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vendredi 23 février 2024

Ken Reardon



Alors qu’il était jeune à Winnipeg, Ken Reardon dut quitter l’école pour aider sa famille à joindre les deux bouts. Il travailla alors comme livreur de télégrammes. Sur la glace, il ne cassait rien, et c’est plutôt son frère Terry qui attirait l’attention.

C’est finalement avec sa robustesse que le défenseur se fit un nom, malgré un talent limité. À 17 ans, il rejoignit finalement une équipe junior d’Edmonton, où sa famille avait depuis déménagé.

Si son frère eut l’occasion de jouer ses premiers matchs dans la LNH en février 1939 avec les Bruins, Ken dut attendre en novembre 1940 pour se joindre aux Canadiens. Terry vint ensuite rejoindre Ken à Montréal l’année suivante, mais la réunion fut toutefois de courte durée. En 1942, Ken alla rejoindre l’armée. Il put alors jouer avec les Commandos d'Ottawa et remporter la Coupe Allan en 1943. Il alla plus tard en Europe sur les champs de bataille et revint aux Canadiens pour la saison 1945-46. De son côté, Terry, qui servit également dans l’armée, retourna à Boston après la guerre. Les deux frères eurent toutefois l’occasion de croiser le fer, puisque les Bruins et les Canadiens se retrouvèrent en bout de ligne en finale. Les Reardon ne se firent pas de cadeau lors de ce duel, et c’est Ken qui eut finalement le dessus et qui se retrouva du côté des vainqueurs.

Sur une base individuelle, Ken fut choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles, avant d’être choisi sur la première en 1947. En fait, il fut choisi au sein de la première ou de la deuxième équipe d’étoiles à chaque année jusqu’à la fin de sa carrière de joueur, en 1950. À ce moment, malgré ses 30 ans, l’usure causée par son jeu robuste fit son effet et il prit sa retraite.

Pendant cette période où plusieurs avaient aussi des emplois ailleurs en plus de jouer au hockey, Ken, qui était reconnu pour ses tenues d’une grande élégance, travaillait comme représentant d’une distillerie. Petit détail, Reardon ne buvait pas d’alcool, mais selon ses dires, il pouvait quand même faire la promotion d’un produit, basée sur son analyse des ingrédients… Le beau Ken s’était aussi fait remarquer en épousant la fille du propriétaire des Canadiens à l’époque, le sénateur Donat Raymond.

Il entreprit ensuite sa carrière de gestionnaire, où le Tricolore lui demanda de s’impliquer dans la gestion des Mohawks de Cincinnati, une équipe affiliée. Bien qu’il ne fut pas avec l’équipe pendant l’entièreté de cette période, il aida les Mohawks à remporter consécutivement cinq Coupes Turner (le titre de la Ligue internationale ou IHL). Il fut aussi dépisteur dans l’ouest, avant de revenir à Montréal, pour servir comme adjoint du directeur-général Frank Selke. En 1955, alors qu’il fallait remplacer Dick Irvin derrière le banc des Canadiens, il y avait trois candidats finalistes, tous des anciens joueurs : Toe Blake, qui avait été entraîneur des Braves de Valleyfield de la Ligue senior, Roger Léger, qui était entraîneur à Shawinigan dans la même ligue, et Billy Reay, qui était entraîneur à Victoria dans la Ligue de l’ouest. C’est finalement Reardon qui a fait prévaloir son appui à Blake, son ancien coéquipier.

Dans ces fonctions, Reardon fit partie de l’équipe lors des cinq Coupes consécutives de 1956 à 1960. Le choix de Blake était finalement une bonne idée. Il fut par la suite nommé vice-président.

Reardon fut élu au Temple de la renommée en 1966.

Il est décédé à Saint-Sauveur en 2008 à l’âge de 86 ans des suites d’une longue maladie.

Sources:

″Que font les joueurs de hockey entre les parties?″ de Charles Mayer, 16 mars 1947, Le Petit Journal, page 53,

″Toe Blake, instructeur du Canadien″, 8 juin 1955, La Presse, page 42,

″Avec un club comme les Canadiens j’espère livrer une lutte serrée aux autres équipes″ (Toe Blake) de Jacques Beauchamp, 9 juin 1955, Montréal-Matin, page 24,

″One Man’s Opinion″ de Gorde Hunter, June 12, 1962, Calgary Herald, page 11,

"Le sénateur Donat Raymond est décédé", 6 juin 1963, La Presse, page 3,

″Décès de Kenny Reardon, La Presse Canadienne, 15 mars 2008, RDS (rds.ca).

mercredi 31 juillet 2019

Trêve de hockey #98 - Phil Marchildon



D’origine canadienne-française, Phil Marchildon est né à Penetanguishene, en Ontario. Si ce n’est qu’à l’école secondaire qu’il s’est mis au baseball, il s’y est découvert un talent certain. S’il débuta comme receveur, il devint lanceur à cause de son bon bras.

Il déménagea plus tard dans la région de Sudbury pour travailler dans une mine, et où il continua à jouer au baseball.

Lorsqu’un ami de la famille eut vent du fait que Dan Howley, le gérant des Maple Leafs de Toronto de la Ligue internationale, allait tenir une école de baseball à Barrie, il suggéra à Marchildon d’y aller, ce qu’il fit.

Sur place, Howley remarqua son talent, même s’il nota quelques erreurs dans sa technique. Il lui offrit donc un contrat. Marchildon lui répondit qu’il y penserait, avant de retourner avec son équipe, avec qui il se rendit jusqu’en finale du championnat provincial. Howley continua alors de l’observer et de lui parler. Il se rendit alors compte que Marchildon souffrait d’un grand complexe d’infériorité. Il réussit tout de même à le convaincre de se présenter au camp des Maple Leafs en 1939, en Floride.

Avec de la patience, Howley prit le temps de polir son diamant brut et de modifier sa motion. Le jeu en valut la chandelle et Marchildon devint l’un des meilleurs lanceurs des pauvres Leafs jusqu’à la fin de la saison 1940. À ce moment, les Athletics de de Philadelphie, avec qui les Maple Leafs avaient un accord de collaboration, achetèrent le contrat de Marchildon pour 7500$. Ce dernier fit donc ses débuts dans les ligues majeures en perdant deux matchs au sein de la pire équipe des majeures.

À sa première saison complète, avec des Athletics toujours aussi misérables, Marchildon réussit tout de même à remporter 10 matchs tout en encaissant 15 défaites.

