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dimanche 5 octobre 2025

Des bâtons de gardien personnalisés


En 2003-04, la compagnie Sher-Wood avait sous contrat les gardiens de but de la LNH Patrick Lalime des Sénateurs d'Ottawa et Jocelyn Thibault des Blackhawks de Chicago. Les deux cerbères portaient bien sûr l'équipement de protection Sher-Wood.

Mais les designers chez Sher-Wood sont allé un peu plus loin. Lalime ayant un masque maintenant iconique et Thibault jouant pour l'équipe de la LNH avec le plus beau logo (à mon humble avis), ils décidèrent de leur créer des bâtons avec des designs personnalisé. Ça leur permettait également d'avoir un produit supplémentaire à offrir sur les tablettes pour les amateurs.

C'est subtil dans le cas du bâton du #41 des Blackhawks, mais son surnom "T-BO" est inscrit en forme de tomahawks dans le bas du manche du bâton. Autant Lalime que Thibault ont utilisé ces bâtons au cours de la saison. 


Sher-Wood avait également fait un modèle pour José Théodore, qui utilisait les bâtons Sher-Wood à cette époque, mais son équipement principal était de l'équipementier Vaughn. Théodore n'a jamais utilisé ce modèle dans un match. Peut-être n'aimait-il pas le design ou la direction du Canadien lui a interdit.


Vous pouvez encore trouver ces bâtons en fouillant les différents sites de revente, comme Marketplace.


samedi 19 avril 2025

Daignault Rolland



Il y a quelques temps, mon collègue Kirk McLean a écrit un billet au sujet d’un projet marketing futuriste du fabricant d’équipement Daignault Rolland. Ceci m’a donné l’idée d’écrire un texte au sujet de cette entreprise, qui a fabriqué il y a déjà quelques décennies mon gant de baseball qui, malgré que je l’aie amplement utilisé, est absolument indestructible. Il ne s’en fait plus des comme ça… Je l’adore!

Mon cher gant!
Cela étant dit, j’ai écrit ce texte avec ce que j’ai pu trouver en faisant des recherches, sans source interne. Si vous y avez travaillé ou si vous connaissez quelqu’un y a travaillé et que vous avez des détails intéressants ou si vous notez des inexactitudes, j’aimerais avoir de vos nouvelles.

L’entreprise débute en 1920 sous le nom de Sporting Goods Agencies. À ce moment, elle œuvre dans le domaine de l’importation et l’export d’articles de sports.

En 1924, elle devient manufacturier d’équipement de ski, de pêche, de hockey et de baseball.

C’est en 1936 que l’entreprise s’incorpore sous le nom de Daignault Rolland, au moment où René Daignault remplace son père Rodolphe.  Des produits étaient toutefois déjà vendus sous ce nom.  Monsieur Rolland était quant à lui le comptable de l'entreprise. 

À cette époque, difficile d'avoir mieux que Morenz et Joliat
comme porte-paroles
Dans les années 1970, René et son fils Marcel décident de se concentrer sur le hockey, le baseball et les vêtements.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, l’industrie parvient à résister à la compétition, qui parvenait un peu des États-Unis, mais aussi de l’Europe. Toutefois des entreprises comme la finlandaise Koho et la suédoise Jofa commencent à attirer l’attention.

En 1985, le chiffre d’affaires de DR est de 4M$ (dont 95% au Canada, bien qu’il y ait de l’exportation vers l’Europe). Une centaine d’employés travaillent à ce moment pour l’entreprise située dans le quartier montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve, près du Stade Olympique. À ce moment, Gilles a remplacé son père Marcel à la tête de la compagnie.

Reconnu pour sa fiabilité (entre autres pour l’équipement de gardien de but), le fabricant se concentre alors sur le haut de gamme, alors que pour des raisons de coûts, l’entrée de gamme vient dorénavant de Corée.

Un livret contenant les règles de la balle-molle publié par DR.  Contribution de notre lectrice Hélène Langlois qui possède ce livret.  On la remercie.

La qualité du produit est alors reconnue, puisqu’à la fin des années 1980, environ 20% des joueurs de la LNH portaient des gants DR.

En 1990, la récession a forcé l’entreprise à se moderniser et s’automatiser, elle qui demeurait alors plutôt artisanale. On y effectue des investissements de 2,4M$, tout en ajoutant une surface de 30 000pi2 de production à l’usine sur la rue de Rouen. Par contre, avec ces investissements, ils ont tout de même réussi à conserver leurs 140 employés, dont certains sont les derniers à produire des gants de baseball au Canada, puisqu’il ne reste plus aucune autre entreprise à le faire.

