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samedi 28 mars 2026

La Collection de cartes LVEUP


  

Voici un projet que je peaufine depuis quelques mois et qui vient finalement d'être complété: la collection de cartes exclusive «La vie est une puck». Ça faisait un bon moment que je désirais concevoir ce projet et cet hiver qui s'éternise était le bon moment de réaliser tout ça.

Cette collection contient du contenu LVEUP à son meilleur. On a réussi à trouver une assez bonne quantité de photographies du domaine public qui se portaient merveilleusement bien à être adaptées sous forme de cartes de hockey. En écrivant les résumés sur ces joueurs et ces équipes au verso des cartes, je me suis rendu compte que l'ensemble de ces cartes représente bien le genre de contenu que La vie est une puck vous a habitué depuis plus de 15 ans. Pour plusieurs de ces joueurs, il s'agit probablement rien de moins que de leur première carte de hockey...

Cliquez ici pour accéder à notre boutique. 

Je ne veux pas «spoiler» l'ensemble des 50 cartes ici mais en voici une en détail pour vous donner un preview:




 On a ici le norvégien Bjørn Skaare, qui avait d'ailleurs eu droit à un texte de Martin ITFOR en 2010

Parmi ces 50 cartes, on retrouve bien sûr quelques membres du Temple de la Renommée, dont certains demeurent assez méconnus. Il y a beaucoup de joueurs de ligues mineures obscures et défuntes comme la Pacific Coast Hockey League, cette ligue mineure-pro de l'ouest nord-américain qui ne fit pas long feu dans les années 40. Il y a aussi plusieurs équipes et ligues défuntes qui sont bien représentées, comme l'ancienne Western Hockey League, la International Hockey League des années 20 et la ligue concurrente de la LNH à ses débuts, la Pacific Coast Hockey Association (PCHA). 

Il y a aussi bien sûr quelques équipes défuntes de la LNH comme les Pirates de Pittsburgh ou les Americans de Brooklyn. 

Il y a aussi des équipes comme les très éphémères Rockets de Philadelphie, qui n'ont existé que trois misérables saisons médiocres dans la AHL:


Donc j'espère que ce projet vous intéressera et que vous aurez l'envie de vous procurer cette collection unique en son genre. Je ne vous garantis pas que vous allez vous mettre riche (quoique on sait jamais), mais vous aiderez à encourager LVEUP dans nos divers projets et à continuer encore plusieurs années. Qui sait, peut-être y aura-t'il davantage de cartes dans une autre série dans le futur?  

Il n'y a qu'une petite quantité de copies de la collection pour l'instant et tout ça est assemblé à la main par moi-même, incluant l'emballage. La collection est disponible en paquets de 5 cartes (7,50$ + shipping) ou bien la collection complète de 50 cartes pour seulement 35$ (+shipping).

La collection vient dans un petit cahier style «duo-tang» en plastique rigide, comme ceci:

 

Ou, si vous ne désirez pas avoir la collection au complet, pensez à commander quelques paquets, le shipping n'est pas aussi dispendieux pour ces derniers:

Au plaisir de voir votre nom sur une enveloppe prochainement. Comme d'habitude, j'envoie également quelques petites surprises avec chaque commande...

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mercredi 30 décembre 2020

Les grands voyageurs #1: David Ling


 
 
Voici aujourd'hui le premier tome d'une nouvelle série sur ce blog, soit sur ces joueurs qu'on qualifie de vagabonds, nomades ou globe-trotters mais surtout passionnés et résilients. On surnomme souvent ces joueurs des ''journeymen'' et on les retrouve à tous les niveaux du hockey professionnel. C'est un sujet qui me fascine et j'ai déjà traité de plusieurs de ces messieurs dans le passé par exemple avec Grigori Panteleev, Mike Sillinger, Gary ''Suitcase'' Smith , les jumeaux Ferraro ou même Brent Gretzky.

Mais aujourd'hui je crois que le choix n'était que trop évident de consacrer ce premier tome à nul autre que le légendaire David Ling.


David Gregory Ling est né à Halifax le 9 janvier 1975 mais sa famille déménagea à l'Île-du-Prince-Édouard quand il était enfant. Il commença ainsi son stage junior un peu loin des radars dans la Ligue Junior A des Maritimes à Charlottetown, où il domina dès l'âge de 15 ans avec une saison de 33 buts, 75 points et 270 minutes de pénalité en seulement 30 matchs. Il gradua ensuite dans la OHL en 1992-93 avec les Frontenacs de Kingston et connut une bonne première saison avec 63 points en 64 matchs. Il figurait également au 3e rang de la ligue avec ses 275 minutes de pénalité.

Frontenacs de Kingston (OHL)
(1992-95)

Ling était un joueur qualifié de ''dirty'' ou ''salaud'' si vous préférez. Il était très combatif et versatile dans le sens qu'il marquait autant avec ses points qu'avec ses poings. Il était cependant loin d'être un prospect garanti pour la LNH par sa petite taille à 5'-9''. Les Nordiques en firent toutefois un choix tardif de 7e ronde (179e au total) au repêchage de 1993. Il enchaîna ensuite deux autres excellentes saisons junior avec les Frontenacs, dont sa dernière en 94-95 où il mena la OHL avec 61 buts. Il termina également 3e pour les points avec 135. Il se mérita ainsi le trophée ''Red Tilson'' remis au MVP de la OHL ainsi que le titre du joueur de l'année dans le hockey junior canadien.

Ces accolades au junior ne firent toutefois pas monter sa cote dans la LNH. Il débuta ensuite son parcours professionnel, mais pas dans l'organisation des Nordiques, étant plutôt échangé aux Flames de Calgary en retour d'un choix de 9e ronde en juillet 1995. Il s'agissait de la première transaction de l'Avalanche après son déménagement de Québec. 

Il passa une saison complète dans l'organisation des Flames mais joua plutôt près de sa patrie, avec les Flames de Saint-John (Nouveau-Brunswick) dans la AHL. Il fut ensuite échangé de nouveau, soit en octobre 1996 aux Canadiens de Montréal en retour de Scott Fraser..

Canadiens de Montréal/Fredericton
(1996-98)


Il passa ensuite deux saisons dans l'organisation montréalaise, mais la plupart du temps à Fredericton (encore près de sa terre natale). Il disputa quand même ses premiers matchs dans la LNH avec le CH mais il ne joua au final que 3 matchs en deux saisons avec le grand club, sans récolter de point. 

Malgré qu'il faisait bien dans la Ligue américaine (66 points en 67 matchs), les Canadiens l'échangèrent aux Blackhawks en mars 1998 en retour de Martin Gendron. Il ne parvint pas non plus à faire le line-up des Blackhawks, alors qu'il passa le restant de la saison dans la IHL, où il joua les trois saisons suivantes, passant des Blackhawks à l'organisation des Stars de Dallas en 2000-01.

