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samedi 17 septembre 2016

Les chandails de la Coupe du Monde 2016







La Coupe du Monde est de retour après 12 ans d'absence et nous avons pensé faire le décompte des chandails des 8 équipes participantes. Normalement nous procédons du pire chandail jusqu'au meilleur mais cette fois-ci nous ferons l'inverse. Chacun des intervenants de LVEUP y va d'une note sur 10 ainsi que d'une petite critique du chandail qui explique sa place dans le classement.

Pour ce retour sur la scène, la Coupe du Monde et la NHL se sont affiliés à la compagnie Adidas pour la manufacture et le design des chandails. Adidas a donc ajouté son logo (les trois barres) sur les côtés de chaque chandail.

En général, je trouve que les chandails de ce tournoi sont mieux faits que ce qui nous avait été donné aux Olympiques de Sotchi. Oui l'ajout de publicités sur le chandail n'est pas vraiment le bienvenu mais au moins ce n'est pas encore trop envahissant. Mais ici ce n'est pas seulement mon opinion personnelle qui compte.

Sur ce, passons à notre décompte collectif. Vous excuserez le choix de certaines photos, ce n'était pas évident de trouver de bonnes photos pour tous ces chandails.


#1 - Suède - Sverige
8.2 / 10




MARTIN ITFOR : 9/10
Un de mes chandails préférés de l'histoire du hockey, point. Un classique parmi les classiques. Le seul problème avec cette version de l'emblématique Tre Kronor, je vous le donne en mille...

KEITHACTON: 7/10
Le Tre Kronor est simple, mais c’est un grand classique. Verrait-on les Suédois jouer avec autre chose? Je me serais peut-être passé de l’ajout des bandes sur le côté.

RAYSHEPPARD: 8/10
Difficile de critiquer un chandail de la Suède. Ils sont presque toujours parfaits, classiques et uniques mais celui-ci est toutefois moins beau à mon avis à cause d'un détail mineur. Celui qu’ils portent d’habitude a deux bandes sur les manches et/ou dans le bas du chandail, ce qui à mon avis fonctionne mieux.

KIRK MCLEAN: 8/10
La Suède n'a pas réinventé son chandail pour l’occasion, mais ils ont un uniforme qui est parmi les plus beaux depuis des lunes. C'est probablement le seul chandail majoritairement jaune que j'apprécie.

PETE PETERS: 9/10
Juste pour le chandail jaune.


#2 - Russie - Росси́я
8 / 10


MARTIN ITFOR: 9/10
À quoi bon expérimenter et essayer des choses quand on a un chandail qui fonctionne très bien? Couleurs nationales, armoiries du pays comme logo, pas de zigonage... J'ai enlevé des points pour les bandes sous les bras, mais du reste, ce chandail est presque parfait.

KEITH ACTON: 9/10
Le logo a du panache et non seulement le nom du pays est dans la langue locale, mais en plus, il est en caractère cyrillique.  J’aime les chandails avec les noms écrits dans la langue du pays, et non en anglais. Je veux voir "Deutschland", pas "Germany". Je n’ai rien contre la langue anglaise, mais l’uniforme d’un pays devrait d’abord s’adresser aux gens du pays concerné et à ceux qui le porte. De plus, ça leur donne de la personnalité et une touche d’exotisme. Les couleurs du drapeau sont bien harmonisées.

RAY SHEPPARD: 7/10 

Mieux que leur chandail des Olympiques de Sotchi et de Vancouver. J'aime beaucoup le lettrage et les numéros.

KIRK MCLEAN: 7/10
La Russie n'a pas réinventé la roue avec ce chandail ressemblant à ceux portés lors des dernières années sur la scène internationale. Efficace, sans plus.

PETE PETERS: 8/10
Sans la bavette bleue de matelot le chandail aurait eu un 9.


