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dimanche 29 juin 2025

Todd Ewen


 

   


Todd «Animal» Ewen
est né le 22 mars 1966 à Saskatoon. Il débuta au hockey junior à 16 ans avec les Oilers Jr. de Kamloops en 1982-83 mais fut échangé aux Bruins de New Westminster à la fin de la saison. Il joua à New Westminster durant trois saisons, avec des joueurs notables tel que Cliff Ronning, Craig Berube, Mark Recchi, Brian Noonan et Bill Ranford. 


À 6'3" et 230 livres, Ewen avait déjà accepté son rôle d'homme fort bien avant le junior. Il était toutefois rapide pour son gabarit et capable de contribuer offensivement. Durant ses années dans la WHL, il eut à confronter plusieurs de ses futurs adversaires dans la LNH, soit quelques-uns des plus redoutables hommes forts de l'histoire de la ligue qui marqueront le tournant des années 80 et 90 dont Joey Kocur, Dave Manson, John Kordic, Wendel Clark, Shane Churla et Stu Grimson.

Il fut repêché par les Oilers d'Edmonton en 8e ronde du repêchage de 1984. Il se joignit à eux comme joueur de réserve pour les séries de 1985 et il gravita donc dans l'entourage de la dynastie albertaine lors de sa reconquête de la coupe en 85, mais ne joua aucun match.

De retour au junior pour sa dernière saison en 1985-86 et nouvellement nommé capitaine, son entraineur l'encouragea à moins se battre et il connut sa meilleure saison offensive avec 52 points, mais tout de même 289 minutes de pénalité.

Avant le début de la saison 1986-87, il fut échangé aux Blues de St.Louis. Il n'aura donc jamais joué un seul match à Edmonton. Il débuta la saison dans les mineures mais termina la saison à St.Louis. Son entrée en scène comme nouveau pugiliste dans la LNH fut très remarquée lorsque lors de son deuxième combat en carrière, il mit le redoutable Bob Probert au tapis d'un seul coup de poing.

Mettons nos lunettes des années 80 pour cet extrait:


Il joua ensuite sa première saison complète en 1987-88 récoltant 4 buts et 2 passes en 64 matchs et 227 minutes de pénalité. 

Sa saison 1988-89 fut toutefois moins bonne alors qu'il fut souvent blessé et laissé de côté, ne jouant que 34 matchs. Et durant les séries de 1989, il fut suspendu pour 10 matchs pour avoir sauté sur la glace et engagé un combat contre Wayne Van Dorp des Blackhawks. Il purgea 3 de ces matchs durant le restant des séries pour les Blues et les 7 autres au début de la saison suivante. À son retour de suspension, il se blessa de nouveau et fut renvoyé dans les mineures pour récupérer. 

C'est alors que le Canadien fit son acquisition au mois de décembre 1989 en retour d'un choix de 3e ronde (Nathan LaFayette). Le Canadien avait alors un réel besoin de robustesse et il fut très bien accueilli par sa nouvelle équipe. Guy Carbonneau le compara même à Chris Nilan. Il termina la saison avec 10 points en 41 matchs avec le CH en plus de 158 minutes de punition. 

Ewen fit les manchettes de manière surprenante à l'époque en illustrant et publiant des livres pour enfants. Il mentionna d'avoir été encouragé dans cette voie par son coéquipier Ryan Walter du Canadien, lui même auteur à temps partiel de livres chrétiens.

 

Les deux saisons suivantes furent difficiles alors qu'il était souvent blessé dû à la nature de son jeu ou bien laissé de côté. Il n'avait également pas la faveur de Pat Burns, ce qui fait que Ewen ne joua que 28 matchs en 1990-91 et 46 en 1991-92. 

Toutefois, lorsque Jacques Demers remplaça Burns comme entraineur à l'été 1992, il décida d'accorder plus de place à Ewen, qu'il estimait capable de devenir aussi efficace en attaque que Bob Probert. Serge Savard voyait dans le même sens et lui accorda un nouveau contrat. Ewen répondit avec sa meilleure saison jusque-là avec 5 buts et 9 passes en 75 matchs, connaissant même un match de 2 buts au début de la saison. C'était toutefois en dessous des attentes. Demers trouva que Ewen était trop paresseux à son goût et qu'il avait «levé la patte» depuis son nouveau contrat plus lucratif. La grosse majorité de sa production fut d'ailleurs amassée en octobre et novembre. Il fut laissé de côté pour la totalité des séries de 1993, à l'exception d'un seul match en première ronde contre les Nordiques. 

Après la conquête de 1993, le Canadien décida de ne garder que Mario Roberge comme homme fort et décida de se départir de Ewen. Il fut alors échangé aux nouveau Mighty Ducks d'Anaheim en compagnie de Patrik Carnback. Le CH reçut en retour un choix de 3e ronde, qui devint l'obscur Chris Murray, un joueur qui joua tout de même une centaine de matchs avec le club. Il s'agissait de la première transaction dans l'histoire des Mighty Ducks.

Avec la nouvelle équipe californienne, Ewen fut nommé assistant-capitaine et connut sa meilleure saison en carrière en 1993-94, récoltant des sommets dans toutes les catégories avec 9 buts et 9 passes pour 18 points et 272 minutes de pénalité. Il fut également réuni avec son ancien rival de la WHL, Stu Grimson, comme brigade policière de la jeune équipe.

Il joua 3 saisons complètes à Anaheim avant d'être libéré à l'été 1996. Il demeura toutefois en Californie la saison suivante, se trouvant un poste avec les Sharks de San Jose. Après une saison avec les Sharks, il fut coupé de l'équipe au camp d'entrainement d'octobre 1997 et envoyé dans les mineures. Il ne joua toutefois aucun match par la suite, l'équipe préférant qu'il soigne une blessure au genou persistante. Cette blessure requerra une chirurgie majeure qui mit fin à sa saison. 

Il opta alors pour la retraite avant de retenter un retour au jeu deux ans plus tard lors d'un essai avec les Coyotes de Phoenix. Mais après seulement une journée au camp d'entrainement, il décida que ses genoux ne pouvaient plus suivre et opta pour une retraite permanente.

En 518 matchs dans la LNH, Ewen récolta 36 buts et 40 passes pour 76 points. Son total de minutes de pénalité s'éleva à 1911, ce qui lui vaut toujours le 61e rang dans l'histoire de la LNH. Il détient également le record de franchise pour les minutes de pénalité en une saison pour les Ducks, avec 289 minutes obtenues lors de la saison 1995-96.

Après sa retraite, il retourna s'établir à St.Louis et fut actif comme entraineur local à plusieurs niveaux, dont trois années comme entraineur-chef de l'Université de St.Louis. 

Malheureusement, Ewen fut une autre de ces victimes de ce style de jeu violent qui lui a permis de jouer plus de 500 matchs dans la LNH. Il commença à vivre des épisodes d'agression, d'anxiété, de dépression et des pertes de mémoires. Il lui arrivait même d'oublier des pratiques de son équipe universitaire, ce qui le força éventuellement à démissionner. 

En septembre 2015, il s'enleva la vie par arme à feu à l'âge de 49 ans. Il était le sixième ancien «enforcer» de la LNH en cinq ans à mourir prématurément, après Probert (juillet 2010), Derek Boogard (mai 2011), Rick Rypien (août 2011), Wade Belak (août 2011) et Steve Montador (février 2015).

