Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est black hawks. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est black hawks. Afficher tous les articles

mercredi 14 mai 2025

Roger Jenkins


 

 

Le défenseur Roger «Broadway» Jenkins est né 18 novembre 1911 à Appleton au Wisconsin. Sa famille déménagea toutefois à Port Arthur en Ontario lorsqu'il n'avait que trois ans. 

Après avoir joué son junior à Thunder Bay et une saison senior à Edmonton, il devint la propriété des Black Hawks pour la saison 1930-31. Cependant, les Black Hawks le prêtèrent aux Maple Leafs avant que la saison commence et c'est donc avec Toronto qu'il fit ses débuts professionnels. Après 21 matchs avec les Leafs, il fut retourné à Chicago pour finir cette première saison où il n'obtint qu'une seule passe. 

La saison suivante, il fut recalé avec les obscurs Tigers du Bronx de la Canadian-American Hockey League, l'ancêtre de la AHL moderne. Les Tigers n'existeront que durant cette seule saison 1931-32. La saison suivante, Jenkins fut rapatrié à Chicago où il joua enfin une saison complète et récolta de bonnes statistiques avec 3 buts et 10 passes en 46 matchs, soit le meilleur rendement chez les défenseurs de l'équipe. Il évoluait aussi parfois comme attaquant.

En 1933-34, il joua encore toute la saison à Chicago, mais n'obtint que 4 points. Il fut toutefois en poste durant l'entièreté des séries éliminatoires et aida le club à remporter sa première Coupe Stanley. Avant que les séries commencent, Jenkins avait parié avec le gardien des Hawks Charlie Gardiner que s'ils gagnaient la coupe, il paraderait Gardiner en brouette dans les rues de Chicago lors de la parade. 

Jenkins tint parole.

Jenkins transportant Charlie Gardiner lors de la parade de 1934
 

Gardiner devint le seul gardien capitaine à remporter la Coupe Stanley dans l'histoire de cette dernière. Cependant, il souffrait d'une infection aux amygdales depuis deux saisons, et jouait constamment malgré la douleur, la fatigue et même des convulsions. Il dut même quitter le match décisif en finale contre les Red Wings, après la 3e période toujours avec une égalité de 0-0. Le match se termina en 2e période de surtemps sur un but de Mush March (tout un nom). Gardiner remporta également le Vézina cette saison-là. Malheureusement, son infection prit de l’ampleur et il mourut d'une hémorragie cérébrale deux mois après avoir été transporté en brouette par Jenkins.

Lors de l'entre-saison 1934, Jenkins fut impliqué dans une méga transaction alors que la légende du Canadien Howie Morenz prit (dans la controverse) le chemin de Chicago. En retour de Morenz, du gardien Lorne Chabot et du défenseur Marty Burke, le Canadien obtint l'excellent Lionel «Big Train» Conacher, l'attaquant Leroy Goldsworthy ainsi que Jenkins. Conacher fut toutefois échangé aussitôt aux Maroons où il avait déjà joué dans le passé.


Jenkins continua donc sa carrière avec le CH et obtint 4 buts et 6 passes en 1934-35. Il fut toutefois échangé à prix fort après cette seule saison, cette fois-ci aux Bruins. En retour de seulement Jenkins, le CH obtint le controversé et excentrique Jean Pusie et aussi le défenseur Walt Buswell qui jouera 5 solides saisons avec le faible club montréalais.

Donc Jenkins joua en 1935-36 pour un cinquième club différent en six saisons (en incluant les Tigers du Bronx). Il récolta 8 points en 42 matchs. 

Mais, encore une fois, il fut impliqué dans une autre transaction d'importance avant la saison suivante. Cette fois-ci, il retourna avec le Canadien en compagnie du légendaire Babe Siebert. En retour, les Bruins rapatrièrent Leroy Goldsworthy, en plus de mettre la main sur Sammy McManus ainsi qu'un montant de 10 000$.

Cependant, les Canadiens n'avaient que très peu de plan pour ce deuxième séjour de Jenkins. Ils le firent jouer 10 matchs sans histoire avant de le laisser languir dans les gradins. Il fut finalement libéré à la mi-décembre 1936. Le soir même, les Maroons lui firent signer un contrat d'urgence pour colmater leur défense. Mais ce ne fut que son seul et unique match avec les Maroons et il fut également laissé de côté pour les prochains matchs. Il fut finalement prêté aux Americans de New York, son 3e club de la saison. Il est d'ailleurs un des premiers joueurs de l'histoire de la ligue à avoir joué pour trois équipes durant le même calendrier.

Libéré par les Americans après la saison, il débuta ensuite celle de 1937-38 sans contrat. Il fut toutefois signé quelques semaines plus tard par son premier club, les Black Hawks. L'air de Chicago sembla parfaitement lui convenir puisqu'il retrouva finalement son aplomb, obtenant 9 points en 37 matchs, et aidant de nouveau l'équipe à remporter la Coupe Stanley. Cette fois-ci il fut un contributeur majeur en séries, obtenant 6 points en 10 matchs. 

Les Hawks de 1938 sont souvent considérés comme un des pires clubs à avoir remporté la Coupe. Le club avait raté les séries l'année précédente et s'étaient faufilé en séries avec une fiche de 14 victoires, 25 défaites et 9 nulles, ce qui était quand même bon pour la dernière position donnant accès aux séries dans leur division. Sur leur chemin, ils éliminèrent d'abord les Canadiens, et ensuite les Americans en deuxième ronde, soit deux clubs ayant abandonné dans le cas de Jenkins la saison précédente. Ils éliminèrent ensuite les Leafs en 4 matchs (d'une série 3 de 5). Les Leafs étaient également une ancienne équipe de Jenkins, mais comme vous pouvez voir, il a pas mal joué partout...

Leur pourcentage de victoire de .291 en saison demeure à ce jour un record pour un club champion de la coupe. Ils sont également le club champion ayant le moins de membres du temple de la renommée, seulement un en fait, le défenseur Earl Siebert.

Et encore une fois, j'imagine par tradition, Jenkins avait fait le pari avec le gardien des Black Hawks, cette fois-ci Mike Karakas, qu'il le transporterait en brouette. Je n'ai pas trouvé de photo cette fois-ci, seulement cette coupure de journal.


Les Black Hawks de 1938 étaient également l'équipe avec les plus de joueurs nés aux États-Unis ayant leur nom gravé sur la coupe avec 8 joueurs, incluant Jenkins.

Suite à cette deuxième coupe pour Jenkins (et les Hawks), il débuta la saison suivante à Chicago mais fut libéré après 14 matchs. Il fit alors un énième retour avec une ancienne équipe, en retournant avec les Americans de New York. C'est avec eux qu'il termina son parcours dans la LNH. Et son dernier match en saison régulière ne fut même pas complété en tant que patineur. Lors du dernier match de la saison des Americans contre les Rangers, le gardien Earl Robertson se blessa durant la deuxième période. N'ayant aucun substitut, ce fut Jenkins qui fut délégué pour remplacer Robertson. Alors qu'ils tiraient déjà de l'arrière 4-2, Jenkins alloua 7 buts et les Americans perdirent ce match 11-5, soit leur pire défaite de la saison. Ils atteignirent toutefois les séries mais s'inclinèrent en 2 matchs contre les Maple Leafs.

