Drop Down MenusCSS Drop Down MenuPure CSS Dropdown Menu
Affichage des articles dont le libellé est Nordiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nordiques. Afficher tous les articles

dimanche 30 août 2026

Petites photos pour le plaisir #109 - Michel Bergeron aux Enfants de la télé


 

J’ai récemment eu l’occasion d’assister à l’enregistrement de l’émission Les enfants de la télé, à Radio-Canada.

Les invités étaient les comédiens Bruno Marcil et Shelby Jean-Baptiste.  Quant au troisième invité, il s’agissait de nul autre que le Tigre, Michel Bergeron.  Maintenant âgé de 80 ans, il a accepté de sortir de sa récente retraite pour cette présence à l'émission.

Voici donc quelques photos que nous pouvions prendre pendant les pauses.

Le Tigre, Shelby Jean-Baptiste, l'animateur André Robitaille, Bruno Marcil et l'animatrice Mélanie Maynard

En grande forme, détendu et drôle, il nous a fait passer une belle soirée avec ses anecdotes. 

Si ça vous intéresse, il s’agit d’une activité plaisante qui, pour ceux qui ne connaissent pas bien ce domaine, permet d’un peu mieux comprendre l’envers du décor.  De plus, il s’agit d’une activité plus qu’abordable, puisque c’est gratuit.

Bergeron et les deux animateurs
 

L’émission sera diffusée à un moment à être déterminé cet hiver. À écouter à ce moment pour plus de détails.

L'ancien entraîneur et Mélanie Maynard

mardi 28 avril 2026

Quand le fisc a un impact sur la patinoire



La date limite pour soumettre ses rapports d’impôt approche à grands pas. L’avez-vous fait? 

Comme n’importe qui d’autres, les joueurs de hockey doivent payer des impôts et considérant leurs importants salaires, l’aspect fiscal compte. 

Je ne veux pas minimiser la bonne gestion des équipes qui ont gagné la Coupe Stanley, ni minimiser l’incompétence de certains qui n’avaient pas besoin du fisc pour les caler, mais certains faits demeurent. La Coupe a été remporté cinq fois lors des six dernières années par une équipe qui opère dans un état qui ne perçoit pas d’impôt (Lightning x 2, Golden Knights x 1 et Panthers x 2). Pendant ce temps, aucune équipe canadienne n’a levé le précieux trophée depuis plus de trente ans. Dans une période où plusieurs joueurs choisissent leur destination en devenant autonome, une fiscalité favorable est un avantage non-négligeable. 

La question n’est toutefois pas nouvelle. En novembre 1981, le gouvernement fédéral avait un déficit colossal, pendant que l’économie souffrait. Le ministre des finances, Alan MacEachen voulut aller chercher des revenus tout en montrant qu’il allait faire disparaître des échappatoires fiscales pour les plus nantis. Parmi celles-ci, il y avait les rentes d’étalement et les paiements différés, deux stratégies très utilisées par les sportifs. 

À Québec, le capitaine était Robbie Ftorek, le seul américain de l’équipe, et qui disait aimer la ville. Dans son cas, ceci s’ajoutait à une situation déjà compliquée et mal planifiée. 

Pour le Canada, il était citoyen américain, mais résident canadien, parce qu’il avait une maison à Sillery. Pour les États-Unis, il était aussi résident, parce qu’il avait également une maison à Boston et une autre à Phoenix. 

À tout ceci, il fallait ajouter les gourmands impôts québécois. Le gouvernement du Québec était aussi en difficulté et le budget Parizeau avait fait mal. 

La situation de Ftorek était si désespérée que s’il ne quittait pas le Canada avant la fin de 1981, il aurait dû déclarer faillite. 

L’entraîneur Michel Bergeron aimait beaucoup le leadership de Ftorek dans la chambre et aurait préféré le garder, mais le directeur-gérant Maurice Filion accepta d’accommoder son capitaine. Il fut donc échangé aux Rangers le 30 décembre contre Jere Gillis et Dean Talafous. Il faut toutefois dire que Ftorek avait en poche un contrat pour encore trois ans pour 250 000$ annuellement, ce qui en faisait l’un des plus hauts salariés de l’équipe. Pourtant, l’année précédente, sa production de 24 buts le plaçait derrière Peter et Anton Stastny, Michel Goulet et Jacques Richard. Et lors de l’année en cours, Ftorek n’en avait qu’un seul à sa fiche. Son départ permettait alors de rééquilibrer la situation. 

En allant à New York, Ftorek allait ainsi rejoindre Herb Brooks, qui avait été l’entraîneur de l’équipe olympique américaine qui avait surpris le monde en gagnant la médaille d’or à Lake Placid, en 1980. 

L’histoire ne se termine toutefois pas là. Talafous, un autre américain, refusa d’aller à Québec et préféra prendre sa retraite. La ligue statua finalement qu’il serait remplacé par Pat Hickey. Bien qu’il assura qu’il n’avait rien contre Québec, lui dont la mère était originaire de Trois-Rivières, il prit du temps à se rapporter et envisagea même d’entreprendre des recours contre la LNH. Il faut dire que les Nordiques étaient sa quatrième équipe en trois ans (cinq si on prend en considération qu’il a fait deux passages avec les Rangers). À la fin de la saison, il demanda un contrat de trois ans aux Nordiques, mais on l’échangea plutôt aux Blues, en retour de Rick Lapointe. 

Quant à Gillis, qui avait connu de beaux succès avec les Castors de Sherbrooke, il eut de la difficulté à justifier son rang de sélection (4e en 1977) avec les faibles Canucks. Après un bref passage à New York, il espérait avoir enfin l’occasion de se faire justice avec les Nordiques. Il joua 12 matchs et signa avec Buffalo l’année suivante. 

Les Nordiques ne furent toutefois pas les seuls à avoir des problèmes avec les impôts. Leurs rivaux au bout de la 20 eurent aussi un problème avec l’un des deux américains qui portaient leur uniforme, Rod Langway. (L’autre était Chris Nilan.) 

Langway avait signé un contrat de six ans quelques mois avant le budget MacEachen. Il en déchanta rapidement. Une fois qu’il avait payé Québec, Ottawa, le New Hampshire (où il habitait) et Washington, il estimait qu’il payait 70% d’impôt. Un taux de change à 76¢ ne fit qu’empirer la situation. Il exigea donc un échange et menaça même de prendre sa retraite. 

D’autres joueurs non-américains observèrent la situation et commencèrent à demander à être compensé, comme Larry Robinson et Steve Shutt, eux qui avaient vu l’effet d’un échange à une équipe américaine sur les finances de leur ex-coéquipier Guy Lapointe. Guy Lafleur affirma que l’idée d’être échangé au sud de la frontière ne le rebutait plus. Quant à Mark Napier, il devint joueur autonome (avec compensation) dans l’espoir qu’une équipe américaine lui fasse signe. 

À ce sujet, il faut dire que les équipes québécoises étaient celles qui étaient les plus coincées. Si la situation était la même au niveau fédéral, les gouvernements ontarien et albertain étaient beaucoup moins voraces que le Québec. 

Excédé de la situation, le directeur-gérant du Tricolore, Irving Grundman fit une sortie remarquée lors des assises de la ligue, en exigeant la démission de MacEachen. 

En juin, des ajustements furent apportés au budget. Certains étalements furent permis, si on payait l’impôt immédiatement (récupéré plus tard), mais il demeurait encore avantageux d’aller aux États-Unis. 

Si des ententes furent conclues avec Lafleur et Robinson, Grundman dut se résoudre à échanger son insatisfait. Langway prit le chemin de Washington, avec Brian Engblom, Doug Jarvis et Craig Laughlin. En retour, les Canadiens firent l’acquisition de Ryan Walter et Rick Green. Si ceux-ci n’étaient pas avantagés fiscalement par la transaction, ils pouvaient au moins quitter les misérables Capitals. Ironiquement, l’échange permit finalement à Washington d’accéder aux séries, après en avoir été exclus à leurs huit premières saisons. 