En 1942, toujours en travaillant sur sa motion, Marchildon parvint à s’améliorer et à remporter 17 victoires (le troisième total de la Ligue américaine), en plus de subir 14 défaites avec une équipe encore pire que la saison précédente. Il était alors le premier Athletic en sept ans à remporter 17 matchs. À noter qu’au cours de deux de ces défaites, Marchildon n’avait alloué que deux coups sûrs.

Ayant touché le même salaire de 5000$ qu’à sa saison recrue, Marchildon s’attendait donc à recevoir un boni, mais le gérant et propriétaire des Athletics, le chiche Connie Mack, ne l’entendait pas ainsi. Comme la guerre faisait rage en Europe, Marchildon préféra donc s’engager comme mitrailleur dans l’armée de l’air. Il partit donc en direction de la Grande-Bretagne.

En 1944, lors de sa 27e mission au-dessus du territoire allemand, son avion fut abattu en mer, à plus de 30 kilomètres des côtes. Après avoir nagé plus de quatre heures et complètement épuisés, lui et son seul frère d’armes qui avait survécu furent secourus par des pêcheurs danois. Malheureusement, ils furent interceptés par les Allemands sur le chemin du retour et capturés. Ils furent donc amenés au camp Stalag Luft III, où Marchildon fut prisonnier de guerre pendant 10 mois. Mal nourri, il perdit beaucoup de poids, en plus d’être témoin d’atrocités. Sentant la défaite qui s'en venait, les Allemands vidèrent le camp et firent marcher Marchildon et les autres prisonniers sur plus de 200 kilomètres dans la neige. Il fut libéré à la fin de la guerre et retourna à Penetanguishene.

À peine de retour au pays, Mack le contacta pour qu’il rejoigne les Athletics. Marchildon lui répondit qu’il n’était pas en état de lancer. En plus d’être dans un état physique lamentable, il avait subi les traumatismes de la guerre et souffrait de dépression. Mack rétorqua qu’il n’aurait pas à lancer. Il voulait simplement l’honorer. Marchildon se remit tout de même à l’entraînement et fut même prêt à lancer avant la journée en son honneur. Mack l’envoya donc dans la mêlée à Chicago et comme il s’y attendait, c’est lui qui se retrouva au monticule à Philadelphie pour sa fête, où on lui remit une obligation de 1000$ et d’autres cadeaux. Par contre, à la deuxième manche, il se déchira un muscle et les ligaments de la jambe.

Comme sa saison était terminée, il retourna à Penetang, où malgré des problèmes de rhumatisme, il fit amplement de ski de fond pour reconstruire sa jambe. Par contre, il n’était plus le type souriant qu’il était, étant devenu plutôt austère et silencieux.

Marchildon n’était pas là au début de la saison 1946 pour des raisons de santé, mais en plus, Mack insista pour lui payer le même montant qu’en 1942, malgré l’excellente saison qu’il avait eu, sous prétexte que nous n’étions plus en 1942, mais bien 1946 qu’il avait une mauvaise jambe. Par contre, s’il avait une bonne saison, il lui promit une augmentation.

Marchildon débuta sa saison et montra qu’il n’avait pas perdu de son efficacité, mais Mack ne lui reparla pas de son augmentation. C’est finalement au milieu de la saison que Mack lui dit qu’il était satisfait de sa performance et lui accorda 8500$. De plus, il lui dit qu’il avait bien lancé en 1942 et lui donna deux billets de 500$. Marchildon termina la saison 1946 avec une fiche de 13-16, au sein d’une équipe qui termina encore dernière, avec un dossier de 49-105.

La saison 1947 débuta plus ou moins bien en termes de résultats. De plus, il développa une intense douleur au bras droit. Son fidèle instructeur des lanceurs, Earle Brucker (celui-là même qui lui avait fait modifier son élan quelques années plus tôt), lui fit alors remarquer qu’il utilisait beaucoup trop sa balle fourchette. Après une semaine de repos, il reprit le collier et changea sa combinaison de tirs. Les résultats furent frappants, puisqu’il remporta 17 de ses 19 dernières décisions.

Parmi celles-ci, il eut un match mémorable, le 26 août, contre Cleveland. En huitième manches, avec deux retraits, Marchildon avait un match parfait, alors que les Athletics menaient 1-0. Avec un compte de 3 balles, deux prises, l’arbitre au marbre alloua alors une quatrième balle controversée. En furie, Marchildon et le receveur Buddy Rosar se mirent donc à enguirlander l’arbitre et à lui envoyer de la terre avec leurs pieds.

Lorsque le jeu reprit, Marchildon obtint un retrait. Il avait peut-être perdu son match parfait, mais pas son match sans point ni coup sûr. Par contre, les Indians créèrent l’égalité en neuvième.

C’est finalement en 12e manche que le match se décida sur un double de… Marchildon, qui lança tout de même un match complet et obtint la victoire, 2-1.

À la fin de la saison 1947, il avait 19 victoires, une seule de moins que le légendaire Bob Feller, et 9 défaites. Cette performance lui valut une bonne augmentation de salaire (17 500$). Et pour la première fois en 14 ans, les Athletics avaient une fiche supérieure à ,500 (78-76).

L’année 1948 fut décevante, alors qu’il fut déclassé comme lanceur numéro 1 à Philadelphie, et qu’il termina avec une fiche de 9-15.

Sa saison 1949 fut écourtée par les blessures et il fut libéré en 1950, année au cours de laquelle il lança un dernier match avec les Red Sox.

Sa fiche en carrière est de 68-75.

Suite à sa carrière, il était hors de question pour ce grand amateur de curling et de ski de vivre en permanence aux États-Unis. Il retourna donc vivre à Penetanguishene avec son épouse et ses deux filles.

Le retour à la vie normale fut pénible. Il était déprimé et amer. Il se trouva tout de même des boulots dans des usines d’avion, puis d’équipements médicaux.

Il fut élu au Temple de la renommée du baseball canadien en 1982 et fit le lancer protocolaire avant le match des Blue Jays à la fête du Canada en 1995.

Il est décédé en 1997, à l’âge de 83 ans.


Sources: “Les Braves s’approchent de Brooklyn et de St-Louis”, 27 août 1947, La Patrie, p.17, ”The Peerless Pitcher From Penetanguishene” de Trent Frayne, April 1, 1948, MacLean’s (archives.macleans.ca), "Phil Marchildon" de Ralph Berger (sabr.org), baseball-reference.com, wikiepedia.org.

samedi 25 mai 2019

Frank Fredrickson



Frank Fredrickson est né à Winnipeg de parents islandais. En 1913, il se joignit aux Falcons de l’endroit. En trois ans, il mit à profit ses talents de buteurs, en plus de jouer avec l’équipe de l’Université du Manitoba.

