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mercredi 19 mai 2021

Un chandail étrange du CH



Avec mes collègues de LVEUP on s'échange souvent des liens d'articles sur Marketplace, souvent des absurdités comme des cartes Pro Set de Wayne Gretzky à 500$ ou d'autres articles plus rares et intéressants, comme par exemple cette carte postale trouvée par mon collègue Kirk McLean...


On y voit le chandail du CH évoluant avec les décennies. Rien de très extraordinaire à part le fait qu'il en manque quelques-uns (dont plusieurs très méconnus) mais le chandail "barberpole" en bas à gauche nous causait problème par l'étrange logo qu'on y retrouve. C'est aussi autographié par un certain #39 dont j'ignore l'identité.

En fait, les trois logos de cette période 1909-1914 semble être imparfaits. La feuille d'érable du premier en haut à gauche semble inexacte alors que l'originale aurait été moins bien définie tandis que le "C" blanc du premier chandail de 1909-10 semble être d'un style de caractère différent de l'original.

Mais rien d'aussi inexact que la forme étrange du logo du barberpole, ce "CAC" (pour Club Athlétique Canadien) dans cette espèce de forme euh... octogonale concave convexe...imparfaite? On dirait en fait une étoile mal dessinée. Je suis moi-même assez féru de l'histoire du chandail du CH et je dois avouer ne jamais avoir vu cette version du logo nulle part auparavant, alors qu'en réalité, il s'agissait plutôt d'une feuille d'érable qui ornait le "CAC".


Des vieux amis...



Comme vous pouvez voir, mis à part la théorie un peu farfelue qu'il aurait existé deux versions différentes de ce chandail en 1912-13, il y a vraiment erreur sur la carte postale. On peut cependant leur pardonner aisément car il existe très peu de photographies réelles de cette seule saison où le barberpole fut porté et cette carte postale semble avoir été produite vers l'an 2000, avant toutes ces célébrations du centenaire et donc bien avant toutes ces nouvelles informations accessibles au grand public avec l'internet qui s'est développé depuis.

Si je dis que c'est autour de l'an 2000, c'est par déduction avec ces autres photographies mises en vente par le même vendeur:


Ce numéro 39 serait alors soit Frédéric Chabot (en 98-99) Reid Simpson ou... Johan Witehall. C'était de belles années...

Je pensais alors qu'il ne s'agissait que d'une simple erreur du concepteur qui n'avait pas accès à une version exacte du logo de 1912-13 et qui a probablement travaillé avec une vague description. Je pensais donc mettre ça de côté et je n'avais pas vraiment l'intention d'en parler davantage. 

Cependant sur un de mes groupes hockey rétro sur Facebook, un utilisateur du nom de Mathieu Sossoyan a récemment posté cette photo qu'il m'a donné la permission d'utiliser. Il s'agit d'une photo d'une de ses visites au musée McCord en 1997:




Hummm... Après avoir vu cette photo, j'ai comme remis en question mes suppositions. Serait-ce possible que le logo était réellement celui-ci? Mais en regardant davantage, je trouvais que ces chandails avaient l'air en trop bonne condition et qu'ils se devaient être des répliques. De vrais chandails de l'époque existent au temple de la renommée et sont pas mal plus usés.

Mathieu m'a ensuite envoyé cet extrait du pamphlet de cette exposition de l'époque, ce qui confirme que ce sont bel et bien des répliques qu'on retrouvait dans cette exposition. Remarquez les mêmes petites différences pour les autres chandails qu'on retrouvait sur la carte postale.


Il m'a ensuite mis sur une autre piste, soit que la compagnie CCM ait aussi fabriqué des répliques semblables exclusives pour les restaurants la Cage aux Sports dans les années 90. Il possède d'ailleurs un de ces chandails qu'il s'est procuré sur eBay et me l'a ensuite gracieusement montré en me donnant la permission de vous le partager:


On voit avec le collet et le lettrage du logo que c'est exactement le même que sur la carte postale. Peut-être d'ailleurs que cette carte postale provient de la Cage aux Sports? Ça faudrait que je l'achète pour en savoir davantage...

Donc très étrange tout ça. Est-ce qu'on a assisté à une correction historique depuis les années 90 et ce logo a été retiré depuis? Ou bien existait-t'il vraiment une deuxième version en 1912-13? La seule vraie photo que j'ai réussi à trouver de l'époque est celle que vous voyez plus haut, aucune autre ne semble exister, du moins sur les internets.

Si quelqu'un d’entre vous à une réponse ou une autre piste tenez-moi au courant!

samedi 28 décembre 2019

La saison 1919-20 des Bulldogs de Québec - Match #1





Il y a exactement 100 ans, le Club Athlétique de Québec ou Club de Hockey de Québec ou plus communément les Bulldogs firent finalement leur apparition dans la LNH lors de la saison 1919-1920. Originalement fondés en 1880, ils furent membres de plusieurs ligues amateures au cours des années et furent éventuellement admis dans l’ancêtre de la LNH, la NHA (National Hockey Association) en 1910. Portés par le légendaire Joe Malone, les Bulldogs remportèrent 2 coupes Stanley dans la NHA soit en 1912 et 1913 et furent un des 4 clubs fondateurs de la LNH après la dissolution de la NHA en 1917. 




Cependant les Bulldogs n'avaient pas les fonds nécessaires et ne purent mettre un club sur la glace pour la saison inaugurale de la LNH en 1917-18 ni pour la saison suivante. La ligue dut donc débuter ses activités avec seulement 3 équipes suite au retrait des Bulldogs et des Wanderers de Montréal qui durent suspendre leurs activités après que leur aréna ait brûlé en janvier 1918.

Les Bulldogs purent donc finalement entrer en scène en décembre 1919 mais cette première (et seule) saison fut extrêmement difficile alors que l'équipe établit plusieurs records de médiocrité dont certains sont toujours en place. Après cette seule saison, la ligue en eut assez. Elle prit contrôle de l'équipe et la vendit à d'autres investisseurs qui la déménagèrent à Hamilton pour la saison 1920-21.

Donc pour célébrer les 100 ans de cette équipe défunte, je commence ici une nouvelle série commémorative retraçant la misérable saison 1919-20 des Bulldogs de Québec. Nous allons tenter d'analyser chacun des 24 matchs de cette saison (je dis bien tenter) selon les archives de journaux que j'aurai réussi à dénicher et les statistiques officielles du site de la LNH.

Le premier match de la saison eut lieu la veille de Noël soit le 24 décembre 1919 contre les Canadiens. Vous excuserez un peu mon retard car je prévoyais publier cet article exactement 100 ans plus tard mais mes plans de Noël ont un peu chamboulé mon horaire et j'avais carrément oublié cette date... Mais mieux vaux tard que jamais alors revoici pour vous le premier match des "Bouledogues'' de la saison 1919-20.


La Patrie, 26 décembre 1919



Québec. Le Canadien, champion de la National Hockey League, détenteur de la Coupe Stanley et champion du monde, a débuté d'une façon brillante, hier soir, sur la glace locale lorsqu'il a triomphé de l'équipe Québec par le score de 12 à 5. Établissant une avance de six points, dont cinq dans la première manche et tenant les Bouledogues à leur complète merci pendant ce temps, les Habitants n'ont jamais, à proprement parler, été en grand danger. Ils ont toujours mené par une marge de trois points au moins et, malgré les héroïques efforts des joueurs de Mike Quinn, l'équipe de Georges Kennedy a tenu constamment le haut du pavé.