Incapable de se rendre à la LNH durant cette ère de trappe et d'obstruction où les petits joueurs ne faisaient pas long feu, Ling ne pensait plus retourner dans la LNH. Il eut cependant un petit coup de pouce de ses contacts en 2001-02 lorsqu'il fut invité à se joindre au Crunch de Syracuse, le club-école des Blue Jackets, alors à leur deuxième année d'existence. 

Aux commandes du Crunch se trouvait son ancien coach à Kingston, Gary Agnew, tandis que le DG et l'assistant-coach des Blue Jackets étaient des compatriotes de l'I-P-É, soient Doug MacLean et Gerard Gallant. 

Il eut dont probablement droit à un peu de pushing et de favoritisme régional, mais Ling parvint à se faire une petite niche dans l'organisation pendant trois saisons où il fit la navette entre la AHL et la LNH. Il joua d'abord 5 matchs en 2001-02 avec les Blue Jackets sans récolter de point. Ensuite il marqua finalement son premier but en 2002-03 avec une fiche de 3-2-5 en 35 matchs ainsi que 86 minutes de pénalité. Il était également capitaine du Crunch durant cette même saison. Ces 5 points furent toutefois sa meilleure récolte dans la LNH. Son rôle dans la LNH demeurait celui d'un pugiliste tandis qu'il était un marqueur et un leader dans l'AHL. Il put toutefois disputer la majorité du calendrier 2003-04 avec les Blue Jackets où il joua 50 matchs (fiche de 1-2-3 et 98 minutes de punition.)

Capitaine et marqueur à Syracuse (AHL)
(2001-04)

Pugiliste dans la LNH à Columbus (LNH)
(2001-04)


Son contrat échu avec les Blue Jackets, Ling signa avec les Maple Leafs pour la saison 2004-05 mais comme la saison fut annulée, il retourna dans la AHL, cette fois à St.John's (Terre-Neuve). Il ne manquait alors que la Nouvelle-Écosse pour compléter son parcours dans toutes les provinces maritimes. Il mena St.John's pour les points avec 88 en 2004-05. Il ne le savait pas encore mais cette saison marqua le véritable début de sa légende de joueur nomade. Il débuta en effet avec les Maple Leafs un long parcours que je vais essayer de résumer le plus brièvement possible tout en gardant quelques éléments croustillants au travers.


Dynamo de Moscou (Superligue)
(2006-07)

 

Comme il n'y avait pas de place pour lui à Toronto à la reprise des activités de la LNH, il quitta donc pour la Superligue de Russie en 2005-06 avec le Spartak de Moscou. En fait, il devait s'aligner avec le Dynamo de la même ville mais ces derniers refusèrent de lui faire signer un contrat avant qu'il ne fasse d'abord un essai de quelques matchs sans salaire. Le Spartak, avec l'aide de son ancien coéquipier Tyler Moss, allèrent donc le voler au Dynamo avec une vraie offre en argent cash...

Il alla cependant rejoindre le Dynamo en 2006-07 et y joua un an. Il revint toutefois au Canada pour être plus près de son père malade l'année suivante et s'aligna donc à nouveau dans l'organisation des Maple Leafs, cette fois avec les Marlies de Toronto dans l'AHL. Il mena d'ailleurs les Marlies pour les points cette année-là. Ses ambitions de retourner dans la LNH étaient toutefois bien derrière lui et il repartit de plus belle en Europe en 2008-09, d'abord en Suisse avec le EHC Biel, et ensuite en Finlande avec le Jokerit d'Helsinki.

Il retourna en Russie pour la saison 2009-10, dans la nouvelle KHL, cette fois avec le Amur Khabarovsk. Il y débuta également la saison suivante, mais quitta la Russie pour toujours avec un autre retour dans la AHL avec les Bruins de Providence pour terminer la saison.

Maple Leafs de St. John's (AHL)
2004-05


 
Blades de Kansas City (IHL)
(1998-2000)

Jokerit d'Helsinki (SM-Liiga)
(2008-09)

Bruins de Providence (AHL)
(2010-11)


 

Il opta ensuite de jouer en Italie avec le HC Val Pusteria, où il joua un an et remporta le championnat d'Italie.

Ensuite, histoire de ne pas s'éterniser trop longtemps dans le même pays plus d'une saison, il fit le saut dans la ligue britannique avec les Panthers de Nottingham. Si vous suivez le compte depuis le début vous vous rendez peut-être compte qu'en plus d'amasser les équipes, Ling avançait également en âge. Il était alors en 2012-13 âgé de 37 ans, et les Panthers lui offraient la chance de jouer tout en lui donnant l'opportunité de préparer son après-carrière. Il décida alors de compléter son MBA (Diplôme en administration des affaires) à l'Université. Fidèle à son habitude, Ling mena les Panthers et la ligue britannique avec 34 buts, 55 passes et 89 points en 52 matchs.

Panthers de Nottingham (EIHL)
(2012-13, 2015-16)



Il devint ainsi un joueur culte à Nottingham où en plus de mener la ligue, il mena les Panthers au championnat de la ligue et fut nommé joueur de l'année. Il devint également une certaine sensation virale, alors qu'un vidéo de lui en train de faire semblant de faire du ski nautique derrière une zamboni circula beaucoup sur les réseaux sociaux...



Bon, j'espère que vous avez pris un petit break avec cet interlude rigolo au Royaume-Uni, parce que ce n'est pas vraiment terminé pour David Ling. Avec son diplôme en poche, Ling se retira du hockey professionnel et retourna en 2013 dans les maritimes travailler pour la commission des alcools de l'I-P-É. tout en jouant toujours au niveau senior, avec les Cee Bee Stars de Eastlink à Terre-Neuve...

Il ne sembla pas garder cet emploi très longtemps puisqu'il termina la saison 2013-14 avec un retour en Italie avec le HC Val Pusteria, son club de 2011-12...

Après une autre courte retraite au début de la saison 2014-15, survint l'appel de la ECHL. En manque de joueurs à la mi-saison, le Beast de Brampton signa Ling pour terminer la saison. Alors âgé de 40 ans, Ling fit très bien contre des joueurs âgés de la moitié de son âge, alors qu'il récolta 9 buts et 41 points en 46 matchs. C'est alors que l'on vit apparaître ce qui est selon moi un des meilleurs surnoms de l'histoire du hockey alors que Ling fut surnommé ''Linger''. Librement traduit, le verbe «to linger» signifie ''qui s'éternise'' ou bien ''qui résiste ou s'oppose à disparaître ou se terminer''

HC Val Pusteria (Serie A - Italie)
(2011-12, 2014)



C'est aussi en 2014-15 que Linger cimenta à jamais sa légende dans les ligues mineures, alors qu'il effectua le tour de maître de disputer 5 matchs en 5 soirs. 

Également en manque de joueurs lors d'un voyage sur la route, les Barons d'Oklahoma City de l'AHL firent appel à Ling pour quelques matchs en mars 2015. En bon coéquipier, il ne voulait cependant pas laisser le Beast au dépourvu mais ne voulait aussi pas laisser passer la chance de retourner dans la AHL à l'âge vénérable de 40 ans... Il s'arrangea donc pour planifier tout un road trip. 

