On retrouve parmi les élus du Temple de la renommée de nombreuses vedettes offensives. En effet, cette façade du jeu y est favorisée. Oui, on compte des joueurs comme Bob Gainey et Rod Langway, mais parmi les patineurs, remplir le but aide énormément. De plus, comme il s’agit d’un vote, d’avoir un certain capital de sympathie ne peut pas nuire.
En 1990, la surprise fut donc grande lorsqu’il fut annoncé que Bill Barber et Gilbert Perreault feraient leur entrée au Temple avec Fern Flaman, un défenseur défensif qui avait conclu sa carrière dans la LNH trente ans auparavant,
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Originaire de Saskatchewan, Flaman fut recruté par les Bruins pendant la deuxième grande guerre. Comme Boston fut particulièrement affecté par le recrutement de ses joueurs, Flaman eut l’occasion de progresser relativement rapidement avec les Olympics de Boston et eut même l’occasion de jouer son premier match avec les Bruins à 18 ans. Ce n’est toutefois qu’une fois la guerre terminée qu’il se fit une place définitive dans la Ligue nationale.
Il se fit alors une réputation de joueur non seulement robuste, mais avec un style fougueux à la limite de la légalité, quand il ne traversait pas carrément la ligne. Ne reculant devant aucune méthode, incluant des insultes envers les canadiens-français, il se fit des ennemis dans la ligue et laissa de mauvais souvenirs à plusieurs, dont les frères Richard, qui le trouvaient particulièrement sournois.
En novembre 1950, il passa aux Maple Leafs avec Léo Boivin, Phil Maloney et Ken Smith. En retour, les Bruins firent l’acquisition de Bill Ezinicki et Vic Lynn, qui poursuivait ainsi son tour de la ligue.
Cet échange permit à Flaman de passer d’une équipe faible à une beaucoup plus compétitive. Les Bruins parvinrent alors à peine à se qualifier pour les séries, en devançant les Rangers d’un seul point. Par le fait même, Flaman put affronter ses anciens coéquipiers. Les Leafs ne firent toutefois qu’une bouchée de Boston, avant de venir à bout des Canadiens en finale. Bien que cette série ne se soit conclue qu’en 5 matchs, ceux-ci ont tous été décidés en prolongation.
Cette victoire permit à Flaman de remporter sa seule Coupe Stanley. Celle-ci prit ensuite une tournure tragique avec la disparition de Bill Barilko.
Au sein d’une équipe qui comptait à la ligne bleue Jim Thomson et un jeune Tim Horton, Flaman eut moins de temps de glace. Il fut donc retourné aux Bruins en juillet 1954, eux qui avaient des problèmes à la défense. En retour, Toronto mit la main sur Dave Creighton, un joueur offensif jugé peu robuste. Il ne fit que passer à Toronto, mais il eut finalement plus tard du succès avec les Rangers.
Quant à Flaman, il rapporta son style rugueux et discutable à Boston, où dès son arrivée en 1954-55, il fut le joueur ayant obtenu le plus de minutes de pénalités dans la ligue. Il fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles. Dans une période où Doug Harvey et Red Kelly étaient pratiquement des incontournables pour la première équipe, Flaman fut aussi nommé au sein de la deuxième équipe d’étoiles en 1956-57 et 1957-58. Fait à noter, alors que les Bruins n’étaient vraiment pas à ce moment une puissance de la ligue à six équipes, ils causèrent une certaine surprise en atteignant la finale lors de ces deux mêmes années. Ils se buttèrent toutefois aux Canadiens en finale, eux qui étaient au milieu de leur séquence historique de cinq Coupes Stanley consécutives.
Flaman, qui était capitaine de 1955, demeura avec les Bruins jusqu’en 1960-61, avant de devenir joueur-entraîneur-directeur gérant des Reds de Providence de la Ligue américaine. Il fut ensuite entraîneur dans la WHL et la CHL.
En 1970-71, il devint entraîneur des Huskies de l’Université Northeastern, à Boston. Il y sera 19 ans. Si sa fiche globale est négative (256-301-24), il remporta tout de même une troisième place nationale en 1981-82, alors qu’on retrouvait dans son alignement Randy Bucyk, qui a remporté la Coupe Stanley à Montréal en 1986. Il remporta aussi quatre Beanpots, le tournoi qui réunit les équipes universitaires de la région de Boston.
Lorsqu’il fut élu au Temple de la renommée, il avait terminé son passage à Northeastern. Sa carrière de joueur était terminé depuis longtemps et avait laissé de mauvais souvenirs à plusieurs. Il était donc un peu étrange de voir refaire surface le nom d’un joueur qui a, oui, joué plus de 900 matchs, mais qui n’a compté que 34 buts, qui n’a jamais remporté le Trophée Norris, qui n’a jamais été retenu au sein de la première équipe d’étoiles et qui n’a jamais remporté la Coupe avec l’équipe avec laquelle il est principalement associé. Évidemment, on ne peut pas être contre le fait de reconnaître différents aspects du jeu, dont le jeu défensif. Mais peut-être que le temps a fini par adoucir les souvenirs de certains ou que celui-ci a permis une certaine réhabilitation.
D’ailleurs, autant lors de son introduction au Temle qu’à son décès en 2012, on souligna beaucoup l’apport qu’il eut dans la vie des jeunes joueurs qu’il a dirigés à Northeastern.
Étonnamment, il a été élu au Temple de la renommée des sports de la Saskatchewan en 1992, deux ans après sa sélection à celui du hockey, un peu comme si on trouvait étrange qu’un joueur local soit honoré par la grande ligue sans qu’il ne soit honoré dans son coin de pays et qu’il fallait corriger la situation.
Au Temple de la renommée, Flaman fut plus tard rejoint par Pat Quinn et Colin Campbell, deux joueurs qui n’étaient pas nécessairement des enfants de chœur, mais qui furent toutefois élus dans la catégorie ″Bâtisseurs″.
Sources :
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 21 juillet 1954, Montréal-Matin, page 18,
″Le sport en général″ de Jacques Beauchamp, 3 janvier 1958, Montréal-Matin, page 30,
″Flaman le détestable″ de Maurice Richard, 24 juin 1990, La Presse, page S7,
″Friends remember ex-Bruin Flaman as original tough guy″ de Mark Divver, June 12, 2012, Providence Journal (providencejournal.com),
″Leafs Hall of Famer Flaman passes away″ de Luke Fox, June 23, 2012, Sportsnet (sportsnet.ca),
Le Temple de la renommée du hockey est un endroit que j’apprécie. Pas étonnant pour un geek de hockey comme moi. Même si j’y suis allé à quelques reprises, j’aime y retourner lorsque je vais à Toronto. Ça faisait un moment que je n’y avais pas mis les pieds, jusqu’à cette semaine, où je me suis mis à jour.
Je vous partage donc certaines nouveautés, certains trucs qui devraient être mis à jour et d’autres éléments que je trouve tout simplement intéressants.
