Je suis tombé l'autre jour sur cette publication expliquant que de toutes les équipes existantes de la LNH, seuls les Devils du New Jersey n'ont jamais été balayé en séries.
Il y a bien sûr comme vous voyez le Mammouth, le Kraken et les Golden
Knights qui font également partie du portrait mais comme ce sont des
franchises toutes jeunes, ils ne sont évidemment pas encore pris en
considération.
Mais si on considère le Mammouth comme étant la
continuation des Coyotes de l'Arizona et des premiers Jets de Winnipeg,
et bien il faut sans hésitation garrocher le mammoth dans la grosse
batch de gauche avec tous les autres...
J'étais un peu perplexe avec ce tableau et fallait bien que j'aille vérifier. Il est cependant bien vrai que les Devils n'ont jamais perdu une série avec une fiche pire que 4-1 depuis leurs débuts en 1982-83.
Mais si vous êtes familiers avec notre contenu ici, vous savez bien que pour nous, les Devils du New Jersey ne seront jamais seulement les Devils du New Jersey.
Ici, quand on pense aux Devils du New Jersey, on parle plutôt de la franchise des "Devils du New Jersey/Rockies du Colorado/Scouts de Kansas City". Tsé, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué et inutile?
Donc, si ça vous dit rien, résumons rapidement. La franchise des Devils a d'abord commencé ses activités sous le nom des Scouts de Kansas City, équipe d'expansion pour la saison 1974-75, en même temps que les Capitals de Washington. La santé du hockey professionnel était alors tellement précaire avec les récentes expansions et la concurrence de l'AMH, tellement que les Capitals et les Scouts furent deux des pires équipes d'expansion de l'histoire, les Capitals terminant leur première saisons avec la pire fiche de tous les temps (8-67-5) tandis que les Scouts firent à peine mieux avec une fiche de 15-54-11.
On considéra même que l'expansion de 1974 était une erreur, tellement que la seule utilité des deux équipes pour la ligue fut d'être utilisés comme équipe de démonstration lors d'une tournée au Japon au printemps 1976, la fameuse Coca-Cola Bottler's cup.
Wilf Paiement avec les Scouts de Kansas City
Les mauvaises performances sur la glace n'étaient pas le seul problème des Scouts. L'équipe souffrait également de la flambée des salaires des joueurs, d'un ralentissement économique dans le Midwest et d'une faible affluence. Les Scouts n'attiraient en moyenne que 8 218 spectateurs par match alors qu'à l'époque, la moyenne de la ligue tournait autour de 13 000. Les 37 investisseurs de l'équipe, criblés de dettes, ont alors choisi de vendre la franchise après seulement deux saisons.
C'est alors que naquit la franchise des Rockies du Colorado pour la saison 1976-77. Après une première saison de 20 victoires et 54 points, les Rockies remplacèrent leur entraîneur par le légendaire joueur et entraîneur des ligues mineures, Pat Kelly. Ce même Pat Kelly qui fut plus tard fondateur et commissaire de la ECHL dont le trophée de championnat porte son nom. Kelly ne parvint pas vraiment à redresser la barque chambranlante des Rockies alors que l'équipe n'obtint que 19 victoires en 1977-78.
Cependant, avec un sommet dans la LNH de 21 matchs nuls et un total de 59 points, le meilleur total ever en tant que Scouts/Rockies, l'équipe parvint miraculeusement à se tailler une place en séries, notamment grâce au fait que la section Smythe était très faible avec les Canucks, Blues et les éternels abonnés des bas fonds à l'époque, les North Stars. Seuls les Blackhawks étaient de taille dans cette division et les Rockies terminèrent donc deuxièmes in extremis et purent participer aux séries de 1978.
À l'époque, le meilleur club de chaque section se méritait un laisser-passer en deuxième ronde tandis que les autres clubs devaient s'affronter lors d'une série 2 de 3 en première ronde. Grâce à leurs deuxième rang dans la division Smythe, les Rockies durent donc se mesurer aux deuxièmes de la section Patrick.
Malheureusement pour eux, la division Patrick était davantage boostée avec les Islanders en première place devant les encore puissants Flyers de Philadelphie, qui eurent alors l'honneur de devenir les premiers adversaires des Rockies en séries.
Les Flyers avaient bien sûr tout un alignement avec des joueurs comme Bobby Clarke, Bill Barber et Reggie Leach ainsi qu'un Bernard Parent toujours dominant. Les Rockies eux n'avaient que très peu de punch en attaque, les seuls dignes de mention étant Wilf Paiement (87 points) ainsi que deux pas pires défenseurs en Barry Beck et John Van Boxmeer. Dans les buts pour les Rockies se retrouvait l'ancien des Flyers Doug Favell ainsi que Michel Plasse comme adjoint.
Cependant, les Rockies ne furent pas la proie facile que l'on croyait lorsque la série débuta le 11 avril 1978. À domicile à Philadelphie, les Flyers procédèrent à un barrage en force de 44 tirs contre seulement 18, mais les Rockies parvinent à tenir la marque à 2-2 jusqu'en fin de troisième période. Mais avec seulement 22 secondes d'écoulées en début de prolongation, Mel Bridgman marqua contre Favell et les Flyers l'emportèrent.
La série se transposa ensuite à Denver ou les Rockies tentèrent tant bien que mal de contenir les Flyers (48 tirs) à une marque finale de 3-1. Le seul à marquer devant les partisans des Rockies fut l'obscur défenseur Dennis Owchar en première période, mais les Rockies donnèrent du fil à retordre jusqu'à la toute fin du match.
Mais au final, c'en était fini de cette série expéditive et somme toute sans histoire. Les Flyers passèrent en deuxième ronde contre les Sabres de Buffalo dont ils disposèrent rapidement par la marque de 4-1. Ils s'inclinèrent finalement en finale de conférence contre les Bruins.
Pour leur part, ce fut la première et dernière présence en séries des Rockies, et la dernière pour la franchise jusqu'au début de l'émergence des Devils en 1988, où la jeune équipe surprit tout le monde et se rendit à son tour jusqu'en 3e ronde.
Les Devils n'avaient pas encore la version finale de leur logo lors de leur première séance du repêchage en 1982.
Les Rockies jouèrent 4 autres saisons difficiles au Colorado. Minés par l'instabilité, ils eurent sept entraîneurs en quatre ans — aucun n'étant resté plus d'une saison complète — et les propriétaires ont changé de mains à deux reprises au cours de cette même période. En 1982, l'équipe continuait de faire face à de graves difficultés financières et fut de nouveau mise en vente.
