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mardi 9 juillet 2019

Steve Sutherland




Robuste ailier gauche natif de Noranda, en Abitibi, Steve Sutherland eut comme coéquipiers avec les Canadiens Junior des joueurs comme Jude Drouin, Larry Pleau, Robin Burns et Pierre Bouchard.  Par contre au repêchage de 1967, malgré l’arrivée de six nouvelles équipes, il n’attira pas suffisamment l’attention et fut ignoré.

Il se retrouva néanmoins avec les South Stars de Memphis, un club de la Ligue centrale affilié aux North Stars du Minnesota.  Il s’aligna également avec Des Moines et Port Huron de la Ligue internationale.  Il remporta d’ailleurs la Coupe Turner en 1971 avec cette dernière équipe.

Lorsqu’on annonça en 1972 la formation de l’Association mondial de hockey (AMH), Sutherland avait le profil parfait pour la nouvelle ligue.  Il jouait pour un club affilié aux Red Wings, mais il n’avait jamais joué un seul match dans la LNH et avait peu d’espoir d’y parvenir.  Pour un joueur des ligues mineures comme lui, l’AMH offrait des salaires intéressants.  Il fut ainsi le premier à signer avec le circuit maudit, dans son cas, avec les Sharks de Los Angeles.  Cette équipe était alors détenue par Dennis Murphy, l’un des fondateurs de la nouvelle ligue.

Le style robuste de Sutherland cadrait bien avec le style préconisé par l’entraîneur Terry Slater.  Parmi ses coéquipiers, on comptait entre autres Ted McCaskill, l’inspiration derrière le personnage du "chirurgien" Tim McCracken dans Slap Shot.  L’équipe joua pour un peu plus que ,500 et se qualifia pour les séries.

L’année suivante, les Sharks ont offert 450 000$ pour trois ans à Marc Tardif pour le sortir de Montréal.  Individuellement, Tardif a bien répondu, mais défensivement, l’équipe a accordé beaucoup plus de buts et termina dernière au classement.  De son côté, Sutherland continua dans la même veine, en accumulant 189 minutes de pénalité, un sommet chez les Sharks et le sixième plus haut total dans la ligue.  Il marqua aussi 20 buts.  Par contre, les foules étaient faibles à Los Angeles (moyenne de 5338 spectateurs par match) et l’équipe déménagea à Détroit pour devenir les Stags du Michigan. 

Le déménagement n’arrangea rien.  En fait, les foules à Détroit étaient encore plus faibles (moyenne de 2959 spectateurs par match).  Ainsi, dans le but de se débarrasser de l’onéreux contrat de Tardif, les Stags l’envoyèrent alors aux Nordiques avec Sutherland, en retour d’Alain Caron, Pierre Guité et Michel Rouleau.  Les Stags disparurent un mois plus tard et terminèrent la saison en tant que Blades de Baltimore, avant d’être rayés de la carte pour de bon.  Au cours de la même période, Québec fit également l’acquisition de l’ancien coéquipier de Sutherland au niveau junior, Christian Bordeleau.

Une fois à Québec, le sérieux Sutherland continua de jouer robuste.  Par contre, au sein d’une équipe plus offensive et scientifique, il dut tout de même modifier un peu son jeu.  Son arrivée (et celle de Tardif et de Bordeleau) aidèrent le fleurdelysé à atteindre la finale pour la première fois en 1975, mais ils furent alors balayés par les Aeros de Houston de Gordie Howe.

En 1975-76, Sutherland marqua 22 buts dans une ligue où le niveau de violence augmentait.  (Du côté de la Ligue nationale, c’était le règne de la terreur des Flyers, et l’AMH allait dans la même direction.)  Les Nordiques pouvaient compter sur Sutherland, Pierre Roy et Gordie Gallant, mais il demeure que leur saison fut surtout marquée par l’agression sauvage de Rick Jodzio sur Marc Tardif.  Ce ne fut toutefois que partie remise, puisque l’année suivante, Québec remporta la Coupe Avco, même si la saison de Sutherland a été limitée à 36 matchs.