En ce 50e anniversaire de la Série du siècle, on a mis à jour cette section, qu’on retrouve dans la section internationale. Je ne suis toutefois en mesure de comparer avec ce qu’on retrouvait avant. La poupée russe géante reçue en cadeau à l’époque y est toutefois toujours.
Comment passer à côté de la pandémie? Le Temple de la renommée a pris la balle au bond et a mis en place une section à ce sujet. Un jour, vous pourrez expliquer à vos petits-enfants que les activités de toutes les ligues ont été suspendues, que des titres de certaines ligues n’ont pas été décernés et que lorsque la LNH a repris ses activités, ce fut dans des bulles sans spectateurs.
D’ailleurs, on y a habilement placé côte à côte la section au sujet de la grippe espagnole et celle de la covid 19.
La salle des trophées, située dans une opulente ancienne succursale bancaire, est toujours impressionnante. Si ceux-ci existent pour la plupart depuis des années, on peut tout de même y voir quelques signes du temps qui passe.
De voir la Coupe qui a marqué ma jeunesse (celle de 1985-86) monter et de maintenant se retrouver sur le deuxième anneau m’a mis en pleine figure que les années avancent et que je vieillis… Un jour viendra où cet anneau sera retiré de la Coupe et mis dans la voûte. À ce moment, je me sentirai vraiment vieux…
Toujours au sujet de la pandémie, on se souviendra que celle-ci et l’imposition de quarantaine à la frontière avaient entraîné la modification des divisions, incluant la création d’une division nord (canadienne). Suite à leur parcours inespéré en séries en 2021, les Canadiens ont ainsi mis la main sur le Trophée Clarence-Campbell, un trophée qui leur avait toujours échappé, parce qu’en théorie, il est remis aux champions de la conférence… ouest. C‘est maintenant chose faite.
(À noter que de 1968 à 1981, le Trophée Campbell était remis aux champions de la saison régulière de la conférence du même nom. Comme à ce moment, les conférences étaient divisées sur la base de critères géographiques nébuleux, les Flyers et les Islanders l’ont déjà remporté. Montréal n’est donc pas la seule équipe de l’est à avoir son nom dessus.)
Ce n’est pas une illusion (même si mes photos ne sont pas toujours de grande qualité). Malgré qu’il ait été remis pour la première fois qu’en 1999, faisant ainsi de lui l’un des trophées les plus récents, le Trophée Maurice-Richard semble déjà terni et usé. De plus, je n’avais jamais remarqué qu’il contenait une plaque montrant une rondelle qui pénètre dans un but. Je comprends qu’il est décerné au meilleur buteur de la ligue, mais le concept me paraît plutôt sans saveur… La représentation du vieux Forum de l’autre côté me paraît plus appropriée.
On trouve aussi au Temple la Coupe Clarkson, mais malgré la dissolution de la Ligue canadienne de hockey féminin en 2019, il est encore indiqué qu’elle est toujours remise. On salue en passant les anciennes Stars et les anciennes Canadiennes dont on retrouve le nom dessus. On souhaite du même coup bonne chance à la Force de Montréal, la nouvelle équipe de la Premier Hockey Federation, qui tentera de se mériter la Coupe Isobel.
Peut-être est-ce aussi en raison de la covid, mais d’autres éléments n’ont pas non plus été mis à jour, comme ce présentoir des Canadiens, qui indique encore que le club affilié de Montréal dans la ECHL est le défunt Beast de Brampton, et non les Lions de Trois-Rivières.
Si l’ajout récent d’une pub de RBC sur le chandail du Tricolore a causé une certaine controverse, dites vous que ça aurait pu être pire. Dans la section des masques de gardien, on en retrouve un provenant de la ligue tchèque avec un bout de mousse grossièrement collé sur le front pour annoncer une firme de télécommunication
Ce n’est pas une nouveauté, mais j’ai eu une pensée pour les gens de Sherbrooke en voyant le nom de leur ville sur la Coupe Calder, pour le titre remporté en 1985. On vous salue!
Il y a plusieurs années la chaîne de beignets Tim Hortons faisait le lien entre elle et son défunt fondateur. Avec le temps, la référence s’est un peu perdue, mais pas à sa succursale à la sortie du Temple de la renommée. Horton y est membre depuis 1977.
Né le 24 juin (bonne fête et bonne St-Jean en passant) dans le petit village d'Haliburton en Ontario, Bernard Irvine Nicholls fut un des meilleurs joueurs des Kings durant les années 80 et plusieurs pensent qu'il se serait mérité une place au temple de la renommée s'il était resté à Los Angeles au delà de cette décennie. Mais plutôt que de faire partie du ''hall of fame'', il semble plutôt faire partie du fameux et nébuleux ''hall of very good''...
Un joueur habile avec la rondelle et possédant un tir vif et précis, Nicholls se fit repêcher par les Kings en 4e ronde (73e au total) du repêchage de 1980 après une première saison junior correcte (79 points) avec les Canadians de Kingston. Les Kings le gardèrent dans le junior l'année suivante, ce qui fut bénéfique selon lui car il doubla ses statistiques en 1980-81 avec 63 buts et 152 points et fut davantage prêt mentalement pour faire le saut dans la LNH.
Il débuta son parcours professionnel avec le club-école des Kings dans la ligue américaine, les Nighthawks de New Haven où il menait la ligue avec 41 buts et 71 points en 55 matchs avant d'être rappelé par les Kings pour le restant de la saison 1981-82. Il obtint ensuite une excellente fiche de 14 buts et 32 points en 22 matchs lors de cette première saison écourtée à Los Angeles en plus de 4 buts en 10 matchs durant les séries, participant d'ailleurs au ''Miracle on Manchester'', ce fameux match où les Kings remontèrent un déficit de 5 à 0 contre les Oilers pour l'emporter 6-5 et prendre les devants dans la série. Il devint également lors de ces premiers matchs avec l'équipe le premier de leur histoire à obtenir deux tours du chapeau consécutifs. Il ne retournera jamais dans les mineures par la suite.
Venant d'un petit village de moins de 100 habitants, il s'adapta toutefois rapidement à la vie d'une grande ville comme Los Angeles et devint un joueur fort populaire auprès des fans des Kings, particulièrement par sa fameuse célébration de but surnommée le ''Pumper Nicholl'' car il avait l'habitude de faire tournoyer son bras après chaque but compté.
Il était aussi très charismatique et toujours souriant en dehors de la glace où sa fougue, sa jeunesse et sa crinière blonde avec ''mullet'' correspondaient parfaitement avec le style de vie californien. Il se faisait également remarquer par ses habits et manteaux de fourrure flamboyants dont un habit complètement rose qu'il portait occasionnellement lors de ses nombreuses sorties nocturnes en début de carrière.