#3 - Canada
7.8 / 10
 

MARTIN ITFOR: 7/10
Le Canada a un sérieux problème d'identité depuis plusieurs années côté chandail. Beaucoup de choses ont été tentées pour le meilleur et pour le pire, je ne suis pas là pour pointer des chandails plus laids que d'autres, vous êtes capable de le faire. Mais par contre, je n'ai jamais compris pourquoi les chandails de l'équipe nationale canadienne avaient du noir. J'aime quand les chandails nationaux respectent les couleurs de leur pays et le noir n'en est pas une pour le Canada. Donc un avantage du chandail du Canada est l'absence de noir (outre pour les pantalons). Les logos ont également été un problème pour le Canada, celui-ci est bien, minimal, pas crieur et très évocateur. Ce qui me chicote, c'est la nécessité des feuilles d'érables au bout des manches, j'aurais préféré des bandes blanches, mais je peux vivre avec. J'aurais également pris une ou deux bandes dans le bas. La chose qui a fait perdre le plus de point est la bande sous les bras, inutile... Tous les chandails ont d'ailleurs perdu des points pour cette particularité. Dans l'ensemble, un très beau chandail. 

KEITH ACTON: 9/10
Une touche moderne à l’avant et ce qui semble être une référence au chandail des anciennes Coupes Canada sur les manches. Pas trop chargé. J’aime beaucoup. 

RAY SHEPPARD: 9/10
Le meilleur du tournoi selon moi et un des plus beaux chandails du Canada tout court. Le logo est très bien conçu et dynamique. C’est définitivement l’élément qui ressort le plus sur le chandail. J'aime particulièrement les lignes noires qui entourent la feuille d'érable. C'est un petit détail que le graphiste en moi aime beaucoup. Les manches sont aussi très bien conçues avec un rappel à la Série du siècle et autres Coupes Canada.

KIRK MCLEAN: 10/10

Je ne sais pas si c'est ma fibre patriotique canadienne, mais je trouve que ce chandail est le plus réussi du tournoi. Les feuilles d'érable sur le bas des manches est un joli rappel au chandail de la Série du Siècle. J'adore!

PETE PETERS: 4/10
J’aimerais aimer le logo mais je le trouve trop nouveau… Dans ma tête le logo de team Canada est encore dans les années 90….


#4 - Finlande - Suomi
6.2 / 10


MARTIN ITFOR: 7/10
Somme toute, hormis les bandes sous le bras, le chandail blanc est parfait. Le bleu est plus ordinaire, je trouve pas vraiment efficace le gros SUOMI dans la bande blanche. J'aurais donné une plus haute note pour une version inversée du chandail blanc. Pas laid, mais pas impressionnant.

KEITHACTON: 6/10
L’écriture manque de personnalité et le design fait plutôt soccer. Par contre, ils ont conservé le nom du pays en finnois, chose que j'aime.

RAY SHEPPARD: 7/10
J’aime bien sa simplicité et surtout le SUOMI dans la bande blanche. J’aurais fait pareil pour le chandail blanc. Je me demandais surtout quel était cet écusson rouge et jaune que j'avais jamais remarqué sur un chandail finlandais auparavant. Il s’agit en fait de l’insigne navale de la Finlande. Je trouve que c’est pas tellement nécessaire alors que la République Tchèque utilise elle aussi une insigne similaire et qu'on est habitué de voir la Finlande seulement en bleu et blanc.

KIRK MCLEAN: 8/10
Peu importe l'événement, la Finlande arrive toujours avec un bel uniforme. Ayant joué énormément à NHL 99 sur PC à l'époque, le chandail bleu ressemble beaucoup à celui que les programmeurs avait imaginé.

PETE PETERS: 3/10
Ne veut rien dire. Je trouve grotesque le nouveau logo et le lettrage, oui je sais je suis vieux jeu. J'ai toujours aimé la vieille écriture et le vieux logo. Je trouve que ça l'air botché…


#5 - République Tchèque - Česká republika
5.6 / 10



MARTIN ITFOR : 6/10
J'aime le chandail. Il est simple, minimal et classique. J'ai par contre quelque chose avec le col des deux chandails, surtout sur le chandail rouge. On dirait un col de polo ou quelque chose du genre. Les bandes sous les bras sont également inutiles comme sur les autres chandails. Le blanc a une crise d'identité au niveau du haut des épaules qui lui a fait perdre des points. 

