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vendredi 3 juillet 2026

Le (petit) coin des champions

 


En juillet 2025, je suis allé visiter ma famille à Gatineau, ma ville natale et la meilleure au monde (eh oui j’ai un biais pro-gatinois assumé!). Ça fait plusieurs années que je vis heureux au Lac-St-Jean et je subis chaque fois un choc quand je retourne dans mon patelin. La ville a pris de l’ampleur avec des gratte-ciels, des nouveaux quartiers et des bouchons de circulation un peu partout, mais ça reste chez moi et je retrouve encore plein de points d’ancrage de mon enfance. A titre d’exemple, il y a encore les Galeries de Hull, un centre commercial où j’ai notamment vu des gens faire du breakdance sur une scène pour promouvoir le film Beat Street en 1984. J’ai d’ailleurs encore la cassette qu’ils vendaient sur place! Juste en la regardant, j’entends sa toune de rap de Noël funky!


Dans les environs des Galeries de Hull, on trouve plusieurs restos dont un Mikes en face du Wal-Mart (qui n’existait pas dans ma lointaine jeunesse). 


L’an passé, c’est dans ce resto que je suis allé dîner avec mon neveu après avoir joué au soccer avec lui. J’ai toujours aimé la cuisine italienne de chez Mikes. Leurs napkins sont aussi très bien placées sur leurs tables (je cherche toujours à souligner les points forts, aussi minimes soient-ils ; c’est une déformation professionnelle en tant que professeur). 


La raison pour laquelle j’en parle sur LVEUP, c’est que je suis tombé sur quelque chose d’inattendu dans ce resto. En allant aux toilettes, j’ai constaté qu’un chandail des Olympiques de Gatineau - signé par tous les joueurs - était encadré… juste à côté des urinoirs! 


Un beau chandail de mon équipe junior locale trônant dans pareil endroit méritait de s’exclamer « Holy shit! ». Non mais regardez-moi ces belles signatures qui entourent le beau logo des Olympiques de Gatineau! 


Comme vous pouvez le voir, aucune indication sur le cadre ou le chandail ne précise avec certitude l’année de l’édition de cette équipe. C’est donc en analysant les différentes signatures des joueurs qu’on pourrait y parvenir. Une enquête de hockey en ces lieux d’aisance (langage soutenu), pour ne pas dire aux chiottes (langage vulgaire)? Un vrai coup de bol sémantique! 

Je crois reconnaître l’autographe de Francis Wathier (numéro 8). Ça semble la plus claire de toutes. 


Je pense aussi déchiffrer d’autres signatures comme celles de Philippe Dupuis (numéro 10) et de Guillaume Labrecque (numéro 11). 



Par ailleurs, on peut relever l’autographe de Laurence Woodman (numéro 14) et de Yannick Charron (numéro 44) sur le chandail. Ces autographes me permettent d’affirmer qu’il a été signé par l’édition 2003-2004 de la saison régulière et non celle des séries éliminatoires. En effet, en analysant la composition de l’équipe sur le site web de la Ligue canadienne de hockey, on voit que Woodman et Charron ont joué pendant la saison régulière, mais pas pendant les séries



De plus, si on analyse le numéro de chandail de Yannick Charron (#44), je constate que celui-ci a été porté par David Krejci l’année suivante, en 2004-2005. C’est donc grâce à ces détails que j’ose affirmer que le chandail des toilettes du Mikes date de l’édition championne des Olympiques de Gatineau de 2003-2004. Je peux certes me tromper dans mon analyse très sommaire, alors n’hésitez pas à me corriger si c’est le cas! 

En tout cas, installer le chandail autographié par une équipe championne dans les toilettes d’un resto, à côté des urinoirs en plus… On s’approche du boutte de la marde! Ça donne une autre signification à l’expression « ça sent la coupe » ! Ça sent surtout la croupe! En plus, les gens se soulageant doivent tourner le dos à leur urinoir pour bien admirer le chandail (bonjour les dégâts!). C’est certain que si le chandail était accroché au-dessus des urinoirs, il y aurait une file d’attente pour pisser. Peut-être que s’il était accroché dans une cabine, ça servirait de lecture pour agrémenter les évacuations. J’entends déjà le « Il s’élance et dompe! ». Mais si j’arrive à être sérieux deux minutes, la situation n’a juste pas d’allure! Des objets de collection en viennent souvent à sentir le tabac après avoir appartenu à des fumeurs, mais là on aura droit à un parfum Chanel Numéro 2 bien senti! 

Mais bon, mes péripéties gatinoises vous auront au moins donné le goût de mener votre propre enquête entre deux (toilettes) bouchées chez Mikes! Si vous y allez, assurez-vous de vérifier si je ne vous ai pas servi un tissu de mensonges et laissez un commentaire sur notre blogue!

mercredi 18 février 2026

L'équipe olympique canadienne en tournée



Aux Olympiques, le Canada envoya d’abord une équipe senior. Par moment, il s’agissait de la détentrice de la Coupe Allan. Pendant longtemps ce fut suffisant pour remporter l’or à presque chaque occasion. En 1956, à Cortina d’Ampezzo, les choses ont changé, lorsque l’Union soviétique a remporté la première place. 

Il fallut attendre aux Jeux d’Innsbruck, en 1964, pour que le Canada décide de mettre sur pied un programme d’équipe nationale. Comme ceux recrutés devaient demeurer amateur, on attira plusieurs joueurs qui voulaient prolonger leurs études, d’autant plus qu’à ce moment, le parcours universitaire n’était pas aussi valorisé qu’aujourd’hui dans le monde du hockey. Si des joueurs comme Macklin Celebrini qui accèdent au plus haut niveau en passant par l’université sont aujourd’hui nombreux, ce n’était pas le cas à ce moment.

Ce modèle dura jusqu’en 1968, mais lorsqu’en 1970, la Fédération internationale (FIHG ou IIHF) se ravisa et décida de continuer d’exclure les professionnels, le Canada de retira des compétitions internationales. Il n’y eut donc pas d’équipes canadiennes à Sapporo en 1972 et à Innsbruck en 1976.

Pour les Jeux de Lake Placid en 1980 et ceux de Sarajevo en 1984, on utilisa une collection de joueurs juniors, mais les résultats furent décevants (6e et 4e).

Pour les Jeux suivants, en sol canadien, à Calgary, on voulut donc essayer d’améliorer les résultats. Alors que les joueurs professionnels étaient maintenant admis, mais que la Ligue Nationale n’arrêtait pas ses activités pendant les Jeux, on décida de remettre sur pied un programme d’équipe nationale. (Techniquement, il y avait aussi un programme pour 1980 et 1984, mais les équipes furent composées moins d’un an avant les Jeux.) Le Canada termina encore quatrième.

Le programme continua alors son chemin. Toujours dirigée par Dave King, qui était derrière le banc en 1984 et en 1988, l’équipe se devait de disputer de nombreux matchs, à l’étranger, mais aussi à la maison, au fil des ans entre les Jeux.

