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samedi 31 juillet 2021

Les gardiens et leurs superstitions

En tant que gardien, j'entends souvent l'énoncé "Vous autres les gardiens, vous êtes spécial !". Ce que je trouve tout à fait approprié. Quand on apprécie se faire lancer des rondelles à chaque match et qu'on en redemande aux matchs suivants, faut vraiment être spécial. Que ce soit en étant un féru de statistiques tout comme "Fern" dans "Les Boys" ou en ayant des manies particulières, peu importe notre calibre de jeu.

Y'était cool Fernand

Et ces manies particulières se présentent souvent sous la forme de superstitions, bien que la majorité des gardiens les appellent plutôt "leur routine". Mais dormir avec la même rondelle sous son oreiller depuis l'âge Pee-Wee comme Philippe Ozga faisait n'est pas ce que j'appelle une "routine", j'appelle ça limite freak. Mais Ozga, que j'ai eu la chance de côtoyer lors de la saison 1999-2000 avec les Tigres de Victoriaville, n'est pas le seul gardien à avoir ses propres superstitions.

Jocelyn Thibault se versait de l'eau sur sa tête avant chaque match. Vous allez vous dire "Ouais, fair enough, si ça le réveillait, tant mieux !". Le hic ici, c'est que Thibault s'exécutait exactement six minutes et demie avant de sauter sur la glace.

Félix Potvin prenait deux bouts de rubans et les collait en forme de croix sur son casier avant chaque match. Une superstition à saveur religieuse qui a porté chance au gardien québécois durant sa carrière de 13 saisons.

God bless the Cat

Ed Belfour avait comme superstition de refuser quiconque sauf lui-même à toucher un objet de son équipement. La superstition était en fait si forte qu'il était connu pour menacer de mort ceux qui s'approchaient ou touchaient son équipement. Manifestement pas sérieux au sujet de la menace, il savait quand quelqu'un avait touché son équipement, car il sentait qu'il jouait à son meilleur alors qu'il avait  le seul a y avoir touché. Belfour était également connu pour démonter/remonter des parties de son équipement, comme son gant, s'il connaissait un mauvais match ou concédait un mauvais but.

Damian Rhodes avait une habitude que mon coiffeur (si j'en avais un …) aurait détesté. Il se teignait les cheveux en blond avant CHAQUE FOUTU MATCH ! Pas sur que ça devait réellement l'aider à arrêter des pucks. Avec sa carrière mémorable oubliable, je dirais que ça ne fonctionnait pas.


Quant à notre José Théodore national, il allait prendre une douche avant le match. "Ah, c'était pour se réveiller je suppose, comme Thibault ?". Peut-être, mais quand je fais ça, ce n'est pas avec mon équipement complet sur le dos comme Théo faisait !

Même les hall-of-famers avaient certaines manies. Ken Dryden ne sortait pas d'un échauffement d'avant-match sans avoir fait un dernier arrêt. Larry Robinson s'était rendu compte de cette manie et, lorsqu'il en avait l'occasion vers la fin du réchauffement, il lui dégainait un de ses meilleurs lancers, question de challenger encore plus la superstition de Dryden. 

Glenn Hall vomissait avant chaque match. Ceci fut souvent expliqué par le fait qu'il était trop nerveux et que cela le faisait vomir. C'était vrai pour le début de sa carrière, mais Hall vint à s'habituer à la pression et n'avait plus besoin de vomir. Le hic ? Il sentait qu'il ne donnait pas son plein rendement lorsqu'il ne renvoyait pas avec un match. Il commença donc à le faire de façon, disons, volontaire.

Les superstitions peuvent survenir aussi pendant les matchs. Bill Ranford refusait de remettre la rondelle au juge de ligne tant et aussi longtemps qu'il n'avait pas réussi à la faire virevolter dans les airs et la faire atterrir sur le dos de sa mitaine. Je me demande si ça lui est déjà arrivé de rater sa shot deux ou trois fois consécutive …

Il y a aussi les pièces d'équipements chanceuse, comme un survêtement. L'illustre Pelle Lindbergh avait un t-shirt orange "chanceux" qui faisait office de "combine". Pelle portait ce chandail orange à chaque match. Mais plus particulier encore, il n'a jamais lavé ce chandail. Jamais comme dans jamais ! Content de ne pas avoir été son voisin de casier, ça devait sentir la charogne.

Ouais, ce chandail … même le préposé à l'équipement à de la misère avec l'odeur …


jeudi 29 juillet 2021

Quand Trevor Timmins magasine les aubaines


Ces jours-ci, il est difficile de passer à côté de la controverse reliée à la sélection de Logan Mailloux par les Canadiens. Au-delà du débat au sujet de la pertinence de le repêcher ou pas, d’attendre à l’an prochain comme Mailloux l’a lui-même demandé, de le prendre en première ronde ou de retarder sa sélectionner à une ronde subséquente, on peut se demander où aurait pu se situer Mailloux dans le classement de la centrale de la LNH, ayant été établi 23e patineur nord-américain malgré les événements qu’on connaît.

On peut par contre y voir l’expression d’une tendance depuis l’arrivée de Trevor Timmins dans l’équipe de dépisteurs. Il semble aimer prendre une chance avec des joueurs qui ont un défaut, pour ainsi pouvoir les choisir à un rang plus tardif qu’ils auraient pu l’être, et ainsi réaliser un coup de circuit. En voici quelques exemples. Les résultats sont très variables.

Andreï Kostitsyn

Au repêchage de 2003, plusieurs voyaient Andreï Kostitsyn comme étant l’un des joueurs des plus doués de la séance. Après sa sélection au 10e rang, derrière entre autres Marc-André Fleury, Eric Staal et Ryan Suter, Timmins alla même jusqu’à le qualifier comme étant le plus talentueux du groupe. Par contre, des problèmes d’épilepsie auraient refroidi les autres équipes.

La suite des événements a donné raison à Timmins sur ce point. L’épilepsie n’a pas nui à sa carrière. Par contre, c’est plutôt une attitude énigmatique, en plus d’un penchant pour la vie nocturne qui l’ont empêché de réaliser son plein potentiel. En quittant pour la KHL en 2012, il a limité sa carrière dans la LNH à 398 matchs.

Tout de suite après lui, les Flyers ont choisi Jeff Carter. Au 13e rang, on retrouve Dustin Brown, au 14e Brent Seabrook et au 19e Ryan Getzlaf, clairement de meilleures alternatives à Kostitsyn.



Danny Kristo

Dans le cas de Danny Kristo, ce n’est pas vraiment un cas où Timmins a choisi de la "marchandise endommagée" (excusez l’expression) à rabais, mais plutôt une situation où la "marchandise" s’est endommagée elle-même, une fois repêchée. Peu importe, j’avais envie de l’inclure quand même.

Sur le campus de l’Université du Dakota du Nord, le choix de deuxième ronde (56e au total) de 2008 eut l’idée d’aller visiter une amie en souliers, sans bas. Enfonçant dans la neige, il perdit une chaussure qu’il ne retrouva pas.

Une fois arrivé à destination, il se rendit compte que quelque chose n’allait pas. On le conduisit à l’hôpital, où on parvint, malgré l’engelure, à lui éviter l’amputation d’un orteil. Il assura toutefois que son aventure n’avait rien à voir avec la consommation d’alcool.

Il ne disputa que 9 matchs avec les Bulldogs de Hamilton, avant d’être échangé aux Rangers. Il ne joua toutefois jamais dans la LNH. Il passa quatre autres années dans Ligue américaine, avant d’aller dans la KHL, en Suède, en Suisse et en Allemagne.