En 1915, la guerre faisait rage et Fredrickson se joignit alors à l’armée. Il joua une saison avec l’équipe du 223e bataillon, avant de se diriger vers l’Europe avec ses frères d’armes. Pendant la guerre, Fredrickson survécut à un naufrage, alors que son navire avait été torpillé par les Allemands.

À son retour au pays, il retourna avec les Falcons, avec qui il marqua 23 buts en 10 matchs. Ceux-ci firent alors leur chemin jusqu’au titre de la Coupe Allan de 1920. Encore une fois, Fredrickson remplit le but, en marquant 22 fois en 6 matchs.

Suite à cette victoire, il y avait une nouveauté. Pour la première fois, le hockey serait représenté aux Jeux Olympiques et ce sont les champions de la Coupe Allan qui furent désignés pour représenter le Canada. À noter qu’à l’époque, les Jeux d’hiver n’existaient pas encore. Les Falcons se rendirent donc à Anvers, en Belgique. Par contre, le tournoi de hockey n’a pas eu lieu en même temps que les autres compétitions d’été. Fredrickson et ses coéquipiers ont joué au mois d’avril, alors que les autres médailles ont été décernées en août et en septembre. À partir de 1924, des Jeux d’hiver, distincts, furent organisés.

Lors du tournoi, on remarqua rapidement une grande disparité entre le Canada et les États-Unis d’un côté et les pays européens de l’autre. De l’aveu même de Fredrickson, il devenait difficile de se restreindre pour ne pas trop humilier l’adversaire. Ça n’empêcha toutefois pas les Américains de rosser la Tchécoslovaquie 16-0 et la Suisse 29-0. Du côté canadien, Fredrickson fut le meilleur buteur de son équipe, en comptant 12 fois en 3 matchs, dont 7 lors du match qui assura le Canada de l’or, une victoire de 12-1 contre la Suède.

De retour au pays, Fredrickson songeait à poursuivre sa carrière militaire en se joignant à l’aviation. Il reçut toutefois une offre de Lester Patrick de 2 500$ pour se joindre à une équipe de sa ligue, l’Association de hockey de la Côte du Pacifique (PCHA). Il s’aligna donc avec les Aristocrats (plus tard renommés Cougars) de Victoria, l’équipe entraînée par Patrick.

En 1922-23, Fredrickson fut le meilleur buteur (39) et le meilleur pointeur de la ligue (55), cette dernière marque constituant un record de la PCHA.

À cette époque, les champions de l’ouest défiaient les champions de la LNH (uniquement dans l’est) pour la Coupe Stanley. Fredrickson et ses coéquipiers des Cougars atteignirent ainsi la finale en 1925 et en 1926, parvenant à défaire les Canadiens la première fois et perdant contre les Maroons la deuxième.

Suite à cette saison, la Western Hockey League (WHL), qui a avait absorbé deux ans plus tôt les équipes restantes de la PCHA, cessa à son tour ses activités. Au même moment, la LNH procédait à une triple expansion. Les joueurs des Rosebuds de Portland servirent alors de base pour la formation des Black Hawks. Quant à Fredrickson et plusieurs autres joueurs de Victoria, ils prirent la route de Détroit pour former les Cougars (et futurs Red Wings). Les Rangers, de leur côté, firent cavalier seul.

Fredrickson ne demeura toutefois pas longtemps avec les faibles Cougars, puisqu’en janvier, il fut échangé aux Bruins. Au cours de cette campagne 1926-27, il accumula tout de même un respectable total de 18 buts en 44 matchs.

Deux ans plus tard, ce fut au tour des Bruins de l’échanger, aux Pirates de Pittsburgh cette fois, contre Mickey MacKay et 12 000$. N’ayant joué que 12 matchs avec Boston et n’étant plus là lors de leur victoire de 1929, le nom de Fredrickson n’aurait pas dû se retrouver sur la Coupe Stanley. Toutefois, pour des raisons obscures, on inclut son nom lorsqu’on refit la Coupe en 1957-58.

En 1929-30, Fredrickson devint l’un des rares joueurs-entraîneurs de l’histoire de la LNH, avec les Pirates. Ceux-ci connurent par contre la pire saison (5-36-3) de leur peu glorieuse histoire. Ils déménagèrent ensuite à Philadelphie, mais sans Fredrickson, qui fut libéré et qui retourna à Détroit pour une dernière saison dans la LNH.

Il fut par la suite entraîneur, entre autres des équipes de l’Université de la Colombie-Britannique et de Princeton.

Son passé militaire refit également surface en 1942, alors qu’il mena l’équipe de l’aviation au titre de la Coupe Allan, dans une équipe qui comptait tout de même sur les services de la Kraut Line (Woody Dumart, Milt Schmidt et Bobby Bauer) au complet, qui avaient quitté les Bruins pour se joindre à l’effort de guerre.

Celui qui fut aussi conseiller municipal à Vancouver et qui fut intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1958, est décédé en 1979, à l’aube de ses 84 ans.


Sources : hhof.com, wikipedia.org.

lundi 4 septembre 2017

Neil et Mac Colville



L’histoire de Neil Colville est indissociable de celle de son frère Mac. D'abord, en 1933-34, les deux frères ont aidé l’équipe de leur ville natale, Edmonton, à atteindre la finale de la Coupe Memorial. Même s’ils se sont inclinés devant les Majors du Collège St.Michael’s de Toronto, ils sont parvenus à attirer l’attention des Rangers, qui les ont assignés aux Crescents de New York de la Ligue Eastern Amateur (EAHL). Neil fut le meilleur compteur de la ligue et les Crescents remportèrent le titre de la ligue.

L’année suivante, c’est avec les Ramblers de Philadelphie de la Ligue Can-Am (un ancêtre de la Ligue américaine) qu’ils s’alignèrent. Entraîné par Herb Gardiner, les Ramblers remportèrent également le championnat de leur ligue. En plus d’y contribuer, les frères Colville ont également eu l’occasion de jouer leurs premiers matchs avec les Rangers. Ils ne mettront pas de temps à s’y installer définitivement, puisque dès 1936-37, ils en devinrent des joueurs réguliers, tout comme Alex Shibicky, qui a suivi le même parcours et avec qui ils ont formé un trio. Neil, le centre, se portait plus en attaque, alors que Mac, l’ailier droit, restait plus en retrait.

En 1938-39, le travail de Neil fut remarqué, alors qu’il fut choisi au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Syl Apps des Maple Leafs.

Un an plus tard, les Rangers mirent la main sur la Coupe Stanley. Après une longue traversée du désert, ils durent attendre à 1994 avant de rééditer l’exploit. De son côté, Neil fut encore nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles, derrière Milt Schmidt des Bruins cette fois.

