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dimanche 5 juillet 2026

La barbe des séries inversée



La tradition des joueurs portant la barbe des séries remonterait à la dynastie des Islanders de New York du début des années 1980. Diverses raisons expliqueraient ce rituel comme la solidarité, le sacrifice, la détermination, la virilité, la force, l’intimidation ou encore le rasoir oublié dans l’avion et l’aichmophobie (la peur irrationnelle et excessive des objets pointus ou tranchants, ce qui expliquerait des légendes moustachues comme Lanny MacDonald ou des monosourcils mémorables comme ceux de Rick Hampton). C’est lorsque leur équipe est éliminée que les joueurs finissent par se raser afin de mieux profiter de l’air frais sur les terrains de golf. D'autres comme Nick Bonino font mieux en se rasant la barbe pour des oeuvres de charité comme l'illustre ce reportage datant de la coupe Stanley remportée par les Penguins en 2016.


Mais porter la barbe des séries est aussi une tradition pour certains fans dès que leur équipe se qualifie pour les séries. On peut alors voir leur barbe grandir au fur et à mesure que leur équipe avance dans les rondes éliminatoires. Ils la rasent finalement lorsque leur équipe est éliminée. 

Fier partisan des Sabres de Buffalo, Jeremy Huck a choisi de faire le contraire. En effet, il a décidé de ne pas se raser tant que son équipe ne faisait pas les séries! Il a donc attendu 14 longues années pour enlever sa gigantesque barbe digne de ZZ Top, car les Sabres ont le record de la plus longue disette de la LNH! Dans ce reportage diffusé en avril 2026, on peut le voir avant et après être passé chez le barbier. 


Ses enfants ne l’ont jamais connu sans barbe avant ce grand moment de libération, ce qui les a décontenancés au début, surtout sa plus jeune fille cachée ici derrière sa mère.


Jeremy explique que les gens ne le reconnaissent plus, mais sa femme - une grande fan des Sabres comme lui - semble enchantée de ravoir enfin son mari temporairement imberbe.


Précisons que le reportage a été réalisé avant que Buffalo ne soit éliminé par les Habs. Je n’ai pas pu trouver d’autres informations plus récentes au sujet de Jeremy Huck, mais gageons que sa détermination va reprendre du poil de la bête en vue de la prochaine saison!

Par ailleurs, je vous invite à visionner deux belles vidéos liées au retour triomphal des Sabres de Buffalo en séries. Cette première présente un survol rapide des 14 années de disette et l’effervescence de revenir enfin en séries. On revient notamment sur des fans en furie lorsque tout allait mal, qui remettaient même en question leur dévouement au gré des mauvaises performances et des mauvaises décisions de l'équipe. J'avais vu une de ces vidéos à l'époque et ça m'avait frappé.


Cette seconde vidéo donne la parole à leurs fans qui ont enduré 14 années de disette et c’est très touchant. On en voit dont les enfants n'ont jamais connu les Sabres en séries. En tant que fan de la première heure des Sénateurs d'Ottawa, je sais c'est quoi persévérer malgré les saisons ratées pour savourer les moments où ça va enfin mieux! Je suis curieux de voir si des partisans feront comme Jeremy Huck en conservant leur barbe tant que leur équipe ne feront pas les séries. Peut-être du côté des récents Dead Wings de Détroit? À suivre!


Sources

Laurence, J.-C. (2011, 23 avril). La barbe des séries, symbole de virilité et de solidarité. La Presse.

Sardin, V. (2026, 21 mai). D’où vient la barbe des séries au hockey? Noovo Moi.

Winter, H. (2026, 16 avril). Sabres fan finally shaves off playoff drought beard. WIVB.

mercredi 27 mai 2026

Rhett Warrener




N.D.L.R
Ce texte nous provient de l'excellente page «Le hockey et ses histoires» que vous pouvez suivre sur Facebook ici.

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Repêché par les Panthers de la Floride au vingt-septième échelon (deuxième ronde) en 1994, Rhett Warrener est un défenseur natif de la Saskatchewan qui a évolué dans la LNH de 1995 à 2008, avec trois équipes différentes.

Lorsqu’il entend son nom à la séance de 1994, le défenseur de 6 pieds 1 pouce vient de disputer trois saisons avec les Blades de Saskatoon, dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL). À une époque moins offensive où l’accrochage et les gros défenseurs avaient la cote, Rhett Warrener cadrait parfaitement avec son style physique et robuste, même si les points ne venaient pas au tableau, il était bien vu par de multiples recruteurs de la LNH.

Après sa saison de 20 ans avec Saskatoon (39 points, la plus productive de sa vie!), Warrener débute sa carrière professionnelle lors de la saison 1995-96, ne disputant que neuf parties dans la Ligue Américaine et vingt-huit dans la LNH. Physique et courageux, le jeune arrière amasse trois points avec les Panthers, et 46 minutes de pénalité.

Dans le temps des Fêtes, les Panthers le prêtent à Équipe Canada Junior, et Warrener remporte la médaille d’or du championnat disputé aux États-Unis, en 1996.

Il dispute également les 21 premiers matchs éliminatoires de sa carrière, lors du parcours cendrillon qui voit les Panthers s’incliner en finale de la Coupe Stanley face à l’Avalanche du Colorado, en quatre matchs. Warrener amasse un autre trois passes durant les séries…

Dès la saison suivante, le patineur natif de Shaunavon joue à temps plein dans la LNH, ce qui sera le cas jusqu’à la fin de sa carrière. Sa saison 1996-97 se passe très bien, alors qu’il amasse quatre buts, treize points et une fiche de +20, gage irréfutable de sa stabilité à l’arrière.

Malheureusement, les Panthers ne peuvent recréer la magie du printemps précédent, baissant pavillon en cinq matchs contre les Rangers et Wayne Gretzky, qui disputait alors les dernières séries de sa carrière.

La saison 1997-98 est à oublier pour Warrener et les Panthers. Le défenseur n’inscrit que quatre passes en 79 parties et l’équipe rate les séries. La saison suivante ne va guère mieux en Floride, si bien qu’après 48 parties avec les Panthers, notre joueur du jour est échangé aux Sabres en compagnie d’un choix de cinquième tour en 1999 (qui allait devenir…Ryan Miller!) en retour d’un seul joueur : Mike Wilson.