Bien que victime d'un score élevé et inégal, le Québec s'est défendu avec vaillance et les 4500 personnes qui se trouvaient à l’aréna ont pu constater que leurs favoris auraient leur mot à dire dans la question du championnat cet hiver. Du reste, les Bouledogues n'avaient que sept équipiers en uniforme, et cette pénurie de joueurs leur causa un sérieux handicap. Les Canadiens prirent leurs adversaires par surprise en comptant cinq points dans la première période. Lalonde, le capitaine de l'équipe montréalaise, en mit trois à son crédit, les deux autres allant à Corbeau et à McNamara, joueurs de défense. Quelques-uns de ces points furent, cependant de la nature des points chanceux, et le gardien des buts local, Brophy, eût-il dompté sa frayeur de débutant chez les professionnels, aurait pu sauver ses filets de deux ou trois ''goals''. 

Pour les locaux, le jeune Carey a joué une partie des plus brillantes. Il a compté deux points et un troisième a été compté grâce à son jeu. Son dernier point a été le résultat d'un jeu électrisant, et il dut éluder toute l'équipe du Tricolore, déjouer Vézina en contournant les buts, pour y loger la rondelle...

(restant du texte majoritairement illisible)


On retrouve rapidement une erreur dans le texte alors qu'ils mentionnent que les Canadiens sont les champions de la Coupe Stanley, ce qui est faux alors que la finale de 1919 entre les Canadiens et les Metropolitans de Seattle fut annulée en raison d'une épidémie de grippe espagnole. Un de leurs joueurs, Joe Hall (également un ex-Bulldog), fut d'ailleurs emporté par cette maladie (voir texte du 28 oct. 2009). La coupe de 1919 ne fut donc pas remise à aucun club.




Donc pour ce premier match, on eut droit à un festival offensif mais c'était tout de même chose courante à l'époque. Les Canadiens ont par exemple connu trois autres matchs de plus de 10 buts durant cette saison de 24 matchs et deux fois ils en auront également accordé plus de 10. Vous verrez cependant au cours de cette série que ce fut plus fréquent pour les Bulldogs.

George Carey
Donc durant ce match offensif, deux joueurs du Canadiens marquèrent un tour du Chapeau soit Newsy Lalonde et Bert Corbeau. Joe Malone marqua un but pour les Bulldogs et on parla avantageusement d'un certain George Carey. Ce dernier avait joué quelques matchs avec les Bulldogs durant la saison 1916-17 quand l'équipe était toujours dans la NHA et faisait aussi partie de l'équipe championne de 1912. Mais on ne retrouve pas d'autres statistiques entre cette 1916-17 et 1919-20. Il fut un des meilleurs joueurs des Bulldogs durant cette saison avec 11 buts et 9 passes et il suivra l'équipe à Hamilton. 

D'autre part on parle également dans l'article du gardien des Bulldogs Frank Brophy qui aurait été faible dû à son inexpérience chez les professionnels. Ce pauvre Brophy ne jouera que durant cette seule saison chez les pros et mourra très jeune à 33 ans d'une crise cardiaque. On raconte que sa santé était fragile depuis qu'il aurait reçu un tir à la poitrine du joueur des Canadiens Didier Pitre. J'ignore cependant s'il s'agissait de ce match. Dans un autre article de ''The Gazette'' sur ce même match, on parle également de ''Stage fright'' dans le cas de Brophy. On y mentionne également le bon match de Carey.




Quoiqu'il en soit c'était un bien mauvais départ pour les Bulldogs qui en plus de Brophy, n'avaient pas beaucoup de joueurs vedettes à l'exception de Malone. Ils avaient toutefois dans leurs rangs plusieurs joueurs champions de 1912 et 1913 encore en poste soit Malone, Carey, Jack McDonald et Harry Mummery. Un des problèmes apparents fut qu'ils ne purent jouer ce match qu'avec 6 patineurs en plus du gardien contrairement à 8 du côté de Montréal. J'ignore cependant pourquoi ils leur manquèrent ces joueurs.

Voici pour terminer l'alignement et les statistiques des Bulldogs après ce match:












On se revoit bientôt pour le 2e match!

Sources:


lundi 1 mai 2017

George Prodgers



George Prodgers a eu un parcours plutôt nomade. Pendant cette période, le professionnalisme était encore jeune et fragmenté. Plusieurs équipes dans plusieurs ligues cherchaient à s'accaparer les joueurs les plus talentueux. Ceux qui étaient prêts à écouter les offres pouvaient donc aller d’un endroit à l’autre. Le fait que la durée de vie de certaines équipes pouvait être courte aidait aussi à faire des joueurs des globe-trotteurs.

Prodgers est originaire de London. En 1911, il fit ses débuts avec les Colts de Waterloo de l’OPHL (Ontario Professional Hockey League), une ligue de quatre équipes qui en était à sa quatrième année.

Les Colts se rendirent en finale de la ligue avant de s’incliner devant les Professionnals de Galt.

L’année suivante, il se laissa convaincre de joindre les Bulldogs de Québec de la NHA (National Hockey Association). Il fut l’un des nombreux joueurs à quitter l’OPHL. Plusieurs autres prirent le chemin de l’ouest vers la PCHA (Pacific Coast Hockey Association), ou de l’est, vers la MPHL (Maritime Professional Hockey League). En bout de ligne, l’OPHL s’effondra.

Prodgers connut un lent début, mais le joueur de centre s’est finalement acclimaté à sa nouvelle équipe et Québec connut du succès. Menés par Joe Malone, les Bulldogs finirent en tête de la NHA, avant d’affronter les champions de la MPHL, les Victorias de Moncton. (Ceux-ci étaient essentiellement composés de la défunte équipe de Galt de l’OPHL, que Moncton avait presque entièrement dépouillé.) Québec remporta les deux matchs et par le fait même, la Coupe Stanley.

Toujours sous contrat, Prodgers semblait en voie de s’installer à Québec, puisqu’il y avait passé l’été à travailler chez un armurier et à jouer au baseball. Par contre, la rivalité entre les différentes ligues reprit de plus belle. Lorsque les Wanderers de Montréal firent signer un contrat Harry Hyland, le meilleur buteur de la PCHA et toujours sous contrat, la guerre éclata. La PCHA, qui l’avait d’ailleurs déjà fait, se mit à solliciter activement les joueurs de la NHA. Pour 2500$, Prodgers accepta donc de renier sa signature sur le contrat qu’il avait signé avec Québec. Il prit plutôt le chemin de Victoria, pour s’aligner avec les Aristocrats.

Après une saison frustrante sur la côte ouest, Prodgers décida de revenir à Québec en 1913-14. Mais encore une fois, ce fut de courte durée. Il demanda à être transféré aux Wanderers, où il passa la saison 1914-15.

La saison qui suivit, Prodgers demeura à Montréal, mais il changea à nouveau d’adresse lorsqu’il se retrouva avec les Canadiens.

Avec une fiche de 16-7-1, ils terminèrent en tête de la NHA et remportèrent leur première Coupe O’Brien. Ils jouèrent alors pour la Coupe Stanley, en affrontant les Rosebuds de Portland de la PCHA. Prodgers fut peu utilisé, mais il marqua à 8:15 de la troisième période le but gagnant du cinquième et décisif match. Les Canadiens remportèrent ainsi la première Coupe de leur histoire.

Du même coup, Prodgers devint le premier et le seul à ce jour à remporter la Coupe Stanley avec Québec et avec Montréal. (Joe Malone l’a remporté en 1912 et 1913 avec les Bulldogs. Il faisait aussi partie des Canadiens en 1923-24, mais comme il n’a pas joué durant les séries, son nom n’apparaît pas sur la Coupe.)

Prodgers changea alors à nouveau d’adresse. La guerre faisait rage et il s’enrôla. Il se retrouva ainsi à Toronto, avec le 228e bataillon. Il y fut le temps que dura l’aventure, se classant comme deuxième meilleur compteur de l’équipe, avant d’aller combattre en Europe.

À son retour de la guerre, ses droits furent assignés à Québec, mais il refusa de s’y rapporter. Il fut alors échangé à Montréal, qui le refila presque immédiatement aux St.Patricks de Toronto, avec qui il joua la saison 1919-20.