Cela a notamment donné lieu à une tentative d'achat ratée par un groupe d'investisseurs d'Ottawa, dont l'intention était de déménager les Rockies dans la capitale canadienne. On alla même jusqu'à envisager une fusion de l'équipe avec les Capitals, à l'image de ce que la ligue avait fait quatre ans plus tôt entre les Barons de Cleveland et les North Stars du Minnesota. Finalement, la franchise fut vendue en mai au magnat du transport maritime du New Jersey, John McMullen, qui était également propriétaire des Astros de Houston dans la Ligue majeure de baseball.
C'était alors la fin des éphémères Rockies du Colorado dont le nom fut toutefois récupéré au baseball majeur en 1993 par l'arrivée d'une équipe d'expansion au Colorado.
Les partisans de hockey de Denver purent enfin revoir du hockey de séries en 1996 avec leur nouvelle équipe du nom de l'Avalanche. Les Devils et l'Avalanche furent ensuite deux des meilleures équipes au tournant du millénaire, s'affrontant même en grande finale en 2001 lors d'une série épique de 7 matchs remportée par l'Avalanche.
Donc au final, OUI, la franchise des Devils a déjà été blanchie en séries, sous une incarnation différente et seulement lors d'une courte série préliminaire 2 de 3. Mais ils ont été blanchi quand même lors de leur histoire, même si c'était ailleurs qu'au New Jersey.
My job here is done... Désolé au gars qui a fait le graphique...
Si ça vous intéresse, ces deux seuls matchs en séries dans l'existence ses Rockies existent sur YouTube, grâce à un transfert de VHS granuleux comme on les adore...
Dans mon texte du 14 octobre dernier où je décortiquais en trop de détails les fois où on retrouvait le record du plus de ligues professionnelles nord-américaines (9) en même temps lors des saisons 1995-96 et 2008-09, j'étais tombé, bien malgré moi croyez-le, sur une ligue bâtard qui s'appelait la AAHL, acronyme de la All-American Hockey League... Vous savez, c'est le genre de truc qu'on retrouve en dessous d'une roche et qu'on devrait probablement laisser là, mais que moi il faut que j'aille me faire mordre par...
Alors voici la AAHL... une ligue habilement décrite ici par le Courier & Press d'Evansville:
Ceux qui ont survécu ont enduré des voyages d’autobus interminables, des pénuries d’équipement et le drame quasi quotidien qui accompagne le fait de jouer dans l’All American Hockey League (AAHL), où la seule constante, pour cette ligue de classe A, demeure son instabilité.
Match entre Evansville et Chicago
Comme toute bonne ligue mineure du fin fond des tiroirs du hockey
minor-pro nord-américain, la AAHL naquit des cendres d'autres ligues
encore plus creuses.
La première ancêtre directe fut la encore plus éphémère Mid-Atlantic Hockey League (MAHL) qui n'avait opéré que durant la saison 2007-08 comme circuit mineur pro de bas niveau conçu pour aider les anciens joueurs juniors et universitaires à acquérir de l’expérience professionnelle, à se faire remarquer et à gravir les échelons vers des ligues de niveau supérieur. Elle n'avait que 5 équipes, établies en Pennsylvanie, Ohio et dans le nord de l'état de New York.
Après seulement une saison de seulement 30 matchs après quoi où 4 des 5 équipes avaient été soit dissoutes ou déménagées, la MAHL ferma rapidement les livres, malgré la venue de quelques clubs d'expansion qui auraient joué lors de sa deuxième saison. Deux de ces clubs proposés quittèrent le bateau peu flottant de la MAHL en quête de plus verts pâturages. Analogie de bateau et de ferme. Ça marche pas tant... comme ces ligues.
Au même moment, il y avait une autre ligue proposée du nom de la Midwest Hockey League. Je vous jure que j'en ai jamais entendu parler et j'ai creusé profond durant ma carrière... La MWHL était supposée débuter ses activités lors de la saison 2008-09. Mais voyant que la ligue ne décollerait pas à temps, trois clubs fondateurs joignirent les clubs de la MAHL de Battle Creek et South Shore pour fonder la All-American Hockey Association et finalement débuter cette saison 2008-09.
Oui la ligue n'avait pas encore le nom AAHL à ce moment. Un peu comme la LNH en 1917, elle passa de «Association» à «League» lors de sa deuxième saison.
Elle comprenait seulement 4 clubs lors de sa saison ingurale:
Les Shooters de Chi-Town (Dyer, Indiana) - originalement issus de la MAHL comme équipe d'expansion proposée sous le nom des South Shore Shooters.
Le Revolution de Battle Creek (Michigan) - également orpheline de la MAHL, elle ne fit que changer de nom et de ville en 2008-09. Elle avait joué en 07-08 sous le nom du Freedom de Valley Forge (Oaks, Pennsylvanie), l'équipe déménagea à Battle Creek lors de la fondation de la AAHL (ou AAHA). Le logo fut simplement adapté, j'imagine pour sauver de la merch. Le Revolution est la seule équipe qui avait réellement joué des matchs en 2007-08. Mais j'ignore si les joueurs ont suivi... hmmm on y retrouve une vaste quantité d'ancien joueurs ECHL ou autres niveaux adjacents comme la Central Hockey League CHL ou autre WPHL.
Voici le switch de logo (et de ligue) de 2007-08 à 08-09:
Les Icemen d'Evansville (Indiana) - seule équipe notable à avoir débuté ses activités dans cette ligue, les Icemen se démarquèrent principalement lorsque la gardienne Kira Hurley, anciennement de l'Université Clarkson, obtint une passe sur un but des Icemen, devenant ainsi la première femme à obtenir un point au hockey professionnel nord-américain masculin. Ce match avait également été remporté par une marque record de 24-4 contre l'équipe suivante...
Les Icemen seront les grands gagnants de cette expérience que fut la AAHL. La franchise quitta le bateau après le deuxième saison de la ligue, rejoignant la CHL, ligue qui deviendra bientôt absorbée par la ECHL où le club évolua jusqu'en 2016 avant de déménager à Jacksonville en Floride.
Les Dragons de Détroit (Fraser, Michigan) - Originalement une équipe proposée sous le nom des Gamblers de Motor City pour la Midwest Hockey League (vue plus tôt), les Dragons ne parvinrent qu'à jouer 30 des 42 matchs de la première saison de la AAHA avant de devoir fermer boutique. L'équipe déménagea alors d'urgence à Chicago et termina les 12 matchs suivants et clore la saison sous le nom du Blaze de Chicago. Comme à «Détroit», le Chicago était géographique de nom mais la franchise était dorénavant située à Rolling Meadows, en banlieue du nord de Chicago.
C'est contre eux (version Chicago) que Hurley et les Icemen gagnèrent le record de 24-4 le 14 février 2009. Le chandail et le bâton de Hurley sont depuis exposés au temple de la renommée à Toronto.
