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mercredi 25 mars 2026

Joueur oublié des 90's #104 - Sergei Bautin



 


Né le 11 mars 1967 à Rogachyov, dans ce qui est aujourd'hui la Biélorussie, Sergei Bautin a fait ses armes dans la ligue soviétique, d'abord avec le Kristall Saratov en deuxième division, puis ensuite avec le puissant Dynamo de Moscou. C'est là qu'il a bâti sa réputation de défenseur à vocation défensive de premier ordre. Il n'obtenait presque pas de points (6 points en plus de 60 matchs) mais sa présence physique a aidé à remporter le championnat à deux reprises, en 1991 et 1992, au sein d'une équipe qui comptait également Alexei Kovalev, Alexander Karpovtsev et Darius Kasparaitis. 
 
Grand et robuste, il a aussi contribué à la performance de l'Équipe Unifiée qui a remporté quatre de ses cinq matchs lors du tour préliminaire des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, ne s'inclinant que face à la Tchécoslovaquie. En séries éliminatoires, ils ont battu la Finlande, les États-Unis et enfin le Canada (3-1), décrochant une médaille d'or historique pour un pays alors en pleine transition.

Quelques mois plus tard, il a représenté la Russie (depuis ré-unifiée) au Championnat du monde, mais en peu de temps, l'ancienne Union soviétique était totalement démantelée et l'équipe a terminé cinquième. 
 
Les joueurs pouvant désormais s'expatrier librement en Amérique du Nord, Bautin a été repêché par les Jets de Winnipeg lors de l'été 1992 au 17ème rang au total. Trois de ses compatriotes et coéquipiers sur la scène internationale furent sélectionnés avant lui : Alexei Yashin (2ème), Kasparaitis (5ème) et Andrei Nazarov (10ème). Les Capitals de Washington ont également choisi Sergei Gonchar au 14ème rang.

À l'époque, demeurer en Russie n'était donc pas la priorité. Les clubs n'avaient plus les moyens de payer les joueurs, le pays traversait une crise majeure et la LNH pouvait enfin mettre la main sur ce qu'elle convoitait depuis des années, des joueurs de hockey russes. En conséquence, presque tout l'effectif du Dynamo Moscou a traversé l'Atlantique.

Bautin a donc rejoint les Jets pour la saison 1992-93. Pendant l'essentiel de ses deux premières années, il fut un élément stable, souvent jumelé à un autre Russe, Igor Ulanov, ou aligné sur le premier bloc aux côtés de Teppo Numminen. Contrairement à beaucoup de ses compatriotes, Bautin avait véritablement adopté le côté physique du jeu nord-américain, se révélant être un adepte des mises en échec solides. Cependant, des doutes subsistaient quant à sa qualité de patinage et sa vision de jeu ; il semblait souvent mal positionné ou accusait un temps de retard par rapport aux autres joueurs de son âge.

Sergei a signé un contrat de trois ans avec les Jets. Malgré le déracinement, son adaptation à sa nouvelle vie ne fut pas trop difficile, le club ayant également recruté Ulanov, le jeune centre Alexei Zhamnov (choix de 4e ronde en 1990) et Evgeny Davydov (12e ronde de 1989).
 
Sa saison recrue s'est plutôt bien déroulée. Il a inscrit un total respectable (et son meilleur total à vie en une saison) de 5 buts et 18 mentions d'aide, assortis de 96 minutes de pénalité en 71 matchs, aidant les Jets à atteindre les séries éliminatoires où ils se sont inclinés en six matchs face aux Canucks de Vancouver. 
 
La saison 1993-94 fut beaucoup moins clémente. Le club décida d'échanger le défenseur vedette Phil Housley aux Blues de St-Louis contre Nelson Emerson et Stéphane Quintal, et la nouvelle brigade défensive des Jets ne parvint jamais à se replacer. Après un début de saison correct (6-3-1), une série catastrophique de 2 victoires, 20 défaites et 2 nulles en janvier et février a fait sombrer le club au dernier rang de la Conférence Ouest. 
 
Donc complètement hors du portrait, le 18 février 1994, les Jets ont conclu une transaction avec Détroit, envoyant Bautin et le gardien Bob Essensa aux Red Wings en échange de Dallas Drake et Tim Cheveldae.
 
Sous les nouveaux ordres de Scotty Bowman, les Wings commençaient à accumuler les joueurs russes dans l'idée de former cette fameuse unité complète de cinq joueurs. Avec Fedorov, Kozlov et Konstantinov comme piliers, il en fallait deux de plus : un défenseur et un attaquant. Bautin était initialement censé être ce second défenseur.

Cependant, les Wings ont immédiatement constaté un grave problème de condition physique chez Bautin. Il n'avait aucune endurance, était incapable de soulever son propre poids (185 livres) au développé couché (bench press) et était un gros fumeur, le Chicago Tribune rapportant même qu'il fumait deux paquets par jour. « Côté condition physique, il était tout en bas de notre organisation », a déclaré le directeur général de Winnipeg, John Paddock, après l'échange. « Il n'a aucune rapidité et aucune force. » Bautin ne joua qu'un match à Détroit en fin de saison et se blessa même en entrant en collision avec Kris Draper lors d'un entraînement.
 
