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samedi 16 juin 2012

Qui entrera au Temple de la renommée en 2012?

Voici un de mes moments préféré de l'année en tant que passionné de l'histoire du hockey, l'attente à savoir qui va être intronisé au Temple de la renommée du hockey cette année. C'est le 26 juin prochain que le comité se réunira pour introniser 4 nouveau membre de ce groupe qui a un peu trop de membres si on le compare par exemple au Baseball... 

Regardons qui entre autres sera éligible pour la première année :



Joe Sakic 



Personne ne sera contre cette nomination au Québec, à part pour le fan du Canadien le plus mal-intentionné. Sakic est l'un des joueurs les plus remarquable de sa génération, il serait plus qu'étonnant  que Sakic ne soit pas intronisé au Temple de la renommée à la première année d'éligibilité. Que dire de plus...


Brendan Shanahan 


J'ai toujours considéré Brendan Shanahan comme étant le joueur le plus complet de son époque. Considérant que Shanahan est également assez pluggé dans les hautes sphères de la NHL, il est fort probable que ce joueurs qui fut très respecté en son temps passe son tour à sa première année d'éligibilité, surtout quand on considère que des joueurs pas mal moins flamboyants comme Doug Gilmour et Dino Ciccarelli se sont vu entrer au Temple, un joueur comme Shanahan devrait être intronisé à sa première année d'éligibilité.



Mats Sundin



Décidément c'est l'année d'éligibilité des vedettes tardives de l'histoire des Nordiques... Je ne suis pas un grand fan de Mats Sudin, mais on peut admettre facilement qu'il a été un joueur assez dominant, surtout lors de son passage avec les Leafs. Sachant le poids démesuré de l'influence de cette équipe dans le choix des joueurs intronisé (théorie du complot, certes, mais regardez le vote de l'an dernier), il devrait avoir des chances de se voir intronisé au Temple de la renommée. N'empêche que Mats Sundin a été un grand joueur pour les Leafs et les Nordiques et ses statistiques sont là pour le démontrer... Par contre, il n'a pas son nom sur la Coupe Stanley, il n'a remporté que le trophée Mark Messier pour le leadership comme trophée individuel sera un frein à sa nomination... Il a par contre prit part à l'équipe suédoise championne de l'or Olympique en 2006. Un grand joueur qui n'a jamais rien gagné?



Jeremy Roenick



Peut-être le dernier des autres joueurs ayant une chance d'entrer au Temple de la renommée, mais permettons nous d'en douter... Roenick fut un grand joueur, il n'en fait aucun doute, surtout lors de ses années avec les Black Hawks, mais peut-être qu'il n'a peut-être pas assez de constance et de prestance pour se voir entrer au Temple. Il fut certainement un des joueurs les plus populaires de son époque, mais ce côté ne compte peu lors du vote. Roenick est, tout comme Sundin, un joueur remarquable qui n'a jamais rien gagné. Le fait qu'il est américain et qu'il a joué avec beaucoup d'équipes américaines pourrait mettre du poids dans la balance, mais l'intronisation de Roenick est peu probable...

Voici d'autres joueurs intéressants éligibles cette année :
-Curtis Joseph
-Philippe Boucher
-Olaf Kolzig
-Claude Lemieux
-Gary Roberts

Des joueurs intéressants certes, mais qui ont bien peu de chances de se voir introniser au Temple de la renommée... Ah oui, Patrice Brisebois en est également à sa première année d'éligibilité. Je gage que tous les québécois sur le comité vont mousser sa candidature, je niaise, mais il y a fort peu de chances de voir Breezer entrer au Temple... N'en déplaise au plus grand fan de Jean Charest sur Youtube


Il y a également ceux qui étaient éligibles dans les années précédentes qui ont de fortes chances tout en ayant des lacunes dans leur dossier.

Eric Lindros : Un fort joueur à une certaine époque certes, mais qui connut une trop courte carrière. Par contre, un trophée Hart semble à mon avis être un plus grand argument que les statistiques d'un Sundin et d'un Roenick...

Adam Oates : Dans ma tête, Adam Oates est un peu un Will Clark ou un John Olerud du hockey. Un joueur très talentueux qui fut un excellent joueur à son époque mais qui semble avoir toujours joué dans l'ombre d'autres grands joueurs, ne pouvant ainsi confirmer son statut de vedette qui le place au rang d'immortel...

Pavel Bure : Comme Lindros, Bure a peut-être connu une trop courte carrière pour se retrouver dans la catégorie des immortels. N'empêche qu'à une certain époque, Bure était la vedette offensive de la NHL et probablement le joueur le plus populaire. Il a d'incroyables statistiques, mais sa courte carrière est un boulet qui fera en sorte qu'il deviendra un membre du Temple de la renommée...