OMG c'est sur Youtube... Juste la fin cependant avec les 3 étoiles:
Les joueurs étoiles du matchs #2 et 3 (dont je distingue pas bien les noms) ont eu chacun une fiche de 6 buts et 7 passes...
Ce furent finalement les Shooters de Chi-Town qui remportèrent le premier championnat de la AAHA en 2009, la Champions Cup, ensuite renommée la Davidson Cup en l’honneur de Rod Davidson, une figure clé de la ligue, y ayant œuvré comme entraîneur, dirigeant, puis finalement comme commissaire.
Bon. Jusqu'à ce point de l'histoire, vous vous dites sûrement que ça a pas de bon sens cette ligue. Pas mal plus une ligue de garage qu'une véritable ligue «mineure pro» ou semi-pro. Cependant, certaines de ses équipes parvinrent à signer des affiliations avec des clubs de la ECHL, CHL et IHL, faisant alors définitivement partie de l'échiquier. Mais aucun joueur de la AAHL n'a joué dans la LNH et selon mes quelques feuilletages de stats.... je crois que même très peu ont pu atteindre la AHL.
Le seul joueur «notable» que j'ai pu retracer sur le fut un choix de 1989 des Devils, Jason Simon, qui a joué 4 matchs dans la LNH dans les années 90 et vagabonda ensuite dans toutes les ligues possible (possible candidat dans la série des Grands Voyageurs). 2008-09 était sa dernière saison pro.
Je crois avoir trouvé un vidéo de la finale ici:
La AAHA se renomma sous le nom AAHL pour sa deuxième saison en 2009-10. Durant l'entre-saison, il y avait toujours la possible création de la Midwest Hockey League discutée auparavant. On mit toutefois définitivement la hache dans le projet et le seul club proposé survivant, les Ice Muskies de Madison (Wisconsin) joignirent les rangs de la AAHL qui comprenait alors 6 clubs avec en plus le retour d'une équipe à Détroit (ou plutôt le retour de la banlieue de Fraser, Michigan) les Hitmen de Détroit. La AAHL absorba alors officiellement ce qui restait de la MWHL, incluant du personnel de bureau.
Belles couleurs «Hartfordiennes» pour les Ice Muskies de Madison
Cette relative «continuité et expansion» ne fut toutefois que bien temporaire et le véritable «shitshow» commença en 2009-10. La deuxième équipe de Détroit ne fonctionna pas davantage que la première en 08-09. Elle déménagea après 14 matchs à Muskegon et fut rebaptisée les West Michigan Blizzard. Le Blaze de Chicago ne fit guère mieux à sa deuxième saison, cessant définitivement ses opérations après 14 matchs également. Les Ice Muskies ne durèrent que quelques semaines de plus, fermant boutique après 30 matchs. La deuxième saison de la AAHL se termina donc de nouveau avec seulement 4 clubs.
Les Icemen d'Evansville remportèrent la deuxième Davidson Cup.
IceMen d'Evansville, champions AAHL de 2010, avant leur départ pour la CHL
Si c'était quelque peu mélangeant mais pas trop lors des saisons 08-09 et 09-10, et bien la troisième et dernière saison de la AAHL en 2010-2011 fut un véritable cauchemar.
Je vous décortique cela ici:
Clubs de retour: Revolution de Battle Creek
Clubs en suspension: Shooters de Chi-Town
Les Icemen d'Evansville cessèrent leurs opérationssuite à la création d'un nouveau club du même nom dans la CHL.
Déménagement des Ice Huskies à Wooster en Ohio sous le nom des Korn Kings de Wooster.
Déménagement du Blizzard de West Michigan à Dyer en Indiana sous le nom du Blizzard de l'Indiana.
Équipes d'expansion: Storm de Queen City (Sharonville, Ohio), Loggers de Lapeer (Michigan), Bruins de Troy (Ohio).
Voici encore quelques logos:
Après ce remaniement déjà compliqué, la saison 2010-11 commença et dérapa rapidement.
Le 17 novembre 2010, après seulement 5 matchs, les Korn Kings furent repris en charge par la ligue et cessèrent leurs activités.
Le 29 décembre 2010, on annonça que les Indiana Blizzard mettaient fin à leurs opérations et que les Chi-Town Shooters revenaient pour terminer la saison, reprenant tous les joueurs du Blizzard ainsi que leur fiche actuelle. Malgré le maintien du nom très régional de «Chi-Town», l’équipe était toujours basée à Dyer, en Indiana, plutôt qu’à Chicago. Trop compliqué changer de gear à cet étape...
Le 3 janvier 2011, les Loggers de Lapeer furent à leur tour repris par la ligue après que l'entraîneur Lorne Knauft ait confirmé qu’il avait démissionné de son poste d’entraîneur. La raison : le propriétaire de l’équipe, George Harrison, avait tout simplement quitté le navire sans donner d’explication.
« On dirait que les propriétaires et la ligue n’assument aucune responsabilité financière envers cette organisation... Ils ont des retards de paiement envers à peu près tout le monde impliqué, moi y compris. Je crois même qu’ils n’ont pas d’assurance ou d’indemnisation en cas de blessure d’un joueur. À ce moment-là, j’ai senti que je pouvais être tenu responsable si un joueur se blessait, et j’ai jugé qu’il valait mieux que je quitte mes fonctions. »
Quelques jours après le retrait des Loggers, les Bruins et le Storm cessèrent eux aussi leurs activités. Les joueurs de ces trois équipes furent alors réunis d'urgence sous le nom du Michigan Moose. Le Moose, dirigé par le commissaire de l’AAHL, Rod Davidson, était basé à Battle Creek et jouaient leurs matchs locaux au même amphithéâtre que leurs rivaux du Revolution. En février 2011, les Moose cessèrent à leur tour leurs activités.
Après cet autre remaniement, la ligue annula le reste de sa saison en janvier et passa directement aux séries éliminatoires avec seulement 3 clubs toujours actifs. En mars 2011, le Revolution de Battle Creek, seul club à avoir joué durant les trois saisons d'existence de la AAHL, remporta sa première Coupe Davidson, malheureusement (ou heureusement) la dernière coupe Davidson de l'histoire.
«Aweille prends-là ta photo qu'on en finisse...»
Le 16 juin 2011, la ligue suspendit ses opérations et officialisa sa dissolution permanente dans les mois suivants.
C'en était donc terminé pour la courte, instable et étrange existence de la AAHL, ligue professionnelle très très mineure dont l'héritage est également très très mineur.
Outre la présence toujours active d'Evansville dans la SPHL, il n'existe que très peu de traces de la AAHL. Et pour rajouter au fiasco, faire des recherches sur la «AAHL» est évidemment difficile, les résultats principaux concernent davantage la traditionnelle «AHL». Google me demande à chaque fois «do you mean AHL?»