Brendan Gallagher

À l’encan de 2010, il y avait un petit joueur talentueux, mais surtout hargneux, qui jouait avec les Giants de Vancouver. Intéressant, mais comment allait-il pouvoir conserver le même style de jeu dans la LNH, avec des adversaires au gabarit encore plus imposant?

Plusieurs passèrent leur tour. De leur côté, les Canadiens risquèrent un petit choix de 5e ronde (147e au total) sur lui. Depuis, Brendan Gallagher est devenu le cœur de l’équipe et ce, sans changer son style.

Nathan Beaulieu

En 2011, les Sea Dogs de St-John avaient remporté la Coupe Memorial, suite à une saison extraordinaire. Nathan Beaulieu devait sortir dans les 10 premiers, derrière son coéquipier, Jonathan Huberdeau. Ce dernier a été choisi 3e, mais par la suite, le nom de Beaulieu s’est fait attendre. C’est finalement au 17e rang que les Canadiens l’ont réclamé.

Par contre, celui qui a déjà eu "N8THEgrr8" comme identifiant sur twitter n’était pas reconnu pour sa modestie ou pour son sérieux.

En 2013, suite à une soirée bien arrosée chez des connaissances, il s’est mis à briser les biens de leurs hôtes. La situation a dégénéré en bataille, ce qui lui a valu, ainsi qu’à son père, une arrestation. Le paternel, entraîneur-chef du Sting de Sarnia de la Ligue de l’Ontario, a ensuite été congédié.

À Montréal, les résultats se sont fait attendre et Nathan a finalement été échangé en juin 2017 aux Sabres de Buffalo en retour d’un choix de 3e ronde.

Il appartient maintenant aux Jets de Winnipeg.

Alex Galchenyuk

Il semblait y avoir en 2012 un certain consensus autour de Nail Yakupov comme premier choix. Toutefois, son coéquipier chez le Sting de Sarnia, Alex Galchenyuk, avait un talent certain. Par contre, il n’avait pas pu se faire justice, n’ayant joué que 2 matchs l’année précédente, suite à une opération au genou. Choisissant 3e, Montréal en fit tout de même sa sélection.

En bout de ligne, Timmins eut jusqu’à un certain point raison. Yakupov ne joua que six ans dans la Ligue nationale avant de se retrouver dans la KHL. Dans une cuvée assez faible, Galchenyuk s’avéra l’un des plus talentueux (derrière Morgan Rielly 5e, Filip Forsberg 11e, Tomas Hertl 17e et Andreï Vasilevskiy 19e).

Mais bien qu’il ait réussi une saison de 30 buts en 2015-16, il demeure qu’il est imprévisible et a de sérieuses lacunes défensives. Depuis son départ de Montréal, il a appartenu à six équipes en trois ans et n’a pas encore de contrat pour l’an prochain.

Nikita Scherbak

Lors de la séance de 2014, les athlètes russes n’avaient pas la cote. La KHL prenait du galon et offrait de plus en plus des salaires compétitifs. Pour les russes, demeurer ou retourner à la maison devenaient des alternatives de plus en plus valables.

Rare élément positif dans une équipe faible à Saskatoon, Nikita Scherbak attira l’attention. Il claironna également que s’il était venu dans la WHL, c’est parce que son but était de jouer dans la LNH, pas dans la KHL.

C’est finalement au 26e rang que Scherbak, le premier russe de la soirée, entendit son nom. Trevor Timmins affirma à ce moment que sa sélection pourrait bien être un coup de circuit.

Scherbak finit tout de même par rejoindre la KHL, mais ce fut plutôt par dépit. Après 29 matchs avec les Canadiens et 8 avec les Kings et des séjours dans Ligue américaine, il se retrouva à court d’options en Amérique du Nord.

Il est toutefois revenu dans la Ligue américaine en 2020-21, avec les Stars du Texas. Nous verrons s’il parviendra à revenir dans la LNH.

Cole Caufield

Désavantagé par une cuvée 2019 avec de la profondeur, l’indéniable talent offensif de Cole Caufield ne lui a pas suffi pour surmonter l’obstacle de sa petite taille. C’est ce qui explique qu’il était toujours disponible au 15e rang pour être choisi par les Canadiens.

Si ce que nous avons vu ce printemps est annonciateur de l’avenir, il pourrait devenir un vol.

D’ici quelques années, nous devrions savoir si Mailloux se compare à Kostitsyn ou Beaulieu, ou si le pari plutôt culotté de Timmins paiera et qu’il est plus près de Gallagher ou Caufield.

Sources :

"L’espoir venu de l’est" de Mathias Brunet, 22 juin 2003, La Presse, page S1,

"Je n’étais pas saoul" de Marc-Antoine Godin, 19 mars 2011, La Presse, page S8,

"Le Canadien met le grappin sur Nathan Beaulieu" de Marc-André Godin, 25 juin 2011, La Presse, page S2,

"Effacer un surnom" de Jean-François Chaumont, 12 octobre 2012, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Jacques Beaulieu a été congédié par le Sting de Sarnia", Agence QMI, 30 mai 2013, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Nathan Beaulieu et son père Jacques en probation pendant neuf mois" de Jane Sins, Agence QMI, 14 août 2013, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Ce sera peut-être un coup de circuit" de Gabriel Béland, 28 juin 2014, La Presse, page S2,

"Dans une cuvée moins forte comme cette année, il aurait sorti dans le top-5" d’Éric Leblanc, 2 juillet 2021, RDS (rds.ca).

mercredi 28 juillet 2021

Le masque méconnu de Stéphane Fiset

 





Stéphane Fiset eu plusieurs beaux masques tout au long de sa carrière de 13 saisons dans la LNH. Je pense à un de ses masques au Colorado ainsi qu'à son masque du King Tut à Los Angeles. Toutefois, à mon humble avis, son masque iconique reste son "Igloo" du temps des Nordiques, masque qu'il arbora à partir de la saison 1992-93.  Mais ce masque ne fut pas la première version de "l'igloo". 

Au début de la saison 1992-93, suite à l'acquisition par les Nordiques de Ron Hextall dans la méga transaction impliquant Eric Lindros, Fiset fut officiellement installé dans le siège du gardien substitut, contrairement aux saisons précédente où il était le 3e, 4e voire même 5e gardien dans la hiérarchie

Après avoir débuté la saison avec son premier masque peinturé, Fiset reçu son nouveau à la fin du mois de décembre 1992. Mais contrairement au masque qu'on connaît, celui-là avait un logo des Nordiques sur le menton.

Fiset l'étrenna lors du match du 27 décembre 1992 à Ottawa, une victoire de 6 à 1. Il récidiva à la veille du jour de l'an à Hartford, remportant une autre victoire, au compte de 6 à 2. 

Habituellement, les gardiens sont assez superstitieux et ne veulent pas changer une pièce d'équipement lorsqu'ils sont victorieux. Pourtant, Fiset considérait que le logo était peu visible, en plus d'être caché par sa "bavette". Il demanda donc à l'artiste-peintre de lui refaire, mais avec le logo visible sur le front.

C'est vrai que le logo ne parait pas beaucoup

Et tant qu'à faire changement, après ce match du 31 décembre 1992, il décida également de changer son numéro 31. Lors de sa présence suivante dans les filets pour le "Fleurdelisé", le 9 janvier 1993 encore une fois à Hartford, il arborait désormais le numéro 35, avec lequel il est plus connu. Il subit toutefois une défaite de 4 à 2 aux mains des Whalers. Comme quoi le changement peut prendre du temps à faire son effet.

Source : https://youtu.be/pi_uIt5z5bo, hockeygoalies.org/bio/biographies.html

mardi 27 juillet 2021

Les derniers de la IHL

 

Nous sommes en 2021 et vous savez sans doute ce que cette date signifie. Il s'agit bien sûr du vingtième anniversaire de la mort de la International Hockey League, cette petite/moyenne ligue qui voyait trop grand et qui dut finalement cesser ses activités sans trop de fanfares après 56 ans d'existence durant l'été 2001.

