mois et années difficiles. Il termina au premier rang des pointeurs des Blackhawks avec 51 points lors de la saison écourtée de 1995 ainsi que 12 points en 11 matchs durant les séries. Il connut ensuite une autre bonne saison en 1995-96 avec 60 points en seulement 59 matchs alors qu'il rata une partie de la saison avec diverses blessures.

Il est donc facile de croire que Nicholls se serait de nouveau approché du plateau des 100 points si les saisons précédentes avaient été complètes, sans grèves, blessures et problèmes personnels. Et imaginez s'il était demeuré avec les Kings...

Nicholls se plaisait à Chicago mais les Hawks ne lui offrirent ensuite qu'un contrat d'un an, ce qu'il refusa. Plusieurs autres équipes étaient intéressés à ses services mais il décida de terminer sa carrière en retournant en Californie. Il signa donc à l'été 1996 un contrat de deux saisons avec les Sharks de San Jose où il fut amené pour agir comme mentor envers leurs jeunes joueurs comme Owen Nolan et plus tard Patrick Marleau.



Après deux saisons dans un rôle plus défensif où il obtint respectivement 45 et 28 points, les Sharks le signèrent pour une autre saison en 1998-99. Il fut cependant libéré après 10 matchs après que les Sharks aient échoué à trouver une équipe qui désirait de ses services. Il fut donc forcé vers la retraite en novembre 1998. Apparemment que son entraineur Darryl Sutter lui préféra son frère Ron pour occuper son poste sur le 4e trio.

Depuis sa retraite, Nicholls partage son temps entre sa résidence à Las Vegas et dans son patelin d'origine à Haliburton où il occupe beaucoup de temps à chasser et pêcher. Il a également quelques entreprises sur internet dont il est investisseur. En 2011, il revint dans le monde de la LNH lorsque ce même Darryls Sutter le ramena dans le giron des Kings comme consultant entraîneur où il aidait les joueur à perfectionner leur lancer. Son implication lui valut finalement une bague de la coupe Stanley en 2012 et il put amener la coupe à Haliburton durant cet été-là et il l'emmena même à la chasse avec lui...



Il fit aussi partie des quelques 300 anciens joueurs qui poursuivirent la LNH il y a quelques années pour avoir négligé les diagnostics de commotions cérébrales. Comme plusieurs anciens joueurs, Nicholls sentit qu'il avait développé des symptômes au cours des années suivant sa retraite comme des pertes de mémoires et de l'irritabilité.

En 1127 matchs en carrière, il obtint 475 buts et 734 passes pour 1209 points, ce qui lui confère à ce jour le 47e rang de l'histoire dans la LNH. S'il avait pu jouer avec Gretzky pendant 3 ou 4 saisons de plus, nulle doute qu'il y aurait davantage de discussions pour son introduction au temple de la renommée. Mais il demeure qu'il n'a jamais remporté la coupe en tant que joueur ni remporté de trophées individuels. Il est donc un peu dans la même catégorie que les Pierre Turgeon, Jeremy Roenick et Vincent Damphousse de ce monde.


Sources:
It's Pumper-Nicholl on a roll, Sports Illustrated, 22 nov. 1982
Where he reigns, Goals pour, Sports Illustrated, 19 déc. 1988
Bernie Nicholls turned job as Wayne Gretzky’s sidekick into starring role, LA Times, 19 avril 2010
Only mortal after all?, Sports Illustrated, 26 février 1990
Remembering the Bernie Nicholls Trade, Big Mouth Barry, 28 janvier 2012
When a Crisis Sets In, Nicholls Puts Family First, New York Times, 3 janvier 1993
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