En 1993-94, la LNH a exigé 6500$ pour pouvoir fournir ses joueurs, sinon la marque devait être recouverte. DR a refusé, considérant la manœuvre comme discutable et estimant que cette visibilité ne leur apportait pas tant de ventes. Était-ce une erreur? Dur à dire. Ceci n’empêche toutefois pas qu’avec Sher-WoodCCM, Daoust, Victoriaville, I-Tech et Maska, DR contribue à la domination québécoise de cette industrie, qui fabrique à cette époque 60% de la production mondiale. Jusque-là, l’industrie continue à résister à la compétition, qui parvenait encore un peu des États-Unis, mais aussi de l’Europe.

En mai 1997, la retraite de son bras droit, Gilles Bossé, ainsi que l’arrivée de joueurs majeurs comme Nike, a incité Gilles Daignault à chercher un acquéreur pour l’entreprise fondée par son arrière-grand-père. Une transaction est venue près de se réaliser avec Rawlings, avant d’avorter.

En novembre de la même année, un liquidateur fut nommé pour écouler toute la marchandise située à l’usine sur de Rouen.

Par la suite, la marque s’est retrouvée, dans le giron d’Igloo Vikski, une entreprise de Ste-Agathe-des-Monts, spécialisée dans l’importation et la distribution d’équipement de ski, mais qui avait aussi mis la main sur Ferland en 1990. Elle suit donc une tendance lourde dans l’industrie, qui se consolide et qui, de plus en plus, ne conserve que le développement de produits, pour confier la fabrication en sous-traitance à des pays asiatiques. Après que Nike eut avalé Bauer, c’est pendant cette période que Reebok absorbe CCM et Mission met le grappin sur I-Tech. (Nike et Reebok feront plus tard marche arrière.)

En 2006, c’est au tour d’Igloo Vikski d’être acquis par R. Lanctôt, un autre distributeur d’équipements de ski. À ce moment, Igloo emploie 33 personnes.

Si R. Lanctôt existe toujours, son site internet ne fait plus référence à aucun produit DR.

L’ancienne usine, dont la plus vieille partie sur la rue de La Salle date de 1910, existe toujours. On y retrouve des espaces de bureau.

La vieille partie, au 2194 de La Salle. En plus de quelques malheureux graffitis, on peut aussi voir que l'immeuble avait auparavant abrité La Parisienne Shoes Co. 


La nouvelle partie, au 4220 de Rouen.  Il y a de l'espace disponible si ça vous intéresse.

Sources:

“Équipé… et mieux de l’être” d’Alain Bouchard, Le Soleil, 1er novembre 1984, page S8,

“Bonne gestion et croissance planifiée assurent le succès de Daignault-Rolland” de Lucie Piché, Les Affaires, 19 janvier 1985, page 18,

″Daignault Rolland : 3 M$ pour agrandir et moderniser ses usines de Montréal″ de Martin Vallières, Les Affaires, 3 juin 1989, page 28,

″La récession a forcé Daignault Rolland à s’agrandir et à se moderniser″, Les Affaires, 18 juillet 1992, page 2,

″Une industrie majoritairement québécoise″ de Pierre Ladouceur, La Presse, 6 février 1993, page H5,

″Igloo Vikski prépare la meilleure année de son histoire″ de Bernard Mooney, Les Affaires, 6 mars 1993, page 34,

“Daigneault (sic) – Rolland, maître ès gants″ de Gilles Marcotte, Le Devoir, 2 juin 1994, page B5,

″Daignault Rolland cherche preneur″ de Martin Vallières, La Presse, 14 mai 1997, page D1,

″Liquidation complète, Équipement de sport″, La Presse, 26 novembre 1997, page A5,

″Le match est loin d’être gagné pour les fabricants québécois″ de Martin Vallières, La Presse, 22 janvier 2004, page D1,

“Le Québec mis en échec″ de Marie Tison, La Presse, 5 juin 2004, page D1,

“R. Lanctôt achète Igloo Vikski″ d’Alain Bisson, 6 décembre 2006, Le Journal de Montréal (tvanouvelles.ca),

montreal.ca, rlanctot.com.

lundi 17 février 2025

Le gardien de 2025 selon DR





Vous avez probablement déjà possédé au courant de votre vie une pièce d'équipement sportif de la compagnie Daignault Rolland Sports, communément appelé "DR", fondé par M. Rodolphe Daignault en 1920. Que ce soit un gant de baseball ou des épaulettes de hockey, vous devez avoir de bons souvenirs de cette pièce d'équipement montréalaise.