KEITHACTON: 7/10
Personnellement, je préfère ceux avec les armoiries du pays, avec les deux lions d’argent, l’aigle échiqueté et l’aigle de sable. Les couleurs du drapeau sont respectées, mais je préfère le rouge au blanc. 

RAYSHEPPARD: 5/10
Je n’aime pas le grand rectangle blanc sur les épaules du chandail rouge. L'armoirie se perd également dans tout ce rouge (il y a ici une erreur d'ailleurs dans le premier graphique). Ils ont eu des meilleurs chandails dans le passé. Il ressemble aussi beaucoup trop à celui de la Russie. D'ailleurs lors d'un match entre les deux équipes c'est assez confondant. 

KIRK MCLEAN: 5/10
Les épaules du chandails rouge sont trop surchargées à mon goût, tout comme le collet sur le chandail blanc. 

PETE PETERS: 5/10
J’ai toujours préféré les chandails avec une couleur uniforme… Celui-ci je trouve que le look trop NHL prédomine…


#6 - États-Unis - United States of America
5.4 / 10


MARTIN ITFOR : 6/10
Les chandails des USA ont souvent le même problème d'identité que le Canada. Celui-ci est so-so. Le bleu est correct, sans plus. Le logo du bleu est ordinaire, j'aurais utilisé un autre logo ou simplement le blason que l'on retrouve sur le chandail blanc. Le chandail bleu manque un peu de blanc je crois, question d'équilibrer les couleurs. Le blanc par contre est plus réussi. Inspiré du chandail des Olympiques de 1960, ce chandail a une meilleure proportion des couleurs du pays et des bandes mises à la bonne place et des épaules efficaces. J'aime également bien le petit blason dans le haut. Le chandail bleu aurait dû être une version inversée du chandail blanc. Je me demande vraiment pourquoi s'acharner à avoir un chandail différent à tout prix entre le chandail blanc et le chandail de couleur quand on peut inverser les couleurs... 

KEITHACTON: 5/10
Ça manque de relief. J’aurais mis plus de rouge. Le bleu utilisé ici n’est pas fidèle à celui du drapeau, plus pâle. Celui avec l’écusson est un peu mieux, mais le blanc est terne. 

RAYSHEPPARD: 8/10
J’aime beaucoup le blanc qui est très similaire au chandail des Olympiques de 1960. L’autre est définitivement plus moderne et est presque pareil à celui des dernières Olympiques de 2014 (sans les cochonneries d'étoiles brillantes). Donc un mélange de modernité et d’histoire ici. Pas mal. J’aime également le lettrage choisi, surtout en ce qui concerne les numéros. Le blanc est cependant nettement meilleur que le bleu. 

KIRK MCLEAN: 5/10
On dirait que Team USA a dessiné son chandail à la va-vite. Étrangement, je n'aime pas leur logo en forme de bouclier. La seule place où on devrait retrouver un bouclier avec des écritures, c'est sur les manches d'un chandail des Barons de Cleveland ! 

Note: En fait sur les manches des Barons c'est plutôt la forme de l’état de L'Ohio et non un bouclier. 

PETE PETERS: 3/10
J'aurais aimé un vrai logo… C’est quand même un des plus grands pays au hockey et on se contente d’un USA dans un simili logo?  



Pour les deux dernières places on retrouve une égalité...


#7 - Équipe Europe
4 / 10


MARTIN ITFOR: 4/10
De loin le plus laid du groupe. J'aurais pu donner moins, mais je vais donner quelques points pour l'audace de l'expérimentation du chandail de couleur. Je ne sais pas si faire un chandail 50/50 comme ça a déjà été fait, mais j'admire l'idée. Au final c'est la seule chose sur le design du chandail qui est intéressant. Intéressant ne veux pas dire par contre que j'aime. Le blanc est assez morose, sans intérêt, sans saveur, le noir/bleu est seulement un peu moins pire. La chose la plus intéressante selon moi est le logo, c'est ce qui a donné des points à ce chandail. Mais dans les faits, je ne vois pas pourquoi quelqu'un voudrait acheter ce chandail, surtout le blanc...