La transaction fait du bien à l’ancien numéro 7 des Panthers, qui se joint à une équipe dont la défensive est très hermétique et son gardien, un certain Dominik Hasek, qui est à l’apogée de sa carrière. Durant les treize matchs de fin de saison avec Buffalo, Rhett Warrener marque son premier but en plus de deux ans, et il récidive en séries avec le premier (et seul!) but de sa carrière lors de la danse du printemps!

Les Sabres atteignent la finale de la Coupe Stanley en 1999, une deuxième pour le Saskatchewanais dans sa carrière, mais l’équipe de l’état de New York baisse pavillon en six matchs contre les Stars et le fameux ‘’No Goal’’ de Brett Hull, qui donna la victoire ultime à son équipe.

Apprécié par les fans et sa nouvelle organisation, le numéro 4 des Sabres dispute quatre saisons de plus à Buffalo, y établissant plusieurs sommets personnels. En 2000-01, il amasse seize passes et dix-neuf points, deux sommets dans la LNH. Il en atteint deux autres la saison suivante, alors qu’il marque cinq buts et amasse cent treize minutes de pénalité.



Après une saison décevante en-deçà des attentes, les Sabres laissent partir Warrener sur le marché des agents libres, si bien que ce dernier signe un contrat avec les Flames, à l’été 2003.

Et qu’arrive-t-il lorsque le grand défenseur dispute une première saison avec une équipe? Eh oui! Il se rend en finale! La saison 2003-04 ne fera pas exception, alors qu’il aide Calgary à atteindre la finale de la Coupe Stanley, une troisième pour lui en carrière et une première pour l’équipe depuis sa victoire de 1989.

Mais aussi, qu’arrive-t-il lorsque Warrener se rend en finale? Malheureusement, comme lors des deux premières occasions, son équipe s’incline, cette fois en sept matchs, contre le Lightning de Tampa Bay. Encore une fois, après de longues séries et une dure bataille, l’arrière canadien ne peut se retrouver du côté des gagnants.

Après ses meilleures saisons en carrière et trois finales, celui qui est aujourd’hui âgé de 50 ans a joué trois saisons de plus mais, en raison d’un style dur qui lui laisse sa part de blessures et d’inconfort, il annonce sa retraite à l’issue de la saison 2007-08.

Être un choix de deuxième tour dans la LNH est un bel accomplissement, mais ne garantit en rien un succès au niveau professionnel. À une époque où le hockey était très défensif et avec des défenseurs qui s’en sortaient souvent avec des gestes douteux, Rhett Warrener était le parfait prototype du défenseur physique, robuste, agressif et dérangeant pour les adversaires devant son filet.

Seulement, au retour du lock-out de 2004-05, le hockey avait changé. Les arbitres étaient plus sévères et le jeu, le plus rapide et offensif que nous avions vu en près de quinze ans. Warrener ne rajeunissait pas, et le style de jeu n’a pas favorisé sa longévité dans le circuit Bettman.

Néanmoins, il a été très, très efficace durant une carrière qui s’est étendue sur douze saisons. Il a disputé 714 matchs de saison régulière, amassant 24 buts et 82 passes (106 points), en plus de 899 minutes de pénalité et d’un différentiel de +73! Tout aussi peu offensif mais efficace en séries, il a disputé 101 parties, marquant un but, dix passes et une fiche de +20.

Même si le différentiel est parfois à prendre avec un grain de sel, il reste que le +93 combiné de Warrener prouve qu’il ne mettait pas vraiment son équipe dans le pétrin lorsqu’il patrouillait sa ligne bleue.

Peut-être n’a-t-il jamais été nominé pour un Norris ou marqué l’imaginaire des fans avec des jeux inoubliables, il reste qu’avec une médaille d’or au championnat junior, plus de huit cents matchs dans la LNH (saison + séries), plus de cent points et trois finales de la Coupe Stanley, Rhett Warrener a connu une merveilleuse carrière qui aurait fait l’envie d’une multitude de hockeyeurs à travers le monde!

vendredi 28 novembre 2025

Mike Foligno


Le père de Mike Foligno est arrivé d’Italie lorsqu’il était enfant pour s’établir avec sa famille à Sudbury. Lorsqu’il est devenu père à son tour, il a initié le jeune Mike au hockey. Toutefois, alors que le fils avait 10 ans, le père est décédé subitement. 

Ce malheureux événement a alors rendu sa famille vulnérable. Sa sœur a donc dû abandonner ses études pour aller travailler et venir en aide à sa mère. À 13 ans, Mike dut aussi se trouver un petit emploi pour contribuer, mais il continua de jouer au hockey. Il en conserva ainsi des valeurs familiales fortes. 

En 1975, il se joignit à l’équipe junior de son coin, les Wolves de Sudbury. À chaque année, son total de buts et son total étaient supérieurs à ceux de l’année précédente. À sa quatrième année, sa fiche était de 65-85-150, ce qui lui permit d’attirer l’attention des dépisteurs. Il fut donc choisi au troisième rang du repêchage de 1979 par les Red Wings, une formation chroniquement mauvaise à cette époque. Il fut devancé par Rob Ramage et Perry Turnbull. Tout juste après avoir entendu son nom, les Capitals choisirent à leur tour Mike Gartner. 

 

Comme les besoins étaient immenses à Détroit, Foligno fit l’équipe immédiatement. Les résultats furent au rendez-vous, puisque ses 36 buts furent le plus haut total de l’équipe, en plus d’être à ce moment un record de sa formation pour une recrue. Ce ne fut toutefois pas suffisant pour sortir les Wings de leur médiocrité, qui terminèrent leur saison avec 63 points. Il termina tout de même deuxième au scrutin pour le Trophée Calder. Par contre, il y avait à ce moment dans la ligue une autre recrue qui s’appelait Raymond Bourque… 

1980-81 fut encore pire avec 56 points et au cours de la saison suivante, la direction voulut asséner un électrochoc. Détroit bâcla alors une énorme transaction en envoyant deux de leurs meilleurs attaquants, Foligno et Dale McCourt, en plus de Brent Peterson à Buffalo. En retour, les Wings firent l’acquisition d’un ancien marqueur de 50 buts, Danny Gare, en plus de Jim Schoenfeld, Robert Sauvé et Derek Smith. 

C’est à ce moment que plusieurs d’entre nous firent plus ample connaissance avec Foligno. En effet, à cette époque, il y avait beaucoup de matchs intra-division, en plus des deux premiers tours des séries. C’est ainsi que les équipes de la division Adams, comme Buffalo, affrontaient souvent les Canadiens et les Nordiques. 