Les paiements différés furent remis en place plus tard, diminuant l’écart entre les deux pays. Le taux de change varie d’une année à l’autre (et les joueurs sont maintenant payés en dollars américains), mais l’enjeu fiscal demeure. 

Sources : 

Clairoux, Benoit, Dumont, Pierre-Yves, Il était une fois les Nordiques : 100 joueurs racontent, Édition Sylvain Harvey, 2024, pages 235-236, 

″MacEachen aims to rob wealthy of tax loopholes″ de Ian Hunter, November 13, 1981, Ottawa Citizen, page 38, 

″Robbie Ftorek était totalement lavé″ de Claude Larochelle, 4 janvier 1982, Le Soleil, page C1, 

″Talafous change d’idée″ de Maurice Dumas, 4 janvier 1982, Le Soleil, 4 janvier 1982, page C2, 

″Gillis se révélera-t-il à Québec?″ de Maurice Dumas, 5 janvier 1982, Le Soleil, page C1, 

″Pat Hickey tient son bout″ de Maurice Dumas, 10 mars 1982, Le Soleil, page D1, 

″Napier, Langway may leave Habs″, CP, June 1, 1982, Saskatoon Star-Phoenix, page B2, 

″Canadiens to lose Napier, maybe Langway″ de Red Fisher, June 1, 1982, Montreal Gazette, page B6,

″Les assises démarrent sous le signe de la colère «MacEachen n’a pas fait son ouvrage» - Grundman″ de Bernard Brisset, 8 juin 1982, La Presse, page S4, 

″Pour Langway, de l’argent un échange ou la grève″ de Bernard Brisset, 8 juin 1982, La Presse, page S7, 

″La situation est un peu moins tragique – Les équipes canadiennes demeurent désavantagées″ de Michel Magny, 30 juin 1982, La Presse, page S4, 

″Du pareil au même″, PC, 30 juin 1982, La Presse, page S4, 

″Les agents vont encore conseiller à leurs clients d’aller «jouer ailleurs»″, UPC, 30 juin 1982, La Presse, page S4, 

″Le budget : un cataplasme sur une jambe de bois″ de Réjean Tremblay, 30 juin 1982, La Presse, page S5, 

″Lafleur pondering Canadiens’ offer″, CP, August 12, 1982, Vancouver Sun, page F2, 

″Lafleur going to the top in salary squabble″, UPI, August 27, 1982, Montreal Gazette, page C1, 

″Le hockey et les impôts – Montréal, un cas unique″ de Bernard Brisset, 27 août 1982, La Presse, page S5, 

″Habs not panicking″ de Steve Simmons, October 9, 1982, Calgary Herald, page D2, 

″Le régime des prestations aux employés permet de combler l’écart de rémunération″ de Michel Faille, 22 janvier 1986, Le Devoir, page 12.

 

dimanche 12 avril 2026

Joueur oublié des 90's #105: Claude Loiselle


N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

-----------------------

Aujourd’hui, on regarde du côté de la carrière d’un Franco Ontarien qui a joué une douzaine de saisons au hockey professionnel en Amérique du Nord. Évidemment, comme la plupart des Ontariens francophones ayant évolué dans la LNH, plusieurs pensent que Claude Loiselle est un Québécois, mais il n’en est rien!

Natif d’Ottawa, ce joueur de centre des Spitfires de Windsor (OHL) a été un choix de 2e tour des Red Wings de Détroit (23e au total) lors de la séance de 1981. À ses deux très productives dernières saisons au niveau junior, il amasse 109 et 88 points en 68 et 46 matchs, respectivement.

Joueur physique et robuste malgré un modeste gabarit de 5 pieds 11 pouces et 190 livres, il n’a pas peur du banc des pénalités, lui qui y passe 267 minutes en 114 matchs dans l’OHL durant la période citée ci-haut. Son profil n’est pas nécessairement celui d’un bagarreur, mais s’il doit jeter les gants, il le fait sans hésiter.

Durant ses deux dernières saisons au niveau junior, il a la chance d’être rappelé à Détroit pour quelques matchs. Le 7 février 1982, il marque son premier but à son premier match dans la LNH, dans une victoire de 8 à 5 contre les Blues à Saint-Louis. Il disputera trois autres matchs en 1981-82, n’accumulant aucun point.

Il débute la saison 1982-83 avec les Wings, amassant deux buts lors des dix-huit premiers matchs disputés, avant d’être retourné à Windsor pour finir la saison.

C’est en 1983-84 que Claude Loiselle passe au niveau professionnel à temps plein, alors qu’il joue vingt-huit parties avec Détroit (4-6-10) et vingt-neuf avec les Red Wings d’Adirondack (13-16-29), des débuts très intéressants pour un jeune centre de vingt ans avec sa production d’un point par match dans la Ligue américaine.

Il continuera de diviser son temps entre Détroit et les Wings d’Adirondack lors des saisons 1984-85 et 1985-86, disputant 78 matchs dans la LNH (15-16-31) et 68 avec Adirondack (37-40-77) lors de ces deux campagnes. Dans la Ligue américaine, il est toujours constant et productif, et produit à un rythme supérieur à un point par match. 

Dans la LNH, avec une piètre équipe à Détroit, il joue toujours très dur malgré son gabarit et est utilisé sur les deux derniers trios et en désavantage numérique, notamment.

Lors de la saison 1985-86, Loiselle accumule 142 minutes de pénalité en seulement 48 parties, et il aide les Red Wings d’Adirondack à remporter la Coupe Calder avec cinq buts et quinze points en autant de matchs de séries.

À l’été 1986, les Red Wings de Détroit n’ont plus de place pour l’Ontarien, qu’ils décident d’envoyer au New Jersey en retour de Tim Higgins, vétéran ailier droit qui avait déjà marqué plus de vingt buts et cinquante points deux fois dans la LNH.

À la recherche de jeu plus rugueux et énergique, les Devils espéraient trouver en Loiselle un joueur travaillant capable de donner une étincelle à son équipe avec son jeu intense. En guise de remerciement pour leur confiance, l’infatigable patineur leur donne sa meilleure saison dans la LNH en 1986-87, alors qu’il dispute soixante-quinze parties, amassant vingt-quatre passes et quarante points, trois sommets en carrière!

La saison suivante (1987-88), il continue sur sa lancée en inscrivant un sommet de dix-sept buts en saison régulière et aidant les Devils à se qualifier pour les séries lors du dernier match de la saison. À titre d’équipe cendrillon, les Devils atteignent la finale de la conférence Prince-de-Galles, mais s’inclinent en sept matchs contre Boston. Loiselle dispute vingt matchs de séries et accumule dix points en vertu de quatre buts et six passes, tous des sommets pour lui en séries dans la LNH.

Après ses deux premières saisons avec une équipe alignant peu de vétérans, Loiselle avait très bien paru dans une équipe comptant de bons jeunes joueurs comme Kirk Muller, Pat Verbeek, John MacLean, Bruce Driver, Tom Kurvers, Sean Burke et un jeune Brendan Shanahan de dix-huit ans!

Malheureusement, à vingt-quatre ans, Claude Loiselle venait de connaître ce qui demeureront ses deux meilleures saisons en carrière. La saison suivante, il marque seulement sept buts et passe 209 minutes au cachot, en plus d’un différentiel de -10, et les Devils ratent les séries.

Voulant ajouter de l’offensive, le New Jersey va chercher le vétéran Walt Poddubny des Nordiques de Québec à l’été 1989, et envoie dans un package Loiselle à l’équipe de la Vieille Capitale. L’attaquant d’Ottawa ne pourra pas vraiment se faire justice à Québec, dans une équipe en déroute qui peinait à aller chercher des victoires. 