C’est finalement en 1920-21 qu’il se stabilisa un peu, lorsqu’il fut échangé aux faibles Tigers d'Hamilton, où il retrouva Joe Malone. Il y passa cinq saisons, où il alterna entre l’avant et la défense.

Lorsque le club prit le chemin de New York en 1925, pour devenir les Americans, Prodgers préféra prendre sa retraite.

Il retourna alors dans sa ville natale de London, pour devenir entraîneur du club de la nouvelle CPHL (Canadian Professional Hockey League). L’aventure dura deux ans. Il géra également l’aréna local.

Celui qu’on surnommait « Goldie » est décédé d’un arrêt cardiaque en 1935, à l’âge de 44 ans.


Sources :

Durand, Marc, La Coupe à Québec, Les Bulldogs et la naissance du hockey, Éditions Sylvain Harvey, 2012, p.80 à 103,

« Le Canadien est enfin champion du monde », 31 mars 1916, Le Canada, p.2, « George Prodgers Dead », CP, 26 octobre 1935, Montreal Gazette, p.18, hhof.com, londonsportshalloffame.com, wikipedia.org.

lundi 9 novembre 2015

Le 228e bataillon de Toronto



En 1914-15, les Shamrocks de Toronto de la NHA (National Hockey Association) appartenaient au controversé propriétaire Eddie Livingstone. Celui-ci avait habitude de se quereller avec tout un chacun et n’était pas particulièrement apprécié de ses pairs.

Avant la saison 1915-16, Livingstone acheta la deuxième équipe de Toronto, les Blueshirts. Comme la ligue ne voulait pas qu’un individu détienne deux équipes, Livingstone accepta de vendre les Shamrocks. Toutefois, Frank et Lester Patrick engagèrent plusieurs des joueurs des Blueshirts pour la Pacific Coast Hockey Association. (voir texte du 8 octobre 2012) Ils agirent ainsi en représailles de ce qu’ils jugeaient être un non-respect d’une entente qu’ils avaient avec la NHA.

En manque de joueurs, Livingstone rassembla ceux qu’il lui restait chez les Blueshirts. La franchise des Shamrocks devint inactive et la ligue y vit une opportunité pour la saisir.



En 1916-17, devant la difficulté de recruter suffisamment de joueurs qui n’étaient pas mobilisés dans l’armée alors que la guerre faisait rage en Europe, la ligue offrit la franchise des Shamrocks au 228e bataillon.

Les Northern Fusiliers avaient parmi leurs effectifs des joueurs qui avaient joué au niveau professionnel et prirent ainsi part aux activités de la ligue. Vêtue de khaki, l’équipe fut très populaire et attira les foules. Elle eut également un certain succès sur la glace.

En février 1917, la réalité rattrapa le hockey. Le bataillon fut appelé à traverser l’Atlantique. Il se retira donc de la NHA après 12 matchs. Pour éviter de se retrouver avec un nombre impair d’équipes (ce qui était pourtant le cas l’année précédente), on profita de l’occasion pour se débarrasser de l’autre équipe de Livingstone.

Le calendrier dut être réorganisé pour la deuxième moitié de saison, qui se déroula sans aucune équipe à Toronto.

La NHA exigea d’être dédommagée par le bataillon, suite à son retrait. La ligue voulait encaisser le dépôt de 3000$ qu’il lui avait laissé. Elle dut finalement y renoncer.

Les choses prirent une tournure encore plus particulière lorsque l'attaquant vedette du bataillon, l’ex-Bulldog de Québec Eddie Oatman, et le défenseur Gordon Meeking obtinrent leur libération de l’armée avant que le bataillon ne s’embarque pour l’Europe.

Les deux joueurs commencèrent par affirmer qu’ils n’avaient été recrutés que pour jouer au hockey. Par contre, porter l’uniforme sans faire partie de l’armée contrevient à la loi.

Oatman affirma alors qu’il s’était enrôlé comme soldat pour faire comme de nombreux de ses compatriotes, soit aller se battre sous les drapeaux. Il affirma également qu’il avait signé un contrat avec le bataillon et que sa libération lui causait une perte financière.

Meeking alla finalement sur les champs de bataille. Oatman retourna dans la PCHA.

Du point de vue hockey, les champions de la première moitié, les Canadiens, affrontèrent les champions de la deuxième, les Senators. Montréal remporta la Coupe O’Brien (voir texte du 23 septembre 2013), avant de s’incliner devant les Metropolitans de Seattle de la PCHA pour la Coupe Stanley.

L’année suivante, la NHA fut dissoute pour se débarrasser de Livingstone. On forma alors la LNH sans lui.

Sources: “Probable resignation of 228th and move to exclude Torontos causes tense situation N.H.A.”, Ottawa Citizen, 10 février 1917, p.8, “N.H.A. demands bonds from 228th team”, Ottawa Citizen, 13 février 1917, p.8, “Robinson declares 228th put it over”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Gordon Meeking also let out by Batallion”, Ottawa Citizen, 20 février 1917, p.6, “Oatman’s revelation may cause another upheaval in National Hockey Assn.” Ottawa Citizen, 20 février 1917, “228th Battalion discharges Eddie Oatman”, The Porcupine Advance, 28 février 1917, p.2, wikipedia.org.

samedi 23 mai 2015

Les Capitaines : Toronto




Pour faire une histoire courte, on peut diviser l'histoire des Maple Leafs en trois périodes:

1. Les années Pré-Maple Leafs où l'équipe changea de ligue, de propriétaire et de noms à maintes reprises.
2. Les années glorieuses de Conn Smythe jusqu'à la dynastie des années 60.
3. Les années post-1967, où jusqu'à maintenant les Leafs sont incapables de demeurer compétitifs et de regagner la Coupe Stanley et où leurs capitaines ont souvent beaucoup de problèmes...

Les débuts de l'équipe furent nébuleux et l'histoire de l'équipe est difficile à retracer jusqu'à ce qu'ils changent de nom pour les Maple Leafs en 1927. Je n'ai pas réussi à trouver tous les capitaines durant les années où l'équipe se nommait les Blueshirts, les Arenas, le Toronto Hockey Club et les St.Patricks. En théorie les Blueshirts ne devraient pas faire partie de leur histoire alors que l'équipe fut dissoute suite à une révolte des autres propriétaires contre celui de Toronto, Eddie Livingstone en 1917. Ils décidèrent de créer une nouvelle ligue sans Livingstone et ses Blueshirts et c'est ainsi que la LNH fut créée. Ne voulant pas délaisser le marché de Toronto, un nouveau club débuta toutefois dans la ville reine pour les débuts de la LNH et les joueurs des Blueshirts se joignirent au nouveau club de Toronto qui ne portait pas de nom officiel durant cette première saison. Les fans et la presse les applelaient toujours les "Blueshirts" ou bien les "Torontos"... C'est pourquoi pour ma part je décide de considérer les Blueshirts de la NHA comme étant partie intégrante de l'histoire compliquée des Maple Leafs.

L'équipe mit toutefois du temps à se mettre en marche et de nombreux problèmes financiers menaçaient la survie de l'équipe qui gagna toutefois 2 coupes Stanley durant cette période. C'est en 1927 que les choses changèrent pour les Leafs alors que Conn Smythe fit l'aquisition de l'équipe et la renomma les Maple Leafs. Depuis ce temps, les Leafs sont une des équipes les plus riches de la ligue (sinon la plus riche) et malgré les années difficiles, les capitaines des Maple Leafs demeurent en poste plus longtemps que la plupart des autres équipes de la ligue.

Voici les capitaines des Leafs... et St.Pats/Arenas/THC/Torontos/Blueshirts



1. Scotty Davidson 1913-14 (Blueshirts)
Le premier capitaine de la franchise que j'ai retracé fut Davidson, un des meilleurs ailiers de son époque. Il s'était joint à l'équipe en 1912 et devint un des meilleurs marqueurs de la ligue. Il mena l'équipe à sa première coupe Stanley en 1914, suite à quoi il s'enrôlât dans l'armée canadienne, devenant le premier joueur de hockey professionnel à s'enrôler. Il mourut en Belgique en 1915 lors de la première guerre mondiale. Il fut introduit au temple de la renommée en 1950.