Il fut donc envoyé au club-école de l'époque, les Red Wings d'Adirondack dans la Ligue américaine pour le lock-out à l'automne 1994, Détroit ne le rappelant aucunement. En fait, les Wings avaient rapidement trouvé la solution pour leur deuxième défenseur du «Russian five» en obtenant nul autre que Viacheslav Fetisov des Devils durant cette saison écourtée de 94-95.

Son contrat signé avec les Jets étant échu, Bautin signa comme agent libre avec San Jose dans l'espoir de jouer avec ses compatriotes Igor Larionov et Sergei Makarov. Son sort ne s'arrangea toutefois pas. Il ne disputa qu'un seul match avec les Sharks en début de saison, son dernier dans la LNH. Les entraîneurs et la direction des Sharks ont rapidement réalisé que le défenseur n'avait plus le coup de patin nécessaire pour la ligue, et il fut envoyé aux Blades de Kansas City dans la IHL. Au même moment à Détroit, le «R5» fut finalement complété avec l'ajout de ce même Larionov, qui fut obtenu de ces même Sharks, en retour d'un gars pas pire pentoute, Ray Sheppard, après seulement 5 matchs au début de la saison.
 


 
Bautin est ensuite devenu assez globe-trotter. Après sa saison 95-96 passée à Kansas City,  il joua deux saisons en Suède avec le Luleå HF, où il mena la ligue pour les minutes de pénalité en 1996-97, une saison en Russie avec le Ak Bars Kazan, et ensuite une en Allemagne (Ice Tigers de Nurnberg). Il joua ensuite deux saisons au Japon (JIHL) avant de revenir terminer sa carrière dans sa patrie avec le Metallurg Manitogorsk et finalement une dernière saison en deuxième division avec le Krylia Sovetov de Moscou.

Après avoir pris sa retraite, Bautin est retourné aux États-Unis pour entraîner des équipes de jeunes à Kansas City, là où il avait joué durant son séjour pour les Sharks. Il a plus tard entraîné au Colorado et de nouveau au Japon avant de rentrer chez lui. Bautin a été intronisé au Temple de la renommée du hockey russe en 2014.

Sergei Bautin s'est éteint la veille du jour de l'An à l'âge de 55 ans, après une longue lutte contre une maladie oncologique.

mercredi 23 juillet 2025

Stock volé à vendre #20 - Les RCAF Flyers d’Ottawa

Peu de temps après le début de l'aventure "La Vie Est Une Puck", Martin est devenu chroniqueur pour le défunt site 25stanley.com, avec sa "Chronique Vintage". Bien qu'on croyait ces textes perdus à jamais, la magie d'Internet (et beaucoup de patience …) nous a permis d'en retrouver la majorité. Au cours des prochaines semaines / mois, nous en ressortirons quelques-uns des boules à mites, pour votre plus grand plaisir. 






Originalement publié le 23 juillet 2011

Vous avez certainement prit connaissance du nouveau logo des Jets de Winnipeg, ce logo comprenant à l’avant-plan le logo de l’aviation canadienne.

Et bien, si vous ne le saviez pas, une autre équipe célèbre a porté le logo de la Royal Canadian Air Force dans les années 30 et 40 et cette fois il s’agissait d’une équipe de hockey militaire, contrairement aux Jets de Winnipeg. Il s’agissait des RCAF Flyers d’Ottawa…


Cette équipe formée de militaires de l’aviation canadienne fut fondée en 1934 et se joint alors à une ligue de hockey senior de la ville d’Ottawa pour la saison 1934-35.

C’est durant la Seconde Guerre mondiale que l’équipe défraya la manchette pour la première fois lorsque des joueurs de la NHL alors enrôlés sous les drapeaux firent parti de l’alignement de l’équipe. Et ce n’est pas n’importe quel joueur qui devint un des Flyers lors durant la Guerre. La fameuse « Kraut Line » des Bruins formée de Milt Schmidt, Woody Dumart et Bobby Bauer, qui terrorisait la NHL avant que ces trois joueurs ne se joignent à l’Armée Canadienne à l’hiver 1942, se sont joints aux Flyers. C’est d’ailleurs avec cette formation « boostée » de joueurs de la NHL lors de ce printemps 1942 que les Flyers se sont frayé un chemin à travers les échelons du hockey senior canadien jusqu’à remporter la célèbre Coupe Allan, trophée remis annuellement à la meilleure équipe amateur senior du Canada.

Les trois membres de la Kraut Line des Bruins de Boston avec les RCAF Flyers d’Ottawa.

À une autre époque, remporter la fameuse Coupe Allan était un haut fait. Avant la télévision, le hockey senior local était une chose très suivie et remporter la Coupe Allan était certes une grosse fierté. Sachez d’ailleurs que ce trophée qui est un petit peu « magané » de nos jours se remet toujours…

D’ailleurs, l’année après la conquête de la Coupe Allan des RCAF FLyers, une autre équipe militaire basée à Ottawa, les Commandos d’Ottawa, ont remporté la Coupe Allan…

C’est en 1948 que les RCAF Flyers d’Ottawa ont une fois de plus fait la manchette. À cette époque, les équipes représentant le Canada lors des compétitions internationales étaient des équipes séniors qui faisaient le voyage en Europe, parfois à leurs frais, pour aller représenter le pays. Lors des Olympiques de 1948 qui se tenaient à St-Moritz en Suisse, ce fut les Flyers de la RCAF qui portaient les couleurs du Canada. Cette fois par contre, les joueurs de la NHL étaient repartis dans leurs équipes et l’équipe était réellement formée de militaires de carrière.

