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mercredi 19 octobre 2011

La naissance des Blues



StLouisArena

Comme on l’a vu dans le texte du 19 août 2011, la LNH a mis beaucoup plus de temps que les autres ligues à procéder à une expansion, elle qui était déjà au départ plus petite que les autres. Au moment où elle se décide finalement (pour la saison 1967-68), il devait donc y avoir une multitude de sites potentiels, qui ont dû être étudiés selon des critères poussés, pour finalement en arriver au choix final, n’est-ce pas? En fait, pas vraiment. Il y avait parmi les gagnantes une ville qui avait comme principal argument un vieux site défraîchi pour une exposition agricole : St-Louis.

En 1947, Arthur Wirtz et James D. Norris (fils de James E. Norris, longtemps propriétaire des Red Wings) avaient acheté le St.Louis Arena. Il s’agissait d’un immeuble bâti en 1929.

En 1966, Wirtz et Norris le possédaient toujours, mais il était dans une condition moins que passable et ils cherchaient à s’en départir. En tant que propriétaires des Black Hawks, ils ont donc eu l’idée d’utiliser l’expansion pour y parvenir. Cinq des six franchises avaient déjà été accordées, et la sixième semblait se diriger vers Baltimore. Toutefois, Wirtz et Norris ont plutôt mis de l’avant (et obtenu) que la sixième équipe soit à St-Louis. Personne n’avait fait d’application pour cette ville, mais ce n’était qu'un détail…

Un groupe de dix investisseurs ayant à leur tête Sidney Salomon Jr. et son fils Sid Salomon III ont finalement obtenu la franchise. Pour y parvenir, ils ont dû obtenir l’appui de Wirtz pour le frais d’application de 10 000$ et le frais d’expansion de 2 millions $. En échange, ils s’engageaient à acheter le St.Louis Arena de Wirtz et Norris pour 4 millions $. De plus, pour rendre la « vieille grange » (the « old barn ») potable pour du hockey (avec 14 200 places), le groupe a dû y investir un autre 2 millions $.

Les Salomon se sont malgré tout montrés comme des propriétaires impliqués et compétents (au début du moins). Ils ont d’abord embauché Lynn Patrick (le fils de Lester et le père de Craig), comme directeur-gérant, qui a à son tour engagé un jeune entraîneur prometteur de l’organisation des Canadiens, Scotty Bowman. À cette période, les Blues avaient aussi recruté un groupe de bons vétérans comme Glenn Hall, Jacques Plante et Doug Harvey.


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Au début, St-Louis était plutôt froide envers ses Blues (assistance moyenne de 8 900 pour la première année), mais ils se sont rapidement distingués parmi les équipes d’expansion. Comme la ligue était divisée en deux divisions (l’est, qui comprenait les « Original Six » et l’ouest, qui comprenait les équipes d’expansion), le format des séries permit aux Blues d’atteindre la finale à leurs trois premières années (qu’ils perdirent les trois fois 4-0, contre Montréal deux fois et Boston une fois). Ils attirèrent donc beaucoup plus l’attention et l’assistance aux matchs augmenta substantiellement, justifiant même l’augmentation de la capacité de l’aréna à 18 000 (au coût additionnel de 5 millions $). De 1968-69 à 1974-75, les Blues remplirent leur aréna à pleine capacité.

De plus, les Salomon se gagnèrent la réputation à travers la ligue de « gâter » leurs joueurs avec de bons salaires, des cadeaux et des repas au restaurant lors de voyages sur la route. Les joueurs s’en réjouirent. Les autres équipes, moins.

Les choses se sont toutefois dégradées par la suite, et l’aréna en était (en partie) responsable. Il y avait bien sûr les montants considérables qui y avaient été investis. Mais malgré tout, l’aréna n’était toujours pas pleinement fonctionnel (il n’y avait pas d’air climatisé) et il ne pouvait être utilisé que sept mois par année. L’âge de l’immeuble rendait également son coût d’entretien plus élevé.

Par ailleurs, il subissait également une compétition intense (déloyale selon les Salomon) du Kiel Auditorium (un autre aréna, détenue par la ville) pour l’obtention de spectacles et de conventions. De plus, les taxes payées à la ville étaient plus élevées que ce que les autres équipes payaient. Finalement, les Salomon refusaient systématiquement de modifier le calendrier des Blues pour accommoder des cirques ou des spectacles, avec comme résultat que l’utilisation du St.Louis Arena était une des plus faibles en Amérique.

C’est pourquoi que, même si les opérations hockey étaient rentables, lorsqu’on y ajoutait l’aréna, ça ne tenait plus la route.

L’entreprise reliée au monde des assurances des Salomon aurait aussi connu certaines difficultés à ce moment, ce qui n’arrangeait évidemment rien.

Sur la glace, ça n’allait guère mieux. Sid III se plaisait bien avec son équipe de hockey et se mit à se mêler de plus en plus des opérations hockey. Entre le départ de Bowman pour cause de « différent avec le propriétaire » en 1971 et la fin du règne des Salomon en 1977, il y eut six directeurs-gérants et onze changements d’entraîneurs. Même Al Arbour (leur ex-capitaine et futur gagnant de quatre Coupes Stanley à la tête des Islanders) ne faisait pas l’affaire. Il y avait donc beaucoup de contrats à honorer pour des gens qui avaient quitté, auxquels on ajoutait des contrats à paiements différés pour d’anciens joueurs.


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Les résultats sur la glace allèrent donc en déclinant. Dans ce contexte, la menace de déménager le club faite d’abord en janvier 1976 eut l’effet d’une douche froide. Les foules se mirent donc à diminuer rapidement.

En janvier 1977, plusieurs employés furent congédiés, incluant le vice-président senior Lynn Patrick, pour s’assurer que l’équipe puisse toujours honorer sa masse salariale.

Les deux Salomon furent aussi malades (crise cardiaque pour le père, maladie de Hodgkin pour le fils). Il y eut de longues négociations avec différents acheteurs et les nombreux créanciers (incluant bien sûr l’hypothèque sur l’aréna). Finalement, par pur esprit civique, à la dernière seconde et parce qu’ils étaient convaincus qu’il n’y avait pas d’autres solutions, c’est finalement Ralston-Purina, l’entreprise de nourriture pour animaux qui avait son siège social à St-Louis, qui acheta l’équipe et l’aréna pour 8,8 millions $.

Comme on a pu le voir dans le texte du 23 juin 2011, le résultat n’a guère été mieux.

Aussitôt la transaction conclue, les Salomon quittèrent la ville pour la Floride. Sidney Jr. mourut d’une autre crise cardiaque en 1986 à l’âge de 76 ans. De son côté, Sid III mourut du cancer en 1988, à l’âge de 51 ans.

Sources : “The Rise and Fall of the Salomons (Part I, II & III)” de Jeff Fahrenkrog (stlouisgametime.com)

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