2. Ken Randall 1917-18
Le premier capitaine de la "nouvelle" franchise de Toronto, Randall les mena d'ailleurs à la conquête de la Coupe lors de cette première saison. Il jouait avec l'équipe depuis 1915 mais avait auparavant joué 2 matchs avec eux en 1912. Il joua avec l'équipe jusqu'en 1923 mais ne fut capitaine que pour cette seule saison. Il joua aussi pour les Wanderers, les Tigers et les Americans.

3. Frank Heffernan 1919-20 (St-Pats)
Heffernan était membre de l'équipe des St. Pats de la ligue sénior lorsque leurs dirigeants firent l'acquisition de la franchise de Toronto. Il fut désigné comme nouveau joeur-entraineur de l'équipe et fut également nommé capitaine. Un choix étrange alors qu'il n'avait jamais joué dans la ligue auparavant. Il n'avait auparavant joué que dans des ligues sénior du Canada et des États-Unis. La saison 1919-20 fut toutefois sa dernière comme joueur et comme entraineur alors qu'il fut remplacé à la mi-saison.

4. Reg Noble 1921-22
Noble a la distinction d'avoir joué pour 3 incarnations différentes de deux franchises. Il joua en effet pour les Blueshirts, Arenas et St.Paticks de Toronto ainsi que pour les Cougars, Falcons et Red Wings de Détroit. Il fut le capitaine des St-Pats durant la conquête de 1922. Il est membre du temple de la renommée depuis 1962 et a aussi la distinction d'avoir été le dernier joueur actif de la saison inaugurale de la LNH et le dernier joueur actif des années 10.

5. John Ross Roach 1924-25
Un des sept gardiens de l'histoire de la ligue a avoir été nommé capitaine, Roach débuta dans la ligue avec les St.Pats en 1921-22, année où il remportèrent la coupe. Il joua avec Toronto jusqu'en 1928 et ensuite avec les Rangers et les Red Wings jusqu'à sa retraite en 1935.

6. Bert Corbeau 1925-1927
Cet ancien du Canadien est le premier joueur à avoir joué pour Montréal et les Maple Leafs. Il joua sa dernière saison en 1926-27, soit la première saison où l'équipe changea de nom pour les Maple Leafs. Il est donc le premier capitaine des Maple Leafs. Ancien texte de Martin ici.

7. Hap Day 1927-1937
Day succéda à Corbeau lorsque Conn Smythe acheta l'équipe. Il devint un des meilleurs défenseurs de la ligue lorsqu'il fut jumelé avec King Clancy en 1931. Il mena l'équipe à la conquête de la coupe en 1932, la première sous le nom des Maple Leafs. Il joua à Toronto jusqu'en 1937 et joua une dernière saison avec les Americans de New York en 1937-38. Il est au deuxième rang pour la longévité comme capitaine des Maple Leafs avec 11 saisons. Il revint à Toronto comme entraineur en 1940 et remporta 5 autres coupes comme entraineur. Il fut nommé au temple de la renommée en 1961.

8. Charlie Conacher 1937-1938
Conacher se joignit aux Maple Leafs en 1929 et devint une superstar au sein de la "Kid Line" en compagnie de Joe Primeau et Harvey Jackson. Il mena la ligue pour les buts à 5 reprises durant son séjour à Toronto et fut un des meilleurs joueurs des années 30. Il succéda à Hap Day en 1937 mais après une saison écourtée par les blessures, il fut vendu aux Red Wings. Il joua une saison à Detroit et 2 autres avec les Americans avant de prendre sa retraite en 1941 à l'âge de 30 ans. Il est membre du temple de la renommée depuis 1961.

9. Red Horner 1938-1940
Membre de la brigade défensive des Maple Leafs depuis 1928, Horner succéda à Conacher pour les deux dernières saisons de sa carrière. Malgré son talent limité, il fut nommé au temple en 1965, décision controversée à l'époque car il joua dans l'ombre des légendes de Hap Day et King Clancy. Il était toutefois un joueur robuste qui a détenu le record pour les minutes de pénalité en carrière jusqu'à la fin des années 50.

10. Syl Apps 1940-1943, 1945-1948
Apps remporta le premier trophée Calder en 1937 et joua tout sa carrière de 10 saisons avec les Maple Leafs. Il fut nommé capitaine en 1940 et garda le titre jusqu'à sa retraite en 1948, à l'exception des saisons 1943-44 et 1944-45 alors qu'il partit combattre dans l'armée pour les deux dernières années de la guerre. Il gagna en tout 3 coupes Stanley avec les Leafs, toutes en tant que capitaine. Membre du temple de la renommée depuis 1961. Ancien texte de Martin ici.

11. Bob Davidson 1943-1945
Davidson joua également toute sa carrière avec les Maple Leafs (de 1934 à 1946) et c'est lui qui assuma le titre de capitaine durant l'absence de Syl Apps. Durant son règne, il mena l'équipe à la conquête de la coupe en 1945 avant de remettre le "C" à Apps en 1945-46. Il prit sa retraite à la suite de cette saison. Il devint ensuite un excellent recruteur pour les Leafs et est reconnu comme un des bâtisseurs des équipes championnes des années 60.

12. Ted Kennedy 1948-1955, 1957
Un des meilleurs joueurs de l'histoire des Maple Leafs, il fut membre de l'équipe durant toute sa carrière qui s'étendit de 1943 à 1957. Il remporta 5 coupes avec Toronto dont 3 en tant que capitaine. Il devint par ailleurs le premier joueur à remporter le trophée 5 fois. Il prit sa retraite en 1955 mais revint jouer une dernière demi-saison en 1957 durant laquelle il partagea le "C" avec Jimmy Thomson. Il fut introduit au temple de la renommée en 1966. Ancien texte de Martin ici.

13. Sid Smith 1955-1956
Membre de l'équipe durant 12 saisons, Smith succéda à Kennedy pour la saison 1955-56. Il gagna 3 coupes avec les Leafs ainsi que 2 trophées Lady Bing.

14. Jimmy Thomson 1956-1957
Thomson était membre de l'équipe depuis 1945 et fut nommé nouveau capitaine à la place de Smith pour la saison 1956-57 qu'il partagea éventuellement avec Kennedy. Ce fut toutefois sa dernière saison avec les Leafs alors que Conn Smythe le renvoya de l'équipe suite à son implication dans la création d'une association des joueurs avec Ted Lindsay des Red Wings. Il fut éventuellement vendu aux Black Hawks avec qui il termina sa carrière après une saison. Ancien texte de Keithacton ici.

15. George Armstrong 1957-1969
Meneur pour le nombre de matchs joués avec l'équipe (1187) et aussi pour le nombre de saisons comme capitaine (13). Il fut le capitaine lors des 4 dernières coupes Stanley de l'histoire de l'équipe et est considéré comme le meilleur capitaine de leur histoire également. Il annonça sa retraite en 1969 mais revint au jeu deux semaines plus tard. Il dut toutefois abandonner le "C" suite à cette fausse retraite et joua jusqu'en 1971.  Membre du temple de la renommée depuis 1975.

16. Dave Keon 1969-1975
Un des plus rapides patineurs et un des meilleurs attaquants défensifs de son époque, Keon joua 15 saisons à Toronto et succéda à Armstrong en 1969. Mais len 1975, le terrible Harold Ballard s'en prit à son capitaine, l'accusant de manque de leadership. Une saga contractuelle s'ensuivit et incapable de signer avec une autre équipe, Keon fit le saut dans l'AMH avec les Fighting Saints du Minnesota. Il joua par la suite pour les Racers d'Indianapolis et les Whalers de la Nouvelle-Angleterre avant de faire un retour dans la LNH avec les Whalers en 1979. Il se retira après la saison 81-82 en tant que capitaine des Whalers. Ancien texte de Martin ici.