L’année après les Olympiques, l’équipe disputa des parties dans 32 villes canadiennes. 


 

À l’automne 1989, l’équipe nationale avait à son agenda une tournée de six villes québécoises : Trois-Rivières, Sorel, Thetford Mines, Granby, St-Jean-sur-Richelieu et Maniwaki. Pour cette tournée, l’adversaire était l’équipe olympique de l’URSS, ce qu’on pourrait qualifier d’équipe B, derrière l’équipe nationale. À ce moment, si l’équipe nationale était principalement composée de joueurs de l’Armée rouge, ceux de l’équipe olympique étaient principalement issus du Dynamo de Moscou, le club du KGB.

Le contexte politique était par ailleurs volatile. Au mois de mars précédent, Sergeï Pryakhin avait été autorisé à se joindre aux Flames. En octobre, ce fut au tour de Sergeï Makarov, Igor Larionov, Vyacheslav Fetisov, Helmuts Balderis et quelques autres de se joindre, avec l’accord de la fédération soviétique, à la LNH.

Un mois auparavant, c’était la chute du mur de Berlin.

Vladislav Tretiak faisait aussi partie de la tournée, en tant que porte-parole. Dans toutes les villes, on vit que son aura légendaire était toujours intacte. On lui posa d’ailleurs de nombreuses questions sur la situation politique, sur Mikhaïl Gorbatchev et sur l’état du hockey soviétique. Il en profita aussi pour venir à la défense de son compatriote Sergeï Mylnikov, qui avait de sérieux problèmes d’adaptation avec les Nordiques.

La commande s’annonçait donc lourde pour l’équipe canadienne, qui avait compilé une fiche de 7-19-1 contre l’URSS l’année précédente.

Le premier match à Granby a été serré, en se terminant par une nulle de 1-1. Les matchs suivants ont été compétitifs, mais toujours en faveur des Soviétiques, qui l’emportèrent 5-3 à Thetford Mines, 4-2 à Sorel et 5-2 à Trois-Rivières.

Les articles de l’époque notent du côté des visiteurs un jeu rapide et relevé, basé sur le contrôle de la rondelle et des passes vives, mais sans lancer dans le fond de la zone adverse. 

 

Le 8 décembre, je me suis présenté au Colisée de St-Jean-sur-Richelieu (aujourd’hui Colisée Isabelle Brasseur et qui était à ce moment le domicile des Lynx de la LHJMQ) et payé 15$ pour assister au cinquième duel de cette série.

Si le niveau de jeu était relevé, le match fut à sens unique. Après 4 buts, le gardien canadien, Ed Belfour, fut remplacé par Warren Skorodenski. Les compteurs pour l’URSS furent Alexander Galchenyuk (le père de l’autre, deux fois), le futur Nordique Mikhaïl Tatarinov et le futur Devil Alexander Semak


 

 
À la fin de la première période, la marque était de 5-0, après quoi les Soviétiques ont de toute évidence mis la pédale douce.

En bout de ligne, l’URSS l’a emporté 7-1. C’est l’ex-Wing, Ranger, Penguin et Leaf Mike Blaisdell qui a évité le blanchissage à l’unifolié. Parmi les autres joueurs canadiens, notons le futur Wing Kris Draper, l’ex-Nordique (et actuel entraîneur du Kraken) Lane Lambert, Daniel Poudrier, Yves Héroux et Bobby Dollas, qui ont aussi tous joué à Québec. 


Le match était organisé par l’association locale de hockey mineur et devait servir de levée de fonds, mais l’assistance très décevante de 1054 spectateurs a plutôt généré un déficit de 8300$. La foule fut aussi modeste à Thetford Mines (1200 spectateurs) et Trois-Rivières (1562 personnes). Dans ce dernier cas, il faut toutefois dire que le match a eu lieu quelques heures après l’horrible massacre de la Polytechnique.

La foule fut un peu plus intéressante à Granby (1920 spectateurs) et Sorel (2175 personnes).

Le dernier match, tenu à Maniwaki, fut toutefois un franc succès. Pour l’occasion, on changea les lumières de l’aréna, on se procura de nouveaux filets et on peignit le drapeau soviétique sur la patinoire (une attention qui ne passa pas inaperçue chez les visiteurs). Alors que l’endroit était rempli à capacité (1800 places), les Soviétiques n’ont, une fois de plus, fait qu’une bouchée de leurs adversaires, 7-1. 

Cette série a suscité des questions quant à la pertinence du programme. D’abord, comme en témoignent les foules, l’intérêt dans la population n’était pas si élevé. Et dans de pareilles circonstances, est-ce qu’un groupe disparate de joueurs juniors réunis en quelques mois (comme ceux envoyés à Lake Placid et Sarajevo) aurait fait pire qu’une fiche de 0-5-1?

Et comme l’a exprimé l’entraîneur-adjoint Guy Charron, lorsque le programme allait chercher des joueurs très (trop?) talentueux, ceux-ci étaient ensuite rappelés par leur équipe professionnelle ou ils se faisaient offrir des contrats, que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe et le programme les perdait. D’ailleurs ni Belfour, ni Draper ou Blaisdell ou Dollas ou Lambert ne firent partie de l’équipe aux Jeux d’Albertville en 1992.

Il y eut aussi une forme d’équipe nationale à Lillehammer en 1994, mais le tout n’était plus nécessaire avec l’arrivée des vedettes de la LNH à Nagano en 1998.

Comme Gary Bettman a boudé PyeongChang en 2018 et Beijing en 2022, il y eut des équipes éphémères, mais nous voici en 2026 avec le retour des joueurs de la Ligue Nationale. En espérant que ça demeure

Sources :

″L’URSS contre le Canada au Colisée″ d’Yves Mallette, 25 octobre 1989, Le Canada Français, page A74,

″Les Soviétiques s’en viennent″ d’Yves Mallette, 29 novembre 1989, Le Canada Français, page A55,

″URSS-Canada : une première inoubliable″ de Gaétan Roy, 4 décembre 1989, La Voix de l’Est, page 22,

″Ballet sur glace en trois périodes″, de Louis Ménard, 6 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 25,

″Les apparences sont si souvent trompeuses″, de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,

″Un programme pour les médailles ou le hockey?″ de Louis Ménard, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 23,

″Ti-Guy n’est pas venu″ de Louis Ménard et François Houde, 7 décembre 1989, Le Nouvelliste, page 27,

″Vitesse d’exécution ultra-rapide″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,

″Une équipe soviétique de qualité″ d’Yves Mallette, 8 décembre 1989, Le Canada Français, page A70,

″Nette supériorité de l’équipe soviétique″ de Léandre Drolet, PC, 9 décembre 1989, Le Droit, page 89,

″Maniwaki n’a rien ménagé…″ de Michel Gauthier, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,

″Nous l’avons eu notre test – Dave King″ de Mario Simard, PC, 11 décembre 1989, Le Droit, page 40,

″Dans le rouge pour les «Rouges»″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A71

″Un bon spectacle… à sens unique″ d’Yves Mallette, 13 décembre 1989, Le Canada Français, page A72.



mardi 17 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 2e partie

 


Gaetano Orlando 

Originaire de Ville Lasalle, Gaetano Orlando a été un choix de 8e ronde des Sabres de Buffalo en 1981. Lors des cinq ans qu’Orlando passa dans leur organisation, il joua 98 matchs dans leur uniforme, comptant au passage 18 buts et obtenant 26 passes, en plus de gagner la Coupe Calder avec leur club-école de Rochester. 