Ailier robuste au talent offensif intéressant, Foligno attirait aussi l’attention de façons bien à lui. D’abord, il était l’un des rares à toujours porter un casque Northland de type dôme, impossible à rater. De plus, lorsqu’il marquait, il avait habitude célébrer de manière enthousiaste en faisant son caractéristique saut de crapaud, le ″Foligno Leap″. 

 

Pendant cette période, les Sabres étaient principalement une équipe de milieu de peloton. S’ils ont causé la surprise en balayant les Canadiens en séries en 1982-83, ce fut l’inverse l’année suivante. Malgré une très bonne saison de 103 points, ils furent balayés par les Nordiques. Lors des années suivantes, s’ils faisaient les séries, ils avaient habituellement ou Boston ou Montréal dans les pattes et ne sortaient pas de leur division. 

D’un point de vue personnel, Foligno maintenait une production de 50-60 points par saison, avec une exception en 1985-86, où il marqua 41 buts et obtint 80 points. Quant à son total de minutes de pénalités, il était habituellement d’au moins 150. 

  

En décembre 1990, après un début de saison ordinaire, il fut échangé aux Leafs après 9 ans à Buffalo. Pour l’acquérir, le prix fut plutôt modeste : Lou Franceschetti et Brian Curran. 

Les blessures ont ensuite ralenti Foligno, mais il put tout de même participer à l’étonnant parcours en séries de 1992-93, alors que les Leafs sont venus à un match de la finale. Ce sont finalement les Kings qui eurent le privilège de baisser pavillon devant les Canadiens. 

Quelques mois plus tard, en novembre 1993, il fut échangé aux nouveaux Panthers de la Floride contre une somme d’argent. Cette transaction lui permit de franchir le seuil des 1000 matchs, lui qui avait atteint celui des 2000 minutes de pénalité à la fin de son passage chez les Leafs. 

Il ne fut toutefois pas resigné par les Panthers à la fin de l’année, ce qui mit fin à sa carrière de joueur. 

Il devint ensuite entraîneur-adjoint avec les Maple Leafs de St.John’s de la Ligue américaine, avant de retourner à Toronto. Il alla ensuite dans l’organisation de l’Avalanche, d’abord comme adjoint dans la LNH avant de devenir entraîneur-chef avec leur filiale, les Bears de Hershey. 

Il retourna ensuite dans sa ville natale, pour prendre les rênes des Wolves de Sudbury de la Ligue de l’Ontario. 

Après 7 ans, il retourna dans la LNH, avec Anaheim puis au New Jersey, encore comme adjoint. 

Voulant par après donner une autre tangente à son engagement dans le monde du hockey, il s’impliqua au sein de l’équipe nationale de parahockey, en devenant entraîneur-adjoint en 2018. 

L’implication de la famille Foligno ne se limite pas à Mike. Son épouse, décédée, en 2009, était la nièce de l’ex-gardien Ed Giacomin. Elle était aussi la mère de Nick et Marcus, qui jouent tous les deux depuis plusieurs années dans la LNH. 

Au début de leur carrière, les deux frères ont rendu hommage à leur père en célébrant des buts avec des sauts de crapaud. 

Sources : 

″Une jeunesse difficile a formé le caractère de Mike Foligno″ de Philippe Cantin, 30 novembre 1985, Le Soleil, page S3, 

″Senators rookie brings back father’s ′Foligno Leap′ in 4-3 win over Canadiens″, Associated Press, October 18, 2007, ESPN (espn.com), 

″L’épouse de Mike Foligno meurt d’un cancer″, La Presse canadienne, 29 juillet 2009, La Presse (lapresse.ca), 

″Des joueurs de la LNH trouvent du bonheur en para hockey″, Comité paralympique canadien, 4 juin 2023 (paralympique.ca), 

nhldraftcentral.com.

vendredi 22 août 2025

Joueur oublié des 90's #102 - Bill Houlder


 

  


Bill Houlder est né le 11 mars 1967 à Thunder Bay. Défenseur costaud de 6'2" et 216 livres, il fit ses classes avec les Centennials de North Bay qu'il joignit pour la saison 1984-85. Il se fit suffisamment remarquer pour être repêché en 4e ronde (82e au total) par les Capitals de Washington. Il joua deux autres saisons à North Bay, se démarquant notamment en 1986-87 où il termina parmi les meilleurs défenseurs offensifs de la OHL avec 68 points et une place sur la première équipe d'étoiles.

Il débuta ensuite son parcours professionnel dans l'organisation des Capitals en 1987-88, saison qu'il partagea entre le grand club et le club école à Fort Wayne dans la IHL. Il continua de progresser lors des deux saisons suivantes mais son maximum de matchs en une saison avec les Caps fut lors de la saison 89-90 où il joua 41 matchs. 

N'ayant vraisemblablement plus de place pour lui, les Capitals l'échangèrent aux Sabres de Buffalo durant le camp d'entraînement en septembre 1990. En retour, les Capitals reçurent le défenseur Shawn Anderson, 5e choix au total en 1986 qui n'avait rien fait d'extraordinaire jusque-là. Les Capitals perdirent ensuite Anderson au ballotage le lendemain...

Houlder prit donc le chemin de Buffalo mais il y joua encore moins qu'à Washington, soit seulement 7, 10 et 15 matchs lors des trois saisons subséquentes. Il était toutefois trop fort pour les mineures, étant élu meilleur défenseur de la IHL en 1992-93 et obtenant une place sur la première équipe d'étoiles la même année, ainsi qu'en 1990-91 dans la AHL.

Il eut finalement une véritable chance avec les expansions lorsqu'il fut sélectionné par les Mighty Ducks au repêchage d'expansion de 1993. Au sein de la nouvelle équipe en 1993-94, il joua 80 matchs et récolta 39 points dont 14 buts, soit le meilleur rendement offensif pour un défenseur des Ducks lors de cette saison inaugurale. Ses allers-retours dans les mineures étaient alors chose du passé.

Il ne resta toutefois que cette seule saison à Anaheim, étant échangé durant l'été 94 aux Blues de St-Louis en retour d'un autre défenseur, Jason Marshall. 

Après une seule saison également à St-Louis, il devint agent libre et signa avec le Lightning de Tampa Bay, amassant 28 et 25 points lors des deux saisons suivantes.