17. Darryl Sittler 1975-1979, 1980-1982
La grande vedette offensive de l'équipe durant les années 70, Sittler détient le record pour le nombre de points dans un match avec 10, exploit qu'il accomplit en 1976. Comme Keon, sa relation avec Ballard se détériora au fil des années et après que l'équipe eut échangé son coéquipier et ami Lanny McDonald, Sittler arracha lui-même le "C" de son chandail en disant que le capitaine devait être le lien entre la direction et les joueurs et qu'il n'avait plus aucune communication avec la direction. Les deux partis firent la paix pour la saison suivante et il retrouva le "C". Ce ne fut que de courte durée et Sittler exigea d'être échangé durant la saison 1981-82. Il joua ensuite pour les Flyers et les Red Wings jusqu'en 1985.

18. Rick Vaive 1982-1986
Acquis des Canucks en 1980, Vaive était une des seules vedettes offensives de l'équipe durant les années 80. Il est d'ailleurs le premier de l'histoire de l'équipe à avoir marqué 50 buts en une saison, chose qu'il accomplit à 3 reprises. Après le départ de Sittler, Borje Salming refusa d'assumer le rôle de capitaine. C'est donc Vaive qui en hérita à l'âge de 22 ans. Il ne réussit toutefois pas à assumer le rôle correctement et avait tendance à faire un peu trop la fête. Après avoir manqué une pratique en 1986, il se fit retirer le "C" et il fut échangé aux Blackhawks la saison suivante.

19. Rob Ramage 1989-1991
Après 3 saisons sans capitaine, l'équipe moribonde des Leafs nomma Ramage, fraichement arrivé de l'équipe championne des Flames de Calgary, comme nouveau capitaine. Il est le seul de leur histoire à recevoir le "C" avant d'avoir joué un match avec l'équipe. Il joua deux saisons à Toronto avant d'être laissé sans protection durant le repêchage d'expansion spécial de 1991 où il fut réclamé par les North Stars. Il gagna plus tard une autre coupe avec les Canadiens en 1993. Il fut aussi capitaine des Rockies et capitaine par intérim des Blues.

20. Wendel Clark 1991-1994
Clark était le coeur et l'âme de l'équipe durant presque une décennie. Sa fougue et sa combativité en firent une légende à Toronto. Sa carrière fut toutefois marquée par de nombreuses blessures et l'équipe décida d'échanger son capitaine aux Nordiques en 1994 contre Mats Sundin. Il joua ensuite pour les Islanders, Red Wings, Lightning et Blackhawks en plus de faire deux autre retours à Toronto.

21. Doug Gilmour 1994-1997
En dispute contractuelle avec les Flames, Gilmour demanda d'être échangé au jour de l'an 1992. Il fit donc partie du plus gros échange de l'histoire où 10 joueurs changèrent d'adresse. Cet échange fut un point tournant pour les Leafs qui sortirent enfin de la médiocrité peu après. Les séries de 1993 sont restés mémorables pour les fans des Leafs malgré la défaire en finale d'association contre les Kings. Mais les Leafs étant ce qu'ils sont, ils retombèrent graduellement dans les bas-fonds et Gilmour fut sacrifié à son tour en 1997 en étant échangé aux Devils. Comme Clark, il revint faire un dernier tour de piste à Toronto en 2003 mais après un seul match, il se blessa et rata le reste de sa dernière saison.

22. Mats Sundin 1997-2008
Obtenu en retour de Clark, Sundin succéda à Gilmour en 1997 et porta le "C" pour 11 saisons, un record pour un joueur européen dans la LNH. Il détient les principaux records offensifs de l'équipe et est aussi le meneur pour les buts et les points pour les joueurs Suédois. Il fut nommé au temple de la renommée en 2012. Son règne avec les Maple Leafs se termina toutefois de triste façon alors qu'il joua au yo-yo avec la direction et les fans en refusant d'être échangé et en signant avec les Canucks à l'été 2008.

23. Dion Phaneuf 2010-
Après deux saisons sans capitaine, les Leafs nommèrent Phaneuf comme successeur à Sundin.  Le défenseur a perdu beaucoup de lustre depuis ses premières saisons avec les Flames et son avenir avec le club demeure incertain.


Sources:
wikipedia
Greatest Hockey Legends
hockeydb
http://hockeythenandnow.blogspot.ca/2012/03/st-patricks-hockey-team.html

mercredi 24 décembre 2014

Les Capitaines : Montréal




Joyeux Noël à tous, amateurs de puck!

Comme cadeau, j'ai décidé de reprendre mon projet des capitaines, projet que je laisse traîner sur le comptoir depuis quelques mois déjà. Si vous n'êtes par encore familier avec ce projet, voici les grandes lignes. J'ai préparé des montages photos de chacun des capitaines de chaque équipe de la LNH suivi d'une courte description de chacun d'entre eux. J'ai commencé par ordre alphabétique et donc après une pause de quelques mois je me suis décidé à reprendre ce projet complexe. Car voyez-vous je suis très perfectionniste et je n'inclus pas seulement les capitaines officiels mais aussi les capitaines par intérim, ceux qui portèrent le "C" durant une absence du principal intéressé. Il se passe donc que je découvre sans cesse des photos d'archives où de nouveaux porteurs du "C" refont surface donc j'ai constamment à refaire ces montages. Celui-ci du Canadien ne fut pas une exception et je voulais évidemment faire honneur à mon équipe et bien décrire chacun de ces capitaines. Et après le décès de M.Béliveau et l'honneur rendu à Saku Koivu, il m'a semblé que ça fittait de reprendre où j'avais laissé.

En fait, dans l'ordre alphabétique je suis plutôt rendu au Wild du Minnesota mais eux et leur stupide système d'alternance des capitaines pendant 10 ans m'ont incité à faire le Canadien à la place...

Voici donc les capitaines du CH.




1- Jack Laviolette 1910, 1911-12
Le premier capitaine mais également le premier entraineur et directeur général de l'équipe. Comme joueur, il occupait les positions de défenseur et d'ailier. Il céda le titre de capitaine à Newsy Lalonde à deux reprises et évolua avec l'équipe jusqu'en 1918 où un accident de voiture lui causa l'amputation d'un pied. Membre du temple de la renommée depuis 1962.

2- Newsy Lalonde 1910-11, 1912-13, 1916-22
Première vedette offensive du club et de la ligue, Lalonde était toutefois un joueur controversé et mercenaire, n'hésitant pas à faire la grève en cas d'impasse salariale.  Il compta toutefois 200 buts en 12 ans avec le club. Ses nombreuses grèves et séjours avec d'autres clubs ont cependant causé de l'instabilité au poste du capitaine, lui qui en a hérité 3 fois. Il fut cependant capitaine pour 6 saisons de suite à partir de 1916.

3- Jimmy Gardner 1913-15
Cet ancien joueur/entraineur des Wanderers s'amena à Montreal lors de la saison 1913-14. Il occupa également le rôle d'entraineur avec les Canadiens. Après la saison 1914-15 il exigea une augmentation de salaire pour l'ensemble de ses fonctions de joueur, entraineur et capitaine, ce que l'équipe refusa et il prit donc sa retraite.

4- Howard McNamara 1915-16
Ce défenseur qui jouait auparavant à Toronto s'est amené avec l'equipe pour la saison 1915-16 juste à temps pour la première conquète de la coupe de l'histoire du CH dont il sera le capitaine. Il quitta toutefois après la saison pour se joindre à l'armée. Il reviendra jouer une dernière saison avec Montreal en 1919-20.