Quoi? Vous n'aviez aucune activité de planifiée pour la célébration de ce funeste anniversaire? C'est correct, je m'en charge alors.


Et oui je suis moi-même un peu en retard mais il s'agit bien de 20 années qui se sont écoulées depuis que la IHL ferma ses portes quelques jours après le championnat de ses derniers champions, les Solar Bears d'Orlando à la fin du mois de mai 2001. Après quelques années de vaches maigres, passant entre autres de 19 équipes en 1997 à seulement 11, la ligue annonça officiellement le 4 juin 2001 qu'elle cessait ses activités et que 6 de ses équipes allait joindre les rangs de la Ligue américaine. Ces 6 clubs furent le Moose du Manitoba, les Wolves de Chicago, les Admirals de Milwaukee, les Griffins de Grand Rapids, les Grizzlies de l'Utah et les Aeros de Houston. En absorbant ces 6 clubs, la AHL passa de 20 à 26 équipes et cette fusion vint consolider cette ligue et stabiliser le système des ligues mineures et du développement des joueurs pour la grande ligue, qui espérait ensuite agrandir davantage la AHL jusqu'à avoir autant de clubs que la LNH, soit un club-école pour chaque grand club.

Depuis cette fusion, 4 de ces 6 clubs sont toujours en place (Milwaukee, Chicago, Grand Rapids et Manitoba) quoique le Moose déménagea brièvement à St. John's (sous le nom des Ice Caps) en 2011 avant de revenir au Manitoba en 2015. Les Aeros de Houston sont depuis devenus le Wild de l'Iowa en 2013 tandis que les Grizzlies sont devenus les Monsters de Lake Erie (maintenant Cleveland) en 2005. Une deuxième équipe du nom des Grizzlies de l'Utah fut plus tard fondée dans la ECHL par la suite. 


Les Aeros de Houston, champions de 1999

Les Solar Bears d'Orlando, derniers champions de la IHL en 2001

 
Plusieurs autres équipes qui ne survécurent pas à la fin de la IHL furent ensuite ressuscitées sous une autre forme par la suite. C'est le cas entre autres des Cyclones de Cincinnati (en place depuis 2001 dans la ECHL) et des Solar Bears d'Orlando (aussi dans la ECHL). Une deuxième IHL exista le temps de trois saisons, soit de 2007 à 2010, avant de fusionner avec une autre ligue (la 2e CHL) et ensuite la ECHL.

Donc malgré que la ligue disparut sans trop de célébrations, on retrouve toujours quelques unes de ses racines avec ces quelques équipes. J'ai parlé en détails de tout l'historique de la ligue dans le passé et je vous invite à aller lire cet autre texte pour en savoir davantage. Mais qu'en est-il des joueurs? 20 ans plus tard, y-a-t'il des joueurs encore actifs qui ont joué dans la IHL? C'est ce que nous allons découvrir aujourd'hui.

D'abord, en ratissant largement dans les banques de données, j'ai trouvé plusieurs ex-joueurs de la IHL qui se sont accrochés longtemps dans plusieurs circuits depuis 2001. Des noms semi-familiers comme Byron Ritchie, Richard Jackman, Kristian Kudroc et notre cher Glen Metropolit ont joué jusqu'à la saison 2016-17. Ce dernier avait joué pour quelques clubs de la IHL dans les années 90 dont brièvement avec les Rafales de Québec.

Parlant des Rafales...



Après son départ du CH et de la LNH en 2010, Metropolit joua en Suisse, en Allemagne et finalement en Italie jusqu'en 2017.

Quelques autres joueurs ont joué jusqu'en 2017-2018 dont l'ancien des Canucks Josh Holden ainsi que plusieurs autres joueurs obscurs comme Adam Borzecki, Jeff Ulmer et Stanislav Gron.

Ensuite, la saison 2018-19 marqua la fin de la carrière de quelques autres «immortels» de la IHL, plusieurs dans de nombreuses ligues obscures comme Rodrigo Lavins en Lituanie, Greg Classen dans la 3e ligue allemande, l'ancien des Coyotes Radoslav Suchy en Slovaquie, ainsi que l'ancien des Sénateurs Peter Schastlivy en Roumanie.

Radoslav Suchy

Éric Perrin


Il y a aussi le cas intéressant d'Éric Perrin. Cet ancien des Thrashers et champion de la Coupe en 2004 avec le Lightning a aussi joué trois saisons dans la IHL (1997 à 2000). Après ses années à Tampa Bay, Atlanta et un an dans la KHL, il mit le cap sur la Finlande en 2010-11 et y joua ensuite jusqu'en 2019. Avant de débloquer dans la LNH avec le Lightning, il avait auparavant joué en Finlande de 2000 à 2003 et ses nombreuses années passées là-bas font donc de lui le meneur dans cette ligue pour les joueurs importés dans la catégorie des matchs joués (643), des buts (189) et des points (532).

Aussi, je n'ai pas le choix de souligner la présence du russe Maxim Potapov. Et ce, juste pour son nom. Il ne joua qu'un seul match dans la IHL, en 2000-01 avec les Vipers de Detroit avant de jouer ensuite dans de nombreuses ligues russes et de finalement terminer sa carrière aussi en 2019 et ce, dans la ligue asiatique avec les Nippon Paper Cranes...

Pour ce qui est de ceux qui terminèrent leur carrière dans la LNH et non pas creux en Europe, et bien on retrouve Dan Boyle, Andrew Ference, Pascal Dupuis et Eric Boulton qui prirent leur retraite en 2016 et ensuite Chris Neil et Nick Schultz en 2017. Toutefois, le champion doyen des ex-IHLers à s'être retiré en tant que joueur de la LNH est techniquement notre gagnant du trophée Czerkawski de 2017-18, Mark Streit. Ce dernier, avec son comeback à Montréal de 2 matchs au début de la saison 2017-18 est donc le dernier et plus récent joueur de la LNH à avoir joué dans la IHL, même si ce n'est aussi que techniquement car il n'avait seulement joué qu'un match dans la IHL et ce, en 1999-2000 avec les Grizzlies.

Maxim Potapov

Mark Streit


La saison 2019-20 nous mène ensuite vers les derniers retranchements de ces anciens IHLers avec le retrait de la compétition de "L'autre" Petr Sykora. Pas celui des Devils et des Mighty Ducks, mais plutôt celui qui ne joua qu'une dizaine de matchs avec les Capitals et les Predators. Il joua une saison à Milwaukee dans la IHL en 98-99, mais ensuite plusieurs saisons dans la première ligue de la République Tchèque. Il se retira finalement en 2019-20 en 3e division avec le HC Stadion Vrchlabi, saison où il récolta quand même 38 buts et 67 points en 38 matchs...

Ensuite, plus près de chez nous on retrouve le dur à cuire Éric Bertrand. Cet ancien membre de l'organisation des Devils, des Thrashers et brièvement du Canadien (3 matchs en 2000-01) joua 9 saisons dans la LNAH soit de 2009-10 à 2017-18, principalement avec Saint-Georges-de-Beauce. Il passa ensuite derrière le banc du Cool FM jusqu'à son congédiement en novembre 2019. Il en profita alors pour revenir au jeu avec l'Assurancia de Thetford Mines, où il joua 8 matchs jusqu'à l'arrêt des activités à cause du Covid en 2019-20. Il s'agissait toutefois probablement de sa véritable dernière saison à 42 ans.

Il peut au moins se vanter d'avoir été le dernier Québécois actif à avoir joué dans la IHL.