Après l'analyse de son cerveau que la famille légua à la science, il fut révélé que Ewen souffrait lui aussi d'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) causée par les commotions cérébrales. Cependant, lors du premier examen, il fut révélé par le spécialiste que Ewen ne souffrait pas d'ETC. Gary Bettman sauta alors sur le cas de Ewen pour vilifier et discréditer les différentes poursuites envers sa ligue. Il alla même jusqu'à dire que Ewen aurait été trop influencé par les médias, qui l'auraient convaincu qu'il avait le ETC, ce qui n'aurait fait qu'empirer son état fragile, et non pas la maladie elle-même...

 

Mais on recommanda ensuite un deuxième examen plus approfondi qui révéla que Ewen était réellement atteint d'ETC de niveau 2. Il fut même également révélé que la spécialiste ayant fait le premier examen, la docteure Lilli-Naz Hazrati, est plus tard devenue consultante pour la LNH dans les multiples poursuites devenues monnaie courante lors des dernières années...

La veuve de Ewen porta la LNH en cour en 2019 et obtint au final un arrangement hors-cour d'un montant non-dévoilé. Elle déclara que Bettman était «un homme déshonorable».

Depuis la mort de Ewen, plusieurs autres joueurs décédés en bas âge ont été diagnostiqués comme étant atteint d'un différent stade du CTE comme Gino Odjick, Zarley Zalapski, Marek Svatos, Greg Johnson et Chris Simon. Johnson et Simon sont également mort par suicide, ce qui était aussi le cas pour Rypien et Belak.

Todd Ewen
1966-2015

 

Sources:

Todd Ewen peut-il devenir au autre Probert?,  La Tribune, 21 octobre 1992
Ewen et Carnback s'en vont à Anaheim, La Tribune, 11 août 1993
A Kid at Heart : Ducks’ Enforcer Ewen Creates Children’s Books, Los Angeles Times, 2 février 1994
Ewen ends comeback bid, NHL.com, 8 septembre 1999
SI Vault 
Researcher sheds light on exam of former NHL player Todd Ewen’s brain, TSN, 10 février 2016
Boston University finds former NHL player Ewen had CTE, contradicting earlier findings, CTV News, 30 novembre 2018
NHL, Todd Ewen’s widow settle wrongful death lawsuit, TSN, 21 avril 2021

vendredi 23 mai 2025

Normand Baron


Le parcours de hockeyeur de Normand Baron est pour le moins étonnant.

En 1976-77, il s’est joint au Junior de Montréal. Dans cette équipe dirigée par Jacques Laperrière, on retrouvait Marco Baron, Normand Dupont, Robert Picard et Mark Hardy. Normand Baron ne joue que 7 matchs, amassant un but et une passe et aucune minute de pénalité.

Il se dirigea ensuite vers le junior B et des circuits intermédiaires.

Il prit sa retraite du hockey en 1979, pour ensuite mettre son énergie dans le culturisme. Il y rencontra un succès certain, alors qu’il fut désigné Monsieur Montréal et Monsieur Province de Québec en 1981. Sa force ne faisait pas de doute, réussissant à soulever 600 livres au développé couché (bench press). Son physique lui permit également de travailler comme portier de discothèque.

Au printemps 1983, alors que les Canadiens furent rapidement éliminés par Buffalo, Baron estima que Guy Lafleur s’était fait trop brasser. Il offrit alors ses services aux Canadiens. Claude Ruel lui dit de maigrir de 25 livres et de revenir.

Comme il avait tenu parole, il se présenta au camp. Ayant été inactif au hockey depuis un moment, sa présence suscita la curiosité. Ça ne l’empêcha pas d’affirmer qu’il était là pour prendre le poste de Chris Nilan. On l’envoya finalement à Halifax rejoindre les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse de la Ligue américaine. Il y présenta une fiche respectable de 11 buts et 11 passes en 68 matchs. Quant à son total de minutes de pénalité, il se chiffra à 275, le troisième plus élevé de la ligue.

Il fut rappelé en mars, alors que Chris Nilan avait fait preuve d’indiscipline. Il joua son premier match le 25 à New York, contre les Rangers.

Le 29 mars, dans un match contre Québec, il avait dit qu’il n’aimait le style de Dale Hunter et qu’il lui dirait sur la glace. Il a plutôt pris une pénalité d’indiscipline pour double-échec contre lui. Dans une victoire facile des Nordiques, Michel Bergeron dit que c’était décevant de devoir recourir à de tels joueurs. En pleine rivalité, on fit des comparaisons avec Jimmy Mann, que les Nordiques avaient acquis le mois précédent, qui vient aussi de Verdun et qui était l’ami de Baron dans la vie.

Il demeure que Mann avait un parcours de hockey plus étoffé que celui de Baron et Serge Savard fut critiqué d’avoir eu recours à ses services, alors qu’il avait déjà dit qu’il faudrait nettoyer le hockey.

En bout de ligne, il joua 4 matchs en saison régulière, pour un total de 12 minutes de pénalité. En séries, il participa aux trois matchs du premier tour contre les Bruins, mais il ne joua plus par la suite. C’est donc dire que Baron, tout comme Mann, n’était pas en uniforme lors du match du Vendredi Saint, contre les Nordiques en deuxième ronde.

Au camp de 1984, Nilan montra qu’il était définitivement un meilleur joueur de hockey et Baron fut envoyé aux Canadiens de Sherbrooke.

En Estrie, il eut des différents avec l’entraîneur Pierre Creamer, parce qu’il ne voulait pas seulement se battre, affirmant qu’il avait eu de bons résultats avec Serge Boisvert et Randy Bucyk. Il passa finalement l’année en entier avec Sherbrooke et fit partie de l’équipe qui remporta la Coupe Calder.

En septembre 1985, il fut échangé aux Blues contre un montant d’argent.

Après avoir débuté la saison dans l’IHL, il fut rappelé en décembre et marqua son premier but le lendemain de Noёl contre Murray Bannerman des Blackhawks. Son deuxième et dernier but fut quant à lui compté contre Mark Laforest, des Red Wings. Ce furent ses seuls points en carrière. En 23 matchs avec St-Louis, il accumula 49 minutes de pénalité.

C’est ainsi que se termina le parcours atypique de Normand Baron dans le hockey.

Par après, il s’est ouvert un gymnase pour culturistes à Verdun, pour ensuite travailler de nombreuses années à Postes Canada. Il est maintenant à sa retraite.

Pour ceux que ça intéresse, il a composé le Blues des Glorieux.