KEITH ACTON: 2/10
Quel manque d’imagination pour le logo des "autres"… (Prétexte pour que Kopitar joue même s’il est le seul joueur slovène) Serait-il inspiré du premier logo des Canucks? Je ne sais pas ce que symbolisent les deux moitiés de couleurs différentes, mais ça ne me plaît pas. Les deux manches différentes sur le blanc sont encore pires.

RAY SHEPPARD: 6/10
Je ne trouve pas ce chandail si horrible que ça. Oui la séparation des couleurs au milieu du chandail est étrange mais ç’est quand même fait de manière subtile avec deux couleurs similaires et comme Martin je trouve ça quand même intéressant et audacieux. Le logo est peu original (trop Canucks ou Soirée du Hockey) mais convient tout de même. J’ai vu pire comme chandail.

KIRK MCLEAN: 8/10
J'avais un doute à première vue du chandail foncé dû à la séparation des deux couleurs principales. Mais en réalité, ça crée un beau clin d'oeil au fait qu'ils ont dû patcher plusieurs pays ensemble. Le choix de couleurs est joli, j'aime bien.

PETE PETERS: 0/10
KESSER ÇA???? Pourquoi les couleurs? Ça fait Europe? C’est vraiment n’importe quoi. Le logo veut RIEN dire!


#7 - Équipe Amérique du Nord (ou des 23 ans et moins d'Amérique du Nord)
4 / 10


MARTIN : 5/10
Je n'aime pas l'agencement de couleurs, on dirait un chandail promotionnel de boisson énergétique. Le logo aide à penser ça aussi. Ledit logo n'est pas tant mal, il fait un peu casquette de baseball, je peux vivre avec. Avec des couleurs moins "douche", j'aurais peut-être mieux aimé, mais j'aime pas. Ça ne me tente pas de parler du chandail blanc. En raison des jeunes stars, ce chandail vendra peut-être, mais je ne vois pas pourquoi j'achèterais ce chandail sans un McDavid ou un Eichel derrière... Encore une fois, cette Coupe du Monde a permis des expérimentations avec le chandail Europe et Amérique du Nord, malheureusement, je trouve que ça marche pas tant bien dans les deux cas...

KEITHACTON: 1/10
Dire que si ce concept avait été en place, Mario Lemieux n’aurait pas joué avec Wayne Gretzky à la Coupe Canada 1987… Le logo est affreux et le gris donne une impression de saleté.

RAY SHEPPARD: 2/10
Une horreur. Le logo est extrêmement cheap même si j'aime bien l'idée des lettres qui se croisent. La texture “coton ouaté gris” sur les bandes me fait vomir. Les numéros sont laids et difficiles à lire. Le petit logo "XXIII" sur les manches est totalement inutile. Les couleurs sont laides. Bref je n’aime pas. Le blanc est le meilleur des deux cependant, peut-être parce qu'il m'agresse moins que l'autre...

KIRK MCLEAN: 10/10
On a pas fini de se faire surprendre par les jeunes de l'Amérique du Nord. Adidas a frappé dans le mille avec ce mélange de couleurs plus "jeune". J'adore.

PETE PETERS: 2/10
Ok cool. On Écrit AN en orange pis ça finit là.



Donc on a une égalité au dernier rang, chose qui n'était encore jamais arrivée dans nos décomptes.

Donc on n'aimerait pas en finir ainsi alors nous allons demander votre aide chers lecteurs pour départager laquelle de ces deux équipes bâtardes a le pire chandail. Vous avez jusqu'à la fin de la Coupe du Monde pour voter.



Quel est le pire chandail de la Coupe du Monde 2016?