En 1942, les deux frères se retrouvèrent dans les Forces armées. Stationnés à Ottawa, ils aidèrent alors les Commandos d'Ottawa de la Ligue senior du Québec à remporter la Coupe Alexander, puis la Coupe Allan.

À la fin de la guerre, les deux frères retournèrent avec les Blueshirts, mais ayant ralenti, ils changèrent de position pour devenir défenseurs. Ils devinrent ainsi les premiers frères à composer un duo à la ligne bleue. Neil fut également nommé capitaine.

Mac resta jusqu’en 1946-47. Il retourna par la suite vivre en Alberta, où il travailla pour la province.

Neil continua, pour la première fois depuis plusieurs années, à jouer sans son frère et ce, avec succès. En effet, en 1947-48, il fut à nouveau choisi pour faire partie de la deuxième équipe d’étoiles, mais comme défenseur cette fois. Il fut ainsi le deuxième joueur, après Dit Clapper, à recevoir cet honneur autant comme avant que comme défenseur.

Malheureusement pour lui, ça ne l’empêcha pas d’être rétrogradé dans la Ligue américaine au cours de la saison suivante par les Rangers, une équipe qui se cherchait à ce moment.

C’est en 1950 que Neil revint à New York, comme entraîneur-chef cette fois. À 36 ans, il devenait ainsi le plus jeune à occuper un tel poste. La situation ne dura toutefois pas. De son propre aveu, il fut incapable de sortir les Rangers de leur torpeur, en plus de souffrir de sérieux ulcères d’estomac. Après un peu plus d’un an, il remit donc sa démission, ce qui mit fin à sa carrière.

Au niveau de la LNH, les Colville n'ont donc évolué qu'avec une seule équipe, les Rangers.

Il réorienta alors sa carrière en investissant dans un nouveau poste de télé à Whitehorse. Il y déménagea et en ces débuts de la télévision, il apprit à faire un peu de tout avec des moyens plutôt limités. Apparemment qu'une vue de la rue principale et un bocal de poisson revenaient fréquemment dans la programmation...

Neil mourut en 1987 à 73 ans, alors que Mac rendit l’âme en 2003, à 87 ans.


Sources : “Bill Cook Returns to N.H.L. as Coach of Rangers; Neil Colville Steps Out, Frank Boucher Calls In Old Forward Mate”, CP, 7 décembre 1951, Montreal Gazette, p.22, “Mac Colville, 87, a Mainstay for the Rangers” de Richard Goldstein, 2 juin 2003, New York Times (nytimes.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

vendredi 11 novembre 2016

Bob Carse



Pour ce Jour du souvenir, un billet au sujet de Bob Carse est tout à fait approprié.

Bob Carse est né à Edmonton et y a joué jusqu’au niveau junior. D’ailleurs, il a participé à la finale de la Coupe Memorial en 1939, mais le club d’Edmonton s’est incliné contre les Generals d’Oshawa. Avec ses 20 points en 12 matchs, on ne peut toutefois pas accuser Carse de ne pas avoir fait sa part.

L’année suivante, Carse se retrouva avec les Black Hawks, en même temps que son frère Bill, qui avait brièvement joué avec les Rangers la saison précédente. Bob y jouera 145 matchs en quatre saisons.

À la fin de la saison 1941-42, Bill s’enrôla dans l’armée. L’année suivante, Bob imita son frère. Après avoir passé la saison 1943-44 à s’entraîner et à jouer au hockey dans l’armée, Bob fut envoyé outre-mer.Le 12 octobre 1944, son groupe fut encerclé par des troupes allemandes. Touché à l’épaule droite pendant l’attaque, il fut fait prisonnier. Si plusieurs joueurs de la LNH ont servi dans l’armée pendant la Deuxième guerre mondiale, Carse est le seul à avoir été capturé.

Pendant les six mois qui suivirent, il fut trimballé d’un camp à l’autre en Allemagne, dans des conditions très difficiles. Mal nourri et affaibli par ses blessures, il fut finalement libéré par les forces alliées en avril 1945. À ce moment, il avait perdu 25 kilos.

De retour au pays, il rentra à Edmonton. Après s’être remis sur pieds, il recommença à jouer au hockey. Il passa la saison 1945-46 dans une ligue senior en Alberta, avant de signer avec les Barons de Cleveland de la Ligue américaine.

Ses 88 points au cours de la saison 1946-47 (le deuxième total de la ligue) attirèrent l’attention des Canadiens, qui firent son acquisition. Il joua 22 matchs avec le CH avant de retourner à Cleveland en décembre 1947. Il se joignit alors à l’équipe qui termina première en saison régulière et qui se mérita la Coupe Calder.

En 1949-50, il connut une année de 82 points, toujours avec les Barons, mais Carse passa à autre chose à la fin de la saison.

Il demeura dans la région de Cleveland, où il poursuivit une carrière dans le domaine de l’assurance, en plus de s’impliquer au niveau du hockey mineur.

Dans les années 1970, il a été marqueur officiel pour les Barons, version LNH et pour les Crusaders de l’AMH.

Il est décédé en 1999, à l’âge de 80 ans.

Sources:
King, Tom, The Legendary Game, Ultimate Hockey Trivia, Trafford Publishing, 2010, p.247,
“Robert A. “Bobby” Carse, all-star player for Barons” de Alana Baranick, 29 juillet 1999, The Plain Dealer, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

lundi 9 novembre 2015

Le 228e bataillon de Toronto



En 1914-15, les Shamrocks de Toronto de la NHA (National Hockey Association) appartenaient au controversé propriétaire Eddie Livingstone. Celui-ci avait habitude de se quereller avec tout un chacun et n’était pas particulièrement apprécié de ses pairs.

Avant la saison 1915-16, Livingstone acheta la deuxième équipe de Toronto, les Blueshirts. Comme la ligue ne voulait pas qu’un individu détienne deux équipes, Livingstone accepta de vendre les Shamrocks. Toutefois, Frank et Lester Patrick engagèrent plusieurs des joueurs des Blueshirts pour la Pacific Coast Hockey Association. (voir texte du 8 octobre 2012) Ils agirent ainsi en représailles de ce qu’ils jugeaient être un non-respect d’une entente qu’ils avaient avec la NHA.

En manque de joueurs, Livingstone rassembla ceux qu’il lui restait chez les Blueshirts. La franchise des Shamrocks devint inactive et la ligue y vit une opportunité pour la saisir.