De plus, plusieurs joueurs professionnels faisaient confiance aux produits DR. Pensons simplement à Daniel Bouchard et Grant Fuhr. Avoir ces deux gardiens comme ambassadeurs permis à Daignault Rolland d'être très compétitifs dans le marché. 


D'ailleurs, dans les années 80, le cerveau des équipementiers bouillonnait. Ils essayaient tous de trouver une façon de fabriquer de l'équipement plus protecteur, plus efficace et plus léger. Certains produits ont percé et ont continué à s'améliorer, d'autres ont fait patate. 

C'est ce qui a amené DR à présenter leur vision de l'équipement de gardien pour l'an 2025. C'était lors du "Canadian Tire Trade Show" qui avait lieu en septembre 1987 à Toronto. À cette époque où nous pensions que les autos allaient voler ("Retour vers le Futur 2" y allait fort d'ailleurs, en 1989), le gardien de 2025 selon DR aurait presque l'allure d'un robot.

Cliquer sur l'image pour une plus grande résolution


Selon l'équipe de création, le casque aurait été équipé de traceurs laser qui suivraient le mouvement de la rondelle au travers de la vaste circulation, ainsi qu'un micro et un écouteur afin d'être en constante communication avec l'équipe d'entraîneurs. 

Le gant semble être une raquette de Trackball rembourrée, question d'avoir une plus grande surface d'attrape. Le bas des jambières serait fabriqué de sorte à couvrir le plus possible d'espace lorsque le gardien serait debout. Le bâton lui serait en plexiglas avec une palette "swivel", afin d'être toujours en contact avec la glace. Il faudrait dire au revoir aux buts comptés par les gardiens. Quoique le premier but compté directement par un gardien fut en décembre 1987 par Ron Hextall …

L'équipement des hommes masqué a effectivement connu une progression et est encore en constante amélioration. Mais heureusement (ou malheureusement), la vision de DR ne s'est jamais produite.


dimanche 15 octobre 2023

Les derniers (2e partie)

 


On a bien aimé mon texte de l'autre jour sur les derniers joueurs à avoir fait telle ou telle chose, si bien que j'ai pensé faire une suite, avec quelques suggestions de mes collègues et de quelques lecteurs. Allons-y donc.

Aussi je vous rappelle de vous abonner à notre infolettre pour vous permettre de voir des textes que vous avez peut-être manqué dans les dernières semaines, ainsi que des succès souvenirs et autres trucs.


Mick McGeough
Dernier arbitre sans casque


Dans la première partie, on a parlé du célèbre Craig MacTavish, le dernier joueur sans casque en 1997, ainsi que d'Andy Brown, le dernier gardien sans masque. Mais qu'en est-il des arbitres?

Comme la règle permettant à MacTavish de jouer sans casque vu qu'il avait signé son premier contrat dans la LNH avant la saison 1979-80, la même chose s'appliqua plus tard aux arbitres, soit à partir de 1988. Ayant commencé sa carrière d'arbitre dans la LNH en 1987, Mike McGeough put donc arbitrer les cheveux à l'air pendant les 20 saisons suivantes, soit jusqu'en 2005-06. La saison suivante, la LNH annula cette «clause grand-père» et McGeough dut lui aussi porter le casque. Il arbitra (avec casque) jusqu'à la fin de la saison 2007-08. Il mourut malheureusement des suites d'un avc en 2018 à l'âge de 62 ans.

Kerry Fraser
Dernier arbitre à avoir arbitré seul

La LNH implanta le système à 2 arbitres à temps plein pour la saison 2000-01. Entretemps il fallait tester la formule lors des saisons précédentes. On vit donc un 4e homme zébré apparaitre de plus en plus sur les glaces lors des saisons 98-99 et 99-00 et pour tous les matchs des séries durant ces deux saisons. Vers la fin de la saison 99-00, les matchs à un seul arbitre se firent de plus en plus rares, jusqu'à tomber à temps plein à deux arbitres en fin de saison.

J'ai donc du éplucher les sommaires d'une centaine de matchs à partir de la fin du calendrier 99-00 afin de trouver le dernier match où il n'y avait qu'un officiel. C'était vraiment palpitant.