Il joua d'abord le mercredi soir avec les Barons contre les Marlies à Toronto. Comme Brampton n'est pas trop loin de la ville reine, il revint à temps pour le match du lendemain du Beast contre le Rush de Rapid City. Il joua ensuite le vendredi de retour dans la AHL alors que les Barons jouaient à Utica dans l'état de New York, et ensuite le samedi soir contre les Flames d'Adirondack. Il fit ensuite le trajet du retour (en voiture je vous le rappelle) où il fit une escale à Syracuse pour dormir et arriver à temps pour le match du dimanche après-midi à Brampton encore contre le Rush de Rapid City...

Évidemment, vous vous doutez que tout ce mouvement et cette vie de nomade ne devaient pas être idéal pour la vie de familiale et personnelle de Linger... En juillet 2015, il fut arrêté en Floride pour un épisode de violence domestique et de désordre public dans un hôtel de Miami. Il fut libéré le lendemain et les accusations furent plus tard retirées par la plaignante. Ling a d'ailleurs plusieurs ex-épouses et sa vie de hockeyeur nomade semble être la cause de plusieurs de ses divorces.

Petits déboires à Miami (2015)

Après cette saison mouvementée de 2014-15, les Panthers de Nottingham voulaient ravoir leur ancien joueur vedette. Il revint donc en Angleterre pour 2015-16, mais quitta l'équipe à la mi-saison, désirant se rapprocher de ses fils en Ontario. Il termina donc la saison en effectuant un retour avec le Beast. L'équipe venait à ce moment de commencer son affiliation comme 2e club-école du Canadien. Donc 20 ans après ses premiers matchs dans la LNH à Montréal, Ling retrouva un logo du CH sur son uniforme... Toujours efficace, il obtint 42 points à Nottingham et 17 points en 26 matchs à Brampton en 2015-16.

La saison suivante, le Beast n'avait plus de place pour Linger alors qu'il y a un nombre limite de joueurs vétérans à respecter dans la ECHL. Ling croyait alors que son parcours professionnel était finalement terminé et s'établit donc à Hamilton, lui qui ne voulait plus jouer outre-mer ou même loin de la région de Toronto ou du nord-est américain. Il n'avait toutefois pas dit adieu au hockey et joua quelques matchs au niveau senior avec les Generals de Stoney Creek au début de la saison 2016-17. Cependant, surprise! Le Beast avait encore besoin de joueurs à la mi-décembre... Ling termina de nouveau la saison à Brampton avec une fiche de 9-11-20 en 39 matchs.

En 2017-18, Ling était désormais habitué au refrain et avait cessé de déclarer à sa famille et ses amis qu'il avait terminé de jouer. Après quelques semaines au niveau senior avec les Steelhawks d'Hamilton dans la ligue de la Allan Cup, «v'la ti pas» le Beast qui rapplique et rappelle Ling à la mi-saison. Ling déclara aux journalistes que c'est par respect pour le Beast et son entraîneur qu'il revint et qu'il ne jouerait nulle part ailleurs qu'à Brampton. Il déclara également: ''Parfois, je me sens encore comme si j'avais 29 ans...''  

Il joua 12 matchs avec le Beast en 2017-18, récoltant 1 but et 8 points. Il était alors âgé de 43 ans et devint le plus vieux joueur de l'histoire de la ECHL.

Beast de Brampton (ECHL)
(2014-2018
)
 

Quittons alors la carrière de Ling un moment et allons-y avec un petit épisode personnel. Anyway, il doit bien avoir fini à moment donné non? Nous sommes alors en 2018-19 et Ling semble effectivement absent des statistiques de EliteProspects ou hockeydb. De mon côté, je scrute davantage à ce moment les Marquis de Jonquière dans la LNAH, seule équipe intéressante (avec les Sags) que je peux voir à proximité de ma ville à Alma. Mais bref, dans un communiqué publié sur Facebook, «re-v'la-ti-pas» que les Marquis font signer en novembre 2018 un contrat à nul autre que motherfucking David ''Linger'' Ling...  Holy shit. 

Les Marquis voulaient profiter de la dernière journée de signature de joueurs autonomes dans la LNAH pour apporter des renforts à l'équipe. 

Petite parenthèse ici alors qu'au même moment de cette signature, il y avait en coulisses la situation de l'éphémère équipe américaine des Blackjacks de Berlin (au New Hampshire) qui préoccupait la LNAH et ses fans. Après seulement 10 pénibles matchs au début de la saison 2018-19, l'équipe des Blackjacks fut abandonnée par ses propriétaires par manque de soutien et de fonds et la LNAH prit alors contrôle de la franchise. Plutôt que de dissoudre l'équipe et disperser les joueurs, la LNAH opéra l'équipe le temps de trouver un nouveau propriétaire, un nouveau commanditaire et surtout une nouvelle ville. Les Blackjacks devinrent donc pendant quelques semaines le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' et opérèrent comme équipe itinérante, jouant à ''domicile'' dans l’amphithéâtre des autres équipes...

Inutile de vous dire que je jubilais. Non seulement j'allais avoir la chance de voir et payer mes hommages à un Linger de 43 ans (et bientôt 44 à ce moment) dans l'uniforme vert des Marquis, mais en plus j'aurais la chance de réaliser un rêve de geek de voir un match d'une équipe itinérante! C'était le rêve. Moi qui suis fasciné par ce rare phénomène des équipes qui n'ont pas pu terminer leur saison ou qui jouent exclusivement sur la route... J'allais avoir ma chance lors de ce match du samedi 1er décembre 2018 alors que David Ling et les Marquis étaient en ville (dans leur propre ville mais comme visiteurs) pour affronter le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' au Palais des Sports de Jonquière.

Malheureusement, je ne me rappelle plus vraiment pourquoi mais je n'ai pas pu assister à ce match. Je pense me souvenir qu'on recevait de la visite à la maison ce soir-là, donc je ne pouvais pas y aller. Mais je me disais que j'allais pouvoir me reprendre dans les semaines suivantes alors que la situation des Blackjacks était encore floue. Sinon je pouvais quand même me rabattre avec un autre match de Ling contre une autre équipe, j'aurais quand même été heureux. 

Encore ici, malheureusement non. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement mais le séjour de Linger à Jonquière n'aura pas porté fruit et n'aura duré que seulement deux matchs, où il ne récolta aucun point et aucune minute de pénalité en plus de terminer à -2. Son dernier match dans ce circuit aura donc été celui que j'ai raté contre les ex-Blackjacks itinérants. Ce rendez-vous manqué avec le destin demeure à ce jour une profonde source de honte pour moi...

Pour ajouter à l'injure pour moi qui adore mettre des photos dans ces articles, je n'ai même pas réussi à trouver de photos de Linger avec les Marquis...