Il ne fut jamais reconnu pour des frasques majeures hors de la glace mais une certaine réputation d'oiseau de nuit le suivit une bonne partie de sa carrière avant de diminuer lorsqu'il devint plus vieux. Même chose pour le ''Pumper Nicholl'' qu'il arrêta graduellement de faire après s'en être lassé.
Il régressa légèrement lors de sa deuxième saison avec 50 points en 71 matchs mais se rattrapa lors des années suivantes avec des saisons de 95 points en 1983-84, une première de 100 points en 1984-85 et ensuite une de 97 points en 1985-86. Sa venue à Los Angeles venait enfin apporter plus de profondeur à l'attaque dans cette équipe qui devait auparavant dépendre presque entièrement de sa ''Triple Crown Line'' avec Marcel Dionne, Dave Taylor et Charlie Simmer pour générer de l'offensive. Étant jumelé la plupart du temps avec l'ailier Jim Fox, Nicholls était fermement campé comme deuxième centre de l'équipe et semblait lorgner la première ligne davantage au fur et à mesure que Dionne vieillissait. Mais même après l'échange de Dionne aux Rangers en 1987, il demeura comme deuxième centre dû à l'arrivée du jeune (et éphémère) prodige Jimmy Carson en 1986-87.
Après une première bonne saison, Carson explosa en 1987-88 avec 55 buts et 107 points tandis que Nicholls régressa avec des saisons de 81 et 78 points respectivement. Il n'avait toutefois joué que 65 matchs lors de cette saison de 78 points et conservait tout de même sa moyenne supérieure à 1 point par match depuis le début de sa carrière. Cependant, après deux saisons de plus de 40 buts en 1984 et 1985, Nicholls était depuis plutôt un habitué aux saisons de 30 buts et plus mais on sentait quelque peu un potentiel qui se laissait désirer.
Les choses prirent toutefois une tournure complètement différente pour Nicholls, Carson, les Kings et la LNH en général durant l'été 1988 lorsque survint ''l'Échange'' entre les Kings et les Oilers où Carson ainsi qu'un package de prospects, choix au repêchage et 15 millions de dollars prirent le chemin d'Edmonton en retour de Wayne Gretzky, Marty McSorley et Mike Krushelnyski.
Luc Robitaille, Bernie Nicholls et Steve Duchesne
L'arrivée de la merveille à Los Angeles eut l'effet d'une bombe dans le milieu du hockey et sur le paysage sportif californien. Pour Nicholls c'était une occasion de rêve et selon ses propres mots cela se comparait à ''un enfant qui reçoit ses cadeaux le matin de Noël''. La production offensive de Nicholls explosa lors de la première saison de Gretzky avec les Kings en 1988-89 alors qu'il obtint des sommets en carrière faramineux de 70 buts et 80 passes pour 150 points soit presque le double de sa saison précédente (78 points).
Nicholls parvint donc avec cet impressionnante récolte à s'inclure dans deux clubs sélects de l'histoire de la LNH soit celui des joueurs ayant franchi le cap des 70 buts (avec 9 autres joueurs) et celui encore plus sélect de seulement 5 joueurs ayant franchi le cap des 150 points, les autres étant Phil Esposito, Steve Yzerman, Mario Lemieux et bien sûr Gretzky.
En plus de franchir ces deux plateaux impressionnants avec ce 70e but, il s'agissait également de son 300e en carrière.
Malgré qu'il obtint des résultats plus que respectables durant le reste de sa carrière, Nicholls ne s'approchera plus jamais d'un tel niveau de production et est grandement reconnu pour avoir lui aussi bénéficié de la présence de Gretzky pour obtenir des statistiques élevées du genre. Ce qui fait que sa saison 88-89 de 150 points semble demeurer pour plusieurs une anomalie.
Cependant quelque chose m'a toujours intrigué à propos de cette fameuse saison. Il est indéniable que Nicholls profita de l'arrivée de Gretzky mais il y a plusieurs nuances à apporter avant de pouvoir dire que cette saison était une anomalie.
Premièrement le plus important point est que Gretzky et Nicholls étaient tous les deux joueurs de centre et durant la majorité de la saison, c'est avec Luc Robitalle et Dave taylor que Nicholls jouait, étant jumelé avec Gretzky principalement en avantage et désavantage numérique.
Match des étoiles 1989
Une grande croyance serait que Nicholls a su profiter du fait que puisque l'attention des joueurs adverses était centrée pour contrer Gretzky, il avait plus de marge de manœuvre pour que Nicholls puisse produire offensivement sur son trio moins surveillé. Une autre théorie est que Nicholls était mûr pour rebondir après une saison 1987-88 écourtée par des blessures et une suspension. Selon Nicholls lui même, la seule présence de Gretzky dans le vestiaire était inspirante et motivante pour Nicholls à passer à un niveau supérieur, même en jouant sur différents trios. Les deux joueurs avaient aussi le même âge en plus de venir de l'Ontario et devinrent de grands amis durant cette saison.
Une autre théorie est que Nicholls (alors agé de 27 ans) était alors dans son ''peak'' et entrait dans ses meilleures années. D'autres joueurs comme Brett Hull, Phil Esposito et Vincent Lecavalier ont également connu des ''jumps'' de production similaire (quoique pas aussi impressionnants) que Nicholls alors qu'ils avaient sensiblement le même âge.
Je me devais donc d'aller plus loin pour découvrir à quel point Nicholls avait profité de la présence de Gretzky. J'ai scruté chaque sommaire des matchs des Kings en 1988-89 sur le site de la ligue et j'ai ensuite décortiqué les statistiques de Nicholls. J'ai effectivement remarqué que Nicholls jouait régulièrement avec Robitaille et Taylor et n'était jumelé avec Gretzky que sur l'avantage numérique la plupart du temps. Mais plus la saison avançait et Nicholls jouait de plus en plus avec Gretzky à 5 contre 5, ce qui nous donne les statistiques suivantes:
Points obtenus par Nicholls sans Gretzky: 88
Points obtenus avec Gretzky: 62 dont 25 en avantage numérique, 11 en désavantage numérique et 26 en temps de jeu régulier.
Il est aussi à noter qu'il y a une marge d'erreur ici car même si Gretzky n'était pas sur le sommaire pour certains points de Nicholls, ça ne veut pas dire qu'il n'était pas sur la glace.
Donc j'en conclus donc que oui, Nicholls fut grandement aidé par Gretzky mais que ce dernier n'est pas le seul responsable de ses succès cette saison-là. Avec son ''peak'' discuté plus haut, il n'aurait pas obtenu 150 points mais peut-être 110-120 points sans la merveille dans le même vestiaire. Il est aussi à noter que d'autres joueurs des Kings n'ont pas obtenu le même ''boost'' avec Gretzky. C'est le cas de Robitaille d'ailleurs qui obtint moins de points (98) que la saison précédente (111).