Mais finalement j'ai trouvé, puisque lors du mardi 21 mars 2000 on programma deux derniers matchs avec seulement un officiel, un entre les Panthers et les Rangers à New York et le second entre les Flyers et les Predators à Nashville. Comme les matchs à Nashville ont tendance à débuter plus tard (20h-21h généralement), c'est donc durant ce match que le dernier arbitre tout seul fut tout seul pour la dernière fois. Et qui d'autre pour conclure cette ère que le fameux Kerry Fraser...

Ce match fut remporté 2-0 par les Flyers avec des buts de John Leclair et Simon Gagné...


Jonas Hiller
Dernier gardien à porter la marque KOHO


Suggestion d'un lecteur ici du nom de Dannick Rivest. Difficile à confirmer ici mais selon toute vraisemblance, Jonas Hiller serait vraiment le dernier à porter de l'équipement de marque KOHO. Cette marque emblématique de notre jeunesse, qu'on a vu notamment sur de nombreuses cartes ou posters de Patrick Roy, est de nos jours discontinuée.

Comme la suédoise JOFA avant elle, KOHO était une compagnie d'équipement scandinave, en Finlande cette fois, qui connut des années fastes à partir des années 70 et 80, étant même une des premières à offrir des jambières de couleur. Et comme JOFA, KOHO fut avalée par CCM/Reebok durant les années 2000 avant de disparaître tranquillement du radar. La marque fut rachetée par une compagnie du nom de Monkeysports en 2008 et on revit brièvement KOHO par la suite mais c'est désormais chose du passé, alors que je n'ai trouvé aucun produit KOHO sur leur site.

Hiller fut donc le dernier aperçu à porter du KOHO, suite à ses derniers matchs dans la LNH avec les Flames en 2015-16. Il joua ensuite quatre saisons dans sa Suisse natale avant de prendre sa retraite en 2020.


Wade Flaherty
Dernier gardien à accorder un but à Wayne Gretzky


C'est le 29 mars 1999 que Wayne Gretzky marqua son huit-cent-quatre-vingt-quatorzième (894e) but en carrière en saison régulière, lors d'une victoire des Rangers 3-1 sur leurs rivaux new-yorkais, les Islanders. Dans les buts des Insulaires se trouvait l'éternel Wade Flaherty, qui agissait alors en tant que remplaçant à Félix Potvin, qui était blessé. 

En plus d'être le dernier but de Gretzky, il s'agissait également de son 1072e but professionnel, en incluant les séries et ses statistiques dans l'AMH. Cela lui valut de battre à nouveau Gordie Howe à ce niveau.

Éternel second, Flaherty joua deux autres saisons avec les Islanders, avant de jouer une poignée de matchs par la suite avec le Lightning (avec plusieurs autres collègues), les Panthers et les Predators.


Keith Yandle
Dernier joueur de la LNH à avoir été coaché par Gretzky


On se souvient pas mal moins glorieusement de la carrière de Gretzky comme entraîneur. Et avec raison avec sa fiche de 143-161-0-24 en quatre saisons où les Coyotes ratèrent les séries à chaque fois. Il n'a jamais retenté l'expérience par la suite, démissionnant avant la saison 2009-10 suite au redémarrage de la franchise après une de ses faillites.

Donc, parmi les quelques dizaines de joueurs ayant joué sous les ordres de la merveille entre 2005-06 et 2008-09, il ne reste aucun joueur actif dans la LNH, le dernier étant Keith Yandle avec les Flyers en 2021-22. Il en reste toutefois une poignée en Europe comme Peter Mueller dans la ligue tchèque ainsi que Nigel Dawes en Allemagne.

José Théodore
Dernier gardien à accorder un but à Mario Lemieux


On parle de Gretzky mais faudrait quand même pas oublier Mario Lemieux. Très diminué et en proie avec des difficultés cardiaques lors de sa dernière saison en 2005-06, il marqua son dernier but contre José Théodore et le Canadien de Montréal le 10 novembre 2005. Il joua ensuite 9 matchs sans marquer jusqu'à son dernier match le 16 décembre contre les Sabres. Il officialisa sa retraite en janvier 2006.

Pour sa part, Théo en était à ses derniers miles avec le CH à ce moment, étant échangé à l'Avalanche en mars 2006. Il prit sa retraite en 2013.


