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lundi 9 novembre 2015

Le 228e bataillon de Toronto






En 1914-15, les Shamrocks de Toronto de la NHA (National Hockey Association) appartenaient au controversé propriétaire Eddie Livingstone.  Celui-ci avait habitude de se quereller avec tout un chacun et n’était pas particulièrement apprécié de ses pairs. 
 
Avant la saison 1915-16, Livingstone acheta la deuxième équipe de Toronto, les Blueshirts.  Comme la ligue ne voulait pas qu’un individu détienne deux équipes, Livingstone accepta de vendre les Shamrocks.  Toutefois, Frank et Lester Patrick engagèrent plusieurs des joueurs des Blueshirts pour la Pacific Coast Hockey Association.  (voir texte du 8 octobre 2012)  Ils agirent ainsi en représailles de ce qu’ils jugeaient être un non-respect d’une entente qu’ils avaient avec la NHA. 
 
En manque de joueurs, Livingstone rassembla ceux qu’il lui restait chez les Blueshirts.  La franchise des Shamrocks devint inactive et la ligue y vit une opportunité pour la saisir.
 
 
En 1916-17, devant la difficulté de recruter suffisamment de joueurs qui n’étaient pas mobilisés dans l’armée alors que la guerre faisait rage en Europe, la ligue offrit la franchise des Shamrocks au 228e bataillon. 
 
Les Northern Fusiliers avaient parmi leurs effectifs des joueurs qui avaient joué au niveau professionnel et prirent ainsi part aux activités de la ligue.  Vêtue de khaki, l’équipe fut très populaire et attira les foules.  Elle eut également un certain succès sur la glace.
 
En février 1917, la réalité rattrapa le hockey.  Le bataillon fut appelé à traverser l’Atlantique.  Il se retira donc de la NHA après 12 matchs.  Pour éviter de se retrouver avec un nombre impair d’équipes (ce qui était pourtant le cas l’année précédente), on profita de l’occasion pour se débarrasser de l’autre équipe de Livingstone. 
 
Le calendrier dut être réorganisé pour la deuxième moitié de saison, qui se déroula sans aucune équipe à Toronto.
 
La NHA exigea d’être dédommagée par le bataillon, suite à son retrait.  La ligue voulait encaisser le dépôt de 3000$ qu’il lui avait laissé.  Elle dut finalement y renoncer. 
 
Les choses prirent une tournure encore plus particulière lorsque l'attaquant vedette du bataillon, l’ex-Bulldog de Québec Eddie Oatman, et le défenseur Gordon Meeking obtinrent leur libération de l’armée avant que le bataillon ne s’embarque pour l’Europe.
 
Les deux joueurs commencèrent par affirmer qu’ils n’avaient été recrutés que pour jouer au hockey.  Par contre, porter l’uniforme sans faire partie de l’armée contrevient à la loi.
 
Oatman affirma alors qu’il s’était enrôlé comme soldat pour faire comme de nombreux de ses compatriotes, soit aller se battre sous les drapeaux.  Il affirma également qu’il avait signé un contrat avec le bataillon et que sa libération lui causait une perte financière.
 
Meeking alla finalement sur les champs de bataille.  Oatman retourna dans la PCHA.
 
Du point de vue hockey, les champions de la première moitié, les Canadiens, affrontèrent les champions de la deuxième, les Senators.  Montréal remporta la Coupe O’Brien (voir texte du 23 septembre 2013), avant de s’incliner devant les Metropolitans de Seattle de la PCHA pour la Coupe Stanley.
 
L’année suivante, la NHA fut dissoute pour se débarrasser de Livingstone.  On forma alors la LNH sans lui.
 
Sources:  “Probable resignation of 228th and move to exclude Torontos causes tense situation N.H.A.”, Ottawa Citizen, 10 février 1917, p.8, “N.H.A. demands bonds from 228th team”, Ottawa Citizen, 13 février 1917, p.8, “Robinson declares 228th put it over”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Gordon Meeking also let out by Batallion”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Oatman’s revelation may cause another upheaval in National Hockey Assn.” Ottawa Citizen, 20 février 1917, “228th Battalion discharges Eddie Oatman”, The Porcupine Advance, 28 février 1917, p.2, wikipedia.org.

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