La saison suivante, Jenkins fut vendu aux Indians de Springfield de Eddie Shore dans la AHL. Après une saison à Springfield, il joua trois ans avec les Bears de Hershey et fut élu au passage sur l'équipe d'étoiles en 1942-43. Il mit ensuite le cap vers l'ouest pour terminer sa carrière dans les niveaux mineurs de l'ouest nord-américain. Il joua d'abord la saison 1943-44 avec les Iron Workers de Seattle de l'obscure Northwest International Hockey League, ligue purement amateure qui jouait seulement les dimanches... La NIHL se renomma sous le nom de la Pacific Coast Hockey League la saison suivante. Jenkins suivit, cette fois-ci avec les Stars de Seattle. Il joua ensuite pour les Ironmen de Seattle et termina finalement sa longue carrière en 1948 après deux saisons avec les Rockets de Tacoma.

En 327 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 15 buts et 39 passes pour 54 points. Il aura joué pour 6 clubs de la LNH, à une époque où l'on comptait entre 7 et 10 équipes par saison. Les seuls clubs où il n'aura pas joué durant son passage furent les Rangers, les Red Wings, les Quakers de Philadelphie (1930-31) et les Senators d'Ottawa/Eagles de St.Louis, 

Donc malgré une carrière assez anonyme, il aura tout de même laissé sa trace particulière, obtenant au passage deux coupes Stanley et ayant été impliqué dans plusieurs transactions majeures de l'époque. On peut dire qu'il a roulé sa brouette...


dimanche 8 décembre 2024

Bill Tobin


Il peut arriver que lorsqu’on examine les faits d’armes de quelqu’un, on en conclut qu’il n’a pas obtenu tout le mérite qui lui revient. Parfois, c’est l’inverse. On regarde le palmarès de quelqu’un et à première vue, ça semble bien rempli. Pourtant, si on gratte un peu, on se rend contre qu’il y a beaucoup de vent.

Natif d’Ottawa, Tobin se dirigea vers Edmonton en 1920 pour s’aligner avec les Eskimos de la Big Four League, une ligue senior initialement amateur. Toutefois, pour pouvoir se joindre à cette ligue, il fallait avoir habité en Alberta depuis un certain moment. Les Canadians de Calgary arguèrent alors que ce critère n’était pas rempli pour Tobin. Un comité fut formé pour étudier la question et celui-ci statua que Tobin était éligible. Par contre, l’autre équipe de Calgary, les Tigers, se plaignit de la procédure et refusa la conclusion. Les deux équipes de Calgary remirent aussi en question le statut d’amateur d’autres joueurs et voulurent que le tout soit soumis à un juge. Lorsque les Eskimos refusèrent, la ligue s’écrasa et disparut. Les Eskimos et les Tigers se joignirent alors à la WCHL (Western Canada Hockey League), une nouvelle ligue officiellement professionnelle.

Tobin joua quelques matchs avec Edmonton comme gardien jusqu’en 1925, avant de passer une année à l’extérieur du hockey.

En 1926, le baron du café, le major Frederic McLaughlin, se porta acquéreur des restes des Rosebuds de Portland de la maintenant défunte WHL, même s’il en savait peu au sujet du hockey, pour en faire une nouvelle équipe de la LNH, les Black Hawks. Tobin, connaissant certains joueurs, se pointa à Chicago pour les visiter. Il attira alors l’attention de l’excentrique et impulsif major McLaughlin, qui en fit immédiatement son adjoint.

L’administration mise en place par McLaughlin était autoritaire et bancale. Les changements d’entraîneurs se suivaient à un rythme ridicule. (Il y en eut 15, impliquant 13 individus en 18 ans.) Tobin, qui effectuait toutes les tâches que lui demandait McLaughlin, dans une période où le personnel n’était pas très nombreux, fit évidemment partie du lot, avec un passage de 23 matchs en 1929-30 et un autre de 48 matchs (il eut droit à une saison complète!) en 1931-32. Tobin ne fut pas le pire du lot, avec une fiche globale de ,500.

Le reste du temps, il fit du dépistage, dans l’ouest canadien entre autres, des négociations de contrats, des échanges, toujours selon les instructions de McLaughlin, tout en portant le titre de gérant d’affaires (business manager), avant d’hériter formellement du poste de directeur-gérant en 1942. À noter que ce titre n’existait pas à la fondation des Hawks puisque McLaughlin décidait de tout de toute façon. Étonnamment, malgré ce chaos, Tommy Gorman réussit à les amener à la Coupe en 1934 et l’ancien arbitre du baseball majeur Bill Stewart fit de même en 1938 (avec la pire fiche de l'histoire pour un champion dans ce cas).

McLaughlin mourut en 1944, mais ce ne signifia pourtant pas la fin du rôle de marionnette de Tobin. Officiellement, il se porta acquéreur avec un associé des actions de la succession de son ancien patron. Toutefois, dans les faits, le nouveau propriétaire n’était qu’un prête-nom pour James E. Norris. Celui qui détenait le Chicago Stadium était déjà propriétaire des Red Wings. Comme la ligue ne lui permettait pas de posséder deux équipes, il voulut ″appuyer″ quelqu’un pour devenir propriétaire de son locataire.

En octobre 1947, dans son style fantasque habituel, Tobin déclara qu’il n’était aucunement question d’échanger son meilleur joueur, Max Bentley, aux Leafs. Il préférait avoir Bentley dans son alignement plutôt que d’avoir en retour cinq joueurs avec un ″charley horse″ (crampe à la jambe) que lui offrirait Conn Smythe. Il en rajouta en affirmant qu’il offrait à Smythe son club affilié de Kansas City au complet, en plus du dentier de Johnny Gottselig pour obtenir Syl Apps. Quelques jours plus tard, Tobin échangea Bentley contre cinq joueurs, incluant Gaye Stewart.

Les méthodes de Tobin ne connurent pas vraiment de succès, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Hawks terminèrent ainsi en dernière place 7 fois en 8 ans, de 1946-47 à 1953-54.

Lorsque James E. Norris mourut en 1952, les Red Wings devinrent la propriété de ses enfants Bruce et Marguerite. Il n’était donc plus nécessaire ″d’appuyer″ Tobin pour être propriétaire des Hawks. C’est son autre fils, James D, qui prit sa place.

On toléra Tobin jusqu’en 1954, alors qu’Arthur Wirtz devint président et Tommy Ivan devint directeur-gérant. Le changement de régime n’eut pas d’effet immédiat, puisque Chicago termina dernier dans une ligue à 6 équipes 3 autres années supplémentaires (donc 10 fois en 11 ans).

C’est peut-être pour services rendus qu’on le conserva malgré tout dans l’entourage de l’équipe. Il avait toujours un bureau, mais sans rôle précis. Il s’y rendait pour ouvrir son courrier et jouer aux cartes avec la personne qu’il réussissait à accrocher. Les journalistes couvrant les Hawks le surnommaient l’homme du mystère. Il conserva ce ″poste″ pratiquement jusqu’à son décès, alors que son emphysème l’emporta en 1963, à l'âge de 67 ans.

En 37 ans avec l'équipe, lors de la seule période où il avait une certaine valeur ajoutée, les résultats de l'équipe ont été affreux.

Mais techniquement, il faisait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Stanley en 1960-61...  