Robbie Tallas
Dernier gardien à accorder un but à Ray Sheppard

Une date à jamais gravée dans les annales du destin, celle du 5 avril 2000 durant laquelle les Panthers de la Floride remportèrent un duel face aux Bruins de Boston par la marque de 6-3. La grande étoile de ce match, inutile de le mentionner, fut bien sûr Ray Sheppard avec 2 buts et 1 passe. La légende mythique qu'était «Ray» a d'abord marqué son premier du match contre le gardien partant John Grahame qui se fit plus tard sortir du match après 5 buts accordés. Nul autre que Pavel Bure obtint une passe sur ce magnifique but. J'ai pas vu ce but mais je sais qu'il était magnifique.
 
Sheppard en marqua ensuite un deuxième contre son remplaçant Robbie Tallas, ce qui donna un total de 10 filets pour clore la magnifissime carrière du numéro 26.

Il opta ensuite de jouer une dernière saison en Suisse en 2000-01 avec le club des Tigers de Langnau. Il m'a été malheureusement et criminellement impossible de savoir contre qui il marqua son véritable dernier but dans cette ligue. 
 
Il marqua toutefois 13 buts en 13 matchs en Suisse donc à mon avis il aurait pu continuer encore un bon 10-15 ans dans la LNH si ce n'était de l'injustice flagrante de ne pas avoir obtenu un nouveau contrat.
 
Suite à sa véritable retraite, on mit les drapeaux en berne et une procession d'enfants aveugles firent le pèlerinage vers Compostelle en son honneur tandis que le Dalaï-lama fit un jeûne de trois semaines.


3 janvier 1932
Dernier match avec les dégagements acceptés


Pour me sauver du temps, je copie-colle ici un passage d'un ancien texte de Martin sur ce fameux match:

Le 8 décembre 1931, les Bruins reçurent la visite des Americans de New York. Durant ce match, les Americans de New York tentèrent une nouvelle tactique. Aussitôt qu'ils le purent, les joueurs des Americans dégagèrent la rondelle dans le territoire adverse. Comme il n'y avait aucun règlement concernant les dégagements, les Americans dégagèrent 61 fois, laissant un mauvais goût aux fans et surtout aux joueurs des Bruins qui eurent à courir après la rondelle plus souvent qu'à leur tour. La tactique sembla marcher car les Americans remportèrent le match 3 à 2...

Mais comme la vengeance est un plat qui se sert froid, les Bruins décidèrent de présenter une version améliorée de la tactique du 8 décembre lors de la rencontre suivante entre les Americans et les Bruins, le 3 janvier 1932 à New York. Lors de ce match, les Bruins dégagèrent la rondelle à 87 reprises dans un match qui se termina par la marque de 0-0. Rien de bon pour vendre le hockey... Les autres propriétaires firent pression afin de donner une amende à Jack Adams, le propriétaire des Bruins pour avoir poussé cette tactique au maximum. Le président de la NHL Frank Calder décida de ne pas sévir sous prétexte qu'avec les règlements qui étaient en cours, les joueurs n'avaient pas dérogé et avaient respecté le règlement. Par contre, avant qu'un autre match de la sorte ne se reproduise, la NHL développa rapidement une réglementation afin de limiter le nombre de dégagements.



24 février 2004
Dernier match de 0-0 dans l'histoire de la LNH



Si les dégagements acceptés étaient choses du passé à partir de 1932, ce n'était pas encore le cas pour les matchs nuls se terminant 0-0. J'ai parlé du dernier but égalisateur et dernier match nul à la fin de la saison 2003-04 dans la première partie, mais le dernier «snooze-fest» de 0-0 se produisit quelques semaines plus tôt, soit le 24 février 2004 à Long Island lors d'un match d'anthologie entre les Bruins et les Islanders.

De quoi on peut bien parler après un match de 0-0... Félix Potvin des Bruins et Rick DiPiertro des Islanders récoltèrent le jeu blanc, tandis que Trent Hunter, Brian Rolston et Martin Lapointe récoltèrent chacun 5 tirs. Ah oui, également un jeune Patrice Bergeron fut utilisé pendant seulement 29 secondes durant ce match...


Jack Walker
Dernier joueur ayant joué comme «Rover»

On va terminer avec une suggestion de mon collègue KirkMclean ici. Ça m'a demandé beaucoup de travail. Merci Kirk.
 