Il quitta donc Jonquière et retourna à Hamilton. Je n'ai jamais trouvé de communiqué de l'équipe ou même un seul tweet explicatif de la part de Ling... Et quelques semaines plus tard, le ''Pétrole et Propane Bélanger de la LNAH'' s'installa à St-Jérôme et se rebaptisa une troisième fois durant la saison, devenant les Pétroliers du Nord de St-Jérôme et tout le monde tourna la page... sauf moi et mes rêves de geek de hockey brisés à tout jamais...

Steelhawks d'Hamilton (ACH)
(2017-2020)

 
Pour sa part et bien pensez-vous que Linger en avait fini du hockey? Et bien non. Il termina la saison de nouveau au niveau senior en faisant un retour avec les Steelhawks d'Hamilton. Il fut même le joueur qui récolta le plus de minutes de pénalité dans cette ligue en 2018-19. 

Il y joua encore tout récemment en 2019-20 où il récolta 6 buts, 18 passes et 24 points en 14 matchs. J'ignore si leur saison dut être annulée à cause de la pandémie mais je crois que même la Covid ou une météorite destructrice ne pourront arrêter David Ling de jouer... Il doit certainement s'être construit une patinoire dans sa cour et doit même y jouer en ce moment-même.

En fait, je crois savoir pourquoi il a quitté les Marquis puisque il est depuis 2018 à l'emploi de IG Wealth Financial comme planificateur financier pour la région d'Hamilton. C'est donc probablement terminé les longs voyages en autobus pour Linger.

Quoique...



Au final, David Ling aura joué professionnellement (ou semi-professionnellement) pendant 23 ans soit depuis sa première saison dans la AHL en 1995-96 jusqu'à sa fin de parcours en décembre 2018 avec les Marquis. Si on inclut ses années et équipes junior en plus de ses équipes outre-mer, semi-pro et senior, on arrondit à 29 ans et il aura porté en tout l'uniforme de 27 équipes au sein de 16 ligues différentes...

Il demeure le dernier joueur repêché par les Nordiques à avoir joué professionnellement. Il m'est difficile de vérifier, mais je crois également qu'il est aussi le dernier joueur actif à avoir joué dans la IHL.

Sa fiche dans la LNH fut de 4 buts et 4 passes pour 8 points en 93 matchs et 191 minutes de pénalité.
Sa fiche combinée dans les mineures et en Europe fut de 385 buts, 732 passes pour 1117 points et 2710 minutes de pénalité.

Son numéro 17 fut retiré par les Frontenacs de Kingston.



Sources:
David Ling trades skates for suits, Habs eyes on the price, 24 avril 2020
David Ling: “Have Skates, Will Travel”, PEI Pucks
No One Loves Hockey Quite Like ECHL's Eldest Statesman David Ling, VICE, 20 avril 2017
Former Frontenac Ling arrested in Florida, The Kingston Whig Standard, 29 juillet 2015
Court in U.S. drops charges against P.E.I. hockey player, The Guardian, 29 septembre 2015
David Ling signe avec les Marquis,
Le Quotidien, 16 novembre 2018
Beast forward Ling,40, plays five games in as many days, Brampton Guardian, 31 mars 2015

dimanche 13 décembre 2020

Joueur oublié des 90's #44 - Jayson More

 


Il y a de ces sujets dont je ne me lasserai probablement jamais. Le meilleur exemple, vous le connaissez surement, c’est l’interminable et intarissable sujet des déménagements, fusions et défusions des franchises des Golden Seals / Barons / North Stars et ensuite des Sharks. J’en ai parlé 1 million de fois et c’est d’ailleurs en cherchant sur les Barons que je suis tombé sur ce blog il y a genre 10 ans. En fait pour les Barons, si je trouvais quelque chose d'intéressant sur leurs fournitures de bureau ou sur celui qui faisait leur nettoyage à sec, je finirais par en parler.
 
Quoi que je fasse, on dirait toujours que j’y retourne à moment donné. En reparlant à nouveau du repêchage spécial d’expansion de 1991 dans mon texte sur Alan Haworth en septembre dernier, je suis tombé sur le nom du défenseur Jayson More, un des membres des Sharks pour leur saison inaugurale de 1991-92 qui fut obtenu du Canadien au repêchage d'expansion. Je croyais qu'il n'était qu'un coup raté de la part des Sharks alors que de meilleurs joueurs étaient disponibles et que j'ignorais s'il avait joué à Montréal ou dans la LNH par la suite. Mais sans tambours ni trompettes, More fut tout de même un des bons choix obtenus par les Sharks, du moins en terme de longévité.


 

Jayson William More est né le 12 janvier 1969 dans le petit village de Souris au Manitoba (population de 1800 personnes). Il débuta son stage junior avec les Broncos de Lethbridge en 1984-85 et y joua deux saisons avant de passer aux Wheat Kings de Brandon en 1986. Il partagea ensuite la saison 86-87 avec les Wheat Kings et les Bruins de New Westminster et amassa en tout 37 points en 64 matchs en plus de 217 minutes de pénalité. 

Solide, mobile et costaud sans pour autant être une grosse menace en offensive, More était classé au 26e rang sur la centrale du repêchage. Les Rangers de New York causèrent toutefois une certaine surprise en le sélectionnant au 10e rang du repêchage de 1987. Il joua ensuite une dernière année à New Westminster et connut sa meilleure saison avec 13 buts et 60 points en plus de 270 minutes de pénalité. 

Il fit ensuite le saut chez les professionnels avec les Rangers de Denver, club-école des grands Rangers dans la IHL pour la saison 1988-89. Il joua 62 matchs à Denver et fut rappelé le temps d'un match à New York mais ce fut toutefois le seul qu'il joua avec l'équipe. Au début de la saison 1989-90, les Rangers l'échangèrent aux North Stars du Minnesota en retour d'un autre certain flop du repêchage de 1987, l'attaquant Dave Archibald (6e au total). 

Il passa donc la majorité de cette saison 1989-90 avec le club-école des North Stars à Kalamazoo, ne jouant que 5 matchs au Minnesota sans récolter de points.

Durant ce temps, les propriétaires des North Stars et anciennement des Barons de Cleveland, les frères George et Gordon Gund avaient finalisé leur entente avec la ligue et les North Stars pour se départir de l'équipe en échange d'un club d'expansion pour la saison 1991-92, les futurs Sharks. Ils reçurent également lors de cette entente le droit de partir avec 24 joueurs du système des North Stars. Bobby Clarke, alors nouvellement en poste comme DG des North Stars, avait tout un problème en vue de préparer cette liste de joueurs non-protégés pour les Sharks durant la saison 1990-91. Il déclara même que cette entente était ridicule et qu'il trouvait impossible d'améliorer son équipe avec les mains liées de la sorte.