Le format du tournoi Olympique n’allait pas donner le résultat escompté comme on pour pourrait s’y attendre de nos jours. Le tournoi olympique était à cette époque un tournoi à la ronde où les trois meilleures équipes allaient être récompensées par les médailles.

Les Flyers terminèrent à égalité avec l’équipe Tchécoslovaque et leur célèbre gardien Bohumil Modrý, ayant d’ailleurs fait match nul contre cette équipe, mais se vit décerner la médaille d’or. Le bris d’égalité était le différentiel de buts accordés contre les buts marqués. Le Canada l’emporta avec un différentiel de +64 ayant accordé seulement 5 buts et en ayant récolté 69 contre un différentiel de +62 pour les tchécoslovaques qui marquèrent 80 buts et en accordèrent 18…

Dans les années suivant cette conquête, les RCAF Flyers évoluèrent dans une ligue nommée la Eastern Canada Senior Hockey League. En 1951-52, l’équipe remporta le championnat de cette ligue mais ne put se rendre plus loin dans les échelons pour atteindre la Coupe Allan. Ce fut la chant du cygne de l’équipe qui disparut après 18 ans d’existence…

En 2001, l’armée canadienne rendit hommage aux Flyers en les reconnaissant comme étant les meilleurs athlètes militaires canadiens du 21e siècle…

Reste à savoir maintenant si les Jets s’approprieront les couleurs des RCAF Flyers d’Ottawa avec leur nouveau chandail… Pourquoi pas tant qu’à y être… 

EDIT : Ce fut le cas comme troisième chandail pendant la saison 2023-24



vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

vendredi 22 novembre 2024

Jimmy Mann


C’est avec le National de Laval que le verdunois Jimmy Mann a commencé son passage junior. En 1976, il quitta son coéquipier Mike Bossy lorsqu’il fut échangé à l’équipe dominante de la LHJMQ de cette période, les Castors de Sherbrooke. Avec sa nouvelle équipe, le robuste ailier droit apporta sa dose d’énergie, mais il compta aussi sa part de buts.

À sa première saison (partielle) avec Sherbrooke, en 1976-77, il marqua 12 buts. Ce total était peut-être inférieur à ceux de ses coéquipiers Jere Gillis, Ron Carter et Rick Vaive, mais il contribua tout de même à faire des Castors les champions de la LHJMQ. Ce titre les mena au tournoi de la Coupe Memorial, mais Sherbrooke n’y remporta aucun match et ce sont finalement les Bruins de New Westminster qui sortirent victorieux.

L’année suivante, son total monta à 27 buts, mais ce n’était pas son seul total à augmenter. Ses minutes de pénalité passèrent quant à elles de 205 à 277 minutes. Parmi elles, on compte celles accumulées le 28 mars 1978, lorsqu’il agressa celui qui fut brièvement son coéquipier, Mario Tardif du National de Laval, lors de la période d’échauffement. Il fut accusé et reconnu coupable d’une accusation de voies de faits mais reçut finalement une libération inconditionnelle. Pour le défendre, son entraîneur Ghislain Delage se présenta en cour, vanta ses talents de joueur et mentionna qu’il n’était pas un joueur salaud.

À sa dernière année junior, il en marqua 35, ce qui le prépara pour le repêchage de 1979. Toutefois, peu de gens s’attendaient à ce qu’il soit choisi en première ronde, 19e total. C’est John Ferguson, le directeur-gérant des Jets de Winnipeg, qui en fit la première sélection de la franchise dans la Ligue nationale de son histoire, alors que l’équipe faisait auparavant partie de la défunte AMH. Et l’intérêt de Ferguson, lui-même un ancien joueur robuste, ne faisait pas de doute. S’il a choisi Mann avant deux autres québécois, Michel Goulet et Kevin Lowe, ce n’était pas pour ses talents de marqueur.


Mann fit immédiatement l’équipe et participa à l’entrée des Jets dans la LNH. Au sein d’une équipe faible, il fit ce qu’on attendait de lui et remporta même le titre de joueur le plus puni de la ligne, avec 287 minutes. Il dépassa ainsi des joueurs avec une réputation certaine pour cette facette du jeu, comme ″Tiger″ Williams, Paul Holmgren et Terry O’Reilly. Offensivement, il dut toutefois se contenter de 3 buts et 5 passes. En fait, il obtint plus d’inconduites de partie (4) que de buts.

Si sa saison 1980-81 a inclus un passage dans la Ligue centrale à Tulsa, elle fut aussi marquée par ses frasques. Le 9 décembre 1981, il bouscula le juge de ligne Greg Broseker lors d’une bataille dans un match contre les Maple Leafs. Il écopa alors d’une amende de 500$ et d’une suspension de 3 matchs.

Mann continua de cimenter sa réputation lorsque le 13 janvier 1982, dans un match contre Pittsburgh, Mann a quitté le banc pour s’en prendre à Paul Gardner. À deux reprises, il le frappa par derrière et lui brisa la mâchoire. La ligue le suspendit pour 10 matchs et lui imposa une amende de 100$. Gardner trouva la suspension trop clémente, puisque son absence fut plus longue que celle de Mann. Les Jets répliquèrent que c’est Gardner qui avait initialement brisé son bâton dans le visage de Doug Smail. Ce ne fut toutefois pas la fin de l’affaire, puisque la justice s’en est mêlé. La conclusion de l’affaire arriva en juin lorsqu’il fut condamné par un juge de Winnipeg à une amende de 500$.