5- Sprague Cleghorn 1922-25
Après avoir échangé Newsy Lalonde contre Aurèle Joliat au début de la saison 1922-23, l'équipe voulait nommer Le gardien Georges Vezina comme nouveau capitaine mais celui-ci refusa. Le titre alla donc à Cleghorn, un des joueurs les plus salauds de l'époque. Il menera le club à sa deuxième coupe Stanley en 1924 mais sera vendu aux Bruins la saison suivante.

6- Billy Coutu 1925-26
Le remplacant de Cleghorn fut son partenaire régulier à la défense, Billy Coutu, un autre joueur assez violent de l'époque. Il était avec l'équipe depuis 1916 mais ne sera capitaine qu'une saison, allant rejoindre Cleghorn à Boston la saison suivante, qui sera également sa dernière, étant banni à vie par la LNH. Ancien texte de Martin ici.

7- Sylvio Mantha 1926-32, 1933-36
Mantha s'amena avec l'équipe en 1923 en tant qu’attaquant mais fut converti rn défenseur pour remplacer Cleghorn et Coutu. Il sera le premier capitaine à remporter plus d'une Coupe Stanley pour Montréal en 1930 et 1931. Il fut renvoyé de l'équipe après la saison 1935-36 qu'il occupa comme joueur-entraineur.

8- Georges Hainsworth 1932-33
Le gérant Leo Dandurand décida de nommer le gardien Hainsworth comme capitaine à la place de Mantha. Hainsworth est un des meilleurs gardiens de la ligue à ce moment là et le digne successeur de Vezina, mort en 1927 de la tuberculose. Mais la saison 1932-33 en était une à oublier pour le tricolore et Hainsworth fut échangé aux Maple Leafs contre Lorne Chabot et Mantha retrouva le titre de capitaine.

9- Babe Siebert 1936-39
C'est encore une fois un défenseur qui herita du titre de capitaine après le départ de Mantha. Siebert était un des meilleurs à la position après y avoir été converti lorsqu'il jouait avec les Bruins. Il gagna le trophée Hart à sa première saison comme capitaine. Il prit sa retraite en 1939 et fut ensuite nommé entraineur de l'équipe mais ne sera jamais en poste car il mourut par noyade durant l'entre-saison. Ancien texte de Martin ici.

10- Walter Buswell 1939-40
Probablement le moins connu des capitaines du CH, Buswell fut nommé comme sucesseur à Siebert au premier match de la saison 1939-40, saison qui fut  également sa dernière dans la ligue. Il jouait à la défense avec les Canadiens depuis 1935 après avoir joué quelques saisons à Detroit.

11- Toe Blake 1940-1948
Blake avait remporté les trophées Hart et Art Ross en 1939-40 et fut le choix logique comme capitaine alors que l'équipe traversait une période difficile. Avec ses compagnons de la Punch Line, Maurice Richard et Elmer Lach, il mena le CH aux conquêtes de 1944 et 1946. Une fracture à la cheville mettra fin à sa carrière de joueur mais il reviendra en 1955 comme entraineur et remportera 8 autres coupes par la suite.

12- Bill Durnan 1948
Le gardien succeda à Blake pour le reste de la saison 1947-48 après la blessure de ce dernier. Il renonça toutefois au titre à la fin de la saison. La ligue profita également de l'occasion pour interdire dorénavant le titre de capitaine aux gardiens de buts. Durnan se retira du hockey en 1950 avec à son palmarès 6 trophées Vezina et 2 coupes Stanley. Aucun gardien ne sera capitaine dans la ligue jusqu'à ce que Roberto Luongo hérite du "C" avec les Canucks en 2009.

13- Emile "Butch" Bouchard 1948-1956
Premier capitaine francophone né au Québec dans l'histoire de l'équipe, Bouchard fut une des pièces maitresses de la relance des Canadiens dans les années 40. Il fut capitaine pendant 8 saisons, un record qui ne sera battu que par Jean Beliveau. Son numéro 3 fut finalement retiré par l'équipe en 2009.

14- Maurice Richard 1956-1960
Le Rocket succéda à Bouchard après la conquète de 1956 et mènera les siens à 4 autres Coupes Stanley subséquentes avant de prendre sa retraite en 1960. Tout a été dit et redit sur Maurice mais photo à l'appui, je crois savoir qu'il a également été co-capitaine avec Blake à une certaine époque dont j'ignore l'année.



15- Doug Harvey 1960-1961
Un des meilleurs défenseurs de l'époque et de tout les temps, Harvey fut capitaine pour seulement une saison, étant échangé aux Rangers en 1961. Il gagnera trois autres trophées Norris avec les Rangers. Il fut chassé de Montréal à cause de son implication dans la tentative de formation d'une association des joueurs. Son numéro 2 fut toutefois retiré par l'équipe en 1985.

16- Jean Béliveau 1961-1971
Encore une fois comment résumer ce grand capitaine en seulement quelques lignes? Quoique sa nomination comme capitaine ne fit pas que des heureux. Le grand Bernard Geoffrion croyait mériter le poste mais ce fut Belivrau qui fut choisi par ses coéquipiers. Homme de grande classe, le gros Bill offrit à Frank Selke de lui laisser le "C" mais ce dernier refusa. Il porta le "C" pour une durée record de 10 saisons.
 
17- Henri Richard 1971-1975
Le Pocket Rocket s'amena à Montréal en 1956 soit durant la première saison de son illustre frère comme capitaine. Et comme Maurice, Henri fut capitaine de l'équipe pour les 4 dernières saisons de sa carrière. Il remporta 11 coupes comme joueur, un record, et fut un modèle de constance, accumulant plus de 1000 points en plus de 1200 matchs.

18- Yvan Cournoyer 1975-1979
Le Roadrunner sera choisi par ses coéquipiers pour succéder à Richard. Et comme son prédécesseur, Cournoyer sera en poste pendant 4 saisons mais les blessures l'empêchèrent d'être présent à plusieurs reprises. Il manqua notamment toutes les séries de 1977 et joua seulement 15 matchs lors de la saison 1978-79. Il tira sa révérence après le camp de 1979. Comme joueur il remporta 10 coupes Stanley au total, une de moins que Henri Richard.

19- Serge Savard 1977, 1978-1981
Savard remplaça Cournoyer comme capitaine par intérim lors des séries de 1977 et lors de la saison 1978-79 où Cournoyer ne joua que 15 matchs. Il sera donc capitaine pour deux des quatres coupes Stanley de 1976 à 1979. Il prit sa retraite après la saison 1980-81 mais reviendra jouer 2 saisons avec les Jets de Winnipeg. Il reviendra par la suite à Montréal comme directeur général et remportera 2 autres coupes Stanley.

20- Bob Gainey 1981-1989
Quadruple gagnant du trophée Selke de 1978 à 1981 et récipiendaire du Conn Smythe en 1979, Gainey est le dernier captaine officiel à avoir son numéro retiré, le dernier d'une série consécutive de 8 joueurs à avoir eu cet honneur. Il soulèvera une dernière coupe en 1986 mais en gagnera une autre en 1999 comme directeur général des Stars de Dallas. Il revint à Montréal comme directeur général, poste qu'il occupera de 2003 à 2010, sans toutefois réussir à ramener la coupe à Montréal. Il est à ce jour le dernier à avoir prit sa retraite avec l'équipe en tant que capitaine.

21- Larry Robinson - 1986
"Big Bird" sera capitaine par intérim au début de la saison 1986-87 alors que son ami Gainey se blessa au genou gauche durant un match hors-concours. Lui et Gainey quitteront d'ailleurs l'équipe en même temps, après la saison 1988-89. Alors que Gainey prit sa retraite, Robinson signa un contrat plus lucratif avec les Kings de Los Angeles, avec qui il joua jusqu'en 1992.