George Gund - fondateur des Sharks de San Jose et des Barons de Cleveland

Parmi les détails de l'entente, les North Stars avaient le droit de protéger 14 patineurs et 2 gardiens ayant joué au moins 50 matchs dans la NHL avant la fin de la saison 1989-90. Les Sharks pouvaient également choisir trois espoirs non-signés par les North Stars à l'exception des joueurs issus du repêchage de 1990. Comme More n'avait pas encore 50 matchs de joués dans la LNH, les North Stars ne pouvaient le protéger et devaient donc exposer un joueur plus expérimenté à sa place. Ils décidèrent donc de l'échanger pour un joueur qui leur permettrait d'avoir plus d'options soit d'être sur cette liste de joueurs protégés avec 50 matchs en carrière ou bien d'être laissé non-protégé pour les Sharks.

Au même moment, le Canadien avait un problème dans sa cour avec le gardien Brian Hayward qui refusa de se rapporter à l'équipe au début de la saison. Insatisfait de son temps de jeu et d'être considéré comme gardien numéro 2 derrière Patrick Roy, il demanda d'être échangé. Les North Stars trouvèrent donc un bon partenaire d'échange et envoyèrent More au CH en retour d'Hayward dans un échange un contre un. More se rapporta donc avec les Canadiens de Fredericton pour le restant de la saison 90-91 pendant qu'Hayward connut une saison médiocre au Minnesota (fiche de 6-15-3) comme numéro 2 derrière Jon Casey.


Mais Bobby Clarke avait ainsi un atout supplémentaire dans sa liste de joueurs non-protégés. N'ayant pas vraiment de plans d'avenir pour lui, Hayward fut donc laissé sans protection et fit donc partie des 24 joueurs sélectionnés par les Sharks.

Après ce repêchage de ''dispersion'' entre les North Stars et Sharks, les deux équipes purent prendre part à un repêchage d'expansion traditionnel quoique les North Stars n'étaient pas une équipe d'expansion... Les 20 autres équipes de la ligue avaient le droit de protéger chacune 2 gardiens et 16 patineurs et les Sharks et North Stars allaient pouvoir chacun choisir 10 joueurs soit 1 joueur par équipe.

Jean Béliveau aurait pu revenir au jeu
à  60 ans avec les Sharks

Parmi les exigences requises, les autres équipes de la LNH se devaient d'offrir au moins un gardien ayant joué un match dans la ligue ainsi qu'un attaquant et un défenseur avec au moins 40 matchs, séries incluses. Il y avait également une technicalité totalement absurde faisant en sorte que des joueurs à la retraite pouvaient également se retrouver sur ces listes. 

On retrouvait alors pour ce repêchage d'expansion de 1991 le nom de quelques jeunes blanc-becs disponibles comme Jean Béliveau, Denis Potvin, Yvan Cournoyer, Ken Dryden, Mats Naslund et Bill Barber. Et parmi d'autres joueurs disponibles pour Bobby Clarke et son entraîneur Bob Gainey au Minnesota, on retrouvait... Bobby Clarke et Bob Gainey.

Au final je ne comprends toujours pas pourquoi la ligue avait laissé passer cette absurdité mais au final le repêchage eut lieu et le Canadien, qui avait abusé du système avec des joueurs des dynasties passées, avait tout de même quelques bons joueurs actifs parmi lesquels choisir dont Brent Gilchrist, Jean-Jacques Daigneault, Ryan Walter et Sylvain Lefebvre. Avec leur sélection du CH, les Sharks choisirent plutôt Jayson More... 

Et ce même si Pierre Mondou et Mario Tremblay étaient aussi disponibles...

Et tant qu'à faire, pourquoi les Canadiens n'ont pas aussi offert Maurice Richard, Elmer Lach ou Joe Malone? Ce dernier était techniquement décédé depuis 1969 mais je parie que ça aurait été aussi légal avec la ligue.

Voici la liste complète des joueurs disponibles. Remarquez que les Sharks auraient aussi pu sélectionner Michel Goulet, Mark Howe ou Bryan Trottier.

Le Soleil, 30 mai 1991
Cliquez pour plus grande résolution



Bref le CH s'en sortit bien en ne perdant que More qui n'aura joué aucun match avec eux et seulement 57 à Fredericton où il obtint 7 buts et 17 passes.

Mais pourquoi les Sharks ont-il choisi More, un défenseur avec seulement 6 matchs dans la LNH au lieu d'un autre jeune défenseur ayant davantage de potentiel et/ou d'expérience comme Daigneault, Lefebvre ou encore Donald Dufresne? Et bien la réponse se trouvait à San Jose, où en plus de se retrouver avec celui qui fut échangé contre lui, Brian Hayward, More retrouva aussi le directeur général Jack Ferreira.

Ferreira était l'ancien DG des North Stars qui fit son acquisition des Rangers en 1989. Lorsque l'accord entre la ligue et les frères Gund fut conclu, Ferreira quitta le bateau et joignit les Gunds pour cette nouvelle aventure à San Jose, ce qui amena Clarke au Minnesota. Ce dernier n'avait pas autant d'attachement pour More et c'est pourquoi il fut échangé contre Hayward. Mais ce n'était pas la première fois que More et Ferreira se croisèrent puisque avant d'être DG des North Stars, Ferreira était directeur du développement des joueurs chez... les Rangers. C'est même lui qui aurait convaincu l'état major des Rangers de le repêcher d'avance au 10e rang.

Quoiqu'il en soit, More put enfin s'épanouir à San Jose et fut un bon soldat avec l'équipe pendant 5 saisons. Même après le départ de Ferreira après la première saison d'existence des Sharks. Ironiquement, Ferreira quitta pour occuper ensuite le poste de directeur du recrutement chez le Canadien en 1992-93. More joua à San Jose jusqu'à l'aube de la saison 1996-97 lorsqu'il fut échangé aux Rangers dans un échange envoyant Marty McSorley aux Sharks. 

Seulement deux joueurs parmi ceux de l'édition inaugurale des Sharks de 1991-92 sont restés plus longtemps que More soit Ray Whitney et le gardien Wade Flaherty. Cependant, Whitney n'avait joué que 2 matchs et seulement 3 pour Flaherty, passant tous les deux la majorité de l'année dans les mineures. La plupart des joueurs obtenus des North Stars et du repêchage d'expansion ne jouèrent pas au-delà de cette saison 1991-92 avec les Sharks. Et du lot, seul More et Arthurs Irbe se rendirent jusqu'en 1996 avec l'équipe. Whitney était un choix de repêchage tandis que Flaherty était agent libre.

More connut d'ailleurs sa meilleure saison en 1991-92, sa saison recrue, avec 4 buts et 13 passes en 46 matchs. Il connut ensuite son sommet pour les buts en 1992-93 avec 5. Il fit partie des débuts modestes des Sharks au vieux Cow Palace de San Francisco et la saison record de 71 défaites en 91-92 mais aussi la présence surprise des Sharks et l'élimination encore plus surprise des Red Wings en première ronde des Séries de 1994.


Il fit donc un retour à New York en 1996-97 mais cela ne dura que 14 matchs alors qu'il passa aux Coyotes de Phoenix en retour de Dallas Eakins et Mike Eastwood. En 97-98, les Coyotes l'envoyèrent aux Blackhawks en compagnie de Chad Kilger en retour de Jim Cummins et Keith Carney.