De nouveau agent libre en 1997, il signa avec les Sharks avec qui il connut deux autres bonnes saisons de 32 points chacune. À l'été 99, les Sharks l'échangèrent au Lightning dans un échange impliquant 5 joueurs dont Niklas Sundstrom qui prit le chemin de San Jose.  

De retour à Tampa Bay et désormais un vétéran de 10 saisons professionnelles, il fut élu comme nouveau capitaine, le précédent occupant Rob Zamuner ayant été échangé plus tôt durant la saison morte.  La suite des choses fut toutefois un fiasco. 

Le Lightning était alors dans une autre de leurs saisons de misère et d'instabilité à l'époque, ayant eu 4 entraîneurs-chef depuis la saison 1997-98 et presque autant de propriétaires. L'équipe eut également la distinction peu honorable d'employer 6 gardiens par saison de 1998-99 à 2000-01.

Donc au travers de cette instabilité au début de la saison 99-00, le Lightning connut un lent début de saison et décidèrent de placer leur nouveau capitaine au ballotage après seulement 14 matchs. Il s'agit d'un des plus courts mandats pour un capitaine officiel dans l'histoire de la LNH, à l'exception des capitaines par intérim ou les rotations de capitaine.



 

Houlder fut alors récupéré au ballotage par les Predators de Nashville, une autre équipe d'expansion récente. L'équipe en était en fait à sa deuxième année. Après les Mighty Ducks, le Lightning et les Sharks, il s'agissait de sa 4e équipe en carrière qui n'avait pas encore une décennie d'existence. Il est ce qu'on surnomme ici un abonné des équipes d'expansion.

Houlder fut très apprécié au sein des Predators, demeurant un vétéran fiable durant 4 saisons. À l'exception d'un seul match, il joua l'entièreté du calendrier de l'équipe de la saison 2000-01 jusqu'à sa retraite après la saison 2002-03. 

Donc malgré quelques saisons précaires en début de carrière, Houlder joua un impressionnant total de 846 matchs dans la LNH, amassant 59 buts et 191 passes pour 250 points.

Après sa retraite, il revint dans la région de North Bay et est présentement assistant-entraîneur du Battalion de North Bay depuis la saison 2017-18.

 


vendredi 4 avril 2025

Les grands voyageurs #16 - Dave McLlwain

 


 

Le trophée O'Brien

Lors de la saison 1977-78, le défenseur Dennis O'Brien marqua l'histoire en devenant le premier joueur à disputer au moins un match pour 4 équipes différentes durant la même saison. Cela lui aura valu, 40 ans plus tard, de voir un trophée à son nom à La Vie Est Une Puck pour le joueur qui a joué pour le plus d'équipes durant la saison.

Mais lors du brainstorm pour la création de ce trophée, on pensait d'abord nommer ce trophée en l'honneur de celui qui répéta l'exploit en 1991-92, nul autre que Dave McLlwain. On s'est finalement rabattu sur O'Brien, le OG, mais aujourd'hui on tient quand même à faire une place à McLlwain en lui accordant finalement une bio. 

David Allan McLlwain et né le 9 juin 1967 à Seaforth en Ontario, même ville d'origine que plusieurs joueurs de renom comme Cooney Weiland et Ryan O'Reilly. 

Joueur de centre de 6'-0" et 185 livres, McLlwain débuta son stage junior en 1984-85 avec les Rangers de Kitchener mais fut échangé aux Centennials de North Bay la saison suivante, saison qui résulta sur sa sélection tardive en 9e ronde (174e au total) par les Penguins de Pittsburgh au repêchage de 1986.

Il termina ensuite la saison 1986-87 avec 119 points, au deuxième rang de la OHL. Il participa également aux championnat junior de 1987, ce fameux tournoi qui vit la Russie et le Canada être disqualifiés suite à une bagarre générale.  


Il débuta ensuite son parcours professionnel en 1987-88, parvenant à se tailler un poste avec les Penguins, à l'exception de 9 matchs dans la IHL avec les Lumberjacks de Muskegon. Il récolta 19 points dont 11 buts en 66 matchs pour cette saison recrue.

Il sembla régresser la saison suivante et ne joua que 24 matchs à Pittsburgh (3 points) et il passa la majorité de la saison à Muskegon, les aidant à remporter la coupe Turner. 

Ce fut sa dernière saison à Pittsburgh car durant l'été 89, il fit partie d'une transaction de 6 joueurs entre les Penguins et les Jets de Winnipeg. En compagnie de Randy Cunneyworth et le gardien Rick Tabbaracci, McLlwain prit le chemin du Manitoba. En retour, les Penguins mirent la main sur Jim Kyte, Randy Gilhen et Andrew McBain.

McLlwain répondit parfaitement à cet échange, récoltant des sommets en carrière de 25 buts et 51 points en 1989-90. Cela sembla toutefois être bien éphémère alors qu'il régressa à seulement 25 points en 1990-91.

Vint ensuite sa fameuse saison à 4 équipes en 1991-92.

Après seulement 3 matchs en début de saison avec les Jets, il passa aux Sabres de Buffalo dans un échange impliquant 5 joueurs et un choix au repêchage qui devint Yuri Khmylev chez les Sabres. Mais seulement 2 semaines plus tard, il fit partie d'un autre échange encore plus gros, celui de Pierre Turgeon/Pat LaFontaine entre les Sabres et Islanders de New York. McLlwain, Turgeon, Benoit Hogue et Uwe Krupp devinrent alors des Islanders, tandis que Lafontaine, Randy Hillier et Randy Wood devinrent des Sabres.

Il joua donc pour les Islanders pour les 54 matchs suivants, amassant 23 points. Mais lors de la date limite des transaction au printemps 1992, il passa aux Maple Leafs de Toronto en compagnie de Ken Baumgartner. En retour, les Islanders mirent la main sur Claude Loiselle et Daniel Marois.

Donc si vous étiez parmi ces nombreux collectionneurs de cartes autour de 1992, vous deviez avoir pas mal de versions de Dave McLlwain:




Après autant de mouvement, il put au moins réaliser un rêve d'enfance de pouvoir jouer à Toronto devant les siens. Il fut «récompensé» en 1992-93 en jouant la saison entière avec les Leafs, amassant 18 points en 66 matchs.