En 1916-17, devant la difficulté de recruter suffisamment de joueurs qui n’étaient pas mobilisés dans l’armée alors que la guerre faisait rage en Europe, la ligue offrit la franchise des Shamrocks au 228e bataillon.

Les Northern Fusiliers avaient parmi leurs effectifs des joueurs qui avaient joué au niveau professionnel et prirent ainsi part aux activités de la ligue. Vêtue de khaki, l’équipe fut très populaire et attira les foules. Elle eut également un certain succès sur la glace.

En février 1917, la réalité rattrapa le hockey. Le bataillon fut appelé à traverser l’Atlantique. Il se retira donc de la NHA après 12 matchs. Pour éviter de se retrouver avec un nombre impair d’équipes (ce qui était pourtant le cas l’année précédente), on profita de l’occasion pour se débarrasser de l’autre équipe de Livingstone.

Le calendrier dut être réorganisé pour la deuxième moitié de saison, qui se déroula sans aucune équipe à Toronto.

La NHA exigea d’être dédommagée par le bataillon, suite à son retrait. La ligue voulait encaisser le dépôt de 3000$ qu’il lui avait laissé. Elle dut finalement y renoncer.

Les choses prirent une tournure encore plus particulière lorsque l'attaquant vedette du bataillon, l’ex-Bulldog de Québec Eddie Oatman, et le défenseur Gordon Meeking obtinrent leur libération de l’armée avant que le bataillon ne s’embarque pour l’Europe.

Les deux joueurs commencèrent par affirmer qu’ils n’avaient été recrutés que pour jouer au hockey. Par contre, porter l’uniforme sans faire partie de l’armée contrevient à la loi.

Oatman affirma alors qu’il s’était enrôlé comme soldat pour faire comme de nombreux de ses compatriotes, soit aller se battre sous les drapeaux. Il affirma également qu’il avait signé un contrat avec le bataillon et que sa libération lui causait une perte financière.

Meeking alla finalement sur les champs de bataille. Oatman retourna dans la PCHA.

Du point de vue hockey, les champions de la première moitié, les Canadiens, affrontèrent les champions de la deuxième, les Senators. Montréal remporta la Coupe O’Brien (voir texte du 23 septembre 2013), avant de s’incliner devant les Metropolitans de Seattle de la PCHA pour la Coupe Stanley.

L’année suivante, la NHA fut dissoute pour se débarrasser de Livingstone. On forma alors la LNH sans lui.

Sources: “Probable resignation of 228th and move to exclude Torontos causes tense situation N.H.A.”, Ottawa Citizen, 10 février 1917, p.8, “N.H.A. demands bonds from 228th team”, Ottawa Citizen, 13 février 1917, p.8, “Robinson declares 228th put it over”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Gordon Meeking also let out by Batallion”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Oatman’s revelation may cause another upheaval in National Hockey Assn.” Ottawa Citizen, 20 février 1917, “228th Battalion discharges Eddie Oatman”, The Porcupine Advance, 28 février 1917, p.2, wikipedia.org.

lundi 30 mars 2015

Joe Benoit


Originaire de l’Alberta, Joseph Benoit s’est retrouvé à partir de 1936, avec les Smoke Eaters de Trail (voir texte du 18 janvier 2014), une équipe senior qui s’est illustrée aux niveaux national et international. En 1938, les Smoke Eaters se méritèrent la Coupe Allan, emblème de la suprématie du hockey senior au Canada. Au cours de ce tournoi, Benoit se distingua en comptant 12 buts et en amassant 9 passes en 12 matchs.
 
L’année suivante, les Smoke Eaters représentèrent le Canada au championnat du monde en Suisse. Poursuivant la domination canadienne, les Smoke Eaters comptèrent 42 buts, tout en n’en accordant qu’un seul, en neuf matchs. Il s’agissait du dixième triomphe canadien en douze tournois. De son côté, Benoit joua 7 parties, pour 6 buts et 3 passes.

Benoit demeura à Trail jusqu’en 1940, année où l’équipe retourna au tournoi de la Coupe Allan, mais cette fois sans remporter la palme.

L’année suivante, ce sont les Canadiens, qui venaient de terminer derniers dans la ligue, lui firent signe, en acquérant ses droits des Leafs. Benoit s’intégra bien à la LNH, puisque ses 32 points en 45 matchs firent de lui le deuxième pointeur de l’équipe, exploit qu’il répéta en 1941-42.

En 1942-43, au sein de la Punch Line avec Toe Blake et Elmer Lach, Benoit eut une saison du tonnerre. Il marqua 30 buts et obtint de 27 passes en 49 matchs. Seul Doug Bentley des Black Hawks en compta plus dans la Ligue nationale cette année-là.
 
Toutefois, la guerre faisait rage en Europe et Benoit décida de s’enrôler. Il quitta le tricolore, mais il continua de s’aligner avec des équipes militaires. Par contre, à Montréal, la vie continuait. On dut remplacer Benoit sur la Punch Line et pour ce faire, on choisit un jeune joueur fougueux, mais qui avait la réputation d’être fragile. Son nom? Maurice Richard. La suite appartient à l’histoire. Richard marqua 32 buts en 1943-44, avant de devenir le premier marqueur de 40 buts en 1944-45.

Benoit revint avec les Canadiens en 1945-46, mais il ne retrouva évidemment pas sa place au sein de la Punch Line, et il n’obtint pas le même niveau de succès. En 39 matchs, il montra une fiche de 9-10-19. Cette saison lui permit par contre d’ajouter la Coupe Stanley à son palmarès.

La saison suivante, il ne joua que 6 matchs avec le grand club, ses derniers dans la Ligue nationale. Il termina la saison dans la Ligue américaine. Il joua par la suite dans la Ligue senior du Québec, avant de retourner dans l’ouest, où il devint ensuite entraîneur pendant un moment.

Il est décédé en 1981, à l’âge de 65 ans.

Sources : legendsofhockey.net, notrehistoire.canadiens.com, wikipedia.org.

mardi 11 novembre 2014

Red Garrett



Petit billet court, à l’image de la carrière et de la vie de son sujet.
Originaire de Toronto, Dudley "Red" Garrett avait été recruté par l’équipe de sa ville, les Leafs. Il n’eut toutefois pas l’occasion de jouer avec eux, puisqu’en 1942, il est échangé aux Rangers avec Hank Goldup, contre Babe Pratt (voir texte du 14 octobre 2012). Cet échange fut très profitable pour les Leafs.

C’est au cours de cette saison que Garrett fit ses débuts avec les Blueshirts. Il joua au total 23 matchs, amassant un but et une passe.