Le Rover, ou «Maraudeur» est une ancienne position datant des débuts du hockey, dans le temps où on alignait 6 patineurs sur la glace. Utilisé comme joueur de transition entre les 2 défenseurs et les 3 attaquants, le Rover se promenait à sa guise où il se sentait utile. Il s'agissait souvent du meilleur patineur de l'équipe. L'évolution de cette position devint en quelque sorte celle du défenseur offensif, dans le style des Bobby Orr, Paul Coffey et Erik Karlsson.
 
Plus le hockey se développa et plus le rover devenait encombrant. L'ancêtre de la LNH, la National Hockey Association (NHA), retira la position et adopta le système à 5 patineurs lors de sa deuxième saison d'existence en 1910-11, et la LNH poursuivit dans la même voie par la suite. 
 
Cependant, les ligues de l'ouest, la PCHA (Pacific Coast Hockey Association) et la WCHL (West Coast Hockey League) gardèrent le Rover, et ce jusqu'en 1923.

 


Donc, qui fut le dernier «Rover»? Et bien il est assez difficile, voire impossible de trouver réellement. Beaucoup de joueurs ont un jour évolué ou alterné comme rover, et il n'existe à ma connaissance pas d'endroits où ces vieilles informations sont entièrement répertoriées. De plus, lorsque la Coupe Stanley fut disputée entre la NHA/LNH et les ligues de l'ouest, soit jusqu'en 1926, la finale opposant les deux ligues alternait les règles entre chaque matchs, soient les règles et positions LNH durant un et celles de l'ouest lors du suivant. Ça devait être fuckant solide tout ça. Il y a donc quelques joueurs de la LNH qui ont brièvement joué comme rover lors de ces matchs de finale jusqu'à l'abolition de la position en 1923 et il est pratiquement impossible de savoir lesquels exactement. À moins que j'aille éplucher des archives de journaux comme un craqué mental mais là heille c'est assez.

En fait, le seul endroit que j'ai trouvé répertoriant une liste de rovers est celui du site du temple de la Renommée où l'on retrouve les joueurs intronisés ayant été aperçus à cette position. On y retrouve quelques noms familiers comme Newsy Lalonde, Didier Pitre, Frank «Cyclone» Taylor et Hobie Baker. 
 
Comme on considère que le Rover était souvent le meilleur joueur ou meilleur patineur de l'équipe, on peut extrapoler pour dire que les meilleurs rovers ont joué plus longtemps que les autres, donc la liste des membres du temple ayant été rovers est ma meilleure option. Parmi cette liste, celui qui prit sa retraite en dernier fut nul autre que Jack Walker
 
Né le 29 novembre 1888, Walker a joué 27 saisons de hockey professionnel, soit de 1907 à 1933, et ce au sein de plusieurs ligues, dont la New Ontario Hockey League, la NHA, la PCHA/PCHL, la WHL et la LNH. Il joua le plus longtemps pour les Metropolitans de Seattle, soit de 1915 à 1924. On raconte même qu'il était le meilleur rover de son époque lors de ses années à Seattle. 
 
Il aurait aussi été l'instigateur du balayage de bâton (ou hook check) consistant à soutirer la rondelle à l'adversaire. Il remporta la Coupe Stanley à trois reprises, soit en 1914 avec les Blueshirts de Toronto, en 1917 à Seattle et en 1925 avec les Cougars de Victoria.

Après la dissolution des ligues de l'ouest, Walker et les autres Cougars devinrent les nouveaux Cougars de Détroit, alors que l'équipe fut achetée et transférée dans l'est et dans la LNH. Il y joua deux saisons avant de revenir dans l'ouest dans une nouvelle ligue, la Pacific Coast Hockey League, avec les Eskimos de Seattle. Il y joua jusqu'en 1931, suite à quoi il joua deux autres saisons dans une ligue en Californie dont je me dois de consacrer probablement un autre texte plus tard, la California Hockey League. 
 
Walker joua alors pour les Stars d'Hollywood et les Sheiks d'Oakland avant de finalement prendre sa retraite en 1933. Il fut introduit au temple en 1960.

À noter aussi qu'un autre ex-Rover joua jusqu'en 1930 avec les Bruins, soit Mickey Mackey, un ancien adversaire de Walker avec les Millionnaires de Vancouver. Mackey serait donc le dernier Rover à avoir joué dans la LNH mais je considère Walker comme le véritable dernier Rover. Que celui qui ose me contredire me lance la première pierre...