Sources:

″Un matamore veut le poste de Nilan″ de Bernard Brisset, 9 septembre 1983, La Presse, page S4,

″«L’homme le plus fort que j’aie vu dans le hockey» - André Boudrias″ de Bernard Brisset, 22 mars 1984, La Presse, page S4,

″Baron : «Pas besoin de me dire quoi faire»″ de Ronald King, 23 mars 1984, La Presse, page S3,

″Where’s Baron of Beef? Nordiques put him in cooler″ de Herb Zurkowsky, March 30, 1984, Montreal Gazette, page C1,

″Que fait Savard dans ce cirque?″ de Claude Larochelle, 31 mars 1984, Le Soleil, page C1,

″Normand Baron: rêve fini?″, PC, 31 mars 1984, Le Soleil, page C3,

″Baron : «Je peux tenir mon bout sur une ligne»″ de Richard Hétu, 21 septembre 1984, La Presse, page S2,

″Normand Baron victime de sa propre force″ de Pierre Turgeon, 19 janvier 1985, La Tribune, page S9,

″Les ex-Glorieux font d’excellents Blues″, AP, 27 décembre 1985, La Presse, page S7,

″Offrir une voiture sport à un enfant de 16 ans..″ de Tom Lapointe, 17 février 1987, La Presse, page S6,

″Que sont-ils devenus?″ de Michel Beaudry, 20 septembre 2021, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

hockey-reference.com.

jeudi 5 septembre 2024

Quiz hardcore LVEUP: Blues de St.Louis

 


 

 

C'est le moment d'un autre quiz hardcore à la LVEUP. Le genre de quiz où il est pratiquement impossible d'avoir la note de passage, même en trichant.

J'ai déjà fait plein de quizzes sur le Canadien, les Whalers, Nordiques, autres équipes défuntes ou bien quizzes par décennie etc. Mais cette fois-ci j'ai décidé d'y aller avec une équipe random. Et qui de plus random que les Blues de St.Louis...

Bonne chance.


vendredi 12 juillet 2024

Retrouver ses chums




J'adore parler des Oilers d'antan, surtout ce qui s'est passé en coulisses après les nombreuses coupes et la dynastie des années 80. Avec un groupe aussi explosif de joueurs vedettes, il est très intéressant d'analyser leurs allées et venues durant la deuxième moitié de leur carrière qui s'adonnait justement à se passer durant les fastes années 90, où les salaires allaient en montant et où les grosses transactions devenaient monnaie courante.

Mais ce que j'ai pensé analyser aujourd'hui sont plutôt les nombreuses expériences de réunions de ces ex-Oilers durant les années 90 où l'on tenta maintes fois de recréer la recette Oilers ou peut-être simplement de plaire ou satisfaire les Wayne Gretzky et Mark Messier qui désiraient probablement revoir leurs vieux potes.

En commençant tout d'abord chez les Kings, quelques années après «l'échange», Gretzky a pu être réuni à plusieurs reprises avec ses anciens chums des Oilers. Tout d'abord à l'automne 1991 lorsqu'il fut finalement, et certains diront inévitablement, réuni avec son numéro 2 de prédilection, Jari Kurri. Ce dernier venait de passer la saison 1990-91 en Italie suite à une dispute contractuelle à Edmonton. Tout le monde s'attendait à ce que son retour dans le LNH se fasse avec les Kings et c'est ce qui se produisit lors d'un échange à trois équipes impliquant les Flyers, les Kings et les Oilers. 

Et ensuite, pourquoi ne pas ajouter un autre ex-Oiler à la défense pour les Kings? Au même moment de l'arrivée de Kurri, on vit le défenseur Charlie Huddy rejoindre les Kings en 91-92, suite à un échange avec les North Stars, eux qui avaient obtenu Huddy des Oilers lors du repêchage d'expansion compliqué de 1991. Il fut inclus dans une transaction envoyant le surestimé Todd Elik au Minnesota.

Plus tard lors de cette même saison 1991-92, on amena également Paul Coffey avec les Kings lors d'un autre échange à trois équipes impliquant de nouveau les Flyers, ce même échange qui envoya Mark Recchi à Philadelphie et Rick Tocchet à Pittsburgh.

Gretzky entouré de Luc Robitaille, Jari Kurri et Paul Coffey au match des étoiles de 1993.

Gretzky entouré de Marty McSorley et Charlie Huddy

Grant Fuhr

Le séjour de Coffey à L.A. fut toutefois assez court, alors qu'il fut échangé aux Red Wings durant la saison 1992-93. 

Gretzky et Kurri furent toutefois réunis quelques temps après avec leur ancien portier de longue date, le gardien Grant Fuhr, durant la saison 1994-95 après une transaction avec les Sabres. Le séjour de Fuhr à L.A. fut toutefois une expérience ratée alors qu'il ne put faire mieux qu'une pénible fiche de 1-7-3 en 14 matchs au sein d'une équipe des Kings en déroute. Il quitta pour St.Louis après la saison.

Mais pendant tout ce temps il y avait également d'autres ex-Oilers qui se cherchaient un nouveau nid quelque part. Et nulle part ailleurs que chez les Rangers de New York l'on vit apparaître le plus grand contingent de ces ex-dynastiens.

Le premier fut le jeune Adam Graves qui se vit offrir plus d'argent à New York qu'à Edmonton comme agent libre en 1991-92. La perte de ce joueur fut la goutte qui fit déborder le vase pour le capitaine Mark Messier. Estimant que les Oilers ne désiraient plus mettre les efforts financiers nécessaires pour continuer à compétitionner, il exigea un échange. Après quelques semaines de grève, il prit finalement lui aussi le chemin de Broadway en retour de Bernie Nicholls, Steven Rice et Louis DeBrusk.

En plus de Messier, les Rangers obtinrent également des «considérations futures» des Oilers. Ces considérations futures se transformèrent finalement en un autre échange qui envoya le défenseur Jeff Beukeboom aux Rangers en retour de David Shaw. Membre de trois coupes des Oilers, Beukeboom jouera avec les Rangers jusqu'en 1999.

Donc Messier, Graves et Beukeboom débutèrent l'aventure ensemble à New York et transformèrent la franchise. Mais après une saison 1991-92 qui se solda par un trophée du Président pour les Rangers, la saison 92-93 fut un flop et ils ratèrent les séries. Cela mena le DG Neil Smith à retourner au boulot et continuer le pillage en règle de ce qui restait de Oilers d'antan. 

Glenn Anderson
Il avait auparavant débuté ce travail durant la saison 92-93, obtenant d'abord le défenseur Kevin Lowe en décembre 1992. Lowe avait été nommé capitaine suite au départ de Messier mais se retrouva lui aussi en dispute contractuelle, ce qui le mena à trois mois de grève de sa part au début de la saison. Il fut finalement échangé aux Rangers en retour de Roman Oksiuta et un choix de 3e ronde. Lowe était le dernier Oiler encore avec l'équipe depuis les débuts de l'équipe dans la LNH en 1979, et il était également le dernier du club des 7 joueurs à avoir été membre des 5 coupes des Oilers, les autres étant Messier, Kurri, Fuhr, Huddy, Glenn Anderson et Randy Gregg.

Ensuite, vers la fin de cette saison 1992-93, un autre Oiler prit le chemin de NY en la personne de Esa Tikkanen, en retour du futur capitaine des Oilers Doug Weight. Tikkanen avait précédemment lui aussi été en dispute avec Glen Sather en regard à son contrat, étant retourné à reculons à Edmonton.

Ces ajouts, ainsi que d'autres transactions avec d'autres équipes (Steve Larmer entre autres), menèrent les Rangers à un autre trophée du président. Et comme renforts finaux provenant de ces anciens Oilers, Smith se permit d’acquérir à la date limite des transactions un autre capitaine des Oilers, le récalcitrant du casque Craig MacTavish, attribué du «C» depuis le départ de Lowe. Le même jour, il acquit la dernière pièce du puzzle, l'attaquant Glenn Anderson, qui était membre des Maple Leafs depuis la saison 1991-92. En retour, les Leafs mirent la main sur le prolifique Mike Gartner dans ce que j'appelle affectueusement le meilleur échange «moustache contre moustache» de l'histoire.