Il marque onze buts et vingt-cinq points en 1989-90, mais ne peut améliorer ses totaux la saison suivante, si bien que les Nordiques le laissent partir au ballotage. Les Leafs décident de le réclamer et il termine la saison 1990-91 avec Toronto. Il joue un an avec la mythique équipe, qui l’échange aux Islanders la veille de la date limite des transactions, le 10 mars 1992.

À 30 ans et ralenti par son style physique, Loiselle ne produit plus comme à ses meilleures saisons, lui qui dispute 41 parties à sa première saison complète avec les Islanders, en 1992-93. Avec cinq buts et trois passes, il ne s’inscrit pas vraiment au tableau. Mais avec 90 minutes de pénalité, il prouve qu’il ne recule devant rien pour prendre sa place et déranger les défensives adverses.

Cette saison-là, le numéro 10 des Insulaires et son équipe causent la surprise en éliminant les puissants Penguins de Pittsburgh en sept matchs en quarts de finale. Avec les Jagr, Lemieux, Francis, Mullen et Murphy, pour ne nommer que ceux-là, les Pens étaient les doubles champions en titre! 

Les Isles mirent fin à une potentielle dynastie dans la LNH, protégeant celle de leurs prédécesseurs une dizaine d’années plus tôt comme étant la dernière vraie dynastie (elle l’est toujours!) dans le circuit Bettman. Loiselle amasse trois passes en dix-huit matchs de séries lors de ce parcours cendrillon.
 
La saison suivante, il dispute dix-sept matchs, amassant un but et une passe (49 minutes de pénalité), mais c’en est terminé pour lui comme joueur, à l’issue de la saison 1993-94.

Peut-être a-t-il connu ses succès très tôt en carrière, mais Claude Loiselle a été un de ces joueurs de bas d’alignement efficaces dans l’ombre, ayant souvent l’ingrate tâche de jouer pour des équipes en difficulté. Il a disputé 616 matchs durant sa carrière, amassant 92 buts et 117 passes, pour 209 points. 

Robuste et courageux, il accumule 1149 minutes de pénalité, mais patiner dans des équipes de bas de classement vient aussi souvent avec des différentiels négatifs, ce qui explique en bonne partie son -128 en carrière, lui qui était souvent utilisé dans des tâches défensives, dans des bas d’alignements d’équipes qui devaient se battre pour survivre soir après soir.

Pour vous donner une idée, il a patiné dans la LNH dans treize saisons différentes, mais ne participe aux séries qu’à trois reprises. Les Red Wings du milieu des années ’80 ne faisaient pas les séries et n’étaient pas la puissance qu’elle est devenue quelques années plus tard. Les Devils ont surpris avec une qualification en séries en 1987-88, mais c’est tout. Les Nordiques et les Leafs étaient de perpétuels candidats au dernier rang de leurs divisions respectives…

Ainsi donc, on peut dire que l’ancien des Spitfires de Windsor n’a pas eu les circonstances les plus faciles pour s’épanouir dans la LNH. En même temps, il a toujours fièrement défendu les couleurs de ses équipes, peu importe les circonstances. 

Et avec près de cent buts et plus de deux cent points dans la meilleure ligue de hockey au monde, Claude Loiselle avait bien plus que seulement du cœur : il a eu le talent de patiner pendant plus d’une décennie avec les meilleurs joueurs de son époque!

Après sa carrière de joueur, il est demeuré dans le milieu du hockey, travaillant notamment comme assistant DG du Lightning, DG de leur club-école de Norfolk (Ligue américaine), assistant DG des Leafs et consultant avec les Coyotes, entre autres.

dimanche 29 mars 2026

Bernie Saunders

 


C’est à Châteauguay qu’a grandi Bernie Saunders. Dans cette région, il a joué pour un entraîneur qui fera parler de lui par la suite, Jacques Demers. 

Sa famille déménagea toutefois à Ajax, près de Toronto. S’alignant avec les Panthers de Pickering, il croisa un autre entraîneur qui travaillera éventuellement dans la LNH, Sherry Bassin, qui sera plus tard assistant directeur-gérant chez les Nordiques, en plus d’être directeur-gérant du club école des As de Cornwall. 

Si Saunders avait vécu des situations de racisme auparavant, la situation empira avec Pickering, mais Bassin mobilisa son équipe derrière lui et alla même jusqu’à la retirer à une occasion, pour qu’on intervienne pour sortir l’adversaire fautif. Saunders, un jeune timide et discret, fut affecté par ces injures, mais il comprenait aussi que le meilleur marqueur de l’équipe n’aiderait pas les siens en passant plus de temps au banc des pénalités. 

 


Au moment d’atteindre le niveau junior, Saunders alla aux camps de Kingston et de Montréal, mais son père insista pour qu’il prenne la voie universitaire, un chemin qui demeurait moins fréquent à l’époque. Il choisit donc les Broncos de l’Université Western Michigan. Après quatre saisons à Kalamazoo, il devint le meilleur buteur de l’histoire du programme, même s’il fut souvent ciblé par ses adversaires. Son coéquipier, Neil Smith, qui sera plus tard directeur-gérant des Rangers et des Islanders, mentionna que, même s’il était conscient de ce qui se passait à ce moment, il n’avait pas réalisé à quel point Saunders était affecté.

Au repêchage de 1979, il fut ignoré. Il reçut par contre de l’intérêt de Détroit, Winnipeg, Québec et des Islanders. Voulant maximiser ses chances d’atteindre la Ligue nationale, il signa donc avec les Nordiques, qui se joignaient alors à la LNH et qui étaient à ce moment dirigés par son ancien entraîneur, Jacques Demers.

Saunders fut finalement assigné aux Firebirds de Syracuse, une équipe de la Ligue américaine qui servait de club école à Québec et à Pittsburgh et qui était dirigée par l’ex-Nordique Michel Parizeau. Saunders performa bien à ses débuts professionnels et eut même droit à un rappel par les Nordiques.

C’est donc le 19 mars 1980, au Chicago Stadium, qu’il fit des débuts dans la grande ligue. Il devint alors le cinquième joueur noir à l’atteindre, après Willie O’Ree, Mike Marson, Bill Riley et Tony McKegney. Ce grand moment fut toutefois terni par la pluie de ce qu’on appelle aujourd’hui de mots en ″n″ à chaque fois qu’il passait devant le banc des Black Hawks.

Le séjour de Saunders avec les Nordiques dura quatre matchs.

Au camp suivant, il pensait que la bonne performance qu’il y afficha le mettait en bonne position pour faire l’équipe. Il faut toutefois noter qu’avec Marc Tardif, Alain Côté, le robuste John Wensink et le nouveau venu Anton Stastny, il y avait beaucoup de compétition à l’aile gauche. Saunders fut donc retourné dans la Ligue américaine. 


Par contre, les Firebirds de Syracuse avaient cessé leurs activités. Les Nordiques tentèrent donc de les acquérir pour les installer à St-Jean, au Nouveau-Brunswick. Lorsque le plan échoua, ils durent donc loger leurs espoirs où ils purent. Saunders se retrouva alors avec les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, où les Canadiens préféraient faire jouer leur propre relève, qui comprenait entre autres Guy Carbonneau, Craig Laughlin et Dan Daoust, plutôt que les espoirs de leurs rivaux. Il eut donc peu de temps de glace.

Saunders fut tout de même rappelé en novembre. Il joua six matchs et obtint une passe sur un but de Marc Tardif au Colisée.

Lors de son retour avec les Voyageurs, il entendit un coéquipier qui venait de se battre avec un adversaire noir crier le mot en ″n″. Il voulut s’en prendre à lui, mais on l’empêcha. Un des entraîneurs lui expliqua alors que oui, il avait hurlé le mot en ″n″, mais que ce n’était pas destiné à lui, mais à l’autre. Saunders n’en croyait pas ses oreilles…

Saunders termina sa saison 1980-81 avec moins de points que l’année précédente (38 vs 40), tout en jouant plus de matchs (69 vs 38).

