C’est avec une grande tristesse que nous avons récemment appris que Claude Scott, celui qui a été pendant plusieurs saisons trompettiste et animateur de foule lors des matchs des Nordiques, est en fin de vie. Souffrant d’un cancer incurable diagnostiqué en août dernier, l’homme de 71 ans a été transféré en maison de soins palliatifs.
C’est alors qu’il alla travailler dans l’industrie pétrolière que Claude Scott commença à jouer de la trompette lors des matchs des Oilers pour 50$ par soir.
De retour dans l’est, il débuta à faire la même chose lors des matchs des Nordiques, quand en janvier 1982, il le fit pour le compte de la station de radio CHRC. Il deviendra employé de l’équipe et il y sera jusqu’à la fin de l’existence des Fleudelysés en 1995. Il devint ainsi un incontournable des matchs au Colisée. À sa musique, il ajouta une multitude de danses et de mimiques irrévérencieuses qui lui fit une réputation à travers la ligue.
À partir de 1987-88, Québec entreprit une longue descente aux enfers, qui comprit des bas phénoménaux. Il y eut des soirs assez tristes au Colisée où Scott était un rare élément divertissant.
Le 23 janvier 1989, alors que les Nordiques allaient s’incliner 5-0 devant les Whalers en jouant un match médiocre, la foule se mit à s’en prendre à l’arbitre Kerry Fraser. Ce dernier avait évidemment un vieux contentieux avec les Nordiques, ayant refusé le fameux but d’Alain Côté lors de la série contre les Canadiens en 1987.
Scott s’est alors déguisé en arbitre aveugle, tout en faisant son rituel de s’accrocher à la baie vitrée (chose en théorie interdite). De plus, lorsqu’un partisan lança un rouleau de papier toilette, Scott lança alors un ″À l’attaque!″ Il y eut ainsi une avalanche d’objets, incluant une grande quantité de papier de toilette, qui se retrouva sur la patinoire.
Contrairement au football, Fraser ne pouvait pas pénaliser l’équipe locale pour les actions des partisans. Il ne pouvait que renvoyer les équipes aux vestiaires. Le personnel d’entretien eut alors besoin de 30 minutes pour nettoyer. Fraser n’apprécia pas le rôle qu’avait joué Scott dans les événements et le traita de ″Fucking Frog″.
Les gestes de Scott ont aussi irrité Brian O’Neill, le préfet de discipline de la ligue. Il a dû être convoqué par Jean-D. Legault, vice-président marketing et communications de l’équipe. On lui demanda donc d’arrêter de grimper et de se concentrer sur la trompette. De toute façon, cette pratique s’était avérée dangereuse, puisqu’au fil des ans, elle lui causa des chutes (simulées ou réelles), dont certaines qui entraînèrent des commotions.
Dans les années qui suivirent, ça n’empêcha toutefois pas Scott d’inciter les partisans à cibler le récalcitrant Eric Lindros, qui avaitcrefusé de jouer à Québec, à diverses occasions.
Scott a aussi été impliqué dans une multitude d’anecdotes, sérieuses ou moins sérieuses.
À une occasion où la mascotte Badadoum alla le rejoindre sur une plate-forme, la sympathique bête bleue écrasa par inadvertance la trompette que Scott avait déposée au sol. Marcel Aubut lui ordonna alors d’aller s’en acheter une nouvelle en lui permettant même d’utiliser sa carte de crédit.
Le départ des Nordiques fut pour lui un énorme deuil, alors qu’à ses yeux, les partisans faisaient partie de sa famille. Mais la vie continue et il prit alors des contrats ailleurs.
Au niveau junior, on le vit entre autres à Québec, à Rimouski et à Baie-Comeau.
Il fut aussi actif dans les ligues mineures, où il vécut certaines aventures regrettables. Entre autres, à San Antonio, on lui pointa un fusil et on le poignarda à Saginaw. Sur une base plus positive, il était un régulier à Peoria et lors des matchs des anciens. Il alla même en Suisse.
En 2006, il a toutefois vécu un terrible drame personnel lorsque sa fille, âgée de seulement 23 ans, est subitement décédé d’un anévrisme au cerveau. Évidemment profondément marqué par cette épreuve, la perspective d’aller la rejoindre le rend plus serein devant l’inévitable.
Monsieur Scott, nous tenons sincèrement à vous remercier pour tous les sourires que vous avez répandus, à Québec et ailleurs.
Sources :
″Les Nordiques n’entendent rien à la musique″ d’Alain Bouchard, 27 janvier 1982, Le Soleil, page C3,
″Des partisans frustrés prennent la vedette et c’est l’enfer au Colisée″ de Kevin Johnston, 24 janvier 1989, Le Soleil, page A1,
″Une soirée triste et longue″ de Maurice Dumas, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S2,
″«J’ai eu plusieurs craintes» - Larry Pleau″ de Jean-François Tardif, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S2,
″Le «brassage» de Kerry Fraser vu par Mario Marois «Ça ne me fait pas de peine»″ de Maurice Dumas, 24 janvier 1989, Le Soleil, page S3,
″Scott ne fait pas rire O’Neil″, CP, 26 janvier 1989, Le Soleil, page S2,
″Le trompettiste avoue s’être mis les pieds dans les plats «Je me suis senti très mal à l’aise»″ de Jean-François Tardif, 26 janvier 1989, Le Soleil, page S2,
″La presse virulente à Toronto et à Philadelphia″ de Kevin Johnston, 15 octobre 1992, Le Soleil, page S2,
″L’Océanic performe″ de Carl Thériault, 2 octobre 1996, Le Soleil, page D6,
″Un trompettiste au Drakkar″ de Steeve Paradis, 24 janvier 2001, Le Soleil, page A4,
″Where are they now? Claude Scott″, August 24, 2010, Peoria Journal Star (pjstar.com),
″Départ des Nordiques : quand la trompette s’est tue″ de Stéphane Cadorette, 25 mai 2020, Journal de Québec (journaldequebec.com),
Claude Scott : «Les partisans de Québec, c’était ma famille», 23 mai 2025, C’est encore mieux l’après-midi, Radio-Canada Ohdio (ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/c-est-encore-mieux-l-apres-midi),
″«J’ai hâte de partir» : Claude Scott, le célèbre trompettistedes Nordiques, est en fin de vie″ de Stéphane Cadorette, 22 septembre 2026, Journal de Québec (journaldequebec.com).


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