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mercredi 30 septembre 2020

Les pires (et les meilleurs) repêchages - 2e partie


 

Après avoir scruté quels étaient les pires repêchages par équipe dans la 1re partie, je me suis dit qu'il serait bien d'analyser quel était le pire repêchage global de l'histoire de la LNH. Il s'agit d'une question assez difficile à répondre et c'est très subjectif car même si une année a pu sembler mince en terme de talent, il y eut peut-être des joueurs d'exception qui ont su marquer la ligue malgré tout. Il y a également plusieurs facteurs qui ont pu faire en sorte qu'une année soit plus faible qu'une autre. J'entends surtout parler de 1999 comme étant la pire édition mais aussi 1995, 1996, 1986 ou 1975 tandis que c'est souvent 1979, 1980, 1984 et 2003 qui ressortent du lot comme étant les meilleures.

Comme c'est assez complexe, j'ai décidé d'y aller scientifiquement avec des super graphiques montés sur Excel avec différents critères d'analyse. J'ai ratissé sur une période de 40 ans soit de 1970 à 2010. Les repêchages avant les années 70 étaient assez sommaires (voir texte du 22 juin 2015) et c'était une méthode de recrutement encore assez nouvelle donc il fallut quelques années avant de voir l'ensemble des équipes y participer activement et correctement. J'ai aussi arrêté à 2010 car les dernières classes sont encore à analyser et quelques joueurs pourraient toujours parvenir à la LNH éventuellement.

Voici pour commencer le nombre de joueurs sélectionnés à chaque année. Cliquez pour une plus grande résolution.

Donc pour commencer, il ne s'agit que d'un critère assez arbitraire et pas vraiment représentatif de la qualité d'un repêchage. 1980 et 1998 sont les années où le plus haut total de joueurs choisis atteignirent la LNH avec 132, suivi de près par 1993 avec 131 et 2003 avec 130. Il faut dire que l'édition 1980 est avantagée alors que l'âge minimum venait de baisser à 18 ans comparativement à 19 l'année précédente et que le nombre de rondes avait passé de 6 à 10. Mais comme le nombre d'équipes ne fait qu'augmenter avec les années, il est normal de voir des fluctuations du genre. Il est cependant intéressant d'y voir de moins bonnes récoltes lors des années 1995 à 1997 ainsi que 1987 et 2006. Comme je disais, au début des années 70, ce n'est pas toutes les équipes qui participaient jusqu'à la fin des rondes de repêchage et il n'y avait qu'une partie de la ligue qui savait bien repêcher, ce qui nous donne le faible 50 de l'année 1971.

 


C'est bien beau le nombre de joueurs mais qu'en est-il vraiment selon le nombre d'équipes et le nombre de rondes de repêchage. Le pourcentage de joueurs choisis qui ont ensuite joué au moins un match dans la LNH nous démontre un net avantage pour les années 1979 et 1980 mais comme je disais plus haut, l'édition 1980 était avantagée par l'âge limite abaissé à 18 ans, tandis que 1979 était également avantagé car l'âge limite était passé de 20 à 19. Donc pour ces deux années, les recruteurs avaient un plus grand bassin de joueurs de qualité disponibles. Le pourcentage se stabilisa par la suite et a presque toujours oscillé entre 40 et 50 % depuis. 1987 revient comme la pire année pour le pourcentage, à égalité avec 2002. Intéressant de voir une nette progression de 2008 à 2010 avec des scores au dessus de 50%. 

Mais bon ce critère n'est pas non plus le meilleur mais nous donne quand même quelque pistes. 


J'ai ensuite pensé analyser selon la moyenne de matchs joués dans la LNH et je crois ici qu'il s'agit d'un bon critère alors qu'on voit ressortir du lot quelques bonnes cuvées comme 2003, 1990 et 1984. 1979 est encore une fois bien cotée mais un autre facteur avantageant cette année était qu'en plus de baisser l'âge d'admission à 19, le nombre de rondes fut baissé exceptionnellement à 6 rondes alors que les années précédentes n'avaient pas de limite de rondes, les équipes pouvant repêcher jusqu'à temps qu'ils décident d'arrêter... Cela fait en sorte que seulement 126 joueurs furent sélectionnés en 1979 soit la dernière fois qu'on retrouvait moins de 200 joueurs repêchés. Les rondes furent rallongés à 10 la saison suivante et ensuite 11 rondes pour quelques années. Depuis 2005 le nombre de rondes est réduit à 7.