Parmi les Rangers de 1994, on retrouvait les ex-Oilers Adam Graves,
Mark Messier et Kevin Lowe


Donc c'est avec 7 ex-huileux (Messier, Graves, Anderson, MacTavish, Beukeboom, Lowe, Tikkanen) que les Rangers de 1994 mirent la main sur cette coupe qu'ils recherchaient depuis 1940. Cette coupe est souvent considérée comme étant la 6e coupe non-officielle de la dynastie des Oilers.

Mais revenons à Gretzky et les Kings. Suite à la défaite en finale de 1993, l'équipe débuta immédiatement une pente descendante. En fait on peut dire que la franchise déboula la pente. Le propriétaire des Kings Bruce McNall fut reconnu coupable de fraude en décembre 93 et fut forcé de vendre l'équipe à de nouveaux propriétaires qui eurent de la difficulté à renflouer l'équipe. Les excès financiers de McNall avaient grandement nui aux finances des Kings qui eurent même de la difficulté à payer leurs joueurs. Donc de nombreuses vedettes des Kings durent être échangés, comme Luc Robitaille et Alexei Zhitnik. 

Frustré de la situation, Gretzky demanda à être échangé, ce qui se produisit en février 1996 lorsqu'il prit le chemin de St.Louis. Les Kings reçurent bien peu en retour de Gretzky, le meilleur élément fut l'attaquant Craig Johnson dont j'ai parlé l'autre jour...

Peu après le départ de Gretzky, c'est Jari Kurri qui quitta le bateau, étant échangé aux Rangers, retrouvant de nouveau une floppée d'ex-Oilers, mais quand même moins qu'en 1994 alors que Anderson, MacTavish et Tikkanen avaient tous quitté depuis ce temps. Mais parmi les autres joueurs qui suivirent Kurri à New York, il y avait l'ex-King et ex-Oiler Marty McSorley à prendre en considération.

Jari Kurri

On put toutefois voir durant quelques semaines une réunion Messier-Kurri à New York, ce qui, combiné avec la présence de Pat Verbeek et Luc Robitaille, en faisait une édition assez particulière et éphémère des Rangers...

En fait, beaucoup de ces ex-Oilers, et maintenant ex-Rangers, étaient désormais à St.Louis. Après la conquête des Rangers de 1994, Mike Keenan quitta NY pour St.Louis à gros prix, où il devint coach et DG. Il se dit alors que si la recette d'ex-Oilers était bonne, il serait encore plus gagnant de mixer deux recettes, soit des ex-Oilers et ex-Rangers... et Brett Hull.

C'est donc durant cette étrange saison 95-96 que les Blues obtinrent dans l'ordre les joueurs suivants:
- Grant Fuhr, comme agent libre après sa désastreuse saison 94-95 avec les Kings
- Brian Noonan, comme agent libre après deux ans avec les Rangers
- Stéphane Matteau, héros de 1994 obtenu des Rangers en décembre 1995 contre Ian Laperrière
- Wayne Gretzky, des Kings en février 1996
- Craig MacTavish, des Flyers en mars 1996 en retour de Dale Hawerchuk
- Charlie Huddy, des Sabres en mars 1996 en retour de Denis Hamel
- Glenn Anderson, obtenu au ballotage des Oilers (où il avait fait un court retour) en mars 1996

Keenan avait aussi précédemment fait l’acquisition de Doug Lidster, Greg Gilbert et Esa Tikkanen des Rangers durant la saison 1994-95 mais cela ne fut que temporaire alors que les trois quittèrent les Blues avant l'arrivée de Gretzky.



L'expérience ex-Oilers et/ou Rangers à St.Louis ne fonctionna pas comme prévu, notamment par une chimie Hull/Gretzky qui n'était pas aussi explosive que l'on imaginait. Et après l'élimination des Blues par les Red Wings au printemps 1996, et plusieurs critiques de Keenan envers Gretzky, beaucoup de ces joueurs ne furent pas de retour en 1996-97, principalement Gretzky, qui quitta pour... évidemment les Rangers.

Maintenant en 1996-97, on vit enfin la réunion Gretzky-Messier à New York. Cependant, on manqua l'occasion de voir le «big three» réuni car Kurri signa comme agent libre avec les Mighty Ducks, retrouvant pour sa part lui aussi un ami de son propre côté, le spectaculaire Teemu Selanne. Les Rangers de 1996-97 ne ressemblaient plus beaucoup à ceux de 1994, ni aux anciens Oilers qui commençaient à prendre leurs retraites respectives. Kevin Lowe était retourné terminer sa carrière avec les Oilers. Beukeboom et Graves étaient toujours là mais Gretzky n'avait même pas joué avec Graves à Edmonton et très peu avec Beukeboom. Mais il put tout de même revoir un autre vieux chum lorsque Tikkanen fut réacquis par les Rangers en fin de saison, contribuant d'ailleurs à 9 buts en 15 matchs en séries.

 

Toutefois, cette ultime réunion ne fut que temporaire et le portrait était bien différent en 1997-98 avec notamment une autre réunion, celle de Mike Keenan et Mark Messier à Vancouver (avec des résultats désastreux). Avec les Rangers en 97-98, il n'y avait plus que Beukeboom comme ancien allié des Oilers pour Gretzky, alors que Tikkanen était lui aussi parti, pour Washington dans son cas.

Gretzky et les Rangers ratèrent les séries lors des deux années suivantes. Il fut toutefois réuni de nouveau avec Tikkanen en 98-99 lors d'un troisième tour de piste à NY pour ce dernier qui quitta également la LNH après cette saison.

Par la suite, il ne restait plus que l'éternel Messier comme joueur actif au tournant du millénaire et l'ère de ces réunions d'ex-Oilers/Rangers/Blues était désormais chose du passée. La seule réunion qu'on put voir était celle de Messier lui-même qui retourna à New York en 2000-01 après le fiasco Vancouver. Il retrouva alors quelques vieux copains de 1994 comme Graves, Brian Leetch et Alex Kovalev (lui aussi en retour d'exil).

Kovalev fut d'ailleurs le dernier joueur encore actif de la coupe de 1994 lorsqu'il prit sa retraite.



C'était donc les nombreuses réunions des Ex-Oilers et Rangers. Mais il y eut de nombreuses autres réunions de chums à travers les âges mais j'ai gardé ça pour une deuxième partie. À la revoyure donc.

mercredi 26 juin 2024

Gene Carr





Ce texte a d'abord été publié comme texte inédit dans notre livre «Le meilleur de La vie est une puck» en 2022. Ce livre est désormais épuisé mais demeure toujours disponible en format digital (eBook).