Sergei Makarov : Encore une fois, je pense que l'on devrait penser à Makarov pour le Temple de la renommée pour son incroyable carrière soviétique et pour son importance historique en tant que premier joueur russe dominant. Il mérite sa place depuis longtemps selon moi...

France St-Louis : Si on a intronisé deux femmes il y a deux ans, pourquoi ne pas rendre hommage à cette grande femme du hockey féminin québécois. Ceux qui s'intéressent au hockey féminin vous le diront tous, France St-Louis est la grande pionnière du hockey féminin au Québec, sa première grande vedette. Si on a ouvert la voie aux femmes dans le Temple de la renommée, je ne vois pas pourquoi France St-Louis devrait en être exclue...

Et il y a par la suite les grands joueurs qu'on oublie depuis toujours, ces Jean-Claude Tremblay, Rogatien Vachon, Mike Liut, John Vanbiesbrouk, les grandes vedettes internationales comme Bohumil Modrý ou Sven Tumba ou les monstres sacrés du hockey mineur de l'époque des 6 équipes comme Fred Glover ou Guyle Fielder... À moins de voir une catégorie "old timers oubliés" comme il y a au Temple de la renommée du Football ou encore une catégorie joueur international ou hors-NHL afin de sortir de l'impression que le Temple de la renommée du hockey ne soit qu'un country club de la NHL, je ne vois pas en quoi ces grands joueurs seraient un jour considérés...

Il ne faut pas oublié que le temple de la renommée du hockey semble être plus un objet de promotion du hockey qu'un réel moyen d'immortaliser des joueurs... Sinon, il n'y aurait un vote très stricte comme au baseball qui ferait parfois entrer qu'un seul joueur lors d'une année et on aurait un Temple très sélect qui honorerait seulement les vrais grands joueurs... On honore selon moi un peu trop de bon joueurs (Clark Gillies, Doug Gilmour, Dino Ciccarelli, Ed Belfour, etc), non pas juste des joueurs immortels...

Mais ça c'est un débat perdu d'avance selon moi...

Donc voici mes humbles prédiction : Joe Sakic, Branden Shanahan, Mats Sundin et Sergei Makarov.

Ça ferait deux joueurs de Nordiques...

Remarquez que je me trompe à chaque année pour la plupart...

vendredi 15 juin 2012

Les premiers choix au repêchage des Canadiens (1ère partie)








 

Au prochain repêchage, les Canadiens auront la chance de choisir au troisième rang.  Les occasions de sélectionner aussi haut n’ont pas été si nombreuses.  Il demeure néanmoins qu’un certain nombre de joueurs repêchés au tout premier rang sont passés par Montréal.  Dans la première partie de ce billet, il sera question de ceux qui furent des choix montréalais.  Dans la deuxième, il sera question de ceux qui ont été choisis par une autre équipe, avant de se retrouver à Montréal.



1963 Garry Monahan


1963, c’est l’année du tout premier repêchage.  L’ordre avait été décidé d’une manière un peu bizarre.  L’équipe terminant dernière ne choisissait pas automatiquement première.  Elle choisissait plutôt son rang.  L’année suivante, chacune des six équipes choisissait un rang plus haut, sauf la première qui choisissait dernière.  Par exemple, l’équipe de queue de 1962-63 (Boston) choisit de repêcher troisième, pour pouvoir choisir deuxième l’année suivante.  Ce système ne sera en place que jusqu’en 1966, l’année suivante étant celle de la première expansion.


C’est ce système un peu compliqué qui donna le tout premier choix aux Canadiens, qui avaient terminé troisième la saison précédente.

Garry Monahan fut l’heureux élu, mais sa carrière à Montréal se limita à quatorze matchs, aucun point.  Il fit ensuite partie d’un échange avec Détroit, qui impliqua principalement de l’autre côté Peter Mahovlich, le deuxième choix du même repêchage.

Il joua jusqu’en 1978-79, en passant également par Los Angeles, Toronto et Vancouver.





1968 Michel Plasse


Cette année-là, malgré sa conquête de la Coupe Stanley, Montréal décida de se prévaloir de son exception culturelle, qui lui permettait de repêcher les deux premiers canadiens français avant de débuter le reste de la séance.  Les Canadiens choisirent donc Michel Plasse et Roger Bélisle.