Cette saison ''anormale'' de Nicholls est donc à prendre avec des pincettes et c'est beaucoup la suite des choses qui vint faire en somme que Nicholls n'obtint jamais plus de telles statistiques, même s'il demeura un joueur d'un point par match pour plusieurs années.
Lors de la saison 1989-90, Nicholls semblait être de nouveau sur la même voie avec 27 buts et 75 points lors de ses 47 premiers matchs ce qui lui aurait donné autour de 130 points sur une saison complète. Mais tout bascula pour Nicholls à la pause du match des étoiles de 1990 alors qu'il passa aux Rangers de New York la veille du match. La direction des Kings trouvait que l'équipe manquait de robustesse et avait des faiblesses en défensive, particulièrement en séries, et cherchait également à trouver d'autres ailiers pour entourer Gretzky.
Avec un club quelque peu en déroute dans le classement à ce moment-là, des rumeurs impliquaient le départ de Nicholls et/ou de Robitaille depuis plusieurs semaines. Ils envoyèrent finalement Nicholls à New York et réussirent à recevoir 2 joueurs contre lui soit Tony Granato et Tomas Sandstrom.
Nicholls fut initialement furieux de la décision des Kings, lui qui s'était fait promettre par le propriétaire Bruce McNall qu'il ne serait pas échangé (comme Jimmy Carson auparavant et Luc Robitaille plus tard) et qui avait signé un nouveau contrat en début de saison. Il était aussi choqué d'apprendre la nouvelle pendant les festivités du match des étoiles.
Gretzky était lui aussi choqué par l'échange mais reconnaissait que l'équipe avait besoin de plus de hargne. Nicholls encaissa malgré tout le choc et se rapporta à New York mais joua tout de même le match des étoiles pour la conférence Campbell, celle des Kings. Il termina la saison 1989-90 avec un rythme bien sûr moins productif avec 37 points en 32 matchs à New York pour un total combiné de 112 points, ce qui fut finalement sa dernière saison de plus de 100 points.
Les Kings continuèrent de peaufiner leur alignement au cours des saisons suivantes et Granato et Sandstrom furent importants pour l'équipe durant le parcours jusqu'en finale en 1993. Cependant les Kings eurent beaucoup de difficulté à remplir le poste de deuxième centre après le départ de Nicholls, tentant des expériences avec des joueurs dont j'ai parlé dans les derniers mois comme Todd Elik, Bob Kudelski et Corey Millen. C'est d'ailleurs en remarquant le thème récurrent de l'abscence de Nicholls en écrivant ces autres textes que je me suis finalement décidé à m'attaquer à son cas...
Nicholls continua donc son chemin à New York et devint populaire avec les fans de sa nouvelle équipe, se méritant d'ailleurs le surnom ''Broadway Bernie''. Tom Hanks, un grand fan de hockey et particulièrement des Kings, porta même un chandail des Rangers à son effigie lors d'une participation à Saturday Night Live avec Aerosmith...
Il revint donc à son rythme plus standard d'un point par match en 1990-91 lors de sa première saison complète avec les Rangers (73 points en 71 matchs) mais les Rangers voulaient également avoir leur équipe championne et effectuèrent donc eux aussi un ''Échange'' avec un E majuscule en s'appropriant une vedette des Oilers d'Edmonton.
L'été 1991 n'était pas de tout repos pour les Oilers qui effectuèrent à contre gré un démantèlement massif de leur ancienne équipe championne, à peine plus d'un an après leur dernière conquête (voir texte du 16 avril 2017). Après les départs subséquents de Jari Kurri, Grant Fuhr et Glenn Anderson durant la saison morte, les Oilers durent se départir également de leur capitaine Mark Messier qui ne s'était pas rapporté au camp des Oilers et avait demandé d'être échangé après avoir vu que l'équipe ne voulait pas tenter de demeurer compétitive. Messier fut donc également échangé aux Rangers quelque peu après le début de la saison 1991-92.
En retour de Messier, les Oilers mirent la main sur Nicholls ainsi que Louis DeBrusk et Steven Rice en plus d'une somme d'argent de quelques millions de dollars.
Encore plus choqué par ce deuxième échange en moins de deux ans, Nicholls refusa de se rapporter aux Oilers, déclarant d'abord ne pas vouloir jouer au Canada dans une équipe en reconstruction. Il demandait également à ce que les Oilers lui offre une augmentation substantielle pour l'amener à Edmonton. Il fut donc suspendu par sa nouvelle équipe mais Nicholls eut par la suite d'autres raisons personnelles pour ne pas quitter New York puisque sa conjointe était confiné au lit alors qu'elle était enceinte de jumeaux. Le couple avait précédemment eu des difficultés à procréer et Nicholls refusa donc de quitter son chevet jusqu'à ce que ses enfants soient nés.
Les jumeaux Nicholls virent le jour à la fin du mois de novembre 1991 et porté par la bonne nouvelle et la tension disparue, il annonça aux Oilers qu'il était prêt à se rapporter avec eux. Il perdit donc plus de 200,000$ en salaire durant cet épisode mais fut grandement applaudi par ses pairs et par les fans pour avoir décidé de supporter sa famille durant cette épreuve.
Il arriva donc à Edmonton et après quelques jours à seulement s'entraîner avec l'équipe pour retrouver la forme, il fit ses débuts en tant que Oiler à la mi-décembre. Il obtint un respectable 20 buts et 49 points en 49 matchs durant cette saison écourtée de 1991-92 en plus de 19 points en 16 matchs durant les séries où les Oilers continuèrent de surprendre en ces années post-dynastie. Ce bon rendement de Nicholls lui permit d'entretenir une bonne relation avec les fans des Oilers qui l'appréciaient malgré qu'il devait porter les lourdes chaussures de Messier.
Le temps de Nicholls à Edmonton était toutefois emprunté. Il déclara lors de son arrivée qu'il jouerait de son mieux avec les Oilers mais qu'il désirait que l'équipe l'échange de nouveau, préférablement dans la côte est pour être plus près de sa famille (qui ne le suivit pas à Edmonton) ou bien qu'ils le renvoient à Los Angeles. L'équipe n'avait pas vraiment l'intention qu'il demeure à Edmonton très longtemps d'ailleurs. Désirant continuer de se rajeunir (et de couper dans la masse salariale) ils exaucèrent le souhait de leur meilleur joueur de centre en l'envoyant aux Devils du New Jersey en janvier 1993.
En retour, les Oilers obtinrent les attaquants Zdeno Ciger et Kevin Todd. Malgré que son séjour à Edmonton fut quelque peu tourmenté et qu'il n'avait pas vraiment le désir d'y jouer, il déclara plus tard qu'il était fier d'avoir porté leur chandail malgré tout.
Nicholls termina donc la saison 1992-93 avec sa 4e équipe en moins de 4 ans mais joua du hockey peu inspiré avec seulement 5 buts en 23 matchs au New Jersey et étant même laissé de côté à quelques reprises. Il termina la saison avec tout de même 60 points en 69 matchs avec les deux clubs mais un autre épisode familial en coulisses affecta son jeu durant cette période.