Sources :

″Une 1ère preuve de l’échange de Siebert pour Grosso, Simon et McDonald″, 7 janvier 1945, Le Petit Journal, page 39,

″Du soir au lendemain″ de Paul Parizeau, 9 avril 1945, Le Canada, page 12,

″Déclaration sarcastique de Bill Tobin″, 29 octobre 1947, Le Canada, page 8,

″Ivan devient gérant des Hawks; Abel restera coach″, PAf, 8 juillet 1954, La Patrie, page 51,

″Good Morning″ de Vern DeGeer, April 15, 1961, Montreal Gazette, page 28,

″Bill Tobin dies in Chi″, May 8, 1963, Edmonton Journal, page 65,

″Hawks’ Bill Tobin Dies, 68″, AP, May 9, 1963, Ottawa Citizen, page 10,

wikipedia.org.

mercredi 23 octobre 2024

Doug Barkley





À l’époque des six équipes et avant qu’existe le repêchage, ce sont les Black Hawks de Chicago qui ont démontré le plus d’intérêt envers Doug Barkley. Par contre, même si dans la deuxième moitié des années 1950, les Hawks commençaient à peine à sortir d’une période sombre, Barkley eut de la difficulté à se faire une place avec le grand club. S’il parvint à jouer une poignée de matchs avec Chicago, il fut surtout balloté entre l’équipe de sa province natale de la WHL, les Stampeders de Calgary, et les Bisons de Buffalo de la Ligue américaine. Lorsque les Hawks redevinrent respectables avec l’arrivée des Bobby Hull, Stan Mikita, Pierre Pilote et Glenn Hall, ceci n’aida Barkley à sortir de l’anonymat.

En juin 1962, Barkley avait 25 ans mais il n’avait joué que 6 matchs dans la LNH. Les Hawks se servirent donc de lui comme monnaie d’échange pour obtenir John McKenzie et Len Lunde des Red Wings.


Après avoir eu une vraie chance à Détroit, Barkley put véritablement se faire valoir. Défenseur au style robuste et avec un tir puissant, il parvint à gagner des points aux yeux de son entraîneur, Sid Abel, avec sa contribution au jeu de puissance et sa capacité de corriger les erreurs de ses coéquipiers. Il vint même à un cheveu de remporter le Trophée Calder (recrue de l’année), derrière Kent Douglas, dans une cuvée qui était tout de même faible.

Sans gagner la Coupe Stanley, les Wings atteignirent la finale à quelques reprises lors du passage de Barkley dans la ville de l’automobile. Le tout prit toutefois fin de façon prématurée le 30 janvier 1966. À ce moment, Doug Mohns des Hawks tenta de lever le bâton de Barkley, mais rata son coup. C’est donc le sien qui se retrouva dans l’œil de son adversaire. Barkley fut immédiatement envoyé à l’hôpital pour y être opéré.

Les nouvelles, rapportées au quotidien, furent en dents de scie. Une journée, on se montrait optimiste, puis le lendemain, c’était beaucoup moins sûr, mais il s’agissait d’abord de spéculation, puisqu’il fallait attendre de retirer les bandages pour vraiment se faire une idée.

Après avoir envisagé que Barkley puisse reprendre l’entraînement avec un cache-œil et être prêt pour les séries, le tout fut remis à zéro lorsque sa rétine se détacha. Il eut donc une deuxième opération dans un hôpital de Boston. Sa vue progressa, puis régressa. Il y eut une troisième et une quatrième opération, mais le tout fut vain. Barkley perdit finalement son œil et celui-ci lui fut retiré.

C’est ainsi que la carrière de Barkley prit fin à seulement 29 ans, après 253 matchs. À fin de compensation, la ligue lui versa 15 000$.

Ayant perdu un rouage important, Paul Henderson affirma plus tard que cette perte d’un joueur qui cimentait l’équipe fut le début d’une longue descente aux enfers. Augmentée de décisions douteuses, d’instabilité et d’échanges malheureux, la retraite forcée de Barkley fut suivie de 15 saisons où les Red Wings ratèrent les séries en 17 ans (malgré l’arrivée sur une base régulière de nouvelles équipes d’expansion au sein de la ligue).

On lui trouva tout de même un travail chez les Wings aux relations publiques et à l’administration. En 1969-70, on lui confia les rênes de la filiale de la Ligue centrale, les Wings de Fort Worth. Au cours de l’année suivante, dans cette instabilité mentionnée précédemment, on demanda à Barkley de prendre la place de Ned Harkness derrière le banc, alors que Harkness monta au deuxième étage. Son passage fut toutefois de courte durée, puisqu’en novembre 1971, il démissionna pour laisser sa place à Johnny Wilson.

Barkley demeura dans l’entourage des Red Wings, mais ce ne fut qu’une question de temps avant qu’il retourne derrière le banc. En juin 1975, Alex Delvecchio décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant et laissa celui d’entraîneur à Barkley.

Il ne parvint toutefois pas à améliorer les choses. Le début de saison fut encore difficile, autant pour l’équipe que pour Barkley personnellement.

Le 16 novembre 1975, Détroit perdit 3-0 malgré une belle performance d’Ed Giacomin devant le filet face à son ancienne équipe, les Rangers. Après le match, Barkley parla aux journalistes dans le corridor. Ces derniers demandèrent d’aller dans le vestiaire. Barkley leur dit alors d’attendre. Walt MacPeek du Newark Star-Ledger, qui voulait parler à Giacomin, s’impatienta. Le ton monta. Barkley lança alors des insultes et des jurons, avant de le frapper à la tête et à l’épaule et de lui causer un œil amoché. MacPeek porta plainte.

Quelques semaines plus tard, le 4 décembre, après une défaite de 9-1 contre les Canucks, il fut congédié. Il s’agissait du 9e changement d'entraîneur en 8 ans. Pour ce qui est de l’accusation, elle n’a pas été retenue. Et comme Barkley avait été congédié, la ligue n’eut pas à se prononcer.

Estimant qu’avec sa fiche globale de 20-60-11, c’était terminé pour lui, Barkley retourna dans son coin de pays. Il demeura toutefois impliqué dans le hockey, en devenant brièvement entraîneur au niveau junior des Wranglers de Calgary en 1977-78.

En 1980, les Flames d’Atlanta mirent le cap sur Calgary. Barkley put alors devenir analyste de leurs matchs à la radio. Il demeura à ce poste jusqu’en 2001.

Doug Barkley demeure toujours à Calgary.

Sources :

″Barkley injures eye; Wings bow to Hawks″ de Terry O’Connor, January 31, 1966, Windsor Star, page 19,

″Barkley plays waiting game; Damage to eye serious″ de Terry O’Connor, February 1st, 1966, Windsor Star, page 18,

″Late reports on Barkley encouraging″, February 3, 1966, Windsor Star, page 27,

″Abel fears Barkley out for season″, February 5, 1966, Windsor Star, page 22,

″Last report on Barkley: encouraging″ de Terry O’Connor, February 7, 1966, Windsor Star, page 19,

″Too early on Barkley″, February 9, 1966, Windsor Star, page 23,

″Good report on Bakley″, February 11, 1966, Windsor Star, page 27,

″Lucky legs of Hull and Provost″ de Jack Dulmage, February 14, 1966, page 20,

″Doctors find more severe eye damage″, February 15, 1966, Windsor Star, page 19,

″Official: Barkley retires″, AP, June 8, 1966, Windsor Star, page 30,

″When you are 29 and the game is over″ de John Robertson, December 31, 1966, Calgary Herald, page 14,

″Barkley Enjoys His New Post With Detroit Team″, CP, Quebec Chronicle Telegraph, February 3, 1968, page 8,

″Security backfires on Barkley″, CP, January 11, 1971, Saskatoon Star-Phoenix, page 12,

″Claim Barkley new Wings’ coach″, AP, June 28, 1975, Windsor Star, page 24,

″Barkley Attacked For His Fighting″, AP, November 18, 1975, Calgary Herald, page 31,

″Detroit Fires Coack Barkley″, AP, December 5, 1975, Spokane Daily-Chronicle, page 20,

″Austerity arrives″ de Jack Dulmage, January 28, 1976, Windsor Star, page 36,

″Barkley held Wings together″ de John Down, September 23, 1980, Calgary Herald, page C1,

legendsofhocket.net, wikipedia.org.


lundi 3 juin 2024

Al MacNeil





Au milieu des années 1950, les Maple Leafs connurent une période plus difficile, incluant la seule fois où ils terminèrent derniers pendant la période des ″Original Six″, soit en 1957-58. Ceci représenta une opportunité pour Al MacNeil, un défenseur robuste, mais ce ne fut pas suffisant pour qu’il se taille une place en permanence. De 1955-56 à 1959-60, il alterna entre les Americans de Rochester de la Ligue américaine et Toronto, jouant entre aucun et 53 matchs dans la grande ligue.