22- Chris Chelios 1989-90 (co-capitaine)
Après le départ de Gainey, le titre de capitaine entra dans une phase plutôt chaotique. Les joueurs furent appelés à voter pour leur nouveau capitaine et après 3 tours de scrutin sans issue, il fut décidé que Chelios et Guy Carbonneau se partageraient désormais le titre. Certains ont évoqué une division francos-anglos à l'intérieur de l'équipe. Quoi qu'il en soit, le règne Chelios-Carbonneau ne dura qu'une saison car Chelios fut échangé à Chicago contre Denis Savard après la saison. Le gagnant du trophée Norris de 1989 n'était plus dans les grâces de l'organisation. L'échange sera toutefois non-équitable alors que Savard ne joua que 3 saisons avec Montréal et Chelios remporta 2 autres Norris avec les Blackhawks.

23- Guy Carbonneau 1989-1994
Après le départ de Chelios, Carbo fut le seul détenteur du "C" à partir de la saison 1990-91. Il était avec l'équipe depuis 1982 et était considéré comme le successeur spirituel de Bob Gainey en héritant 3 fois du trophée Selke. Il est le dernier capitaine de l'équipe à remporter la coupe Stanley. Il quitta toutefois l'équipe dans la tourmente, 3 mois après qu'il ait été pris en photo donnant un finger à un photographe lors d'une partie de golf. Il fut par la suite échangé aux Blues de Saint-Louis. Il jouera par la suite avec les Stars de Dallas où il remporta une dernière coupe en 1999. Il était toutefois resté populaire avec les fans du CH et c'est lui qui prit part à la mise au jeu protocolaire lors de la fermeture du Forum en 1996 contre les Stars, même s'il n'était pas le capitaine des Stars.




24- Brian Skrudland (et compagnie) 1989-90
Durant la saison de Chelios et Carbonneau comme co-capitaines, 3 autres joueurs héritèrent du "C" pour quelques matchs. Supposément que Mats Naslund en a hérité lors d'un match pré-saison alors que Chelios et Carbonneau furent blessés. Skrudland aussi fut amené à la rescousse et apparemment que Ryan Walter fut aussi désigné comme remplaçant en mars 1990 alors que Carbonneau fut suspendu et Chelios blessé. Je n'ai cependant pas trouvé de preuves photographiques pour Naslund et Walter.

25. Denis Savard - 1992-93 (interim)
Savard n'eut pas une carrière aussi glorieuse avec les Canadiens que celle de Chelios avec les Blackhawks et les Red Wings mais il rendit tout de même de précieux services à l'équipe. Il remplaça Carbonneau pendant la saison 92-93 alors que ce dernier manqua une vingtaine de partie. Savard quitta l'équipe après la conquête de la coupe et signa avec le Lightning. Il retourna plus tard finir sa carrière avec les Blackhawks.

26- Kirk Muller - 1995
"Captain Kirk", mon joueur favori à l'époque, était le choix logique pour remplacer Carbonneau. Il hérita du "C" au retour du lock-out de 1994. Cette saison 94-95 en était une assez tumultueuse avec plusieurs chicanes à l'interne et de nombreux échanges pour secouer l'équipe. Muller fut sacrifié à son tour, étant échangé aux Islanders contre Pierre Turgeon en avril. Sa carrière s'en alla sur le déclin par la suite, jouant pour les Maple Leafs, les Panthers et finalement les Stars où il devint un spécialiste en défense jusqu'à sa retraite en 2003.

27- Mike Keane - 1995
Keane succéda à Muller pour le reste de la saison écourtée de 1995 où l'équipe rata les séries pour la première fois depuis 1970. Il s'attira une tempête médiatique lorsqu'il déclara qu'il n'était pas nécessaire pour un capitaine du CH de parler français. Il quittera l'équipe avec Patrick Roy en décembre 1995 lors de l'échange tragique de ce dernier. Il rejoindra plus tard Guy Carbonneau avec les Stars avec qui il remporta une 3ème coupe Stanley. Il terminera sa carrière dans la ligue américaine en tant que capitaine du Moose du Manitoba avec qui il joua jusqu'en 2010.

28- Pierre Turgeon 1995-1996
Turgeon était voué à devenir la nouvelle vedette offensive de l'équipe, lui qui termina la saison 95-96 avec 96 points et hérita du "C" de Mike Keane. Mais au début de la saison 96-97, Turgeon était insatisfait de son rôle alors que l'entraineur Mario Tremblay l'avait relégué au centre du 3ème trio, derrière Vincent Damphousse et Saku Koivu. Il exigea d'être échangé, ce qui arriva après seulement 9 matchs. Il fut échangé aux Blues de St-Louis en retour de Shayne Corson, un autre échange malhabile de Réjean Houle. On eut donc 3 capitaines durant la seule année 1995.

29- Vincent Damphousse 1996-1999
Damphousse eut un règne un peu plus long que ses 3 prédécesseurs mais quitta toutefois également l'équipe dans la tourmente alors que durant la saison 1998-99, l'équipe connut son pire rendement depuis des décennies et Houle dut se départir une fois de plus de son capitaine. Après les échanges de Jocelyn Thibeault et Mark Recchi, ce fut au tour de Damphousse de partir, cette fois pour San Jose. On était alors en plein "âge des ténèbres" chez le CH…

30- Saku Koivu 1999-2009
Le nouveau retraité n'a peut-être pas remporté les grands honneurs durant son séjour à Montréal mais il peut au moins se vanter d'avoir redonner sa lettre de noblesse au "C" du poste de capitaine. Et contrairement à plusieurs de ces prédécesseurs de la décennie précédente, son départ de l'équipe en 2009 ne s'est pas fait dans la tourmente, quoique l'équipe du centenaire était assez chaotique, on ne pouvait rien reprocher à Koivu. Son règne de capitaine fut toutefois ponctué de plusieurs blessures ainsi qu'un grave cancer en 2001, donc quelques capitaines par intérim prirent sa place durant ses 9 saisons comme capitaine. On peut apporter un bémol au fait qu'il a égalisé le record de 10 années comme capitaine de Jean Béliveau. Il a en effet été capitaine pendant 10 ans mais seulement 9 saisons comme joueur en raison du lock-out qui annula complètement la saison 2004-05.

31- Shayne Corson - 2000 (intérim)
À son deuxième séjour à Montréal, Corson fut désigné par l'équipe pour porter le "C" durant la première saison de Koivu comme capitaine en 1999-2000 alors que ce dernier ne joua qu'une vingtaine de match. Il était revenu à Montréal en retour de Pierre Turgeon en 1996. Il a aussi porté le "C" à St-Louis (retiré au profit de Wayne Gretzky) et à Edmonton (retiré pour cause d'égoïsme). Il signa comme agent libre avec les Maple Leafs après la saison.

32. Eric Weinrich - 2000-2001 (intérim)
Weinrich remplaça également Koivu à son tour, cette fois durant la saison 2000-01. Il était arrivé à Montréal en 1998 en compagnie de Jeff Hackett lors d'un échange avec les Blackhawks. Il était un bon joueur fiable durant cette période sombre mais il fut échangé aux Bruins en 2001 contre Patrick Traverse. Il paraitrait que c'était le premier échange entre les deux équipes depuis 1964...

33- Doug Gilmour - 2001-2002 (intérim)
Cette ancienne gloire des Leafs et des Flames signa à Montréal comme agent libre durant l'été 2001. Il porta le "C" pendant que Koivu reçut ses traitements pour le cancer. Il aida l'équipe à retrouver le chemin des séries éliminatoire cette année-là, après 3 saisons sans y participer. Lors de la saison suivante qui fut moins glorieuse, les Canadiens le renvoyèrent à Toronto où il finît sa carrière.

34- Alex Kovalev - 2008-2009 (intérim)
Koivu était moins malchanceux avec les blessures suite à sa rémission du cancer, jouant aux alentours de 70 matchs et plus par saison. Il joua toutefois seulement 65 matchs lors de sa dernière saison en 2008-09 et c'est "L'artiste" qui prît la relève pour ces quelques matchs. Mais l'équipe du centenaire était pourrie de l'intérieur et s'écoula à la fin de la saison. Kovalev ne resta pas après la saison et signa avec Ottawa.

