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lundi 13 novembre 2017

Peter Marsh









Peter Marsh est originaire d’Halifax.  Par contre, à cette époque, il n’y avait pas d’équipe junior dans les Maritimes.  Il dut donc prendre le chemin de la LHJMQ pour s’aligner avec les Castors de Sherbrooke, qui étaient sur une lancée. 

À sa deuxième saison, en 1974-75, les Castors ont été frappés par une tragédie.  Le 24 novembre, dans le parc des Laurentides en chemin vers Chicoutimi, leur autobus a eu un accident.  Marsh avait l’habitude de s’asseoir au même endroit, mais comme il avait un problème d’abcès à la bouche, il avait raté le voyage, puisqu’il devait aller chez le dentiste.  C’est son coéquipier Gaétan Paradis qui avait pris sa place.  Paradis a été éjecté du véhicule et a perdu la vie.  Fernand Leblanc, Alain Bélanger et le dépisteur des Crusaders de Cleveland Roger Roy ont également été blessés dans l’accident.

Malgré cette catastrophe, l’équipe a réussi à se regrouper.  Menés par Michel Brisebois à l’attaque, mais aussi Jere Gillis, Richard Mulhern et Bobby Simpson, les Castors ont terminé premiers dans la LHJMQ, avant de remporter la Coupe du Président.  Les choses ne se sont toutefois pas déroulées comme prévu lors du tournoi de la Coupe Memorial, alors qu’ils ont perdu tous leurs matchs.  Ce sont finalement les Marlboros de Toronto qui ont mis la main sur le précieux trophée.

L’année suivante, les Castors ont même réussi à améliorer leur déjà impressionnante fiche, passant de 109 à 111 points.  De son côté, Marsh a grandement contribué à cette saison remarquable.  S'appuyant sur son bon coup de patin et son tir frappé, il marqua 75 buts et amassa 156 points.  Par le fait même, il remporta le Trophée Michel-Brière, remis au joueur le plus utile à son équipe dans LHJMQ.  Une fois  en séries, les Castors se sont toutefois fait surprendre par les Remparts de Québec en finale.

La performance de Marsh lui valut d’être repêché en deuxième ronde (29e au total) par les Penguins de Pittsburgh en 1976.  Il fut également sélectionné au 2e rang par les Stingers de Cincinnati au cours de l’encan de l’AMH.

Marsh choisit finalement le circuit maudit et se retrouva dans une équipe comprenant entre autres Blaine Stoughton, Dennis Sobchuk et l’actuel adjoint de Marc Bergevin, Rick Dudley.

À sa saison recrue, Marsh marqua 23 buts dans une équipe plutôt moyenne.  À sa deuxième, sous les ordres de Jacques Demers, il en marqua 25.  Par ailleurs, en décembre 1977, dans l’autre ligue, ses droits furent échangés.  En effet, les Canadiens firent son acquisition pour compléter la transaction qui envoya Pete Mahovlich à Pittsburgh et Pierre Larouche à Montréal. 

Finalement, en 1978-79, à la dernière saison du circuit, il en marqua 43, le cinquième plus haut total de la ligue.  Mais la fin de l’AMH signifia également la fin des Stingers, puisqu’ils ne firent pas partie des quatre équipes absorbées par la Ligue nationale (Edmonton, Hartford, Québec et Winnipeg).  Ses droits furent donc retournés à Montréal.

Lors du repêchage d’expansion, les joueurs de l’AMH durent d’abord être retournés à l’équipe de la LNH à laquelle ils appartenaient, à l’exception de trois sélections prioritaires par club.  Le tout a été suivi d’un repêchage d’expansion traditionnel, alors que les équipes de la LNH pouvaient protéger un certain nombre de joueurs et que les équipes d’expansion (celles de l’AMH) choisissaient parmi ceux non-protégés.

Certaines équipes ont donc négocié au préalable quels joueurs prioritaires prendre ou ne pas prendre et quels joueurs prendre ensuite au repêchage d’expansion.  Parmi les équipes actives à ce niveau, il y avait les Nordiques, qui ont réussi à conclure des ententes pour conserver leurs piliers comme Tardif, Bernier et Cloutier.  Quant aux Canadiens, ils ont pu exposer sans crainte des joueurs comme Rod Langway, Pierre Larouche et Rick Chartraw car ils avaient pris des ententes pour que les Whalers prennent Al Hangsleben, les Oilers prennent Cam Connor, les Nordiques prennent Alain Côté et que les Jets prennent Peter Marsh, qui fut le tout premier choix du repêchage.

Marsh n’a donc jamais porté l’uniforme des Canadiens et a fait ses débuts dans la LNH avec Winnipeg.

Les Jets ayant moins bien protégés leurs joueurs avant le repêchage, ils en perdirent plusieurs et connurent des débuts difficiles.  De son côté, Marsh ne tarda pas à obtenir son premier point dans la Ligue nationale, puisqu’il obtint une mention d’aide sur le premier but de l’histoire des Jets dans la LNH, compté par Morris Lukowich.  À la fin de la saison, il avait compté 18 buts et amassé 20 passes.

L’année suivante, en 1980-81, les choses empirèrent pour les Jets, devenus la pire équipe de la ligue.  En décembre, ils voulurent brasser les choses en envoyant Marsh à Chicago, en retour de Doug Lécuyer et Tim Trimper.
 
Souvent blessé, Marsh ne put par contre jamais accumuler plus de 10 buts au cours des saisons qui suivirent.  En 1983-84, il fut même rétrogradé dans la Ligue américaine, avant d’être libéré par les Black Hawks à la fin de la saison.

Il retenta sa chance avec les Jets la saison suivante, mais voyant qu’il ne parvenait pas à se tailler un poste, il préféra prendre sa retraite.  À ses 91 buts et 76 passes en 230 matchs dans l’AMH, il a ajouté 48 buts et 71 passes en 278 matchs dans la LNH.

Établi à Chicago, il y a géré pendant plusieurs années une entreprise de fournitures de bureau.  C’est également à Chicago qu’est né son fils Adam, qui s’aligne présentement avec les Islanders de Charlottetown de la LHJMQ.  Ce dernier a été un choix de 7e ronde des Red Wings en 2015 et souhaite suivre les traces de son père.

Sources : « Tout allait bien pour les Castors… et c’est la tragédie » de François Béliveau, 25 novembre 1974, La Presse, p.B3, « Coalition Aubut-Grundman » de Réjean Tremblay, 11 juin 1979, La Presse, p.C2, « De beaux et de mauvais souvenirs pour Peter Marsh » de Jérôme Gaudreau, 23 janvier 2017, La Tribune (latribune.ca), hockeydraftcentral.com, hhof.com.

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