En juin 1960, MacNeil passa aux gagnants des cinq dernières coupes, les Canadiens, en retour de Stan Smrke. Même si, suite à la retraite de Maurice Richard, les Canadiens étaient dans un changement de cycle, MacNeil ne parvint pas à se faire une place à Montréal et fut assigné aux Canadiens de Hull-Ottawa. En 1961-62, il devint finalement un régulier dans la LNH, mais ce fut sa seule saison avec le Tricolore, puisqu’en mai 1962, il fut échangé à Chicago contre Wayne Hicks.

MacNeil passa quatre saisons avec les Hawks, incluant une présence en finale en 1965, où Chicago poussa Montréal à un septième match, mais que les Canadiens remportèrent.

C’est par le repêchage intra-ligue qu’en juin 1966, il se retrouva avec les Rangers, avant de prendre le chemin de Pittsburgh par l’entremise du repêchage d’expansion de 1967. Ce sera sa dernière saison dans la Ligue nationale.

En juin 1968, les Penguins l’échangèrent aux Canadiens, mais il se retrouva plutôt avec les Apollos de Houston de la CHL comme joueur-entraîneur, avant d’occuper le même poste avec les Voyageurs de Montréal dans la Ligue américaine en 1969-70.

On demanda ensuite à MacNeil de devenir l’adjoint de Claude Ruel derrière le banc des Canadiens. Ce dernier, qui avait remplacé Toe Blake en 1968-69, a connu du succès immédiatement, remportant la Coupe Stanley. L’année suivante fut moins glorieuse, alors que les Canadiens ratèrent les séries pour la première fois depuis 1947-48. C’est à ce moment qu’on demanda à MacNeil devenir son adjoint.

En décembre 1970, les choses n’allaient pas. Ruel évoqua une trop grande pression et on finit par le relever de ses fonctions. On demanda alors à MacNeil de prendre la relève. Originaire du Cap Breton, il devint alors le premier entraîneur-chef de la LNH originaire des Maritimes. Par contre, il devint aussi le premier entraîneur-chef des Canadiens qui ne parlait pas français depuis Dick Irvin, qui avait quitté en 1955. La réaction initiale ne fut pas hostile envers lui, mais on critiqua plutôt le directeur-gérant, Sam Pollock. On lui reprocha d’œuvrer dans le secret et de ne pas être doué pour les relations publiques. On se demanda aussi pourquoi il avait pris tant de temps avant de se rendre compte que Ruel n’avait pas ce qu’il fallait et si ce n’était pas le début d’un déclin du Tricolore.

Au mois de mars, MacNeil eut l’idée de rappeler et d’utiliser un jeune gardien, Ken Dryden, plutôt que ses gardiens réguliers, Rogatien Vachon et Philippe Myre. L’expérience fut concluante, alors que Dryden remporta ses six matchs et afficha une moyenne de 1,65.

Lorsqu’arrivèrent les séries, Montréal devait affronter la meilleure équipe de la saison régulière et les vainqueurs de la coupe de l’année précédente, les Bruins de Bobby Orr. MacNeil laissa planer le suspense quant à son choix de gardien, mais opta finalement pour Dryden, qui en bout de ligne joua chaque minute des séries.

Après une remontée miraculeuse lors du deuxième match, Montréal sema un doute dans la tête des Bruins, avant de causer une grande surprise, éliminant Boston lors du septième et ultime match.

Le deuxième tour aurait dû être plus facile, mais les North Stars poussèrent tout de même les Canadiens jusqu’à un sixième match. Le prochain rendez-vous serait donc avec Chicago, en finale.

Les quatre premiers matchs furent remportés par l’équipe à domicile. Lors du cinquième, à Chicago, Henri Richard fut très peu utilisé. Après le match, remporté par les Hawks 2-0, le Pocket Rocket explosa. Il exprima aux journalistes sans aucune retenue son mépris pour MacNeil, qu’il qualifia d’incompétent et de pire instructeur pour lequel il avait joué. Il ajouta qu’il était mélangé et qu’il chambardait tout. On reprocha également à MacNeil de ne pas avoir d’atomes crochus avec les francophones. Richard confia plus tard à Frank Mahovlich, qui lui appréciait MacNeil, qu’il avait simplement pété les plombs. Selon Michel Blanchard de La Presse, Pollock savait qu’il avait fait une erreur en nommant MacNeil et se préparait à la corriger, mais le moment était plutôt incongru. Ceci ne l’empêcha pas de rencontrer Scotty Bowman, qui avait quitté les Blues.

Lors du septième match, Chicago menait 2-1, mais Richard a montré de quel bois il se chauffait. Il marqua deux buts et Montréal l’emporta 3-2. Dryden, étincelant, remporta le trophée Conn Smythe. Ouvertement contesté, MacNeil était néanmoins champion de la Coupe Stanley.

Pollock rebrassa ensuite ses cartes (son expression). Scotty Bowman devint entraîneur et MacNeil retourna dans la Ligue américaine, bague de la Coupe Stanley au doigt.

Le club école, qui était maintenant dans sa province natale, eut du succès avec MacNeil derrière le banc. Dès leur première année, en 1971-72, les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse remportèrent la Coupe Calder. MacNeil les mena également au titre en 1975-76 et 1976-77.

Il devint ensuite directeur du personnel à Montréal, puis dépisteur professionnel. Il fit ainsi partie des équipe gagnantes de la Coupe Stanley en 1978 et en 1979.

Comme Scotty Bowman, il n’a pas apprécié que ce soit Irving Grundman qui soit choisi pour succéder à Pollock en 1978. Il devait donner un coup de main à son nouveau patron, mais il se mêla finalement un peu trop du travail de Bowman, qui était déjà de mauvaise humeur.

En 1979, son ancien collègue à Montréal, Cliff Fletcher cherchait un remplaçant à Fred Creighton, congédié comme entraîneur des Flames d’Atlanta. Il préféra finalement MacNeil à Don Cherry, Bob Pulford, Bowman et Roger Neilson. Cherry se retrouva avec les Rockies du Colorado, Bowman avec les Sabres de Buffalo.

MacNeil ne fut qu’un an en Géorgie, puisqu’en 1980, l’équipe déménagea à Calgary. Si une caractéristique des Flames lors de leur période à Atlanta était leurs insuccès en séries malgré de bonnes saisons régulières (2 victoires en 17 matchs sur 8 ans), les choses changèrent à Calgary. À leur première année, ils se rendirent jusqu’au troisième tour, avant de s’incliner contre le Minnesota.

L’année suivante fut un retour à la normale, lorsque les Flames furent balayés au premier tour par les Canucks. MacNeil fut alors remplacé par Bob Johnson, mais il demeura dans l’organisation comme directeur du développement, puis adjoint au directeur-général. C’est dans ces fonctions qu’il remporta une quatrième Coupe Stanley en 1989.

Alors qu’il était conseiller du directeur-gérant Craig Button en 2002-03, il fut nommé entraîneur par intérim pour remplacer Greg Gilbert, jusqu’à la nomination de Darryl Sutter.