35- Brian Gionta 2010-2014
Après le fiasco de 2008-2009, l'équipe se départit de Koivu et Kovalev et signa plusieurs nouveaux joueurs dont Scott Gomez, Michael Cammalleri et Travis Moen. Gionta était lui aussi une de ces nouvelles figures mais l'équipe décida de jouer la saison 2009-2010 sans capitaine, une première dans l'histoire de l'équipe. Gionta fut nommé capitaine par ses coéquipiers au début de la saison suivante. Durant son passage, les Canadiens se rendirent deux fois en finale de conférence, en 2010 (alors qu'il n'était pas encore capitaine) et en 2014. Il ne fut pas resigné après la saison dernière et signa à Buffalo où il est également leur nouveau capitaine.



Nous sommes présentement en période de transition et quatre joueurs portent le "A" cette année en attendant de choisir qui sera le leader de cette équipe qui semble en pleine ascension. Les paris sont ouverts pour le prochain capitaine en 2015-2016.

mercredi 25 août 2010

Le 228e Bataillon de Toronto




Nous sommes en 1916, le monde est déchiré par un conflit très sanglant aux enjeux étranges que l'on nommera plus tard la Première Guerre mondiale. Toujours un dominion, le Canada est entré en guerre aussitôt que l'Angleterre est entrée dans le conflit. Du côté hockey, la NHA était alors formée de 5 équipes, le Canadien de Montréal, alors champion de sa première Coupe Stanley, les Bulldogs de Québec, les Senators d'Ottawa, les Wanderers de Montréal et les Blue Shirts de Toronto. À cet époque, la conscription ne faisait pas encore rage, mais beaucoup de jeunes anglophones avaient quitté leur carrière, ce fut le cas notamment de plusieurs joueurs de hockey. Parmi ceux-ci, la jeune vedette des Blue Shirts, Duke Keats qui quitta le monde du hockey professionnel pour l'armée.

Keats n'était pas le seul joueur de hockey à non seulement faire partie de l'Armée canadienne, mais du même bataillon, le 228e bataillon. À la vue du nombre de très bons joueurs de hockey, les dirigeants formèrent une équipe à partir de ces jeunes soldats et demandèrent d'intégrer la NHA, prenant la place d'une franchise dormante, les Shamrocks de Toronto. C'est alors que le 228e Bataillon de Toronto devint la sixième équipe du circuit... L'équipe allait porter le kaki et jouer sur la même patinoire que les Blue Shirts...

Dès le premier match du 228e bataillon contre les Blue Shirts, le propriétaire de l'équipe, Eddis Livingstone, explosa à la vue de son joueur étoile et d'un autre joueur nommé Archie Briden. Selon lui, le fait d'avoir constitué une équipe avec des joueurs qui étaient sous contrat avec son équipe pour compétitionner contre cette dernière était rien de moins qu'une fraude... Ils pouvaient bien sûr aller se battre sous les drapeaux, mais ils n'avaient pas le droit de jouer contre leur équipe... Keats et Briden furent donc retournés aux Blue Shirts afin de jouer avec l'équipe tout en demeurant des soldats du 228e bataillon...

Ce n'est pas seulement sur la tribune que les Blue Shirts de Toronto allaient être frustrés par le 228e bataillon, sur la glace également. Nous étions à cet époque en pleine guerre et une équipe de hockey formée de joueurs ayant joint les drapeaux représentait une très bonne vitrine de patriotisme, t ce, au détriment de la popularité de l'équipe des Blue Shirts de Toronto. S'ensuivit donc une féroce rivalité entre ces deux équipe à une époque où un bâton de hockey pouvait servir d'instrument de guerre...

Le premier match entre les deux équipe s'est soldé par une victoire de 4 à 0 du 228e dans un match que l'on raconte comme ayant été très violent. Quelques semaines plus tard, les Blue Shirts s'inclinèrent également par la marque de 8 à 6 face aux jeunes joueurs en kaki. Lors du troisième match entre les deux rivaux de la Ville Reine, étrangement, Keats et Briden ne purent pas à priori revêtir leur uniforme des Blue Shirts. Apparemment, ils avaient désobéis aux ordres et ils se sont fait mettre en garde à vue... Devant une autre colère du propriétaire des Blue Shirts, les deux joueurs furent libérés et purent jouer le match qui se solda par une victoire par la marque de 4 à 3.

Ce match fut le dernier match de l'équipe car le bataillon fut envoyé en Europe pour aller se battre en Allemagne. On décida que si ces jeunes allaient se faire massacrer, cesserait en Europe et non sur une patinoire au Canada. Ce fut donc la fin de la seule équipe militaire de hockey professionnel au Canada. En 12 matchs, l'équipe termina avec une fiche de 6 victoires et 6 défaites et pour votre information, cette équipe affronta deux fois le Canadien de Montréal qui remportèrent le premier match le 10 janvier 1917 par la marque de 6 à 1 et le deuxième qui se déroula le 27 janvier par la maque de 9 à 4. Le Canadien est donc invaincu contre le 228e Bataillon...

Suite au départ des joueurs pour l'Europe et la suspension de la franchise, les dirigeants de la NHA tentèrent de poursuivre les Forces armées canadiennes afin d'obtenir des compensations financières pour l'annulation des matchs mais en vain...

Après la guerre, Duke Keats reprit sa carrière avec un certain succès. Il joua très longtemps dans la NHL pour les Cougars de Detroit (futurs Red Wings), les Black Hawks et les Bruins de Boston.

Il fut intronisé au Temple de la Renommée en 1958, devenant ainsi un des deux joueurs à avoir porté le kaki du 228e Bataillon de Toronto lors de cette saison 1916-17 au Temple de la Renommée...

L'autre étant George McNamara, un défenseur des Blue Shirts ayant également quitté l'équipe pour l'armée... Il ne fut par contre pas impliqué dans les revendications entre les Blue Shirts et le 228e bataillon, jouant 11 des 12 matchs de l'histoire de l'équipe... C'est avec le 228e bataillon que ce joueur termina d'ailleurs sa carrière, ne remettant pas ses patins au retour de la Guerre...

mercredi 2 décembre 2009

Le 2 décembre 1909...



Gros anniversaire qui passe inaperçu ou dans l'ombre de l'anniversaire de ce qui fut fondé deux jours plus tard. Le 2 décembre 1909, soit il y a 100 ans aujourd'hui, suite au refus de la Eastern Canada Hockey Association d'introduire les Creamery Kings de Renfrew et simultanément à l'exclusion des Wanderers de Montréal de la même ligue, l'homme d'affaire Ambrose O'Brien et le proprio des Wanderers Jimmy Gardner formèrent la National Hockey Association. Deux jours plus tard, le 4 décembre 1909, le même O'Brien forma une équipe qui sera principalement formée de francophones pour compétitionner avec les autres équipes de la ligue dont il était propriétaire (Renfrew, Haleybury, Cobalt) et pour créer une rivalité locale avec les Wanderers, équipe à prédominance anglophone... L'équipe se nommera Les Canadiens. C'est en janvier 1910 que les activités de la ligue commencèrent... Le vrai centenaire du Canadien sera donc le 5 janvier 2010, soit exactement 100 ans après le premier match du Canadien contre les Siver Kings de Cobalt que les Canadiens remportèrent 7 à 6 en supplémentaire le 5 janvier 1910 à l'aréna Jubilee, aréna anciennement situé au coin Moreau et Ste-Catherine dans l'Est. Le soir de ce vrai centenaire (selon moi), les Canadiens vont affronter les Capitals À Washington... Comme quoi le Canadien sait comment bien fêter son centenaire...



La NHA deviendra la NHL en 1917... Mais ça c'est une autre histoire...