Mais ce fut encore une fois très bref dans la ville reine alors qu'il signa avec les Sénateurs d'Ottawa durant l'été 1993, et connaitra sa deuxième meilleure récolte en carrière en 93-94 avec 43 points. Après une demie-saison moyenne en 1995, les Sénateurs s'en débarrassèrent, tout d'abord en le prêtant dans la IHL aux Lumberjacks de Cleveland. 

Parenthèse ici pour parler des Sens, qui faisaient alors véritablement honneur à leur jeune réputation de club broche à foin, puisqu'au même moment, le club versait plus de 2,5 millions en salaire à des joueurs qui n'étaient même plus dans la LNH... 

Je recopie ici un texte du Soleil du 8 décembre 1995:

«Les infortunés Sénateurs d’Ottawa ont retourné hier aux mineures les vétérans Dave Archibald et Scott Levins. Puisqu’Archibald recevra quand même son salaire de 400 000 $ à l’île-du-Prince-Édouard, les Sénateurs devront désormais verser quelque 2.5 millions à des joueurs qui ne sont pas dans la LNH. L’équipe verse environ 19 millions en salaires. Pat Elynuik (850 000$), Brad Shaw (550 000$), Chris Dahlquist (550 000$), Dave McLlwain (450 000$), Darrin Madeley (300 000$) et Sylvain Turgeon (150 000$) appartiennent tous aux Sénateurs même si aucun d’eux ne joue à Ottawa. Ils écoulent tous leurs contrats garantis dans la LIH. Les Sénateurs doivent également honorer les contrats de l’ancien entraineur Rick Bowness et de son adjoint Alain Vigneault, ainsi que celui de l’ex-directeur général Mel Bridgman.


 

Mais McLlwain était loin d'être fini car il amassa 75 points dont 30 buts en 60 matchs dans la IHL. Il évoluait avec le même club qu'il avait auparavant porté les couleurs, les Lumberjacks, qui étaient toutefois déménagés à Cleveland. Les Lumberjacks demeuraient toujours le club-école des Penguins et c'est en quelque sorte ce qui dicta la suite des choses. Les Sénateurs trouvèrent finalement preneur pour les services de McLlwain en mars 1996 lorsqu'il retourna aux Penguins en retour d'un choix de 8e ronde.

Après avoir fait ce court retour avec les Penguins, il retourna avec les Lumberjacks en 1996-97. Il parvint toutefois à revenir dans la LNH pour 4 matchs en fin de saison avec un autre ancien club, les Islanders. Ce furent ses derniers matchs dans la LNH.

Il mit ensuite le cap sur la ligue allemande en 1997-98 avec le Landshut EV. S'en suivit par après 2 saisons avec le HC Berne dans la ligue Suisse.

En 2000-01, il retourna dans la ligue allemande avec les Sharks de Cologne. Il y connaitra alors ses années les plus stables, jouant avec le club jusqu'à sa retraite en 2009.

Il termina deux fois en tête des pointeurs de la DEL, soit en 2005-06 et 2006-07. Il fut élu capitaine des Sharks pour ses trois dernières saisons et demeure à ce jour le 2e meilleur pointeur de l'histoire de l'équipe.

L'équipe lui a rendu honneur lors de sa retraite et à ce qu'on peut entendre ici, il avait même appris un peu d'Allemand...


En 501 matchs dans la LNH, il amassa 100 buts et 107 passes pour 207 points.

Il fallut ensuite attendre jusqu'en 2014-15 pour revoir un joueur faire 4 équipes en une saison lorsque Mark Arcobello réédita l'exploit, suivi quelques années plus tard de Jussi Jokinen en 2017-18.

jeudi 1 août 2024

Joueur oublié des 90's #92 - Doug Houda

 


 

Voici un (rare) clip cocasse des NHL Awards de 1997 où Ron MacLean annonce à Phil Esposito que suite à la règle controversée du patin dans le demi-cercle, la ligue a décidé d'appliquer rétroactivement le règlement. Cela fait en sorte que le total de buts en carrière d'Esposito (un joueur qui était réputé pour les buts devant le filet) a diminué drastiquement, le mettant finalement à 3 buts derrière Doug Houda...


Douglas Harold Houda est né le 3 juin 1966 à Blairmore en Alberta. Grand défenseur physique de 6'2" en 200 livres, Houda était ce qu'on appelle un défenseur «défensif» ou «dans sa zone», étant rarement appelé à contribuer offensivement. Il n'était pas non plus un agitateur ou un pugiliste mais n'hésitait toutefois pas à se battre si la situation l'exigeait. Il était également réputé pour ses bonnes mises en échec.

Il débuta son stage junior avec les Wranglers de Calgary de la WHL en 1982. Après sa deuxième saison avec les Wranglers où il amassa 195 minutes de pénalités et une fiche de 36 points, les Red Wings en firent leur choix de 2e ronde (28e au total) du repêchage de 1984. 

Il connut en 1984-85 sa meilleure saison offensive à vie (incluant chez les pros) avec les Wranglers avec 20 buts et 54 passes. Il termina cette saison avec le club-école des Red Wings comme renfort en séries, débutant ainsi son passage chez les pros.

Il débuta ensuite la saison 85-86 à Détroit mais fut renvoyé au junior après 6 matchs. Il termina sa carrière junior en étant échangé à Medecine Hat.

Il passa ensuite les saisons suivantes à faire la navette entre les Wings et leurs clubs-école, n'étant jamais capable de s'assurer un poste permanent à Détroit. Sa meilleure saison (à vie dans la LNH) fut celle de 1988-89 où il obtint 2 buts et 11 passes pour 13 points. Il parvint ensuite finalement à jouer 73 matchs avec le club, récoltant 2 buts et 9 passes. 

Un changement d'entraineur la saison suivante le fit toutefois retourner dans la ligue américaine. Il fut finalement échangé aux Whalers en février 1991 en retour de Doug Crossman.

Il eut plus de temps de glace avec une plus faible équipe à Hartford, connaissant sa meilleure récolte de buts en 1991-92 avec 3 buts(!) et jouant exclusivement pour le grand club. Il fut toutefois échangé aux Kings durant la saison 1993-94 en retour de Marc Potvin. Après cette seule demie-saison à L.A., Houda fut échangé aux Sabres en retour d'un jeune Sean O'Donnell.