Éric Bertrand

La COVID vient d'ailleurs porter un bémol à ce texte alors qu'on ignore si deux autres joueurs sur ma liste pourront continuer leur périple. Il s'agit du défenseur Sean Blanchard et bien sûr de l'infatigable et légendaire David Ling. Blanchard a joué une poignée de matchs lors de la dernière saison de la IHL en 2000-01 tandis que Ling y joua plus de 250 matchs. Les deux évoluaient toujours au niveau senior dans la ligue de la Allan Cup lors de la saison 2019-20. On ignore donc si c'est la fin pour eux avec la suite des choses incertaine avec la pandémie.

Bob Wren
C'est d'ailleurs en écrivant mon texte sur Ling qu'il m'était venue l'idée de retracer s'il y avait d'autres survivants de la IHL. Je me demandais à l'époque si Ling était effectivement le dernier mais la vie me réservait des surprises. Quelques semaines après avoir écrit le texte sur Ling, je suis tombé sur la piste d'un autre éternel en Bob Wren

Ce spécimen est bientôt âgé de 47 ans et évolue toujours dans la 4e division allemande avec le EHC Klostersee. La pandémie a forcé la tenue d'un calendrier écourté dans cette 4e division mais Wren a tout de même put ajouter 7 matchs et une saison supplémentaire (sa 27e) à son palmarès en plus de récolter une fiche de 2 buts et 4 passes. 

La présence de Wren m'a d'ailleurs forcé à ratisser mon barème de recherche pour inclure tous ceux nés la même année que lui soit en 1974... J'espère ne pas me tromper et découvrir qu'il y ait un joueur plus vieux que Wren encore actif quelque part... Wren se qualifie d'ailleurs à peine pour cette liste puisqu'il n'a joué qu'un seul match dans la IHL et c'était en 1995-96 avec les Vipers de Detroit. Mais est-il aussi le dernier survivant de la IHL?

Et bien non. En creusant davantage j'ai trouvé trois autres survivants toujours actifs. Tous les trois en Tchéquie.

Il y a d'abord Marek Posmyk. Cet ancien choix des Maple Leafs en 1996 et ex-membre du Lightning l'espace de 19 matchs serait aussi toujours actif à 42 ans dans la 5e division tchèque. Il y a joué 2 matchs en 2020-21 et a récolté 3 buts et 1 passe.

Ensuite on retrouve Vladimir Sicak. Jamais repêché, il a tout de même tenté sa chance en Amérique du nord en évoluant deux saisons dans le junior canadien ainsi qu'une saison partagée entre la IHL et la ECHL en 2000-01, dernière année de la IHL où il joua une trentaine de match avec Orlando. Maintenant âgé de 40 ans, il était lui aussi toujours actif en 2020-21 avec le HC Samson Ceske Budejovice en 4e division tchèque. Aucun point en 3 matchs pour lui mais la saison de cette division dut être annulée après ces 3 matchs. Même chose pour Pomsyk dans sa 5e division...

Tout ça pour nous mener à ce que je considère comme le véritable doyen et le meilleur joueur encore actif à avoir foulé les patinoire de la IHL. Il s'agit du choix de 3e ronde des Canucks en 1999, le désormais éternel René Vydarený.

 
René Vydarený

 
Également un ancien membre de l'Océanic de Rimouski champion de la coupe Memorial de 2000, Vydarený joua une saison dans la IHL avec le club-école des Canucks de l'époque, les Blades de Kansas City durant cette funeste et dernière saison 2000-01. Il joua ensuite quelques saisons dans la AHL sans jamais pouvoir percer avec les Canucks avant de retourner dans sa patrie durant le lock-out de 2004-05. Il n'a jamais bougé depuis et évolue depuis ce temps en première division tchèque et ce presque exclusivement avec le même club, le Motor Ceske Budejovice. La première division tchèque, en plus d'être le meilleur niveau au pays, a pu continuer ses activités en 2020-21. Même chose pour la 2e division mettant en vedette Tomas Plekanec et Jaromir Jagr avec le HC Kladno... Malheureusement pour cette liste, Jagr n'a jamais joué dans la IHL...

Pour sa part, Vydarený, un défenseur maintenant âgé de 40 ans, a récolté 3 buts et 8 passes en 53 matchs mais son club fut le pire de la ligue avec une fiche de 6-35-4-7...

C'est donc probablement ce qui complète ce recensement. À moins que quelque part on retrouve un ancien joueurs des Spiders de San Francisco qui évolue toujours en 8e division de Lituanie ou dans votre ligue de garage locale...

Mais en fait, je vous ai gardé une surprise pour la fin. Malgré tous ces David Ling, Bob Wren, Posmyk, Sicak, Vydarený ou autres tchèques obscurs qui jouent encore à temps plein ou temps partiel quelque part, il existe toujours un ancien de la IHL qui est toujours techniquement sous contrat dans la LNH et qui reçoit un chèque d'une équipe de la LNH. Il s'agit d'un choix des Islanders, même qu'il s'agissait du tout premier choix de l'encan de l'an 2000. Je parle bien sûr du gardien Rick DiPietro. Ce dernier demeurera le plus riche des anciens IHLers jusqu'en 2029 lorsque se terminera son rachat de contrat éternel de 1,5 millions par année... 

C'est en 2000-01, dernière année de la IHL, que DiPietro joua 14 matchs avec les Wolves de Chicago, alors club-école des Islanders pour la première saison professionnelle de DiPietro. Il y eut une fiche de 4-5-2 avant d'être rappelé par le grand club.



C'est donc ce qui complète cet article anniversaire de la toujours fascinante IHL... Je remettrai peut-être tout ça à jour lors du 25e...


Sources:
LNAH.com
hockeydb.com
eliteprospects.com
IHL To Fold This Week and Merge To AHL, Hockey's Future, 3 juin 2001

mercredi 21 juillet 2021

Le coût d'une équipe d'expansion



Alors qu’à ce moment j’habitais à Ottawa, je me souviens très bien du repêchage d’expansion de 1992. Il n’y avait pas de Fleury, Price, Rask ou Holtby parmi les gardiens disponibles. Les Sénateurs s’étaient plutôt rabattus sur Peter Sidorkiewicz et Mark Laforest.  Les Capitals avaient même planifié de resigner Bernie Wolfe pour avoir un gardien disponible pour le repêchage. (Heureusement, le président de l’époque, John Ziegler, s’était opposé à cette mascarade.)

Pas de Subban, Giordano ou Niederreiter. Les partisans d'Ottawa s’étaient alors amourachés, un peu par dépit, du sympathique Brad Marsh.

Pas de Marchessault, Tarasenko ou Skinner. Au terme de leur première saison couronnée de 24 maigres points, tout près du record de la pire équipe d’expansion, le meilleur attaquant des Sénateurs, Jamie Baker, n’avait même pas été obtenu lors du repêchage d’expansion.

Les Sénateurs (et le Lightning) n’avaient alors absolument aucun levier pour forcer les autres équipes à leur céder quoi que ce soit pour qu’ils ferment les yeux sur un de leurs joueurs, comme l'a fait Vegas et comme le fait actuellement Seattle.

Évoquer la possibilité de se rendre en finale comme les Golden Knights l’ont fait en 2018 aurait été du pur délire.

Les règles du repêchage, permettant de protéger moins de joueurs, sont donc énormément plus favorables aux Golden Knights et au Kraken qu’elles ne l’avaient été pour Ottawa, Tampa Bay, la Floride ou d’autres.

Il faut dire qu’ils en paient le prix. Le graphique qui suit est assez évocateur.  Évidemment, en dollars courants, l’écart est phénoménal, mais même en intégrant le facteur inflation, la progression est des plus fortes.