Ce ne sont toutefois pas seulement les suspensions qui ralentirent sa carrière. Les blessures jouèrent aussi un rôle. Sa performance offensive anémique n’aida pas non plus. C’est pourquoi qu’au cours de la saison 1983-84, il fit un retour à Sherbrooke, puisque les Jets y avaient maintenant leur club de la Ligue américaine.

Cette saison le vit aussi finalement quitter l’organisation qui l’avait repêché. En effet, le 6 février 1984, alors qu’il jouait toujours avec Sherbrooke malgré son contrat de 100 000$ par année, il fut échangé aux Nordiques contre des considérations futures. Celles-ci deviendront un choix de 5e ronde. Les Jets choisiront Brent Severyn, qui ironiquement fera plus tard ses débuts dans l’uniforme des Nordiques. À ce moment, Québec semblait être à la recherche d’un défenseur offensif et les noms de Borje Salming et Randy Carlyle avaient été évoqués. Finalement, on obtint Mann, qui voulait faire oublier ses frasques et rappeler qu’il était capable de jouer au hockey autrement. Du côté des Nordiques, on voulait plus de robustesse pour combler l’absence de Wally Weir. Pendant la même période, les Canadiens embauchaient l’homme fort Normand Baron. Mann et Baron ne seront toutefois pas en uniforme lors de l’infâme match du Vendredi Saint.

C’est finalement encore pour sa robustesse que Mann fut utilisé lors de son passage dans la Vieille Capitale, qui fut parsemé de blessures, de matchs sur la galerie de presse et d’un passage avec l’Express de Fredericton de la LAH.

Après la saison 1985-86, Québec signifia son intention de ne pas lui offrir un contrat de la LNH et lui laissa évaluer ses options. Mann fut approché par son ancienne équipe, les Jets, mais il n’y eut pas de suite.
En juillet 1985, le magazine humoristique Croc
illustrait les différentes races de chien,
incluant le doberman.

Au moment du camp d’entraînement de la saison 1986-87, Mann n’avait toujours pas de contrat et évoqua la possibilité de s’inscrire à l’Institut de police de Nicolet. Il y eut aussi des rumeurs qui l’envoyait avec les Red Wings d’Adirondack et les Canadiens de Sherbrooke (où il habitait à ce moment), mais finalement, il rata la saison au complet.

Il y eut un regain d’intérêt pour Mann à l’été 1987, de la part entre autres de Calgary, New Jersey et Pittsburgh. Ayant offert un contrat de deux ans et un plus gros montant, ce sont finalement les Penguins qui l’ont convaincu. On voulait faire de lui le protecteur de Mario Lemieux. Il ne joua par contre que 9 matchs avec Pittsburgh. Il joua aussi à Muskegon dans la Ligue internationale, mais rata la majeure partie de la saison en raison d’une blessure à un bras.

L’année suivante, il y avait une nouvelle administration à Pittsburgh et Mann ne faisait plus partie des plans. Espérant qu’il prenne sa retraite, on l’envoya avec le Ice d’Indianapolis, une équipe indépendante de l’IHL, où il écoula la dernière année de son contrat.

Par la suite, il s’est établi en Mauricie, où il a investi en immobilier. Au fil des ans, celui que tous qualifient de sympathique a participé à des centaines de matchs des anciens et à une multitude de parties de balle-molle pour une variété d’activités et d’oeuvres de charité.

Si sa fiche de 10 buts et 20 passes et 895 minutes de pénalité en 293 matchs montre bien qu’il a rempli le mandat qu’on s’attendait de lui, il demeure qu’il aurait bien aimé qu’on lui laisse la chance de montrer l’ensemble de son talent de hockeyeur.

Aux dernières nouvelles, Mann s’occupe de patinoires extérieures dans la région de Trois-Rivières.

S’il nous lit, nous le saluons!

Sources :

Croc, juillet 1985, page 52,

″Jimmy Mann libéré sans condition″, PC, 23 mars 1979, Le Soleil, page C1,

″Que puis-je demander de plus″ - Jimmy Mann de Mario Goupil, 10 août 1979, La Tribune, page 19,

″Mann pourrait être poursuivi″, PC, 19 janvier 1982, La Presse, page S6,

″Gardner trouve légère la suspension de Mann″, UPI, 29 janvier 1982, La Presse, page S5,

″Que vient faire Mann avec les Nordiques?″ de Maurice Dumas, 7 février 1984, Le Soleil, page C1,

″Jimmy Mann arrive dans de bonnes dispositions″ d’André Bellemare, 8 février 1984, La Presse, page S17,

″Jimmy Mann de retour à Winnipeg?″, PT, 19 août 1986, La Tribune, page D1,

″Jimmy Mann sans emploi″ de Pierre Turgeon, 12 septembre 1986, La Tribune, page D1,

″Douris rappelé à Winnipeg″ de Pierre Turgeon, 28 octobre 1986, La Tribune, page D3,