On peut ainsi voir la courbe redescendre en 1980 malgré le nombre record de joueurs ayant atteint la LNH comme discuté plus haut. Intéressant de voir 2003 se démarquer de la sorte dans les années post 2000. On peut aussi y voir la fameuse édition 1999 comme étant la pire en terme de longévité de carrière. On n'a qu'à penser à Patrik Stefan et ses 455 matchs...

 

 

Après la moyenne des matchs joués, il était logique d'analyser la moyenne des points récoltés en carrière. Une fois de plus c'est 1999 qui écope avec une moyenne de seulement 94 points suivi de l'année suivante avec 97 points. Il faut dire que c'était des années difficiles offensivement dans la LNH et donc en plus de jouer moins longtemps et de fournir moins de joueurs, ces dits joueurs avaient la tâche difficile de démarrer leur carrière et marquer des buts durant cette période de trappe extrême. Intéressant encore une fois de voir 2003 sortir du lot. On peut voir peut-être une tendance en ce qui a trait au virage jeunesse effectué après le lock-out de 2005 et des nouvelles règles dont durent bénéficier ces nouveaux joueurs.

1979 est encore championne, suivie de 1984 parmi les rares années où la moyenne est au dessus de 200 points. En plus, Wayne Gretzky ne fait même pas partie de l'édition 1979 alors qu'il n'a techniquement jamais été repêché...

 

 

Quittons un peu l'offensive et concentrons-nous ici sur la longévité. Dans ce tableau, vous pouvez voir que 1984 était effectivement une excellente cuvée avec 18 joueurs qui ont dépassé le plateau des 1000 matchs en carrière. 2003 se démarque aussi une fois de plus avec le record pour les années post-2000 et il pourrait en avoir d'autres qui vont se rajouter bientôt (Shea Weber entre autres). Toute une drop en 2004 alors que seulement un joueur (Alexander Ovechkin) a dépassé les 1000 matchs. Il sera toutefois rejoint éventuellement/possiblement par Evgeni Malkin, Blake Wheeler et David Krejci si ces derniers s'accrochent encore quelque temps (et si la COVID peut disparaître un jour).

Même pour les années 70, 1975 fait pitié avec son seul représentant du club des 1000 matchs, Dave Taylor des Kings de Los Angeles. 1999 fait encore piètre figure avec seulement 4 joueurs (dont deux frères jumeaux).



La longévité c'est bien mais qu'en-est-il des superstars? J'estime qu'un joueur de 1000 points représente une supervedette de la LNH même si plusieurs ont été des vedettes mais ont connu de plus courtes carrières les privant de ce plateau. D'autres vedettes sont aussi exclues de ce plateau comme les gardiens et la majorité des défenseurs. D'ailleurs les gardiens seraient une tout autre catégorie à analyser...

1979 se démarque légitimement ici alors que malgré le fait d'avoir moins de joueurs, 7 d'entre eux ont eu 1000 points. Ce plateau est plus difficile à atteindre de nos jours que durant les folles années 80. On voit d'ailleurs un creux dans les années 90 alors que plusieurs années n'en ont aucun, les joueurs devant jouer la majorité de leur carrière en étant accrochés et commotionnés sans retenue. 

D'ailleurs comme exemple, le meneur de la cuvée 1996 pour les points est Matt Cullen avec 731 points en 1516 matchs...

Donc ici le nombre de joueur de 1000 points est assez relatif et ne représente pas vraiment la qualité globale d'un repêchage à mon avis. Une très bonne année comme 2003 n'en a d'ailleurs qu'un (Eric Staal) tandis que 1999 en a deux (les jumeaux Sedin).