Donc ce sera tout pour les derniers, à moins que vous ayez encore d'autres suggestions...


dimanche 29 janvier 2023

Vedettes d'aujourd'hui, équipement d'hier

 









Ce n'est même pas un débat, l'équipement de gardien a énormément évolué depuis les premiers coups de patins du hockey. Il serait impensable aujourd'hui de voir un gardien défendre le filet avec de vieilles pads brunes, surtout que les joueurs choisis pour occuper cette position sont, majoritairement, plus grand et gros qu'à l'époque.


Tout d'abord avec un masque inexistant, ensuite le masque en fibre de verre aux casques de kevlar d'aujourd'hui, la protection faciale s'est grandement améliorée. Lors de l'année du centenaire des Canadiens, Carey Price a eu l'occasion d'essayer une réplique du masque "pretzel" de Ken Dryden, fort probablement en se demandant "Peut pas craire qu'ils n'avaient que ça dans 'face !"


José Théodore également a eu l'occasion d'essayer de l'équipement "vintage". Celui de Gerry McNeil semble bien l'amuser. Remarquez ce plastron qui ne protège (si on peut appeler ça de la protection) que le torse et rien sur les bras et épaules.


On dirait que la différence de taille est nettement plus grande lorsque les deux anciens glorieux se sont interchangé leurs jambières. Pourtant, il n'y a que quatre pouces de taille qui séparent Théo et McNeil …


… mais entre Ben Bishop et Darren Pang, c'est quatorze (14) pouces !! Clairement que Panger devait avoir de la difficulté à marcher avec les jambières de Bishop.


Franchement Carey !... T'as pas été capable d'aller chercher une coupe avec ton équipement, oublie ça, ça ne fonctionnera pas avec l'ancien stock de Jacques Plante !

mercredi 7 septembre 2022

L'équipement neuf de Lindsay Middlebrook









Lindsay Middlebrook n'est pas le premier nom qui vous vient en tête lorsque vous pensez à un gardien des années 80. Mais si vous voulez plugger un gardien au parcours plus obscur, c'est un nom à évoquer.

Il célèbre son 67e anniversaire aujourd'hui même. Bonne fête Lindsay !

Malgré un parcours assez anonyme dans la LNH entre 1979 et 1983, j'ai trouvé un fait cocasse sur sa carrière. En 1982-83, les Devils venaient d'arriver au New Jersey en provenance du Colorado. Durant l'été, ils avaient signé Middlebrook (et ses 27 matchs d'expérience) afin de seconder Chico Resch. Malheureusement pour eux, Middlebrook ne put gagner un seul match en 9 apparitions. En février, ils l'envoyèrent à Edmonton en compagnie de Richie Hansen en retour du gardien d'expérience (mais très moyen) Ron Low.

Middlebrook à son premier entraînement en Alberta

Middlebrook participa à son premier entraînement dès le lendemain, avec son équipement aux couleurs des Devils (mais un nouveau casque bleu). À peine quelques minutes après son arrivée sur la patinoire, le directeur général des Oilers Glen Sather, qui était assis dans les estrades, hurla quelque chose de semblable au gérant de l'équipement :

"Kossé ça calvaire ! Trouves-y un équipement neuf au plus sacrant !!"

Trois jours plus tard, un équipement Cooper flambant neuf aux couleurs des Oilers attendait Middlebrook dans le vestiaire. Faut croire que déjà là, les Devils n'étaient pas bien vu aux yeux des Oilers.

Avec son nouvel équipement, Middlebrook ne joua qu'un seul match avec les Oilers, une victoire. Il fut ensuite relégué aux Alpines de Moncton dans l'AHL. Sans nouveau contrat après la saison, il se promena dans la CHL et la IHL avant d'accrocher ses jambières en 1987.

samedi 27 août 2022

Pause Pub - Brown's









John Brown était un gardien dans les rangs junior et senior mineurs en Ontario dans les années 60. Lorsqu'il compris que sa carrière ne pourrait atteindre les plus hauts sommets, il décida de se lancer dans la production d'équipements. Ayant subit de multiples blessures mineures au cours de sa carrière, il savait exactement ce qui fallait améliorer dans l'équipement. Il créa la compagnie "Brown Hockey" au début des années 70. Il voulait par le fait même permettre aux gardiens qui ne jouait que pour le plaisir d'avoir accès à un équipement de qualité. Fabriquant d'abord des masques de gardiens, il améliora considérablement le plastron, tout en inspirant ses compétiteurs à faire de même. Les jambières, gants et autres pièces de protection suivirent dans les années subséquentes. 