″Mieux vaut pour Kordic que je ne retourne pas dans la Ligue Nationale″, MG, 17 janvier 1987, La Tribune, page D1,

″750,000$ pour 10 buts et une bonne gauche″ de Mario Goupil, 3 décembre 1988, La Tribune, page D1,

″Jimmy Mann aurait bien voulu jouer au hockey″ de Mario Goupil, 25 février 1993, La Tribune, page B3,

″Jimmy Mann se désole de l’interdiction de jouer au hockey à l’extérieur″, Toujours le matin, 3 décembre 2020, Ohdio (radio-canada.ca),

hockedraftcentral.com, wikipedia.org.

vendredi 23 août 2024

Joueur oublié des 90's #94 - Andrew McBain

 


 

 

Fort d'une saison de 120 points en 1982-83 avec les Centennials de North Bay de la OHL, l'ailier droit Andrew McBain faisait saliver les recruteurs de la LNH par sa grande stature et son potentiel de futur «power forward» à 6'3" et presque 200 livres. Les Jets de Winnipeg firent donc sa sélection avec le 8e choix au total du repêchage de 1983, tout de suite devant Cam Neely par les Canucks.

McBain refusa ensuite l'invitation de l'équipe canadienne en vue des jeux olympiques de 1984 pour passer directement aux Jets en 1983-84. Sa saison recrue fut somme toute respectable sans être spectaculaire avec une fiche de 11 buts et 19 passes pour 30 points. Il régressa toutefois lors des deux saisons suivantes, ne marquant que 7 buts en 1984-85 et ratant alors la majorité de la saison 1985-86 suite à une blessure au genou. 

Il connut ensuite une saison de seulement 32 points en 1986-87, ce qui confirma les soupçons des fans selon quoi il était définitivement un flop. Il aurait probablement été mieux pour lui de participer aux Olympiques de 1984 ou de démarrer sa carrière professionnelle dans les mineures plutôt que de passer directement du junior à la LNH. Les fans lui reprochaient également son manque d'implication physique, surtout considérant son physique avantageux.

Sa chance tourna toutefois lors de la saison 1987-88 lorsqu'il fut jumelé au prolifique Dale Hawerchuk sur la première ligne des Jets. Il répondit alors avec une saison de 63 points dont 31 buts, en plus de s'imposer davantage physiquement avec 145 minutes de pénalité. Il reprit de plus belle en 1988-89 avec 77 points dont un sommet en carrière de 37 buts. Il faisait également partie des meneurs de la ligue lors de ces deux saisons pour les buts marqués en avantage numérique.

Alors qu'il semblait être finalement en voie d'atteindre son potentiel, sa carrière dérailla plutôt lorsqu'il fut inclus dans un échange impliquant 6 joueurs avec les Penguins de Pittsburgh. En compagnie de Jim Kyte et Randy Gilhen, il prit le chemin de Pittsburgh en retour de Randy Cunneyworth, Dave McLlwain et du gardien Rick Tabaracci. 

Espérant qu'il devienne un autre atout offensif au sein des dangereux Penguins, McBain ne sembla aucunement pouvoir faire sa place. Il fut délogé des deux premiers postes d'ailiers droits par des joueurs plus compétents comme Mark Recchi et Rob Brown. Il se retrouva alors sur la 4e ligne et n'obtint que 5 buts et 14 points en 41 matchs. À la mi-saison 89-90, il fut échangé aux Canucks de Vancouver dans un autre échange à 6 joueurs. McBain, Dan Quinn et Dave Capuano prirent alors le chemin de Vancouver en retour de Tony Tanti, Barry Pederson (dans un échange-retour) et Rob Buskas.

McBain semblait initialement être un meilleur fit à Vancouver et obtint quelques points suite à la transaction, mais il se blessa et rata la moitié des matchs restants à cette saison 89-90 qu'il termina avec 25 points en 67 matchs entre les deux équipes.

 
Erreur sur cette carte alors qu'il s'agit plutôt de Jim Sandlak sur la photo


Après une dizaine de matchs sans éclats au début de la saison 1990-91, il fut rétrogradé dans les mineures pour la première fois de sa carrière. Il passa donc la majorité des deux années suivantes avec les Admirals de Milwaukee, ne revenant à Vancouver que pour six matchs, où il ne récolta qu'un seul but. 

Sa carrière dans la LNH vraisemblablement terminée, il eut toutefois la chance de se retrouver un poste suite aux nombreuses expansions du début des années 90. C'est alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa pour leur saison inaugurale de 1992-93. 

En fait, les Sénateurs originaux semblaient contenir de nombreux anciens choix de premières rondes qui avaient déçu. En plus de McBain, les Sénateurs de 92-93 comprenaient des joueurs comme Neil Brady (3e au total en 1986 par New Jersey), Jody Hull (18e au total en 1987 par Hartford), Dave Archibald (6e au total en 1987 par Minnesota) et Darren Rumble (20e au total en 1987 par Philadelphie). Il y avait aussi le collègue de McBain à la cohorte de 1983, Sylvain Turgeon (2e au total par Hartford). Ce dernier a tout de même connu une meilleure carrière que les autres joueurs sus-mentionnés.


McBain joua deux saisons à Ottawa, mais était définitivement sur du temps emprunté dans cette faible équipe avec qui il amassa dans l'ordre 23 et 19 points. Il fut libéré après la saison 1993-94, saison où il retourna aussi dans les mineures pour une vingtaine de matchs.