La conjointe de Nicholls, Heather, était retombée enceinte rapidement après la naissance de leurs jumeaux et un autre fils, Jack, naquit prématurément en novembre 1992. Jack était cependant né avec la trisomie 21 et développa plusieurs problèmes de santé après sa naissance. Un peu moins d'une semaine après son échange au New Jersey, Nicholls reçut le diagnostic que son fils souffrait d'une méningite bactérienne. Un prise de moelle épinière pour détecter le virus aurait par la suite mal tournée, ce qui provoca un arrêt cardiaque au pauvre Jack et qui le laissa dans un coma profond jusqu'à sa mort quelques jours avant son 1er anniversaire...
À travers cette épreuve les Devils accommodèrent Nicholls du mieux qu'ils pouvaient en lui permettant de retourner à Los Angeles (où la famille était désormais relocalisée) et en défrayant les frais pour les billets d'avion. Les Nicholls intentèrent plus tard une poursuite contre les médecins qui effectuèrent la prise de moelle épinière à leur fils, mais j'ignore quel en fut le dénouement.
La mort de Jack fut toutefois une libération pour la famille Nicholls qui était soulagée malgré tout de voir ses souffrances se terminer. Nicholls reprit graduellement du galon et le désir de jouer durant la saison 1993-94 où il ne joua que 61 matchs et récolta 46 points au sein d'une équipe davantage portée sur le jeu défensif. Il devint davantage efficace en défensive sous les ordres de Jacques Lemaire, ce qui l'aida à graduellement se ré-inventer pour le dernier droit de sa carrière.
C'est aussi avec les Devils qu'il franchit le cap des 400 buts et des 1000 points en carrière. Il fut également un des éléments importants des Devils en séries alors qu'ils s'inclinèrent en 7 parties contre les Rangers en finale de conférence. Il obtint 13 points en 16 matchs durant ces séries.
Les Devils décidèrent cependant de ne pas lui offrir un nouveau contrat et le laissèrent aller. Il signa donc ensuite un contrat de deux saisons avec les Blackhawks de Chicago où il continua de retrouver le plaisir de jouer après plusieurs mois et années difficiles. Il termina au premier rang des pointeurs des Blackhawks avec 51 points lors de la saison écourtée de 1995 ainsi que 12 points en 11 matchs durant les séries. Il connut ensuite une autre bonne saison en 1995-96 avec 60 points en seulement 59 matchs alors qu'il rata une partie de la saison avec diverses blessures.
Il est donc facile de croire que Nicholls se serait de nouveau approché du plateau des 100 points si les saisons précédentes avaient été complètes, sans grèves, blessures et problèmes personnels. Et imaginez s'il était demeuré avec les Kings...
Nicholls se plaisait à Chicago mais les Hawks ne lui offrirent ensuite qu'un contrat d'un an, ce qu'il refusa. Plusieurs autres équipes étaient intéressés à ses services mais il décida de terminer sa carrière en retournant en Californie. Il signa donc à l'été 1996 un contrat de deux saisons avec les Sharks de San Jose où il fut amené pour agir comme mentor envers leurs jeunes joueurs comme Owen Nolan et plus tard Patrick Marleau.
Après deux saisons dans un rôle plus défensif où il obtint respectivement 45 et 28 points, les Sharks le signèrent pour une autre saison en 1998-99. Il fut cependant libéré après 10 matchs après que les Sharks aient échoué à trouver une équipe qui désirait de ses services. Il fut donc forcé vers la retraite en novembre 1998. Apparemment que son entraineur Darryl Sutter lui préféra son frère Ron pour occuper son poste sur le 4e trio.
Depuis sa retraite, Nicholls partage son temps entre sa résidence à Las Vegas et dans son patelin d'origine à Haliburton où il occupe beaucoup de temps à chasser et pêcher. Il a également quelques entreprises sur internet dont il est investisseur. En 2011, il revint dans le monde de la LNH lorsque ce même Darryls Sutter le ramena dans le giron des Kings comme consultant entraîneur où il aidait les joueur à perfectionner leur lancer. Son implication lui valut finalement une bague de la coupe Stanley en 2012 et il put amener la coupe à Haliburton durant cet été-là et il l'emmena même à la chasse avec lui...
Il fit aussi partie des quelques 300 anciens joueurs qui poursuivirent la LNH il y a quelques années pour avoir négligé les diagnostics de commotions cérébrales. Comme plusieurs anciens joueurs, Nicholls sentit qu'il avait développé des symptômes au cours des années suivant sa retraite comme des pertes de mémoires et de l'irritabilité.
En 1127 matchs en carrière, il obtint 475 buts et 734 passes pour 1209 points, ce qui lui confère à ce jour le 47e rang de l'histoire dans la LNH. S'il avait pu jouer avec Gretzky pendant 3 ou 4 saisons de plus, nulle doute qu'il y aurait davantage de discussions pour son introduction au temple de la renommée. Mais il demeure qu'il n'a jamais remporté la coupe en tant que joueur ni remporté de trophées individuels. Il est donc un peu dans la même catégorie que les Pierre Turgeon, Jeremy Roenick et Vincent Damphousse de ce monde.
À Victoriaville, dans le Colisée Desjardins, l'amphithéâtre où se produit les Tigres de Victoriaville se nomme depuis 1993 : l'amphithéâtre Gilbert-Perreault.
Depuis cette date, au sommet des escaliers menant aux estrades, un présentoir s'y trouvait avec un chandail commémoratif de son entrée au Temple de la Renommée. Suite à la relocalisation de la boutique souvenirs "La BouTigre" au début de la saison passé, le chandail disparu, ayant perdu son emplacement au profit de la boutique.
Après un an d'absence, le présentoir est de retour cette année, cette fois au bas de ces mêmes escaliers. Ça me permet donc de vous en présenter des images.
Un beau présentoir en vitre où est déposé le chandail des Sabres de Buffalo, équipe avec qui Perreault disputa 17 saisons. Lors des matchs des Tigres, il y a un "spot" qui éclaire le présentoir, ce qui n'était pas le cas lorsque j'ai pris les photos.
La plaque du HOF certifiant l’authenticité du chandail
Outre Perreault, Fern Flaman et Bill Barber eurent l'honneur d'être intronisé pour leur carrière de joueur, ainsi que Bud Poile dans la catégorie des "Bâtisseurs".
Lors de mon dernier texte sur Paul Coffey, j'ai énoncé que ce dernier serait peut-être détenteur du record du joueur ayant joué avec le plus de membres du temple de la renommée durant sa carrière. Cependant, en cherchant davantage j'ai trouvé plusieurs autres candidats au titre et Coffey est désormais loin derrière avec ses 24 ex-coéquipiers membres du temple. Il faut tout de même admettre que le nombre de Coffey est impressionnant alors qu'il joua durant une époque où la ligue avait largement agrandi ses cadres et comprenait 30 équipes au moment de sa retraite en 2001. Pour l'époque "moderne" de la LNH disons que Coffey est le champion.