J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de ne pas m’émouvoir devant le parcours des Knights en 2018 ou de leurs performances "étonnantes" depuis leur naissance…

Notes au sujet du graphique :

-Les montants sont en dollars américains et le taux d’inflation utilisé est celui des États-Unis;

-L’année utilisée est celle de la première année jouée, même si les frais d’expansion n’ont pas forcément été versés la même année, mais vous comprenez l’idée;

-En 1972, les Islanders de New York ont payé un montant plus élevé que les Flames d’Atlanta, car ils ont dû verser 5M$ en droits territoriaux aux Rangers;

-Le montant versé par les ex-équipes de l’AMH en 1979 est celui payé à la LNH, même si elles avaient aussi dû payer des frais d’expansion (de beaucoup inférieurs) pour se joindre au circuit maudit;

-Le graphique ne s'attarde qu'à une seule dimension, soit le frais payé pour obtenir une équipe d'expansion.  Au fil du temps, il y a des postes de dépenses et de revenus qui ont évolué (salaires des joueurs, droits de télé, coûts des billets, etc.), mais encore fois, vous comprenez l'idée.

Sources:

“NHL accepts Kansas City, Washington for ′74 season”, June 9, 1972, Montreal Gazette, page 18,

“Les perdants pensent déjà à une ligue” de Michel Marois, 7 décembre 1990, La Presse, page S2,

smartasset.com, wikipedia.org.

mardi 20 juillet 2021

Joueur oublié des 90's #55 - Jaroslav Otevřel


L'autre jour, j'ai publié cette carte sur notre Instagram, principalement parce que c'était un joueur obscur que je n'avais jamais vu avant et aussi parce que son nom m'amusait. C'est pas mal l'ensemble des critères et le maximum de recherches que je fais avant de choisir une de ces cartes d'ailleurs. Ce n'est que par après que je me suis rendu compte que ce joueur avait une histoire qui méritait d'être racontée ici. Même que son périple mérite que j'aille copier-coller ce R avec un accent circonflexe à l'envers pour bien lui rendre justice.


Jaroslav Otevřel est né le 16 septembre à Gottwaldov en Tchécoslovaquie, maintenant la République Tchèque mais encore plus maintenant «la Tchéquie». En fait, Gottwaldov est depuis 1990 renommée sous le nom de Zlín, l'ancien nom datant d'avant 1948 durant l'ère communiste. Un ailier costaud de 6'2" et 185 livres, Otevřel s'illustra en première division tchèque de 1987 à 1991, principalement au sein du club de son patelin, le TJ Gottwaldov, club qui fut aussi renommé sous le nom du TJ Zlín en 1990, en même temps que la ville et le pays... Il avait alors comme coéquipier le futur premier choix de 1992, Roman Hamrlik.

Otevřel se distingua particulièrement en 1990-91 alors qu'il mena son club avec 24 buts et 48 points en 49 matchs en plus de mener la ligue pour les minutes de pénalité (105). Cette excellente saison lui valut de faire partie de la première classe du repêchage des Sharks de San Jose, qui firent sa sélection en 7e ronde (133e au total) lors du repêchage de 1991. Otevřel cadrait assez bien dans la philosophie des premières années des Sharks, soit d'aligner beaucoup de gros joueurs et d'européens. 

Il joua une autre saison en République Tchèque avant de faire le saut en Amérique du nord en 1992-93 mais était considéré comme un projet à long terme incertain.


Les Sharks l'assignèrent à leur club-école, les Blades de Kansas City où il obtint 17 buts, 27 passes pour 44 points en 62 matchs. Il fut également rappelé avec les Sharks l'espace de 7 matchs en janvier 1993 où il obtint 2 passes. Le même scénario se répéta en 1993-94 alors qu'il passa la majorité de la saison à Kansas City (fiche de 20-33-53 en 62 matchs). 
 
Il joua cette fois 9 matchs dans la LNH avec les Sharks et s'illustra davantage avec une fiche de 3 buts et 2 passes. 

Cependant, la jeune organisation des Sharks avait davantage de jeunes joueurs plus intéressants dans son pipeline (Viktor Kozlov, Jeff Friesen, Andrei Nazarov, Ray Whitney, etc...) et durent donc faire de la place en libérant entre autres Otevřel. Ce dernier abandonna son parcours dans la LNH et mit donc le cap sur la Finlande dans la SM-Liiga avec le club Porin Ässät pour la saison 1994-95.

C'est lors de sa deuxième saison en Finlande, plus précisément le 11 février 1996 lors d'un match contre le JYP Jyväskylä, que sa vie changea dramatiquement. En effectuant un inoffensif repli en défense près de son filet, Otevřel perdit pied sur le bâton d'un adversaire et percuta le genou d'un autre adversaire, l'ancien des Blues Vitali Karamnov. Les deux vinrent finir cette collision en percutant la bande. Karamnov s'en tira sans trop de problème mais il s'avéra qu'Otevřel s'est brutalement cassé le cou sur le genou de Karamnov et il demeure jusqu'à ce jour paralysé du cou jusqu'aux pieds.

Vous pouvez voir ici un vidéo de l'incident si vous n'êtes pas trop nerveux...

 


Suite à cette fin de carrière tragique, Otevřel retourna vivre à Zlín en compagnie de son épouse et sa jeune fille. Il travaille de la maison en utilisant un ordinateur qu'il contrôle avec la bouche. 

Son numéro 89 fut plus tard retiré par Ässät mais à sa demande, il n'est pas hissé dans les hauteurs de l'aréna.

En 16 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 3 buts et 4 passes pour 7 points.
En 124 matchs dans la IHL, sa fiche fut de 37 buts et 60 passes pour 97 points.
En 200 matchs dans la première ligue Tchèque, sa fiche fut de 62 buts et 57 passes pour 119 points.
En 93 matchs dans la SM-Liiga, sa fiche fut de 23 buts et 44 passes pour 67 points.

vendredi 16 juillet 2021

Jiří Crha





Jiří Crha fut de passage dans la LNH comme la majorité des météorites près de la Terre : très vite, sans vraiment laisser de traces ...



Né en avril 1950 à Pardubice en Tchécoslovaquie (maintenant la République Tchèque), tout comme le légendaire Dominik Hašek, Jiří Crha fut élu meilleur gardien du championnat junior d'Europe en 1968 et 1969, devant Vladislav Tretiak qui gardait les buts de l'équipe junior soviétique. Il disputa les 10 saisons suivante avec l'équipe le HC Pardubice. Il participa aussi à cinq Championnats mondiaux (1973, 1974, 1975, 1978 et 1979) en plus d'être d'office pour deux matchs des Jeux Olympiques d'Innsbruck en 1976. C'est âgé de 29 ans, à l'été 1979 alors en vacances en Yougoslavie, qu'il fit défection vers le Canada, afin de tenter sa chance dans les rangs de la LNH. Les Canadiens, les Flyers et les Maple Leafs se livrèrent une guerre d'enchères afin de mettre la main sur ce dernier. Crha choisit finalement de rejoindre les Maple Leafs.

Dès le camp d'entraînement 1979, Crha participa aux entraînements de l'équipe afin d'apprendre le style nord-américain. Il observait le gardien Mike Palmateer et discutait fréquemment avec l'ancien gardien étoile Johnny Bower.

En février 1980, Crha fut affecté à Moncton dans la Ligue Américaine. Il y fit bonne figure et fut rappelé après 7 matchs car les quatre gardiens des Leafs furent blessés. Avec le grand club, il récolta 8 victoires en 15 matchs. Il ne signa cependant aucune victoire en séries d'après saison, alors que les Maple Leafs se firent balayer en trois matchs par les North Stars du Minnesota.