Au camp d’entraînement de l’automne 1981, Saunders fut à nouveau retranché. Les Nordiques avaient par contre maintenant un club école à eux, l’Express de Fredericton. L’entraîneur de celui-ci était Jacques Demers, qui tenta de convaincre son ancien joueur de le rejoindre en lui disant qu’ils retourneraient ensemble dans la LNH. Toutefois, Saunders en avait assez. Il demanda donc aux Nordiques de racheter son contrat. Il retourna ensuite dans la ville où il avait connu ses heures de gloire au niveau universitaire, en signant avec les Wings de Kalamazoo de la Ligue internationale.

Il y amassa 75 points en 70 parties et se fit un plaisir de brandir le poing lorsqu’il marquait un but, en signe du Black Power.

Frustré de la tournure des événements, il mit ensuite fin à sa carrière en brûlant ses patins et en jetant ce qui en restait dans un lac.

Il demeura au Michigan, où il se construisit alors une carrière dans l’industrie pharmaceutique, travaillant entre autres pendant 17 ans pour Upjohn.

Dans ses propos, il affiche une certaine sérénité, bien qu’on sente qu’un sentiment d’injustice demeure.  Quelle carrière aurait-il eu s'il avait été blanc?

Si pour lui, la page était tournée, il sentit, dans la foulée du sort réservé à George Floyd et du mouvement Black Lives Matter, le besoin de raconter son histoire. Il écrivit donc ″Shut Out : The Game That Did Not Love Me Black″, publié en 2021.

Aujourd’hui à la retraite, il habite maintenant en Caroline du Sud.

Son frère John, aussi joueur de hockey et aujourd’hui décédé, a connu une longue carrière comme commentateur à ESPN et à la diffusion des matchs des Raptors de la NBA.

Sources :

Cléroux, Benoît et Dumont, Pierre-Yves, Il était une fois… les Nordiques : 100 joueurs racontent, Éditions Sylvain Harvey, Québec, 2024, pages 174 à 176, 190, 201, 229 à 230,

″Bernie Saunders reflects on His Impact on WMU Hockey″ de Paul Morgan, February 6, 2020, WMU (wmubroncos.com),

″’I love the game, but the game didn’t love me’: How hockey shaped one of NHL’s first black players on and off the ice″ de Kamila Hinkson, February 22, 2020, CBC (cbc.ca),

″Color of hockey : Saunders wants to spread diversity message″ de William Douglas, May 11, 2020, (nhl.com),

″Bernie Saunders, NHL’s fifth Black player, opens up on racial discrimination″ de Peter Mendelsohn, June 19, 2020, Sportsnet (sportsnet.ca),

″Livre choc pour un ancien Nordique″ de Stéphane Cadorette, 12 juin 2021, Journal de Québec (journaldequebec.com),

″K-Wings Black Excellence Spotlight: Bernie Saunders″, February 5, 2025, (kwings.com),

hockey-reference.com.

dimanche 13 juillet 2025

Les Nordiques fouillent dans le bac de liquidation




Lors de mon récent billet au sujet de George Armstrong, j’ai mentionné que son passage comme dépisteur-chef chez les Nordiques s’est terminé avec un bilan mitigé. Si certains choix furent judicieux, il demeure que son départ coïncide à peu près avec la descente aux enfers de l’équipe et qu’une des causes était le manque de relève.

Dans des cas semblables, on cherche des solutions pour boucher les trous, et devant le manque de ressources, on peut vouloir se rabattre sur les aubaines. C’est ce que Québec a fait à répétition et en voici quelques exemples.

D’abord, ma définition d’aubaine inclut principalement des joueurs réclamés au ballotage, obtenus contre des considérations futurs ou des joueurs autonomes en fin de parcours qui avaient déjà joué un bon nombre de matchs ailleurs dans la ligue ou dans la Ligue américaine. Je n’ai pas inclus des joueurs, même marginaux, impliqués dans des échanges importants ou des choix tardifs, puisque toutes les formations, bonnes ou mauvaises, en ont.

J’ai commencé ma recherche avec la saison 1987-88, la première de cinq où les Nordiques ont raté les séries. Il y en a eu d’autres dans les saisons précédentes (Wayne Babych, Bill Derlago), mais lorsque l’équipe est compétitive, on peut considérer qu’il s’agit d’une façon d’aller chercher de la profondeur et non un signe de désespoir.

1987-88

La saison commence en réclamant Stu Kulak au ballotage, qui avait joué un peu plus d’une cinquantaine de matchs avec les Canucks, les Oilers et les Rangers. L’expérience dura 14 matchs, avant qu’en décembre, celui qui avait mis fin à la carrière de l’espoir des Canadiens Jocelyn Gauvreau lors d’un match de la Ligue américaine ne soit expédié aux Jets contre Bobby Dollas.

Après 7 présences en séries consécutives, Québec en fut exclus, avec 69 points, 8 de moins que les Whalers.

1988-89

Pendant l’été, on signe Dean Hopkins. Après quatre saisons complètes avec les Kings, il a ensuite dû se contenter d’un seul match dans la LNH en six ans. Il fut rappelé à Québec en novembre pour cinq matchs, avant d’en jouer une centaine d’autres à Halifax, dans la Ligue américaine, en trois ans.

La glissade s’est poursuivie. Avec 61 points, il en manquait 18 pour rejoindre Hartford et la dernière place en séries.

1989-90

Les Nordiques utilisèrent encore le repêchage intra-ligue, alors qu’ils réclamèrent le gros ailier Greg Adams (l’un des deux Greg Adams qui jouaient dans la LNH à cette époque). Celui-ci joua 7 matchs dans leur uniforme avant d’être échangé aux Wings au mois de décembre. Il prit le chemin de Détroit avec Robert Picard, alors que Tony McKegney fit le trajet inverse.

Quelques jours avant cet échange, Québec avait réclamé le premier choix du repêchage de 1983, Brian Lawton, que les Whalers avaient rendu disponible après avoir tombé en défaveur de l’entraîneur Rick Ley. Michel Bergeron, qui l’avait déjà dirigé à New York, espérait le voir surmonter la pression qui venait avec son rang de sélection et permettre à son talent d’éclore.

Son séjour à Québec n’a duré que 14 matchs. Lawton trouvait déprimant de se rendre au Colisée, où les Nordiques connaissaient la pire saison de leur histoire. Refusant d’être rétrogradé à Halifax, il demanda à l’équipe de racheter son contrat. Boston tenta ensuite sa chance en l’embauchant. San Jose sera ensuite son dernier arrêt dans la grande ligue.

Malgré le retour de Bergeron derrière le banc, les résultats de l’équipe furent atroces, avec 31 points.

1990-91

Après avoir vu l’équipe atteindre le fond du baril, la nouvelle administration (Pierre Pagé et Dave Chambers) fut particulièrement active dans sa pêche parmi les restes des autres. Québec réclama trois des huit joueurs laissés sans protection qui trouvèrent preneur.

Le robuste Wayne Van Dorp fut soutiré aux Blackhawks. L’ancien cinquième choix au total Shawn Anderson, que Pagé et Chambers connaissaient, sortit de Buffalo pour revenir dans sa province d'origine. Finalement, le vétéran Aaron Broten dut quitter son Minnesota natal.

Van Dorp prit part à ses 28 derniers matchs dans la LNH, répartis sur deux ans. Il dut être opéré à l'épaule.  Pierre Pagé réclama une enquête de ligue, arguant que Chicago était au courant de la situation mais qu'ils l'avaient cachée.  Anderson joua 31 parties avant d’être échangé aux Jets l’année suivante, contre Sergeï Kharin (qui ne porta jamais l’uniforme fleurdelysé). Broten demeura à Québec pendant un mois et demi pour 20 matchs, avant de suivre Lucien Deblois et Michel Petit à Toronto, dans un échange qui apporta deux choix de 2e ronde et Scott Pearson aux Nordiques.
 