McBain alla ensuite terminer sa carrière dans la IHL avec le Thunder de Las Vegas en 1994-95 et ensuite une dernière saison avec les Komets de Fort Wayne.

En 608 matchs dans la LNH, McBain obtint 129 buts et 172 passes pour 301 points. De ces 301 points, presque la moitié furent obtenus durant ses deux seules bonnes saisons 1987-88 et 1988-89 (140 points).

Son fils Jack McBain fut repêché en 3e ronde par le Wild en 2018. Il fait présentement partie de l'organisation de l'Utah. 


jeudi 13 juin 2024

La dernière Coupe Avco


C’est il y a maintenant 45 ans que l’Association mondiale de hockey (AMH) a cessé ses activités. Avec ses innovations, ses coups d'éclat, mais aussi ses histoires parfois chaotiques, la ligue a dû peiner pour attirer l’attention et se démarquer de sa rivale mieux établie, la LNH.

Au niveau du titre, bien qu’elle ait donné lieu à du jeu très intéressant, avec des joueurs de qualité, la Coupe Avco n’avait évidemment pas le prestige de la Coupe Stanley. Toutefois, lors de la dernière saison du circuit maudit, il y avait un défi supplémentaire.

La fusion entre la LNH et l’AMH (ou si vous préférez l’absorption des équipes restantes de l’AMH) était dans l’air depuis un moment. Ce ne fut donc pas une totale surprise lorsque la Ligue nationale, deux semaines après avoir voté contre, a finalement voté pour la proposition, le 22 mars 1979. C’est le lendemain que le tout fut confirmé par les quatre équipes restantes de l’AMH (Edmonton, Hartford, Québec et Winnipeg, Birmingham et Cincinnati furent exclus). Par contre, à ce moment, les équipes devaient toujours disputer 13 ou 14 matchs pour compléter leur saison, avant de se lancer en séries. À quel genre de compétition devrait-on s'attendre lorsqu’on sait déjà que tout ça disparaîtra sous peu?

Au niveau des joueurs, les compétiteurs veulent gagner, mais il faut aussi garder en tête qu’il y avait beaucoup d’incertitude. Les règles ″d’expansion″ dures envers les équipes de l’AMH faisaient en sorte qu’il était loin d’être évident qu’elles parviendraient à conserver leurs joueurs. De plus, la disparition de deux équipes impliquait forcément la perte de postes. Les hockeyeurs avaient donc intérêt à ne pas lever le pied et à se faire valoir en vue de l’année suivante.

Au niveau des médias et du public, c’est un peu différent. Si on regarde par exemple pour la ville de Québec, on peut voir en consultant Le Soleil de l’époque qu’une fois la déception passée suite au balayage des Nordiques contre les Jets en demi-finale, l’espace consacré à l’AMH diminue sensiblement. La priorité est plutôt accordée aux modalités de passage des Nordiques à la Ligue nationale, avec les défis organisationnels que ça impliquait. La couverture de la finale de la Coupe Stanley, où les Canadiens avaient la possibilité de gagner un quatrième titre de suite, prenait également beaucoup de place. La finale de l’AMH était donc limitée à de petits articles d’agence de presse dans des pages lointaines, les journalistes locaux étant occupés à autre chose.

La finale opposa les champions en titre, Winnipeg, contre Edmonton. À noter par contre que les Oilers (avec leur nouveau joueur, Wayne Gretzky) avaient dominé la saison régulière. Par contre, une fois en finale, si Edmonton a massacré Winnipeg à deux reprises (8-3 et 10-2), les expérimentés Jets ont remporté trois matchs serrés, avant de conclure avec une victoire de 7-3.

C’est le robuste Dave Semenko des Oilers qui a marqué le dernier but de l’histoire de l’AMH, en déjouant Gary "Suitcase" Smith.

Lors des entrevues d’après-match, l’entraîneur des Jets, Tom McVie, était déjà passé à autre chose, en mentionnant ce qu’il rechercherait pour sa future équipe de la LNH. De son côté, le richissime propriétaire des Oilers, Peter Pucklington, était tout de même déçu de la défaite, malgré le fait qu’après de longues et pénibles négociations, il avait finalement obtenu son entrée dans la Ligue nationale. Quant à Dennis Sobchuk, alors avec les Oilers et qui connut son lot de difficulté au cours de sa carrière, il rata le chant du cygne de la ligue, en raison… d’un bête empoisonnement alimentaire.

On statua alors que les Jets, qui avaient remporté trois titres en sept ans, pourraient conserver la Coupe Avco. Par contre, il y en avait trois copies. Les deux autres sont maintenant au Temple de la renommée à Toronto et en Nouvelle-Écosse.

Comme les Jets remportèrent le dernier titre du circuit maudit le 20 mai 1979, il en fut question dans les journaux de l’édition du 21 mai. Par contre, il s’agissait aussi de la journée où les Canadiens avaient la chance de terminer leur série contre les Rangers en finale de la Coupe Stanley (ce qu’ils ont effectivement fait). La dernière Coupe Avco a donc été plutôt éclipsée par la finale de la grande ligue.

Le 22 mai, les Jets ont organisé leur parade. Il s’agissait par contre aussi d’une journée d’élection fédérale, qui avait évidemment aussi beaucoup attiré l’attention pendant cette période.