Houda eut des moments difficiles à Buffalo, étant finalement rétrogradé dans les mineures en 1995-96. Il profita toutefois de l'occasion pour s'imposer avec leur club-école, les Americans de Rochester, qu'il aida à remporter la coupe Calder au printemps 1996. Cela le remit sur le radar des autres équipes et finalement, les Islanders le signèrent comme agent libre durant l'été. Après une saison complète à Long Island, il fut échangé aux Mighty Ducks durant la saison 1997-98.

Il retourna au bercail à l'automne 98 lorsque les Red Wings refirent son acquisition en retour d'un choix de 9e ronde. Désormais une super-puissance, les Wings l'employèrent exclusivement comme mentor avec le club-école, ne lui faisant jouer que 3 matchs en remplacement de blessés durant la saison 98-99.

Il retourna ensuite dans l'organisation des Sabres avec leur club-école de Rochester. À ce stade de sa carrière, il était heureux dans les mineures dans le rôle de grand frère, ce qui lui permit de préparer sa prochaine carrière derrière le banc. Il joua 4 saisons avec les Americans, n'étant rappelé que pour deux matchs à Buffalo, dont son dernier en 2002-03 à sa dernière saison.


Après sa retraite, il demeura à Rochester comme assistant entraineur. Il fut ensuite engagé par les Bruins comme assistant. Il demeura à ce poste jusqu'en 2016, étant au passage membre de l'équipe championne de 2011. Il fut ensuite assistant avec son ancien club, les Red Wings, de 2016 à 2022. Il demeura ensuite assistant, mais cette fois-ci avec les Islanders. Il fut toutefois remercié cet été et ne sera pas de retour la saison suivante.

En carrière dans la LNH, sa fiche fut de 19 buts et 63 passes pour 82 points en 561 matchs. Le total de buts officiels de Phil Esposito est demeuré à 717, soit 37 fois la récolte de Doug Houda...


mardi 2 avril 2024

Joueur oublié des 90's #89 - Randy Burridge

 


 

 
 
Né le 7 janvier 1966 à Fort Erie en Ontario, l'ailier Randall H. Burridge venait de connaître une saison de 106 points avec les Petes de Peterborough lorsque les Bruins de Boston en firent leur choix de 8e ronde au repêchage de 1985. Attaquant combatif mais frêle à seulement 5'9", il était considéré comme peu probable de se rendre à la LNH, de là sa sélection tardive. Cependant, il fut rapidement rappelé par les Bruins dès la saison suivante et il récolta 42 points en seulement 52 matchs en plus de participer à 3 matchs des séries.


Sa saison 1986-87 fut plus difficile alors qu'il n'avait que seulement 5 points en 23 matchs avant d'être rétrogradé dans les mineures pour le restant de la saison. 
 
Il se reprit toutefois en 1987-88 avec 55 points dont 27 buts, en plus d'être un bon soldat durant le parcours des Bruins jusqu'en finale, obtenant 12 points en séries. Il connut ensuite sa meilleure récolte offensive avec 31 buts en 1988-89, en plus de 30 passes pour 61 points.

Cependant, son style de jeu hargneux autour du filet, qui lui valut d'ailleurs le surnom «Garbage», fit en sorte de lui causer diverses blessures lors des deux saisons suivantes avec les Bruins, lui faisant rater une quarantaine de matchs en deux ans, et réduisant sa production à 32 et 28 points respectivement. 
 

Faisons ici une bonne petite pause vidéo. Il ne marque même pas lors de ce tir de pénalité mais c'est plus une excuse pour voir un bon vieux classique Bruins vs. Whalers vintage et surtout le superbe masque de Kay Whitmore.
 

 
 
Flairant qu'il pourrait peut-être rebondir en profitant d'un changement d'air, les Capitals de Washington firent l'acquisition de Burridge à l'été 1991 en retour d'un autre attaquant en panne offensive, Steve Leach. 

Le pari en valut la peine pour les deux équipes alors que Burridge, alors jumelé avec Dale Hunter et Dino Ciccarelli, connut sa meilleure saison avec 67 points en seulement 66 matchs, tandis que Leach doubla sa production de l'année précédente avec 60 points dont 31 buts, la seule fois qu'il atteignit ce plateau durant sa carrière. Burridge fut même élu pour participer au match des étoiles de 1992.

La malchance des blessures s'abattit malheureusement de nouveau pour Burridge, qui se blessa sérieusement au genou lors du camp d'entrainement de l'automne 1992. Ce n'est qu'au mois d'avril 1993 qu'il put finalement revenir aider les Capitals, jouant seulement 4 matchs en fin de saison sans récolter de points et 4 autres matchs en séries, ne récoltant qu'un but.

Il parvint ensuite à confondre ceux qui croyaient que ses genoux ne suivraient plus en amassant 25 buts et 17 passes en 1993-94. Mais à la reprise des activités après le lock-out de 1994, les Capitals l'envoyèrent à Los Angeles en retour du dur à cuire Warren Rychel. Après une fiche de seulement 4 buts et 19 points en 38 matchs, et ce malgré une douzaine de matchs sur le trio de Wayne Gretzky, les Kings le laissèrent aller à la fin de son contrat.


Étant pratiquement fini aux yeux de la majorité des équipes de la ligue, les Sabres de Buffalo tentèrent le coup à l'automne 1995 en l'invitant à leur camp d'entraînement. Il cliqua alors immédiatement avec Pat LaFontaine et se mérita un contrat de trois saisons. Il effectua un retour marqué en 1995-96 avec 25 buts et 33 passes pour 58 points, ce qui était bon pour le deuxième rang des pointeurs des Sabres. 
 
En plus d'être une bonne aubaine, il devint un des favoris de la foule et remporta le Tim Horton Memorial Award, remis au «Unsung hero» de l'équipe, ou plus communément appelé le trophée de la «4e étoile». C'est un peu l'équivalent du trophée Jacques Beauchamp à Montréal, remis au joueur qui fut un facteur déterminant sans en retirer d'honneur particulier.
 
Il se mérita aussi le trophée Punch Imlach des Sabres, récompensant la persévérance et le leadership. Il avait également remporté le même genre de trophée d'équipe à deux autres reprises lors de ses années à Boston.

Cependant, une page se tournait à Buffalo alors que l'équipe rata les séries et que LaFontaine fut de plus en plus ennuyé par des blessures avant de quitter pour les Rangers en 1997. La production de Burridge regressa alors en 1996-97, en plus de rater de nouveau plusieurs matchs par cause de blessure. 
 