 En 1987, il prit le chemin du pays de ses ancêtres, alors qu’il s’aligna pour Merano, Bolzano et Milan. Il fit alors partie de l’équipe championne en 1990, 1992, 1993 et 1994, en plus de remporter le championnat des pointeurs cette dernière année.

Il allait donc de soi qu’il fasse partie de l’équipe olympique italienne pour les Jeux de Lillehammer, avec qui il fut le meilleur pointeur, avec neuf en sept matchs. Il se permit même un but contre Corey Hirsch du Canada.

Il prit ensuite le chemin de la Suisse pour à jouer à Berne, puis à Lugano. Encore une fois, il remporta beaucoup de succès avec les titres en 1997 et 1999, en plus du championnat des pointeurs en 1997.

Celui qu’on surnomme souvent ″Gates″ fut de retour aux Jeux de Nagano en 1998. L’équipe italienne y a remporté un match contre l’Autriche en ronde préliminaire, mais a perdu ceux contre le Kazakhstan et la Slovaquie, en plus de celui en ronde de classement contre la France. Elle prit finalement la douzième place sur quatorze.

Pour sa part, Orlando marqua un but contre la France en déjouant Cristobal Huet, en plus d’obtenir deux passes.

Après sa retraite comme joueur, il devint entraîneur, entre autres avec les Icehawks d’Adirondack de l’UHL et adjoint avec les River Rats d’Albany. Il fut aussi dépisteur pour les Devils.

En 2012, des ennuis de santé l’obligèrent à subir une transplantation cardiaque.

Stefan Figliuzzi 

Un peu comme Gaetano Orlando, Stefan Figliuzzi était un attaquant talentueux de petite taille. Originaire de Laval, il passa cinq saisons à empiler les points pour le compte des Castors de St-Jean de la LHJMQ. 

En 1989, toujours non repêché, il mit le cap sur l’Italie, alors qu’il s’aligna avec Brunico, puis Varèse. En 1996, il se dirigea vers l’Allemagne, puis la Suisse, le Japon et la Suède.

Au niveau international, Figliuzzi alla aussi à Lillehammer. Il marqua trois buts, tous dans les deux parties contre la France, en plus d’ajouter deux passes.

Il fut de retour pour les Jeux de Nagano, où il conserva la même fiche (3-2-5), mais cette fois en seulement quatre matchs, ce qui fit de lui le meilleur pointeur de l’équipe. Deux de ses buts furent obtenus contre l’Autriche, alors que l’autre fut compté contre la Slovaquie. 

Mario Brunetta

Choix de huitième ronde en 1985 de Québec, sa ville natale, Mario Brunetta passa trois saisons à aller de la Ligue américaine à la Ligue nationale. Il joua en tout 40 matchs à protéger la cage des Nordiques.

En 1990, lorsqu’il fut libéré, il se dirigea vers l’Italie, avec Asiago, Milan et Varèse. Il alla ensuite en Allemagne et en Suède.

En 1998, à Nagano, le gardien principal pour les Italiens fut Mike Rosati, un torontois d’origine. Brunetta était le deuxième gardien. Il débuta la partie contre le Kazakhstan, mais après avoir donné 4 buts en 23 minutes, il fut retiré du match. 


Jason Muzzatti

Si l’Italie rata les Jeux de Salt Lake, elle fut qualifiée comme pays hôte à Turin.

Devant le but, elle fit principalement confiance à Jason Muzzatti, un torontois choisi en fin de première ronde par Calgary en 1988. Il ne joua par contre que deux parties avec les Flames, avant de participer à 53 autres avec les Whalers, 6 avec les Rangers et une dernière avec les Sharks, pour ensuite se rendre en Finlande, en Allemagne et en Italie.

Aux Olympiques, Muzzatti participa à cinq des six matchs. L’Italie accumula trois défaites et deux nulles, alors que c'était lui devant le filet pour ces deux dernières.

L’Italie termina onzième, devançant seulement la Lettonie.

Il revint ensuite en Amérique du Nord pour devenir entraîneur, dans l’IHL et la NCAA avec Michigan State. Il travaille maintenant avec les Hurricanes depuis six ans. 

Jason Cirone

Au sein de cette même équipe de Turin, on retrouvait aussi Jason Cirone, un choix de troisième ronde des Jets en 1989. Il ne joua par contre que trois matchs dans la LNH, tous avec Winnipeg. Il tenta ensuite sa chance en Italie, avec Asiago, en 1992-93, avant de jouer plusieurs années dans l’AHL, l’IHL, la ECHL, la WCHL et au roller hockey, avant d’aller en Allemagne, puis de retourner à Asiago.

Pendant le tournoi olympique, Cirone marqua une fois, contre Martin Brodeur.

L’année suivante, il revint dans les ligues mineures nord-américaines, dans la CHL, puis il retourna avec les Generals de Flint de l’IHL.

Il devint ensuite entraîneur à Midland University, au Nebraska.

Il est décédé en 2024 des suites d’un cancer. 

 

Après avoir raté Vancouver, Sotchi, PyeongChang et Beijing, l'Italie est de retour comme pays hôte.

Sources :

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

lundi 16 février 2026

Des Italiens qui nous sont familiers - 1ère partie




Merci à notre fidèle lecteur, Jellos, qui nous a suggéré ce sujet. 

Cette année, l’Italie fait un retour au tournoi olympique de hockey, puisqu’en tant que pays hôte, elle est qualifiée d’office, comme ça avait été le cas en 1956 et 2006. Ce ne sont toutefois pas ses seules apparitions, puisqu’elle y était aussi en 1936, en 1948 et en 1964. Il y eut ensuite une absence prolongée, avant de revenir en 1984, en 1992, en 1994 et en 1998, la dernière fois qu’elle s’est qualifiée sans être l’hôtesse. 

Le podium n’a toutefois jamais été une réelle possibilité, puisque son meilleur résultat fut en 1956, sur son sol à Cortina d’Ampezzo, avec une septième place dans un tournoi à 10 équipes.

Pour son retour, on a mentionné la présence de Phil Pietroniro dans l’uniforme italien, le seul québécois du tournoi, lui qui est né à St-Eustache et qui, comme son père, a joué dans la LHJMQ. S’il joue aujourd’hui à Kladno, en Tchéquie, aux côtés de Jaromir Jagr, il a déjà joué dans le championnat italien et sa double citoyenneté lui permet de représenter l’Italie aux Jeux.