Amérique du Nord
Europe
Autre

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lundi 24 février 2014

La suprématie du hockey international









J’envie les amateurs de soccer / football.  Au niveau international, les choses sont simples.  Depuis 1930, avec comme unique interruption la Deuxième Guerre mondiale, la Coupe du monde a lieu tous les quatre ans.  Organisé par la FIFA, il s’agit du tournoi indiscutable.  Le pays qui remporte la Coupe du monde trône au sommet de la hiérarchie.  Une victoire est une victoire, peu importe l’année.  Le tournoi olympique existe, mais depuis 1992, son rôle est clair (pour les moins de 23 ans).  C’est beaucoup plus complexe au niveau des clubs, mais ça, c’est une autre histoire.

Pour le basketball, la suprématie américaine était tellement claire qu’un tournoi olympique avec une équipe de joueurs universitaires a longtemps suffi.  Lorsque ça n’a plus été le cas, on a admis les professionnels et depuis, le tournoi regroupe les meilleurs.  Et comme le tournoi ne se déroule pas pendant la saison de la NBA, il ne lui nuit pas et permet au sport de profiter à fond de la vitrine olympique.

Le baseball, qui a aussi une certaine portée internationale, tente d’établir depuis 2006 la Classique mondiale, mais avec moins de succès.

Pour le hockey, c’est plus compliqué.  Beaucoup plus compliqué.  En fait, il faut quand même de bonnes notions d’histoire du hockey pour s’y retrouver.

Comme pour le basketball, le début est simple.  Les compétitions internationales (Jeux olympiques et Championnats du monde) n’admettaient que les joueurs amateurs, ce qui excluait les professionnels de la LNH.  Par contre, le Canada dominait de façon tellement décisive que même s’il n’y envoyait que des équipes seniors, il parvenait tout de même à s’imposer.
La seule médaille d'or qui a échappé au Canada lors des sept premiers tournois olympiques.  Il faut dire qu'à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, l'équipe championne, de Grande-Bretagne, était principalement composée de joueurs ayant grandis au Canada...
La montée des pays de l’Europe de l’est, l’Union soviétique en tête, est venue changer la donne.  Officiellement, leurs meilleurs joueurs étaient des amateurs, puisqu’ils étaient payés par l’armée.  Par contre, leur entraînement avait tout du professionnalisme, ce qui leur donnait un avantage indéniable.

Il s’en suivit une domination outrageante des Soviétiques, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.  Au risque de paraître mauvais perdant, on peut considérer la médaille de bronze du Canada aux Jeux de Grenoble en 1968 et celle d’argent des États-Unis à Sapporo en 1972, gagnées par des équipes de véritables amateurs, comme ayant plus de valeur que celles d’or gagnées par les Soviétiques.  Quant à celle d’or gagnée par les Américains en 1980, elle relève… du miracle!   (voir texte du 22 février 2014)

C’est dans ce contexte que le Canada refuse carrément d’envoyer une équipe aux Jeux de Sapporo et d’Innsbruck (1976) et de participer aux Championnats du monde, organisés par la Fédération international de hockey sur glace (FIHG) de 1970 à 1976.  À partir de 1977, les professionnels y sont admis, mais comme le championnat a lieu pendant les séries éliminatoires de la LNH, les équipes sont composées des joueurs dont la formation de la Ligue nationale est éliminée.  Le tournoi peut ainsi donner lieu à du jeu intéressant, mais on peut difficilement argumenter qu’on y couronne le véritable champion du monde.

C’est aussi dans ce contexte que fut organisée la Série du siècle de 1972, avec les joueurs de la Ligue nationale.  On voulait déterminer qui était vraiment le meilleur.  La compétition n’impliquait par contre que deux pays, le Canada et l’Union soviétique.

C’est pourquoi Hockey Canada et l’Association des joueurs de la LNH prennent les choses en main et organisent la première Coupe Canada en 1976, un tournoi à six équipes.  Dans les faits, on peut donc dire que ce tournoi, pourtant en parallèle de la FIHG et du CIO, représente pour cette période la véritable suprématie du hockey international.  Par contre, le tournoi est organisé de façon irrégulière, quand on a le temps.  Il faudra attendre cinq ans avant de voir la deuxième (1981), mais seulement trois ans avant la troisième (1984), un autre trois ans pour la quatrième (1987), mais quatre ans pour la dernière édition (1991). 