Voici pour conclure les quelques développements subséquents notables dans les marchés concernés:
Battle Creek retrouva du hockey au niveau junior A, et ensuite très brièvement dans la FPHL, penchant américain de la LNAH. Aucune équipe active à Battle Creek cette saison.
Fraser au Michigan dut attendre en 2022 pour retrouver du hockey professionnel avec les Rockers de Motor City, aussi dans la FPHL.
Madison au Wisconsin est davantage une ville de hockey universitaire et junior.
Muskegon, ville de longue date des ligues mineures, s'est aussi repliée sur le hockey junior.
Donc les IceMen sont le principal héritage de la AAHL. L'équipe migra avec succès dans la CHL, accueillant la franchise dormante des Lumberjacks de Muskegon et déménageant dans un nouvel aréna de 11 000 places. La suite du hockey à Evansville fut toutefois compliquée. Le club ne put conclure une nouvelle entente avec l'aréna local en 2016 et la franchise devint dormante pour finalement déménager à Jacksonville. Un nouveau club, les Thunderbolts, fut toutefois lancé dans la SPHL au même moment et y évolue toujours, gagnant le championnat en 2025.
Les saisons 1998-99 et 1999-00 ont vu un nombre records de 139 équipes professionnelles dispersées sur toute l'Amérique du Nord dans 8 ligues. (Zoomez pour une plus grande résolution)
Comme vu dans mon texte précédent, les saisons 1995-96 et 2008-09 furent les deux occurrences où on assista à un record de 9 ligues professionnelles/mineures/semi-pro lors d'une même saison, en Amérique du nord.
Mais encore là, ce n'était toutefois pas le record en ce qui concerne le nombre d'équipes en même temps.
Cet autre record appartient aux deux saisons consécutives qu'étaient 1998-99 et 1999-2000. Le paysage nord américain du hockey pro au tournant du siècle était alors étendu sur 8 ligues, incroyablement les mêmes d'une année à la suivante. Quelques équipes ont quitté le bateau pour être remplacées lors de la 2e, mais sans changer le nombre total.
Les voici:
1998-99: 139 clubs dans 8 ligues
• LNH: 27 clubs (première saison pour Nashville) • AHL: 19 clubs • IHL: 16 clubs (vers la fin de son existence, aura plafonnée en 95-96 avec 19 clubs) • ECHL: 27 clubs (le petit circuit qui ramasse les miettes de la IHL) • WCHL: West Coast Hockey League): 9 clubs • WPHL: Western Professionnal Hockey League: 19 clubs, souvent mélangée (avec raison) avec la précédente, la WPHL (96-01) voyait encore plus gros que cette dernière avec un sommet de 19 équipes, mais subira le même sort, étant absorbée dans la CHL en 2001, en même temps que la IHL fut dissoute. • UHL: United Hockey League: 11 clubs. Anciennement la CoHL (Colonial Hockey League), renommée UHL en 1997. Elle aussi récupère des équipes orphelines de la IHL. • CHL: Central Hockey League: 11 clubs.
WPHL
1999-00:139 clubs dans 8 ligues - pareil que 98-99 mais pas le même nombres d'équipes partout.
• LNH: 28 clubs (première saison pour les Thrashers d'Atlanta) • AHL: 19 clubs • IHL: 13 clubs (avant-dernière saison, 2 clubs de la saison précédente ont migré dans la UHL et CHL) • ECHL: 28 clubs (la petite ligue désormais grande) • WCHL: 8 clubs • WPHL: 18 clubs • UHL: 14 clubs • CHL: 11 clubs
Donc de 98-99 à 99-00, quelques changements et migrations. La CHL a par exemple rescapé le Ice d'Indianapolis de la IHL mais avait aussi perdu une équipe, est donc demeurée à 11 clubs.
Pourquoi pas encore une autre archive vidéo? Cette fois-ci allons donc voir ce que ça donne dans la WPHL, parce que pourquoi pas? Voici le match des étoiles des la WPHL de 2000 mettant en vedette l'équipe «World» (comme dans la LNH à l'époque) contre l'équipe «Texas»? WTF?
Donc de 1998 à 2000, c'était «stable» à 139 équipes dans 8 ligues, les seuls changements notables découlant de la fin imminente de la IHL. D'ailleurs, beaucoup de ces ligues inférieures sous la IHL avaient vu jour en réponse à cette dernière. Lors de sa fondation et pour la majorité de son histoire, la IHL avait comme mission d'avoir des clubs principalement au midwest, dans des petits marchés en dehors des ligues majeures, avec quelques exceptions près.
Les idées de grandeur de la IHL (jusqu'à vouloir rivaliser avec la LNH durant la grève de 1994) firent en sorte qu'il y avait de plus en plus de clubs dans des marchés majeurs et sur une plus grande superficie (Phoenix, Denver, San Diego, etc). En contrepartie, les plus petits marchés (Fort Wayne, Kalamazoo, Saginaw, etc.) décidèrent de former ou joindre de nouvelles ligues qui se réclamaient les anciens territoires délaissées par la IHL.
C'est principalement la ECHL qui en profita au final, gagnant cette «guerre de l’absorption» des ligues mineures. En analysant à fond, l'ADN de la ECHL inclut les deux IHL, la WCHL, la WPHL, la UHL et CHL. Quelques clubs et/ou marchés sont aussi parvenu à rejoindre la AHL (Chicago, Houston, Milwaukee)
Donc présentement c'est évidemment beaucoup plus stable. Ce l'était aussi d'une certaine manière avant les années 90-2000. Il y eut plusieurs saisons vers la fin des années 80 et début 90 où on ne retrouvait que 4 ligues (LNH,AHL,IHL,ACHL ou ECHL), tandis que dans les années pré-expansion de 1967, c'était aussi stable à environ 5-6 ligues par saison.
Les années 70 ont parfois vu voir 7 même 8 ligues en même temps comme par exemple en 1973-74 (LNH, IHL, AHL, WHL, CHL, AMH, NAHL, SHL).
Depuis 2014, le niveau se situe annuellement dans les 100-120 équipes par saison, à l'exception notable, bien sûr, de la saison covid de 2020-21 où l'on chuta de 114 à 82, la LNH étant la seule à garder tous ses clubs (sur un calendrier réduit). Presque toutes les autres ligues virent leur nombre de membres chuter jusqu'à la moitié, tandis que la LNAH prit carrément une sabbatique. On revint à 114 équipes la saison suivante.
On se dit à la prochaine, sur pourquoi pas, un peu de IHL circa 1999...