Il retourna ensuite avec un club d'expansion mais cette fois-ci ce ne fut pas lors d'un repêchage alors qu'il signa comme agent libre avec les Predators de Nashville pour leur saison inaugurale en 1998-99. Il subit toutefois une commotion lors d'un match contre son ancienne équipe, les Sharks. Incapable de se remettre des symptomes post-commotion, il dut prendre sa retraite prématurément à 28 ans. Il intenta d'ailleurs une poursuite envers les Predators pour bris de compensations financières et gagna sa cause et plus de 100,000$ en dédommagements.

Après sa retraite, More fut introduit au temple de la renommée du hockey du Manitoba.

En 406 matchs dans la LNH, Jayson More obtint 18 buts et 54 passes pour 72 points et 702 minutes de pénalité.

 

Après son départ rapide des Sharks en 1992, Jack Ferreira continua son parcours au sein de clubs en construction. Après sa seule année comme directeur du recrutement du Canadien, il quitta pour devenir le premier DG des Mighty Ducks, poste qu'il occupa jusqu'en 1998 sans jamais plus acquérir les services de Jayson More... Il devint plus tard directeur du personnel des joueurs des Thrashers et assistant-GM des Kings de 2007 à 2018, récoltant d'ailleurs deux bagues de la coupe Stanley au passage. Il est présentement conseiller chez le Wild du Minnesota.

Brian Hayward ne joua que 51 matchs après son départ de Montréal. Il ne redevint jamais numéro un, même à San Jose où malgré son masque mémorable, il était troisième violon derrière Jeff Hackett et Arthurs Irbe. Il se retira après la saison 1992-93 pendant que ses anciens coéquipiers remportèrent la coupe et Patrick Roy le Conn Smythe.


Sources:
The Predators Deny Injury Allegations Made By Eric Nystrom
, Ontheforecheck.com
Manitoba Hockey Hall of Fame
Hayward: «J'ai hâte de me retrouver au coeur de l'action», La Presse, Jeudi 8 novembre 1990
Les Sharks pourront repêcher Béliveau... et Lafleur, Le Soleil, 30 mai 1991
San Jose choisit Jayson More, La Presse 31 mai 1991

jeudi 3 décembre 2020

Frank St-Marseille



Ce n’est qu’à l’adolescence que Francis St-Marseille commença à jouer au hockey organisé. Originaire de la région de Sudbury, il travailla à la mine et joua pendant trois ans pour l’équipe de la compagnie.

Jugé trop lent et ignoré par les équipes de la Ligue nationale, St-Marseille quitta sa région natale pour se joindre aux Maroons de Chatham, au niveau senior. L’année suivante, en 1963-64, les Maroons se joignirent à la Ligue internationale. Si l’aventure des Maroons dans l’IHL n’a duré qu’un an, St-Marseille demeura dans cette ligue, en se joignant aux Flags de Port Huron. 

À ce moment, les équipes de l’IHL étaient pour la plupart indépendantes. Les joueurs faisaient ce qu’ils avaient à faire, mais dans la hiérarchie du hockey, leurs performances passaient sous le radar. Ceci n’empêcha St-Marseille d’aligner des saisons de 97, 90 et 118 points, en plus d’aider les Flags à remporter la Coupe Turner en 1966. 

En 1967, la LNH décida finalement d’élargir ses cadres, passant de six à douze équipes. Récemment nommé directeur-gérant des nouveaux Blues de St-Louis, Lynn Patrick était à préparer l’entrée en scène de son équipe à l’automne, lorsqu’il reçut une lettre. Celle-ci était signée par Frédéric St-Marseille, un chanteur d’opéra, qui lui conseillait de jeter un coup à son frère Frank. Comme par hasard, le nouvel entraîneur des Blues, Scotty Bowman, connaissait le gérant des Flags. Il en profita alors pour le contacter. Celui-ci répondit que, bien qu’il ne savait pas s’il était suffisamment rapide pour la Ligue nationale, celui qui fut le troisième meilleur pointeur de la ligue en 1966-67 était l’un des meilleurs de l’IHL. 

Site à cette recommandation, St-Marseille signa ainsi avec St-Louis et malgré un bon camp, il fut assigné à la filiale de Kansas City, dans la Ligue centrale et dirigée par Doug Harvey. 

Les règles du repêchage d’expansion ne furent pas à l’avantage des nouvelles équipes. Du côté de St-Louis, certains vétérans furent décevants et les premiers pas de l’équipe furent décevants. Patrick permit alors à Bowman à faire appel à des forces fraîches de Kansas City. Se souvenant de leur chimie au camp, celui-ci choisit Gary Sabourin et St-Marseille, qu’il put réunir avec Terry Crisp. 

C’est ainsi qu’à 27 ans, St-Marseille fit ses débuts dans la LNH. En plus de son frère chanteur d’opéra, avec un père violoniste, un grand-père baryton et une sœur accordéoniste, pouvait-il faire autrement qu’entrer dans la grande ligue avec une note de musique sur la poitrine? 

Utilisé dans un rôle défensif, St-Marseille marqua tout de même 16 buts en seulement 57 matchs. Il s’agissait tout de même du deuxième total chez les Blues, derrière les 22 de Red Berenson

Les Blues se définirent également comme une équipe de séries. Voulant donner un vernis de respectabilité aux nouvelles équipes, la LNH les mit toutes dans la même division. Comme les premières rondes des séries se déroulaient à l’intérieur des divisions, il y aurait forcément une des nouvelles équipes qui accéderait à la finale. Ce format fut en place pendant trois ans et chaque fois, les Blues furent les représentants de la division ouest (c’est-à-dire les nouvelles équipes) en finale. St-Marseille participa activement à ce fait, en se développant une réputation de joueur de séries. D’ailleurs, lors du tournoi du printemps 1968, seulement le vétéran Dickie Moore (appelé en renfort) obtint un point de plus que les treize de St-Marseille. 

Par contre, à chaque occasion (1968, 1969 et 1970), les Blues furent balayés par l’équipe de la division est (composée des anciennes équipes). 

Sur une base individuelle, St-Marseille vit sa production monter jusqu’à 59 points en 1969-70. Cette performance lui permit ainsi d’être invité au match des étoiles, qui se déroulait d’ailleurs à St-Louis cette année-là. 

En 1972-73, St-Marseille avait de moins en moins de temps de glace. Il demanda donc à être échangé. Il se retrouva alors à Los Angeles en retour de Paul Curtis. Cet échange tourna rapidement en faveur des Kings, puisque ce dernier ne demeura pas longtemps avec les Blues, pendant que St-Marseille eut quelques bonnes saisons dans l’uniforme mauve et or. 

Après dix ans dans la LNH, St-Marseille passa à l’étape suivante, lorsqu’en 1977-78, il fut nommé joueur-entraîneur des Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, la filiale dans la Ligue américaine des Canadiens. Il y passa deux ans, avant de devenir entraîneur-adjoint des Kings pour la saison 1979-80.