Si le total de points, 46, fut un peu mieux, les Nordiques prirent tout de même encore le dernier rang de la ligue.

1991-92

En 1991, on sélectionna Eric Lindros. Espoir! Mais comme celui-ci refusa de se rapporter, Il y eut une grande déception.

Pendant l’été, le vétéran Doug Smail a signé un contrat comme joueur autonome. Il participa à 46 matchs au cours de l’année.

En novembre, Pierre Pagé alla chercher au ballotage Don Barber, qu’il avait dirigé au Minnesota. Les North Stars l’avaient toutefois depuis échangé aux Jets, en retour de… Doug Smail. Il ne joua que 2 matchs avec les Nordiques, avant d’être rétrogradé à Halifax. En mars, il fut échangé aux Sharks contre Murray Garbutt, qui n’atteignit jamais la Ligue nationale.

Deux semaines auparavant, Pierre Pagé avait obtenu John Tonelli, en fin de carrière et qui ne s’entendait pas avec son entraîneur Mike Keenan, contre des considérations futures que les Blackhawks n’ont en bout de ligne jamais reçues. La semaine suivante, Pagé a encore utilisé le ballotage, pour acquérir cette fois Gino Cavallini des Blues. Dans les deux cas, ils furent heureux de se retrouver avec une équipe où ils avaient plus de chances de jouer.

Le total de 52 points montrait encore une légère amélioration, mais il en résulta une avant-dernière place, puisqu’une équipe d’expansion, les Sharks, fut devancée par Québec.

1992-93

On réussit enfin à échanger Lindros, contre plusieurs joueurs, ce qui apporta des renforts plus que bienvenus.

Au camp, il n’y avait plus vraiment d’espace pour Smail, qui alla signer avec les nouveaux Sénateurs et Tonelli, qui prit sa retraite. Seul Cavallini revint pour une autre année, avant de se rediriger vers l’IHL, puis l’Europe.

Ça n’empêcha toutefois pas Pierre Pagé d’obtenir Tim Hunter du nouveau Lightning contre des considérations futures qui deviendront Martin Simard (qui joua 7 matchs avec Tampa Bay). Hunter joua 48 matchs avant d’être soumis au ballotage et réclamé par Vancouver.

La situation débloqua finalement, avec une somme de 104 points et un retour en séries. Les Nordiques furent toutefois éliminés en première ronde par les Canadiens, en direction vers la Coupe Stanley.

1993-94

Malgré la progression nette de l’équipe en saison régulière (qui fut par contre suivie d’une élimination hâtive en séries), Pierre Pagé tenta tout de même sa chance en signant Iain Fraser, un lointain choix de 12e ronde des Islanders qui était parvenu à jouer 7 matchs dans la LNH en trois ans dans la Ligue américaine. Fraser était un coéquipier d’Eric Lindros chez les Generals d’Oshawa lorsqu’ils ont remporté la Coupe Memorial en 1990.

Il signa également Chris Lindberg, qui avait joué 79 matchs en deux ans avec Calgary, après avoir remporté une médaille d’argent avec l’équipe olympique canadienne à Albertville.

L’expérience a donné de bons résultats avec Fraser, qui a joué 60 matchs et obtenu 37 points. Toutefois, l’arrivée de Peter Forsberg au sein d’une ligne de centre déjà bien garnie a laissé Fraser à l’écart la saison suivante. N’ayant toujours pas joué, Pierre Lacroix l’envoya à Dallas au mois de janvier. Il reçut en retour un choix de 7e ronde, qui devint tout de même Dan Hinote, qui eut une belle carrière, mais au Colorado. Fraser ne joua par la suite qu’une poignée de matchs avec les Stars, les Oilers, les Jets et les Sharks, avant de prendre le chemin de l’Europe.

Dans le cas de Lindberg, il joua 37 matchs, avant de lui aussi mettre le cap sur l’Europe.

L’équipe régressa, terminant avec 76 points, et rata les séries. Pierre Pagé quitta.

1994-95

À leur dernière année à Québec, Pierre Lacroix, maintenant directeur-général, n’a pas vraiment eu recours à cette stratégie.

En bout de ligne, en 7 ans, 14 joueurs ont été récupérés. Ils ont joué un total de 416 matchs (une moyenne de 29,7 chacun). Si on peut parfois faire des trouvailles de cette façon, lorsque c’est fait à répétition, ça donne une impression de désespoir.

De plus, cette période correspond également au moment où les joueurs soviétiques devenaient disponibles. Les équipes à court de solution ont évidemment tenté d’y trouver un raccourci et les Nordiques ont fait partie du lot. Ils ont eu de bons résultats avec Valeri Kamensky, Alexeï Gusarov et Andreï Kovalenko. Ils auraient aussi bien aimé signer Vyacheslav Bykov, mais celui-ci a préféré la Suisse. Quant à Sergeï Mylnikov, disons que l’expérience a été moins heureuse…

Tout ça pour dire qu’il y avait à ce moment beaucoup de trous dans l’alignement…

Sources :

″Kulak : Pas un inconnu…″, 6 octobre 1987, Le Soleil, page S12,

″Madden a tenu parole″ de Kevin Johnston, 3 octobre 1989, Le Soleil, page S2,

″Lawton atterrit chez les Nordiques″ de Kevin Johnston, 2 décembre 1989, Le Soleil, page S3,

″À quatre matchs de son 250 000$″ d’Yves Poulin, 8 février 1990, Le Soleil, page S5,

″«Nous les voulions à tout prix» - Pierre Pagé″ de Kevin Johnston, 2 octobre 1990, Le Soleil, page S2,
 
″Pagé réclame une enquête de la LNH″ d’Yves Poulin, 30 novembre 1990, Le Soleil, page S4, 
 
″«J’ai hâte de me joindre à un jeune club talentueux» - Smail″ de Maurice Dumas, 31 août 1991, Le Soleil, page S4,

″John Tonelli acquis par les Nordiques″, 19 février 1992, Le Soleil, page S7,

″Don Barber, repêché par les Nordiques″, PC, 13 novembre 1991, Le Soleil, page S3,

″«J’ai bondi de joie» - Cavallini″, PC, 28 février 1992, Le Soleil, page S2,

″Transaction mineure″, 8 mars 1992, Le Soleil, page S2,

″73 joueurs au camp des Nordiques″ de Kevin Johnston, Le Soleil, 1er septembre 1992, page S6,

″Iain Fraser s’en va chez les Stars″ de Kevin Johnston, Le Soleil, 1er février 1995, page S3,

hockeydb.com, hockey-reference.com.

vendredi 27 juin 2025

George Armstrong

 

Né d’un père d’origine irlandaise et d’une mère algonquine et anichinaabée, George Armstrong a grandi dans la région de Sudbury, où son père travaillait comme mineur.

Dans sa jeunesse, il a joué avec Tim Horton.  Les deux ont été alors repérés par les Maple Leafs.  Horton a été envoyé avec les Majors de St.Michael's, alors qu’Armstrong a pris la direction des Marlboros de Toronto.  Ils se retrouveront plus tard avec les Leafs.

Avec les Marlboros, Armstrong remporta la Coupe Allan en 1950.  Lors du tournoi qui se déroula en Alberta, l’équipe visita une réserve.  Quand les hôtes apprirent qu’Armstrong avait des racines autochtones, on lui fit une cérémonie où on lui remit des plumes et où on le surnomma ″Big Chief Shoots the Puck″.  Le surnom ″Chief″ demeurera.

Après un passage avec les Hornets de Pittsburgh de la Ligue américaine, Armstrong se fera une place avec les Leafs à long terme.  Lorsque le 9 février 1952, il marqua son premier but contre Gerry McNeil des Canadiens, ce fut le premier filet d’un joueur de descendance autochtone.