MacNeil a pris sa retraite en 2006. Il est membre du Temple de la renommée de la Ligue américaine depuis 2014.

Son petit-fils, Jack Sparkes, a été repêché en sixième ronde par les Kings en 2022.

Duchesne, André, Le Canadien: un siècle de hockey à La Presse, Les Éditions La Presse, 2008, pp.103-104, 118,

Dryden Ken, Scotty, A Hockey Life Like No Other, McClelland & Stewart, 2019, pp.169-170,

″Une première Victoire pour Allister Wences MacNeil″ de Gilles Terroux, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Pollock n’a pas joué franc jeu dans l’affaire Ruel…″ de Gilles Terroux, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Actualité-Express″ d’André Trudelle, 4 décembre 1970, La Presse, page B1,

″Les problèmes des Canadiens ne sont pas véritablement résolus″ de Jean Aucoin, 4 décembre 1970, Montréal-Matin, page S2,

″MacNeil a la main heureuse en faisant appel à Dryden″ de Gilles Terroux, 15 mars 1971, La Presse, page C1,

″Nous jouerons notre partie – Al MacNeil″ de Jean Aucoin, 7 avril 1971, Montréal-Matin, page 60,

″Hors-jeux de Boston″ de Pierre Gobeil, 8 avril 1971, Montréal-Matin, page 79,

″Le Canadien devra vaincre et les Black Hawks et l’instructeur Al MacNeil″ de Michel Blanchard, 14 mai 1971, page B1,

″Al MacNeil abandonne les Canadiens pour les Flames″, 8 juin 1979, Le Soleil, page C3,

″Bowman a un pied dans la porte, MacNeil l’a franchie″ de Bernard Brisset, 8 juin 1979, La Presse, page B1,

″Gilbert congédié″, PC, 4 décembre 2002, Le Soleil, page S9,

″The quiet hockey giant who just walked away″ de Steve Simmons, February 13, 2021, National Post (pressreader.com),

hockey-reference.com, wikipedia.org.

mercredi 3 janvier 2024

Gloire et misère: Chicago



 


Chaque franchise de la LNH ayant connu des hauts et des bas, j'ai pensé analyser chaque franchise sous deux angles différents, soit ses années de gloire d'un côté (l'âge d'or) et ses années de misère de l'autre (l'âge de crotte), tout en omettant en grande partie de parler des années «normales». Bien sûr, on peut souvent retrouver plus d'un âge d'or ou âge de crotte. Et vous allez voir que parfois la «gloire» et la «misère» sont relatives selon l'équipe. Genre que je sais pas trop ce que ça va donner côté gloire pour les Blue Jackets, mais on verra rendu là.

J'ai en même temps établi quels ont été les différents «No man's land» de la LNH au cours des années, soient les pires endroits où on pouvait se retrouver comme joueur et/ou comme fan.

Aujourd'hui, on s'attaque aux Blackhawks. Un gros morceau.


Cliquez ici pour les chapitres précédents:
Anaheim, Arizona, Boston, Buffalo, Calgary, Caroline


Années de misère: 1927-28 à 1928-29

La franchise des Blackhawks fut créée en 1926 et comme base pour la nouvelle équipe, les dirigeants achetèrent l'entièreté des droits des joueurs des défunts Rosebuds de Portland de la Western Hockey League qui venait tout juste de fermer ses portes. Au même moment, le nouveau club de Détroit fit de même en s'appropriant les contrats des anciens Cougars de Victoria.

Le premier propriétaire des Blackhawks se nommait Frederic McLaughlin, qui nomma l'équipe sous ce nom à son arrivée. Il était un homme impatient et en tant que proprio, il n'hésitait pas à s'incruster dans le fonctionnement de son équipe, n'hésitant pas à renvoyer coach ou DG dès qu'il voyait un problème. 

Après la première saison des Hawks en 1926-27 où ils réussirent à se faufiler en séries avec une fiche de 19-22-3, McLaughlin croyait que son équipe aurait dû terminer au premier rang. L'entraîneur Pete Muldoon modéra les attentes de son boss qui le renvoya aussitôt après l'élimination des Hawks.


Muldoon aurait alors dit à McLaughlin que s'il était renvoyé, il causerait une malédiction à l'équipe qui ne terminerait jamais au premier rang. Le journaliste Jim Coleman raconta plus tard qu'il avait inventé cette histoire de toute pièce pour vendre son journal mais la malédiction de Muldoon devint tout de même une légende urbaine à Chicago qui ne remporta jamais la première place avant 1967, bien après la mort de Muldoon et McLaughlin.

La malédiction sembla avoir un véritable effet dès la saison suivant le renvoi de Muldoon, puisque les Hawks terminèrent derniers avec une fiche de 7-34-3. Le même scénario se répéta en 1928-29 avec une fiche presque identique de 7-29-8. On vit passer trois nouveaux entraîneurs à Chicago durant ces deux saisons de misère.

Pour ajouter à tout ça, ils durent également passer l'entièreté de la saison 1928-29 en dehors de Chicago puisque le nouveau Chicago Stadium n'était pas encore terminé. Ils partagèrent alors la moitié du calendrier à l'Olympia de Détroit, et l'autre dans un aréna de 5000 à Fort Erie, près de Buffalo mais du côté canadien.


Années de gloire: 1933-34 à 1937-38

Malgré l'ingérence de McLaughlin qui continuait les portes tournantes chez ses entraîneurs durant les années suivantes, les Hawks commencèrent à devenir bons et développèrent finalement de bons joueurs, principalement Johnny Gottselig qui jouera avec l'équipe de 1928 à 1945. Avec l'arrivée de Lionel Conacher et du gardien Chuck Gardiner, les Hawks se rendirent en finale dans une cause perdante en 1931 mais continuèrent de demeurer compétitifs durant les difficiles années 30, le tout culminant par deux conquêtes de la coupe Stanley.

La première fut remportée en 1934 contre les Red Wings, tandis que la deuxième fut remportée in extremis en 1938 alors que les Hawks avaient terminé au 6e rang d'une ligue à 8 équipes avec une fiche de 14-25-9. Ils gagnèrent les deux premières rondes lors de matchs décisifs en prolongation, premièrement contre les Canadiens en première ronde et ensuite contre les Americans de New York en deuxième. Ils gagnèrent ensuite la finale contre les Maple Leafs, finale durant laquelle leur gardien Mike Karakas était blessé et durent se rabattre sur un gardien d'urgence, Alfie Moore. Une histoire assez abracadabrante ici d'ailleurs.

Karakas parvint par revenir et remporter la série. À ce jour les Blackhawks de 1938 demeurent l'équipe avec la pire fiche en saison régulière à avoir remporté la coupe.


Années de misère: 1944-45 à 1957-58
ALERTE NO MAN'S LAND

McLaughlin mourut en 1944 et la franchise fut vendue à son adjoint du nom de Bill Tobin. Ce dernier n'était toutefois qu'une parure alors que l'équipe était réellement sous le contrôle de James E. Norris, proprio des Red Wings et également du Chicago Stadium depuis 1936. 

Des manigances similaires de Norris firent en sorte qu'il avait contrôle total ou de l'influence majeure sur les 4 équipes américaines, étant proprio des Red Wings et du Chicago Stadium, en plus d'être actionnaire du Madison Square Garden et du Gardens de Boston. Cela mena à ce qu'on appelle ici «la ligue à deux vitesses» avec d'un côté les Canadiens, Maple Leafs et Red Wings, et de l'autre les Rangers, Bruins et Blackhawks comme enfants pauvres et négligés.