Il ne termina toutefois pas sa saison à New York. Comme la guerre faisait rage, il se retrouva dans la marine et joua quelques matchs avec des équipes militaires.

Le 25 novembre 1944, Garrett se trouvait sur le HMCS Shawinigan, au large de Port-aux-Basques, à Terre-Neuve, lorsqu’un U-Boat allemand le coula. Tout l’équipage périt. Garrett avait 20 ans.

Pour honorer sa mémoire, la Ligue Américaine (où il a également joué quelques matchs) présente depuis 1947 le Dudley "Red" Garrett Memorial Award à sa recrue de l’année.

Parmi ses récipiendaires, on note plusieurs noms familiers comme Terry Sawchuk, Pelle Lindbergh (voir texte du 12 novembre 2010), Brett Hull, Félix Potvin, Daniel Brière et… René Bourque.

Sources : rongood.net, ahlhalloffame.com, wikipedia.org.

lundi 12 mai 2014

Johnny Mowers








La carrière de Johnny Mowers a pour le moins été en dents de scie.  Il connut de grands succès, mais aussi d’amères déceptions.
À sa première année comme professionnel, en 1939-40, Mowers connut une très bonne saison avec les Knights d’Omaha de l’AHA.  Sa moyenne de 1,93 convainquit l’entraîneur Jack Adams de se séparer du vétéran Tiny Thompson (voir texte du 7 octobre 2013), que les Wings avaient pourtant acquis à gros prix, pour lui confier le filet à Détroit.  Et comme à cette époque, il n’y avait pas vraiment de gardien réserviste, Mowers joua dès sa saison recrue tous les 48 matchs des Wings. 
Mowers ne déçut pas.  Sa moyenne de 2,01 lui valut presque le Trophée Vézina, se classant tout près du 2,00 de Turk Broda des Leafs. (voir texte du 14 juillet 2011)  Par contre, on lui préféra John Quilty pour le Trophée Calder (recrue de l’année).  En séries, Détroit se rendit en finale, mais s’inclina contre Boston.  
La saison 1941-42 fut moins bonne pour les Red Wings (19-25-4).  Mowers demeura néanmoins l’homme de confiance d’Adams, jouant 47 des 48 matchs, avec une moyenne de 3,00.  Détroit se rendit tout de même en finale et alla même jusqu’à prendre une avance de 3-0 sur Toronto.  Les Leafs réussirent par contre un exploit hors du commun, en remontant pour remporter la série et la Coupe.  Il s’agissait de la première fois qu’une équipe accomplissait cet exploit, qui ne sera répété que trois autres fois (dont par les Kings cette année).  Mowers fut l’une des premières victimes de la remontée des Leafs, accordant 19 buts en 4 matchs.
En 1942-43, Mowers revint en force.  Jouant tous les 50 matchs, sa moyenne de 2,47 lui valut le Vézina et une nomination au sein de la première équipe d’étoiles.  Les Wings terminèrent premiers en saison régulière, avant de se mériter la Coupe Stanley.
C’est alors que la carrière de Mowers prit une tournure inattendue.  En raison de la guerre, Mowers se retrouva dans l’aviation, ce qui le sortit de la Ligue Nationale.  Il passa du temps avec des équipes militaires, puis un peu dans la ligue britannique.
Par contre, à son retour, en 1946-47, la Coupe et le Vézina de 1942-43 ne voulaient plus rien dire.  Les Wings étaient passés à autre chose et leur homme devant le but était Harry Lumley.  Il faut dire que Mowers joua tout de même 7 matchs, ses derniers dans la LNH, mais avec des résultats mitigés.  Il montra une fiche de 0-6-1, avec une moyenne de 4,14.  Sa carrière, qui avait débuté de façon fulgurante, se limita donc à trois saisons et quelques matchs.
La saison suivante, Mowers devint entraîneur des Capitals d’Indianapolis de la Ligue Américaine, tout en jouant deux matchs dans leur uniforme, mais sans trop de succès.  Des maux de dos l’obligèrent alors à accrocher ses jambières.
Il tenta une dernière fois sa chance derrière un banc en 1949-50, avec Détroit, de la Ligue Internationale.  L’expérience dura un an.
Il est décédé en 1995, à l’âge de 79 ans.
Sources: hockeydb.com, legendsofhockey.net, wikipedia.org.

mercredi 8 janvier 2014

Sam LoPresti






Bien qu'il n'ait pas connu une longue carrière dans la NHL, Sam LoPresti a laissé une marque indélébile dans le livre d'histoire de la NHL...

Sam Lo PResti est l'un des premiers gardiens américains à évoluer dans la NHL. Il est né en 1917 au Minnesota. Inspiré par les prouesses de deux autres pionniers du hockey américain ayant grandi dans la même ville que lui (Eveleth), Frank Brimsek et Mike Karakas, il décida à la fin de son secondaire de devenir gardien de but. Après s'être démarqué lors de son passage au collège, LoPresti fut engagé par les Saints de St-Paul de la AHA (American Hockey Association) avec qui il passa trois saisons, remportant notamment le championnat de la ligue lors de la saison 1939-40. 

La saison suivante, il se joint à l'organisation des Black Hawks de Chicago en se joignant aux Americans de Kansas City de la AHA. En plein milieu de la saison, LoPresti fut rappelé par les Black Hawks lorsque le gardien Paul Goodman, celui qui avait justement succédé à Mike Karakas au poste de gardien des Hawks, prit sa retraite. 

C'est vers la fin de la saison 1940-41, soit le 4 mars 1941, que LoPresti entra dans le grand livre de l'Histoire avec une grosse hache du hockey. Ce soir-là, à l'occasion d'un redoutable match contre des Bruins qui allaient remporter la Coupe Stanley quelques semaines plus tard, LoPresti fit face à pas moins que 83 tirs... Et sur ces fameux 83 tirs, il n'en laissa passer derrière lui que 3 dans une défaite de 3 à 2 des Hawks. Ce qui est d'autant plus étonnant, c'est que le dernier but de ce mitraillage en règle survint très tard en fin de troisième période lorsqu'Eddie Wiseman brisa le suspense pour le compte des Bruins.

Le nombre d'arrêts et de tirs au but de ce match constituent encore de nos jours un record et risque de l'être jusqu'à la fin des temps...

L'année suivante, LoPresti joua la saison complète avec les Black Hawks et donna même espoirs aux fans de la possibilité d'éliminer les redoutable Bruins lors des séries éliminatoire en enregistrant notamment un blanchissage durant la série. Malheureusement pour lui, les Bruins eurent le dessus  durant cette série... 