Mais si on remonte à l'époque des "Original 6", le nombre de futurs membres du temple au mètre carré était nettement supérieur et il suffisait alors d'avoir joué avec plus d'une équipe pour retrouver une impressionnante liste de joueurs mémorables. Avec l'équipe de LVEUP et quelques lecteurs, on a recensé des joueurs ayant voyagé abondamment comme Harry Lumley (26), Dick Duff (30), Allan Stanley (32) et Frank Mahovlich (31).
Tous ces joueurs ont effectivement battu le record de Coffey (24) bien avant lui. Mais je crois pouvoir affirmer que personne n'arrive à la cheville du défenseur Larry Hillman. Je ne vous dévoile pas tout de suite son total impressionnant, je préfère d'abord vous raconter le parcours mémorable de ce joueur nomade oublié et oncle de Brian Savage (ben oui toi).
Red Wings de Detroit (1955-1957)
Né à Kirkland Lake en Ontario, Larry Morley Hillman débuta sa carrière vers la fin de la saison 1954-55 avec les Red Wings de Detroit où il joua 7 matchs en saison et 3 en séries. Les Red Wings gagnèrent la coupe cette année-là et Hillman devint le plus jeune joueur de l'histoire à avoir son nom gravé sur la coupe à 18 ans, 2 mois et 9 jours. Ce record est désormais imbattable puisque aucun joueur ne peut être éligible à jouer dans la ligue s'il n'a pas 18 ans au début de la saison. Son séjour à Detroit fut toutefois de courte durée alors qu'il fut réclamé au repêchage intra-ligue par Chicago en juin 1957. Il ne joua toutefois jamais avec les Black Hawks alors qu'il fut réclamé par les Bruins, cette fois-ci au ballotage en octobre de la même année.
Avec les Red Wings, Hillman côtoya les immortels suivants; Gordie Howe, Alex Delvecchio, Red Kelly, Ted Lindsay, Marcel Pronovost, Terry Sawchuk, Glenn Hall, Johnny Bucyk, Norm Ullman et aussi Al Arbour qui lui fut honoré davantage pour sa carrière d'entraineur que de joueur. Durant ce même séjour, il joua également quelques matchs avec les Bisons de Buffalo dans la ligue américaine où il joua avec le futur défenseur vedette des Black Hawks Pierre Pilote. Donc au total on compte déjà 11 joueurs.
Bruins de Boston (1957-60)
Hillman joua ensuite deux saisons complètes avec les Bruins mais fut renvoyé dans les mineures après seulement deux matchs lors de la saison 1959-60 qu'il passa avec les Reds de Providence de la ligue américaine. Il gagna par ailleurs le trophée Eddie Shore remis au meilleur défenseur de la AHL. À la fin de la saison, il fut réclamé une fois de plus au repêchage intra-ligue, cette fois-ci par les Maple Leafs de Toronto.
Avec les Bruins (équipe assez faible à l'époque), Hillman cotoya les immortels Allan Stanley, Leo Boivin, Harry Lumley et Fern Flaman. À Providence il put assister aux premiers matchs professionnels du futur gardien des Rangers Ed Giacomin. Nous sommes désormais à 16 joueurs.
Maple Leafs de Toronto (1960-68)
"Mon chef d'oeuvre!"
-Le graphiste d'O-Pee-Chee
C'est avec Toronto qu'Hillman joua le plus longtemps et où il récolta le plus de succès. Les Maple Leafs étaient toutefois très garnis en défense et Hillman dut ronger son frein dans les mineures avec les Americans de Rochester durant la majorité de son séjour à Toronto, ne jouant qu'une poignée de matchs avec le grand club durant cette période. Il joua toutefois le meilleur hockey de sa carrière lors des séries de 1967 où il aida les Maple Leafs à remporter leur dernière coupe Stanley à ce jour. Jumelé avec Marcel Pronovost, Hillman fut un des meilleurs défenseurs de son équipe. En 12 matchs lors de ces séries de 1967, Hillman et Pronovost n'accordèrent qu'un seul but contre lorsqu'ils étaient sur la glace et furent une des pièces maîtresses de l'élimination des Canadiens en finale.
Après ces séries grandioses, Hillman estimait qu'il méritait sa place dans l'équipe et une augmentation, ce que Punch Imlach était peu enclin de lui accorder. Il refusa de se rapporter à l'équipe au début de la saison suivante avant de finalement accepter l'offre de Imlach. Il fut réclamé par les North Stars du Minnesota au repêchage intra-ligue en juin 1968.
Durant son séjour à Toronto, Hillman cotoya plusieurs membres de l'âge d'or des Maple Leafs dont; Frank Mahovlich, Berl Olmstead, Dave Keon, Dick Duff, George Armstrong, Bob Pulford, Tim Horton, Johnny Bower, Gerry Cheevers, Andy Bathgate et Dickie Moore. À Rochester il cotoya également un autre membre du temple, Bryan Hextall. Ça monte vite, nous sommes présentement à 28 joueurs.
North Stars du Minnesota (1968)
Canadiens de Montréal (1968-69)
"Pourquoi se compliquer la vie?" -Le graphiste d'O-Pee-Chee
Hillman ne joua que 12 matchs avec les North Stars où il ne cotoya aucun futur membre du temple. Il fut échangé par la suite aux Canadiens en novembre 1968. O-Pee-Chee recycla donc sa photo précédente avec les Leafs pour cette magnifique carte. Avec Montréal, Hillman remporta une 6e coupe Stanley cette année-là malgré qu'il ne joua qu'un seul match en séries. Il repassa par le repêchage intra-ligue l'été suivant et fut réclamé par les Flyers de Philadelphie. Bien qu'il ne retourna plus jamais dans les ligues mineures, Hillman commença un parcours de nomade suite à son départ de Toronto.
Avec les glorieux, Hillman cotoya une autre cohorte impressionnante; Yvan Cournoyer, Jean Beliveau, Jacques Lemaire, Henri Richard, Serge Savard, Jacques Laperrière, ainsi qu'un trio de gardiens légendaires; Tony Esposito, Gump Worsley et Rogatien Vachon. Le compte est maintenant à 37.
Flyers de Philadelphie (1969-71)
"Quand c'est pas brisé..."
-Le graphiste d'O-Pee-Chee
Hillman joua deux saisons complètes avec les Flyers où il assista au début de la carrière de Bobby Clarke ainsi qu'à l'émergence du légendaire gardien Bernard Parent.