 

Donc entre 1944 et 1958, les Blackhawks ne firent les séries qu'à deux reprises (1946 et 1953) et terminèrent derniers à 9 reprises, dont 4 saisons consécutives de de 1953-54 à 1956-57, ce qui les confirme comme «no man's land» définitif de l'époque.

C'est en 1952 que le fils de Norris, James D. Norris, prit contrôle de l'équipe en compagnie de Arthur Wirtz et les deux commencèrent à rendre l'équipe davantage compétitive et graduellement mettre fin à cette ère à deux vitesses. L'équipe était encore toutefois considérée comme la Sibérie de la LNH, particulièrement lorsque le légendaire Ted Lindsay des Red Wings y fut expédié en 1957 en rétribution à sa participation à la tentative d'une création d'une association des joueurs.


Années de gloire: 1960-61 à 1972-73

Vers la fin des années 50, les Hawks avaient définitivement frappé fort en obtenant et développant 3 joueurs légendaires; Bobby Hull, Stan Mikita et Pierre Pilote. De plus, l'arrivée de Lindsay et du gardien Glenn Hall lors du même échange vint galvaniser davantage cette jeune équipe qui remporta finalement les grands honneurs en 1961, après deux sorties en première ronde les deux saisons précédentes aux mains des Canadiens.

Durant la décennie, Chicago avait main mise sur le trophée Art Ross avec Hull (1959-60, 1961-62 et 1965-66) et Mikita (1963-64, 1964-65, 1966-67 et 1967-68). Les deux remportèrent également le trophée Hart, Hull en 64-65 et 65-66 tandis que Mikita le remporta en 66-67 et 67-68. 

Pilote n'était pas en reste non plus, alors qu'il fut le récipiendaire du trophée Norris pendant trois saisons consécutives, soit de 1962-63 à 1964-65. 

Glenn Hall remporta le Vézina à deux reprises, tandis que Bill Hay et Tony Esposito remportèrent le Calder en 1959-60 et 1969-70 respectivement, avec également un Vézina pour Esposito en 69-70, 71-72 et 73-74. Les Hull et Mikita, ainsi que Ken Wharram, remportèrent également le Lady Bing à quelques reprises.



L'équipe termina en première place en 1966-67. Malgré qu'il ne regagnèrent pas la coupe durant cette période, ils retournèrent en finale en 1962, 1965, 1971 et 1973.

Cette période de gloire se termina toutefois au même moment en 1973, un an après que Bobby Hull ait fait sa fameuse défection dans l'AMH, marquant la fin d'une ère à Chicago et dans la LNH avec l'arrivée de son premier et seul véritable compétiteur. Il y eut d'ailleurs une équipe de l'AMH implantée directement à Chicago, les Cougars, entre 1972 et 1975, qui ne jouait toutefois pas dans le même amphithéâtre.

L'équipe demeura compétitive durant le restant des années 70 mais ne dépassa jamais plus la deuxième ronde, et la vieille garde des Hull, Mikita, Esposito et autres Keith Magnuson disparut peu à peu.


Années de gloire: 1981-82 à 1994-95

Sans avoir été une période ponctuée d'une Coupe Stanley, la période 1981 à 1995 vit l'émergence de plusieurs nouvelles vedettes à Chicago comme Denis Savard, Chris Chelios (inévitablement), Steve Larmer, Jeremy Roenick et Ed Belfour entre autres. Le Chicago Stadium des années 80 et 90 était de plus un endroit très intimidant pour les autres équipes de la LNH, et les Blackhawks demeuraient annuellement parmi les meilleures équipes de la ligue.



L'équipe atteignit huit fois la 3e ronde et une fois la finale en 1992 contre les Penguins, en plus de remporter le trophée du Président en 1990-91. Parmi les autres honneurs de cette période, notons:

- Trophée Calder: Steve Larmer (1982-83), Ed Belfour (1990-91)
- Trophée Norris: Doug Wilson (1981-82), Chris Chelios (1992-93, 1995-96)
- Trophée Adams: Orval Tessier (1982-83)
- Trophée Vézina: Ed Belfour (1990-91, 1992-93)
- Trophée Jennings: Ed Belfour (1990-91, 1992-93, 1994-95)
- Trophée Selke: Troy Murray (1985-86), Dirk Graham (1990-91)

Il y eut donc bien des bons moments à Chicago durant cette période.


Années de misère: 1997-98 à 2007-08

Après la finale de 1992 (défaite en 4 matchs contre Pittsburgh), les Blackhawks furent décevants lors des années suivantes où ils s'inclinèrent rapidement en première ronde, malgré des saisons régulières dominantes. Ils retournèrent en finale de conférence en 1995 mais le déclin graduel réapparut par la suite alors qu'ils s'inclinèrent en 2e ronde en 1996 et en première ronde en 1997. 

L'équipe rata finalement les séries en 1997-98, soit la première fois en 29 ans. Commença alors une longue traversée du désert pour les Blackhawks qui ratèrent les séries 9 fois lors des 10 saisons suivantes et étant surtout mal administrés par la vieille garde du propriétaire Bill Wirtz. Surnommé «Dollar Bill» pour son avarice, Writz refusait par exemple de diffuser les matchs locaux à la télévision en plus d'être partiellement ou directement responsable de plusieurs départs de joueurs vedettes dont Roenick et Belfour. Chelios quitta également l'équipe en 1999.

 

En 2004, l'équipe était alors à son plus bas, et fut nommée comme pire franchise en Amérique du nord par ESPN. Les fans des Hawks n'avaient alors comme vedettes des joueurs comme Kyle Calder, Tuomo Ruutu et Tyler Arnason... Bien loin des années précédentes et celles qui allaient suivre.

ALERTE NO MAN'S LAND (2003-04 à 2006-07)
J'hésitais ici à déclarer les Blackhawks de l'époque comme véritable «No man's land» car je crois qu'il y avait encore pire que eux à l'époque comme les Penguins ou les Capitals qui étaient en vente de feu depuis quelques saisons. Malgré tout, Chicago parvenait à signer des joueurs convoités comme Nikolai Khabibulin et Martin Lapointe en 2005 par exemple. 

Mais il peut bien y avoir plus qu'un no man's land dans une ligue à 30 équipes et à partir de disons 2003 jusqu'à 2007 environ, les Blackhawks étaient véritablement un des pires endroits pour être un fan et ce fait fut reflété dans les assistances qui passèrent sous les 13 000 par match en 2006-07, malgré tout le flafla présent dans la LNH au retour du lock-out.


Années de gloire: 2008-09 à 2016-17


Les fortunes des Hawks tournèrent finalement petit à petit. Ils repêchèrent tout d'abord Jonathan Toews au 3e rang en 2006 et ensuite Patrick Kane au premier rang en 2007. Et finalement, Bill Wirtz mourut en septembre 2007, laissant la place à son fils Rocky qui était le premier à s'opposer aux mesures rétrogrades de son père. Il rétablit tout d'abord les matchs à domicile à la télévision, en plus de nommer du nouveau personnel hockey, administratif, et surtout, au niveau du marketing. 

L'arrivée ensuite de Joel Quenneville pour la saison 2008-09 marqua le début de ces récentes années de gloire, et la meilleur période dans l'histoire de la franchise, alors que les Hawks retournèrent pour de bon en séries, parvenant même jusqu'à la 3e ronde. 

Ils gagneront ensuite la coupe en 2010, 2013 et 2015, ce qui mena Gary Bettman et la LNH à déclarer l'équipe comme une véritable dynastie, ce que je ne crois pas vraiment. À mon avis, une dynastie se doit de remporter plus d'une coupe d'affilée, ce que les Blackhawks sont tout de même passés bien près d'accomplir. On peut bien argumenter que c'est désormais plus difficile de faire avec la parité et tout ça, mais les Penguins et le Lightning sont ensuite parvenus à remporter deux coupes d'affilée, sans qu'on semble vraiment les considérer comme des dynasties. 