Nous étions donc au printemps 1942, période où les américains avaient fait leur entrée dans la Seconde Guerre mondiale depuis quelques mois suite à l'attaque de Pearl Arbour en décembre 1941. Fier américain, Sam LoPresti décida, au terme de la saison 1941-42, de s'engager dans la marine comme mitrailleur sous prétexte que it was safer to face Nazi U-boats in the North Atlantic than vulcanized rubber in North America. On peut comprendre qu'une personne ayant déjà stoppé 80 lancers durant un match puisse penser ainsi...


Durant la Guerre, Sam LoPresti montra encore qu'il était de la graine de guerrier d'une autre manière lorsque son bateau fut coulé et qu'il dériva durant 42 jours sur un bateau de sauvetage en compagnie de 28 personnes. L'équipage avait ainsi presque rien à se mettre sous la dent, s'abreuvant d'eau de pluie lorsqu'ils le pouvaient. On imagine ainsi toute la promiscuité à l'intérieur de ce bateau, ne pensez qu'aux conflits interpersonnels qui devaient apparaître ici et là et qu'il fallait éteindre... Je vous suggère dans cet ordre d'idée un des fils les plus obscurs d'Alfred Hitchcock réalisé durant la Guerre nommé Lifeboat qui traite de ce sujet...


J'ose penser que LoPresti s'ennuyait pas mal de la NHL durant ces jours de dérives...

Ce dernier par contre fit preuve d'une initiative assez remarquable lorsqu'il remarqua un banc de dauphins près du bateau. Il empoigna alors son couteau et réussi à en tuer un de ses mains. L'équipage put alors se nourrir en buvant le sang de l'animal et en faisant cuire la viande en faisant brûler du kérosène et des déchets dans un contenant en métal. On doute que, sans ce geste, l'équipage, qui fut repêchée au large du Brésil après près de 4000 kilomètre de dérive, n'ait pu survivre...
(Ce paragraphe est une présentation de la pétition pour la défense des dauphins qui circule ces jours-cis...)

Après avoir été libéré de son service militaire, LoPresti reprit son équipement de gardien mais ne retourna jamais dans la NHL. Il joua deux saisons avec les Skyhawks de San Diego dans une ligue nommée la Pacific Coast Hockey League avant de retourner dans son Minnesota natal pour évoluer au hockey senior pendant encore quelques années...

LoPresti marqua encore une fois le livre d'histoire de la NHL d'une manière assez passive dans les années 70 lorsque son fils Pete atteignit la NHL. Le père et le fils devinrent ainsi le premier tendem père-fils de gardiens a avoir joué dans la NHL... Encore une fois, ce fait ne sera jamais retiré du grand livre d'histoire de la NHL...

Sam LoPresti est décédé en 1986...


vendredi 22 novembre 2013

Trêve de hockey #72 - St-Hyacinthe, gagnante de la Coupe Grey








Avec les années qui passent et le nombre de personne qui l’ont vécu qui diminue, on oublie parfois l’impact qu’a eu la mobilisation totale durant la Deuxième Guerre Mondiale.  Bien qu’il y ait eu des répercussions beaucoup plus sérieuses dans d’autres sphères de la société, le sport professionnel n’a pas été épargné.
 
En 1942, 1943 et 1944, les activités habituelles du « Big Four » (aujourd’hui la division est de la LCF) furent suspendues et des équipes de militaires participèrent à la quête de la Coupe Grey.
 
Débutée initialement dans le but de divertir ses hommes, une équipe fut formée par des marins stationnés à la base NCSM Donnacona, sur la Drummond, à Montréal.  À ce groupe s’ajouta des marins de l’école de signaleurs, située à St-Hyacinthe.  Comme l’équipe comprenait des membres de deux régiments différents, on décrivit l’équipe comme un « combine ».  L’alignement changea au fil des assignations de chacun, puisque le premier focus demeurait ce qui se passait du côté militaire et évidemment, au front.  Les pratiques donnèrent également lieu à des scènes cocasses.  Sur le terrain, tous étaient égaux.  Il arriva que des reproches furent adressés à des (nouveaux) coéquipiers qui s’avérèrent être… des commandants.
 
On retrouva parmi l’alignement autant des joueurs qui avaient déjà joué au niveau professionnel, comme Jack Wedley, qui avait joué avec les Argonauts ou Louis Segatore, qui joua à Montréal dans les années 1930, que d’autres qui connurent plus tard des carrières professionnelles, comme John Taylor, qui gagna la Coupe Grey avec les Alouettes en 1949 et Pat Santucci, qui la gagna avec les Argos en 1946.
 
Glen Brown, en plus de jouer sur ligne, autant offensive que défensive, était l’entraîneur de l’équipe.  À noter que Brown fut plus tard, de 1956 à 1973, député libéral de Brome à l’Assemblée nationale.
 
L’équipe prit d’abord part aux activités de la Quebec Rugby Football Union (QRFU, niveau senior) en 1943 et montra une fiche de 6-4.  En 1944, elle termina première, ce qui lui permit de jouer pour la Coupe Grey contre les Flying Wildcats de Hamilton de l’Ontario Rugby Football Union (ORFU).
 
L’équipe adverse était loin d’être complètement dépourvue de talent, puisqu’elle comptait sur Joe Krol, qui connaîtra par la suite une carrière tout étoile avec les Argonauts.
 
La guerre qui s’éternisait n’était par contre pas de nature à créer une fièvre de la Coupe Grey.  Les gens avaient la tête ailleurs.  De plus, Hamilton était largement favori, avec comme résultat que l’événement reçut peu de couverture médiatique.  Un seul journaliste fut envoyé de Montréal pour couvrir l’événement.  Il arrêta à Toronto pour couvrir le match des Leafs et décida ensuite de ne pas se rendre à Hamilton.  La foule, au nombre de 3871, fut aussi l’une des plus petites de l’histoire.
 



En bout de ligne, St-Hyacinthe-Donnacona créa la surprise et remporta un duel défensif 7-6.  Par contre, la reconnaissance de cette victoire ne fut pas immédiate.  L’administration de la Marine refusa la Coupe Grey, puisqu’elle avait comme politique de ne pas reconnaître les matchs joués contre des civils.  Il n’y eut donc pas de récompense.  Ce n’est qu’en 1969 que le commissaire de la LCF, Jake Gaudaur, permit aux gagnants de débourser 300$ pour se procurer une bague.

En 1994, la victoire du Combine fut soulignée dans le cadre des festivités de la Coupe Grey.  L’équipe fait depuis partie du Temple de la Renommée des Sports des Forces Armées.