Fils d’un joueur de hockey qui avait joué cinq matchs avec les ­Leafs dans les années 1940, Gene ­Carr avait un coup de patin remarquable, un style flamboyant en plus d’un potentiel offensif qui suscitait la convoitise. Lors du repêchage de 1971, l’attention fut évidemment portée vers ­Guy Lafleur, choisi premier par ­Montréal, et ­Marcel Dionne, deuxième par ­Détroit. Au troisième rang, les ­Canucks se tournèrent vers le défenseur ­Jocelyn ­Guèvremont avant que les Blues ne choisissent ­Carr avec la quatrième sélection. Il fut ainsi sélectionné devant son coéquipier avec les Bombers de ­Flin ­Flon, Chuck Arnason, choisi 7e par ­Montréal, même si ce dernier avait accumulé 163 points, 59 de plus que Carr. Le potentiel de ­Carr était tel que ­Claude Ruel l’aurait apparemment préféré à ­Dionne si les Canadiens n’avaient pas repêché au premier rang.
 
Les ­Blues étant à ce moment une équipe plutôt instable, ils échangèrent ­Carr après seulement 15 matchs dans leur uniforme. Le ­directeur-gérant des ­Rangers, ­Emile ­Francis, avait vu ­Carr lui glisser entre les mains au repêchage et voulait corriger le tir. Il envoya alors à ­St-Louis ­Mike Murphy, ­André ­Dupont et Jack ­Egers en retour de ­Wayne ­Connelly, Jim ­Lorentz et ­Carr. N’ayant pas de place pour lui au centre, les ­Blueshirts l’employèrent principalement à l’aile gauche où il n’eut pas vraiment l’occasion de se mettre en valeur, en plus d’être victime de plusieurs blessures. Malgré son bon coup de patin, il s’avéra que ­Carr manquait de finition et n’avait pas la touche du marqueur. Considérant les attentes à son endroit, il devint une tête de ­Turc des impitoyables partisans new yorkais.



Le 15 novembre 1973, ­Carr et ­Mike ­Murphy prirent un taxi qui fut impliqué dans un sérieux accident de la route qui leur laissa à chacun une sérieuse commotion. Après avoir raté plusieurs matchs, ­Carr fut échangé aux ­Kings en février 1974 contre un choix de première ronde au repêchage de 1977, qui deviendra ­Ron ­Duguay.

Dans sa nouvelle ville, il y avait toujours de grandes attentes envers ­lui, bien qu’il y avait moins de pression qu’à ­New ­York. Et sur la glace, ses boucles blondes qui virevoltaient dans l’uniforme doré des ­Kings firent de lui l’un des favoris de la foule. Lors d’une entrevue pour la radio, on lui demanda quel était son groupe de musique préféré. Il mentionna alors des nouveaux venus dans le domaine, les Eagles. Il s’avéra que ­leur chanteur ­Glenn ­Frey était à l’écoute. Originaire de ­Détroit, ­Frey était un fan de hockey et prit contact avec lui. Il en découla une grande amitié. En plus de porter son chandail lors de certains concerts, ­Frey fit entrer ­Carr dans le cercle du jet set californien, où il rencontra entre autres ­Joe ­Walsh, ­Linda ­Ronstadt et ­Elvis.

En plus, ­Frey s’inspira de l’histoire de ­Carr, celle de quelqu’un qui arrive dans une nouvelle ville et envers qui il y a de grandes attentes, pour composer ce qui deviendra l’un des plus grands succès des Eagles, ­«New ­Kid ­In ­Town».





Toutefois, l’histoire se répéta pour ­Carr à ­Los ­Angeles. Relégation au troisième ou quatrième trio, attentes déçues, blessures, etc. De plus, il y avait une grande animosité entre lui et son entraîneur, ­Bob Pulford. Pour sortir de cette situation fâcheuse, il eut recours à son agent, qui représentait également les ­Eagles. ­Celui-ci exigea alors aux ­Kings d’échanger ­Carr, sans quoi les ­Eagles ne joueraient plus au Forum d’Inglewood, en banlieue de L.A. C’est finalement le 1er novembre 1977 que ­Carr fut exaucé, alors qu’il fut échangé avec ­Dave «The Hammer» Schultz aux ­Penguins en retour de ­Syl Apps Jr. et du gendre de ­Bernard ­Geoffrion, ­Hartland ­Monahan.

C’est finalement dans la ville de l’acier que ­Carr répondit quelque peu aux espoirs placés en lui, alors qu’il récolta 17 buts (en plus des deux qu’il avait marqué avec les ­Kings) et 37 passes pour 56 points. Voulant capitaliser sur ces bonnes statistiques finalement obtenues, lorsqu’il devint autonome à la fin de la saison, il signa un contrat de trois ans pour 300 000 $ (une très coquette somme à l’époque) avec les Flames d’Atlanta. Ce fut toutefois une grave erreur des Flames.

L’année débuta sur un autre accident de la route où il bousilla sa nouvelle ­Mercedes. Sur la glace, ses performances retournèrent au point de départ et l’usure des blessures continua à faire son œuvre. Il ne joua que 30 matchs avec les ­Flames et fut éventuellement assigné aux Oilers de ­Tulsa de la ­Ligue centrale.

À l’été 1979 eut lieu le repêchage d’expansion pour annexer les quatre clubs survivants de l’AMH. La LNH ne fit pas de cadeau à ces nouveaux venus et les conditions d’admission furent difficiles. 
 
Parmi les joueurs à sélectionner, il y avait une grande quantité de mauvais contrats dont les équipes en place voulaient se débarrasser. Il y avait évidemment celui de ­Carr parmi ­ceux-ci. John Ferguson, alors ­directeur-gérant des ­Jets de Winnipeg, fut le dernier à parler. Pour ses deux dernières sélections, il se contenta de dire, plutôt dépité, qu’il prenait les deux derniers, sans même nommer ­Carr et ­Hilliard ­Graves, un joueur marginal des Canucks. Carr ne joua jamais avec les ­Jets, ni pour aucune autre équipe d’ailleurs.

En 465 matchs, il marqua 79 buts (24 % durant sa seule saison 1977-78) et amassa 136 passes, pour un total de 215 points.

Il retourna alors en ­Californie, où il travailla dans les studios hollywoodiens comme coordonnateur de transport pendant 24 ans. Toutefois, ses trois opérations au cou, six au dos, deux aux genoux et un remplacement d’une hanche laissèrent des traces et il dut se déplacer avec une canne, puis des béquilles et éventuellement un fauteuil roulant. Il put toutefois bénéficier d’un traitement expérimental aux cellules souches en 2015 pour l’aider un peu.

Après avoir finalement pris sa retraite, il est décédé en décembre dernier, à l'âge de 72 ans, des complications d'une opération au dos.

Sources :

"Sam’s shrewdness, Ruel lore’s pay off" de Pat Curran, June 11, 1971, Montreal Gazette, pages 17, 20,

"Four Rangers traded for three Blues", AP, November 16, 1971, Montreal Gazette, page 13,

"Grundman sert les ouïes à Marcel Aubut" de Claude Larochelle, 14 juin 1979, Le Soleil, pC2,

"Former NHLer Gene Carr and other ex-athletes offered a clean bill of hope" d’Allan Maki, November 6, 2015, The Globe and Mail (globeandmail.com),

"The new kid in town is back" de Charlie Hodge, June 10, 2017, Kelowna Capital News (kelownacapnews.com),

"Carr dies at 72, played 465 NHL games for 5 teams", December 14, 2023 (nhl.com),

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

samedi 18 mai 2024

Joueur oublié des 90's #91 - Craig Johnson

 

 



Pour trouver des joueurs oubliés intéressants pour cette série, ça aide beaucoup d'avoir un nom générique comme Craig Johnson...