Ayant grandi dans le nord de la Saskatchewan dans les années 1950 et 1960 et ayant comme langue maternelle le cri, Ron Delorme avait évidemment beaucoup d’admiration envers Fred Sasakamoose, le premier autochtone à atteindre la Ligue nationale. Si Delorme n’a pas vu ce dernier s’aligner avec les Hawks (son passage avec Chicago eut lieu avant sa naissance), il put tout de même le voir à l’œuvre lorsqu’il s’aligna pour une équipe senior qui joua près de chez lui. Il réalisa d’ailleurs qu’il était un de ses parents éloignés du côté de sa grand-mère paternelle. Par la suite, il recroisa Sasakamoose sur une base régulière, puisqu’il se faisait un devoir d’encadrer les équipes de joueurs autochtones. Il arriva même que, alors que l’environnement était un peu trop hostile à Delorme et ses coéquipiers, Sasakamoose dut même s’impliquer physiquement.
Le talent de Delorme le mena éventuellement au niveau junior avec les Broncos de Swift Current, dans la ligue de l’ouest. Après une saison, l’équipe déménagea à Lethbridge, un avant-goût de l’instabilité qui marqua le début de sa carrière chez les pros.
Au repêchage de 1975, les Scouts de Kansas City venaient de terminer leur première saison, où ils ne parvinrent qu’à devancer seulement leurs affreux frères d’expansion, les Capitals. Repêchant donc deuxièmes, ils ont eu, comme c’était leur habitude au cours de ces années, un résultat famélique. Si Delorme fut leur choix de quatrième ronde (56e au total), les trois joueurs choisis avant lui (Barry Dean 2e, Don Cairns 20e et Neil Lyseng 38e) jouèrent un total de 88 parties pour la franchise.
De son côté, Delorme choisit plutôt l’offre des Spurs de Denver, une nouvelle équipe de l’AMH. Si le circuit maudit eut quelques histoires de clubs instables, celui de Denver fait partie des plus risibles. Malgré la présence de Jean-Guy Talbot derrière le banc et de Ralph Backstrom, les résultats se firent attendre sur la glace et la vente de billets fut des plus difficiles. Tellement qu’après 34 matchs, on déménagea en douce l’équipe à Ottawa sans même changer d’uniforme, pendant qu’on négociait la vente de l’équipe. Si les foules furent franchement meilleures à Ottawa qu’à Denver (8457 spectateurs contre les Whalers et une salle comble de 9355 spectateurs contre les Aeros de Gordie Howe, un contraste avec la moyenne de 3885 à Denver), les négociations achoppèrent et le propriétaire-vendeur décida plutôt de dissoudre l’équipe suite au match du 15 janvier. L’équipe renommée les Civics d’Ottawa n’exista donc que pour 7 matchs.
Étrangement, pour la saison 1975-76, on voit la partie avec Tucson, mais la partie avec Denver / Ottawa est absente
Delorme a tout de même joué 22 matchs avec Denver / Ottawa, en plus de 18 autres avec le club affilié, les Mavericks de Tucson, qui a joué cette année-là sa seule saison de son existence. Par contre, il se retrouva ainsi orphelin et retourna donc dans le junior avec Lethbridge.
En 1976, les Scouts, toujours aussi médiocres, rendirent l’âme et déménagèrent… à Denver, pour devenir les Rockies. Delorme reprit donc le chemin du Colorado pour le camp d’entraînement. Il se retrouva par contre avec les Clippers de Baltimore de la Southern Hockey League (SHL), mais la ligue cessa ses activités le 31 janvier, faisant ainsi disparaître une autre équipe de Delorme. Toutefois, il fit ses débuts dans la Ligue nationale le lendemain, avec les Rockies.
En 1977-78, malgré une fiche de 19-40-21, les Rockies se qualifièrent pour les séries par la peau des dents. Ce fut leur seule présence de leur existence au tournoi du printemps et ils furent balayés en deux matchs par les Flyers. Lors de cette courte série, Delorme accumula 10 minutes de pénalité, un sommet pour l’équipe. Comme les Rockies ne sont jamais retournés en séries, il possède donc toujours et à jamais ce record d’équipe.
Par la suite, les Rockies demeurèrent médiocres, mais sans toutefois parvenir à se faufiler en séries. Delorme connut malgré tout de respectables saisons de 20 et 19 buts. Par contre, il commença aussi à aligner les blessures. En 1979-80, il fut blessé au genou.
L’année suivante, une épaule disloquée lui fit rater 15 matchs, mais il réussit tout de même à marquer 11 buts. Malgré qu’il était toujours aussi faible, le Colorado ne trouva pas mieux que de laisser Delorme sans protection lors du camp d’entraînement suivant. Ce sont alors les Canucks qui lui firent signe. Bien que Delorme avait l’habitude des déménagements et des équipes instables, il rata ainsi le déménagement des Rockies vers le New Jersey, qui arriva un an plus tard. En rejoignant les Canucks, il participa plutôt à leur étonnant parcours en séries en 1982, alors qu’ils s’inclinèrent en finale devant les Islanders.
Mais ici, elle y est
C’est en entrant en collision avec Jamie Macoun en décembre 1984 qu’il subit une autre blessure au genou, qui mit fin à sa carrière. En 524 matchs, il montre une fiche de 83-83-166. Il était à ce moment le dernier joueur actif des éphémères Spurs / Civics.
Il devint ensuite recruteur chez les Canucks en 1986, poste qu’il occupe toujours, démontrant ainsi une étonnante longévité, surtout lorsqu’on considère les nombreux changements d’administration qui ont eu lieu à Vancouver au fil des ans. Ses obligations ne l’empêchèrent toutefois pas d’être très impliqué auprès des causes autochtones, autant au niveau du hockey que de la persévérance scolaire. Le membre du Temple de la renommée du hockey de la Saskatchewan conserva ainsi toujours un lien avec Fred Sasakamoose et fut très attristé lorsque celui-ci est décédé de la covid en 2020.
Sources :
Surgent, Scott Adam, The Complete Historical and Statistical Reference to the World Hockey Association, 1972-1979, Xaler Press, Tempe, 1995, p.216, 226-227,
″Civics draw big gathering″, CP, January 8, 1976, Calgary Herald, page 59,
″Decision demanded today regarding future of Civics″ de Tom Sarsfield, January 15, 1976, Ottawa Citizen, page 25,
″Short season for pro hockey in Ottawa area″ de Tom Sarsfield, January 16, 1976, Ottawa Citizen, page 17,
″Canucks’ Ron Delorme’s emotional connection with hero Fred Sasakamoose″ d’Elliotte Friedman, November 26, 2020, Sportsnet (sportsnet.ca),
Les Coyotes de Phoenix/Arizona ne sont plus! Alléluia!
Ne vous laissez pas influencer par ces tristes 28 fans ou autres Auston Matthews que l'on voit pleurer leur vie sur le fait que l'équipe de leur enfance qui leur a donné envie de jouer au hockey n'existe plus et snif snif snif que c'est triste, etc... etc... etc...