J'ai donc pensé baisser mon barème à 400 points et cela nous donne un meilleur aperçu. Bien sûr l'année boostée de 1979 est une fois de plus gagnante mais la qualité totale de 2003 ressort étonnement du lot avec 22 joueurs ayant accumulé plus de 400 points, à égalité au deuxième rang avec 1980. Il est tentant de déclarer 2003 gagnante dans cette catégorie car je crois que 400 points est de nos jours plus difficile à obtenir qu'en 1986... Vous pouvez également apercevoir la qualité médiocre de l'encan 1999 avec seulement 7 joueurs ayant franchi ce plateau dont les célèbres Radim Vrbata et Martin Erat. Vrbata et Henrik Zetterberg sont d'ailleurs parmi les seuls bons coups de ce repêchages et ils furent tous les deux sélectionnés en 7e ronde...

Donc après tout ça qu'en est-il vraiment? Inutile de dire que tout ça est subjectif et que les différentes époques et leurs circonstances contextuelles font en sorte qu'il est pratiquement impossible de discerner quelle était vraiment la meilleure et la pire année de repêchage. La seule chose restante à faire est d'y aller émotionnellement avec les gros noms.

1999 ressort du lot comme une des pires bien sûr mais comme je disais il s'agissait d'une autre époque difficile offensivement et cette cuvée nous a tout de même donné les jumeaux Sedin, Zetterberg ainsi que quelques joueurs marquant de la décennie suivante comme Martin Havlat et Ryan Miller. Je trouve ça meilleur que les têtes d'affiche de 1975 comme Dave Taylor, Mel Bridgman, Tim Young, Pierre Mondou et Doug Jarvis. Quoique 1975 avait Dennis Maruk...

Ou bien 1996? Comme je disais, le champion pointeur de cette cuvée est Matt Cullen avec 731 points suivi de Daniel Brière avec 696... Il faut dire que c'était une année particulièrement plus fertile pour les défenseurs avec Chris Phillips (1er choix), Zdeno Chara et Tomas Kaberle.

C'est un peu la même histoire pour les meilleurs repêchages. 1979 est gagnante dans presque tous les aspects. Mark Messier, Raymond Bourque, Michel Goulet, Glenn Anderson, Dale Hunter, Mike Gartner, Kevin Lowe, Guy Carbonneau ainsi que des joueurs cultes comme Brian Propp, Neal Broten, Thomas Steen,  Mats Naslund, Dirk Graham, Brad McCrimmon... 1979 est également significative symboliquement avec le début d'une nouvelle décennie et le début de l'ère glorieuse des 21 équipes... Cependant les facteurs circonstanciels y sont pour beaucoup avec cette cuvée. Moins de joueurs repêchés, qui furent repêchés plus jeunes et jouèrent donc plus longtemps dans une ère offensive élevée où la défensive était un concept abstrait... Certains d'entre eux réussiront même à prolonger leur carrière et la faire perdurer durant les années de la trappe...

Ensuite 1984 est aussi tentante pour 2 noms, soit deux joueurs qui sont en plus nés le même jour; Mario Lemieux et Patrick Roy... Ajoutez à ça d'autres légendes comme Luc Robitaille, Brett Hull et de très bons joueurs de longue date comme Gary Suter, Kirk Muller, Gary Roberts, Scott Mellanby, Stéphane Richer, Don Sweeney, Kevin Hatcher et surtout... Ray Sheppard.

Mais 1983 fait aussi concurrence en terme de noms avec Lafontaine, Yzerman, Hasek, Neely...

Il ne faudrait pas oublier 1990 avec Jagr, Brodeur, Tkachuk, Weight, Zubov, Bondra, Nolan, Felix Potvin...

Et qu'en est-il de 2003? Fleury, Staal, Weber, Getzlaf, Bergeron, Perry, Pavelski, Parise, Vanek, Carter, Burns, Brown, Suter, Byfuglien, Phaneuf, Richards, Seabrook, Horton, Halak, Crawford... 2003 est le 1979 des années 2000...

Donc très subjectif et impossible à déterminer. Je me contente donc de deux Top 5 ici dont l'ordre est plus ou moins déterminé. Et une chance que je me suis arrêté à 2010... La cuvée 2012 avec Yakupov et cie pourrait bien se faufiler ici...


TOP 5 Pires repêchages
1996
1999
1975
1992
2002


TOP 5 Meilleurs repêchages
1979
2003
1980
1984
1990

 
Donc voilà.


1 commentaire:

Unknown a dit…

Bravo, du bel ouvrage