Né le 8 mars 1972 à St.Paul au Minnesota, l'attaquant Craig Thomas Johnson évoluait encore au niveau high school lorsque les Blues de St.Louis en firent leur choix de 2e ronde (33e au total) du repêchage de 1990. Il débuta ensuite son parcours universitaire avec les Gophers de l'Université du Minnesota où il joua durant trois ans, optant ensuite d'abandonner sa dernière année d'éligibilité pour plutôt joindre les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Olympiques de 1994. 

Johnson devint ensuite professionnel lors de la saison 1994-95. Après la première demi-saison annulée par la grève et qu'il passa dans la IHL, il parvint à obtenir un poste avec les Blues lors de la reprise des activités. Il marqua même le premier but du club dans leur nouveau domicile, le Kiel Center (aujourd'hui appelé le Enterprise Center). Il ne fut toutefois utilisé que sporadiquement durant cette première saison, terminant l'année avec 6 points en 15 matchs et jouant 1 seul match en séries.

Il débuta la saison 1995-96 avec le grand club, amassant 15 points en 49 matchs et ne faisant qu'un court séjour de 5 matchs dans les mineures. Il fut toutefois inclus dans une transaction majeure en février 1996. 

Au même moment à Los Angeles, insatisfait et déçu de la débandade des Kings depuis la finale de 1993, Wayne Gretzky demanda finalement à être échangé.

En retour de seulement Gretzky, les Kings reçurent les joueurs suivants:
- Roman Vopat (C)
- Craig Johnson (LW)
- Patrice Tardif (C)
- Choix de 5e ronde en 1996 (Peter Hogan)
- Choix de 1ère ronde en 1997 (Matt Zultek)

On peut aisément dire que les Kings ont reçu bien peu en retour de la merveille, alors que du lot, seul Johnson devint un membre du club à long terme, et ce dans un rôle secondaire.

Le principal atout de ce package aurait normalement dû être ce choix de première ronde en 1997, mais avec cette sélection au 15e rang obtenu des Blues, les Kings sélectionnèrent l'attaquant Matt Zultek qui non seulement ne s'est jamais rendu à la LNH mais qui aura à peine joué une trentaine de matchs dans la AHL. Il joua davantage dans la ECHL et SPHL jusqu'à sa retraite en 2011.

En fait les Kings ont complètement gâché cette sélection puisqu'ils n'exercèrent jamais leurs droits sur Zultek qui redevint éligible au repêchage en 1999 et qui fut sélectionné cette fois-ci par les Bruins en deuxième ronde... Je ne vois vraiment pas ce que les recruteurs de la LNH semblaient voir en lui pour être repêché aussi tôt à deux reprises. Par ses statistiques ordinaires au junior, je l'aurais plus vu en 6e, 7e ronde...

Bref, Johnson s'amena à L.A. pour terminer la saison 1995-96, et sembla bien fournir au départ avec 9 points en 11 matchs. Il ne joua cependant que 31 matchs en 96-97, et ne récolta que 7 points. Il se reprit ensuite en 97-98 et connut sa meilleure saison en carrière en 17 buts et 21 passes pour 38 points.

Beau caméo de Ray Ferraro

Beau caméo de Fredrik Olausson

Davantage un attaquant de soutien et un joueur défensif, Johnson fut fidèle au poste avec les Kings pendant 7 saisons complètes, ne dépassant le cap des 10 buts qu'à une seule autre reprise en 2001-02 avec 13 buts. Mais après une saison de seulement 3 buts en 70 matchs en 2002-03, il fut libéré par le club.

Il n'eut pas à aller trop loin la saison suivante, alors qu'il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks. Mais sa saison 2003-04 ne fut pas très concluante. Il fut placé au ballotage en janvier 2004, réclamé ensuite par Toronto où il joua 10 matchs, placé au ballotage de nouveau en mars et finalement réclamé par les Capitals avec qui il joua un autre 15 matchs, ses derniers dans la LNH.

Il continua ensuite sa carrière en Europe, d'abord trois saisons en Allemagne et une dernière saison en Autriche en 2007-08 avant de prendre sa retraite.

En 557 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 75 buts et 98 passes pour 173 points.

Il demeura ensuite dans le milieu du hockey, d'abord dans la ECHL comme assistant entraineur, ensuite entraineur-chef au niveau high school au Minnesota, recruteur pour les Kings et plus tard entraineur adjoint de leur club-école. Il a depuis gradué dans la LNH, comme assistant entraineur, des Ducks depuis la saison 2022-23.

Son fils, le défenseur Ryan Johnson, qu'il a d'ailleurs coaché au Minnesota, a été sélectionné en première ronde (31e) au total par les Sabres en 2019. Comme le paternel, il a joué avec les Gophers de l'Université du Minnesota avant de faire le saut dans la LNH. Il vient d'ailleurs de jouer sa première saison à Buffalo.


jeudi 1 février 2024

Joueur oublié des 90's #88 - Yuri Khmylev






Beaucoup de joueurs de cette série ont la distinction d'être «oublié» principalement par le fait qu'ils étaient originaires de la Russie. Lors de la tombée du rideau de fer, un vaste nouveau bassin de joueurs était désormais ouvert aux recruteurs de la LNH. Mais contrairement aux autres pays, on avait alors accès à des joueurs de tous âges, et pas seulement des espoirs de 18 ans. On pouvait alors prendre des chances au repêchage en sélectionnant des joueurs plus âgés et établis en Russie plutôt qu'un jeune nord-américain. Il y avait même certains joueurs russes qui venaient faire leurs preuves dans les mineures afin de se faire découvrir plus facilement par les recruteurs nord-américains, surtout dans l'ancienne IHL. De nombreux «coups de dé» du genre arrivèrent donc en scène dans la LNH durant les années 90 et bien qu'on retrouvait de bons soldats qui comblèrent les besoins de plusieurs équipes, il s'agissait très souvent d'«étoiles filantes» alors que plusieurs d'entre eux étaient déjà trop vieux ou ne cadraient pas dans le système nord-américain.

Cela fait en sorte que j'ai discuté de pas mal d'entre eux comme Nikolai Borschevsky, Alexander Semak, Dmitri Kvartalnov, Vladimir Tsyplakov et Anatoli Semenov

Et en voici un autre bel exemple dans le genre, Yuri Khmylev.

En prêt au CSKA Moscou
pour la Super Series 1990-91

Né à Moscou le 9 août 1964, Yuri Alexeyevich Khmylev (parfois épelé Khmylyov ou Khmyliov) débuta dans le système moscovite dès la saison 1980-81 avec le Krylya Sovetov, les «Soviet Wings» ou «Ailes Rouges» si vous préférez. 
 
Il passera 11 saisons avec le club, dont plusieurs comme ailier principal de Sergei Nemchinov, joueur qui connaîtra également du succès dans la LNH. Ce n'est qu'en 1992, alors qu'il était âgé de 27 ans, qu'une équipe de la LNH décida de sélectionner Khmylev lorsque les Sabres en firent leur choix de 5e ronde (108e au total). Khmylev s'était auparavant attiré de l'attention lors des «Super Series», ces tournois entre quelques clubs soviétiques et de la LNH qui eurent lieu durant trois saisons au tournant des années 90. 
 