Plasse participa à 32 matchs en deux saisons.  Il passa le reste de sa carrière à St-Louis, Kansas City, Pittsburgh, Colorado et Québec.  (Voir texte du 14 novembre 2010)




1969 Réjean Houle


Même scénario que l’année précédente.  L’équipe championne de la Coupe Stanley repêcha première en raison de son exception culturelle.  Réjean Houle et Marc Tardif, qui venaient de gagner la Coupe Memorial avec les Canadiens Junior, furent sélectionnés.  Devant l’absurdité de la situation, la règle fut ensuite changée, ce qui permit aux Sabres de Buffalo de mettre la main sur Gilbert Perreault l’année suivante.

À part une petite escapade de trois ans avec les Nordiques de l’AMH, Houle jouera toute sa carrière, qui s’étalera jusqu’en 1982-83, avec Montréal et gagnera cinq Coupes Stanley.  Impliqué au sein de l’Association des Anciens, on se souvient tous qu’il sera par la suite directeur gérant du tricolore de 1996 à 2000, prouvant ainsi que d’être sympathique n’équivaut pas nécessairement à être un DG compétent…




1971 Guy Lafleur


Ne pouvant plus bénéficier de l’exception culturelle, Sam Pollock a dû finasser un peu plus pour mettre le grappin sur Guy Lafleur.  Le 10 juin 1970, il échangea à la Californie Ernie Hicke contre François Lacombe, accompagné d’une inversion de leurs premiers choix respectifs de 1971.  Au cours de la saison, les Kings connurent de grandes difficultés.  Pour s’assurer qu’ils ne terminèrent pas derrière les Golden Seals, Pollock leur expédia à rabais Ralph Backstrom (contre Gord Labossière et Ray Fortin, qui ne jouèrent aucun match à Montréal). 

La suite appartient à l’histoire...

Remarquez que celui qui a été choisi deuxième, Marcel Dionne, n’aurait pas été une mauvaise sélection non plus.  Et si l'exception culturelle avait toujours été en place, les deux se seraient retrouvés à Montréal.





1980 Doug Wickenheiser


Autre tour de passe-passe de Sam Pollock.  Sa victime est cette fois le Colorado.  En 1976, il inclut dans un échange relativement mineur (Ron Andruff et Sean Shanahan) une clause qui permet d’inverser les choix de première ronde quatre ans plus tard.  Les Rockies terminent derniers.  Les Canadiens exercent leur clause, mais Irving Grundman (le successeur de Pollock) vient tout gâcher en choisissant Wickenheiser au lieu de Denis Savard.  (Voir texte du 15 janvier 2011)

jeudi 14 juin 2012

Rousseau passe jamais le puck y fa le tour du Forum avec



Je suis allé voir le spectacle de Robert Charlebois hier aux Francofolies de Montréal. Sans vouloir faire ma chronique de spectacle, c'était très bien, surtout considérant qu'il  joué que des classiques donc, et c'est en quelque sorte le sujet de cette chronique, la chansons Mon pays c'est pas un pays c'est un job, une pièce que l'on retrouve sur le disque Un gars ben ordinaire paru en 1970 et qui fut écrite par nul autre que le grand écrivain mystérieux Réjean Ducharme. Cette chanson explique la journée d'un ouvrier qui bosse fort à la job et dont le seul passe-temps à l'ouvrage est de parler de hockey. Je n'avais jamais remarqué jusqu'à hier le drôle de passage de cette chanson qui dit ceci :

Qui c'est qui a gagné hier soir 
Rousseau passe jamais le puck y fa le tour du Forum avec 
Pis y vas s'écraser sa bande 
Anover pique-nique dans troisième 
Ça zigonne ça fuck le chien maudite pâte molle

Ce passage en dit long sur la carrière de Robert Rousseau. Au sein de l'histoire du Canadien, il est en quelque sorte à la fois sur-estimé et sous-estimé car il en connut une en dent de scie. Lorsqu'il se joint aux Canadiens en 1960-61, son rendement fut assez surprenant pour que quelques journalistes qui annonçaient déjà que Rousseau pourrait bien être le prochain Maurice Richard qu'on attendait tant allait devenir cette grosse pièce qui avait quitté la saison précédente l'alignement du Canadien de Montréal. On y crut surtout quand la saison recrue de ce joueur qui avait connu une carrière dans le junior exceptionnelle et couronnée de trophée fut récompensé par le trophée Calder pour la saison 1961-62.

Quoi qu'on en disait, Robert Rousseau n'a jamais été le nouveau Maurice Richard, il aurait été au pire, un Kovalev avant le temps, ce joueur talentueux mais inconstant... Rousseau connut de grands moments de gloire avec le Canadien, il termina par exemple une saison en deuxième position des marqueurs de la NHL derrière un Bobby Hull dans son prime et fut l'un des rares joueurs du Canadien à avoir connu un match de cinq buts... Mais sa manière de se diriger sur la patinoire comme on le décrit si bien dans la chanson de Charlebois, son inconstance et son manque de robustesse et de qualités défensives en ont fait une tête de turc assez particulière des fans... Ça, c'est sans compter sur le fait qu'il se mit à porter le casque à un moment de sa carrière, une affaire de moumounes à l'époque...