Il passa par la suite aux Kings de Los Angeles en 1971 mais ne joua qu'une demie-saison avec eux, cotoyant au passage le vétéran Harry Howell et un jeune Billy Smith, futur gardien vedette des Islanders. Il fut échangé à la nouvelle équipe de Buffalo en décembre 1971 où il partagea le vestiaire avec la première vedette des Sabres, Gilbert Perreault. Le compte est maintenant à 42.
Les Sabres furent sa dernière équipe dans la LNH mais çelà n'empêcha pas O-Pee-Chee/Topps de lui dédier une autre carte rafistolée...
Sabres de Buffalo (1971-1973)
"My work here is done!"
-Le graphiste d'O-Pee-Chee
En 1972, il fut repêché par les Nationals d'Ottawa de la WHA qui échangèrent ses droits aux Crusaders de Cleveland l'année suivante. Il fit le saut dans la ligue rebelle pour la saison 1973-74 avec les Crusaders. Aucun nouveau membre du temple à Cleveland si ce n'est que son ancien co-équipier Gerry Cheevers qu'il avait connu à Toronto et Rochester.
En 1975 il fut réclamé par les Jets de Winnipeg lors du (quoi d'autre?) repêchage intra-ligue de la WHA. Avec les Jets, Hillman remporta un dernier championnat en 1976 en compagnie de Bobby Hull, le dernier membre du temple de la renommée à avoir croisé le chemin de Hillman comme co-équipier, ce qui porte notre grand total à 43 joueurs.
Jets de Winnipeg (1975-76)
Hillman prit sa retraite grandement méritée après cette conquête de 1976. Il devint plus tard entraineur des Jets en 1977-78 et mena son équipe à la coupe AVCO une fois de plus.
Au total, Hillman joua 791 matchs dans la LNH, amassant au passage 36 buts et 196 passes pour 232 points et remporta 6 coupes Stanley (quoique quelques-unes comme joueur de réserve). Dans la WHA, il joua presque 200 matchs (192) et amassa 6 buts et 49 passes pour 55 points. En plus d'être l'oncle de Brian Savage, son frère Wayne joua également dans la LNH et la WHA. Les deux frères (tous les deux défenseurs) firent équipe ensemble à quelques reprises soit avec Cleveland, Philadelphie et Minnesota. Wayne remporta la coupe Stanley avec les Black Hawks en 1961.
Paul Coffey fut un des meilleurs
défenseurs offensifs de l'histoire. Il était aussi reconnu pour sa
vitesse légendaire ainsi que de son élégance
sur patins. Il détient entre autres le record pour les buts en une
saison avec 48 lors de la saison 1985-86 et demeure deuxième
derrière Raymond Bourque pour les points avec 1531.
Cependant je crois que beaucoup de ces
1531 points proviennent du fait que Coffey est probablement détenteur
d'un autre record, celui du joueur ayant joué avec le plus de
membres du temple de la renommée durant sa carrière. Je n'ai pas encore réussi à
confirmer le tout mais afin de démontrer ma théorie, voici un petit
récapitulatif de la carrière de Coffey à travers les nombreuses
équipes où il a joué ainsi que ses illustres coéquipiers au cours
des années. Comme bonus, j'inclus aussi une liste de joueurs dignes de
mention malgré que je ne considère pas tous ces joueurs comme membres
potentiels du temple de la renommée.
Oilers d'Edmonton (1980-1987) Match des étoiles de 1986 (Moog, Gretzky, Anderson, Coffey, Lowe, Sather, Messier, Fogolin, Kurri et Fuhr)
C'est à Edmonton que Coffey joua le
plus longtemps et où il laissa sa marque. Sous la tutelle de Glen
Sather, il adopta un style davantage offensif qu'à ses années
junior et avec autant de coéquipiers talentueux, il explosa. Il établit plusieurs records offensifs pour un
défenseur; buts en une saison (48), points en un match (8), buts,
passes et points en une saison éliminatoire (12-25-37). Avec les
Oilers, il gagna aussi 2 trophées Norris et 3 coupes Stanley en plus
d'être nommé 2 fois sur la première équipe d'étoiles. Il portait
à l'époque le numéro 7 qui fut retiré en son honneur en 2005.
Parmi ses coéquipiers des Oilers, on
retrouve 5 membres du temple: Wayne Gretzky, Jari Kurri, Grant Fuhr,
Mark Messier et Glenn Anderson. Son légendaire entraîneur et
directeur-général, Glen Sather fut aussi introduit au temple comme
bâtisseur en 1997.
Autres joueurs dignes de mention: Kevin
Lowe, Andy Moog
En plus de Kurri, beaucoup de joueurs
finlandais de renom jouèrent avec les Oilers dans les années 80
dont Esa Tikkanen et Matti Hagman qui sont membres du temple de la
renommée finlandais ainsi que Ritso Siltanen, Raimo Summanen et
Reijo Ruotsalainen. La légende suédoise Kent Nilsson joua également
quelques matchs avec les Oilers en 1986-87 lors de la dernière
saison de Coffey à Edmonton. Nilsson est membre du temple de la
renommée de la IIHF ainsi que celui de l'AMH.
Penguins de Pittsburgh (1987-1992) Match des étoiles de 1992 (Stevens, Lemieux, Jagr, Coffey et Trottier)
Une dispute contractuelle entre Coffey
et les Oilers forcèrent ces derniers à procéder au premier
démentèlement de leur dynastie. Ils l'envoyèrent à Pittsburgh
dans un échange impliquant 7 joueurs dont Craig Simpson qui prit le
chemin d'Edmonton. Il adopta le numéro 77 lors de son arrivée avec
les Penguins.
À Pittsburgh, Coffey fit équipe avec
une autre superstar en Mario Lemieux. Les Penguins étaient toutefois
loin de leur but et ce n'est qu'après avoir acquis d'autres joueurs
vedettes et légendaires qu'ils parvinrent à remporter la coupe en
1991. Coffey ne participa toutefois pas à la reconquête des
Penguins en 1992 alors qu'ils fut échangé aux Kings de Los Angeles
en février 1992.
En plus de Lemieux, Coffey fit
équipe avec plusieurs autres futurs membres du temple à Pittsburgh;
Ron Francis, Larry Murphy, Joe Mullen et Bryan Trottier.
Jaromir Jagr et Mark Recchi seront
assurément admis au temple dans le futur.
Autres joueurs dignes de mention:
Charlie Simmer, Kevin Stevens, John Cullen, Tom Barrasso (temple de
la renommée américain), Gilles Meloche, Rob Brown, Tony Tanti, Ulf
Samuelsson.
Kings de Los Angeles (1992-1993) Match des étoiles de 1993 (Robitaille, Kurri, Gretzky et Coffey)
On se souvient peu de Coffey dans
l'uniforme des Kings mais il a bel et bien rejoint ses ex-coéquipiers
Gretzky et Kurri l'espace d'un an. Il fut échangé aux Kings contre
deux joueurs et un choix de 1re ronde lors de la fin de la saison
1991-92. Moins d'un an plus tard il passa des Kings aux Red Wings de
Détroit dans un échange impliquant 6 joueurs dont Jimmy Carson qui
retourna à Los Angeles.