Il s'était également distingué aux Olympiques de 1992 avec 10 points en 8 matchs durant ce tournoi où l'équipe unifiée remporta l'or. 

Il débuta immédiatement avec les Sabres en 1992-93 et s'en sortit bien avec 20 buts et 19 passes en 68 matchs et ensuite 7 points en 8 matchs en séries. Sa saison 93-94 fut encore meilleure avec 27 buts et 31 passes pour un sommet en carrière de 58 points. 
 
Ce furent cependant ses deux seules bonnes saisons. Au retour du lock-out de 1994, il obtint un raisonnable 25 points en 48 matchs mais ensuite seulement 28 points en 66 matchs en 1995-96. Il faut dire qu'il obtenait auparavant la plupart de ses points en évoluant avec Pat LaFontaine et Alexander Mogilny, ayant comme principale tâche d'assurer l'aspect plus défensif de ce trio. Lorsque ces derniers furent respectivement blessé et échangé, la production de Khmylev diminua inévitablement. Les Sabres devenaient également de plus en plus une machine défensive avec l'émergence de Dominik Hasek dans les buts.





Voulant rajeunir l'équipe, la direction décida d'échanger Khmylev aux Blues de St.Louis en mars 1996. Ce fut d'ailleurs tout un vol de la part des Sabres. En retour de seulement Khmylev et un choix de 8e ronde en 1996 qui n'aboutit à rien, les Sabres reçurent le robuste défenseur Jean-Luc Grand-Pierre, un choix de 2e ronde en 1996 qui devint Cory Sarich et surtout un choix de 3e ronde en 1997 qui devint nul autre que Maxim Afinogenov. 
 
Grand-Pierre et Sarich ne joueront qu'une poignée de matchs avec les Sabres avant de jouer plusieurs saisons dans d'autres clubs mais c'est avec Afinogenov que les Sabres remportèrent haut la main cet échange alors que ce dernier récolta plus de 300 points avec l'équipe tandis que Khmylev fut un flop total à St.Louis. Il termina cette saison 95-96 avec les Blues, ne jouant que 7 matchs et récoltant une seule passe, avec ensuite 2 points en 6 matchs en séries. Après seulement deux autres matchs au début de la saison 96-97, les Blues le libérèrent.

 


Après quelques semaines d'inactivité, Khmylev obtint en novembre un contrat de 25 matchs avec les Rafales de Québec dans la IHL, espérant profiter de l'occasion pour revenir dans la LNH avec un autre club avant la fin de la saison. Après 15 matchs décevants où il n'obtint qu'un seul but et 7 passes, le club procéda à un échange interligue (une chose rare) en l'envoyant aux Bulldogs d'Hamilton dans la ligue américaine en retour de l'ancien membre du Canadien Jesse Bélanger. Propriété des Oilers à ce moment, Bélanger apportera beaucoup aux Rafales avec 62 points en 47 matchs dont 32 buts. 
 
Pour sa part Khmylev ne récolta que 24 points en 52 matchs à Hamilton, et ne retourna plus jamais dans la LNH. Il opta ensuite de jouer une saison en Suisse en 1997-98 avec le HC Fribourg-Gotteron et par la suite un bref retour dans la AHL en 98-99 avec les Maple Leafs de St.John's où il termina finalement sa carrière.

Après sa retraite, il revint dans le giron de son ancienne équipe en devenant dépisteur en Russie pour les Sabres. Il occupa ces fonctions jusqu'en 2017 lorsqu'il fut renvoyé suite à une réorganisation majeure chez les Sabres. Il s'occupe présentement ces mêmes fonctions en Russie pour le compte des Kings de Los Angeles.

En 263 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 88 passes pour 152 points.

En 429 matchs dans la ligue soviétique, sa fiche fut de 159 buts et 113 passes pour 272 points.

Sources:
Former Sabres player and scout Yuri Khmylev still has fond memories of Buffalo, The Athletic, 13 mai 2020
Khmylev garde un oeil sur la LNH, Le Soleil, 20 novembre 1996
Bélanger à la rescousse, Le Soleil, 18 décembre 1996
Bélanger heureux, Le Soleil, 19 décembre 1996




lundi 1 janvier 2024

Joueur oublié des 90's #86 - Nelson Emerson

 


 

Né le 17 août 1967 à Hamilton en Ontario, Nelson Donald Emerson était un bon petit joueur très rapide et agile en plus d'être un excellent fabricant de jeu. Mais sa grande versatilité fit en sorte qu'il était aussi très monnayable sur le marché des transactions et c'est ainsi que je le retrouve très souvent sur mon chemin durant mes recherches, que ce soit par ses bonnes statistiques ou durant le parcours de ceux qui ont fait partie de ses nombreuses transactions.

Même sa sélection au repêchage provenait d'un échange ultra compliqué entre les Canadiens et les Blues:


Draft pick rights traded from Montreal Canadiens with Mike Dark, Mark Hunter, round 2 pick in the 1985 draft (Herb Raglan), round 5 pick in the 1985 draft (Dan Brooks) and round 6 pick in the 1985 draft (Rick Burchill) to St. Louis Blues for round 1 pick in the 1985 draft (Jose Charbonneau), round 2 pick in the 1985 draft (Todd Richards), round 4 pick in the 1985 draft (Martin Desjardins), round 5 pick in the 1985 draft (Tom Sagissor) and round 6 pick in the 1985 draft (Donald Dufresne)


Ça m'a causé une ou deux migraines à tenter de comprendre, mais en gros le CH a principalement envoyé Mark Hunter et un dénommé Mike Dark aux Blues en retour d'un choix de première ronde en 1985 qui devint José Charbonneau. Au travers de tout ça, les deux équipes inversèrent leurs sélections (2e, 5e et 6e rondes) à ce même repêchage 1985. Le CH obtint aussi en bonus un choix de 4e.





Bref, Nelson Emerson fut repêché en 3e ronde en 1985 par les Blues. Il fut repêché directement du Junior B alors qu'il évoluait avec les Cullitons de Stratford où il domina la ligue en 1985-86 avec 112 points en 39 matchs. Ayant l'opportunité de rejoindre la OHL, il opta plutôt de joindre les rangs de l'Université Bowling Green (Ohio) pour la saison 1986-87.

Son parcours dans la NCAA fut exemplaire alors qu'il fut d'abord nommé recrue de l'année en 1986-87. Il joua quatre années complètes à Bowling Green, où il fut élu deux fois sur la première équipe d'étoiles de sa division en plus d'être à chaque saison finaliste comme récipiendaire du trophée Hobey Baker remis au meilleur joueur universitaire du pays. 
 
Il avait aussi comme coéquipier et co-chambreur le futur membre du temple de la renommée Rob Blake, qui lui avait imité le parcours de son ami Emerson. Deux ans plus jeune que ce dernier, Blake avait lui aussi joué avec Stratford au Junior B (après Emerson) avant de joindre Bowling Green en 1987-88. 

Les deux terminèrent leur parcours universtaire en 1989-90 alors qu'Emerson avait terminé ses quatre années tandis que Blake opta de devenir professionnel plus rapidement. Les deux purent terminer la saison 89-90 avec leurs nouvelles équipes, Blake à Los Angeles tandis qu'Emerson joignit le club-école des Blues.