Rousseau prit part entière à l'équipe du Canadien que l'on appelle la "Dynastie oubliée", cette formation du Canadien qui remporta quatre Coupes Stanley en 5 ans, de 1965 à 1969. Encore ne fois, Rousseau ne connut pas des séries éliminatoires constantes durant ces 5 années... Il connut d'ailleurs une de ses meilleures performances en séries éliminatoires lors de la campagne infructueuse de 1967...

En 1970, Rousseau fut échangé aux faibles North Stars du Minnesota avec lequel il joua une seule saison sans émotion avant de se retrouver avec les Rangers avec qui il connut, surprise, un certain regain de vie...

Il était comme ça Bobby, peu cohérent... Remarquez qu'il portait ce maudit numéro 15...


mardi 12 juin 2012

Lee Fogolin Jr.


(Textes et images de Benoît AKA KeithActon)

Lee Fogolin est le fils de Lee Fogolin Sr., qui a joué avec les Red Wings et les Black Hawks de 1948 à 1956.  C’est d’ailleurs pourquoi il est né à Chicago, même s’il a grandi à Thunder Bay.


   


Il a été sélectionné en première ronde par les Sabres de Buffalo, 11e au total (juste devant Mario Tremblay), au repêchage de 1974.  Défenseur au style défensif, il fit l’équipe immédiatement.  Il fit également partie de l’équipe américaine à la Coupe Canada de 1976.

Lors du repêchage de l’expansion de 1979 pour l’absorption des quatre équipes de l’AMH, il fut laissé sans protection par les Sabres.  Les règles n’étant pas très favorables aux anciennes équipes du circuit maudit, le niveau de talent disponible n’était pas très élevé, et les joueurs peu connus.  Glen Sather, DG des Oilers mais aussi ex-joueur des Canadiens, vit bien que la liste était mince.  Il demanda alors au vénérable Red Fisher de la Gazette de Montréal, et avec qui il était resté en bons termes, d’éplucher la liste avec lui pour lui donner son opinion.  Fisher lui suggéra Fogolin, une sélection à laquelle Sather n’avait pas vraiment pensé.

Sather prit Cam Connor avec son premier choix, mais suivit le conseil de Fisher avec son deuxième en prenant Fogolin.  Sather dit alors à Fisher qu’il le remercierait en lui donnant une bague de la Coupe Stanley lorsque les Oilers la gagneraient.  Fisher répondit qu’il ne verrait pas ça de son vivant.

Au cours de la saison 1980-81, lorsque le capitaine Blair MacDonald fut échangé aux Canucks, Fogolin prit sa place et apporta son expérience au sein de cette équipe très jeune. 

Son style était défensif au point que, pendant la saison 1982-83, il n’inscrivit aucun but en 72 matchs et ce, au sein d’une des équipes des plus offensives.  À titre de comparaison, cette année-là, Gretzky en compta 71, Messier 48, Anderson 48 et Kurri 45.

Il laissa ensuite le « C » à Wayne Gretzky avant le début de la saison 1983-84.  À la fin de cette même saison, la Merveille souleva la Coupe pour la première fois.

Lors de la célébration d’après-match, Sather demanda à Fisher sa taille pour sa bague, ce à quoi Fisher répondit d’oublier ça. Mais Sather tint parole. Fisher couvra les Canadiens pendant plus de 55 ans (il a prit se retraite récemment), mais il a une bague de la Coupe Stanley à l’effigie des Oilers, grâce à Fogolin.

Ce dernier fit encore partie de l’équipe championne l’année suivante, mais en 1987, il retourna à Buffalo, en compagnie de Mark Napier, contre Normand Lacombe et Wayne Van Dorp.  Il prit sa retraite à la fin de l’année, affichant une fiche globale de 44-195-239 en 924 matchs.  Il vit maintenant à Edmonton.

Son fils Michael a joué au niveau junior avec les Cougars de Prince Georges de la WHL en 2003-04.  Malheureusement, il est décédé dans son sommeil, des suites d’un problème cardiaque.  Il avait 17 ans.

Sources : “Former Oilers attend Fogolin memorial”, CBC Sports, 1er juin 2004 (cbc.ca), “How Favour for a friend named Sather was repaid with a Stanley Cup ring” de Red Fisher, 10 janvier 2009 (montrealgazette.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org