Pietroniro n’est toutefois pas le premier visage familier à enfiler le gilet italien aux Olympiques. Si lors des premières éditions, l’équipe italienne était composée presque entièrement d’italiens basés en Italie, à partir de 1984, il y eut de plus en plus de canadiens qui jouaient dans la ligue italienne. Plusieurs d’entre eux avaient d’ailleurs des origines dans le pays. En voici quelques-uns.

Bob Manno

Originaire de Niagara Falls, Bob Manno a été repêché en deuxième ronde par les Canucks en 1976. Bien que l’équipe n’était pas si bonne, Manno mit du temps à devenir un régulier, faisant à quelques reprises des retours dans les mineures.

Après la saison 1980-81, Manno fut libéré par Vancouver. Il signa alors avec les misérables Leafs, où il s’intégra bien, avec son sommet en carrière de 50 points. Il alla même au match des étoiles, en remplacement de Börje Salming. À la fin de la saison, il alla représenter l’Italie aux championnats du monde. L’expérience sembla lui plaire, puisqu’au lieu de revenir avec Toronto, il signa avec Mérano de la ligue italienne. 

 

Pour la saison 1983-84, il revint toutefois dans la LNH, mais avec Détroit cette fois. Alors qu’il avait jusque-là joué principalement comme défenseur, il fut utilisé amplement à l’aile gauche et obtint une passe sur le premier but d’une jeune recrue, Steve Yzerman.

Son séjour dans la ville de l’automobile dura deux ans, avant qu’il ne retourne à Mérano. À son retour, il montra une fiche de 106 points en 36 parties et aida l’équipe à remporter le titre.

Il joua par la suite à Canazei et Bolzano, tout en représentant l’Italie aux championnats du monde (A ou B, dépendamment des années). C’est pourquoi que, lorsque l’Italie fit un retour aux Jeux olympiques, à Albertville, en 1992, Il allait de soi que Manno fasse partie de l’équipe.

Si l’équipe dirigé par l’ancien entraîneur des Penguins Gene Ubriaco ne remporta qu’un seul match, celui contre la Pologne, Manno marqua son unique but contre les États-Unis, aux dépends de Ray Leblanc. Il ajouta aussi deux passes à sa fiche.

L’Italie perdit le match de la onzième place contre cette même Pologne et termina donc au douzième et dernier rang.

Manno prit ensuite sa retraite et devint entraîneur, en Italie et en Allemagne.

Frank Nigro

Choix de cinquième ronde en 1979, celui qui est né en banlieue de Toronto fut choisi par son équipe locale, les Leafs. Lorsque Nigro fit l’équipe en 1982-83, Manno était déjà parti pour l’Italie. Par contre, après 68 matchs en deux ans avec les Leafs, toujours dans l'ère Ballard, et avoir passé l’année 1984-85 à Gardena dans la ligue italienne, il alla rejoindre Bob Manno à Mérano en 1985-86. Il surpassa même les statistiques de son nouveau coéquipier avec 132 points en 34 parties.

Il joua ensuite à Varèse et à Bolzano, avant de rejoindre Manno au sein de l’équipe olympique en 1992, alors qu’il obtint trois passes lors du tournoi.

Il prit ensuite sa retraite comme joueur. 


 

Bill Stewart

Choix de quatrième ronde de Buffalo en 1977, le torontois Bill Stewart passa les neufs années suivantes à se promener entre les mineures et les Sabres, les Blues, les Maple Leafs et les North Stars. En bout de ligne, il joua un total de 260 matchs dans la LNH.

En 1986, il prit le chemin de l’Italie, où il joua neuf ans pour Brunica, Milan (où il remporta deux championnats), Gardena et Courmayeur.

Comme Manno et Nigro, il est allé à Albertville, où il a obtenu trois passes. Par contre, contrairement aux deux autres, il a poursuivi son parcours olympique jusqu’à Lillehammer, en 1994.

Cette fois dirigée par Bryan Lefley, le frère de Chuck (décédé récemment) et ancien des Islanders des Scouts et des Rockies, l’Italie remporta un match contre la France dans le tournoi à la ronde et en gagna un autre, toujours contre la France, dans la phase de classement. Ceci lui permit de terminer au neuvième rang sur douze équipes.

Ce n’est toutefois pas en raison de sa contribution offensive qu’elle a obtenu ce résultat, puisqu’il a été blanchi. 

 

 
À partir de 1995, il devint entraîneur, dans la Ligue coloniale, la Ligue de l’Ontario et la Ligue américaine, avant de graduer dans la Ligue nationale derrière le banc des Islanders en 1998-99.  Il devint entraîneur-chef en janvier, lors que Mike Milbury décida de se concentrer sur son poste de directeur-gérant. Stewart termina la saison et suite à une fiche de 11-19-7, il fut relevé de ses fonctions. 

La suite est pour le moins étonnante. En 1999, il est devenu l’entraîneur des Colts de Barrie de l’OHL, où son passage fut plutôt chaotique. Dans cette équipe qui comptait Mike Danton (ça commence bien), un joueur fut accusé d’assaut après avoir brandi son bâton durant un match. D’autres furent accusés d’agression sexuelle. Quant à Stewart, il fut accusé d’avoir dissimulé deux fois un joueur ukrainien dans le compartiment à bagages de l’autobus pour passer la frontière. Et suite à la défaite de son équipe en finale de la Coupe Memorial contre Rimouski, Stewart a quitté le Metro Centre d’Halifax sans s’adresser à qui que ce soit. 

La saison suivante, plutôt que de retourner à Barrie, il alla en Allemagne et ensuite en Autriche. Durant son passage de 9 ans, il fut entre autres impliqué dans une bagarre générale où il blessa l’entraîneur adverse, en plus à un autre moment d’avoir simulé un évanouissement pour permettre à son joueur étoile de faire aiguiser ses patins.

Il revint une dernière fois dans l’OHL en 2011 avec le Storm de Guelph.

Sources :

″Les Suédois partent du bon pied″, AFP, 10 février 1992, La Presse, pages S8, S12,

″Phil Pietroniro, de la LHJMQ aux Jeux de Milano-Cortina″ de Jean-Patrick Balleux, 21 janvier 2026, Radio-Canada (ici.radio-canada.ca),

eliteprospects,com, hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

samedi 7 février 2026

Terry O'Malley

 
 

Lorsqu'en 1961, Terry O’Malley, un défenseur, remporta la Coupe Memorial avec les Majors du Collège St. Michael’s de Toronto, son entraîneur était le Père David Bauer. Cette relation aura par après un impact majeur sur la suite de sa carrière, puisqu’O’Malley préféra plus tard le rejoindre lorsqu’il se verra confier l’équipe de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), au lieu d’accepter l’offre des Leafs. Parmi ses coéquipiers, on notait alors entre autres Dave Chambers, futur entraîneur des Nordiques.