Armstrong deviendra un incontournable à Toronto pendant de nombreuses années.  S’il connut des saisons offensives intéressantes, il dut toutefois réorienter son jeu dans la Ligue Nationale pour devenir un avant plus défensif qu’auparavant.  Il eut tout de même quatre saisons de 20 buts ou plus au fil des ans.

En 1958, il fut nommé capitaine, titre qu’il conserva jusqu’en 1969.  Il portait donc le C lors des quatre dernières conquêtes de la Coupe Stanley des Leafs, en 1962, 1963, 1964 et 1967.  En marquant dans un filet désert lors du dernier match de la finale de 1967, Armstrong marqua ainsi le dernier but de l’ère des six équipes, puisque l’automne suivant, la ligue a augmenté ses cadres à douze équipes.  Cette Coupe fut aussi la dernière des Leafs et celle qui empêcha les Canadiens de remporter le titre lors de l’année de l’expo (alors qu’un présentoir avec la Coupe Stanley était en place au pavillon du Québec) et de répéter les cinq Coupes consécutives des années 1956 à 1960.

En 1969, il annonça sa retraite.  On le remplaça donc comme capitaine par Dave Keon.  Toutefois, il se ravisa.  Il joua donc deux autres saisons, avant de mettre fin à sa carrière de joueur pour de bon.

Encore aujourd’hui, il est celui qui a joué le plus de matchs dans l’uniforme des Leafs, avec 1187.

Il devint ensuite dépisteur des Leafs pendant un an, avant d’être nommé entraîneur des Marlboros (qui appartenaient toujours aux Leafs à ce moment) en juillet 1972.

Derrière le banc, Armstrong eut rapidement du succès.  Il remporta la Coupe Memorial en 1973 et en 1975, en ayant sous ses ordres des joueurs comme les frères Mark et Marty Howe, Paulin Bordeleau, Bruce Boudreau, Mike Palmateer et Mark Napier.

En 1977, il fut pressenti pour prendre la place de Red Kelly en tant qu’entraîneur des Leafs.  Lorsqu’il refusa, préférant être dépisteur, on lui accorda le poste convoité, mais ceci laissa un froid dans l’organisation, qui appartenait à l’irascible Harold Ballard.

Lorsque les Nordiques furent admis dans la LNH en 1979, ils se cherchèrent un dépisteur-chef.  Considérant l’état de chaos dans lequel les Leafs glissaient, il accepta de quitter la seule organisation à laquelle il avait appartenu au cours de sa carrière, pour se joindre aux Fleurdelysés.

Il demeura à ce poste pendant neuf ans.  Ses résultats y furent en demi-teinte.  Au début, il repêcha en première ronde des joueurs qui eurent de belles carrières comme Randy Moller et David Shaw.   La suite fut moins reluisante avec des choix comme Trevor Stienburg, David Latta et Ken McRae.  Des choix de rondes ultérieures comme Jeff Brown, Steven Finn et Ron Tugnutt donnèrent tout de même de bons résultats.  À son dernier repêchage en 1987, les Nordiques ratèrent la cible avec Bryan Fogarty, mais Armstrong laissa aussi son plus bel héritage à Québec avec la sélection de Joe Sakic.  Il demeure toutefois qu’à ce moment, les Nordiques entraient dans leur traversée du désert, où ils ratèrent les séries cinq ans de suite, dont trois dernières places.  Bien que ce n’était pas le seul problème, le manque de relève était flagrant.

Lorsqu’il quitta Québec, Armstrong retourna à ses anciennes amours, pour devenir directeur-gérant adjoint des Leafs.  En décembre 1988, lorsque John Brophy fut congédié, il accepta à contre-cœur de redevenir entraîneur, mais seulement sur une base intérimaire.  Toronto eut une fiche de 17-26-4 sous ses ordres et rata les séries.

Il est ensuite redevenu dépisteur et ce, jusqu’à son décès en 2021, à l’âge de 90 ans.

Celui qui a été admis au Temple de la renommée du hockey en 1975 est aussi l’oncle de Dale McCourt, le tout premier choix du repêchage de 1977.

Sources:

Mortillaro, Nicole, Hockey Trailblazers, Scholastic Canada, 2011, pages 19 à 22

″Sport en bref″, PC, 5 juillet 1972, Le Soleil, page 40,

″George Armstrong en charge du dépistage pour les Nordiques″ de Maurice Dumas, 8 juin 1979, Le Soleil, page C1,

″Jeff Brown, de la graine de quart-arrière″ de Maurice Dumas, 13 juin 1984, Le Soleil, page E2,

″Cent points par saison et un autre Paul Coffey″ de Maurice Dumas, 15 juin 1987, Le Soleil, page S3,

″Entraîneur-chef à temps plein: Armstrong ne veut rien savoir″ de Maurice Dumas, 30 décembre 1988, Le Soleil, page S4,

hhof.com, wikipedia.org.

lundi 16 juin 2025

Richard Brodeur

 

C’est sur une patinoire faite par son père dans la cour arrière chez lui à Longueuil que Richard Brodeur a commencé à jouer au hockey. Ce n’est qu’à 9 ans qu’il a rejoint le hockey organisé. Ce délai n’a pas semblé lui causer de problème. 

En 1970, le gardien de petit gabarit se retrouva avec les Maple Leafs de Verdun de la LHJMQ, mais il joua peu, avant d’être échangé à la pire équipe de la ligue, les Royals de Cornwall. 

Brodeur fut alors au cœur d’un revirement spectaculaire, alors qu’avec l’arrivée d’Orval Tessier derrière le banc et la contribution de joueurs comme Blair MacDonald et Gary MacGregor, les Royals passèrent de derniers à premiers en 1971-72. Brodeur fut nommé meilleur gardien de la ligue, en plus d’arrêter 46 tirs dans une performance clé en finale de la Coupe Memorial, qui permit aux Royals de vaincre les Petes de Peterborough par la marque de 2-1. Brodeur remporta ainsi le Trophée Stafford Smythe, remis au joueur le plus utile à son équipe lors du tournoi de la Coupe Memorial. 

Avec ces honneurs dans sa besace, Brodeur avait de grands espoirs pour le repêchage de 1972. Toutefois, il n’y eut pas moins de 10 gardiens qui ont été choisis avant lui. Si les premiers (Michel Larocque et Denis Herron) ont connu de belles carrières, par la suite, il y eut Mike Veisor, Dave Elenbaas, Gilles Gratton et d’autres dont vous n’avez jamais entendu parler. Ce sont finalement les nouveaux Islanders qui choisirent Brodeur, au 7e tour, 97e au total. 

Être repêché par une équipe d’expansion aurait pu être une opportunité de gravir les échelons rapidement, mais New York avait aussi pu s’assurer des services de Gerry Desjardins, Billy Smith et Glenn Resch. On offrit donc à Brodeur un contrat d’un an pour 12 000$ avec un boni à la signature de 1000$ pour jouer à Fort Wayne, dans la Ligue internationale. 

Pendant ce temps, une nouvelle ligue, l’Association mondiale, tentait de démarrer. Comme les Nordiques offrirent à Brodeur un contrat de deux ans pour un total de 45 000$, en plus d’un boni à la signature de 20 000$, il opta pour le circuit maudit.    

S’il débuta derrière Serge Aubry, il partagea ensuite la place avec ce dernier et Michel Deguise, avant de devenir le gardien numéro un des Fleurdelysés à partir de 1974-75. En 1975-76, il remporta 44 victoires, un record de l’AMH qui ne fut jamais battu. Il fit aussi évidemment partie de l’édition de 1976-77 des Nordiques qui remporta la Coupe Avco. 

Lorsque l’AMH rendit l’âme en 1979, et que quatre de ses équipes, dont les Nordiques, furent absorbées par la Ligue nationale, Brodeur fut l’un des rares à avoir disputé toutes les saisons du circuit avec la même équipe. 