Non. Les Coyotes sont enfin morts et y'était temps. Oui c'est un peu triste pour la base de fans trahis par un proprio de merde, mais il y avait aussi plein de fans tristes à Québec ou à Hartford et oui MÊME À CLEVELAND! Combien de fans n'ont plus de hockey à Québec et ne s'en sont pas remis? C'est triste pour les fans parce que oui c'est triste de perdre du hockey, le meilleur sport au monde, donc c'est normal de trouver des fans tristes. Et c'est pas comme si les Coyotes n'avaient pas eu 478 autres chances de survivre par le passé. Les résidents payeurs de taxes et les élus ont jamais voulu rien savoir. Alors fuck it. RIP Coyotes, c'est fini et c'est tant mieux et c'est pas trop tôt.
En fait, si les Coyotes ont semblé avoir 9 vies, c'était aussi le cas pour l'autre incarnation du hockey professionnel à Phoenix, les Roadrunners. Oui Roadrunner, comme Will E. Coyote et son éternel ennemi à plumes des Looney Tunes...
Ils n'ont jamais existé aussi longtemps que les Coyotes, mais les Roadrunners de Phoenix ont aussi existé pendant plusieurs décennies, mais sous plusieurs incarnations dans plusieurs ligues, que je vais décortiquer ici pour vous en détails interminables...
WHL (1967-1974)
Le premier club sous ce nom débuta en 1967-68 dans l'ancienne Western Hockey League, qui était à l'époque l'équivalent de le la ligue américaine dans l'ouest nord-américain. Avant de s'installer à Phoenix, la franchise opérait auparavant sous le nom des Comets de Spokane (1958 à 1963), les Invaders de Denver (1963-64) et les Maple Leafs de Victoria (1964 à 1967).
Le club joua ses matchs dans un aréna du nom de l'Arizona Veterans Memorial Coliseum, le même édifice que les Suns de Phoenix occupèrent dans la NBA jusqu'en 1992, et qui abritera plusieurs autres Roadrunners plus tard...
Les premiers Roadrunners ont joué de 1967-68 à 1973-74 dans la WHL, soit jusqu'à la fin de cette ligue suite au développement de la LNH dans l'ouest et l'arrivée de l'AMH lors des années précédentes. Il ne restait alors que six équipes en place dans la WHL et ce sont les Roadrunners qui furent champions de la Coupe Lester Patrick lors de ses deux dernières campagnes.
Parmi les Roadrunners de renom dans la WHL, on retrouve le trifluvien
André Hinse, qui termina au premier rang des pointeurs de leur histoire
avec 313 points en 277 matchs, ainsi que quelques futurs joueurs de la
LNH comme René Robert (qui y joua seulement 7 matchs), l'ancien du CH
André Pronovost, Walt McKechnie et Gary «Cobra» Simmons.
J'ai trouvé ce fascinant vidéo d'époque où l'on peut voir l'équipe en action pendant ces années WHL. C'est la première fois que je vois autant de matériel vidéo de qualité de cette ancienne ligue disparue. C'est même très rare. On y voit les débuts de la franchise et plus loin les séries de 1972-73.
Après la fin de la WHL en 1974, l'équipe était assez bien implantée à Phoenix et décida de continuer l'aventure en migrant dans l'Association mondiale de Hockey (AMH) pour la saison 1974-75. J'avais initialement lu quelque part que l'équipe était demeurée presque intacte pour son passage dans l'autre ligue mais il n'y a en fait que 6 joueurs qui sont demeurés en poste à Phoenix, le reste étant de nouveaux arrivants. L'équipe avait toutefois le même coach, Alex «Sandy» Hucul, un ancien joueur des Roadrunners qui avait fait le saut derrière le banc en 1972-73.
AMH (1974-1977)
Les Roadrunners étaient généralement bons dans l'AMH, du moins pour ses deux premières saisons, étant menés par Dennis Sobchuk et surtout un jeune Robbie Ftorek qui connut deux saisons de 113 et 117 points respectivement. La franchise connut toutefois des déboires financiers et décida de ne pas renouveler le contrat du populaire coach Hucul après la saison 1975-76.
Ici, je pourrais faire une joke plate comme par exemple «Il a dû tomber su'l'hucul en apprenant la nouvelle» ou quelque chose du genre. Mais c'est pas vraiment mon style.
En plus la page wikipedia de Hucul m'a appris qu'il a longtemps été aux prises d'un cancer du rectum. Ce sont des choses qui ne s'inventent pas et je ne peux juste pas rien dire de plus. Rien.
De plus, on prononce son nom «Huckle» donc c'est même pas drôle.
Hucul fut donc remplacé par l'ancien gardien Al Rollins, ce qui s'avéra une mauvaise décision alors que ce dernier était détesté par les fans des Roadrunners, car il était autrefois le coach de leurs rivaux dans la WHL, les Golden Eagles de Salt Lake City. La saison 1976-77 des Roadrunners fut difficile alors qu'ils terminèrent derniers de leur association et durent vendre plusieurs joueurs pour survivre, dont Ftorek. La franchise fut finalement dissoute après la saison,
Une autre pause vidéo? En fait ici c'est la suite de l'autre de tout à l'heure et on les voit remporter la coupe Lester Patrick dans la WHL. Ensuite on les voit dans l'AMH dans un match contre les Nordiques et comme il s'agissait de la saison 1974-75, on voit les Nordiques dans le fameux chandail avec la Fleur de lys «Québec» dont j'ai parlé l'autre jour. Toute est dans toute man.
CHL (1977)
Après la fin des Roadrunners dans l'AMH, ce ne fut toutefois pas la fin du nom et du logo des Roadrunners puisque l'équipe naquit de ses cendres immédiatement dans une autre ligue, la Central Hockey League, dès la saison 1977-78. La CHL était une ligue sponsorisée par la LNH et chaque club en faisant partie était affilié à un club de la LNH.
Dans le cas des Roadrunners, il s'agissait d'une double association avec les Rockies du Colorado et les Barons de Cleveland. Comme il s'agissait exclusivement d'une ligue de développement, cette fois-ci, aucun Roadrunner ne suivit l'équipe de l'AMH à la CHL. Mais l'équipe ramena toutefois le populaire Sandy Hucul comme entraîneur-chef.
Cependant, j'ignore où tout a foiré, mais après seulement 27 matchs et une horrible fiche de 4-20-3, la franchise quitta abruptement la CHL en décembre 1977 et abandonna ainsi les prospects des Barons et Rockies. J'ai lu que l'équipe avait de la difficulté à aligner assez de joueurs à chaque match. J'imagine aussi que les difficultés financières des Barons et Rockies au même moment ne devaient pas aider beaucoup.