Alors que la domination canadienne sur la scène internationale fut subitement interrompue, entre autres par l’Union soviétique et la Tchécoslovaquie, il fut décidé que d’envoyer la meilleure équipe junior ou senior ne suffisait plus. Comme les pays de l’est, il fallait mettre sur pied une équipe nationale. Et comme ce fut le Père Bauer qui en eut le mandat, il recruta O’Malley.

Le premier test eut lieu lors des Jeux olympiques d’Innsbruck, en 1964. Les résultats furent respectables lorsque l’unifolié termina quatrième, d’autant plus que c’est un changement douteux de la règle de bris d’égalité en plein milieu d’un match qui coûta une médaille au Canada.

Après une autre quatrième place aux championnats du monde en Finlande, l’équipe canadienne se retrouva à Ljubljana en Yougoslavie pour ceux de 1966. À ce moment, O’Malley avait été nommé capitaine de l’équipe.


Dans un moment caractéristique de la guerre froide, lors d’un match contre la Tchécoslovaquie arbitré par un polonais, le Canada se vit refuser un but en raison d’une pénalité douteuse. Un juge de but n’en signala pas un deuxième. Le Canada hérita aussi d’autres punitions vaseuses. C’est donc dans ce contexte plutôt absurde que la Tchécoslovaquie l’emporta 2-1. La Yougoslavie, la Pologne et la Tchécoslovaquie faisaient alors partie du bloc de l’est, mais je suppose que c’est une coïncidence.

En tant que capitaine, O’Malley dirigea alors une rencontre d’équipe où il fut décidé à l’unanimité de se retirer du tournoi. Ils finirent toutefois par se raviser et remportèrent finalement la médaille de bronze.

O’Malley et ses coéquipiers se méritèrent encore le bronze en 1967 à Vienne, en plus d’ajouter une médaille olympique à leur palmarès à Grenoble en 1968, encore le bronze.

Il déclina ensuite une offre des North Stars pour poursuivre sa maîtrise en histoire à l’Université du Manitoba, où était maintenant situé le programme national.

En 1969, il déclina une autre offre des Leafs pour demeurer avec l’équipe nationale, qui avait terminé quatrième à Stockholm. 

Les règles devaient finalement changer pour l’édition de 1970 des championnats du monde pour que les professionnels officiels (nord-américains) puissent enfin affronter les professionnels officieux (du bloc de l’est, qui avec le soutien de l'état, s'entraînaient comme des professionnels). Finalement, la Fédération internationale se ravisa. Le Canada refusa donc d’organiser le tournoi (qui devait avoir lieu à Montréal et Winnipeg) et se retira des compétitions internationales.

C’est alors qu’O’Malley poursuivit son parcours atypique dans le monde du hockey en allant à Tokyo pour porter l’uniforme du Seibu Tetsudo. Il retourna ainsi aux Jeux olympiques, qui se déroulèrent à Sapporo en 1972, comme assistant-entraîneur de l’équipe japonaise.

Il demeura ensuite au pays du soleil levant de 1972 à 78 en s’alignant avec le Kokudo Keikaku comme joueur-entraîneur. Il fut d’ailleurs le joueur le plus utile de la ligue en 1975. 



C’est en 1979 qu’O’Malley revint au Canada. L’unifolié avait fait son retour aux championnats du monde en 1977 et se préparait pour faire la même chose aux Jeux olympiques. On se tourna alors encore vers le Père Bauer. Or, lorsque ce dernier perdit Paul Reinhart, qui décida finalement de faire ses débuts avec les Flames d’Atlanta plutôt que d’aller aux Jeux de Lake Placid, le bon père se retrouva alors à court d’un défenseur. Il convainquit donc son complice de longue date, O’Malley, de faire un dernier tour de piste. À 39 ans, il était le vétéran parmi un groupe de jeunes loups qui comprenait entre autres Glenn Anderson, Paul MacLean, Jim Nill et Randy Gregg.  Suite à la sixième place de l’équipe, il accrocha ses patins. 

De 1983 à 2006, il devint entraîneur, professeur d’histoire, puis président du Athol Murray College of Notre Dame, en Saskatchewan, sauf pour une période de 5 ans, où il fut entraîneur de l’équipe de UBC et où il put terminer sa maîtrise. 

Depuis 2006, il est entraîneur-adjoint de l’équipe féminine de l’Université de Régina. 

Il compléta également un doctorat en lettres sacrées au St. Mark’s College, affilié à UBC. 

Sa carrière internationale bien remplie fut couronnée en 1998 par sa sélection par le Temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG ou IIHF).

Sources :

″Canadians Almost Bolt Tourney″, March 11, 1966, Montreal Gazette, page 37,

″O’Malley picks Russians if…″, February 1st 1972, Montreal Gazette, page 13,

″Terry O’Malley est content de jouer pour l’équipe du Canada″, 19 décembre 1979, L’Évangéline, page 46,

″O’Malley leaves Wilcox to become UBC coach″ de Darrell Davis, June 18, 1986, Regina Leader-Post, page B2,

″IIHF honors pair″ de Gregg Dinnan, May 21, 1998, Regina Leader-Post, page 19,

collectionscanada.gouv.ca, cougarsandrams.com, notredame.ca, saskhockeyhalloffame.ca.


 

mercredi 17 septembre 2025

Bob Paradise

  

Originaire du Minnesota, Bob Paradise est allé à l’école au Cretin High School (ça ne s’invente pas), à St-Paul. Athlète accompli, il excella au football, en plus de recevoir une offre des Red Sox de Boston. Il préféra toutefois continuer son parcours scolaire avec Saint Mary’s University, où il mit plus d’emphase sur le hockey et où il montra des statistiques offensives intéressantes pour un défenseur. 

Après un bref passage dans l’IHL, il se retrouva au sein de l’équipe olympique américaine qui se rendit aux Jeux de Grenoble, en 1968. À cette époque, le hockey n’était pas si populaire aux États-Unis, avec quelques exceptions comme le Minnesota natal de Paradise et le Massachusetts. La LNH venait à peine de procéder à sa première expansion, lorsqu’elle ajouta six nouvelles équipes au pays de l’Oncle Sam, ajoutées à ses quatre équipes traditionnelles, Boston, New York, Détroit et Chicago. 

Bien que l’équipe comptait aussi dans ses rangs des gens qui laissèrent plus tard leur trace dans le monde du hockey comme Lou Nanne, Larry Pleau et Herb Brooks, elle dut se contenter de la sixième place. Ses deux victoires furent acquises contre les deux Allemagnes, en plus d’un match nul contre la Finlande. Elle prit toutefois une dégelée de 10-2 contre les champions éventuels, l’Union soviétique. 

En six matchs, Paradise n’obtint aucun point et aucune minute de pénalité. 

En 1969, il continua son parcours international en participant au championnat du monde en Suède. Les États-Unis perdirent leurs dix matchs, incluant un massacre de 17-2 contre les Soviétiques, les futurs gagnants. Ils terminèrent alors sixièmes, la dernière place du groupe A. 