Les droits sur Brodeur devaient donc en théorie revenir aux Islanders, mais les Nordiques utilisèrent alors l’une de leurs trois sélections prioritaires pour conserver ses droits. Toutefois, New York accepta de laisser Gerry Hart sans protection. En retour, les Nordiques acceptaient d’échanger Brodeur contre un autre gardien. Même si Hart n’avait pas vraiment envie de venir à Québec et Brodeur de la quitter, le plan fut mis en place et Brodeur fut éventuellement échangé contre Göran Högosta

À son arrivée à New York, les perspectives d’avenir ne paraissaient pas très prometteuses pour Brodeur, étant donné que Smith et Resch y étaient toujours. Brodeur se retrouva donc à Indianapolis dans la Ligue centrale. En février 1980, Smith dut s’absenter, Brodeur fut rappelé d’urgence. Comme le match suivant avait lieu à Québec, l’entraîneur Al Arbour eut le flair de lui confier le filet pour faire face à son ancienne équipe, contre qui il avait une certaine rancoeur. Brodeur remporta ainsi son premier match dans la LNH, 5-3. Il participa à un deuxième match avant de retourner à Indianapolis, où il remporta le Trophée Terry-Sawchuk à la fin de la saison. 

À la fin du camp de 1980, frustré de la situation, Brodeur exigea d’être échangé, sans quoi il prenait sa retraite. Une demi-heure plus tard, on lui annonça qu’il s’en allait à Vancouver avec une inversion de choix de cinquième ronde à l’encan de 1981. Les Islanders prirent Jacques Sylvestre, alors que les Canucks choisirent Moe Lemay. 

Tout ceci n’améliorait pas tant la situation de celui qu’on surnommait Kermit, puisqu’il se retrouvait encore deux autres gardiens, cette fois c’était Gary Bromley et Glen Hanlon. Toutefois, les deux se sont rapidement blessés et Brodeur saisit sa chance. Bromley perdit sa place et Hanlon fut éventuellement échangé à St-Louis. 

Jusque-là, les Canucks avaient toujours été une équipe ordinaire et ils n’avaient jamais remporté une série depuis leur création en 1970. Si Brodeur joua 52 matchs en 1980-81, il faut dire que leur fiche était plutôt ordinaire à 28-32-20. (Oui, 20 matchs nuls!) 

En 1981-82, Brodeur a joué autant de matchs que la saison précédente et la fiche de l’équipe était à peine mieux (30-33-17). Par contre, Vancouver se trouvait dans la division Smythe, où à part les Oilers, qui s’étaient complètement échappés, les autres équipes étaient au mieux très ordinaires. Toutefois, au premier tour, les faibles Kings ont causé une énorme surprise en envoyant la bande à Gretzky en vacances, ce qui a été appelé le ″Miracle on Manchester″. Pendant ce temps, les Canucks, dirigés par Roger Neilson suite à la suspension de Harry Neale, ont balayé les Flames. 

Au deuxième tour, Los Angeles devait donc affronter des Canucks reposés. C’est alors que suite au jeu brillant de Brodeur, on affirma que si Vancouver devait affronter les Rois (Kings), les Canucks pouvaient compter sur le Roi Richard (King Richard, en référence à Richard III). Le surnom a collé.

Les Canucks ont ensuite facilement éliminé les Kings, 4-1, avant d’affronter une autre équipe qui avait surpris, les Blackhawks. 

Vancouver défit aussi rapidement Chicago. Lors du deuxième match, en dérision d’une performance de l’arbitre qui l’irritait, l’entraîneur Roger Neilson a brandi une serviette blanche au bout d’un bâton, comme une ironique reddition. Neilson fut expulsé, mais ce fut la seule défaite des Canucks.


Vancouver, qui n’avait jamais eu de succès en séries, se retrouvait ainsi en finale, contre les champions en titre (et son ancienne équipe), les Islanders. Les partisans des Canucks ont agité des quantités phénoménales de serviettes blanches. Brodeur, qui a joué tous les matchs des Canucks en séries, a continué de se distinguer, mais la réalité a fini par rattraper Vancouver, qui a été balayé. Ce parcours en séries et la contribution de Brodeur sont alors entrés dans la légende sur la côte-ouest. Malgré la défaite, un défilé a eu lieu et plus de 100 000 personnes y ont assisté. 

L’année suivante, les performances de Brodeur furent reconnues, lorsqu’il fut invité au match des étoiles. Le tout fut toutefois contrecarré, lorsqu’il fut atteint d’un lancer-frappé de Dan Daoust, des Leafs. Son tympan droit a été perforé et il a dû recevoir 10 points de suture. Il rata donc le match des étoiles, qui avait lieu trois jours plus tard et fut remplacé par son coéquipier John Garrett

Pendant les années suivantes, Brodeur continua de jouer de nombreux match au sein d’une équipe qui stagnait ou qui régressait, et ce jusqu’en mars 1988. À ce moment, les Canucks étaient l’une des pires équipes de la ligue. Ils échangèrent donc Brodeur aux Whalers contre Steve Weeks, pour qu’il puisse appuyer Mike Liut. Une fois en séries, Hartford affronta Montréal, qui était favori. Brodeur joua quatre matchs, mais dans une cause perdante. Le Tricolore eut le dessus. 

L’année suivante, les Whalers envoyèrent Brodeur dans la Ligue américaine à Binghampton, pour servir de mentor à leurs jeunes gardiens. Il joua six matchs, avant de finalement prendre sa retraite.

Brodeur revint au Québec pour devenir représentant pour Labatt, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, puis dans le Bas du fleuve. Il retourna ensuite à Vancouver, pour gérer un hôtel. 

Brodeur avait toutefois une passion, la peinture. C’est lors de son passage à Cornwall qu’il a commencé à peindre de façon autodidacte. Toutefois, dans l’atmosphère macho des années 1970, alors que les gardiens étaient déjà considérés comme bizarres, il est demeuré discret à ce sujet. Par contre, ayant subi plusieurs commotions cérébrales au fil de sa carrière, lorsqu’il eut des conséquences de celles-ci, c’est sa peinture qui lui a servi de bouée de sauvetage. 

Il y a 25 ans, il a eu envie de se consacrer entièrement à son art. Habitant toujours en Colombie-Britannique, il a vendu au fil des ans plusieurs centaines de toiles. Il expose régulièrement dans plusieurs galeries, incluant La Belle Galerie, dans le Vieux-Québec. Ses sujets préférés sont la nature et les scènes de hockey avec des enfants. 

 

Sources: 

D’Auteuil, Jean-Pierre et Otis, Jean-Philippe, La Ligue de hockey junior majeur du Québec, Depuis Lafleur, en passant par Lemieux et Crosby, Éditions Caractère, 2013, pages 25 à 30; 

″Brodeur avait un petit compte à régler à Québec″ de Maurice Dumas, 28 février 1980, Le Soleil, page C1, 

″Brodeur blessé, Garrett devient numéro un″ d’UPI et AP, 7 février 1983, Le Soleil, page B2,

″Canucks at 50: How Richard Brodeur went from Kermit to king to a folk-art ′Picasso′″ de J.J. Adams, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com), 

″Richard Brodeur du filet à la toile″ de Jean-François Chabot, 26 avril 2020, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

″Des Nordiques au pinceau: l’ex-gardien de but Richard Brodeur raconte à quel point la peinture l’a «sauvé»″ de Diane Tremblay, 31 janvier 2024, Journal de Québec (journaldequebec.com), 

″Quand la peinture sauve la vie du Roi Richard″ de Mikaël Lalancette, 1er février 2024, La Tribune (latribune.ca), 

 ″L’ex-gardien de but Richard Brodeur expose ses toiles à Québec″ de Gabrielle Morissette, 2 février 2024, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca), 

brodeurartist.com, hockeydraftcentral.com. labellegalerie.ca.

dimanche 6 avril 2025

Pat Price


Les talents offensifs de Pat Price ne prirent pas de temps à attirer l’attention. Le défenseur des Blades de Saskatoon de la Ligue de l’ouest fut même comparé à nul autre que Bobby Orr.