Suite à la victoire des Conservateurs de Joe Clark sur les Libéraux de Pierre Elliott Trudeau, la question était plutôt de savoir si les fonds promis pour l’agrandissement du Colisée (nécessaire pour le passage à la Ligue nationale) seraient toujours disponibles.

Ils le furent. Les Nordiques passèrent donc à la Ligue nationale. On enterra ainsi discrètement l’AMH, qui fut tout de même brièvement ressuscitée plus tard.

Sources :

″La Nationale dit oui à l’expansion″, PC, Le Soleil, 23 mars 1979, page C1,

″La LNH à Québec l’automne prochain″ de Claude Larochelle, Le Soleil, 24 mars 1979, page A1,

″Les Jets en quête d’un troisième titre″, PC, Le Soleil, 10 mai 1979, page C2,

″Les Jets gagnent la première″, Le Soleil, 12 mai 1979, page C7,

″Champagne for Jets, but beer for Oilers″, CP, May 21 1979, Calgary Herald, page C2,

″Les Jets pourront garder la Coupe Avco″, UPI, Le Soleil, 22 mai 1979, page C7,

″Lamontagne croit que les conservateurs ne bloqueront pas l’agrandissement du Colisée″, PC, Le Soleil, 23 mai 1979, page A2,

″Sport en bref - Hockey″, Le Soleil, 23 mai 1979, page F5,

hhof.com.

vendredi 19 avril 2024

Vintage Coyotes



 

Vous souvenez-vous des Coyotes de l'Arizona? 

Ça nous rajeunit pas mais déjà 24 heures nous séparent du moment où cette équipe chère à nos cœurs est officiellement devenue une équipe du passé. On ne le savait pas encore jadis, mais la société a vraiment vécu un changement profond depuis la disparition de cette franchise, tellement qu'on peut parler d'un avant Coyotes et d'un après Coyotes.

Alors aujourd'hui, replongeons-nous dans le passé. Comme on se souvient avec bonheur d'anciens joueurs qui ont porté le fleurdelysée ou le vert et bleu hartfordien, souvenons-nous maintenant de ces vaillants joueurs qui ont un jour porté gracieusement le chandail... euh... bourgogne-brun-kaki-beige-mauve de l'équipe arizonienne.


D'abord, il est encore plus difficile de nous en rappeler tellement ça fait des lustres, mais les Coyotes étaient auparavant une autre équipe du nom des Jets de Winnipeg. 

Non, pas nos Jets de Winnipeg actuels qui eux étaient aussi une fois auparavant jadis les anciens Thrashers d'Atlanta. Je parles plutôt des premiers Jets de Winnipeg, ceux qui furent initialement créés en 1972 dans la ligue ancestrale de l'AMH. 

Même que ces deuxièmes Jets ont bien failli ramener les Coyotes à Winnipeg en 2010 avant de voir la ville de Glendale garder les Coyotes et se rabattre ensuite sur Atlanta comme plan B.

Proposition de logo rejetée

 

Mais je ne vais pas vous énumérer l'ensemble de l'histoire de la franchise. Je l'ai fait en détails il y a quelques mois

Comme je l'ai fait aussi avec mon texte «Vintage Thrashers», voici plutôt quelques Coyotes oubliés:

Mike Gartner


Le prolifique Mike Gartner, auteur de 708 buts dans la LNH, a terminé sa carrière en Arizona où il joua deux saisons. Il marqua en fait le premier but de l'équipe, et par le fait même premier tour du chapeau, lors du deuxième match de l'histoire de l'équipe le 7 octobre 1996. Les Coyotes avaient précédemment perdu leur premier match 1-0 contre les autres défunts Whalers de Hartford. Gartner s'était joint aux Coyotes comme joueur autonome, peu après l'annonce du déménagement de Winnipeg.

Il marqua 32 buts en 1996-97, ce qui était alors un record avec une 17e saison de 30 buts en carrière. Ce record fut plus tard battu par Alex Ovechkin.

Parris Duffus
 

Allons dans l'obscur maintenant. 

Un des illustres coéquipiers de Gartner lors de cette première saison des Coyotes, le gardien Parris Duffus joua son seul match en carrière dans la LNH avec les Coyotes le 27 février 1997, allouant 1 but en relève à Nikolai Khabibulin lors d'une défaite de 6-2 contre Vancouver.


Garth Murray

Tant qu'à se remémorer d'anciens Coyotes, autant faire une pierre deux coups et se rappeler également d'un ancien du CH. Garth Murray fut obtenu des Rangers par le Canadien en 2005 en retour du décevant Marcel Hossa. Il devint une sorte de joueur culte à Montréal par son jeu acharné mais le club le plaça au ballotage en 2007. Il s'amena à Phoenix en 2008-09 comme agent libre et y joua 10 matchs sans récolter de points. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Fun fact, le frère de Marcel Hossa, Marian, termina lui aussi sa carrière avec les Coyotes. Du moins, son contrat se termina avec les Coyotes...

Autre fun fact, Marcel s'est aussi ramassé en Arizona en fin de saison 2007-08. En 14 matchs avec le club, il n'amassa aucun point. Il est donc à égalité avec son frère à ce niveau chez les Coyotes.