Bref c'est subjectif mais n'empêche, les Hawks sont bien probablement la meilleure équipe des années 2010.


En plus des trois coupes, voici le reste de l'argenterie de la période:
Art Ross: Patrick Kane (2015-16)
Hart: Patrick Kane (2015-16)
Calder: Patrick Kane (2007-08), Artemi Panarin (2015-16)
Conn Smythe: Jonathan Toews (2010), Patrick Kane (2013), Duncan Keith (2015)
Selke: Jonathan Toews (2012-13)
Norris: Duncan Keith (2009-10 et 2013-14)
Jennings: Corey Crawford (2012-13, 2014-15)


Années de misère: 2017-18 à maintenant

Les Blackhawks tombèrent de 109 points en 2016-17 à seulement 76 la saison suivante. Depuis, la «dynastie» s'effrita d'année en année et la franchise perdit des plumes (d'amérindien), surtout au niveau de leur réputation depuis la saga Kyle Beach en 2021.

Depuis la fin de la période précédente, la franchise semble être davantage revenue au pattern de l'époque 1997-2007, le tout culminant l'année dernière en terminant dans le «bottom 5» de la ligue, après quoi ils furent toutefois récompensés (non-mérité selon plusieurs) en obtenant Connor Bedard au premier rang. Ce dernier devra probablement faire preuve de beaucoup de patience avant de recevoir de l'aide et de voir l'équipe revenir à une période de gloire. En plus, l'équipe continue de connaître des désastres au niveau PR, comme l'épisode récent de Corey Perry dont on attend encore de savoir ce qui s'est passé et qu'on est probablement mieux de demeurer dans l'ignorance...


C'était donc toute que des montages russes de retracer l'histoire à Chicago. Prochain épisode, le Colorado.

Cliquez ici pour les chapitres précédents:
Anaheim, Arizona, Boston, Buffalo, Calgary, Caroline

mardi 5 décembre 2023

Godfrey Matheson



Les Black Hawks de Chicago ont été créés en 1926 à partir des vestiges des défunts Rosebuds de Portland de la tout aussi défunte Western Hockey League (WHL). Lors de leurs débuts, le propriétaire était le major Frederic McLaughlin. (Blackhawk était d’ailleurs le nom de son unité d’infanterie.) C’est toutefois en faisant prospérer l’entreprise de café dont il avait hérité de son père qu’il fit fortune et qu’il put s’embarquer dans cette aventure, même s’il connaissait peu le hockey.

McLaughlin était un excentrique qui n’hésitait pas à aller à contre-courant et à se mettre à dos les autres propriétaires d’équipe. Le très patriote major a par exemple embauché en 1937 un arbitre, Bill Stewart, qui avait comme caractéristique d’être américain, pour être entraîneur. Son but était alors de mettre sur pied une équipe toute américaine, à une époque les joueurs non canadiens étaient rarissimes. Malgré une Coupe inespérée, McLaughlin a fini par le congédier, une vraie marotte chez lui. Lors des 18 ans où il a été propriétaire, 14 entraîneurs ont défilé derrière le banc des Hawks (15 si on tient compte du fait qu’un d’entre eux y est passé deux fois).
Frederic McLaughlin
(Les photos de Matheson sont introuvables...)

Ses méthodes pour les trouver n’étaient pas, comme le reste, très conventionnelles. Son embauche de Godfrey Matheson en 1931 en est un exemple frappant. Alors qu’il était dans le train entre Minneapolis et Chicago, il rencontra Matheson, avec qui il engagea une conversation informelle.

Matheson était originaire de Winnipeg, la même ville que son gardien vedette, Charlie Gardiner, ce qui sembla lui donner une crédibilité instantanée aux yeux de McLaughlin. Si Matheson avait travaillé avec les équipes du St,John’s College et de l’Université du Manitoba, il n’avait par contre jamais été impliqué dans le hockey professionnel. Ceci n’empêcha toutefois pas McLaughlin de lui offrir le poste derrière le banc des Hawks, dont le camp commençait sous peu à Pittsburgh.

Lorsque les joueurs se présentèrent à leur nouvel entraîneur, ce dernier leur dit d’abord que comme tous étaient des adultes, il faudrait tous s’appeler Monsieur : Monsieur March, Monsieur Gottselig, etc.

Sur la glace, Matheson se présenta avec son habit de ville, mais avec des genouillères et des protecteurs de coude par-dessus, et sans patins. À genoux sur la glace, il lançait les rondelles (avec ses mains) aux joueurs, qui devaient la capter et faire un tir sur réception. Frock Lowrey voulut s’amuser à ses dépends en faisant exprès pour rater et passer près de Matheson avec son bâton. Lowrey rata toutefois son coup d’une autre façon en le frappant si fort qu’il dut être sorti sur une civière.

Pour ménager Gardiner (il n’y avait qu’un gardien à l’époque), il utilisait un mannequin rembourré auquel il mit un chandail de match ou des planches devant le but pendant les pratiques. Pourtant, pour exercer ce même Gardiner, il demandait qu’on le bombarde en lui lançant jusqu’à 3 ou 4 rondelles à la fois, encore une fois avec les mains. Au bout de trois jours, Gardiner en eut assez de ce manège. Il prit le mannequin, l’amena sur la table de massage et commença à le frictionner en lui disant qu’il avait travaillé très fort et qu’il avait besoin de repos.

Stratégiquement, Matheson voulut confondre ses adversaires, en inversant les rôles de Taffy Abel, un gros défenseur, et celui de Mush March, un petit attaquant rapide. La logique était que l’habile March pourrait soutirer la rondelle à l’adversaire, pour ensuite l’envoyer à Abel, qui pourrait ensuite se créer un chemin avec son physique jusqu’au but adverse. Une variante était qu’Abel ouvre le chemin, pour ensuite laisser la rondelle à March. La réalité fut plutôt que March fut amplement bousculé et qu’Abel se faisait immédiatement rattraper, en plus d’avoir un tir médiocre. Après avoir mis March en furie, la stratégie fut abandonnée.

Une autre approche qu’il tenta était de donner ses instructions à ses joueurs pendant le jeu à l’aide d’un sifflet. Un coup pour une passe, deux pour un lancer et trois pour un changement de ligne. Pour la créativité et l’effet de surprise, on repassera…

La comédie tira à sa fin lorsqu’avant le début de la saison régulière, il fut annoncé que Matheson souffrait d’une dépression nerveuse. L’équipe débuta d’abord sa saison (au match inaugural du Maple Leaf Gardens) sans entraîneur, avant qu’il ne soit remplacé par Emil Iverson, un danois d’origine qui était déjà avec l’équipe et qui avait été entraîneur à l’Université du Minnesota. Il était un adepte du conditionnement physique, ce qui était aussi une approche hors norme à l’époque. Celle-ci a toutefois mieux vieilli que celles mises de l’avant par Matheson, même si le calibrage d’Iverson entre l’entraînement sur glace et hors glace (trop important) n’était pas approprié pour le hockey. Ça n’empêcha toutefois pas l’expérience d’Iverson d’être également courte et celui-ci fut éventuellement remplacé par Tommy Gorman.