Les Rockies avaient un club-école secondaire de disponible dans la IHL mais les Barons, aux prises avec déjà beaucoup de problèmes, n'avaient même pas de club en backup et leurs prospects se retrouvèrent prêtés à travers les autres ligues mineures. C'était le cas du défenseur John Baby dont j'ai parlé l'autre jour.
PHL (1977-1979) Oui, ils ont repris les mêmes programmes et simplement masqué le CHL dessus...
Quoiqu'il en soit, les Roadrunners firent faux bond à la CHL et migrèrent encore plus profond, soit dans la Pacific Hockey League pour terminer cette saison 1977-78. La «PHL» est une ligue tellement obscure que je n'avais jamais encore eu la chance d'en parler dans ma carrière de blogueur, si ce n'est que très brièvement. Et j'ai parlé de beaucoup de ligues profondes... Disons que j'ai peur pour la suite.
L'origine de la PHL est en fait liée à l'AMH alors que l'idée de sa création aurait eu lieu lors du match des étoiles de l'AMH à l'hiver 1977. Voyant que sa ligue rebelle allait éventuellement fusionner avec la LNH ou carrément disparaitre, le fondateur de l'AMH Dennis Murphy aurait lancé l'idée à d'anciens propriétaires d'équipes de l'AMH de créer une nouvelle ligue mineure dans l'ouest, pour palier à l'absence d'équipes depuis le départ de quelques unes de l'AMH et la fin de la WHL. Plusieurs anciennes équipes défuntes de l'AMH allaient ainsi pouvoir revivre dans la PHL.
Les choses déboulèrent rapidement par la suite et la Pacific Hockey League débuta dès cette saison 1977-78 avec seulement 3 équipes. Je n'ai toujours pas compris pourquoi ils n'en firent pas partie à la base mais bref, les Roadrunners quittèrent la CHL pour la PHL à la mi-saison et vinrent arrondir la ligue à 4 équipes. Ils se rendirent en finale, s'inclinant contre les Shamrocks de San Francisco.
La PHL était toutefois un autre de ces plans foireux digne de l'instabilité du hockey dans les années 70 et la ligue ne put terminer sa deuxième année en 1978-79. Après la fin de la saison régulière, qui vit deux de ses six équipes plier bagage mi-saison, la PHL annula ses séries et ferma boutique. Les Roadrunners, alors en première place au classement, furent sacrés champions par défaut.
Outre Sandy Hucul, les Roadrunners version PHL avaient plusieurs anciens membres du temps de la WHA et même WHL dans leurs rangs, comme le québécois Michel Cormier et l'ancien des Red Wings Howie Young qui appréciaient probablement cette fin de carrière professionnelle au soleil... Il y avait également Jeff Carlson, un des frères Hanson tout frais de son succès dans le film Slap Shot l'année précédente, qui joua l'entièreté de l'existence du club dans cette fameuse PHL.
Donc après 12 saisons d'existence sans interruption (mais dans quatre ligues), les Roadrunners disparurent du radar du hockey professionnel. Ce n'est qu'en 1989-90 qu'ils refirent surface, toujours avec le même logo, mais cette fois dans la célèbre International Hockey League, alors une ligue en plein essor (surtout après la fin des autres ligues discutées précédemment) qui visait l'implantation d'équipes dans de gros marchés.
IHL 1989-1997
Sans remporter de championnat, les Roadrunners eurent tout de même de bonnes années dans la IHL. Affiliés aux Kings de Los Angeles, ils virent passer plusieurs prospects des Kings dans les années 90 comme Yanic Perreault, Robert Lang, Chris Kontos, Vitali Yachmenev, Sean O'Donnel, Byron Dafoe et Jamie Storr. Ils eurent également comme entraineurs Ralph Backstrom et Gary Unger.
Wayne Gretzky a même porté le chandail des Roadrunners lors d'un match d'exhibition à Phoenix entre le grand club et le club-école. Était-ce la première tentation de la merveille envers Phoenix?
Cependant, vous vous en doutez bien, la franchise ne put durer longtemps avec l'arrivée éventuelle d'une équipe de la LNH en 1996 lorsque les Jets de Winnipeg déménagèrent en Arizona. Avant la première saison des Coyotes en 1996-97, le propriétaire Lyle Abraham loua les Roadrunners à un consortium amérindien qui continua d'opérer la franchise malgré la présence des Coyotes dans le portrait. Oui, pendant une seule saison, on vit le Coyote et le Roadrunner en même temps à Phoenix. Les Coyotes jouaient cependant dans un tout nouvel aréna, le America West Arena, tandis que les Roadrunners jouaient toujours dans le vieux Veterans Coliseum de leurs ancêtres.
Le America West Arena n'était toutefois pas configuré pour le hockey des ligues majeures, ce qui poussa éventuellement les Coyotes à déménager à Glendale, et enclencher le fiasco que l'on connait...
Mais revenons en 1997 où le Coyote, pour la première fois, l'emporta sur le Roadrunner. Ayant subi de lourdes pertes financières et des baisses d'assistances, la franchise des Roadrunners fut retournée à Lyle Abraham et fut dissoute après la saison, sans déménagement dans une autre ville.
Faisons ici une autre pause vidéo et regardons un match de la IHL entre les Roadrunners et les Aeros de Houston. Vous allez revoir plusieurs visages familiers, surtout dans les buts...
Donc on pourrait croire que l'arrivée des Coyotes dans le portrait viendrait sonner le glas à jamais pour les Roadrunners, surtout à Phoenix, mais ce ne fut pas vraiment le cas.
Et premièrement il faut faire un détour compliqué pour parler des Roadrunners... de Toronto.
Roadrunners de Toronto (AHL) 2003-2004
L'ancien propriétaire des Roadrunners de l'IHL, l'albertain Lyle Abraham, décida quelques années plus tard de retenter sa chance dans le hockey professionnel, cette fois dans la AHL, mais dans un tout nouveau marché plus sécuritaire. Il tenta alors de déménager la franchise dormante des Panthers de Louisville au Ricoh Coliseum de Toronto, un aréna qu'il prévoyait de faire passer de 5000 à 9000 places par un ambitieux projet d'agrandissement.
Cependant, les Maple Leafs ne voulaient pas de compétition directe dans leur marché (à moins d'en être bénéficiaires) et firent pression auprès des Bulldogs d'Hamilton pour faire avorter le plan d'Abraham. Les Bulldogs, détenant des droits territoriaux dans la AHL, appliquèrent donc leur véto. Abraham ne fut toutefois pas abattu et décida de simplement se porter acquéreur des Bulldogs, pour ensuite les déménager sans encombres à Toronto pour la saison 2003-2004. Les Bulldogs étaient alors le club-école des Oilers et comme Abraham était aussi originaire d'Edmonton, j'imagine qu'il put utiliser ses contacts pour bien faire passer la transaction.