Emerson obtint ensuite un essai de 4 matchs avec les Blues au début de la saison 90-91 (0 but, 3 passes) mais il passa la majorité de la saison avec le club-école, les Rivermen de Peoria dans la IHL. Il termina cette première saison pro avec une fiche de 36 buts et 79 passes pour 115 points, bon pour le 4e rang des pointeurs de la IHL qui élut ensuite Emerson comme recrue de l'année dans le circuit. Il aida les Rivermen à remporter la coupe Turner alors qu'il obtint 21 points en 17 matchs durant ces séries.

Les mineures étant derrière lui, Emerson débuta à temps plein avec les Blues en 1991-92 et s'en sortit encore très bien comme recrue avec une fiche de 23 buts et 36 passes pour 59 points en 79 matchs. Il s'améliora encore davantage en 1992-93 avec 73 points dont 51 passes. 

Cependant, durant l'été 1993 les Blues avaient l'opportunité d'acquérir le prolifique défenseur Phil Housley des Jets de Winnipeg. Ils sacrifièrent donc le jeune Emerson ainsi que Stéphane Quintal afin d'obtenir Housley. Le parcours de Housley à St.Louis ne fut pas très productif alors qu'il se blessa et rata le 3/4 de la saison. Cependant, les Blues se reprirent l'été suivant en se servant de Housley pour obtenir Al MacInnis des Flames...
 
Pour sa part, Emerson encaissa le choc d'être échangé pour la première fois de sa carrière et calma la froideur initiale de ses nouveaux partisans, initialement frustrés d'avoir perdu Housley, en connaissant sa meilleure saison offensive en 1993-94 avec 33 buts et 41 passes pour 74 points, dont beaucoup furent amassés en étant jumelé à Teemu Selanne, avant que ce dernier se blesse et rate une trentaine de matchs. Il amassa ensuite 37 points durant la saison écourtée de 1995.

Lors de ses premiers matchs à Winnipeg, Emerson fut l'acteur principal d'un jeu controversé lors d'un match au domicile des Jets contre les Blackhawks. 
 
Alors que l'égalité de 0-0 persistait en prolongation, le gardien Ed Belfour tenta de dégager la rondelle par la bande derrière son filet. En tournant autour du filet, Emerson capta la rondelle avec son gant et la déposa dans l'enclave ou même pratiquement directement dans le but selon plusieurs joueurs des Hawks.
 
La reprise vidéo fut inconclusive et l'arbitre Denis Morel s'en tint finalement à son jugement initial et accorda le but. Il s'agit d'un des buts les plus contestés de l'histoire. Heureusement qu'il ne s'agissait que d'un match en octobre et pas en séries...

 
 
 
Assez hilarant ce vidéo. Il faut tout de même reconnaître le «guts» de Morel ici alors qu'il dut survivre ensuite à toute une parade de personnages pas très joviaux. Imaginez avoir soudainement l'entièreté des Blackhawks de 1993 dans votre face; Bryan Marchment, Darin Kimble, Gary Suter, Steve Smith, Jeremy Roenick, Dirk Graham et surtout Ed Belfour ainsi qu'une demi-portée de frères Sutter (Brent, Rich et Darryl comme entraîneur). Il était quand même chanceux que Chris Chelios n'était pas présent, lui qui était alors suspendu pour quelques matchs...
 
Roenick y alla d'une de ces déclarations typiques dans les médias après le match:  
 
« Morel should have been out of this league five years ago. That's the worst call I've seen since I first laced up the skates as a kid. Maybe the refs should go on strike (a looming threat with their contract up Nov. 14 and no agreement in sight). We could use some new ones. »  
 
Pour sa part, Emerson déclara qu'il n'avait définitivement pas lancé la rondelle dans le but. Qu'il l'a simplement remise devant l'enclave et que c'est un joueur des Hawks qui l'a ensuite poussé dans le but. Mais jusqu'à ce jour, il croit lui aussi que le but n'aurait pas dû être accordé, car il a définitivement gardé la rondelle trop longtemps dans sa main.
 
Quoiqu'il en soit, Emerson joua deux saisons avec les Jets, suite à quoi il fut échangé aux Whalers de Hartford en octobre 1995 en retour de Darren Turcotte. Ce dernier avait obtenu des stats similaires à Emerson la saison précédente mais les Whalers gagnèrent haut la main cet échange alors que Emerson obtint 58 points dont 29 buts en 95-96 tandis que Turcotte n'obtint que 32 points et termina l'année avec les Sharks lors d'une autre transaction, avant de ne devenir qu'un figurant par la suite. 
 
À Hartford, Emerson retrouva Brendan Shanahan, son ancien compagnon de trio à St.Louis, ce qui l'aida à connaitre cette bonne saison.
 


Un autre but controversé... J'ai trouvé d'autres buts mais je voulais vraiment mettre celui-ci à cause du chandail glorieux du monsieur à 1:28 du vidéo :




Une blessure vint toutefois nuire à Emerson en 96-97, en plus du départ de Shanahan, et il n'obtint que 38 points. Il suivit ensuite l'équipe en Caroline en 97-98 et y connut sa dernière saison de 20 buts (21-24-45). Il marqua également le premier but de l'histoire des Hurricanes dans leur nouveau domicile.
 
Durant la saison 98-99, il continua ce périple nomade lorsque les Hurricanes l'envoyèrent aux Blackhawks en retour de Paul Coffey, un autre nomade de renom à l'époque. Emerson refit ses valises à nouveau avant la fin de la saison lorsque une troisième équipe, les Senators, fit son acquisition pour les séries en retour de Chris Murray.
 
Agent libre après cette saison 98-99, il signa pour trois saisons avec les nouveaux Thrashers d'Atlanta avec qui il joua le match inaugural et marqua 14 buts. Il termina toutefois la saison à Los Angeles, où il retrouva son vieil ami Rob Blake, lorsque les Kings firent son aquisition, en plus de celle de Kelly Buchberger,  en retour de Donald Audette et Frantisek Kaberle.

La réunion des anciens de Bowling Green ne fut toutefois que temporaire puisque Blake quitta les Kings en février 2001 lors d'un échange majeur avec l'Avalanche avec qui il remporta la Coupe Stanley. Emerson continua sa route avec les Kings jusqu'à la fin de la saison 2001-02, suite à quoi il prit sa retraite. 





Il reviendra dans le giron des Kings comme adjoint en 2006-07, pour ensuite devenir directeur du développement des joueurs, ayant ainsi contribué à une grosse partie des succès des Kings dans les années 2010, ce qui lui valut deux bagues. Il est depuis 2022 adjoint au directeur général... nul autre que Rob Blake.

Ses fils jumeaux, Quinn et Blake (coincidence?), sont tous les deux présentement dans la NCAA, Blake à Colorado State et Quinn avec l'alma mater de son paternel, Bowling Green. Mais aucun d'eux n'a été repêché dans la LNH.

En 771 matchs dans la LNH, Nelson Emerson aura amassé 195 buts et 293 passes pour 488 points.


Sources:
Everyone can use a hand now and then, especially in OT, Winnipeg Free Press, 18 mars 2019
DISPUTED OT GOAL HAS HAWKS FUMING
, Chicago Tribune, 17 oct. 1993
Recalling Blake’s path to Staples Center rafters, LA Kings Insider, 16 janvier 2015
Emerson reprend vie, Le Soleil, 20 novembre 1993