Paradise passa le reste de la saison 1969-70 avec les Knights d’Omaha de la Ligue centrale. Dans une équipe dirigée par Larry Popein et avec des coéquipiers qui incluaient son frère Dick, André Dupont et Mike Robitaille, il remporta la Coupe Adams. 

Ces performances semblèrent convaincre les Canadiens, puisque Sam Pollock, qui n’avait jamais assez d’espoirs dans son organisation, lui fit signer un contrat. Il n’y eut évidemment pas d’espace pour lui avec le Bleu Blanc Rouge. Il passa plutôt l’année avec les Voyageurs de Montréal de la Ligue américaine avant d’être échangé aux North Stars du Minnesota contre un montant d’argent. 

C’est donc avec l’équipe de son état natal qu’il fit ses débuts en 1971-72 dans la Ligue nationale. En jouant 6 matchs, il devint alors l'un des 16 joueurs américains à jouer dans la LNH cette année-là. L’expérience fut toutefois de courte durée, puisqu’à la fin de la saison, il fut échangé aux nouveaux Flames d’Atlanta, encore une fois contre un montant d’argent. 

C’est donc en Géorgie qu’il put jouer régulièrement au plus haut niveau. Cette situation dura un peu plus d’un an, puisqu’il fut échangé avec Chuck Arnason aux Penguins en janvier 1974, en retour d’Al McDonough. 

En 1974-75, les Penguins connurent un rare succès en séries en éliminant les Blues au premier tour. Ils affrontèrent ensuite les Islanders, qui accédaient alors aux éliminatoires pour la première fois. Pittsburgh prit les devants 3-0 dans la série, mais les New Yorkais leur jouèrent un tour en devenant la deuxième équipe à renverser la vapeur dans de telles circonstances, après les Leafs de 1942. Lors du septième et ultime match, malgré une cause perdante, Paradise laissa sa marque. S’il n’était pas vraiment un bagarreur et n’accumulait pas tant de minutes de pénalités, il pouvait certainement se défendre, surtout pendant cette époque où le jeu rude dominait. En première période, il livra un violent combat à Clark Gillies. Si ce dernier n’a jamais eu froid aux yeux, il affirma plus tard que Paradise, qui lui infligea alors une raclée, était le joueur le plus dur qu’il avait affronté dans sa carrière.

https://www.youtube.com/watch?v=KS1gzU6d6p4

https://www.youtube.com/watch?v=BvRHV8KfOKQ

Suite à sa meilleure saison offensive dans la Ligue nationale (3 buts et 15 passes), il revint avec les Penguins en 1975-76, mais seulement pour 9 matchs, puisqu’en novembre, il fut échangé aux misérables Capitals de Washington, qui venaient de connaître la pire saison pour une équipe d’expansion. Pour l’obtenir, les Caps donnèrent leur choix de 2e ronde, qui deviendra Greg Malone. Le père de Ryan eut par la suite une belle carrière, jouant 704 matchs avec Pittsburgh, Hartford et Québec. 

Quant à Paradise, il joua 70 matchs avec Washington, avant d’être retourné aux Penguins, contre les droits sur Don Awrey, en fin de carrière et qui ne joua finalement jamais avec les Capitals. 

Pour le reste de sa carrière, le défenseur à caractère défensif joua irrégulièrement. Quand ce n’était pas à cause de blessures, c’était simplement parce qu’il peinait à se tailler une place. 

Ça ne l’empêcha toutefois pas de retourner aux championnats du monde en 1977, à Vienne, où les États-Unis terminèrent encore sixièmes. 

Il joua ses dernières parties dans la LNH en 1978-79. 

Paradise devint ensuite professeur au secondaire. 

En 1989, sa contribution au niveau international contribua à le faire élire au Temple de la renommée du hockey américain. Il alla alors y rejoindre son beau-père, nul autre que Bob "Killer" Dill

Sources : 

″Arnasson (sic) et Paradise passent aux Pingouins″, 5 janvier 1974, Québec, à propos, page 29, 

″Les Islanders ont réussi″, 27 avril 1975, Montréal-Matin, page 62, 

″Islanders Oust Penguins, 1-0″ de Dan Donovan, April 27 1975, Pittsburgh Press, page D1, 

″Incredible Hulk Mahovlich Snaps Wings″ de Dan Donovan, December 1 1977, Pittsburgh Press, page C1, 

quanthockey.com, ushockeyhall.com, wikipedia.org.

 

lundi 7 octobre 2024

Bo Berglund




Le championnat junior a toujours été une bonne occasion de se faire voir pour les joueurs européens. C’était particulièrement vrai alors que peu d’équipes avaient des dépisteurs sur le vieux continent. Les trois premières éditions (1974, 1975 et 1976) n’étaient toutefois pas des tournois officiels. Bo Berglund participa tout de même aux deux premières éditions avec l’équipe suédoise, remportant la médaille de bronze en 1975. Ceci l’aida sûrement à devenir l’un des 6 européens sur 217 joueurs à être choisis au repêchage de 1975. Il fut alors un choix de 8e ronde des Bruins.

Son expérience avec Boston fut toutefois de courte durée. Il alla au camp de 1975, mais ses services ne furent pas retenus. Il retourna donc avec son club suédois, le MoDo.

En 1978, il reçut une nouvelle offre, mais comme son nouveau club, Djurgardens, était sur une lancée, il préféra demeurer en Suède. Boston vit ses droits expirer deux ans plus tard.

Berglund continua aussi de représenter son pays sur la scène internationale. En 1980, à Lake Placid, il aida la Suède à remporter la médaille de bronze. Il s’agissait d’un premier podium en seize ans pour le Tre Kronor.

En 1982-83, Djurgardens a gagné le Mat-pokalen (l’équivalent de la Coupe Stanley dans la ligue suédoise). Peut-être que cette victoire a ainsi aidé à convaincre les Nordiques de le repêcher une deuxième fois, puisqu’ils le choisirent en 12e ronde ronde (232e au total) malgré qu’il avait déjà 28 ans. Considérant son bagage, il pouvait ainsi leur venir en aide immédiatement, leur permettant d’être plus patients avec des jeunes comme Mike Eagles et Paul Gillis, qui se développaient.

Berglund ne mit pas de temps à se faire remarquer. Dès son premier match, une victoire de 7-3 des Nordiques aux dépens des champions en titres, les Islanders, il marqua un but et obtint une passe.

De petit gabarit et rapide patineur, le diplômé en génie civil montrait de belles habiletés. Par contre, ceci en faisait le prototype du joueur suédois à l’époque. Suite à une victoire de Québec contre Boston, Harry Sinden, qui l’avait pourtant repêché en 1975, se mit d’ailleurs à pester contre plusieurs joueurs des Nordiques, incluant Berglund. Le directeur-gérant des Bruins le traita entre autres de trouillard et de sournois. Il faut dire que son entraîneur, Michel Bergeron, qui avait une philosophie un peu semblable à celle de Sinden, l’aimait plus ou moins, et lui faisait parfois rater des matchs. Berglund tenta de se défendre ainsi que ses compatriotes, en mentionnant qu’en Suède, les joueurs étaient en fait amateurs et devaient protéger leur emploi en dehors de la glace. Toutefois, maintenant qu’il était devenu professionnel, il disait se donner à fond.