Au début des années 1990, "Brown Hockey" misait sur une campagne de publicité visant autant les professionnels ou ceux à devenir, ainsi que les gardiens "à temps partiel". Pour ce faire, ils utilisèrent deux de leurs gardiens élite, John Vanbiesbrouck et Kelly Hrudey, pour représenter les professionnels, ainsi que le champion de tennis, Ivan Lendl, pour le volet "amateur".




De nos jours, Brown's est moins visible dans les grandes ligues, mais les plastrons ont encore la cote auprès des gardiens des ligues récréatives.

jeudi 21 juillet 2022

Le masque Delbert G. Louch








J'en ai déjà fait mention à quelques reprises, j'adore faire le tour des brocantes à la recherche d'articles de hockey ; rondelles, équipements vintage, masques de gardien, etc. Et ces recherches peuvent parfois être payantes, surtout en histoire. J'ai récemment mis la main sur un exemplaire des masques fabriqué par Delbert G. Louch. Vous avez fort probablement déjà vu photo semblable, mais avec le visage de Johnny Bower derrière le masque.

C'est en 1954 que M. Louch développa la première version de ce protecteur facial transparent, dans son atelier de St-Mary's, en Ontario. Fabriqué avec deux épaisseurs de plexiglas afin d'assurer une rigidité, il en fit parvenir un exemplaire à tous les gardiens de la LNH, espérant une réponse positive et que les gardiens se mettent à l'utiliser de manière continue. Malheureusement, les critiques furent destructrices ; embue rapidement, obstrue la vue (dû aux reflets des lumières), ne protège pas assez le front, etc. 

Celui qui donna le plus de chances au masque de Louch fut Jacques Plante. Après avoir subit des fractures aux os des joues en 1954 et en 1955, Plante cherchait une façon de convenablement se couvrir le visage, sans pour autant en réduire sa visibilité et son efficacité. Plante y colla des serviettes pour le coller à son visage, et ainsi absorber les chocs et la sueur. Il coupa également un espace pour ses yeux, afin d'éviter le reflet dérangeant des spots de lumière dans les arénas, et créa le trou pour la bouche afin d'éviter au protecteur d'embuer,. C'est en partie ce masque qui emmena Plante à se faire mouler le visage pour créer son masque de fibre de verre, qu'il présenta à toute la famille de la LNH en novembre 1959. C'est d'ailleurs en 1959 que l'on vit un gardien avec ce qui pourrait être l'ancêtre du casque de ski-doo.

Portant son masque de fibre de verre (avant qu'il soit peinturé beige/blanc), tenant son masque de plexiglas modifié

C'est pourtant deux ans auparavant, en 1957 que Louch accoucha du modèle que j'ai acquis. Il était destiné autant aux gardiens de but de hockey que de crosse, pour les receveurs au baseball et aux arbitres. Le port de ce dernier se vit particulièrement dans les ligues mineures et les universités. Emile Francis, futur entraîneur des Rangers de New York, le porta pendant quelques matchs en décembre 1959, alors qu'il évoluait avec les Comets de Spokane, dans la Western Hockey League. Ayant une épaule dans une attelle suite à une blessure (en dehors de la glace on s'entend), Francis décida de porter le masque protecteur au cas où il ne pourrait relever le bras assez rapidement pour protéger son visage pour capter une rondelle. 

Joe Sellinger avec Michigan State

Emile Francis avec les Comets de Spokane

Ce nouveau modèle fut une fois de plus testé par quelques gardiens de la LNH, dont Glenn Hall et Johnny Bower (voir début de l'article) encore sans grand succès. Toutefois, Terry Sawchuck endossa le produit, ayant une mention sur les boîtes qu'il suggérait fortement à chacun de porter un masque ... sans qu'il n'est jamais porté ce masque plus d'une pratique.

Test probablement aussi efficace que de "kicker" les tires d'un char

Ce protecteur avait également une version pour les joueurs, qui ne couvrait que les yeux et le nez. Pas mal l'ancêtre de la visière que nous connaissons aujourd'hui.


Les innovations de M. Louch sont encore très méconnues aujourd'hui. Pourtant ses tentatives ont aidé à l'amélioration des équipements protecteurs que nous connaissons maintenant. D'ailleurs, la "version" de Jacques Plante se retrouve au Hockey Hall of Fame ... sans la mention de M. Louch. Né en 1903, M. Louch est décédé en mai 1990.