Dès le début de l'entre-saison, Mike Palmateer eut une dispute contractuelle avec le directeur-gérant Punch Imlach, qui l'expédia aux Capitals de Washington, laissant le poste titulaire à Crha. En 54 matchs, il récolta une fiche potable de 20 victoires, autant de défaites et 11 matchs nul. 

Des maux de dos l'empêchèrent de jouer sur une base régulière la saison suivante, ne disputant que 2 matchs avec les Tigers de Cincinnati dans la CHL. À l'automne 1982, les Leafs l'assignèrent au club-école de St-Catharines contrairement à la volonté de Crha. Il ne joua qu'un seul match et fit la grève. Après quelques semaines, les Maple Leafs jetèrent l'éponge et le suspendirent. Il retourna en Europe, disputant neuf autres saisons en 2e et 1ere division allemande. À sa retraite, il devint agent de joueurs. Il eu entre autres Alex Hemsky et Rostislav Klesla comme client.

La trace qu'il laissa lors de son passage dans la LNH fut pendant les séries éliminatoires de 1981. Le chemin des Leafs débuta contre celui des puissants Islanders. Crha participa aux 3 rencontres pour un total de 64 minutes et 31 secondes. Il accorda 11 buts aux joueurs Long Islandais (ça se dit, non ?), décrochant le record pour la pire moyenne de buts accordés par un gardien ayant joué au moins 59 minutes en un seul parcours éliminatoire, soit de 10,23.

Le pire de tous les temps, peu importe le nombre de minutes jouées ? Ça appartient un autre gardien des Maple Leafs : Rick St-Croix lors des séries de 1983. Il a été devant le filet pour un maigre 16 secondes en relève de Mike Palmateer contre les North Stars. Un tir, un but. Moyenne de buts accordés : 225,00 !

Fiche de Jiří Crha dans la LNH : 69 matchs, 28 victoires, 27 défaites et 11 matchs nuls.

Sources : https://www.hockeydb.com/ihdb/stats/pdisplay.php?pid=1160, http://hockeygoalies.org/bio/crha.html, http://nitzyshockeyden.blogspot.com/2009/02/jiri-crha.html

dimanche 11 juillet 2021

Une petite photo pour le plaisir #98 - Une signature du mauvais gars

 





Ça fait un bail que je veux faire un billet sur Mario Brunetta, ex-gardien de plusieurs équipes de la ville de Québec : Les Remparts (en bleu, gris et rouge) en 1984-85, les Nordiques de 1987 à 1990 et les As de la Ligue de Hockey Semi-Pro, maintenant la LNAH, en 2002-03. Mais j'ai eu beau fouiller tous les recoins d'Internet et de mes anciennes revues ou articles de journaux, je ne trouve rien de bien frappant à son sujet.

Y'a au moins cette photo d'un match contre Boston qui l'est ...

Faut dire que seulement 40 matchs répartis sur 3 saisons, dans les années glauques des Nordiques n'aident pas à faire connaître quelqu'un qui semblait déjà assez tranquille. J'ai toutefois trouvé cette photo qui attira mon regard ...


Deux choses attirent mon oeil : tout d'abord, le masque qui a un design semblable à celui de Patrick Roy à l'époque, surtout que Brunetta était plus un adepte du combo casque Cooper SK2000 et grille HM30. Il ne porta d'ailleurs que le masque lors de la saison 1989-90, sa dernière dans la LNH. Il revint ensuite à des combos pour le reste de sa carrière, majoritairement en Europe.

La deuxième chose qui cloche, c'est l'autographe. Ce n'est pas Brunetta qui signa cette photo, mais bien Clint Malarchuk. Ce dernier débuta sa carrière avec les Nordiques en 1981 et portait le #30 également, mais il était rendu à Buffalo en 1989-90. Ce doit être un gars qui a trouvé cette photo sans savoir que le gardien était Brunetta, qui l'a fait signé par Malarchuk lors d'une séance d'autographes random. Allez savoir si Clint lui a fait remarquer ... Au moins, il l'a autographié.



vendredi 9 juillet 2021

Joueur oublié des 90's #54 - Alexei Zhamnov

 


La plupart du temps dans cette série je prends des joueurs obscurs et no-names ou bien des feux de paille. Mais parfois, j'ai envie de parler de joueurs qui furent plus mémorables sans pour autant être considérés comme des légendes ou des joueurs cultes. Pas de grands oubliés mais pas de grands "souvenus" non plus... C'est un peu le cas du joueur d'aujourd'hui.

 

Alexei Yuryevich Zhamnov est né le 1er octobre à Moscou. Solide centre de 6'1", il fit partie de cette génération de nouveaux joueurs russes qui envahirent la scène de la LNH au début des années 90. On le considérait même comme le prochain Sergei Fedorov lors de ses années de formation avec le Dynamo de Moscou, où il fit la pluie et le beau temps en compagnie d'Alex Kovalev et d'un autre membre de cette série, Alexander Semak. J'imagine qu'ils devaient surnommer cette ligne la "Alex Line"...
 
Il aida le Dynamo à gagner le championnat de Russie durant trois années consécutives soit en 1990, 1991 et 1992. Il fit également partie de l'équipe médaillée d'or aux Olympiques de 1992, cette équipe "unifiée" de l'URSS. Suite à cette année triomphale, il était fin prêt à faire le saut dans la LNH en 1992-93 avec l'équipe qui le repêcha en 4e ronde (77e au total) du repêchage de 1990, les Jets de Winnipeg.

Jumelé avec la nouvelle sensation finlandaise Teemu Selanne et un jeune Keith Tkachuk, Zhamnov fit également la pluie et le beau temps à Winnipeg durant le dernier droit de la franchise sous ce nom. Comme Selanne, il se distingua à sa saison recrue avec une récolte de 25 buts et 47 passes pour 72 points, ce qui était bon pour le 3e rang des pointeurs de l'équipe derrière Selanne et Phil Housley.

Et comme Selanne, Zhamnov en épata plusieurs avec ses jeux électrisants. Plusieurs lui attribuent d'ailleurs la création du but de type "Forsberg", alors qu'il marqua de cette manière quelque temps avant le fameux but du suédois en 1994:


Mais pour la petite histoire, il s'agirait en fait d'une autre légende suédoise, Kent Nilsson, qui aurait vraisemblablement marqué le premier "Forsberg" et ce aux championnats du monde de 1989.

Ensuite, Zhamnov obtint des statistiques similaires en 1993-94 avec 71 points en 61 matchs avant de connaître sa meilleure saison l'année suivante. Malheureusement, et quelque chose qui contribue un peu à l'oubli relatif de Zhamnov, il s'agissait de la saison écourtée de 1995. Il récolta tout de même 30 buts (3e rang de la ligue) et termina troisième pour les points avec 65 derrière Eric Lindros et Jaromir Jagr, tous deux à égalité au premier rang avec 70 points. Il fut ensuite élu sur la deuxième équipe d'étoiles. Il se distingua surtout lors du match du 1er avril 1995 où il marqua 5 fois contre les Kings, faisant partie de ce club sélect de 46 joueurs dans l'histoire à avoir accompli l'exploit.




Ses statistiques de 1995 furent toutefois la seule fois de sa carrière où il était aussi dominant. Malgré qu'on le considérait comme un joueur au talent de classe mondiale et à la vision unique, il ne dépassera ensuite plus jamais le cap des 30 buts marqués et sa moyenne de points par match, quoique potable, ne fut jamais aussi bonne que ses années à Winnipeg. Lors de la dernière saison d'existence des Jets en 95-96, il fut réduit à 58 matchs mais obtint tout de même 59 points et 3 points en séries.