Il termina sa première saison dans la LNH avec une fiche de 16 buts et 27 passes pour 43 points et seulement 20 minutes de punition. Il marqua également un but en prolongation lors du match 4, dans une série finalement remportée par les Canadiens en 6 matchs.  Pas si mal pour un choix de 12e ronde...

Lors de la saison 1984-85, Berglund fut relégué au 4e trio, pour ensuite être blessé à l’épaule. Ne figurant ensuite plus vraiment dans les plans de l’équipe, il servit de monnaie d’échange lorsque les Nordiques voulurent aller chercher un défenseur. En compagnie de Tony McKegney, il prit le chemin du Minnesota, pendant que Brad Maxwell et Brent Ashton prirent le chemin de Québec.

Comme il arriva avec les North Stars alors qu’il était déjà blessé, il mit du temps à se faire valoir et demeura au sein du 4e trio.

Son passage au Minnesota fut finalement de courte durée, puisqu’en novembre 1985, il se retrouva avec les Flyers en compagnie de Dave Richter. En retour, les Stars obtinrent l’énigmatique Todd Bergen et le robuste Ed Hospodar. Avec les deux équipes, il ne joua qu’un total de 10 matchs et passa le reste de la saison dans la Ligue américaine. Devant ce fait, il préféra retourner en Suède l’année suivante.

Dès son retour en Suède, Berglund connut une saison 1987-88 des plus intéressantes. Avec AIK, il remporta le championnat des pointeurs avec 27 buts, 32 passes et donc 59 points, en 39 matchs. Cette performance lui valut la Guldpucken (rondelle d’or), remise au joueur de l’année en Suède.

Toujours au cours de cette même saison, il retourna en Amérique du Nord en février. Comme les joueurs qui avaient déjà joué dans LNH étaient désormais admis aux Jeux olympiques, Berglund eut l’occasion de retourner aux Jeux, à Calgary cette fois. Il connut un très bon tournoi, récoltant 8 points en 8 matchs, ce qui lui permit de repartir avec une deuxième médaille de bronze au cou.

Berglund prit sa retraite comme joueur en 1990. Il devint ensuite dépisteur pour les Sabres pendant de nombreuses années. Son association avec Buffalo prit fin en 2015.

Sources:

″Les Suédois peureux, ça s’explique″ d’Alain Bouchard, 8 septembre 1983, Le Soleil, page C2,

″Sinden rate Bo Berglund″ de Claude Larochelle, 20 octobre 1983, Le Soleil, page C1,

″Berglund : ″Bergeron me traite bien″″ de Claude Larochelle, 26 novembre 1983, Le Soleil, page E1,

″Hunter poignarde dans le dos″ de Maurice Dumas, 18 janvier 1984, Le Soleil, page D1,

″Bo Berglund, la trouvaille de 1983″ de Maurice Dumas, 2 juin 1984, Le Soleil, page D3,

″Berglund surpris, mais pas très décu″ de Maurice Dumas, 15 décembre 1983, Le Soleil, page S3,

″Bo Berglund toujours confié au même rôle″ d’Yves Poulin, 4 février 1985, Le Soleil, page S4,

hockeydraftcentral.com, wikipedia.org.

samedi 18 mai 2024

Joueur oublié des 90's #91 - Craig Johnson

 

 



Pour trouver des joueurs oubliés intéressants pour cette série, ça aide beaucoup d'avoir un nom générique comme Craig Johnson...

Né le 8 mars 1972 à St.Paul au Minnesota, l'attaquant Craig Thomas Johnson évoluait encore au niveau high school lorsque les Blues de St.Louis en firent leur choix de 2e ronde (33e au total) du repêchage de 1990. Il débuta ensuite son parcours universitaire avec les Gophers de l'Université du Minnesota où il joua durant trois ans, optant ensuite d'abandonner sa dernière année d'éligibilité pour plutôt joindre les rangs de l'équipe nationale américaine en vue des Olympiques de 1994. 

Johnson devint ensuite professionnel lors de la saison 1994-95. Après la première demi-saison annulée par la grève et qu'il passa dans la IHL, il parvint à obtenir un poste avec les Blues lors de la reprise des activités. Il marqua même le premier but du club dans leur nouveau domicile, le Kiel Center (aujourd'hui appelé le Enterprise Center). Il ne fut toutefois utilisé que sporadiquement durant cette première saison, terminant l'année avec 6 points en 15 matchs et jouant 1 seul match en séries.

Il débuta la saison 1995-96 avec le grand club, amassant 15 points en 49 matchs et ne faisant qu'un court séjour de 5 matchs dans les mineures. Il fut toutefois inclus dans une transaction majeure en février 1996. 

Au même moment à Los Angeles, insatisfait et déçu de la débandade des Kings depuis la finale de 1993, Wayne Gretzky demanda finalement à être échangé.

En retour de seulement Gretzky, les Kings reçurent les joueurs suivants:
- Roman Vopat (C)
- Craig Johnson (LW)
- Patrice Tardif (C)
- Choix de 5e ronde en 1996 (Peter Hogan)
- Choix de 1ère ronde en 1997 (Matt Zultek)

On peut aisément dire que les Kings ont reçu bien peu en retour de la merveille, alors que du lot, seul Johnson devint un membre du club à long terme, et ce dans un rôle secondaire.

Le principal atout de ce package aurait normalement dû être ce choix de première ronde en 1997, mais avec cette sélection au 15e rang obtenu des Blues, les Kings sélectionnèrent l'attaquant Matt Zultek qui non seulement ne s'est jamais rendu à la LNH mais qui aura à peine joué une trentaine de matchs dans la AHL. Il joua davantage dans la ECHL et SPHL jusqu'à sa retraite en 2011.

En fait les Kings ont complètement gâché cette sélection puisqu'ils n'exercèrent jamais leurs droits sur Zultek qui redevint éligible au repêchage en 1999 et qui fut sélectionné cette fois-ci par les Bruins en deuxième ronde... Je ne vois vraiment pas ce que les recruteurs de la LNH semblaient voir en lui pour être repêché aussi tôt à deux reprises. Par ses statistiques ordinaires au junior, je l'aurais plus vu en 6e, 7e ronde...

Bref, Johnson s'amena à L.A. pour terminer la saison 1995-96, et sembla bien fournir au départ avec 9 points en 11 matchs. Il ne joua cependant que 31 matchs en 96-97, et ne récolta que 7 points. Il se reprit ensuite en 97-98 et connut sa meilleure saison en carrière en 17 buts et 21 passes pour 38 points.

Beau caméo de Ray Ferraro

Beau caméo de Fredrik Olausson

Davantage un attaquant de soutien et un joueur défensif, Johnson fut fidèle au poste avec les Kings pendant 7 saisons complètes, ne dépassant le cap des 10 buts qu'à une seule autre reprise en 2001-02 avec 13 buts. Mais après une saison de seulement 3 buts en 70 matchs en 2002-03, il fut libéré par le club.