Sources:

Frayne, Trent, The Mad Men of Hockey, McClelland & Stewart Limited, 1974, pages 112-113,

″Matheson Chosen To Coach Chicago″, Montreal Gazette, October 16, 1931, page 17,

″Only One Of His Kind″, The Vancouver Sun, October 28, 1931, page 15,

″Black Hawk’ New Mentor Quits Team″, November 20, 1931, The Regina Leader-Post, page 17,

″Gorman Succeeds Emil Iverson As Hawks’ Manager″ de Paul Mickelson, AP, January 14, 1933, Montreal Gazette, page 14,

″Blackhawk Owner Mind’s… Crammed with Bizarre Theories About Hockey″ de Joe Williams, January 18, 1939, The Pittsburgh Press, page 21,

″On The Rebound″ de Doug Vaughan, March 16, 1956, Windsor Daily Star, page 30,

″The Playing Field″ de Dink Carroll, April 10, 1957, Montreal Gazette, page 22,

″D’un but à l’autre″ de Charles Mayer, 6 mars 1960, La Patrie, page 129,

″Year the Hawks became grown ups″ de Dink Carroll, January 2, 1985, Montreal Gazette, page F3.

Note: Je me suis basé principalement sur les ressources de l’époque pour écrire ce billet. Les ressources plus récentes semblent se contredire et changer la chronologie des événements. Les ressources de cette époque ont toutefois l’inconvénient d’être moins précises car on n’y couvrait pas les sports avec la même profondeur qu’aujourd’hui.

mardi 28 novembre 2023

Bob Mason









Fraîchement sorti de l'Université de Minnesota-Duluth et jamais repêché, Bob Mason fut recruté par l'équipe américaine pour les Jeux Olympiques de 1984 à Sarajevo. Après avoir perdu leurs deux premiers matchs avec Marc Behrend dans les buts, Mason se vit confier le filet pour les 4 matchs suivants, où il ne connut pas la défaite, triomphant de l'Autriche et de la Pologne, et récolant des matchs nuls face à la Norvège et la Finlande. Malgré le brio de Mason, les Américains terminèrent 7e sur 12 équipes. Les performances de Mason furent malgré tout remarquées par les Capitals de Washington, qui lui offrirent son tout premier contrat en février 1984.

Chris Chelios, Al Iafrate et Bob Mason ... pas une équipe de deux de pique mettons

Il entreprit immédiatement son parcours professionnel avec les Caps, passant 10 matchs avec l'équipe, remportant les deux matchs auxquels il participa, étant ensuite assigné aux Bears d'Hershey dans la AHL lorsque les Capitals furent exclus des séries. La saison suivante, il débuta l'année avec Washington dans un ménage à trois, jouant au subsitut de Pat Riggin en compagnie d'Al Jensen. Mason disputa 12 matchs, en remportant 8 au passage, avant d'être finalement rétrogradé dans l'AHL, cette fois avec les Whalers de Binghamton.

Alors que les Capitals firent un changement de gardien titulaire au courant de la saison suivante, envoyant Riggin à Boston en retour de Pete Peeters, Mason resta à Binghamton pour la majorité de la saison, ne faisant qu'une présence d'un seul match dans la capitale américaine.

C'est finalement en 1986-87 que Mason obtint la plus grande part du gâteau avec les Capitals, étant d'office lors de 45 parties et remportant 20 matchs. Lors de la première ronde des séries de fin de saison, les Capitals affrontèrent les Islanders de New York. Alors que ces derniers confièrent leur destinée à Kelly Hrudey, les Capitals envoyèrent Peeters dans les buts pour les deux premiers affrontements. Peeters et les Capitals remportèrent le premier match, mais perdit le second. L'entraîneur Bryan Murray envoya donc Mason pour les duels 3 et 4, qu'il remporta tous les deux, n'accordant qu'un seul but sur 52 lancers de la part des rivaux de Long Island. Malgré tout, Peeters se vit confier la tâche de fermer les livres lors du match numéro 5, ce qu'il ne parvint pas à faire. Mason fut donc de retour devant le filet pour la sixième partie, une défaite de 5 à 4. Tout était en place pour le septième affrontement, un match extrêmement serré, qui fut décidé ... en quatrième prolongation. Ce match, connu sous le nom de Easter Epic est le match numéro 7 le plus long de l'histoire de la LNH. Malheureusement pour Mason, Pat LaFontaine trompa sa vigilance après presque 9 minutes de jouée en quatrième surtemps et envoya les Capitals en vacances.

Impuissant, Mason se demande comment la rondelle est parvenue derrière lui

Le 13 juin 1987, les Caps firent l'acquisition de Clint Malarchuk et de Dale Hunter des Nordiques de Québec, en retour de Gaétan Duchesne, Alan Haworth et de leur choix de 1er tour du repêchage de 1987 ... qui devint Joe Sakic. Ce faisant, Washington mit fin au contrat de Mason, qui signa 5 jours plus tard avec les Blackhawks de Chicago.


Se partageant équitablement la tâche entre les poteaux avec Darren Pang, Mason ne disputa pas une saison grandiose, ne remportant que 13 de ses 41 présences et ne disputa qu'un seul des 5 duels de séries des Blackhawks, qui se firent éliminer par les Blues de St-Louis. Quelques semaines après l'élimination de Chicago, Mason fut transigé aux Nordiques en retour de Mike Eagles.

La saison 1988-89 à Québec fut d'ailleurs assez étoudissante pour les gardiens des Nordiques, alors que les quatre hommes masqués  (Mason, Mario Gosselin, Mario Brunetta et Ron Tugnutt) qui se partagèrent les 80 matchs des Nordiques, se partagèrent également 78 des 80 matchs du club-école de la AHL, les Citadels d'Halifax, les deux autres matchs étant disputé par Scott Gordon. Avec le nombre de billets d'avion aller-retour distribué à ces joueurs, il n'y a pas vraiment lieu de se demander pourquoi les Nordiques avaient de la misère côté monétaire. Bref ...

Il faut dire par contre que les cerbères du Fleudelisé ne firent pas bonne figure à Québec (comme le reste de l'équipe d'ailleurs ..), aucun ne dépassant la marque de .500 (Tugnutt obtint 10 victoires contre 10 défaites et 3 nulles, woohoo !). Mais à Halifax, c'était l'inverse, chacun ayant une fiche positive, à l'exception de Brunetta (14 victoires, 14 défaites et 5 nulles).


De son côté, Mason ne remporta que 5 victoires à Québec en 22 sorties. Voulant probablement régler leur situation devant le filet (mission ratée en passant), les Nordiques expédièrent Mason à ses premiers amours, à Washington, contre des considérations futures en juin 1989. Pour ce retour avec les Capitals, Mason fit surtout la navette avec eux et leur nouveau club école, les Skipjacks de Baltimore, disputant 16 matchs dans la LNH contre 22 dans la AHL, à chaque fois avec une fiche déficitaire. À la fin de la saison, une fois de plus les Capitals ne renouvelèrent pas le contrat de leur portier. 

Sans contrat, c'est en décembre 1990 que les Canucks de Vancouver lui firent signe, afin d'ajouter une certaine profondeur à cette position. Il se rapporta d'abord aux Admirals de Milwaukee dans la IHL avant d'être rappelé à la fin de février 1991, resta jusqu'à la fin de la saison avec le grand club. Il ne récolta que 2 victoires en 6 rencontres, ces dernières dans la LNH. 


Il disputa les trois saisons suivantes dans l'organisation des Canucks, majoritairement à Milwaukee dans l'IHL, suite à quoi il prit sa retraite à la fin de la saison 1994-95.

Mason retourna dans l'état du Minnesota à la fin de sa carrière et fit un retour dans la LNH, cette fois dans le rôle d'entraîneur des gardiens, avec le Wild du Minnesota, entre 2005 et 2020.

Fiche dans la LNH : 145 matchs, 55 victoires, 65 défaites, 16 nulles