Il termina sa deuxième saison avec les Sabres avec 31 points en 55 matchs. Durant sa troisième saison avec l'organisation, il rata la moitié du calendrier et/ou fut souvent laissé de côté avant d'être finalement rétrogradé dans les mineures et ce fut la fin de sa carrière dans la LNH. 
 
Après une saison 1998-99 partagée entre l'Allemagne et le Thunder de Las Vegas dans la IHL, il fut invité au camp des Red Wings en 1999 mais ne pouvant se dénicher un poste avec le grand club, il décida d'accrocher ses patins.
 
 
En 706 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 199 buts et 251 passes pour 450 points.


mercredi 21 février 2024

L'accident de Tim Horton



Il y a cinquante ans aujourd’hui, la légende des Leafs et le restaurateur Tim Horton nous quittait dans des circonstances tragiques. Mais avant d’en venir à ceci, reculons un peu dans le temps.

Les Sabres de Buffalo se sont joints à la ligue en 1970. Bien qu’une équipe d’expansion, leurs débuts ont tout de même été respectables. Ils ont d’abord bénéficié de la fin de l’exception culturelle pour pouvoir repêcher Gilbert Perreault avec leur tout premier choix. Avec l’ex-entraîneur des Leafs Punch Imlach derrière le banc, ils ont terminé devant leurs frères d’expansion (les Canucks), mais aussi devant deux équipes d’expansion de 1967 (les Golden Seals et les Penguins) et même une équipe des Original Six (les Red Wings).

L’année suivante, ils eurent encore la main heureuse en repêchant un autre joueur qui les aida immédiatement, Richard Martin. À la fin de la saison, Pittsburgh voulut acquérir le vétéran Eddie Shack pour l’aider à faire les séries. En retour, Buffalo obtint un jeune qui n’avait pas encore fait ses preuves, René Robert. Éventuellement réuni avec Perreault et Martin, ils deviendront la French Connection, le premier trio marquant de cette période de l’équipe.

En juin 1972, les Sabres saisirent l’occasion d’aller chercher un vétéran pour encadrer leurs jeunes en réclamant au ballotage des Penguins celui qui avait joué 1184 matchs avec les Leafs (et donc qui était bien connu d’Imlach), Tim Horton. Celui-ci envisageait plutôt la retraite, mais son ancien entraîneur réussit à le convaincre qu’il pouvait toujours contribuer.

En 1972-73, Horton joua 68 matchs et permit aux Sabres d’atteindre les séries pour une première fois. Il conserva son domicile à Toronto et fut autorisé à ne se présenter qu’à une ou deux pratiques par semaine. S’il parlait peu dans la chambre, il avait un rôle de professeur et de conseiller et son opinion était recherchée. De plus, sa condition physique était irréprochable. Horton décida donc de revenir l’année suivante.

Le 20 février 1974, les Sabres ont affronté les Leafs au Gardens. Le dimanche précédent, lors d’un match contre Détroit, Horton avait été blessé à la joue. En raison de la douleur qu’il éprouvait, il avait donc demandé à l’entraîneur Joe Crozier de ne pas jouer en troisième période, dans un match où il fut malgré tout choisi comme la troisième étoile. De plus, il avait demandé de ne pas revenir à Buffalo avec le reste de l’équipe. Il alla plutôt rencontrer son partenaire d’affaires Ron Joyce, avec qui il possédait sa chaîne de beignes et cafés depuis 1964 puis, vers 4h, il prit le chemin de Buffalo. Il avait pris des antidouleurs et quelques bières.

Sur le Queen Elizabeth Way, aux alentours de St.Catharines, un policier avertit ses collègues qu’une voiture roulait à 100 milles à l’heure (160 km/h) dans une zone de 60 (97 km/h). Il s’agissait de la De Tomaso Pantera qu’Imlach avait offerte à Horton pour le convaincre de retarder sa retraite.

De Tomaso Pantera

Un peu plus de 50 km plus loin, alors qu’il était poursuivi, Horton effectua une violente sortie de route et fit plusieurs tonneaux. Le temps était clair et la chaussée était sèche.  Ne portant pas de ceinture de sécurité, il fut éjecté de la voiture. On le retrouva à 123 pieds (37 m) du bolide, qui lui, traversa un terre-plein de 4 m avant de se retrouver en direction inverse. Horton fut tué sur le coup. Il avait 44 ans.  Celui qui était reconnu comme étant affable et un bon coéquipier laissa dans le deuil son épouse et ses quatre filles.

Le soir même, les Sabres étaient à domicile pour affronter les Flames d’Atlanta. Crozier déclara alors à son équipe que rien ne ramènerait Horton et qu’il aurait voulu qu’ils retournent au travail et qu’ils se battent pour une place en séries. Par contre, les deux équipes portèrent un brassard noir en signe de deuil. Buffalo parvint malgré tout à soutirer un verdict nul de 4-4 aux Flames.

Un an plus tard, Joyce racheta les parts de la chaîne de restauration qui avait à ce moment une trentaine de sites, qui appartenaient dorénavant à l’épouse d’Horton. La transaction se chiffra à 1 million $, et Joyce en fit ensuite le géant qu’on connait aujourd’hui.

Horton, vainqueur de quatre coupes Stanley, fut admis au Temple de la renommée en 1977.

Sources:

"Crash claims Horton", Canadian Press, February 21, 1974, The Windsor Star, page 1,

"Tributes to Horton accentuate grief", Canadian Press, February 22, 1974, The Windsor Star, page 20,

"Perreault, Martin et Robert ont perdu leur professeur" d’Yvon Pedneault, 22 février 1974, La Presse, page B4,

″Horton’s death shocks the hockey world ′A great defenseman, a great person′ ″, CP, February 22, 1974, Montreal Gazette, page 30,

″Luce sparks three-goal Buffalo rally″, UPI, February 22, 1974, Montreal Gazette, page 31,

″Horton widow dead at 68″, December 26, 2000, CBC Sports (cbc.ca),

"Remembering Tim Horton" de Chris Iorfida, February 21, 2013, CBC (cbc.ca),

wikipedia.org.