De retour au Canada, il fut entraîneur de ses fils. 

Il est maintenant à la retraite et vit dans la région d’Ottawa. 

Sources: 

Dryden Ken, Scotty, A Hockey Life Like No Other, McClelland & Stewart, 2019, pp.161-162, 

“St.Marseille made beautiful music with original Blues” de Jim Thomas, June 11, 2020, St.Louis Post-Dispatch (stltoday.com), wikipedia.org.


lundi 23 novembre 2020

Joueur oublié des 90's #43 - Vladimir Tsyplakov

 


Né le 18 avril 1969, l'attaquant Vladimir Viktorovich Tsyplakov est originaire de la petite ville de Inta dans le nord de la Russie. Il a cependant la nationalité biélorusse et évolua pendant 5 saisons avec le Dinamo de Minsk à partir de sa majorité en 1987-88 jusqu'à la saison 1991-92. Il fit au passage partie de l'équipe junior soviétique des moins de 20 ans (U20) qui remporta la médaille d'or en 1988-89. Il était un attaquant de soutien au sein de cette puissante équipe qui comprenait entre autres Pavel Bure, Alexander Mogilny, Sergei Fedorov, Dmitri Kristich et Sergei Zubov.

Tous ces joueurs furent repêchés et devinrent des vedettes dans la LNH (un peu moins dans le cas de Kristich). Pour sa part, Tsyplakov avait des statistiques moins intéressantes (seulement 1 but lors de ce tournoi) en plus d'évoluer normalement avec une équipe moins scrutée par les recruteurs à Minsk... Il amassa toutefois 63 buts et 47 passes pour 110 points en 202 matchs lors de ces 5 premières années dans la première ligue d'importance en Russie.

 
 
 
Il décida donc qu'il avait aussi des chances de percer dans la LNH comme ses illustres coéquipiers du U20 de 1989, et bien d'autres à cette même époque alors que les Russes avaient désormais la cote après la chute du rideau de fer. Malgré qu'il n'ait jamais été repêché et sans contrat en poche, il décida d'immigrer aux États-Unis en 1992, après avoir été nommé joueur de l'année en Biélorussie, un titre qu'il remportera maintes autre fois durant la décennie.

Il débuta ainsi modestement en Amérique du Nord au sein d'une ligue assez profonde, soit avec les Falcons de Detroit de la défunte Colonial Hockey League (CoHL). Cette ligue en était alors à sa deuxième saison d'existence et avait comme mission de revenir dans les petits marchés délaissés par la International Hockey League après ses années d'expansion et de grandeur (voir texte du 28 janvier 2016). 

Parenthèse explicative ici, la CoHL se renommera sous le nom de la United Hockey League (UHL) en 1997 et ensuite sous le nom vacant de l'ancienne IHL en 2007, six ans après la dissolution de la vieille IHL. La IHL ''2'' ne durera que trois ans avant d'être absorbée par la Central Hockey League, elle aussi une ligue qui avait récupéré le nom d'une ancienne ligue... Cette CHL fut également absorbée par une ligue plus grosse et plus stable, cette fois la ECHL en 2014. Le monde des ligues mineures est fascinant...

Souvenir de la CoHL...

Mais bref Tsyplakov fit ses débuts en Amérique du nord en 1992-93 dans cette fameuse CoHL et s'en sortit bien dans ce calibre inférieur avec une récolte de 33 buts et 76 points en seulement 44 matchs avec les Falcons. Il obtint aussi un essai de quelques matchs avec le Ice d'Indianapolis dans la IHL où il obtint 13 points en 11 matchs. 

Il gradua ensuite dans la IHL avec les légendaires Komets de Fort Wayne, seule équipe toujours active avec les Wings de Kalamazoo à avoir évolué dans cette ancienne CoHL/UHL... Ils avaient en fait quitté la IHL en 1999 pour joindre la UHL, même chose pour Kalamazoo. Fascinant que je vous dit.


Après deux saisons à Fort Wayne où il obtint respectivement 63 et 78 points, c'est finalement en 1995 que Tsylakov fut repêché par un club de la LNH lorsque les Kings en firent leur choix de 3e ronde (59e au total). 

Il devint alors un des rares joueurs d'un club de la IHL à être repêché dans la LNH. Normalement c'était le chemin inverse alors que la IHL avait tendance à rapatrier d'anciens joueurs plus assez bons pour évoluer dans la LNH. Mais pendant quelques années au milieu des années 90, la IHL était une voie quand même possible vers la LNH pour ces joueurs russes plus âgés et donc impossibles à faire évoluer dans le junior ou dans la NCAA. Tsyplakov fait donc partie d'un club assez sélect incluant Dmitri Kvartalnov, Robert Dome, Radek Bonk, Ruslan Salei, Sergei Yerkovich et bien sûr Patrik Stefan, le dernier de cette ligue à avoir été repêché dans la LNH et ce comme premier choix de la LNH au total en 1999... Quand même un bon taux de réussite alors que du lot, seulement Yerkovich ne se rendit pas dans la LNH. 

Tsyplakov est également par le fait même un des seuls joueurs issus de la CoHL à avoir joué plus tard dans la LNH. Les autres furent Denny Lambert (qui y joua 5 matchs) et le gardien Rich Parent.

Il débuta donc dans l'organisation des Kings en 1995-96 et joua sporadiquement au sein de cette équipe en pleine déroute depuis la finale de 1993 et qui verra la merveille Wayne Gretzky quitter l'équipe durant cette saison. Tsyplakov ne joua que 23 matchs mais fit bien avec 5 buts et 5 passes en plus de passer quelques matchs dans la IHL avec le club de Las Vegas affilié aux Kings. Il était à ce moment le troisième joueur né en Biélorussie à se rendre à la LNH après Alexander Andrijevski (1 match en 1992-93) et Oleg Mikulchik (37 matchs avec Anaheim et Winnipeg).


Il devint un joueur régulier des Kings en 1996-97 où il connut une saison de 16 buts et 39 points en plus d'évoluer régulièrement sur le désavantage numérique. Les Kings commencèrent ensuite à remonter la pente en 97-98. Luc Robitaille était de retour après un exil à Pittsburgh et New York et de nouveaux leaders émergèrent comme Mattias Norstrom et Ian Laperrière. Ils eurent également droit à une superbe saison du défenseur Rob Blake qui remporta le trophée Norris. 

 Tsyplakov fit partie de ce renouveau à Los Angeles et continua d'évoluer en 1997-98 où il connut sa meilleure saison avec 18 buts et 52 points. Il termina 3e meilleur pointeur de l'équipe derrière Jozef Stumpel et Glen Murray. Les Kings retournèrent en séries pour la première fois depuis 1993 mais s'inclinèrent en 1re ronde contre les Blues. Il réalisa également un rêve cette année-là en représentant la Biélorussie aux Olympiques de Nagano.