En 1977-78, Sutherland surpassa sa marque personnelle en comptant 23 buts.  Ce fut toutefois sa dernière saison avec les Nordiques.  À l’été 1978, il fut réclamé par les Stingers de Cincinnati, mais il ne joua jamais pour eux. 

Au cours de sa carrière, il avait une attitude très prudente avec son argent.  Conscient qu’une carrière de hockeyeur n’était pas éternelle, il épargna jusqu’à 60% de son salaire.  Son coéquipier chez les Nordiques, Charles Constantin, avait une approche semblable.

De plus, Sutherland avait été un précurseur puisqu’il s’entraînait constamment et prenait un grand soin de sa condition physique, ce qui était loin d’être le cas de tous.  Sutherland et Constantin ont donc décidé de combiner les deux en se lançant en affaires.

Le concept d’entraînement Nautilus a d’abord été développé aux États-Unis en 1948 par Arthur Jones, mais ce n’est qu’en 1970 qu’il a vraiment pris le marché d’assaut.  Suite à leurs carrières de hockeyeur, Sutherland et Constantin décidèrent alors d’importer le concept Nautilus au Québec.  Ils ouvrirent d’abord leurs premiers centres, puis prirent de l’expansion et profitèrent de leur connaissance du milieu pour établir des partenariats avec les Canadiens, les Nordiques et les athlètes d’élite.  Ils intégrèrent également d’autres sports, comme le tennis et le racquetball, à leur concept.

En 1986, au moment où l’entreprise comptait 18 Nautilus Plus, deux Gold’s Gyms et affichait des revenus de 10,2 millions $, elle fit son entrée en bourse.

En 1987, alors que Sutherland est toujours président et Constantin vice-président, Nautilus fit son entrée sur le marché ontarien.  L’entreprise raffina également ses équipements en introduisant le concept VO2MAX.  Un produit mieux conçu, appuyé par un réseau de centres fit en sorte que Nautilus résista mieux dans un marché pas toujours facile que ses compétiteurs, souvent moins bien structurés. 

Alors que ses revenus se chiffraient à plus de 20 millions $, Sutherland, Constantin et deux autres investisseurs firent une offre en 1989 pour refermer le capital de Nautilus et la sortir de la bourse.

Sutherland et Constantin se sont ensuite retirés, avant de tenter leur chance du côté de la restauration rapide avec la chaîne Burger King, mais l'entreprise qu'ils ont démarrée existe toujours.

Sources :
Willes, Ed, The Rebel League, the short and unruly life of the World Hockey Association, McClelland & Stewart, 2004, p.27,

"Pas de réponse à l’énigme Sutherland" de Claude Larochelle, 15 avril 1975, Le Soleil, p.C1,
"Steve Sutherland n’a rien du joueur gros, gras, dodu…" de Maurice Dumas, 10 janvier 1976, Le Soleil, p.C3,
"L’entraînement Nautilus" de Pierre Ladouceur, 3 juin 1980, La Presse, p.E10,
"Nautilus accueille l’élite québécoise" de Jean St-Hilaire, 21 octobre 1980, Le Soleil, p.C5,
"Nautilus : un livre et un centre s’ajoutent au réseau" de Marc St-Pierre, 21 septembre 1983, Le Soleil, p.D8,
"Sutherland et Constantin, ex-Nordiques, ouvrent 13 centres Nautilus au Québec" de Laurier Cloutier, La Presse, 7 novembre 1983, p.B1,
"Nautilus Plus lancera une émission de $14 millions" de François Berger, 21 août 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus Plus poursuit son expansion", 20 novembre 1986, La Presse, p.C2,
"Nautilus acquiert cinq centres de conditionnement physique en Ontario" de Richard Dupaul, 2 avril 1987, La Presse, p.C3,
"Nautilus Plus prend le contrôle des opérations au club TenniSport" de Jacques Arteau, 31 mars 1989, Le Soleil, p.S9,
"Offre publique d’achat pour Nautilus", 29 juin 1989, La Presse, p.D2, 
"S’entraîner pour la forme… et pour le rêve" de Chantal Gilbert, 18 octobre 1992, La Presse, p.C3,
"Stevens emballe Robinson" de Pierre Ladouceur, 20 novembre 1993, La Presse, p.H2,

hhof.com, hockeydb.com.

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