jeudi 1 février 2024

Joueur oublié des 90's #88 - Yuri Khmylev






Beaucoup de joueurs de cette série ont la distinction d'être «oublié» principalement par le fait qu'ils étaient originaires de la Russie. Lors de la tombée du rideau de fer, un vaste nouveau bassin de joueurs était désormais ouvert aux recruteurs de la LNH. Mais contrairement aux autres pays, on avait alors accès à des joueurs de tous âges, et pas seulement des espoirs de 18 ans. On pouvait alors prendre des chances au repêchage en sélectionnant des joueurs plus âgés et établis en Russie plutôt qu'un jeune nord-américain. Il y avait même certains joueurs russes qui venaient faire leurs preuves dans les mineures afin de se faire découvrir plus facilement par les recruteurs nord-américains, surtout dans l'ancienne IHL. De nombreux «coups de dé» du genre arrivèrent donc en scène dans la LNH durant les années 90 et bien qu'on retrouvait de bons soldats qui comblèrent les besoins de plusieurs équipes, il s'agissait très souvent d'«étoiles filantes» alors que plusieurs d'entre eux étaient déjà trop vieux ou ne cadraient pas dans le système nord-américain.

Cela fait en sorte que j'ai discuté de pas mal d'entre eux comme Nikolai Borschevsky, Alexander Semak, Dmitri Kvartalnov, Vladimir Tsyplakov et Anatoli Semenov

Et en voici un autre bel exemple dans le genre, Yuri Khmylev.

En prêt au CSKA Moscou
pour la Super Series 1990-91

Né à Moscou le 9 août 1964, Yuri Alexeyevich Khmylev (parfois épelé Khmylyov ou Khmyliov) débuta dans le système moscovite dès la saison 1980-81 avec le Krylya Sovetov, les «Soviet Wings» ou «Ailes Rouges» si vous préférez. 
 
Il passera 11 saisons avec le club, dont plusieurs comme ailier principal de Sergei Nemchinov, joueur qui connaîtra également du succès dans la LNH. Ce n'est qu'en 1992, alors qu'il était âgé de 27 ans, qu'une équipe de la LNH décida de sélectionner Khmylev lorsque les Sabres en firent leur choix de 5e ronde (108e au total). Khmylev s'était auparavant attiré de l'attention lors des «Super Series», ces tournois entre quelques clubs soviétiques et de la LNH qui eurent lieu durant trois saisons au tournant des années 90. 
 
Il s'était également distingué aux Olympiques de 1992 avec 10 points en 8 matchs durant ce tournoi où l'équipe unifiée remporta l'or. 

Il débuta immédiatement avec les Sabres en 1992-93 et s'en sortit bien avec 20 buts et 19 passes en 68 matchs et ensuite 7 points en 8 matchs en séries. Sa saison 93-94 fut encore meilleure avec 27 buts et 31 passes pour un sommet en carrière de 58 points. 
 
Ce furent cependant ses deux seules bonnes saisons. Au retour du lock-out de 1994, il obtint un raisonnable 25 points en 48 matchs mais ensuite seulement 28 points en 66 matchs en 1995-96. Il faut dire qu'il obtenait auparavant la plupart de ses points en évoluant avec Pat LaFontaine et Alexander Mogilny, ayant comme principale tâche d'assurer l'aspect plus défensif de ce trio. Lorsque ces derniers furent respectivement blessé et échangé, la production de Khmylev diminua inévitablement. Les Sabres devenaient également de plus en plus une machine défensive avec l'émergence de Dominik Hasek dans les buts.





Voulant rajeunir l'équipe, la direction décida d'échanger Khmylev aux Blues de St.Louis en mars 1996. Ce fut d'ailleurs tout un vol de la part des Sabres. En retour de seulement Khmylev et un choix de 8e ronde en 1996 qui n'aboutit à rien, les Sabres reçurent le robuste défenseur Jean-Luc Grand-Pierre, un choix de 2e ronde en 1996 qui devint Cory Sarich et surtout un choix de 3e ronde en 1997 qui devint nul autre que Maxim Afinogenov. 
 
Grand-Pierre et Sarich ne joueront qu'une poignée de matchs avec les Sabres avant de jouer plusieurs saisons dans d'autres clubs mais c'est avec Afinogenov que les Sabres remportèrent haut la main cet échange alors que ce dernier récolta plus de 300 points avec l'équipe tandis que Khmylev fut un flop total à St.Louis. Il termina cette saison 95-96 avec les Blues, ne jouant que 7 matchs et récoltant une seule passe, avec ensuite 2 points en 6 matchs en séries. Après seulement deux autres matchs au début de la saison 96-97, les Blues le libérèrent.

 


Après quelques semaines d'inactivité, Khmylev obtint en novembre un contrat de 25 matchs avec les Rafales de Québec dans la IHL, espérant profiter de l'occasion pour revenir dans la LNH avec un autre club avant la fin de la saison. Après 15 matchs décevants où il n'obtint qu'un seul but et 7 passes, le club procéda à un échange interligue (une chose rare) en l'envoyant aux Bulldogs d'Hamilton dans la ligue américaine en retour de l'ancien membre du Canadien Jesse Bélanger. Propriété des Oilers à ce moment, Bélanger apportera beaucoup aux Rafales avec 62 points en 47 matchs dont 32 buts. 
 
Pour sa part Khmylev ne récolta que 24 points en 52 matchs à Hamilton, et ne retourna plus jamais dans la LNH. Il opta ensuite de jouer une saison en Suisse en 1997-98 avec le HC Fribourg-Gotteron et par la suite un bref retour dans la AHL en 98-99 avec les Maple Leafs de St.John's où il termina finalement sa carrière.

Après sa retraite, il revint dans le giron de son ancienne équipe en devenant dépisteur en Russie pour les Sabres. Il occupa ces fonctions jusqu'en 2017 lorsqu'il fut renvoyé suite à une réorganisation majeure chez les Sabres. Il s'occupe présentement ces mêmes fonctions en Russie pour le compte des Kings de Los Angeles.

En 263 matchs dans la LNH, sa fiche fut de 64 buts et 88 passes pour 152 points.

En 429 matchs dans la ligue soviétique, sa fiche fut de 159 buts et 113 passes pour 272 points.

Sources:
Former Sabres player and scout Yuri Khmylev still has fond memories of Buffalo, The Athletic, 13 mai 2020
Khmylev garde un oeil sur la LNH, Le Soleil, 20 novembre 1996
Bélanger à la rescousse, Le Soleil, 18 décembre 1996
Bélanger heureux, Le Soleil, 19 décembre 1996