Mais là, vous vous souvenez sûrement des Bulldogs d'Hamilton, le club-école du Canadien durant les années 2000? Comment le club qui aurait déménagé à Toronto aurait pu être ce même club qui a hébergé Carey Price, Jaroslav Halak, P.K. Subban et tant d'autres? Et bien au même moment de l'annonce du déménagement des Bulldogs à Toronto, les Citadelles de Québec déménagèrent à Hamilton et reprirent immédiatement l'identité des Bulldogs... J'ai tu dis que c'était compliqué?
C'est pour ça que pendant une saison, soit en 2002-03, les Bulldogs furent partagés entre le CH et les Oilers d'Edmonton, les rénovations au Ricoh Coliseum n'étant pas encore prêtes avant la saison 2003-04.
Bref, Abraham retrouva une franchise de hockey professionnelle et la nomma à nouveau sous le nom des Roadrunners, avec une fois de plus le vieux logo dont l'origine remonte aux années 60. Cependant, ce fut très éphémère à Toronto. Des assistances sous les attentes et des problèmes avec les autorités locales suite aux rénovations forcèrent Abraham à regarder ailleurs. De plus, les Oilers désiraient faire jouer leur club-école à Edmonton durant la saison 2004-05, en prévision du lock-out qui allait faire annuler toute la saison.
Road Runners d'Edmonton (AHL) 2004-2005
On vit donc apparaître une autre incarnation du Roadrunner, cette fois à Edmonton pour combler l'absence de la LNH, et pour une rare fois avec un logo différent (et horrible). En fait cette fois-ci, l'équipe s'appelait Road Runners en deux mots. Pourquoi en deux mots? Je sais pas.
Cependant, il était écrit dans le ciel que ce déménagement était temporaire et qu'une fois le lock-out terminé, les Roadrunners auraient à quitter Edmonton. On tenta alors de déménager la franchise à Saskatoon, dans un rarissime cas d'échange de franchise ET de ligue où on aurait également fait déménager les Blades de Saskatoon de la WHL (junior) à Edmonton... Je n'ai jamais entendu parler d'une chose du genre auparavant, tellement que je doute de la véracité de la chose, mais pour l'instant je la laisse.
Ouff.... je suis épuisé.
De toute manière, la «transaction» échoua et la franchise AHL des Roadrunners fut mis en suspens. Ce n'est qu'en 2010 qu'elle fut réactivée, lorsque naquit la franchise des Barons d'Oklahoma City, mais cette fois-ci, on s'en doute par le nom, Abraham n'était plus dans le portrait.
ECHL 2005-2009
En fait, ce dernier avait précédemment vendu le nom et le logo des Roadrunners aux proprios des Suns de Phoenix, qui ramenèrent l'oiseau au bercail une fois de plus, cette fois-ci dans la ECHL pour la saison 2005-06. Pour l'occasion, le logo fut quelque peu mis à jour mais garda la même position que l'original.
Donc, après la WHL (1967-74), l'AMH (1974-77), la CHL (1977-78), la PHL (1977-79) et la IHL (1989-97), les Roadrunners de Phoenix firent un retour sous une 6e incarnation dans une 6e ligue, la ECHL.
Les Roadrunners version ECHL avaient comme président l'ancien des Coyotes Claude Lemieux, mais ce dernier démissionna après une seule saison. Le club joua ses matchs dans l'ancien premier aréna des Coyotes, le America West Arena, mais cette fois-ci reconfiguré avec moins de siège. L'équipe fut plus qu'ordinaire et la franchise fut dissoute après la saison 2008-09, soit seulement 4 saisons dans la cave du classement de la ECHL.
Autre pause vidéo, mais cette fois-ci sans saveur alors que regarder de la ECHL de la fin des années 2000 est pas mal plus plate que des vieux vidéos granuleux des années 60 et 70...
Il n'y a pas vraiment grand chose d'autre à dire sur ces derniers Roadrunners version ECHL, si ce n'est qu'ils ont retiré trois numéros en honneur des anciennes gloires «roadrunniennes» du passé, soit le #8 de Robbie Ftorek, le #3 de Adam Keller, un ancien joueur et DG ainsi que le #4 de Sandy Hucul.
Le seul joueur notable des Roadrunners ECHL à s'être rendu dans la LNH par la suite fut Daniel Winnik. Sinon, l'équipe employait une mascotte du nom de Rocky Roadrunner, qui datait des débuts des premiers Roadrunners en 1967, soit la mascotte la plus vieille de tous les clubs professionnels de l'histoire de l'Arizona.
Roadrunners de Tucson (AHL) 2016 -
Depuis, et bien il n'y ait jamais eu d'autres clubs du nom des Roadrunners de Phoenix. Mais la tradition continue tout de même en Arizona puisque les Coyotes ont acheté en 2016 la franchise des Falcons de Springfield de la AHL pour la déménager à Tucson en Arizona sous le nom des Roadrunners. Cette fois-ci c'est l'ancien oiseau du logo d'origine qui revint en action, dans un nouveau chandail rappelant celui du grand club.
Ces Roadrunners évoluent donc à Tucson (à environ 1h30 de Phoenix) depuis la saison 2016-17 mais il serait possible qu'ils viennent éventuellement reprendre la place des Coyotes au Mullett Arena de l'Université Arizona, ce qui serait assez ironique...
Donc il serait possible d'éventuellement revoir les Roadrunners à Phoenix sous une 7e incarnation et une 7e ligue si cela se produit. Je crois honnêtement que ce serait formidable. Cela confirmerait que Phoenix est définitivement une ville des ligues mineures pour le hockey.
Il n'y a rien de mal à ça. Faut accepter ses limites dans la vie. Il y a eu plein de villes géniales et emblématiques des ligues mineures à travers l'histoire. Je pense entre autres à Hershey et ses Bears, Springfield au Massachusetts, Providence, Cleveland, New Haven, Tulsa, Fort Wayne, Kalamazoo, Syracuse, Rochester, etc. Il n'y aurait rien de honteux à inclure Phoenix et les Roadrunners dans la liste.
Bref. c'est à suivre... qui sait si ce ne sera pas plutôt le Coyote qui reviendra d'ici 5 ans...
Voici en complément d'autres photos des Roadrunners à travers les âges, que j'ai piqué sur différents sites et pages Facebook:
Sandy Hucul dans un des premiers chandails des Roadrunners sans le logo.
Le gardien Marv Edwards dans l'uniforme circa 1971. Edwards jouera ensuite deux saisons comme backup avec les Seals de Californie.
Une bonne clope pour Gary Simmons après la victoire de la coupe Patrick en 1973
Originaire de Trois-Rivières, Michel Cormier a joué avec les Roadrunners dans la WHL, AMH et PHL.
Qui dit club-école des Kings dans les années 90 veut inévitablement dire «Bob Jay»