Tsyplakov était davantage un fabricant de jeu et un excellent manieur de rondelle comme vous pouvez le voir sur ce but de Donald Audette (qu'on oublie légèrement qu'il a joué avec les Kings):

Et j'adore celui-ci où il complète une autre beau jeu de son ancien coéquipier de 1989, Dmitri Khristich. 

J'aime particulièrement le commentaire de l'annonceur: ''Dmitri Khristich with a diving pass to Vladimir Tsyplakov who beats Nikolai Khabibulin... there are 48 letters combined involved in this one play...''

Il ne put toutefois répliquer de telles statistiques la saison suivante alors que sa production passa de 52 à 23 points et les Kings ratèrent de nouveau les séries. Il débuta la saison 1999-2000 avec les Kings mais fut échangé aux Sabres de Buffalo contre un choix de 8e ronde au mois de janvier. Il fit bien avec sa nouvelle équipe avec 19 points en 34 matchs. Toutefois une sérieuse blessure au genou survint en 2000-01 et lui fit rater plus de la moitié de la saison. Il termina avec 14 points en 36 matchs, mais les blessures répétées lors des saisons précédentes l'incitèrent à mettre une croix sur son parcours dans la LNH.

Il décida ensuite de retourner à la maison en vue des prochains jeux Olympiques. Il évolua donc avec l'équipe nationale de Biélorussie en 2001-02. Comme la plupart des pays ne pouvaient que compter sur leurs meilleurs joueurs seulement lorsque la LNH se mit en pause pour le tournoi, la Biélorussie eut l'avantage de pouvoir s'entraîner des mois à l'avance et la petite équipe surprit tout le monde durant ces olympiques en éliminant la Suède et en terminant en quatrième place.


Il continua ensuite sa carrière en Russie au sein du Ak-Bars Kazan où il joua durant 3 ans et ensuite avec le CSKA de Moscou où il termina sa carrière en 2005. Il occupa ensuite divers postes d'entraineur ou d'assistant au sein de l'équipe de la Biélorussie nationale et junior et ensuite dans la KHL avec le Dynamo de Minsk et autres clubs. 

Il décéda le 14 décembre 2019 à l'âge de 50 ans. La cause de la mort n'a toujours pas été révélée.

Son numéro fut retiré quelques semaines plus tard par le Dinamo Minsk.





En 331 matchs dans la LNH, Tsyplakov récolta 69 buts et 101 passes pour 170 points. Sur la scène internationale, sa fiche combinée de tous les tournois junior, olympiques et autres est de 61 buts, 58 passes pour 119 points en 121 matchs. 

Lui et Ruslan Salei font figures de pionnier en Biélorussie comme étant les premiers à avoir une carrière significative dans la LNH, influençant entre autres des joueurs comme Mikhail Grabovski et les frères Kostitsyn.

Salei est également mort avant son temps, soit durant l'écrasement d'avion impliquant l'équipe entière du Yaroslavl Lokomotiv en septembre 2011

Sources:
LA Kings Insider
Greatest Hockey Legends
Tsyplakov Dead, IIHF
The Morning Call, 22 janvier 2000


jeudi 19 novembre 2020

Pete Laframboise


Suite à une saison respectable de 72 points avec les 67’s d’Ottawa, l’équipe de sa ville natale, Peter Alfred Laframboise réussit à attirer l’attention des dépisteurs. Au repêchage de 1970, il fut choisi au 2e tour (19e au total) par les pauvres Golden Seals de la Californie. 

Ceux-ci l’assignèrent alors à la Ligue américaine. À sa deuxième année dans ce circuit, avec les Clippers de Baltimore, Laframboise termina en tête des pointeurs de son équipe et au sixième rang de la ligue. Cette performance lui permit d’être rappelé et de jouer ses cinq premiers matchs dans la Ligue nationale. 

L’année suivante, en 1972-73, un exode de sept joueurs vers la nouvelle AMH ouvrit la porte à Laframboise pour se faire une place à Oakland. Comme à son habitude, l’équipe était faible, mais il parvint à apporter sa contribution. 

D’ailleurs, le 3 janvier à Oakland, il se mit particulièrement en évidence. À ce moment, alors que les Seals affrontaient une autre équipe faible, les Canucks de Vancouver, Laframboise marqua quatre buts, ce qui constitua un record d’équipe. D’ailleurs, bien qu’égalé, ce record a tenu jusqu’à la dissolution de la franchise en 1978. En bout de ligne, c’est 11 buts qu’accorda le gardien Bruce Bullock aux Seals. Cette performance de Laframboise et de ses coéquipiers tomba particulièrement à point. En effet, bien qu’il n’y avait que 2702 spectateurs sur place, cette victoire de 11-3 était le premier match de la saison auquel assistait le propriétaire de l’équipe, l’excentrique Charlie O. Finley. Peut-être pensa-t-il que sa formation n’était pas si mal après tout… 

C’est ainsi que le quart des buts qu’il marqua au cours de cette année furent comptés lors de ce match.

Lors de la saison qui suivit, Laframboise ne parvint pas à s’approcher de ce total de 16 buts. En fait, il dut se contenter de 7. C’est ainsi que les Seals décidèrent de le laisser sans protection pour le repêchage d’expansion de 1974. Il fut alors choisi au 10e rang par les nouveaux Capitals de Washington. 

Si Laframboise n’était pas en uniforme pour le premier match de l’histoire des Capitals (une défaite de 6-3 à New York), il l’était pour la première victoire de la franchise (à domicile le 17 octobre, 4-3 contre Chicago). Au quatrième match, le deuxième à domicile, le Capital Centre était néanmoins à moitié vide, avec une foule de seulement 9471 spectateurs. Il s’agissait pourtant d’un fait rare, puisque ce qui s’avéra la pire équipe de l’histoire de la LNH n’en remporta que huit au total. 

Laframboise ne vit toutefois pas la fin de cette horrible saison, puisqu’en janvier, il fut échangé aux Penguins en retour de Ron Jones. Cet échange lui permit d’ailleurs de participer pour la première fois aux séries. Ce parcours eut par contre une fin décevante, alors qu’au deuxième tour, après avoir pris les devants 3-0, les Penguins ont été éliminés en sept matchs par les jeunes Islanders. Surmonter un déficit de 0-3 est un exploit qui n’a été réalisé que trois fois dans la Ligue nationale. 

C’est ainsi que se termina sa carrière dans la LNH, puisque l’année suivante, il se retrouva dans la Ligue américaine, avec Hershey. Ceci l’incita alors à se tourner vers l’AMH, où il signa un contrat avec les Oilers en mai 1976. Il joua ainsi 17 matchs dans le circuit maudit, avant de retourner dans la LAH.

Suite à sa carrière, il retourna à Ottawa où en 1988, il fonda une entreprise de messagerie. 

Il est décédé en 2011, à l’âge de 61 ans. 

Sources : "Les Golden Seals et Laframboise éclatent", UPI, 4 janvier 1973, La Presse, page B2, "Caps 4 Hawks 3", UPI, October 18, 1974, Montreal Gazette, page 24, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.