La nouvelle serait sortie durant le Hot Stove à Hockey Night In Canada alors que Pierre Lebrun a affirmé que Ken Holland, directeur général des Red Wings de Detroit, voudrait proposer à la NHL de diminuer le nombre de tirs de barrages lors des prochaines saisons afin de privilégier une seconde période à 3 contre 3. Il aurait également comme projet de privilégier de diminuer la durée de ces supplémentaires à 4 minutes. Cela aurait pour effet de diminuer le nombre de tir de barrage, ultime bris d'égalité en cas d'égalité après la période à 3 contre 3...
Il y a dans cette nouvelle quelques choses qui m'intéresse profondément si on songe à la base du sport qu'est le hockey. On se rappelle en gros dans quelles circonstances on a introduit le tir de barrage après le lock-out qui a coûté la saison 2004-05. La ligue a introduit le tir de barrage dans le but non seulement d'éliminer le match nul, de départager rapidement entre les deux équipes, contrairement à une période de plus, ainsi que donner un côté plus spectaculaire au hockey. On était donc confronté à plusieurs considérations qui allaient en quelque sorte changer l'image du jeu.
On se rappelle tous premièrement du temps où il y avait encore des matchs nuls. Le concept n'est pas bête. Comme on apprend beaucoup à se tirer des leçons du sport, le match nul est peut-être un bon moyen d'apprendre que dans la vie il n'y a pas nécessairement de fin. On pourrait dire plus, la plupart du temps, la vie ne comporte pas de conclusion à moyen terme. La saison de hockey était alors un long fleuve tranquille avec des matchs contre les Whalers de Hartford présentés à TVA qui se terminaient par la marque de 1 à 1. Qu'à cela ne tienne, prenez votre point et on verra bien au bout de la ligne quand ça va compter... C'est plate mais c'est ça...
C'était donc une chose qui était une épine dans le pied du hockey. On essaie de vendre un sport au sein de marchés pas très traditionnels en invitant les gens à venir voir ce sport étrange sur une glace qui peut se terminer par la marque de 0-0. On voulait, en plus de décider d'un gagnant, des buts pour montrer que ce sport était spectaculaire. Quoi de mieux que d'ajouter une séance de tirs de barrage afin non seulement éliminer ces curieux matchs nuls (qui n'existent presque pas dans les autres grands sports nord-américains), mais aussi de montrer le côté spectaculaire du hockey sur glace.
Les tenanciers d'un hockey plus traditionnel n'ont probablement jamais aimé la fusillade. La preuve étant qu'on a pas introduit la fusillade "quand ça compte", en série. Jamais on a pensé à abandonner les longues périodes faisant des matchs de séries un vrai combat à finir. À ce que je sache, peu de gens de ne plaignent de ces fameux matchs qui se terminent en cinquième période, cela faisant en quelque sorte partie de la tradition du hockey. D'ailleurs, j'ai été attristé ce printemps du manque de ces matchs fleuves. Si on veut un comparatif, j'ai toujours été baveux avec les italiens pour leur victoire du Mundial de 2006 en leur disant qu'au hockey on ne décidait pas l'issue d'un sport d'équipe en tir de barrage...
C'est à ce point que je veux arriver...
Je suis contre les fusillades...
La raison? Elle n'est pas très compliquée mais elle est d'ordre assez essentialisme. Selon moi, le hockey est un sport qui comporte des particularisme et l'un d'entre eux est que le hockey est un sport d'équipe. Un match de hockey se joue selon une stratégie définie pour être faite avec 6 joueurs sur le terrain et c'est l'efficacité de l'interaction entre ces joueurs contre 6 autres joueurs qui décide du résultat. Jusque là tout va bien... Quand on insère, afin de départager l'issue d'un match, le tir de barrage, on dénature le sport. On fait en sorte de départager l'issue d'un sport d'équipe par un geste individualiste. On fait donc appel à des talents individuels pour décider d'un sport d'équipe. C'est pourquoi je suis contre les tirs de barrage au hockey,c'est selon moi la même chose que si on prenait les joueurs et on les faisait décider de l'issue d'un match en les faisant jouer au hockey cossum, on enlèverait un chose de base de ce qui constitue le sport. On a donc, pour rendre plus spectaculaire le hockey, rajouter une partie qui le dénature...
Et le tir de barrage selon moi n'est pas la même chose que le tir de pénalité. C'est un jeu d'équipe qui mène au tir de barrage.Vous pourrez dire que c'est la même chose pour le tir de barrage, le tir de pénalité ne décide pas directement et sans appel de la partie.
On se retrouve donc face selon moi à un certain débat si l'on veut respecter le fait qu'un match de saison régulière ne peut se terminer aux petites heures du matin. D'un côté il y a les bonnes vieux matchs nuls, ces soirées sans conclusion où le partisans qui paye très cher retourne à la maison avec l'impression qu'il lui manque quelque chose, je vois mal une personne qui va voir son premier match à vie, disons Panthers-Predators à Nashville, et qui retourne chez lui avec un résultat de 0-0... Je sais, au soccer ça peut arriver... Personnellement, je suis souvent revenu très déçu des matchs de l'Impact qui se terminaient avec une nulle... L'autre option c'est de départager et pour départager, il faut justement qu'il y ait un geste ultime qui permette aux fans qui travaillent le lendemain de pouvoir retourner chez eux à une heure raisonnable. On doit donc accepter ce compromis...
La fusillade en tant qu'ultime moyen de décider me semble donc ici, même si non désiré, être un mal nécessaire au hockey contemporain.
On sent quand même le dédain des décideurs du hockey envers cette dernière, le meilleur exemple est le fait que les points gagnés en tirs de barrage, ce que j'appelle le point baveux, à partir de cette saison ne compteront plus en bris d'égalité. On ne reviendra donc jamais en arrière avec les matchs nuls, Terry Sawchuk sera donc probablement à jamais le recordman du nombre de matchs nuls. Le meilleur compromis qu'on peut trouver entre maintenir la fusillade et la diminution de ces dernières me semble donc être la proposition de Ken Holland. À 3 contre 3, on joue toujours dans un sport d'équipe où la stratégie de groupe est privilégiée et comme la patinoire est plus ouverte, les stratégies offensives semblent être plus mises à l'avant plan. On risque de voir plus de jeux ouverts, donc de jeux visuellement impressionnants. Ainsi probablement que bien que maintenue, la fusillade risque de devenir plus rare et incidemment de redevenir un objet de concours d'habilité, le seul endroit selon moi où on peut valoriser les aspects individuels au hockey...
Lors d'un match, c'est en équipe qu'on doit jouer au hockey...
Ça fait rire les enfants
Ça dure jamais longtemps
Ça fait plus rire personne
Quand les enfants sont grands...