Sources : Januska, Michael, Grey Cup Century, Dundurn, 2012, p.85 à 87,

"Combines won Montreal’s second Grey Cup" de Ian MacDonald, 25 novembre 2005, Montreal Gazette (canada.com), "St-Hyacinthe remporte la Coupe Grey!" de Paul Foisy, 20 novembre 2008 (rds.ca), "Former Navy vet was one of youngest to win Grey Cup title", 22 juillet 2011, Oakville Beaver (insidehalton.com), assnat.qc.ca, wikipedia.org.

Initialement publié sur www.bottedenvoi.blogspot.com

lundi 18 juillet 2011

Les Commandos d'Ottawa



Voici les Commandos d'Ottawa en 1942-43

Si vous êtes comme moi, entendre le terme Commando sonne beaucoup de cloches. Non seulement il s'agit du nom d'une des bonnes chansons des Ramones et bien certainement un des films d'Arnold Schwarzenegger avec pleins de grosses armes et d'explosions un peu weird avec des mannequins devant des maisons qui explosent... Anyway... Commando fut également le nom d'une équipe de hockey senior d'Ottawa dans les années 40.

Cette équipe a pris racine dans le départ des Senators d'Ottawa de la NHL vers la ville de St-Louis pour devenir les Eagles le temps d'une saison. Suite au départ des Senators, les décideurs de la ville d'Ottawa veulent alors continuer l'aventure de l'équipe à un niveau différent. C'est pourquoi on a décidé de garder le nom de l'équipe (et son célèbre logo en O) et de l'aligner dans l'Association Québécoise de Hockey Amateur, une ligue de hockey senior. À la fin de la saison 1934-35, des efforts ont été fait afin de faire revenir les Eagles de St-Louis à Ottawa tout en continuant l'expérience du hockey senior, mais les discussions n'aboutirent pas et les Senators seniors demeurent ainsi la seule vraie équipe à porter ce nom.

Jusqu'en 1941, les Senators évoluèrent dans une ligue amateur comprenant six équipes provenant notamment de la ville de Montréal. C'était une époque où le Canadien était dans ses années noires et où le hockey senior était plus populaire que celui de la NHL au Québec. En 1941, la plupart des équipes seniors du Québec furent rassemblées pour former la Ligue de hockey senior du Québec. Les équipes les plus connues qui formeront cette ligue furent les Royaux de Montréal, les As de Québec et, bien sûr, les Senators. À cette époque, un club nommé le Canadien Senior avec un certain Maurice Richard évoluait dans cette ligue. Richard et son équipe furent d'ailleurs défaits par les Senators en demi-finale de la ligue.

À noter, si vous ne le savez pas, que les équipes seniors étaient pour la plupart la propriété d'usines où les joueurs travaillaient à temps partiel tout en pouvant jouer au hockey. D'ailleurs, les As de Québec furent fondé par la Anglo-Canadian Pulp and Paper et le nom ACES était un acronyme pour Anglo-Canadian Employees. Le nom fut francisé par la suite...

C'est en 1942 à sa deuxième saison dans la ligue que les Senators changent de nom et deviennent les Commandos. La saison précédente, les Senators s'était d'ailleurs inclinés contre les As de Québec lors de la finale de la Coupe Alexander remis au champion de la ligue. Le nom Commando était sensé faire une allusion plus directe de l'effort de Guerre du Canada, chose normale quand on représente la capitale du Canada, même si on évolue dans une ligue senior. D'ailleurs, l'équipe était dirigée par les Forces armées et comprenait des joueurs militaires, de là le nom. La saison 1942-43 fut donc la première saison de hockey depuis 1883 où aucune équipe de la capitale fédérale ne porta le nom Senators...

Les successeurs des Senators, les Commandos, qui portaient d'ailleurs le même uniforme avec un O à l'avant et les célèbres barres, répondaient bien de leur nouveau nom militaire. En 1942-43, à leur première saison, non seulement ils remportent la Coupe Alexander de la Ligue du Québec, mais également la Coupe Allan, célèbre trophée remis à la meilleure équipe senior au Canada. La raison de cette soudaine puissance était due à l'ajout de joueurs de la NHL enrôlés dans les Forces armées canadiennes qui évoluaient avec cette équipe ce qui fit le bonheur des équipes de la NHL.

Des joueurs comme Kenny Reardon (à droite sur la photo suivante) et Joe Cooper des Blackhawks (à gauche) étaient parmi les joueurs puissants formant les Commandos. Le trio le plus redoutable de l'équipe en fut un formé de trois joueurs des Rangers : Mac Colville, Alex Shibicky et Neil Colville. Le gardien était Jim "Sugar" Henry, alors alligné avec les Rangers de New York et qui deviendra le gardien numéro un des Bruins dans les années 50. Vous comprenez maintenant pourquoi cette équipe fut si puissante...



L'année précédente, ce fut une autre équipe militaire d'Ottawa, les Flyers de l'aviation canadienne, qui remportèrent le même trophée. En passant, ces même Flyers sont ceux qui représenteront le Canada aux Jeux Olympiques de 1948. Durant la Guerre, cette équipe était redoutable car elle possédait également de très bons joueurs de la NHL étant enrôlés, notamment la célèbre Kraut Line des Bruins de Boston... Ces trois joueurs, Milt Schmidt, Woody Dumart et Bobby Bauer étaient considérés à cette époque comme les meilleurs joueurs de hockey au monde et leur départ pour l'armée a coûté très cher aux Bruins de Boston...


Après deux autres saisons assez satisfaisantes et la guerre terminée, les Commandos redevient une équipe civile, les joueurs retournent dans la NHL et l'équipe reprend alors le nom Senators avec une nouvelle direction. Deux ans plus tard, l'équipe était encore au sommet du hockey senior canadien, remportant la Coupe Allan successivement en 1948 et en 1949. À cette époque, l'équipe était la propriété de Tommy Gorman, l'ancien directeur-général du Canadien. D'ailleurs, parlant du Canadien, ce dernier se portant propriétaire de la ligue senior du Québec au complet en 1953 afin de la rendre au titre de ligue professionnelle pour attirer Jean Béliveau à Montréal, il devint en quelque sorte gestionnaire des Senators d'Ottawa, son ancien rival...

(Les Senators de 1949)

En plein milieu de la saison 1954-55, après 27 matchs, les Senators cessèrent leur activités en plein milieu de la saison. Tommy Gorman justifia cette décision en raison de la perte de revenus en raison de l'apparition de la télévision et de la désaffection des fans des arénas en faveur de leur télévision...

C'en était fini des Senators jusqu'au retour de l'équipe dans la NHL en 1992...

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Et tant qu'à parler de Commando, pourquoi pas se tapper la chanson des Ramones...