Zhamnov, Thomas Steen et Teemu Selanne


Vint ensuite le déménagement à Phoenix durant l'été 1996. Agent libre avec restriction, Zhamnov n'arrivait pas à s'entendre avec l'équipe pour un nouveau contrat. Une situation similaire existait également à Chicago avec un autre joueur de centre, Jeremy Roenick. Ce dernier, qui avait récolté trois saisons consécutives de plus de 100 points de 1991-92 à 1993-94, avait vu sa production diminuer au cours des deux années précédentes et les Blackhawks n'étaient pas prêts à lui accorder le salaire qu'il désirait. Après de longues négociations et rumeurs d'échanges, Roenick prit donc le chemin de Phoenix en retour de Zhamnov, l'ailier Craig Mills et un choix de 1re ronde en 1997 (Ty Jones). Zhamnov n'aura donc jamais porté le chandail des Coyotes.
 
Avec cet échange, les Coyotes vinrent en quelque sorte se venger des Blackhawks, eux qui avait tenté en 1995 d'amener Keith Tkachuk des Jets à Chicago en lui faisant signer une offre hostile, croyant que les Jets n'avaient pas les moyens de l'égaler. À la surprise générale, les Jets pourtant en pleine banqueroute égalèrent l'offre et le rêve des Blackhawks de former un duo dynamique de joueurs américains en Tkachuk et Roenick ne se réalisa pas... à Chicago. Pour sa tentative d'évasion de Winnipeg et les commentaires désobligeants qu'il énonça ensuite à propos des Jets, Tkachuk en perdit son "C" de capitaine lors de la dernière saison à Winnipeg mais il le retrouva ensuite à Phoenix.

Il faut quand même reconnaître le coup de maître de la nouvelle franchise à Phoenix d'avoir volé l'idée des Blackhawks et d'avoir pu réunir deux des meilleurs joueurs américains de l'époque dans l'optique de vendre le sport dans ce nouveau marché...



Au final, Roenick et Zhamnov obtinrent leurs contrats désirés avec leur nouvelle équipe respective mais les deux durent tout de même faire une courte grève au début de la saison 96-97 en attendant ces dénouements dans leurs négociations. Roenick ne connut jamais d'aussi bonnes saisons que ses bonnes années à Chicago mais obtint quand même deux saisons de plus de 30 buts à Phoenix. Zhamnov s'en sortit également honorablement à Chicago, mais il ne fut jamais totalement adopté par les fans des Hawks alors qu'il demeurait inévitablement dans l'ombre du très populaire Roenick. Il s'agissait également du début de ces années de vaches maigres des Blackhawks, eux qui étaient assez pingres non seulement avec Roenick mais avec plusieurs autres de leurs joueurs vedettes qui quittèrent également le nid comme Ed Belfour en 1997 et Chris Chelios en 1999. 
 
Les fans des Hawks durent d'ailleurs en baver durant cette période où l'équipe fut même surnommée la pire franchise du sport nord-américain en 2004 par ESPN. Le propriétaire Bill Wirtz fut également nommé le 3e proprio le plus radin également par ESPN en 2002. Ce n'est que suite à son décès et l'arrivée des Toews, Kane, Keith et cie que les Hawks redevinrent respectables. Mais juste auparavant, Wirtz était toujours en place et l'équipe attirait moins de spectateurs que les Thrashers et les Islanders...
 
Zhamnov évolua donc à Chicago pour les 8 années suivantes durant lesquelles les Hawks ratèrent les séries à chaque année sauf en 1996-97 et en 2001-02 où ils perdirent en première ronde contre les Blues. En fait, avant cette première disqualification des séries en 1997-98, il fallait remonter à 1969 pour retrouver la dernière fois où l'équipe avait raté le tournoi printanier. Durant cette traversée du désert, les fans des Hawks avaient bien peu à se mettre sous la dent à l'exception de Zhamnov, Tony Amonte et Éric Dazé. Sinon il y eut aussi Steve Sullivan et Michael Nylander qui joignirent l'équipe éventuellement... Kyle Calder, Mark Bell, Tyler Arnason... Années de vaches maigres que je vous disais.


#26


#36

#13


Une autre facette de ses années à Chicago fut le fait que Zhamnov aimait bien changer de numéro par superstition. Comme son numéro 10 qu'il portait à Winnipeg était déjà pris par Tony Amonte, il commença à porter le #26 à sa première saison avec les Hawks en 96-97. Après l'élimination des Hawks en première ronde où il ne put jouer car il était blessé, il changea pour le #36 qu'il garda durant deux saisons avant de finalement passer au #13 en 1999-2000. Zhamnov expliqua que puisque l'équipe semblait changer de coach annuellement, il était approprié pour lui aussi de repartir sur de nouvelles bases.
 
Mais comme rien ne semblait changer pour les Hawks durant ce temps, il se rendit probablement compte que c'était mieux de ne pas s'en faire et il conserva le 13 (pourtant un numéro malchanceux) par la suite.



Donc Zhamnov était toujours fidèle au poste à Chicago et accumulait ses 50-60 points annuels mais semblait en laisser plusieurs sur leur appétit. Par exemple, durant sa seule présence avec les Hawks en séries en 2001-02, il fut blanchi de la feuille de pointage avec 0 points en 5 matchs. Il fut tout de même nommé capitaine de l'équipe en 2002-03 suite au départ de Amonte, qui signa comme joueur autonome à Phoenix mais on était désormais vraiment rendu au bout du rouleau chez les Hawks. Lors de la saison 2003-04, Zhamnov rata la moitié du calendrier à cause de blessures et l'équipe procéda à une vente de feu en fin de saison. Ce fut donc finalement au tour de Zhamnov de plier bagage en février 2004 lorsqu'il passa aux Flyers en compagnie d'un choix de 4e ronde en retour de Jim Vandermeer, Colin Fraser et un choix de 2e ronde en 2004.

Zhamnov se retrouva ainsi en terrain familier à Philadelphie, alors que l'équipe semblait apprécier d'avoir des ex-Blackhawks et ex-Coyotes dans ses rangs avec la présence de Roenick (signé comme joueur autonome en 2001-02) et Amonte. Le séjour de ce dernier à Phoenix fut d'ailleurs un court fiasco et l'équipe l'envoya rapidement à Philadelphie.

Zhamnov sembla se plaire dans ce nouvel environnement gagnant avec une récolte de 5 buts et 18 points en 20 matchs pour clore la saison 2003-04 ainsi qu'une fiche de 4 buts et 14 points en 18 matchs en séries, ce qui était bon pour le deuxième rang des Flyers qui se rendirent jusqu'au 7e match de la finale de conférence contre les éventuels champions, le Lightning.

Après ce court parcours à Philadelphie, Zhamnov joua en Russie pour le Chekhov Vityaz durant la saison perdue de 2004-05. Il aida d'ailleurs l'équipe à se rendre jusqu'en finale et ensuite à graduer en première division. Au retour des activités, il signa un lucratif contrat comme agent libre avec les Bruins mais ne put jouer que seulement 24 matchs décevants (fiche de 1-9-10) avant de subir une fracture à la cheville en janvier 2006. Cette blessure mit fin à sa carrière, quoiqu'il demeura officiellement sur la liste des blessés à long terme pendant deux saisons à Boston.

Après sa retraite, Zhamnov fut nommé directeur général de son ancien club durant le lock-out, le Vityaz Chekhov. Il fut en poste de 2006-07 à 2012-13 et occupa ensuite les même fonctions chez le Atlant Mytishchi et depuis 2015-16 jusqu'à ce jour avec le Spartak de Moscou. Il a en plus de fait partie du comité organisateur de l'équipe russe lors de diverses compétitions internationales comme les olympiques de 2018 (médaille d'or).