Il n'eut pas à aller trop loin la saison suivante, alors qu'il signa comme agent libre avec les Mighty Ducks. Mais sa saison 2003-04 ne fut pas très concluante. Il fut placé au ballotage en janvier 2004, réclamé ensuite par Toronto où il joua 10 matchs, placé au ballotage de nouveau en mars et finalement réclamé par les Capitals avec qui il joua un autre 15 matchs, ses derniers dans la LNH.

Il continua ensuite sa carrière en Europe, d'abord trois saisons en Allemagne et une dernière saison en Autriche en 2007-08 avant de prendre sa retraite.

En 557 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 75 buts et 98 passes pour 173 points.

Il demeura ensuite dans le milieu du hockey, d'abord dans la ECHL comme assistant entraineur, ensuite entraineur-chef au niveau high school au Minnesota, recruteur pour les Kings et plus tard entraineur adjoint de leur club-école. Il a depuis gradué dans la LNH, comme assistant entraineur, des Ducks depuis la saison 2022-23.

Son fils, le défenseur Ryan Johnson, qu'il a d'ailleurs coaché au Minnesota, a été sélectionné en première ronde (31e) au total par les Sabres en 2019. Comme le paternel, il a joué avec les Gophers de l'Université du Minnesota avant de faire le saut dans la LNH. Il vient d'ailleurs de jouer sa première saison à Buffalo.


samedi 7 octobre 2023

Joueur oublié des 90's #83 - Igor Kravchuk




Lorsqu'il fut repêché par les Blackhawks de Chicago en 1991 au 71e rang, Igor Aleksandrovich Kravchuk avait 25 ans et était déjà un défenseur accompli au sein de la première ligue russe et sur la scène internationale. Il est d'ailleurs malgré lui un personnage faisant partie à jamais du folklore du hockey canadien alors qu'il était le seul défenseur tentant d'empêcher la fameuse montée à 3 contre 1 de Mario Lemieux, Wayne Gretzky et Larry Murphy lors du célèbre but gagnant du #66 lors de la Coupe Canada de 1987.

Né le 13 septembre 1966 à Ufa, Kravchuk débuta sa formation avec le club local, le Ufa Salavat Yulayev, en 1982 à l'âge de seulement 16 ans. Il fut plus tard acquis par le puissant club du CSKA Moscou en 1987, en vue des Olympiques de Calgary, où il remporta la médaille d'or avec le puissant club soviétique.



Il retarda son entrée dans la LNH afin de participer de nouveau aux Olympiques en 1992, tournoi qui se solda de nouveau par une médaille d'or pour l'équipe soviétique, cette fois connue sous le nom d'«Équipe unifiée» en raison des bouleversements politiques de l'époque. 

Avec une fiche de 3 buts et 2 passes en 8 matchs, Kravchuk fut également élu au sein l'équipe d'étoiles du tournoi. 

Une fois les jeux terminés, il mit le cap sur Chicago pour faire ses débuts dans la grande ligue en cette fin de saison 1991-92. Il marqua lors de son premier match avec les Blackhawks et termina cette saison avec 1 buts et 8 passes en 18 matchs, en plus de 8 points en 18 matchs en séries où les Blackhawks se rendirent en finale contre les Penguins. Les Blackhawks semblaient alors avoir dégoté un pas pire défenseur.



Cependant, durant la saison suivante se présenta aux Blackhawks la chance d'obtenir l'attaquant Joe Murphy des Oilers d'Edmonton, auteur d'une saison de 82 points la saison précédente. En grève depuis le début de la campagne, Murphy passa finalement aux Blackhawks en février 1993 en retour de Kravchuk et de l'attaquant Dean McAmmond. Kravchuk termina cette saison 92-93 avec une fiche de 27 points en 55 matchs partagés entre Edmonton et Chicago, en plus d'être blessé plusieurs semaines.

Kravchuk fit très bien à Edmonton, connaissant son sommet en carrière en 93-94 avec 12 buts et 38 passes pour 50 points au sein du faible club des Oilers où il devint brièvement leur meilleur défenseur. 

Il joua une autre demi-saison complète avec les Oilers en 1995 avant d'être échangé de nouveau, cette fois aux Blues en janvier 1996 lors d'un échange multi-défenseurs. En plus de Kravchuk, les Blues obtinrent le défenseur Ken Sutton. En retour, ils cédèrent Jeff Norton et Donald Dufresne.

Après deux saisons de 34 et 35 points respectivement, Kravchuk fut de nouveau utilisé comme monnaie d'échange, cette fois lors d'un échange avec les Senators d'Ottawa, alors qu'il fut échangé un contre un en retour de Steve Duchesne durant l'été 1997.

À Ottawa, Kravchuk eut de la difficulté à remplir les patins du plus populaire et plus offensif Steve Duchesne. Mais au final, l'échange porta fruit alors que Kravchuk était plus fiable défensivement et les Senators eurent une meilleure fiche que l'année précédente. 

Pour couronner le tout, la petite équipe qui termina au 8e rang parvint à causer la surprise en première ronde en éliminant les Devils. Kravchuk marqua le but d'assurance lors du dernier match de cette série, officialisant la première série remportée dans l'histoire du club.



Durant cette même saison 1997-98, Kravchuk put participer de nouveau au tournoi olympique, ses troisièmes jeux en carrière. Il est d'ailleurs le seul de l'histoire à avoir représenté son pays sous trois incarnations différentes. Il le fit sous le drapeau de l'Union Soviétique en 1988, de l'«Équipe Unifiée» en 1992 et finalement sous celui de la Russie en 1998. Ce fut cette fois une médaille d'argent pour Kravchuk et les Russes.

Kravchuk joua deux autres saisons complètes à Ottawa mais ses statistiques baissèrent d'année en année. Afin de couper dans leur masse salariale, les Sénateurs le placèrent au ballotage en novembre 2000. Il fut alors réclamé par sa troisième équipe canadienne, les Flames de Calgary.

Kravchuk joua une saison supplémentaire à Calgary, avant d'être libéré durant l'été 2002. Il ne refit pas surface avant le mois de mars 2003, lorsqu'il fut engagé comme agent libre par les Panthers pour la fin de la saison. Ce furent alors ses 7 derniers matchs en carrière avant de prendre sa retraite.

En 699 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 210 passes pour 274 points.

Depuis sa retraite, il a été entraîneur ou adjoint à plusieurs niveaux, dont le niveau junior russe ainsi que quelques équipes en KHL. Il devint en 2018-19 entraîneur-chef des Lions de Lac-St-Louis au niveau Bantam AAA québécois, là où évoluait son fils Roman Kravchuk. Son autre fils Chris avait également évolué au Québec dans le passé, dont brièvement avec le Drakkar de Baie-Comeau. 

Igor est présentement entraîneur-adjoint de son ancien club, le CSKA Moscou.