Lors de la Coupe Memorial de 1974 à Calgary, il s’y rendit avec son entourage, même si son équipe n’y participait pas. Il prit alors une chambre d’hôtel où son agent venait lui faire part des différentes offres qu’il recevait.

Dans la Ligue Nationale, le premier choix appartenait aux nouveaux Capitals de Washington. Dans l’Association mondiale (AMH), ce sont les Blazers de Vancouver qui avaient ce privilège. Propriété du richissime Jim Pattison, ceux-ci recherchaient un moyen de damner le pion aux Canucks, misérables depuis le début de leur existence en 1970.

La surenchère monta à un niveau inespéré pour Price. Son but était clairement de jouer dans la Ligue nationale, mais si une équipe de l’AMH pouvait le convaincre, c’était celle de sa province natale. Et elle a mis toute la gomme. On lui offrit pratiquement tous les biens qu’il voulait et on conclut finalement pour un contrat de 5 ans de 1,3 million $ (énorme à l’époque), un boni à la signature de 250 000$ (1,6 million $ en dollars d’aujourd’hui) et l’utilisation d’une Ferrari. Comme il s’agissait de plus d’argent qu’il n’avait gagné dans toute sa vie, le père de Price crut que le chèque visé du boni à la signature de son fils avait une erreur, car il croyait qu’il y avait un zéro de trop. Price voulut inviter tout le monde à souper pour fêter le tout, mais personne ne voulait encaisser son chèque…

Les Blazers choisirent ainsi Price au repêchage. Les Capitals passèrent donc leur tour et choisirent plutôt Greg Joly pour débuter leur existence, avec des résultats qui seront mitigés. La suite pour Price ne fut pas non plus à la hauteur des énormes attentes à son endroit.

D’abord, un mois et demi après la signature de son contrat, il eut des problèmes de voiture. Alors qu’il roulait à 140 km/h sous la pluie, il fit une sortie de route et emboutit sa Ferrari. Heureusement, il ne fut pas blessé, mais on la remplaça toutefois par une Monte Carlo.

Avant le début de la saison, Price fut invité à se joindre à l’équipe d’étoiles de l’AMH qui allait disputer l’équivalent du circuit maudit de la série du siècle. Sa participation fit toutefois aussi une sortie de route. À l’hôtel, Gerry Cheevers attendait un appel au sujet de l’état de santé de son beau-père. Comme il n’était pas aux alentours lorsque le téléphone sonna finalement, Price se précipita pour prendre l’appel mais du haut de ses souliers plateformes, il chuta. Il en résulta une foulure de la cheville et il rata ainsi la série.

Une fois finalement sur la glace, Price eut de la difficulté à faire la transition du style ouvert où il dominait dans le junior vers un style plus serré et robuste de l’AMH. De plus, il ne s’entendait pas vraiment avec son entraîneur de la vieille garde, Joe Crozier. Le vétéran Andy Bathgate voulut servir d’intermédiaire entre les deux, mais il arriva à Price de faire preuve d’arrogance envers cette légende pour qui il éprouvait pourtant du respect.

Lorsque l’équipe eut des problèmes, le climat se détériora. Quand Price se retrouvait en difficulté, ses coéquipiers, peu inspirés par son attitude et son salaire élevé, avaient peu tendance à venir à son aide.

En bout de ligne, Price termina sa saison avec 5 buts et 29 passes, ce qui n’était pas mauvais, mais insuffisant pour justifier son salaire. Voulant jouer dans la LNH, il s’entendit alors avec les Blazers (qui déménagèrent à Calgary pour devenir les Cowboys) pour rompre son contrat.

Maintenant libre, Price fut un choix de premier tour des Islanders en 1975, où ses anciens coéquipiers avec Saskatoon, Dave Lewis et Bob Bourne, eurent de bons mots à son sujet.

Sous les ordres d’Al Arbour, Price s’éloigna de son rôle purement offensif, où Denis Potvin remplissait ce rôle de toute façon, pour devenir un défenseur plus complet. La jeune équipe montra une progression certaine, mais sans parvenir à se rendre jusqu’au bout. Lors des séries de 1979, Price joua toutefois peu et exigea un échange.

Son souhait fut exaucé lorsque les Islanders le laissèrent sans protection lors du repêchage d’expansion et qu’il fut choisi par les Oilers. Une fois en Alberta, il se mit à pratiquer un style plus robuste. Il obtint également son plus haut total de buts avec 11. Pendant ce temps, à New York, les Islanders remportèrent la première de leur quatre Coupes consécutives.

Sa saison suivante fut partagée entre Edmonton et Pittsburgh, alors qu’il fut échangé contre Pat Hughes. Sa récolte de 42 points fut alors son sommet en carrière. En 1981-82, ce fut son total de minutes de punition qui atteignit son sommet, avec 322.

L’année suivante, il fut l’un des joueurs qui se brouilla avec l’entraîneur Eddie Johnston et fut alors soumis au ballotage. Ayant besoin de renfort suite aux blessures de Jean Hamel et Mario Marois, les Nordiques le réclamèrent en retour de 2500$.

La présence de Price à Québec fut toutefois l’objet d’un faux-départ. Après quatre parties dans l’uniforme fleudelysé, il fut victime d’un mal sérieux et mystérieux pour lequel différents diagnostiques furent émis. La conclusion fut finalement une grave infection virale au cerveau. Si celle-ci lui fit finalement manquer deux mois d’activité, elle aurait aussi pu lui coûter la vie.

Ce ne fut toutefois que partie remise. Par la suite, Price rendit de fiers services aux Nordiques. Ayant déjà des connaissances en français à son arrivée, il s’intégra bien à la vie dans la Vieille capitale, qu’il apprécia beaucoup. Pendant son séjour, il incita ses coéquipiers à apprendre la langue de Molière et l’équipe à les soutenir dans leurs efforts. Il investit également dans une entreprise locale de déménagement. Ce fut finalement à Québec qu’il joua le plus de matchs dans sa carrière professionnelle, avec 255, où il fut au cœur de la rivalité Québec - Montréal.

L’aventure québécoise de Price prit fin en mars 1987, lorsqu’il fut échangé aux Rangers en retour de Lane Lambert, qui deviendra plus tard l’entraîneur-chef que Patrick Roy a remplacé derrière le banc des Islanders l’an dernier.

Price termina la saison à New York, avant d’être à nouveau échangé, aux North Stars cette fois, contre Willi Plett.

Il joua ses 14 derniers matchs dans la Ligue nationale avec le Minnesota avant de prendre sa retraite. En 726 matchs, sa fiche est de 43-218-261, en plus d’avoir amassé 1456 minutes de pénalité.

S’il avait déjà envisagé de s’établir en permanence à Québec, il décida finalement de retourner dans sa Colombie-Britannique natale, où il opéra pendant dix ans une entreprise dans le domaine du bois avec son frère.

Il conduisit également des remorqueurs, en plus de travailler en restauration et pour un club de golf.

Sources :

Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.141 à 146,

″Pat Price n’a pas le temps de s’ennuyer″ d’Alain Bouchard, 3 janvier 1983, Le Soleil, page B1,

″Pat Price… acte II″ d’Alain Bouchard, 15 mars 1983, Le Soleil, page C1,

″Pat Price réclame plus de français″, PC, 19 août 1986, La Tribune, page D2,

″I’m one of the fortunate few who have realized their dreams″ de Emanuel Sequeira et Will Johnson, Black Press, July 29, 2014, Nelson Star (nelsonstar.com),

″Le sang bleu à jamais″ de Jean-François Tardif, 24 août 2015, Le Soleil, page 38,

″Canucks at 50: Vancouver Blazers tries, but failed to capture the hockey market″ de Ed Willes, December 10, 2019, The Vancouver Province (theprovince.com),

banqueducanada.ca, hockeydraftcentral.com, hockey-reference.com.