En 13 saisons et 807 matchs dans la LNH, Zhamnov obtint 249 buts et 470 passes pour 719 points. Presque 1 point par match, ce qui n'est pas rien alors que c'était majoritairement durant une période difficile pour l'offensive dans la LNH et surtout au sein d'équipes faibles.

Il fut aussi décoré à maintes reprises au niveau international avec un rare triplé des trois couleurs de médailles possibles soit l'or aux JO de 1992, l'argent en 1998 et finalement le bronze en 2002.


Sources:
ZHAMNOV BACK ON ICE
, Washington Post, 19 octobre 1996
Flyers get Zhamnov to ease loss of Roenick, Primeau, The Morning Call, 20 février 2004
BLACKHAWKS TRADE ROENICK TO PHOENIX, Chicago Tribune, 16 août 1996
CHICAGO TRADES ROENICK FOR PHOENIX'S ZHAMNOV, Washington Post, 17 août 1996



Je me demande combien de fois j'ai pu écrire les mots Zhamnov, Roenick, Amonte et Tkachuk dans ce texte...

mardi 6 juillet 2021

Joueur oublié des 90's #53 - Rob Pearson



L'écriture du texte sur Scott Pearson lors du dernier joueur oublié m'a permis de démystifier un problème que je ne savais même pas que j'avais auparavant, soit de confondre Scott Pearson et Rob Pearson pour la même pearson personne. Mais en plus de leur nom similaire, leur carrière est également très semblable.

 

Robert Gordon Pearson est né le 3 août 1971 à Oshawa. Contrairement à ce qu'on peut penser, il n'est ni le frère, ni le cousin, ni petit-petit-cousin de Scott Pearson, ce choix de première ronde des Maple Leafs en 1988. Rob était pour sa part éligible au repêchage de 1989 mais était considéré comme un choix risqué puisqu'il avait seulement joué 26 matchs en 1988-89 avec les Bulls de Belleville. Il avait toutefois obtenu 20 points lors de ces 26 matchs de cette première saison junior et les Maple Leafs étaient de nouveau intéressés à cet autre Pearson, histoire de probablement compléter le set.

À ce repêchage de 1989, les Leafs détenaient 3 choix de première ronde soit leur propre choix (3ème au total) en plus de deux autres obtenus des Flyers en retour du gardien Ken Wregget, le 12e choix ainsi que le 21e, précédemment obtenu des Flames par Philadelphie. Au troisième échelon, les Maple Leafs firent la sélection d'un choix qu'on disait un joueur de la LNH assuré, celui de Scott Thornton, coéquipier de Pearson avec les Bulls de Belleville. Pearson était toujours disponible au 12e rang, à la grande surprise et satisfaction de l'équipe. Avec leur 3e et dernier choix de première ronde, les Maple Leafs sélectionnèrent une troisième fois chez les Bulls avec la sélection du défenseur Steve Bancroft. 

Il s'agissait de la première et seule fois de l'histoire qu'une équipe sélectionna 3 joueurs de la même équipe en première ronde. Il faut dire que c'est déjà assez rare de posséder 3 choix de première ronde. L'histoire fit les manchettes par la suite et plusieurs rigolèrent des Maple Leafs en disant que leur budget de transport pour le recrutement ne leur permettait que de se rendre jusqu'à Belleville, qui est située à environ 2 heures de la ville reine. Les Leafs déclarèrent toutefois qu'il s'agissait d'un pur concours de circonstances alors que Bancroft n'était pas originalement dans leurs plans mais ils désiraient sélectionner un défenseur après avoir pris deux attaquants et Bancroft était le meilleur disponible selon eux. 

Je me garde de parler trop de Bancroft car je l'ai sur ma liste comme possible sujet futur alors n'allez pas trop vous renseigner sur lui pour l'instant...

Pearson continua son stage junior à Belleville et continua de progresser avec 48 buts et 88 points en 58 matchs en 1989-90. La saison suivante, il fut échangé après 10 matchs à l'équipe de sa ville natale, les Generals d'Oshawa. Les Generals avaient également dans leurs rangs un certain Eric Lindros. Jumelé à Lindros, Pearson obtint 57 buts et 109 points en seulement 41 matchs ainsi qu'une place sur la première équipe d'étoiles de la OHL en compagnie de Lindros en voie vers sa propre sélection au repêchage comme premier choix par les Nordiques.


 

Pearson était finalement prêt à faire ses débuts dans la grande ligue en 1991-92 et il s'en sortit assez bien à sa saison recrue. Les Leafs espéraient qu'il devienne un attaquant de puissance et qu'il apporte de la robustesse, un peu ce qu'il démontrait avec Lindros dans le junior, malgré qu'il n'avait évidemment pas le même potentiel offensif. Il obtint 14 buts et 24 points en 47 matchs à Toronto et 29 points en 27 matchs dans la ligue américaine pour cette première saison professionnelle.

Pearson joua ensuite parfaitement son rôle en 1992-93 alors qu'il obtint 23 buts (4e rang chez les Leafs), 14 passes pour 37 points en plus de mener l'équipe avec 211 minutes de pénalité. Il obtint également 2 buts et 2 passes en 14 matchs des séries. 

Des blessures le limitèrent ensuite à 67 matchs en 1993-94 et sa production diminua à 12 buts. Il demeura toutefois au premier rang pour les minutes de pénalité avec 189. Suite à une autre saison où les Leafs s'inclinèrent en finale de conférence, l'équipe décida de sacrifier Pearson pour obtenir Mike Ridley des Capitals.

Comme plusieurs des hommes forts de la LNH des années 90, les seuls extraits vidéos qu'on peut retrouver de lui sont des bagarres. En voici une où on se demande bien ce qu'il lui a passé par la tête alors qu'il venait de terminer sa bagarre avant d'en redemander en s'en prenant à Ron Hextall des Flyers qui était tout pénard devant son filet...


Il joua 32 matchs avec les Capitals durant la saison écourtée de 1995, une saison décevante où il ne marqua aucun but et obtint seulement 6 mentions d'assistance. Les Caps le retournèrent dans les mineures la saison suivante. Pearson rebondit toutefois assez bien avec 42 points en 44 matchs avec le club-école. Les Blues de St.Louis décidèrent alors de faire son acquisition en retour de l’attaquant Denis Chassé.

Il revint donc dans la LNH et obtint 6 buts et 10 points en 27 matchs. Il débuta la saison 96-97 à St.Louis mais fut retourné dans les mineures pour de bon après seulement 18 matchs.

Il termina la décennie dans la IHL avec des séjours avec les Lumberjacks de Cleveland, les Solar Bears d'Orlando et les Ice Dogs de Long Beach. Il aida les Solar Bears à atteindre la finale de 1999 dans une cause perdante. Il prit une année sabbatique en 2000-01 mais revint sur la scène en 2001-02 en europe avec les Lions de Francfort dans la ligue Allemande où il joua une dernière saison avant de prendre sa retraite.

Il devint plus tard entraineur des Ridgebacks de l'Université de l'Ontario et est présentement entraineur dans la OJHL.

En 269 dans la LNH, Pearson a obtenu 56 buts et 54 passes pour 110 points et 645 minutes de pénalité. Il n'a jamais joué avec Scott Pearson, ce dernier étant échangé aux Nordiques en 1991. Il n'a jamais rejoué avec Scott Thornton non plus, lui ayant été échangé aux Oilers dans l'échange amenant Grant Fuhr et Glenn Anderson à Toronto.

Voici pour conclure un petit reportage de sa dernière année junior à Oshawa avec Lindros où l'on apprend qu'il aurait pu aussi devenir joueur de piano...


Sources:
CAPITALS TRADE RIDLEY TO LEAFS AMID DRAFT
, Washington Post, 29 juin 1994That time the Maple Leafs drafted three Belleville Bulls in Round 1, Sportsnet, 23 juin 2017