La Coupe du monde de 1996
En 1996, la LNH prend la relève et organise la première Coupe du monde.  L’Association des joueurs est alors empêtrée dans les fraudes d’Alan Eagleson et a bien d’autres priorités que d’organiser une autre Coupe Canada.  Mais le prestige de la Coupe du monde est bien éphémère.  (Vous souveniez-vous de la victoire américaine?)  Il y a finalement entente pour redonner du lustre au tournoi olympique.  La LNH interrompt ses activités en février 1998 pour permettre à ses meilleurs éléments de participer aux Jeux de Nagano.

On se retrouve finalement avec une situation claire.  Le hockey bénéficie de la vitrine olympique pour faire découvrir son produit, incluant dans des marchés moins traditionnels, et pour couronner un champion incontestable.

La LNH a bien ressuscité le concept de la Coupe du Monde, mais encore de manière irrégulière.  Elle a attendu huit ans (2004) avant d’en organiser une deuxième.  En fait, la tradition est tellement faible qu’elle a même changé le trophée à remettre aux vainqueurs.  (Le trophée était peut-être laid, mais quand même…)

Heureusement, le tournoi olympique demeure, du moins jusqu’à maintenant, une constante.  Suite au tournoi que nous venons de vivre, on peut affirmer sans se tromper que le Canada est au sommet.  Par contre, il demeure difficile d’établir des comparaisons pour les différentes époques.

La Coupe du monde de 2004
Guy Lafleur, joueur dominant des années 1970, n’a à son palmarès international que deux participations à la Coupe Canada (une victoire), une structure qui n’existe même plus.

Igor Larionov a gagné quatre championnats du monde, mais ceux-ci ont été gagnés pendant une période où, favorisés par le contexte, les Soviétiques ont dominé cette compétition.  De 1963 à 1990, ils ont remporté pas moins de 23 titres en 28 ans.  On peut dire la même chose de ses deux médailles d’or olympiques, remportées dans les mêmes conditions, en 1984 et 1988.

Et une médaille olympique demeure une médaille olympique, mais ont elles vraiment la même valeur?  À mes yeux, la médaille d’or méritée par Peter Forsberg à Turin en 2006, alors que tous les meilleurs y étaient, a plus de valeur que celle qu’il s’est mérité à Lillehammer en 1994, alors que la puissance soviétique s’était écrasée et que les pays y déléguaient un mélange de vétérans évoluant hors de la LNH et de joueurs juniors prometteurs.

C’est pourquoi ça m’attriste un peu d’entendre Gary Bettman remettre en question la participation des joueurs de son circuit aux Olympiques et de ressortir des boules à mites le concept de Coupe du monde (dix ans après la dernière).  Quoi qu’il en dise, les Olympiques représentent quelque chose de spécial, chose qu’un concept de Coupe du monde, traité avec négligence jusqu'à maintenant, prendra des décennies à atteindre.  De plus, pour une rare fois dans l’histoire du sport, on a établi une certaine constance pour déterminer qui en est son champion.  Le retrait des Jeux nous retournerait à la case départ. 

De plus, la LNH n’est plus seule.  Qu’arrivera-t-il si la KHL, de son côté, laisse aller ses joueurs?  Est-ce que la possibilité d’aller aux Jeux représentera un argument en sa faveur aux yeux de certains joueurs?  Et la LNH lui laisserait toute la plateforme olympique pour mettre en vitrine son produit?

Au-delà des questions de calendrier compressé, de décalage horaire qui met les matchs à des heures peu avantageuses et des risques de blessure, je considère qu’un peu de vision implique la poursuite de l’aventure olympique.

Ceci n’empêche pas la reprise du concept de Coupe du monde, mais même dépoussiéré, il n’aura pas l’ampleur des Jeux.