En plus de Gretzky et Kurri, Coffey fit
donc équipe brièvement avec les futures membres suivant; Luc
Robitaille, Rob Blake et Larry Robinson.
Autres joueurs dignes de mention: Dave
Taylor, Tomas Sandstrom, Tony Granato et Alexei Zhitnik.
Red Wings de Détroit (1993-1996)
Suite à son bref passage à L.A,
Coffey joignit les rangs des Red Wings où il fit équipe avec une
autre superstar de l'époque, Steve Yzerman. Yzerman est souvent
considéré comme le troisième meilleur joueur de cette époque
derrière Gretzky et Lemieux. Il était alors normal qu'on le fasse
jouer avec Coffey. Avec les Red Wings, Paul connut plusieurs bonnes
saisons, surtout celle de la saison écourtée de 1995 où il termina
au premier rang des compteurs de son équipe pour la seule fois de sa
carrière. Il remporta également son 3e et dernier trophée Norris
cette année-là et participa à la finale de la coupe Stanley contre
les Devils. Son séjour à Detroit prit fin après la saison 95-96 lorsqu'il fut sacrifié par Scotty Bowman (avec qui il ne s'entendait pas)
pour acquérir Brendan Shanahan des Whalers de Hartford. Shanahan est
d'ailleurs membre du temple également.
En plus d'Yzerman, Coffey fit équipe plusieurs futurs membres du temple; Sergei Fedorov, Mark Howe, Dino
Ciccarelli, Nicklas Lidstrom, Vyacheslav Fetisov et Igor Larionov.
Autres joueurs dignes de mention: Mike
Vernon, Chris Osgood, Ray Sheppard, Keith Primeau, Vladimir
Konstantinov, Vyacheslav Kozlov, Bob Probert.
Whalers de Hartford (1996)
Coffey ne joua que 20 matchs avec les
Whalers et ce passage marqua le début d'une phase de joueur nomade
dans sa carrière. Il passa aux Flyers en décembre 1996 contre Kevin
Haller et un choix de première ronde qui devint Scott Hannan.
Malheureusement, le seul membre du temple présent durant ce bref
passage à Hartford fut lui-même alors que l'équipe en était à
ses derniers miles.
On retrouve toutefois quelques joueurs dignes de
mention comme Geoff Sanderson, Andrew Cassels, Kevin Dineen, Keith
Primeau (qui l'accompagna dans l'échange contre Shanahan), Jeff
O'Neill, Glen Wesley, Sean Burke et un jeune Jean-Sébastien Giguère
alors recrue.
Flyers de Philadelphie (1996-1998)
Encore une fois, Coffey fit équipe
avec le joueur vedette à numéro double de l'époque, cette fois-ci
Eric Lindros (88). Avec les Flyers, Coffey n'était plus le joueur
vedette d'autrefois mais il apportait toutefois une dose de leadership et aida
l'équipe à participer à la finale de 1997 contre son ancienne
équipe, les Red Wings.
Parmi ses coéquipiers de l'époque
seulement Dale Hawerchuk (alors en fin de carrière) et EricLindros
(tout frais) sont membres du temple.
Autres joueurs dignes de mention: John
LeClair (temple du hockey américain), Rod Brind'Amour, Mikael
Renberg, Eric Desjardins, Ron Hextall.
Blackhawks de Chicago (1998)
Coffey signa avec les Blackhawks en
1998 mais ne joua finalement que 10 matchs peu mémorables avec eux avant d'être
échangé aux Hurricanes de la Caroline en décembre 1998. Il eut
toutefois le temps de jouer avec deux futurs membres en Chris Chelios
et Doug Gilmour.
Autres joueurs dignes de mention; Tony
Amonte (temple US), Ed Olcyck (temple US), Alexei Zhamnov.
Hurricanes de la Caroline (1998-2000)
Coffey fut échangé pour la dernière
fois de sa carrière en 1998 lorsque les Blackhawks le retournèrent
dans l'organisation des Hurricanes (anciennement les Whalers) en
retour de Nelson Emerson. Même s'il en était à ses derniers miles,
Coffey était toujours efficace avec les Hurricanes, jouant sur la
première paire de défenseurs et récoltant d'ailleurs une fiche de
11-29-40 en 69 matchs lors de la saison 1999-2000. Il retrouva
quelques-uns de ses anciens co-équipiers des Whalers en Caroline
(Primeau, Wesley, Dineen, O'Neill,etc.) ainsi que d'autres rencontrés
auparavant dans d'autres équipes (Francis, Brind'Amour,
Sheppard,). À l'exception de Francis, on ne retrouve aucun membre du temple lors de ce passage.
Autres joueurs dignes de mention:
Arthurs Irbe (temple de la IIHF), Gary Roberts, Sami Kapanen.
Bruins de Boston (2000-2001)
Le chant du cygne de Coffey arriva
finalement lors de la saison 2000-2001 avec les Bruins de Boston qui
le signèrent comme agent libre en 2000. Il ne pouvait pas vraiment
porter son traditionnel #77 qui était auparavant porté chez les
Bruins par son plus grand rival, Raymond Bourque, qui avait quitté
l'équipe pour l'Avalanche du Colorado la saison précédente. Il ne
pouvait pas non plus porter le #7 (Phil Esposito) alors il se
contenta du #74 pour cette dernière saison. Il ne joua cependant que
18 matchs avec les Bruins. Lui et Bourque prirent leur retraite à la
fin de cette saison 2000-01 (Bourque termina la sienne avec plus
d'éclat) et les deux demeurent premier (Bourque) et deuxième
(Coffey) dans le livre des records de la ligue au niveau des points
pour les défenseurs.
Durant ces quelques matchs avec Boston,
Coffey fit équipe avec un jeune Joe Thornton (futur membre?) ainsi
que Bill Guerin (temple US).
Donc au total, Coffey joua avec 24
membres officiels du temple de la renommée du hockey ainsi qu'avec 3
autres qui seront probablement admis éventuellement (Jagr, Recchi et
Thornton). Ajoutez à ça 3 membres du temple finlandais, 1 de l'AMH, 5 du temple américain et quelques uns du temple de la IIHF. Il joua également sous les ordres de deux entraîneurs membres du temple, Glen Sather et Scotty Bowman.
À titre de comparaison, Gordie Howe
joua durant sa longue carrière avec 21 membres du temple. Henri
Richard s'approche de Coffey avec 23 mais évidemment aucun membre des autres
temples européens et américain. Un autre joueur à la longévité
légendaire comme Chris Chelios est loin derrière à 18.
Je croyais donc que Coffey se méritait
ce record mais j'ai depuis trouvé un autre prétendant au titre. Je
vous laisse essayer de trouver de votre côté pendant que j'écris
la suite...