Oleg Tverdovsky


Meilleur défenseur offensif des débuts du club en Arizona, Oleg Tverdovsky obtint 10 buts et 55 points en 1996-97, soit le 4e rang parmi les défenseurs de la LNH. Il participa également au match des étoiles. Son parcours à Phoenix commença à dérailler après cette excellente saison. En dispute contractuelle durant l'été, il fit la grève au début de la saison 1997-98 et joua une dizaine de parties dans la ligue américaine avec les Bulldogs d'Hamilton. Il n'obtint que 19 points en 46 matchs durant cette demie-saison écourtée et seulement 25 points en 82 matchs la saison suivante. 
 
De plus, il eut plusieurs chicanes avec les autres vedettes des Coyotes dont le capitaine Keith Tkachuk et surtout Jeremy Roenick. Les deux joueurs en sont même venus aux coups à trois reprises. Plus tard, Roenick déclara dans sa biographie que Tverdovsky fut son pire coéquipier en carrière, lui reprochant son manque d'ardeur aux entraînements et qu'il gaspillait son énorme talent.

Originalement obtenu des Mighty Ducks dans l'échange de Teemu Selanne en 1996, Tverdovsky fut éventuellement retourné aux Ducks en juin 1999 et y connaitra ses meilleures saisons.


Petr Nedved
 

Un de ces joueurs qu'on a l'impression qu'il a joué pour la moitié des équipes de la ligue, Petr Nedved aboutit en Arizona comme agent libre en 2005-06. Il ne marqua toutefois que 2 buts en 25 matchs avant d'être échangé aux Flyers, sa 7e équipe en carrière.

 

Pause vidéo:

Tony Amonte

Après 9 saisons passées avec les Blackhawks, Tony Amonte signa avec les Coyotes pour la saison 2002-03. Cependant, cela n'a pas semblé être un bon fit pour personne. Les Coyotes n'allaient nulle part et firent une vente de feu en fin de saison, se débarrassant entre autres de Daniel Brière, Claude Lemieux et de Amonte qui n'avait que 13 buts et 36 points en 59 matchs. Il fut alors échangé aux Flyers pour terminer la saison.

Oleg Kvasha

Mieux connu pour avoir fait partie de l'échange malfamé envoyant Roberto Luongo et Olli Jokinen des Islanders aux Panthers, l'ailier Oleg Kvasha joua quelques saisons avec les Islanders, connaissant son meilleur résultat en 2003-04 avec 51 points. Il fut toutefois échangé aux Coyotes en fin de saison 2005-06 en retour de considérations futures. 

Ces considérations futures devinrent un choix de 3e ronde en 2006 pour les Islanders. Ce choix passa ensuite des Islanders aux Bruins en retour deux choix supplémentaires de rondes subséquentes au même repêchage. Mais avec ce choix de troisième ronde, les Bruins sélectionnèrent Brad Marchand. Avec leurs deux choix de 4e et 5e ronde, les Islanders choisirent James DeLory et Shane Sims...

Kvasha termina la saison en force avec les Coyotes avec 11 points en 15 matchs. Mais il quitta plutôt la LNH la saison suivante, jouant les 9 saisons suivantes de sa carrière dans la KHL.


Greg Adams

Un de mes joueurs cultes durant ses années précédentes à Vancouver, Greg Adams joua deux saisons avec les Coyotes à la fin des années 90, amassant chaque fois 19 buts et une quarantaine de points. Il était en fait un des seuls joueurs de la LNH à avoir auparavant joué à l'Université Northern Arizona, le seul autre étant l'éternel Bob Beers. Jouer à Phoenix était donc en quelque sorte un genre de retour à la maison pour Adams. Il joua ensuite une dernière saison avec les Panthers en 2000-01 avant de prendre sa retraite.


Benoit Hogue

Après avoir remporté la coupe Stanley avec les Stars de Dallas en 1999, Benoit Hogue dut toutefois attendre au mois de février 2000 avant de se retrouver un nouveau poste dans la LNH lorsque les Coyotes le signèrent pour terminer la saison. Il obtint 13 points en 27 matchs en Arizona et 3 points en 5 matchs en séries. Les Stars le signèrent ensuite de nouveau en 2000-01, son troisième séjour à Dallas.

Kelly Buchberger


Joueur de longue date des Oilers, Kelly Buchberger et son vieux casque Cooper se sont amenés en Arizona pour la saison 2002-03 après quelques saisons passées avec les Kings et les Thrashers. Il obtint 12 points en 79 matchs. Il joua ensuite une dernière saison avec les Penguins avant de prendre sa retraite.


Jiri Sekac

C'est avec les Coyotes que l'expérience Jiri Sekac se termina dans la LNH. Après une première saison partagée entre Montréal et Anaheim en 2014-15, Sekac débuta de nouveau avec les Ducks en 2015-16 mais passa d'abord aux Blackhawks pour 6 matchs et ensuite finalement aux Coyotes pour 11 matchs où il amassa 2 passes.

 

Une autre pause vidéo pour finir:


C'était donc «Vintage Coyotes». 

Ce n'est pas tous les jours qu'on a une nouvelle équipe défunte mais sachez qu'ici à LVEUP on est à l'affut.


On a hâte de voir la suite des choses en Utah... et possiblement la suite des choses en Arizona dans cinq ans? Hein?




1996-2024